Alain Duhamel, une vie politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:00OuverteRéponse directe
Cette tempérance que vous évoquez, on la retrouve dans votre livre. Comment la définissez-vous ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous décrivez des portraits sans haine mais sans concession. Comment gérez-vous cette équilibre ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Gérard Larcher est-il un adversaire redoutable pour Macron ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi l'ordre alphabétique pour votre livre ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Quelle méthode obtient le plus de résultats avec les responsables politiques ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Jean-Luc Mélenchon est-il sous-estimé ou simplifié ?
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Il s'en est fallu de peu pour que notre invité sorte complètement du champ médiatique. Il voulait, il devait arrêter de faire des éditaux ou de participer à des débats sur les plateaux télévision ou ne le faire que pour le plaisir sans que ce soit une profession, une obligation contractuelle. Et puis l'actualité politique a été ce qu'elle a été.
Oleuse, chahutée, ubuesque, folle même, en tout cas absolument historique et sa passion l'a rattrapé. Il lui fallait l'analyser, la décrypter, la décortiquer à la lueur du savoir encyclopédique qu'il a [musique] acquis après plus de 60 ans de métier. Armes égales, cartes sur table, mots croisés, questions ouvertes, 100 minutes pour convaincre.
La une, la 2, France, Culture, Europe 1, RTL, BFM, notre invité a été un pionnier du débat politique dans les médias français. un éditorialiste et un journaliste qui a toujours séduit par sa rigueur, par son travail, par son sérieux, par sa pondération aussi, sa mesure, sa recherche d'équilibre et d'honnêteté [musique] intellectuelle, loin du clash et de l'outrance, obtenant pourtant des moments de vérité politique [musique] et des annonces historiques. Est-ce qu'il n'incarne pas au fond un journalisme politique que l'on voit moins et que l'on regrette ?
Est-ce qu'on aimerait pas retrouver ces analyses construites et constructives, sages, modéré, complexe, mais qui tirent vers le haut intellectuellement ? C'est peut-être pour cela que les médias ne le laissent pas prendre sa retraite. [musique] Posons-lui ces questions.
Bienvenue dans un monde un regard. Bienvenue Alain Duamel, merci d'avoir accepté notre invitation ici au Sénat. Cette tempérance que que j'évoque en introduction, on la retrouve aussi dans ce livre que vous publiez aux éditions de l'Observatoire, les politiques portraits et croquis. 63 portraits qui se veulent sans haine mais sans concession, écrivez-vous.
Et c'est vrai que vous vous décrivez leur parcours et leur personnalité sans jamais leur manquer de respect. C'est assez frappant quand on lit ce livre, sans même que l'on sache trop d'ailleurs si vous en détestez certains ou si vous en appréciez d'autres. C'est tout un art aujourd'hui de rester sur un fil.
Oui. Alors, il y en a quand même certains qui sont extrêmement mécontents de leur portrait. Ah, vous avez déjà eu des retours ?
Oui, bien sûr. Et je devrais dire certaines en particulier. Vous pouvez dire qui ?
Non, c'est pas la peine. Mais il suffit de lire le livre pour voir qui je critique le plus et deviner qui est le plus insatisfait. Oui.
Et et en même temps, on a le sentiment que parce qu'au fond, vous savez tellement de choses sur sur les coulisses, sur leur caprice potentielle, sur la façon dont ils peuvent se comporter dans les coulisses d'un débat, vous n'allez pas sur ce terrainl. Vous ne dévoilez pas ça d'eux ? Non, mais alors euh disons euh la vie privée et l'envers du décor, ça n'est pas ce qui me motive.
Ce qui m'intéresse, c'est leur personnalité politique et qui est euh c'est important en ce moment de savoir euh qui sont ceux qui détiennent une part d'influence politique. Hm hm. Et dans quelle mesure on peut leur faire crédit ou pas.
Et c'est pour ça que dans ce livre, il y a ceux dont moi je pense qu'on peut leur faire crédit. Hm hm. qui sont pas forcément du tout dans le même parti les uns et les autres et ceux à qui je suis persuadé qu'il ne faut surtout pas faire confiance.
H même dans l'ordre d'apparition dans le livre, vous l'avez voulu neutre par ordre alphabétique. Bah oui, je j'allais pas faire par parti politique. Non, ça aurait ne serait-ce que ne serait-ce que parce que certains ne sont pas dans un parti politique.
Ouais. Ça aurait pu être par ordre d'importance protocolaire ou Bah non, parce qu'à ce moment-là, on aurait lu que le début. Avec quelle méthode vous pensez qu'on obtient plus de résultats avec les responsables politiques ?
Est-ce que c'est en y allant à la dure très fortement, un peu au clash ou est justement avec cette tempérance que qui quand même vous caractérise ? Écoutez, d'abord, je pense que il y a la longueur du temps. Ça a l'air d'être un petit compliment, mais quand on connaît quelqu'un depuis 50 ans, comme c'est le cas de certains, h h euh bah disons qu'on a une familiarité et qu'on a accès à des choses ou de des connaissances ou ou des traits de caractère que tout le monde connaî, tous les jeunes des éditéistes ne connaissent pas.
Ensuite, il y a ceux avec qui on a de la sympathie, ce qui est pas forcément une sympathie politique. Ça peut être une sympathie personnelle ou une antipathie, ce qui existe tout autant. Hm hm.
Et euh puis voilà, il y a ce qu'on appelle les affinités électives. Il y a des gens avec qui on est content de bavarder et qui, en général, dans ce cas-là, la réciproque est vraie et d'autres avec qui c'est naturellement beaucoup plus distant. Hm hm.
Vous ne vous êtes jamais lié d'amitié avec l'un ou l'une d'entre eux ? Vous mettez une distance quand même, une sorte de Alors, je je mets régulièrement une distance. Cela dit, il y a ceux que je connais très bien et ceux que je connais moins bien.
Il y a ceux dont les idées m'intéressent ou même me convainquent. Et ceux qui n'y parviennent pas, ne sait même pas. Donc, j'ai des types de relations très différents évidemment.
Et puis il y en a quelques-uns dont j'ai une connaissance tellement précise et tellement ancienne h que ça va au-delà de la simple conscience professionnelle. Hm hm. Vous comprenez que les gens s'interrogent aujourd'hui sur le lien entre ces journalistes politiques et les responsables politiques ?
Je comprends qu'il s'interroge mais pas à mon sujet parce que ça fait tellement longtemps que je suis là que j'ai eu des liens avec des gens qui sont morts depuis longtemps pour certains. Donc voilà. Puis alors franchement à mon âge je ne suis dépendant de personne sinon de ma femme bien entendu.
Votre femme France. Voilà. Arrêtons-nous sur certains des hommes et des femmes politiques auxquelles vous consacrez un portrait.
Moi aussi, j'ai fait des choix évidemment au hasard. Je vais commencer avec Gérard Larcheter, président du Sénat. Homme puissant, très puissant, écrivez-vous, l'adversaire résolu d'Emmanuel Macron, un adversaire respectueux des institutions et attentif à l'intérêt national, mais un adversaire redoutable et pugnas du chef de l'État.
Est-ce que vous pensez que Emmanuel Macron ne s'attendait pas à euh devoir affronter des hommes et des femmes politiques à l'ancienne comme l'incarne un peu Gérard Larchet et qu'il est un peu tombé sur un os. Il pensait pouvoir se débarrasser des responsables politiques ? Alors, ce qui est vrai, c'est que Emmanuel Macron a assez mal géré en règle générale ses rapports avec les dirigeants politiques et en particulier euh avec tout ce qui correspondait au territoire parce que visiblement les corps intermédiaires qui s'agissent de syndicats, qu' s'agissent d'élus locaux, régionaux et cetera, ça n'est pas sa tasse de thé instantanée en tout cas.
Hm. Bon et puis c'est quelqu'un qui n'aime pas trop qu'on lui résiste. Ça c'est assez classique chez les présidents.
Euh mais qui est habitué à ce qu'on sucombe assez facilement à son charme personnel dans les relations. Bon et euh bah Gérard Larchet d'abord est résolument un opposant. Je dirais de plus en plus un opposant.
H euh et il est assez redoutable. Vous dites un solide bouclier pour défendre le Sénat face à un président qui aurait bien aimé s'en affranchir. Vous pensez que son rôle dans les mois et les années à venir va être important ?
En tout cas, je pense que dans les depuis la dissolution euh il est de plus en plus redoutable et de plus en plus il a toujours été un adversaire. Mais je dirais que Gérard Larch jusqu'à la dissolution et est un ennemi depuis la dissolution, ce qui n'est pas la même chose. Ah oui, vous employez le mot ennemi, c'est fort.
Oui. Oui. Et j'aime bien les mots précis.
En quoi ennemi ? Mais parce qu'il est beaucoup plus brutal qu'il ne l'était dans son adversité. euh beaucoup plus pugnasse, h beaucoup plus ouvertement pugnasse et donc bon, le Sénat n'a jamais été amoureux de d'Emmanuel Macron et Emmanuel Macron n'a jamais été amoureux des collectivités locales.
Bon, mais avec Gérard Larcher, ça s'est longtemps passé correctement, pas amicalement, courtoisement bien sûr, mais correctement. aujourd'hui euh voilà, il est dans le camp d'en face de façon que je trouve d'ailleurs un petit peu étrange dans la mesure où Emmanuel Macron n'est plus un enjeu de politique intérieure majeur et ne sera pas candidat dans un an. Donc en fait, je trouve que c'est un peu une perte de temps mais enfin chacun fait comme il veut.
Vous évoquez la succession aussi de Gérard Larchet, un président respecté, même si puisqu'il a 76 ans, des candidats à sa succession s'avance avec précaution. Il n'en ignore rien, écrivez-vous. Et vous, vous pensez que qui pourrait lui succéder ?
Ben Retaillot. Retaillot, s'il n'est pas président de la République, c'est une évidence. Et Sébastien Lecornu ?
Bah Sébastien Lecornu, il a été élu sénateur mais je au Sénat, on aime bien l'ancienneté, les habitudes et la lenteur de l'implantation locale. Et alors Sébastien Lecnu est un élu local de longue date mais c'est un sénateur tout frais. H autre personnalité politique dont vous brossez le portrait, Jean-Luc Mélenchon, l'homme le plus détesté, le plus clivant de France, écrivez-vous.
L'homme est cependant à la fois sous-estimé et simplifié en quoi ? Pourquoi ? Alors sous-estimé parce que dans la quand on parle de lui, on parle de ses excès, de ses outrances qui existent, de sa violence qui existe aussi.
Mais euh on on le réduit trop à ça. Alors que c'est aussi l'un des hommes politique disons de la demi-douzaine d'hommes politiques en tout cas que je connais en activité vraiment cultivée h et avec un niveau intellectuel plutôt supérieur à la plupart de ces rivaux. Certains le disent dangereux aussi.
Ben oui, on est on n'est pas euh bon moi tout le monde sait très bien que ça correspond pas à ma sensibilité, hein. Je n'ai aucune envie de la société qu'il préconise et je n'ai pas les mêmes réactions que lui en matière internationale par exemple, mais pas seulement internationale. Pour lui aussi, vous évoquez la suite.
La nouvelle élection présidentielle approche. L'ultime espérance pour Jean-Luc Mélenchon qui aura 76 ans en 2026, ce sera quel qu'on soit l'issue, la fin de sa longue marche. Qui pour reprendre le flambeau alors après lui chez LFI ?
Oh bah c'est son coaduteur dont je fais également le portrait dans le livre. H Jean-Luc Mélenchon s'occupe de l'essentiel et ses collaborateurs du reste. H Marine Le Pen maintenant, il faudrait être aveugle pour nier cette réalité.
Marine Le Pen est bien parti pour faire son entrée au palais de l'Élysée et devenir la première femme de l'histoire présidente de la République française. Si on vous avait dit au début de votre carrière de journaliste politique que le FN et donc le RN aujourd'hui serait aux portes du pouvoir et ce que vous dites quasiment au pouvoir, vous l'auriez cru. Je l'aurais pas cru un instant.
D'ailleurs, je je dis quand même que tout ça est vrai à condition qu'elle ait le droit de se présenter évidemment. Bien sû et que donc dans l'autre hypothèse qui est quand même aujourd'hui la plus probable, la question se posera tout à fait pour Jordan Bardella et pas du tout pour elle. H bien sûr, il n'y aura plus que la question du rôle qu'elle pourrait jouer si Jordan Bardella était élu parce qu'évidemment elle aurait un rôle.
H alors lequel c'est une des choses les plus mystérieuses parce qu'elle n'accepterait certainement pas d'être son premier ministre d'ailleurs. Elle n'accepte pas d'être la seconde de quiconque et en même temps, il exercerait forcément une énorme influence. Alors quelle forme est-ce que ça prendrait ?
H nouveau présidente du parti peut-être. Je sais pas si elle voudrait le redevenir. Je crois pas.
Non non, je je pense que je pense que elle voudrait être la statue impérieuse. Hm. C'est intéressant parce qu'à propos de Jordan Bardella, vous dites que c'est la plus grande réussite de Marine Le Pen.
Vous dites qu'elle a eu l'audace et le elle a senti qu'il fallait faire monter ce jeûne. Oui. Elle a réussi dans sa vie deux choses.
Ouais. L'une, c'est de continuer l'ascension commencé par son père de l'extrême droite. Bon, ça c'est un fait, c'est pas un fait qui me fait plaisir, mais c'est un fait.
Et l'autre effectivement, c'est de se construire elle-même un rôle particulier et un statut particulier. Euh ce qu'elle a fait de Bardella, c'était quand même extrêmement audacieux. Elle c'est elle a choisi de d'investir un garçon de 25 ans pour les élection européenne.
C'est jamais elle n'avait fait quelque chose d'ussi téméraire. Mais c'était bien choisi puisque ça a bien marché. Et autant je désapprouve ses idées, son vocabulaire, sa personnalité, autant je trouve que avec Bardella, elle a fait vraiment preuve de précience et d'intelligence.
Jordan Bardella qui incarne ce que vous reprochez aussi à Emmanuel Macron, c'estàdire le manque de culture historique et institutionnelle. Oui. Vous avez l'impression qu'on va vers une France dirigée par des hommes et des femmes politiques qui n'auront plus la culture historique et institutionnelle que les autres avaient.
En tout cas, il se trouve qu'en ce moment, ils ne l'ont pas. H alors est-ce que ça peut ressurgir ? C'est imaginable.
Mais enfin, moi j'ai le souvenir de conversation avec des présidents, des premiers ministres ou des tout simplement des hommes politiques d'importance. Hm. Et euh les choses ne sont plus identiques aujourd'hui.
C'est une évidence. Alors je ne dis pas ça par le côté vieux monsieur qui trouve que c'était mieux de son temps et cetera. Mieux temps.
C'est la réalité de ce que je vois. Euh bon euh dans les années 80 il y avait euh Mitterange, Iiscar, Chirak, marché bar. Ça on aimait on aimait pas mais c'est il y avait un niveau euh aujourd'hui si on imagine les cinq principaux hommes politiques puisque j'en ai j'ai dû en citer cinq on aura pas le même sentiment.
H Et ça change quoi un un un chef d'état ou une femme chef d'état qui connaît qui a une culture historique et institutionnelle ? Ah bah moi je pense que c'est totalement nécessaire. Je pense que la France est un pays extrêmement difficile à gouverner et même à présider que les Français sont un peuple rebelle par histoire, par expérience, par tempérament.
Hm hm. Et donc pour comprendre le peuple français, il y a deux choses. La première, c'est vraiment de l'avoir parcouru dans tous les sens comme l'a fait François Mitteran, comme l'a fait le général de Gaulle à sa manière.
Enfin, il l'a plutôt fait quand il était président, mais quand même avant, il le faisait aussi, y compris autant du RPF comme le faisait méthodiquement Jacques Chirac et cetera, c'est-à-dire d'être la pieds dans la glaise h bon et je pense que c'est très important pour être président de la République et pourtant ça ne semble plus séduire les Français ou en tout cas plus être un critère absolument comme si vous avez été déçu par crois je crois que rien ne peut séduire les Français. Ah oui, je pense que les Français sont dans un état que je déplore d'ailleurs, mais de rejet du monde politique, de rejet de la représentation politique de défiance que je trouve d'ailleurs totalement disproportionné. Ah ouais, ils ont été déçus.
Ils ont été déçus. Ils n'ont pas forcément raison d'avoir été déçus parce que la France ne se porte pas plus mal que les pays qui lui sont comparables. Je dirais même globalement au contraire.
D'accord. Et les Français comme très souvent chez eux se sentent maltraités, injustement traités. Et moi, je vois pas en quoi ils sont plus injustement traités que les Italiens, les Espagnols, les Anglais, les Allemands ou n'importe quel pays européen.
Et à forceorique un pays aussi inégalitaire que les États-Unis par exemple. H j'ai un document à vous proposer Alain Duamel, je vais le mettre entre vos mains et je vais le décrire pour les gens qui nous écoutent et pour vous aussi. C'est une photo une photo de vous avec Jean-Pierre El Cabache qui a créé et longtemps dirigé Public Sénat avec lequel vous avez interviewé les plus grands responsables politique français ici avec François Mitterran le 16 mars 1981.
C'est ce jour-là qu'il joue carte sur table, c'est le cas de le dire et qu'il annonce qu'il fera abolir la peine de mort en France s'il est élu. C'est un jour qui a été historique pour la France et les Français est-ce qu'il a été historique pour vous aussi ? Bah, il l'annonce parce que je lui ai posé la question et je lui ai posé la question au moment où l'émission s'acheit.
Donc a priori, la question ne lui était pas posée. Bon, mais finalement, elle l'a été. Hm hm.
Et euh je ne je ne suis pas naïf donc je ne dirais pas qu'il ne s'attendait pas à une question parce que je sais que Jean-Pierre et le Cabache euh avait beaucoup discuté avec Robert Banater pour préparer ça, mais il se trouve qu'il y avait tellement de choses à lui faire dire pendant l'émission que simplement on avait pas eu le temps. Puis au dernier moment, j'ai eu un peu une pulsion. J'ai dit c'est pas possible de terminer cette émission sans poser la question.
Donc je lui ai posé la question à laquelle il s'attendait mais qu'il n'attendait plus et il a répondu commencer. Hm. C'est un un jour historique pour vous, un moment historique, un moment de journalisme très fort, peut-être une fierté d'ailleurs.
Disons que j'ai eu le sentiment que quelque chose de l'élection se jouait à ce moment-là. Hm hm. puisque c'était très près avant de l'élection et que j'ai pensé que la réponse de François Mitteran lui vaudrait un peu plus de considération au moins dans la fraction cultivée des électorats qui n'étaient pas prêts pour à voter pour lui.
H en clair, vis-à-vis de la bourgeoisie de droite, h ce n'était pas quelque chose qui était populaire à l'époque, hein. Il faut se rappeler que la majorité des Français était d'un sentiment inverse. Hm hm.
Mais pour lui, je pense que ça a été un marqueur essentiel. Il vous a remercié d'une certaine manière après lui alors non tout de suite après son entourage qui était au premier rang puisque c'était une émission en public. C'est au contraire rué sur moi pour me traiter de tous les noms pour le piège infamme que je lui tendais au tout dernier moment. et lui est descendu de la petite estrade sur laquelle on trônait entre guillemets euh pour me remercier et les mêmes immédiatement, bon je dirai pas les noms parce sont toujours les mêmes euh mais qui m'insultaient brusquement ont trouvé que c'était génial.
Incroyable. Si on se plonge un peu dans dans votre histoire parce que ça fait aussi partie du concept de cette émission, on comprend que ce goût pour la politique remonte à l'enfance. Toute la famille avait cet appétit.
À 10 ans, j'étais chargée d'aller raconter chaque semaine l'actualité à mon arrière- grand-mère née sous Napoléon I. J'ai appris à lire avec les titres du Figaro que mes parents recevaient. Et votre premier coup d'éclat familial, dites-vous, c'est d'avoir imposé un abonnement supplémentaire au journal Le Monde.
Oui, toujours une recherche d'équilibre quand même. Je voulais qu'il y ait deux sources différentes dont je savais qu'elles étaient contradictoires. Elles étaient bien plus contradictoires encore à l'époque d'ailleurs.
Et je trouvais que une une source était insuffisant et même contre nature. À 10 ans. Vous saviez ça ?
Ben oui, écoutez. Oui. Vous avez appris à lire à 3 ans avec donc les titres du Figaro.
Aujourd'hui, si des enfants apprennent à lire tout seul, c'est plutôt sur un smartphone, une tablette. Quel regard vous portez là-dessus ? Écoutez, tout ce qui est numérique est en dehors de mon univers.
C'est vrai. Et je je vois bien ce qui est regardé ou pas regardé. Hm hm.
Et je me désole du peu de lecture de ce que je rencontre. Je trouve que le niveau de culture historique et littéraire, y compris chez les journalistes, a baissé de façon alarmante et je vois trop de gens en train de lire des dépêches ou de passer des coups de téléphone ou de regarder leur portable h que de gens en train de lire les journaux et à forcerie des livres. Et c'est une énorme évolution. par rapport à ce que j'ai connu dans mes débuts de journaliste.
H vous lisez 6h par jour hein. Oui. 3h de journaux ? 3h de livres ?
Trois livres en même temps. Oui, exactement. Ouais.
Ça n'existe plus ça. Non. Ce que j'ignorais c'est que vous avez eu un grave accident de voiture à l'âge de 20 ans qui vous avant et qui vous a immobilisé.
Ça vous a immobilisé pendant pendant 2 ans et c'est là aussi que vous vous plongez dans la lecture et que la lecture devient très importante. Alors, de toute façon euh j'étais un lecteur convulsif avant mais il se trouve que j'ai eu cet accident et que c'est la seule chose que je pouvais faire. Donc j'ai lu quasiment un livre par jour pendant 2 ans.
À la lueur de celui que vous êtes aujourd'hui, quel conseil donneriez-vous au petit garçon que vous étiez ? Qu'est-ce que vous lui diriez avant qu'il ne se lance dans la vie ? De fermer sa tablette. de laisser son portable de temps en temps dans un placard et de prendre des livres et de se dire que si on a fini une semaine sans avoir lu au moins deux livres, on a raté sa semaine.
Ah, c'est à ce point-là. [rires] J'ai des photos maintenant à vous proposer. [musique] La première, la voici.
Vous allez immédiatement le reconnaître. C'est un certain Benjamin Duamel, journaliste politique lui aussi, digne neveu de son oncle, tombé dedans tout petit lui aussi. Je crois que vous vous appelez presque tous les jours, hein.
C'est ça. Vous lui débriefez ces interviews ? Oh, je quand il a quand il y a quelque chose de particulièrement saillant, je n'attends pas longtemps pour le lui dire.
Quand c'est positif, négatif, honnêtement, ça arrive assez rarement. Mais quand j'ai une réserve, j'ai une réserve. Mais enfin oui oui oui, on se on débriefe ensemble souvent.
Il a des infos que vous n'avez pas parfois. Ah oui bien sûr, c'est vrai. Bah oui, d'autant plus qu'il passe plus de temps que moi puis par principe puisqu'il recherche sans arrêt des invités.
Donc par principe, il a des informations que je n'ai pas. Disons qu'il a des informations que je n'ai pas et peut-être que j'ai des connaissances qu'il n'a pas encore mais qu'il aura. Et lui il lit beaucoup.
Oui oui, il lit beaucoup. Ah non non, il est beaucoup puis il a une bonne culture politique et historique et économique de base. H c'est ce qui le différencie d'autres aussi.
H Et blague à part, c'est sympa d'avoir un neveu qui partage sa passion pour la politique et l'histoire comme vous. Alors, je ne suis pas sûr que la l'affection particulière que j'ai pour Benjamin enchante toujours mes enfants. Ah ouais. qui trouve que je devrais peut-être déplacer mes centres d'intérêt tellement il est votre chouchou.
Non mais parce que c'est comme ça, il fait ce que je faisais à son âge. Oui, exactement la même chose. Quand j'avais le même âge que j'avais 30 ans, j'avais la première émission euh politique à la télévision.
Euh j'ai eu très vite la radio, j'avais le monde. Bon alors il a pas le monde mais il a d'autres choses. H euh donc ça crée un lien quoi.
Bah oui forcément c'est difficile de ne pas se projeter un petit peu. Oui votre œil brille quand je je vous parle de Benjaminel. C'est beau.
Al je sais pas si c'est beau mais c'est une réalité. Une deuxième photo. C'est une photo du Solex qui revient à la mode avec un tout nouveau modèle le Solex. un bijou de notre patrimoine, un mythe, une promesse de liberté pour plusieurs générations.
Il revient en toute électrique. Évidemment, je vous en parle parce que je m'adresse à celui qui a passé une bonne partie de sa vie à rouler dans Paris en Solex. Qu'est-ce que ça vous fait de voir revenir le Solex ?
Bon, ça m'amuse [rires] mais j'ai regretté quand je n'ai plus eu le droit de prendre un Solex parce que les médecins me l'interdisaient en me disant que j'étais trop fragile pour tomber. D'accord. Et donc, il fallait que j'arrête.
Et puis il faut dire que dans Paris, ça c'est un petit peu compliqué la circulation. notamment avec les couloirs de bus que ceux qui sont enlex sont pratiquement obligés d'emprunter pour ne pas se faire renverser. Ouais.
Et avec ce que ça implique Oui. de désagrément. Et la politique n'étant jamais très loin.
Vous en voulez Nidelgo d'avoir compliqué la circulation dans Paris. Elle n'est pas dans votre livre d'ailleurs. Il y a pas de portrait.
Non. Non. Ben vous savez, j'ai choisi ceux et celles dont j'avais envie ou pas et elle je n'avais pas envie.
C'est clair. Et ça n'était pas simplement la vengeance de celui qui roulait enlexex. même si je reconnais que j'ai trouvé ça extrêmement désagréable et que ça a beaucoup changé en fait la façon de se déplacer.
H J'ai une dernière question qui est en lien avec le décor qui nous entoure. Nous sommes entourés de quatre statutes qui représentent chacune une vertu. Il y a la sagesse, la prudence, la justice et l'éloquence.
Est-ce qu'il y a une de ces vertus qui vous parle particulièrement qui vous caractérise peut-être ou je vais vous répondre la sagesse compte tenu de mon âge, mais si je vous disais ce que je pensais vraiment, ce que vous pensez vraiment, c'est l'éloquence. D'autant plus que c'est la chose au monde la plus injuste et la plus élitiste. Il y a des grands hommes pas du tout éloquents.
Ah oui. Et il y a quelquefois des éloquents qui sont pas du tout de grands hommes. Mais l'éloquence c'est une spécificité, c'est une arme et ça peut être un danger.
Et l'homme ou la femme politique aujourd'hui la plus éloquente ou le plus éloquent c'est qui ? C'est un sénateur. Je mais je ne veux pas faire trop plaisir au Sénat parce que en ce moment je n'aime pas beaucoup son comportement donc je ne dirai pas qui bien que lui n en l'occurrence rien à se reprocher.
Oh, je sais à qui vous pensez. Bon ben vous pouvez le dire. Claude Maluret.
Oui, évidemment. Mais oui, bien sûr. C'est le plus éloquent, il y a pas de doute.
Et je pense que depuis que Mélenchon n'est plus à l'Assemblée, il n'y a pas à l'assemblée un closuré. H Et je pense que l'assemblée en pâtis Hm. l'éloquence qui a été remarqué jusqu'aux États-Unis, celle de Claude Malur bien sûr.
Merci Alain Duamel d'avoir été notre invité dans cette émission. Merci d'avoir jouer le jeu de tous ces rituels et de vous être prêté à l'interview politique mais cette fois dans le dans l'autre rôle. Merci infiniment et merci à vous de nous avoir suivi comme chaque semaine émission à retrouver en replay sur notre plateforme publicsena.fr et en podcast.
À très vite. Merci beaucoup. Oh.