Compte de campagne, McKinsey... Pourquoi Macron peut narguer les français | Théophile Kouamouo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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Pourquoi seulement maintenant ?
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Traitez-moi de rabat-joie, mais c'est la première question qui m'est venue à l'esprit
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De quoi notre valeureux président de la République est-il soupçonné par la justice ?
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Le compte de qui, messieurs les procureurs ?
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Ce nom relève-t-il du secret défense, sait-on jamais ?
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Est-ce que vous craignez que la justice dise que c'était une forme de financement illégal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Suite à plusieurs signalements et plaintes d'élus et de particuliers, une information judiciaire a été ouverte le 20 octobre 2022, notamment des chefs de tenues non conformes de comptes de campagne et minorations d'éléments comptables dans un compte de campagne. »
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« Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués. »
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« Normalement, ils facturent une journée de travail à des montants qui vont de 2 000 à 7 000 euros par consultant. »
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« Nos statuts nous interdisent de travailler, que ce soit à titre payant ou en pro bono, pour des organisations politiques ou des hommes politiques. Donc nous ne le faisons pas, nous ne l'avons jamais fait, nous ne le ferons jamais. »
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« Le 6 octobre 2016, Alexis Kohler obtient enfin son feu vert pour aller se mettre au service de MSC. Mais avant de rejoindre le géant étalot suisse, il est nommé directeur général d'En Marche, le mouvement lancé par Emmanuel Macron pour sa campagne présidentielle. »
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« Alexis Kohler est mis en examen pour prise illégale d'intérêt dans le cadre d'une information judiciaire au sujet de ses liens familiaux et professionnels avec MSC. »
- 16:54PrésentateurFait
« Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et désormais Emmanuel Macron. »
- 17:06PrésentateurFait
« Jacques Chirac pour détournement de fonds publics, Nicolas Sarkozy pour financement illégal de campagne, mais aussi pour corruption et trafic d'influence. »
Temps de parole
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Pourquoi seulement maintenant ? Traitez-moi de rabat-joie, mais c'est la première question qui m'est venue à l'esprit après les révélations du Parisien relatives à l'ouverture d'enquêtes visant Emmanuel Macron et la multinationale de conseil McKinsey, notamment en ce qui concerne des soupçons de financement illégal, de campagne et de favoritisme. Pourquoi c'est seulement maintenant, alors qu'Emmanuel Macron est confortablement installé à l'Elysée pour son second mandat, et alors que les institutions de la Ve République lui procurent une barricade juridique de première classe.
Pourquoi c'est maintenant que la justice de notre pays décide d'en savoir plus sur ce qui relève en grande partie, au fond, du secret de Polichinelle ? La manière dont les choses se sont emboîtées, ce qui a été fait et ce qui a été omis, tout dans cette affaire témoigne de ce qu'est la France d'aujourd'hui et peut-être de demain. C'est pour cette raison, parce que je voulais en parler plus en profondeur, que j'ai eu l'idée de tourner ce numéro spécial de l'actu démasqué. C'est parti ! De quoi notre valeureux président de la République est-il soupçonné par la justice et par quels moyens en avons-nous été informés ?
L'information a d'abord été révélée par le journal Le Parisien hier après-midi, avant que le parquet national financier ne la confirme dans un communiqué. Trois juges enquêtent effectivement depuis un mois sur des soupçons, d'abord de tenues non conformes de campagne pour la campagne d'En Marche lors de la présidentielle de 2017 et celle de 2022. Et puis pour recel et favoritisme, des soupçons là aussi, deux enquêtes qui s'ajoutent à une troisième enquête, une première enquête en réalité qui avait été lancée, elle, fin mars dernier, pour fraude fiscale et blanchiment visant le cabinet McKinsey.
Bon, il faut dire que ce journaliste et nous autres avec lui, on s'avance un peu dans l'interprétation du communiqué du parquet national financier. Un communiqué qui évoque très clairement le groupe McKinsey, mais à aucun moment ne cite Emmanuel Macron comme si évoquer son nom revenait déjà à mettre en cause le fameux principe d'irresponsabilité pénale du chef de l'État et blablabla et blablabla. Et si on lisait un extrait de ce texte qui, au fond, est assez lunaire ? Écoutez bien, le diable est dans les détails.
Suite à plusieurs signalements et plaintes d'élus et de particuliers, une information judiciaire a été ouverte le 20 octobre 2022, notamment des chefs de tenues non conformes de comptes de campagne et minorations d'éléments comptables dans un compte de campagne.
Le compte de qui, messieurs les procureurs ? Ce nom relève-t-il du secret défense, sait-on jamais ? D'abord, j'ai admiré vos pudeurs de gazelle. On rigole, on rigole, mais il faut remarquer que le temps de se communiquer qui se sert plus souvent qu'à son tour, sinon de la langue de bois, du moins de la litote, offre à Emmanuel Macron l'occasion d'une pirouette assez ébouriffante.
Je pense qu'il y a un sujet avec beaucoup d'attaques politiques qui ont été faites sur la question d'un cabinet de conseil et c'est sur ce sujet qu'a été ouverte une instruction judiciaire. Bon, il faut que la justice fasse le travail sur ce sujet. Vous avez raison de rappeler que ce n'est pas votre serviteur. Alors certains voudraient le politiser. Mais est-ce que vous craignez que la justice, au bout d'un moment, dise en effet que c'était une forme de financement illégal que des gens de McKinsey travaillent pour chaque partenaire ? Non, rien. Et après, vous savez, je m'en suis déjà expliqué des centaines de fois, donc ma réaction ne va pas changer.
Mais comme votre confrère l'a très bien rappelé, je crois que le cœur de l'enquête n'est pas votre serviteur.
En gros, on n'a pas cité mon nom. Je ne suis pas concerné. Quelle affaire ? Il n'y a pas d'affaire. Et quand on observe la une des quotidiens du lendemain de la révélation de ces enquêtes qui visent en réalité la Macronie en plein cœur, on peut penser la même chose. C'est-à-dire, il n'y a rien. Nulle part à la une du quotidien Libération, cette annonce du parquet national financier n'est évoquée. Il faut attendre la page 13 pour lire une modeste synthèse sur la question. On peut constater la même discrétion sur les unes du Monde ou du Figaro. Sur les chaînes d'info en continu, on a parlé du sujet une ou deux fois et on est passé à autre chose. Il n'y a rien. Ou presque.
Et pourtant, nous le disions déjà il y a plusieurs mois en reprenant les mots de notre camarade Nicolas Framont, rédacteur en chef du média indépendant Frustration. Dans le fond, cette affaire Macron-McKinsey est pire que l'affaire Fillon. Elle nous en dit beaucoup sur les maladies qui rongent notre paysage politico-médiatique. Déjà, il faut noter qu'entre l'ouverture d'une information judiciaire sur les comptes de Macron et la communication de ce fait à l'opinion publique via un article de presse, puis un communiqué elliptique du PNF, il y a eu un intervalle de temps de plus d'un mois. C'est peut-être un détail pour vous, mais c'est un détail qui veut dire beaucoup.
Pourquoi, dans certains cas, le parquet prend-il l'initiative de la rédaction d'un communiqué immédiatement après chaque étape d'une procédure et, dans d'autres cas, attend-il un scoop dans la presse pour s'exprimer ? Pourquoi, dans certains cas, les fuites dans la presse sont-elles plus rapides que dans d'autres ? Une partie de la réponse se trouve dans une pratique tout à fait légale qu'on appelle la remontée. Les parquets, qui d'un point de vue structurel ont des comptes à rendre au ministère de la Justice, lui transmettent en permanence tout un tas d'informations, ce que les policiers font également par ailleurs avec le ministère de l'Intérieur.
Que deviennent en général ces informations ? Le journaliste Marc Leplongeon-Dupont, qui a co-écrit le livre « Ministère de l'Injustice », notamment avec l'un des auteurs du scoop du Parisien sur la campagne Macron, me l'expliquait il y a quelques mois.
Il y a des boucles WhatsApp de conseillers ministériels à Matignon, à la Justice, à Beauvau, mais aussi à l'Élysée, et qu'en fait, toutes ces informations, elles remontent jusqu'à l'Élysée. Et ces affaires, si on sait que telle ou telle politique va être en cause avec la justice, c'est éventuellement de pouvoir ensuite utiliser un média et de faire ressortir la faux à bon escient.
Bien entendu, les remontées qui sont embarrassantes pour le pouvoir sont moins susceptibles de fuiter en temps réel que celles qui gênent l'opposition. Même s'il ne faut pas sous-estimer, dans certains cas, les inimitiés internes à une famille politique. Continuons d'écouter Marc Leplongeon.
Ça peut aussi être une arme de défense. Par exemple, on a documenté sur les affaires qui touchent François Bayrou et son parti, le modem, c'est que dans ce qui remonte à l'Élysée, ne remonte pas seulement le fait que François Bayrou a été mis en examen ou interrogé par le juge. On a l'étape d'après. C'est-à-dire qu'on va apprendre, voilà où on en est, et voilà l'analyse juridique qu'on vous en fait, et jusqu'où peut aller l'affaire. C'est-à-dire que Macron va savoir, je cite Macron, mais ça peut être n'importe quel président à sa place, il va savoir, OK, donc là, on en est à ce stade-là, et dans les six mois, on est susceptible d'aller ici. Et ça lui permet ensuite d'ajuster ses politiques.
Non, mais imaginez la scène. Bien entendu, elle est purement fictionnelle, mais dans le cadre de nos institutions, elle est absolument vraisemblable. Monsieur le conseiller à l'Élysée, on est bien embêté, mais on va ouvrir une information judiciaire sur les comptes de campagne du BOS. OK, vous n'allez pas communiquer dessus, j'imagine ? Euh, non, si vous le dites. Mais vous êtes libre, hein ? Euh, non, on ne communiquera pas dessus. Et puis, quelques jours après, Monsieur le conseiller à l'Élysée, on est bien embêté, mais des journalistes vont en parler, on ne sait pas comment l'info est arrivée jusqu'à eux. Euh, vous allez communiquer dessus, j'imagine ? Oui, on est bien obligé.
Bon, du coup, soyez évasif. Par exemple, vous n'êtes pas obligé de citer le nom du président, n'est-ce pas ? Saisissez-vous du pouvoir politique, et tout ira bien. Les institutions de la Ve République assurent à celui qui finit par gagner la présidentielle et à s'offrir la planque de l'Élysée, non seulement un gigantesque avantage comparatif par rapport à ses adversaires politiques, mais aussi une impunité en or massif. Macron peut bien jouer les ingénues. J'ai vu simplement le communiqué. Personne m'a écrit, personne m'a appelé. Ben ouais, tu m'étonnes. En tant que président de la République, tu ne peux être entendu ni par les juges, ni par les enquêteurs, tant que tu es pouvoir.
C'est comme ta célèbre phrase de la période de l'affaire Benalla.
Le seul responsable de cette affaire, c'est moi. S'il veut un responsable, il est devant vous.
En fait, tu sais qu'il n'y a aucun moyen institutionnel d'aller te chercher. Et tu en joues. Nous sommes dans un pays où on perquisitionne sur plusieurs sites en même temps une formation politique d'opposition, tambour battant, où on confisque des ordinateurs et où on met en examen parce qu'on soupçonne une très petite entreprise et une association d'avoir mis un peu de côté après avoir servi de prestataire à une campagne électorale. Et où ? Plus de cinq ans après les faits, le parquet national financier use de litotes pour annoncer, contraindre et forcer l'ouverture d'une enquête sur un gigantesque cabinet aux tentacules mondiales, reconnu pour ses méthodes problématiques.
Un cabinet qui se met alternativement au service des multinationales les moins scrupuleuses et des gouvernements et qui a pu travailler gratuitement pour un candidat devenu président, puis rentabiliser son investissement en infiltrant ses cadres dans les hautes sphères du pouvoir et en facturant à l'État des prestations plus ou moins fictives dans des domaines extrêmement sensibles. Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France. Pourquoi seulement maintenant ?
En réalité, l'implication étrange de McKinsey dans la campagne Macron de 2017 était documentée depuis de nombreuses années, notamment par les Macronleaks, ces dizaines de milliers de documents piratés puis rendus publics par Wikileaks et au sein desquels on trouvait des échanges entre un nombre important de cadres de McKinsey et l'équipe Macron. Parmi ces cadres, Karim Tajeddin, retenez ce nom, qui utilise des mails professionnels dans le cadre de son implication aux côtés de l'ancien ministre de l'économie de François Hollande. Or, que dit le Code électoral français en son article 52.8 ?
Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués.
Là, on a, selon Mathieu Aron et Caroline Michel-Aguire, auteurs en février 2022 du livre « Les infiltrés », une quinzaine de seniors et de junior advisors dans l'entourage du candidat Macron. Normalement, ils facturent une journée de travail à des montants qui vont de 2 000 à 7 000 euros par consultant. Non, mais là, rien. Aucune de leurs factures ne figurent dans les comptes de campagne de Macron. Ni la Commission nationale des comptes de campagne, ni la justice n'y trouvent à redire pendant de très longues années. C'est donc de manière incidente que l'affaire destinée à être mort-née revient sur le premier plan.
Il faut attendre le Covid, l'omniprésence des cabinets de conseil, 26 au total, dans une stratégie nationale de lutte qui pourtant patine beaucoup, et le tapage médiatique qui s'ensuit. Alerté, le groupe communiste au Sénat propose une commission d'enquête qui va prendre la mesure du phénomène et de l'aubaine financière qu'il représente, notamment pour McKinsey. Nous sommes en décembre 2021. Au cours des travaux de cette commission, l'implication des McKinsey Boys auprès de la campagne Macron est publiquement évoquée, notamment par la sénatrice Nathalie Goulet de l'Union centriste.
Une vingtaine de salariés de votre société auraient participé à cette campagne. Comment avez-vous assuré les règles liées au conflit d'intérêts ? Et est-ce que ces prestations ont figuré sur les comptes de campagne ? Je rappelle qu'un de vos salariés a été très rapidement directeur de cabinet du ministre Majoubi. Donc apparemment, il y a quand même des liens assez forts entre votre cabinet et la campagne présidentielle. Que répond alors Karim Tadzidine ? Nos statuts nous interdisent de travailler, que ce soit à titre payant ou en pro bono, pour des organisations politiques ou des hommes politiques. Donc nous ne le faisons pas, nous ne l'avons jamais fait, nous ne le ferons jamais.
Ah bon ? Donc tous ces éléments qui montrent que vous et vos collaborateurs ont bossé sur la campagne Macron, ce sont des fake news.
En tant qu'employeur, je ne suis pas habilité, ne serait-ce qu'à demander à une personne si elle exerce des activités ou une implication politique. Donc à ce titre, je ne suis pas en état, moi, de pouvoir, et même serait-ce pouvoir donner des instructions dans un sens ou dans l'autre par rapport à une activité politique qui relève du registre individuel. Et puisque la question m'a aussi posée à titre individuel, moi depuis ma vie d'étudiant, j'ai toujours considéré qu'à côté de mon activité professionnelle, je souhaitais avoir des activités associatives au profil collectif. Donc j'ai participé à travers ma vie, effectivement, à des associations.
En gros, c'est un peu par hasard que des big boss et des petites mains de McKinsey se sont retrouvés à bosser ensemble à titre bénévole et individuel pour un parti politique. Le même parti politique. Ah là là, les coïncidences, des fois, elles ont de l'humour.
Nous entendons bien, je crois, cette liberté fondamentale de chacun de s'engager à côté de ses activités professionnelles. Cependant, il faut que ces choses-là puissent être contrôlées, évidemment. Donc votre réponse suppose-t-elle que vous avez les moyens du contrôle de l'implication horaire de vos salariés pour garantir que quand ils sont sur le type d'activité dont parlait Mme la sénatrice Goulet, ils ne sont pas dans le cadre de leur occupation professionnelle ? Oui, bien sûr, M. le Président. Et à préciser, la condition de cette liberté individuelle est bien sûr de n'utiliser en aucune manière les ressources collectives de notre institution.
Le gars qui parle ainsi, c'est lui-même en tant que big boss servi de sa boîte e-mail professionnelle pour bosser pour la campagne Macron. Il est possible de toute façon qu'il dise vrai. Mais les ambiguïtés qui ressortent de cette audition méritent qu'une information judiciaire soit ouverte. Nous sommes alors en janvier 2022, plusieurs mois avant l'élection présidentielle. L'institution judiciaire prend manifestement son temps. Le scrutin passe, Macron gagne. Et l'affaire arrive sur le bureau d'un juge d'instruction lorsqu'elle ne constitue plus ni un danger judiciaire, immunité présidentielle oblige, ni un danger politique. Les futures échéances nationales sont très, très, très, très loin.
Comment s'empêcher de penser à Alexis Kohler, le sulfureux secrétaire général de l'Elysée ? Souvenons-nous de ce documentaire de nos confrères d'offres investigations.
Le 6 octobre 2016, Alexis Kohler obtient enfin son feu vert pour aller se mettre au service de MSC. Mais avant de rejoindre le géant étalot suisse, il est nommé directeur général d'En Marche, le mouvement lancé par Emmanuel Macron pour sa campagne présidentielle. Un mois plus tard, Kohler rejoint enfin MSC en tant que directeur financier. Il s'installe alors à Genève, payé par MSC près de 28 000 euros par mois. En parallèle, il va continuer à animer en coulisses l'état-major de la campagne d'Emmanuel Macron.
La suite, on la connaît. Alexis Kohler est mis en examen pour prise illégale d'intérêt dans le cadre d'une information judiciaire au sujet de ses liens familiaux et professionnels avec MSC. Par ailleurs, Vincent Bolloré, qui a fini par céder ses activités portuaires et logistiques en Afrique au groupe MSC après des déconvenus institutionnels et judiciaires, est persuadé d'avoir été victime d'un coup de force de la Macronie. Alexis Kohler est toujours en place.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, qui bénéficie des remontées sur les affaires en cours, est lui-même mis en examen, soupçonné entre autres griefs d'avoir voulu se venger, de juges ayant trop fluiné sur ses liens avec l'avocat de Nicolas Sarkozy. Nous sommes dans un pays où trois des quatre derniers locataires de l'Élysée ont ou ont eu maille à partir avec la justice pour des affaires de financement de la vie politique. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et désormais Emmanuel Macron. Deux des trois anciens locataires de l'Élysée, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, ont été condamnés après leur départ du pouvoir.
Jacques Chirac pour détournement de fonds publics, Nicolas Sarkozy pour financement illégal de campagne, mais aussi pour corruption et trafic d'influence. Ni l'un ni l'autre n'ont subi la moindre contrainte, la moindre frustration, suite à ses verdicts bien tardifs. Jacques Chirac, parce qu'il était de toute façon bien trop vieux et malade. Nicolas Sarkozy, notamment parce qu'il est manifestement protégé par Emmanuel Macron, qui a placé ses obligés à plusieurs postes clés du gouvernement et l'envoie représenter la France à l'étranger. Dans un pays où l'on peut faire de la prison ferme pour avoir volé un sandwich. Au fond, c'est ça le scandale des scandales.
Nos derniers dirigeants, Emmanuel Macron notamment, usent nos institutions par pur cynisme. Car en 9-3, secret défense partout et tout le temps, irresponsabilité pénale du chef de l'État. Pour leur bon plaisir, nos dirigeants s'engouffrent dans toutes les brèches antidémocratiques de nos institutions. Ce faisant, ils accélèrent la décomposition générale et rendent possible l'avènement du pire. Merci de partager, de mettre des petits pouces bleus, d'activer la petite cloche, de commenter. Merci de soutenir le média si vous le pouvez. Restez connectés au média. Merci.
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