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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 15 juillet 2021 10 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéRetraitesÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

PANDÉMIE : MACRON, LE VIRUS ANTISOCIAL

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « Pour les personnels soignants et non-soignants, la vaccination sera rendue obligatoire sans attendre. »
  • 2:30narrateurFait
    « Dès le 21 juillet, le pass sanitaire sera étendu aux lieux de loisirs et de culture. »
  • 3:30narrateurFait
    « La réforme de l'assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre. »
  • 4:00narrateurFait
    « Nous devrons engager, dès que les conditions sanitaires seront réunies, la réforme des retraites. »
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    « La réforme des retraites présentée hier par le président de la République, c'est la réforme des retraites des Républicains. »
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    « La réforme des retraites n'est pas enterrée. Il a simplement dit qu'il fallait d'abord que la crise soit derrière nous. »
  • 7:00narrateurFait
    « La vraie mesure liberticide, c'est le couvre-feu et le confinement. »
  • 7:30narrateurFait
    « Vacciner, c'est protéger. C'est se protéger, et c'est protéger les autres. »
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    « Comme on n'a pas su créer la confiance, on est obligé de créer la contrainte. »
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    « La réforme des retraites présentée hier par le président de la République, c'est la réforme des retraites des Républicains. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C’est l’annonce d’une société du contrôle généralisé. Enfin, il se décide à avoir du courage. La vraie mesure liberticide, c’est le couvre-feu et le confinement.

Comme on n’a pas su créer la confiance, on est obligé de créer la contrainte. Vous faites quoi quand les gens refusent d’aller se vacciner ? Vous allez les chercher de force ?

Tout ça est fait simplement pour envoyer un message qui est celui de faire peur aux Français. La réforme des retraites présentée hier par le président de la République, c’est la réforme des retraites des Républicains. La réforme des retraites n’est pas enterrée.

Il a simplement dit qu’il fallait d’abord que la crise soit derrière nous. Que faut-il comprendre derrière l’étrange allocution d’Emmanuel Macron lundi soir ? On en parle tout de suite dans le numéro 14 d’un Bourbon Sinon Rien.

Mais de quoi est venu nous parler le chef de l’État lundi soir ? De la pandémie ou de la campagne pour sa réélection ? De fait, Emmanuel Macron a mélangé les deux, évoquant tout à la fois l’arrivée d’une quatrième vague de contamination et la réforme des retraites.

Sans oublier l’entrée en vigueur du nouveau système d’allocation-chômage qui va conduire à la paupérisation de centaines de milliers de gens. Sur une demi-heure d’allocution, ça ne se remarque pas trop. Mais si l’on rassemble les annonces, voilà ce que ça donne : Pour les personnels soignants et non-soignants, la vaccination sera rendue obligatoire sans attendre.

Dès le 21 juillet, le pass sanitaire sera étendu aux lieux de loisirs et de culture. À partir du début du mois d’août, donc, le pass sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraite, établissements médico-sociaux. La réforme de l’assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre.

Nous devrons engager, dès que les conditions sanitaires seront réunies, la réforme des retraites. L’assurance chômage ou les retraites n’ont jamais fait fuir un quelconque variant, fût-il le plus contagieux connu à ce jour. Il faut en conclure que le président escomptait profiter de la sidération provoquée par ses annonces sanitaires pour faire passer au second plan ses projets de régression sociale : la stratégie du rideau de fumée.

L’avenir dira ce que vaut ce calcul. Pour ce qui est de la sidération, en revanche, c’est réussi. Le débat sur le pass sanitaire divise les Français et, partant, la représentation nationale.

Pour Éric Coquerel, il s’agit d’un projet liberticide. Ce sont en tout cas des mesures qui restreignent les libertés publiques. Ce n’est d’ailleurs pas moi qui le dis.

Madame Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Finances, en mai, se vantait de l’amendement qu’elle avait fait passer ici contre la généralisation du pass sanitaire dans les cafés, les restaurants, les transports, etc, au nom des libertés publiques. Donc bien sûr, oui, et en plus, c’est l’annonce d’une société du contrôle généralisé. C’est quand même un peu effrayant, non ?

Le député de la France insoumise fait référence à cet amendement déposé par la présidente de la commission des lois, la députée LREM des Yvelines Yaël Braun-Pivet, un amendement qui a été adopté en séance le 11 mai dernier. Voici comment la présidente de la commission des lois présentait ce dernier : Hier, nous avons parlé du pass sanitaire et de l’utilisation que le gouvernement pourrait faire de cet outil pour les grands événements. Nous avions souhaité, en commission des lois préciser, l’indiquer très clairement dans la loi, que toute autre personne ne pourrait pas faire usage du pass sanitaire pour conditionner l’accès à un lieu privé tel qu'un restaurant, tel qu’un cinéma, telle qu’une entreprise, à la possession d’un pass sanitaire et la démonstration d’une sérologie négative au Covid-19.

Donc je crois qu’il est vraiment important de l’inscrire clairement dans la loi pour que chaque citoyen de notre pays puisse l’opposer à toute personne privée qui pourrait avoir cette idée saugrenue d’imposer de pénétrer dans son établissement à la possession d’un tel pass sanitaire. “Une idée saugrenue”, dit Yaël Braun-Pivet. Elle a pourtant été reprise par le président de la République.

Une fois encore, la Macronie s’assoit sur ses propres lois. Mais le pass sanitaire, dans sa version présidentielle, a des partisans : Enfin, il se décide à avoir du courage. Gouverner ce n’est pas chercher à plaire, c’est montrer un chemin.

Ce pass sanitaire, il est nécessaire. On n’aurait pas dû fermer les cinémas, on n’aurait pas dû fermer les salles de spectacle aussi longtemps si, au printemps, on avait mis en place ce pass sanitaire. Le problème, c’est que le gouvernement a toujours un temps de retard sur le virus.

La question, c’est qu’il faut précéder le virus. La vraie mesure liberticide, c’est le couvre-feu et le confinement. C’est quand on ne peut plus sortir de chez soi, c’est ça la mesure liberticide.

Aujourd'hui, on est dans des mesures qui cherchent à protéger les gens. Vacciner, c’est protéger. C’est se protéger, et c’est protéger les autres.

Ce sont des devoirs presque civiques que l’on doit faire aujourd’hui pour pouvoir sortir à un moment ou à un autre de cette épidémie. Si on ne le fait pas, on n’en sortira jamais. À l’évidence, une partie de l’opinion n’est pas convaincue par ces arguments.

Damien Abad explique pourquoi : La vérité, c’est quoi ? C’est : comme on n’a pas su créer la confiance, on est obligé de créer la contrainte. Et c’est la confiance, certainement, qui a manqué.

Et donc ce n’est pas hier que le chef de l’État a commis des erreurs, c’est avant. D’abord, parce qu’il y a eu un problème de timing : je pense qu’on aurait pu anticiper l’été, on fait ces propositions au cœur de l’été. Ensuite parce qu’on sait qu'il y a eu beaucoup d’hésitations.

Parce qu’il y a eu aussi des difficultés de logistique : il y a eu des psychodrames sur l’AstraZeneca, donc, on a créé de la défiance. Et malheureusement, quand on crée de la défiance, à la fin on est obligé de créer de la contrainte pour permettre la vaccination. Mais sur le principe, nous sommes favorables, nous prendrons nos responsabilités au groupe Les Républicains.

Nous soutenons le principe de la vaccination obligatoire mais aussi de l’extension du pass sanitaire. Dans les faits, l’extension du pass sanitaire revient peu ou prou à rendre la vaccination obligatoire, une hypothèse que le président envisage à haute voix. En fonction de l’évolution de la situation, nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français.

À gauche, certains regrettent que le chef de l’État se soit arrêté en chemin Ç'aurait été beaucoup plus correct d’annoncer une obligation vaccinale pour tout le monde, avec une gradation en fonction des métiers, des contacts que l’on peut avoir avec le public. Ça n'a pas été le cas. C’est par des artifices, on vient au pass sanitaire, en créant d’ailleurs dans des familles un climat plutôt anxiogène pour ceux qui vont partir en vacances dans quinze jours, se demander, quand ils ne sont pas vaccinés, s’ils vont aller au restaurant, aller au supermarché, avoir des activités culturelles.

Je trouve que ce choix-là n’est pas le bon. Les députés de La République en marche se montrent eux aussi surpris, sinon déçus. Moi j’ai été un partisan, et je continue à être un partisan de la vaccination obligatoire pour tous.

Je pense que la difficulté, c’est d’arriver à la valider à la fois sur un plan constitutionnel et sur un plan de pratique, savoir comment on identifie, si on dit “c’est pour tous”, il n’y aura plus de contrôle. Par exemple, moi je ne sais pas si vous êtes vacciné du tétanos. Vous allez me dire “Oui” je ne sais pas si c’est vrai, je ne sais pas si c’est faux.

Je pense qu’on y va par étape et je crois que cette étape était importante de réveiller d’abord l’acceptation de la vaccination avant de la rendre obligatoire. Ce serait donc une impossibilité à la fois constitutionnelle et pratique qui aurait conduit le président à s’en tenir à la seule extension du pass sanitaire. À moins que la vaccination obligatoire de tous les Français se révèle simplement trop risquée politiquement.

Vous faites quoi quand les gens refusent d’aller se vacciner ? Vous allez les chercher de force chez eux ? Vous les contraignez ?

Vous mettez des contraventions ? Vous les mettez avec un bracelet électronique ? Vous faites quoi ?

Vous voyez bien qu’on arrive à un moment tel où la société peut être tellement fracturée que le bénéfice de la vaccination apparaît finalement presque secondaire. Donc non. Du côté du Rassemblement national, on envisage une autre explication : Qui va contrôler les pass sanitaires dans les restaurants ?

Est-ce que les restaurateurs vont se transformer en contrôleurs ? Est-ce que les contrôleurs SNCF vont devoir contrôler les pass sanitaires ? Ça va créer aussi, ça va générer un certain nombre probablement aussi de conflits dans le quotidien.

Donc il y aura des exceptions à tout cela. On voit bien que tout cela est fait simplement pour envoyer un message qui est celui de faire peur aux Français. La bonne vieille peur du gendarme !

Il faut reconnaître que cela a marché, puisque deux millions de rendez-vous pour se faire vacciner ont été pris sur Doctolib depuis l’intervention d’Emmanuel Macron. Reste l’affaire des retraites. Pourquoi diable le président a-t-il évoqué dans son intervention une réforme qui a fait descendre les Français dans la rue ?

Une réforme qui, de surcroît, est la même que celle prônée par la droite. La réforme des retraites présentée hier par le président de la République, c’est la réforme des retraites des Républicains. Ce sont les trois principes que nous avons toujours défendu : suppression des régimes spéciaux, allongement de l’âge départ à la retraite et pension de retraite minimale à 1000 euros.

L’explication est simple. Emmanuel Macron s’adresse à l’électorat de droite. Il lui dit que s’il est reconduit à l’Élysée, il repoussera l’âge de la retraite.

Et que, par conséquent, il est inutile de voter pour le candidat qui sera investi par les Républicains, car lui, Emmanuel Macron, fera le boulot. Écoutez Bruno Bonnell vendre la mèche : La réforme des retraites n’est pas enterrée. Il a simplement dit qu’il fallait d’abord que la crise soit derrière nous, parce que c’est vrai que, dans cette période de stress de la société, ce n’est pas très malin d’en rajouter.

Ça va probablement faire partie, non pas simplement de promesses de campagne de notre majorité, mais je pense qu’il y a un certain nombre de candidats qui auront à s’exprimer sur cette réforme des retraites, ce qui permettra d’ailleurs d’avoir un consensus et d’arrêter de se cacher derrière son petit doigt en disant : “Il y a qu’à, faut qu’on, il ne faut pas la faire”. La droite se voit ainsi couper l’herbe sous le pied. Macron vient de lui voler un de ses principaux marqueurs.

En politique, le cynisme est souvent la règle, mais surfer sur l’émotion d’une crise sanitaire et son cortège de victimes pour lancer une campagne électorale a quelque chose d’indécent, et de choquant. Si vous avez aimé cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube. Et n’oubliez pas d’activer la cloche !

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