Apologie du terrorisme, budget, Mercosur... L'intégralité de l'interview de Mathilde Panot (LFI)
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Bonjour Mathilde Panot, merci d'avoir accepté l'invitation de BFM politique, le rendez-vous d'actualité du week-end en partenariat avec la Tribune Dimanche à mes côtés. Pour vous interroger, Amandine Attalaya, éditorialiste politique à BFM TV et Bruno Jeudy, bonjour Bruno, directeur délégué de la Tribune Dimanche et bonjour aux téléspectateurs qui peuvent vous adresser leurs questions Mathilde Panot grâce au QR code qui s'affiche sur l'écran. Vous scannez avec votre téléphone le petit QR code, vous envoyez votre question, je la relais à l'antenne et Mathilde Panot y répond.
J'en commence par ce que l'on vient de voir, Mathilde Panot, cette proposition de loi pour abroger le délit d'apologie du terrorisme et les réactions qu'elle suscite. Difficile de faire plus ignoble, dit le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. C'est une insulte pour l'ancien Premier ministre Gabriel Attal qui évoque la mémoire des victimes du terrorisme. Quelques réactions parmi d'autres, on a vu toutes les réactions que cela suscitait. Qu'est-ce qui vous a pris Mathilde Panot ? Vous voulez légaliser à contrario le délit d'apologie du terrorisme ?
Est-ce que vous pouvez me lire le nom, le titre de la proposition de loi qui a été déposée par Hugo Bernalicis ? La proposition de loi pour abroger le délit d'apologie du terrorisme. Alors il faut lire jusqu'au bout, je ne vais pas apprendre aux journalistes à faire une lecture jusqu'au bout. Il y a marqué abroger le délit d'apologie du terrorisme. Dans le code pénal, il y a marqué. Dans le code pénal. Oui, ça a son importance Madame Latrousse. Parce qu'il se trouve qu'avant 2014, avant la loi qui a mis dans le code pénal l'apologie du terrorisme. Avant cela, c'était dans le droit de presse, comme c'est d'ailleurs le cas pour l'apologie de crime de guerre.
Et ce que nous dénonçons, c'est justement que ce soit dans le code pénal et non plus dans le droit de presse. Donc nous n'abrogeons pas le délit d'apologie du terrorisme, nous le remettons dans le droit de presse, comme c'est le cas pour l'apologie de crime de guerre.
Et bien je vais vous dire parce que c'est instrumentalisé et dévoyé, comme ça a été le cas, vous l'avez dit, sur Jean-Paul Delesco, qui est secrétaire départemental CGT du Nord, condamné à un an de prison avec sursis pour un tract sur Gaza, comme ça a été le cas contre Rima Hassan, candidate aux européennes, comme ça a été le cas contre moi-même, président d'un groupe parlementaire d'opposition, ou encore comme ça a été le cas pour l'Union juive pour la paix, qui elle aussi est poursuivie pour l'apologie du terrorisme. Et je vais vous dire, Madame Latrousse, parce que je trouve incroyable qu'on explique partout que nous sommes en train d'arroger le délit d'apologie du terrorisme.
Nous sommes en train de le remettre au bon endroit. Et ce n'est pas juste la France Insoumise qui dit cela, puisqu'il y a un rapport de l'ONU qui dénonce en France l'instrumentalisation du délit d'apologie du terrorisme contre les voies pour la paix. Il y a M.
Marc Trévidic, qui est ancien juge antiterroriste, qui d'ailleurs, c'est intéressant, lui avait justement poussé pour que ce soit dans le code pénal, et il dit qu'aujourd'hui, il faudrait avoir le courage de revenir en arrière, parce qu'aujourd'hui, pour un simple tag sur la Palestine, vous pouvez vous retrouver en prison, alors que lorsque vous dites que les bombardements sur Gaza sont légitimes, vous n'êtes pas poursuivis aujourd'hui. Ça, c'est Marc Trévidic qui le dit.
– On voit à l'antenne le texte de 1881, il n'évoque pas le terrorisme, Mathilde Panot, c'est le texte que vous évoquiez sur la liberté de la presse.
– Non, c'est ce qui a été fait entre 2006 et 2014 dans notre pays, où l'apologie du terrorisme peut tout à fait être poursuivie normalement, comme l'apologie de crime de guerre dans le droit de presse directement.
– Mais vos alliés, ils ont aussi lu l'interview de Marc Trévidic, et ils n'ont pas tout à fait la même appréciation, quand on entend Olivier Faure, qui lui pense que préciser la définition de l'apologie suffirait plutôt que de supprimer, abroger ce texte de 2014.
– Monsieur Jeudy, encore une fois, nous n'abrogeons pas le délit d'apologie du terrorisme, nous le remettons à notre place. En quelque sorte, nous l'encadrons. Et je suis assez surprise que M. Faure dise ça, puisqu'il se trouve que Bernard Cazenave lui-même, et ça a été révélé par vos confrères du Canard Enchaîné, disait lui aussi qu'il était inquiet de l'instrumentalisation qui en était faite et du dévoiement de l'apologie du terrorisme. Donc, même dans ses rangs, même par l'homme qui a fait cette loi en 2014, eh bien vous vous retrouvez avec là aussi des doutes.
C'est d'ailleurs des doutes qu'on retrouve, je le disais, dans le rapport de l'ONU, chez Marc Trévidic, mais aussi chez Henri Leclerc, dont toute la classe politique a… – L'avocat Henri Leclerc ? – Comment ? – L'avocat ? – Exactement, président honoraire de la Ligue des droits de l'homme, dont toute la classe politique a salué la disparition, et qui lui aussi disait sur l'apologie du terrorisme, dévoyé contre des politiques notamment, que c'était un dévoiement contre la liberté d'expression.
– Oui, Mathilde Panot, est-ce que le déclencheur de tout ça, finalement, ce n'est pas vous, en l'occurrence, c'est-à-dire vos intérêts personnels et ceux de Rima Hassan, puisque vous êtes vous-même poursuivie pour l'apologie du terrorisme, vous venez d'ailleurs d'en reparler, donc est-ce que ça n'est pas tout simplement pour servir vos intérêts personnels que vous souhaitez remettre en cause ce délit ?
– Ça n'a rien à voir avec nos intérêts personnels, ça a un rapport avec la défense de l'État de droit. Ce que disent nombre de juristes des organisations internationales, c'est que cette apologie du terrorisme, dans la manière dont elle est dévoyée aujourd'hui, est une atteinte à la liberté d'expression, est une atteinte à l'État de droit. Donc en quelque sorte, le seul intérêt que nous avons dans cette question, c'est de faire l'apologie de l'État de droit. Et je le redis, nous nous défendrons à tout moment le fait qu'on respecte les libertés fondamentales.
Vous ne trouvez pas que c'est grave dans une démocratie d'avoir une candidate à une élection, d'avoir une présidente d'un groupe parlementaire d'opposition qui est poursuivie pour l'apologie du terrorisme ? – Oui, mais vous n'auriez plus encadré ce droit, comme disait Bruno.
– Eh bien, c'est une manière de répondre à cela. – Oui, mais évitez les dérives, est-ce que ça ne pouvait pas passer par une réécriture au sein même du Code pénal ?
– Mais nous l'encadrons, nous le remettons dans la liberté de prêche. Je ne comprends pas la polémique et je vais juste vous dire quelque chose. – Non, au-delà de la polémique, c'est pour comprendre. – Je veux juste quand même vous dire quelque chose qui devrait, toutes et tous nous inquiéter, et qui devrait interroger la conscience de chacun. Lorsque vous voyez que cette polémique a été, comme d'habitude, montée par l'extrême droite, d'abord sur les réseaux sociaux, dans le cadre ensuite d'une revue d'extrême droite qui s'appelle Frontières, et que ensuite ça devient la une de tous les médias, c'est extrêmement problématique.
– La condamnation va jusqu'à vos propres alliés.
– Comment ? – La condamnation va jusqu'à vos propres alliés. – Oui, il se trouve que je viens de vous citer des propos de Bernard Cazeneuve qui lui-même s'inquiétait du dévoiement qui était fait de l'apologie du terrorisme. Donc nous faisons juste en sorte d'encadrer le délit d'apologie du terrorisme pour qu'il ne soit pas une atteinte à l'état de droit.
– Bernard Cazeneuve a fait voter ce texte en 2014, Manuel Bompard fait un tweet ces dernières heures pour dire que Bernard Cazeneuve avait cédé en 2014 aux pressions de réseaux fascisants et ouvre la voie à une sévère remise en cause de nos libertés fondamentales. Bernard Cazeneuve, il est vraiment fascisant ?
– Mais il n'a pas dit cela. Il a dit, il a cédé à des… Mais comme exactement ce que dit Marc Trévedic, il dit qu'il faudrait avoir le courage de revenir en arrière, puisque Marc Trévedic, ancien juge antiterroriste, avait lui-même plaidé pour que ça rentre dans le code pénal. Et il dit, aujourd'hui, vu la manière dont c'est utilisé et instrumentalisé, c'est problématique et donc il faut revenir dessus. Vous n'allez pas expliquer que Marc Trévedic est pour les victimes du terrorisme, pour les actes terroristes, vous n'allez pas expliquer que l'ONU est pour les actes terroristes, vous n'allez pas expliquer que Henri Leclerc est pour les actes terroristes.
– Ce n'est pas ce qu'on dit, madame Pannot. C'est Olivier Faure qui pense que plutôt que le supprimer, il suffirait de le redéfinir.
– Eh bien, nous, nous disons que pour le redéfinir, il suffit de revenir à la situation antérieure à 2014, où il pouvait y avoir du délit d'apologie, du terrorisme qui était d'ores et déjà poursuivi. Et je vais vous dire, monsieur Jeudy, ce qui devrait là aussi nous inquiéter. C'est qu'aujourd'hui, les moyens antiterroristes sont dévoyés contre des voix pour la paix, mais aussi contre des militants écologistes, on l'a vu encore récemment. Et je ne suis pas d'accord pour que les moyens terroristes soient utilisés contre des opposants politiques ou des militants politiques, écologistes et autres. Donc, il faut revenir à la raison sur cette question.
Et ce que nous disons juste, c'est que nous voulons réencadrer le délit d'apologie du terrorisme pour qu'il puisse vraiment atteindre son but. Parce qu'aucun d'entre nous n'a jamais fait l'apologie du terrorisme.
– Sur l'accord de vos alliés, vous ne discutez plus avec vos alliés ? – Bien sûr que si. – Vous les mettez au pied du mur avec votre proposition.
– C'est un texte de loi que nous avons déposé, suite justement à l'interview de M. Marc Trevidic.
– Oui, vous les mettez au pied du mur sans discuter avec eux ?
– Non, mais vous savez, il n'est pas inscrit à l'ordre du jour. Quand nous inscrivons des choses à l'ordre du jour, nous en discutons avec nos alliés. Vous allez voir, lors de notre niche parlementaire du 28 novembre, que nous discutons avec nos alliés, puisque nous allons gagner des textes très importants. – Mathilde Panot, puisque vous évoquez la procédure contre vous, elle en est où ? Vous avez des suites ? – Eh bien, c'est une excellente question, puisque je n'ai aucune suite qui a été donnée. Je rappelle que moi, je suis poursuivie pour un communiqué de presse de mon groupe parlementaire, et je suis la seule à avoir été entendue par une police antithéroïste.
Et je n'ai aucune nouvelle sur la procédure, qui probablement n'ira pas plus loin. Et si elle allait plus loin, ce serait tourner en ridicule, là aussi, une manière justement de criminaliser une opposition politique par des biais qui sont là encore dévoyés.
– J'appelle la question de Jérôme, qui nous regarde, et qui vous demande, pensez-vous qu'abroger la loi de délit d'apologie du terrorisme ira dans le bon sens pour la sécurité des Français ? Si je complète, est-ce que vous pensez qu'on est revenu à un niveau de menace terroriste près 2014, ce qui justifierait d'abroger cette loi ? – Mais encore une fois, ce que je viens d'expliquer… – En tout cas, d'abroger cette loi, la sortance du code pénal pour être précise… – Exactement, mais vous avez raison, madame la cruse,
parce que ce que je viens d'expliquer, peut-être M. Jérôme l'a envoyé avant que j'explique tout ça, nous n'abrogeons pas le délit d'apologie du terrorisme, nous faisons en sorte qu'il puisse atteindre sa cible, point.
– Question, Mathilde Panot, je passe au rendez-vous de demain, qui n'a rien à voir avec cette proposition de loi. Vous voyez, Michel Barnier, pour parler budget, le NFP, le nouveau Front populaire, a présenté un budget commun pourquoi n'est-il pas reçu ? Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas reçu ensemble avec les trois autres groupes ?
– Alors, c'est une bonne question qu'il faudra poser à M. Barnier, nous l'avons fait à de nombreuses reprises et il n'y aurait aucune difficulté à le faire. Et d'ailleurs, une des choses que j'irai dire, moi, à M. Barnier, c'est que nous avons… – Vous y allez ? Vous boycotez pas le rendez-vous ? – Non, comme d'habitude, j'y vais. Nous allons aller voir ce Premier ministre dont nous redisons qu'il n'a pas de légitimité, M.
Barnier et son gouvernement, qu'il n'a pas de légitimité démocratique, mais nous allons justement aller lui redire qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale qui s'appelle le Nouveau Front Populaire et qui a montré de façon éclatante qu'il était possible de faire un tout autre budget qui ne fait pas payer au peuple les cadeaux faits aux plus riches et aux multinationales depuis sept ans, mais qui, au contraire, fait contribuer ces plus riches et ces plus multinationales pour répondre aux besoins des Français. Vous avez d'un côté M.
Barnier qui veut faire payer tout le monde avec l'augmentation de la taxe sur l'électricité que nous avons fait supprimer, qui va faire exploser les factures d'électricité. – Est-ce que vous avez des efforts d'avancer
sur certaines mesures précises d'arriver à vous entendre sur certains points ? Est-ce qu'un compromis peut être trouvé ?
– Je ne crois pas. Quand vous voyez que ce budget, dans tous les cas, va être passé en force, puisqu'il n'a pas de majorité, et d'ailleurs, c'était même très symptomatique, puisque vous n'aviez aucun Macroniste qui était sur les bouts pour défendre le budget.
– Ce n'est pas en force la Constitution qui le permet, Mme Pannot.
– Oui, tout à fait, mais je continue de dire que le 49-3 est une violence démocratique que je souhaiterais voir supprimer de notre constitution. – Ce n'est pas une violence démocratique,
ce serait la Constitution qui serait violente à ce moment-là.
– Tout à fait, mais je pense qu'il faut changer de Constitution, ça ne va pas vous étonner, nous sommes les partisans d'une 6ème République, nous sommes les partisans d'une Constituante, c'est-à-dire que le peuple réécrive les règles du jeu, et notamment qu'on arrête avec ce, je répète, une violence démocratique, qui est notamment celle qui a permis de faire forcer de force contre 93% des actifs, contre l'immense majorité du peuple français, la réforme des retraites que nous allons abroger jeudi prochain, nous allons, j'espère, en reparler.
– De votre côté, c'est une motion de censure s'il dépose un 49-3, quoi qu'il en soit, ou c'est une motion de censure s'il franchit à vos yeux certaines lignes rouges ? Par exemple, Marine Le Pen a dit, hausse du prix de l'électricité, c'est une ligne rouge, pas de contrôle sur l'immigration, c'est une ligne rouge.
– Marine Le Pen explique, alors elle a d'abord voté, elle a refusé de voter avec ses députés la censure du gouvernement Barnier, donc M. Barnier et son gouvernement dirigent de facto avec l'appui du Rassemblement national, et ils ont voté contre la destitution d'Emmanuel Macron. Donc je vais vous dire, quand Mme Le Pen dit, s'ils font payer les Français, nous voterons la censure, eh bien nous allons voir dans les axes ce qui va être fait, parce que je vais vous dire, nous savons d'ores et déjà que ce budget veut faire payer les Français. Nous, par exemple, nous avons réussi à gagner dans l'hémicycle, – C'est-à-dire, vous dites, si elle est cohérente,
elle va au goût, elle censure.
– Nous avons réussi à gagner dans l'hémicycle ce qu'on appelle la taxe Zuckmann sur les milliardaires, c'est-à-dire le fait que les 157 milliardaires du pays soient taxés à hauteur de 2% de leur patrimoine, je rappelle que les 500 plus grandes fortunes de France ont doublé leur fortune depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, et que nous proposions de leur prendre 13 à 14 milliards, ce qui ne fera pleurer personne, vu la situation d'enrichissement dans lequel ils sont. Eh bien, par exemple, je préfère largement faire cela que ce que propose M.
Barnier, aidé par Mme Marine Le Pen, qui est notamment le fait de supprimer 4000 professeurs dans l'éducation, de faire exploser les prix de l'électricité, d'avoir la moitié des retraités de ce pays qui vont voir leurs pensions baisser, puisque c'est ça la réalité de ce qu'ils proposent.
– Enfin, Marine Le Pen a voté aussi beaucoup d'amendements qui étaient proposés par le nouveau Front populaire lors des débats sur le budget.
– Nous avons trouvé des majorités dans l'hémicycle, et à la fin, ils ont voté contre le budget que nous proposions, qui était un budget de justice sociale qui permettait de répondre aux besoins des Françaises et des Françaises. – Mais donc, vous ne pouvez pas dire quoi qu'il en soit ? – S'il y a un 49.3, évidemment, nous déposerons une motion de censure. Si le Premier ministre décide d'attendre le temps constitutionnel et donc de passer par ordonnance ce qui est possible, à ce moment-là, nous nous déposerons une motion de censure au titre de l'article 49.2 de la Constitution. Dans tous les cas, nous ne laisserons pas…
– Et s'il ne dépose pas de 49.3 ?
– Comment ? – Et s'il ne dépose pas de 49.3 ? – C'est ce que je dis, c'est un 49.2. C'est une manière pour que tout le monde comprenne, si vous avez une 49.3, vous pouvez dans les 24 heures déposer une motion de censure. Sinon, vous avez une initiative de motion de censure. – Donc c'est une motion de censure quoi qu'il arrive. – Mais évidemment, vous avez d'abord un gouvernement, je le répète, qui est illégitime au vu des résultats de la mesure. – Et un budget qui est le plus violent jamais vu dans la Ve République.
– Demain, ça vous rendez-vous pour rien. Vous allez voir Michel Barnier, mais vous n'avez rien à lui dire. – Alors non, j'ai… Non, alors déjà, je veux lui redire
qu'il y a une majorité et un autre budget qui est disponible dans ce pays.
– Vous y allez pour lui dire au revoir ?
– Et c'est lui-même qui a dit qu'il ne resterait pas longtemps. Il a l'air de le prendre avec bonimi, donc c'est très bien. Mais je vais notamment lui apporter deux propositions de loi. Une première que j'ai déposée hier et qui est une proposition de loi qui est très importante au vu de l'actualité et notamment du nombre de destructions d'emplois qu'il y a dans ce pays. Donc une proposition de loi que j'ai déposée qui permet d'interdire les licenciements boursiers lorsqu'il y a des versements de dividendes ou lorsqu'il y a des bénéfices dans les deux ans passés ou de l'argent public qui est utilisé avec un droit de veto des salariés.
Et puis je lui amènerai une autre proposition de loi qui celle-ci a été rédigée par mon collègue insoumis Adrien Clouet qui est une proposition de loi qui, elle, veut substituer à la journée de solidarité pour les personnes âgées et en situation de handicap, vous savez, la journée de solidarité qui a été faite où on demande aux salariés de travailler gratuitement sans aucun argent. Eh bien nous proposons de la substituer, notamment au moment où le Sénat propose d'en faire une deuxième, de la substituer par une journée nationale de solidarité des actionnaires. Je rappelle que la France est championne du versement de dividendes en Europe. Et on reviendra sur la question des actionnaires,
la question de la casse sociale en 2025, des destructions d'emplois et des licenciements boursiers que vous évoquez. Juste, la porte-parole du gouvernement ce matin chez nos confrères du Parisien aujourd'hui en France dit que s'il n'y a pas de budget de voter, elle vous en fait porter une partie de la responsabilité, la France risquerait un scénario à la grecque. Est-ce que vous êtes prêt à la France insoumise à prendre ce risque du scénario à la grecque, c'est-à-dire faillite et éventuellement le risque que les fonctionnaires ne soient pas payés ? On parle d'enseignants, de policiers, d'infirmières notamment.
Eh bien c'est faux. Et d'ailleurs c'est une manière d'expliquer qu'après M. Barnier, le chaos est que rien ne peut faire être fait autrement. Je rappelle que la règle fondamentale de la démocratie, je vais expliquer pourquoi. Si c'est le chaos c'est vous, c'est ce que dit le gouvernement. Excusez-moi, vu le chaos aujourd'hui avec les 150 000 emplois au moins qui pourraient être supprimés l'année prochaine et un niveau de pauvreté dans ce pays qui n'a jamais été atteint, le chaos en ce moment c'est eux. Mais je veux réexpliquer, le principe même de la démocratie c'est d'expliquer qu'à tout moment on peut prendre un chemin différent.
Et c'est ça que s'exprime, c'est comme ça que s'exprime la souveraineté populaire sur la question des grands choix qui sont faits et qui ont donné en tête le nouveau Front populaire en juillet et non pas le Rassemblement national comme tous les fondages l'indiqués.
Et alors quel est votre chemin différent Mathilde Panot ? C'est le retour de la proposition de Lucie Casté, Premier ministre. On revient au début.
Bien sûr, bien sûr. Même si vous alliez... Le moment où M. Barnier tombera et sera défait, il ne restera que deux choix au Président de la République, soit de nommer Lucie Casté et un gouvernement du nouveau Front populaire qui a un budget à disposition qui est prêt, ou alors de s'en aller. Voilà les choix qui lui restent. Je veux répondre juste sur la question du budget parce que c'est important pour que les gens comprennent. Oui, mais que les gens comprennent. Si le budget n'est pas adopté, si le budget tombe, à ce moment-là, vous avez un budget qui va se faire par un douzième, donc tous les mois, en reprenant le budget 2024.
Première chose, surtout deuxième chose très importante, il est possible de faire adopter un budget fin janvier. C'est ce que ferait le nouveau Front populaire si vous connaissez le pays.
Vous avez conscience que vous entraînez le pays dans une crise financière ?
Non, je crois que c'est ce qu'est en train de faire Emmanuel Macron qui entraîne le pays dans une crise financière.
Oui, mais en ne votant pas le budget, ou en tous les cas, en faisant un 49-3, vous créez une crise politique, vous êtes d'accord ? Et derrière la crise politique, c'est la crise financière.
Oui, mais qui nous a entraînés dans cette crise politique ? M. Macron ne respecte pas le résultat des élections. Et ensuite, il ne respecte pas le résultat des élections, il nous propose le budget le plus dur et le plus austéritaire jamais vu dans la Vème République. Et maintenant, nous devrions soit cotiser, c'est-à-dire voter pour un budget. Je rappelle que le vote du budget est emblématique de ce qui est une opposition et de ce qui ne l'est pas. Et nous taire en quelque sorte sur les options politiques qu'ils sont en train de choisir. Je ne suis pas d'accord avec ça. C'est antidémocratique ce que vous êtes en train de dire.
Et je le redis, nous avons un budget prêt, s'il le faut, pour gouverner dès demain et faire en sorte que ce ne soit pas
le peuple français qui paye. Encore faut-il que vous ayez un ou une Première ministre. Et même vos alliés aujourd'hui, Olivier Faure, dit ne pas croire un instant au fait que Lucie Casté puisse être appelée à Matignon. Et d'ailleurs, dans toutes les interviews qu'il fait, ne la soutient plus réellement. Donc vous êtes seule à pousser aujourd'hui Lucie Casté du côté de la France insoumise ?
Non, je ne crois pas qu'on est seule. Et y compris, je rappelle que c'est des discussions du Nouveau Front Populaire qui, non seulement avec 193 députés, qui ont tous été élus exactement sur le même programme, qui est un programme de gouvernement dans le sens que nous n'avons pas fait un programme comme nous faisons d'habitude pour le quinquennat. Nous avons fait un programme sur ce que ferait un gouvernement Nouveau Front Populaire dans les 100 premiers jours de son arrivée. Ce programme est toujours valable. Nous avons travaillé ensemble un budget qui permet... C'est valable pour tout le monde à gauche. Écoutez, tout le monde a été élu dessus, donc oui.
Ensuite, nous avons un budget qui permet de répondre aux besoins urgents des Français et des Françaises. Je rappelle que vous avez un nombre inédit et record d'enfants qui dorment à la rue, un nombre inédit et record de personnes sans abri. Vous avez un élève sur cinq qui arrive à l'école en ayant faim en allant à l'école. Vous avez un nombre de gens, un Français sur trois, qui se privent régulièrement de repas pour pouvoir donner à manger à ses enfants. Voilà ce que j'appelle le chaos. Et nous, nous pouvons faire autrement. Voilà ce que nous disons.
Dans quelques instants, Mathilde Panon poursuit la conversation sur les points sociaux, je vous le disais, mais aussi sur la situation en Israël. Le mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale contre Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. La France doit-elle s'engager à exécuter ce mandat d'arrêt, à arrêter Benyamin Netanyahou ? S'il venait sur le sol français, vous nous répondrez dans quelques instants. BFM Politique, toujours avec Mathilde Panon, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale, et toujours avec à mes côtés Amandine Atalaya et Bruno Jeudy pour vous interroger.
Mathilde Panon, demain, l'Assemblée Nationale va décider qui va présider le groupe d'amitié France-Palestine. L'Assemblée a validé la semaine dernière la création de ce groupe d'amitié, mais la présidence du groupe est décidée demain. Est-ce que vous considérez qu'elle vous revient de droit ?
C'est une volonté qu'on aurait. D'ailleurs, nous avons mené des négociations avec le Nouveau Front Populaire ou avec le Nouveau Front Populaire a été décidé qu'elle serait attribuée à la France Insoumise si nous y arrivons dans les négociations.
Mais je tiens surtout à saluer l'avancée historique qui a été permise à l'Assemblée Nationale grâce à la création de ce groupe d'amitié France-Palestine, qui a été permise notamment par la vice-présidente insoumise Nadej Abomangoli qui a permis la création de ce groupe d'amitié et qui, je crois, maintenant appellent à une décision de l'État français, celui de reconnaître l'État de Palestine et de faire ainsi avancer les résolutions de l'ONU, notamment sur la coexistence de deux États et une avancée vers la paix et vers le cessez-le-plus. Vous avez déjà le nom de votre candidat pour la présidence du groupe ? Pas encore, mais ne vous inquiétez pas, vous serez au courant très rapidement.
Que vous inspirent les arguments d'un Gabriel Attal, par exemple, qui, lui, s'est opposé à la création de ce groupe et qui dit, par exemple, que le Parlement palestinien ne s'est pas réuni depuis 2018 et que, précisément, la Palestine n'est pas un État reconnu ?
Par exemple, je n'ai pas entendu M. Attal s'opposer au groupe d'amitié France-Québec qui existe pourtant. Il se trouve qu'en plus, ça a un sens tout particulier à l'Assemblée nationale, puisque, je le rappelle, en 2014, il y a eu un vote à la majorité à l'Assemblée nationale pour, justement, reconnaître, inviter le gouvernement à reconnaître l'État de Palestine.
Donc, encore une fois, je crois que c'est dans ce moment où il y a un génocide contre le peuple palestinien, une politique de colonisation qui se continue de manière extrêmement violente en Cisjordanie, que c'est un geste d'amitié envers le peuple palestinien qui est très fort et qui appelle maintenant à ce que la France prenne ses responsabilités.
Mathilde Panot, la Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt contre trois personnes, contre le chef de la branche armée du Hamas, qui est présumé mort, et surtout contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et son ex-ministre de la Défense, Yoav Galland. La France, aujourd'hui, prend acte de ses mandats d'arrêt. Est-ce qu'elle doit s'engager plus fermement à exécuter ses mandats d'arrêt, c'est-à-dire arrêter Benyamin Netanyahou et Yoav Galland s'ils viennent en France ?
Évidemment, et d'ailleurs, j'observe que d'autres pays s'y sont engagés, notamment, je pense, au Canada, au Royaume-Uni, à l'Italie, qui ont dit qu'ils arrêteraient M. Netanyahou, notamment, qui est maintenant au fait de la décision de la Cour pénale internationale à un criminel de guerre, et donc, en tant que telle, doit être arrêtée. Je rappelle que le statut de Rome, qui a été ratifié par plus de 120 pays dans le monde, que la France a ratifié, impose aux États d'obéir à ce qui est fait par la Cour pénale internationale.
Et moi, je suis assez inquiète de voir que, d'abord, la France continue d'avoir des doubles standards, puisque lorsqu'il y avait eu un mandat d'arrêt contre Poutine, à raison de la part de la Cour pénale internationale, la France avait dit que cette décision ferait date et que les criminels de guerre devaient être arrêtés. Donc, ça, c'est la première chose.
Et que la deuxième chose... Comment vous l'expliquez, les doubles standards ? Vous l'expliquez ? Enfin, c'est quoi le...
Ben, c'est à eux de l'expliquer. Et donc, j'ose espérer que la France, si c'était le cas, et qu'elle dise plus fermement qu'elle arrêterait le criminel de guerre, Netanyahou, au vu de la décision de la Cour pénale internationale. Je suis d'autant plus inquiète, je dis juste un dernier mot dessus, lorsque je vois Sylvain Maillard, ancien président du groupe Renaissance, qui n'arrive pas à dire sur un plateau télé, lorsqu'on lui demande si cette décision est antisémite, qui étaient les mots de M. Netanyahou, qui n'arrive pas à dire que non, cette décision n'est pas antisémite.
Et je vous signale juste que la Cour pénale internationale a fait appel à un collège de six experts, dont Théodore Meuron, qui était un de ces six experts pour la Cour pénale internationale. Théodore Meuron, qui est très connu et respecté sur la question du droit international, ancien ambassadeur d'Israël, et surtout survivant de l'Holocauste, qui a été quatre ans dans des camps de concentration nazis. Et avec ce collège de six experts, ils ont tous les six décidé que la décision de la Cour pénale était unanimement justifiée.
Est-ce que vous souhaitez au-delà la démission ou la destitution de Benjamin Netanyahou, puisque vous considérez que c'est un criminel de guerre qui doit être arrêté en France ?
Moi, écoutez, je ne suis pas israélienne, je suis française, et je considère que la France doit faire respecter le droit international. C'est la première des choses. Et la deuxième chose, je parlais tout à l'heure de ce que la France pourrait faire. Reconnaître l'État de Palestine, mais aussi suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, décider de sanctions à l'encontre de M. Netanyahou, et décider d'un embargo sur les armes. Bref, la France a les moyens d'agir pour la paix. Elle doit le faire, d'autant plus dans un moment où les États-Unis sont en train de mettre en danger gravement la paix, que ce soit au Proche-Orient ou en Ukraine.
Pour vous, Mathilde Panot, Israël doit être traité de la même façon que la Russie ? Ce n'est pas la question de ça, c'est que juste, il faut respecter le droit international. Et vous avez la Cour pénale internationale qui a décidé qu'il y avait un criminel de guerre qui s'appelait M. Poutine et qui devait donc être arrêté sur le territoire des 120 pays qui ont ratifié le statut de Rome, et M. Netanyahou qui devait être arrêté dans les 120 pays qui ont ratifié le statut de Rome. C'est juste le respect du droit international. Et c'est comme ça qu'on fait avancer les voies pour la paix et justement laisser cesser le feu que ce soit en Ukraine et à Gaza.
Non pas en autorisant, comme c'est le cas actuellement, ce qu'a fait M. Biden qui est très grave et je voudrais réinsister dessus cette semaine, en autorisant des missiles longue portée sur la Russie ainsi que des mines antipersonnelles en Ukraine. Juste pour revenir sur le dossier
du Proche-Orient, autour d'Emmanuel Macron, il y a un certain nombre à juger que précisément son changement de pied ou son changement de ton à l'égard de Benyamin Netanyahou ces derniers temps est le signe d'une prise de conscience française sur ce qui peut se passer à Gaza. Comment est-ce que vous jugez l'évolution d'Emmanuel Macron ? Est-ce que vous diriez qu'il s'aligne sur vos positions quand il parle de barbarie à Gaza ou quand il appelle un embargo sur les armes ?
Je crois qu'à la fois il est important que le président de la République ait des mots forts pour dénoncer le génocide en cours, les bombardements qui continuent sur le Liban. Je rappelle juste qu'hier, par exemple, il y a eu 50 morts au Liban dans les bombardements faits par le gouvernement Netanyahou. Emmanuel Macron parle de barbarie mais pas de génocide. Oui, oui, mais au-delà des mots, ce que j'aimerais du président de la République, ce sont des actes.
Et moi, je suis très inquiète de voir que nous avons un président de la République qui dit parfois des mots et qui ensuite retourne souvent en arrière, mais qui ne pose aucun des actes dont j'ai parlé, qui seraient pourtant des actes à même de faire avancer la paix dans la région.
Bruno ? Madame Pannot, il y a un sondage Ipsos qui a été réalisé pour le CRIF qui montre que 46% des Français adhèrent aujourd'hui à plus de 6 préjugés anti-juifs contre 37% en 2020 et cette proportion monte à 55% pour les sympathisants et les filles. Ma question est simple. Pourquoi les sympathisants et les filles embrassent-ils davantage les autres préjugés antisémites ?
Alors d'abord, je voudrais commencer par dire que je refuse qu'on jette l'opprobre sur les sympathisants, les militants de la France insoumise et les millions de Français qui votent pour nous.
Je ne jette pas l'opprobre, c'est un résultat de son âge Ipsos qui est un institut sérieux à interroger les Français.
Si vous me permettez, c'est un sujet sérieux donc j'aimerais pouvoir répondre de manière sérieuse. De jeter l'opprobre alors que, je le rappelle, les militants, les sympathisants et les personnes qui votent pour la France insoumise sont des gens qui font vivre l'idée de la fraternité humaine au quotidien et surtout l'égale dignité entre des êtres humains. Alors si on prend le sondage, vous auriez pu utiliser d'autres chiffres. Par exemple, dire que nous sommes, nous, à LFI, comme dans les partis de gauche, ceux qui ont le moins de préjugés antisémiques puisqu'on dit 33% chez LFI quand c'est 22% chez Renaissance et seulement 16% chez l'ERN.
Je vais le dire autrement, si vous prenez des gens qui ont 3 à plus de préjugés antisémites, alors nous serions à 67% chez LFI qui auraient des préjugés antisémites, 78% chez Renaissance, 80% chez les LR et 84% pour le Rassemblement National. Quel est le problème de méthodologie dans ce sondage ? Ils ont effectivement pris des préjugés sur lesquels, à partir de là, ils ont classé les gens selon les appartenances politiques revendiquées des gens. Revendiquées. Et par exemple, dans ces préjugés-là, si vous dites que les personnes de confession ou de culture juive sont intelligentes, c'est considéré comme quelque chose d'antisémite.
De même, il y a dans ces critères le soutien au gouvernement d'extrême droite de Netanyahou qui n'a rien à voir avec l'antisémite. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a un problème de méthodologie dans ces sondages, que par ailleurs, ce sondage montre des choses et fait à dessein pour essayer de décrédibiliser la France insoumise. Mais je veux dire, il y a le sondage et il y a la réalité.
Vous contestez toujours les sondages, Madame Padeau ?
Oui, tout à fait. Ils se sont plantés 27 fois lors des élections législatives. Donc je peux le dire avec une certaine fierté. Je veux dire qu'il y a un problème sur la méthodologie du sondage, c'est la première des choses. Deuxième chose, je veux redire qu'au-delà des sondages que vous donnez, il y a la réalité des faits. Et la réalité des faits, c'est que je suis président d'un groupe parlementaire, moi, Mathilde Panot, et que dans mon groupe parlementaire, je n'ai pas, contrairement à Madame Le Pen, un député qui a été réinvesti, qui est un libraire négationniste, M. Bocaletti, qui n'a pas seulement émis des opinions antisémites, mais diffusé des idées antisémites avec cette librairie.
Que moi, je ne suis pas d'un mouvement politique, moi, de la France insoumise, qui, par exemple, a investi des candidats qui disent que le gaz avait rendu justice aux victimes de la Shoah, ni d'un parti qui a été fondé par Jean-Marie Le Pen, qui a été multicondamné sur la négation de crimes contre l'humanité.
Mme Panot, je vais vous poser une question qui a été posée dans le sondage. Pensez-vous que le peuple israélien est agressif ? Et après, je vais vous donner la réponse qui est faite pour les filles. Non,
je vais vous dire, nous avons toujours fait la différence entre les peuples et les gouvernements.
Mais 61% des sympathisants et les filles, eux, le pensent, contre 36% pour l'ensemble des Français. Et donc, par exemple,
vous pensez vraiment qu'il y a 78% des sympathisants Renaissance qui sont antisémites ?
Non, mais moi, par contre, ce que je vais vous demander, Mme Panot, est-ce que vous faites une distinction entre le peuple israélien et Benjamin Netanyahou ?
Mais oui, nous l'avons toujours dit, M. Jeudy. Alors, je ne vais pas vous apprendre quelque chose. J'ai toujours dit que nous refaisons d'essentialiser les gens et notamment d'essentialiser les personnes de confession et de culture juive comme étant des soutiens inconditionnels à Netanyahoui. Oui, je vais même vous dire, M. Jeudy, je suis fière que dans le nouveau Front populaire, nous ayons eu l'appui et le soutien de Tzedek notamment et de l'Union juive pour la paix qui sont avec nous dans cette coalition qui a gagné les élections et qui redise à tout moment l'égale dignité des êtres humains.
Et je vais vous dire, maintenant, ça suffit que la Cour pénale internationale soit considérée comme antisémite, que la Cour internationale de justice soit considérée comme antisémite, que l'ONU et son secrétaire général soient considérés comme antisémites, que le PAPE soit considérée comme antisémite. Je vais vous dire, ceux qui instrumentalisent l'antisémitisme pour soutenir un génocide sont ceux-là même qui font mettre un danger sur l'ensemble de nos concitoyens juifs et je le ressusciterai à tout moment. Mathilde Panot,
j'aimerais qu'on en vienne un texte que vous présentez cette semaine, jeudi, à l'Assemblée nationale, attendu par les Français, si j'en crois, les sondages et encore celui ce matin de la tribune dimanche, le sondage Elab qui a été d'ailleurs aussi fait par BFM TV. Un texte pour abroger la réforme des retraites. Ce sera donc jeudi. C'est un texte porté par des députés insoumis. Est-ce que vous êtes sûr de faire le plein de voix à gauche jeudi pour abroger la réforme des retraites ? Là, vous n'allez pas me dire qu'il y a des astérissaliers dans le texte. C'est clairement abroger la réforme des retraites.
Tout à fait. Oui, nous allons faire le plein et même nous allons gagner jeudi prochain la première victoire sur l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans. C'est un signal politique très très puissant. On a gagné en commission, on va gagner jeudi prochain. C'est un signal politique très très puissant. D'abord, qui montre qu'il est possible de défaire la politique de Macron et de son monde de malheur. Première chose. Deuxième chose, et ça, j'espère que les macronistes vont se le coller dans le crâne, on ne peut pas gouverner contre le peuple, notamment en imposant une réforme de force dont personne ne veut.
Et surtout, un signal très puissant pour dire que nous ne sommes pas condamnés à vivre toujours plus mal et qu'il est possible de libérer du temps pour s'occuper de ses petits-enfants, pour s'occuper de soi, s'occuper des autres, être militant ou président d'une association.
Sauf que Mathilde Panot voulait aller au-delà de la suppression de la réforme Macron, c'est-à-dire que voulait aussi supprimer la réforme touraine, c'est-à-dire celle qui demandait d'aller au-delà de 42 annuités de cotisations pour ceux qui sont nés à partir de 1964 et qui ont donc 60 ans aujourd'hui. Or, vos alliés socialistes, par exemple, sur ce point, disent que supprimer la réforme touraine, c'est infinançable. Donc, est-ce que vous êtes bien certaine qu'ils vont vous suivre ?
Alors, oui, d'ailleurs, ça a été dit dans vos confrères, par exemple, de l'AFP où ils ont dit qu'y compris si cette abrogation de la loi touraine n'est pas juste de l'accélération de la loi touraine restée, ils voteraient pour le texte, ce qu'ils ont d'ailleurs démontré en commission. Ça, c'est la première des choses. Deuxième chose sur la question du financement, je ne vais pas vous refaire l'ensemble du financement parce que nous, nous ne sommes pas, et ça, ce n'est pas un scoop pour vous, ni pour la retraite à 62 ans, ni pour 42 annuités, nous sommes pour la retraite à 60 ans et pour 40 annuités.
Et donc, nous avons fait, notamment à l'initiative d'Éric Coquerel, président de la commission des finances et de Charles de Courson, rapporteur général du budget, une conférence de financement avec les syndicats que nous demandons depuis des mois et des mois au gouvernement. Est-ce que vous voudrez dire
combien coûterait l'abrogation de la réforme touraine ?
C'est à peu près entre, si on prend la loi totale, entre 15 et 16 milliards qu'il faudrait trouver, et je vais vous dire comment on peut les trouver, c'est extrêmement simple. D'abord, en augmentant les salaires, on pourrait à la fois avoir des cotisations supplémentaires qui permettent de remplir les caisses de l'assurance retraite. Et vous augmenter
les salaires dans le privé ?
Vous pouvez, non, surcotiser très légèrement sur les hauts salaires, ce que nous proposons, et surtout soumettre à cotisation des revenus qui jusqu'alors ne sont pas soumis à cotisation, je pense au rachat d'actions, aux dividendes et autres, qui permettraient de financer pas seulement la retraite à 62 ans et à 42 annuités, mais la retraite à 60 ans avec 40 annuités, et qui est un objectif de progrès commun qui montre qu'on peut aller vers plus de bonheur et une société
qui est plus juste. Mais sauf que vous voyez bien ce que vous dit le patronat Mathilde Panot, et c'est notamment la page de publicité achetée ce matin par le MEDEF dans un certain nombre de quotidiens. Ils vous disent plus d'impôts, moins d'emplois, donc vous aurez peut-être
des salariés mieux payés, mais ils seront moins nombreux. Mais c'est la fable qu'on nous fait depuis des années et des années. Regardez le résultat de la politique de l'offre qui a été menée par Emmanuel Macron depuis maintenant 7 ans. Cette politique de cadeaux fiscaux faite aux actionnaires, faite aux grands patronats, faite aux milliardaires, dont on nous avait vanté qu'ils donneraient un ruissellement. Le résultat, vous avez vu le nombre de plans sociaux, de plans de licenciement qui sont en train de s'annoncer dans le pays. Vous avez Sanofi, Arcelor Métal, vous avez Michelin, vous avez Auchan, et à chaque fois, ils licencient avec de l'argent public.
Donc, je le dis, non seulement c'est un échec budgétaire, c'est ce qui m'a mis des critiques, mais c'est un échec industriel. Oui, et il va réaugmenter de combien, M. Jeudi ?
C'est-à-dire que la situation économique a un peu changé. Mais pourquoi la situation
économique est-elle comme cela ?
L'instabilité politique a créé aussi du doute chez les chefs d'entreprise qui aujourd'hui ont un peu moins envie d'investir qu'ils ne l'avaient il y a quelques années.
Je vais vous dire, M. Jeudi, vous faites comme font à chaque fois les néolibéraux, vous vous cachez derrière les petites entreprises. Je vais vous dire, les petites entreprises, elles ont besoin d'avoir leur carnet de commandes rempli. Et pour ça, il faut notamment que les gens retrouvent du pouvoir d'achat, de pouvoir consommer. C'est la consommation populaire qui fait la majorité de la croissance de ce pays. Donc, il faut pouvoir faire en sorte qu'ils puissent acheter des choses, etc. Quant au grand groupe, regardez Michelin, par exemple.
Michelin, qui n'est plus du tout une petite entreprise familiale, qui est détenue à 70% par des fonds de pension américains, notamment BlackRock, qui non seulement essaye de mettre la main sur les 300 milliards de retraite par la retraite à capitalisation, a été un des artisans de la réforme de la retraite qui nous a volé deux ans de vie et maintenant supprime des emplois. Pourquoi ? Que font-ils avec ça ? Ils veulent distribuer 50% de leurs bénéfices aux actionnaires. Le résultat, c'est que l'année dernière, il y a 1,4 milliard d'euros qui ont été distribués aux actionnaires de Michelin et maintenant, on nous explique qu'il faudrait supprimer 1250 emplois.
Et aux salariés.
1250 emplois.
Et aux salariés de Michelin.
Ils ont organisé leur propre concurrence avec une usine en Pologne. Vous savez, Cholet, ce que ça va créer, c'est à la fois des gens qui vont se retrouver, parfois le père, le fils qui est rentré dans l'entreprise. C'est parfois des couples qui aient travail. Et Cholet, derrière, c'est les sous-traitants. Excusez-moi de le dire, mais c'est très important. C'est justement les petits commerces quand il y a 900 personnes qui vivent. Vous avez un marché d'automobile
qui est en panne et qui fait que, effectivement, on vend boit de voiture.
Voilà ce que nous sommes en train de dire. Nous ne sommes pas condamnés à toujours attendre et à dire, bon, bah détruisez tous les emplois que vous voulez. Vous ne pouvez pas vivre en dehors. On a donné de l'argent public à tout va. Vous ne pouvez pas vivre en dehors du monde. Sans aucune conditionnalité.
Le secteur automobile est en panne. Ça a des conséquences sur les entreprises de ce secteur. Et notamment les chers.
Mais donc, il n'y a plus de voitures en France, monsieur Jeudy ?
D'envoyer des voitures à l'industrie automobile. Principalement allemande, il faut quand même le dire. Oui, mais enfin, l'industrie française est aussi concernée par des exportations. Est-ce que ce n'est pas une bonne raison, peut-être ?
Est-ce qu'on n'exporte pas aujourd'hui ? On exporte. Oui, on exporterait davantage. Non, non. En fait, le principe du libre-échange, quel est-il ? Le libre-échange est un modèle qui est complètement archaïque. C'est-à-dire qu'on organise le grand déménagement du monde où on va envoyer des marchandises d'un bout à l'autre de la planète à 11 000 kilomètres avec les pays du Mercosur.
Surtout, le Mercosur est dangereux parce que, notamment, il met en concurrence notamment le modèle d'agriculture familiale français avec des méga-fermes-usines qui sont notamment le cas au Brésil et avec, notamment, des normes sociales, sanitaires et environnementales qui n'ont rien à voir avec ce qu'ont les agriculteurs français. Donc, les agriculteurs ont raison de se mobiliser contre ce traité de libre-échange. Et je veux dire ici, solennellement, qu'Emmanuel Macron était un hypocrite parce que depuis 7 ans qu'il est au pouvoir, il aurait pu arrêter les négociations au moment où il le voulait.
Et ce que nous ferons, puisque c'était un des textes qui était dans notre niche et qui a été malheureusement retoqué dans notre niche sous des motifs fallacieux, nous avons obtenu un débat 50-1, c'est-à-dire un débat et un vote sur une déclaration du Premier ministre. Je le redis solennellement, si le Premier ministre répète ce qui est dit depuis des mois, c'est-à-dire qu'ils ne veulent pas du Mercosur en l'État, nous voterons contre cette déclaration. Si par contre, il dit qu'il ne veut pas du Mercosur, point, sans aucune condition, à ce moment-là, nous voterons pour. Parce que c'est ce qu'ils essayent de faire croire.
Si vous écoutez, votre point, c'est l'agriculture. Enfin, si l'agriculture est sortie du texte, mais que pour les industries automobiles françaises...
Non, mais non. Ça ne sera jamais sortie du texte. Je vais vous expliquer. Ils disent qu'on pourrait faire des clauses miroirs. Les clauses miroirs, c'est quoi, pour que tout le monde comprenne ? C'est de dire que les normes qui s'appliquent en France sont impossibles, par exemple, sur du bœuf traité aux hormones de croissance, ce qui est interdit en France, de détecter ces hormones justement quand ils arrivent. Donc, c'est impossible de faire ça. Donc, tout ça est une forme de mythe et il faut arrêter avec les traités de libre-échange. Je le dirais juste une dernière chose. Ce n'est pas vous qui allez me dire le contraire.
Par exemple, dans le Mercosur, il y a 180 000 tonnes de volailles qui seraient exportées à portée vers l'Union européenne.
La France a les moyens d'arrêter la signature de ce traité.
On n'a pas les moyens d'arrêter tout seul pour quand même arrêter. Mais oui, mais si, la France, je vais vous dire, sans la France, le Mercosur ne se fera pas. Et donc, il y a la possibilité d'avoir la minorité de blocage. Non, mais il faut la travailler. Écoutez, Emmanuel Macron arrive et puis au bout de 7 ans, il n'a rien fait et puis il dit il n'y a pas de minorité de blocage. Il faut la travailler la minorité de blocage. La France a rallié
l'Italie à elle cette semaine. Elle essaie de rallier les Pays-Bas ou la Belgique pour pouvoir former cette minorité de blocage. Oui, c'est un peu tard mais s'il y arrive,
c'est très bien.
C'est un peu tard, jusqu'à présent. Et je dois dire
qu'Emmanuel Macron comme chantre du libre-échange, il n'y a pas eu mieux. Donc, ce que nous disons, c'est que depuis le début, le seul groupe qui a voté contre tous les accords de libre-échange, c'est celui dans lequel siègent les Insoumis, celui de la gauche européenne. Mathilde Panot, j'ai une dernière question pour vous.
La tribune dimanche, ce matin, révèle le plan du gouvernement contre les violences sexistes et sexuelles. Si je résume, c'est plus de moyens pour protéger les femmes qui sont contraintes de quitter le domicile suite à des violences du conjoint. C'est des plaintes qui peuvent être prises dès l'hôpital et des moyens renforcés auprès de la police pour mieux former ceux qui accueillent les victimes et qui recueillent leurs plaintes. Je sais que c'est un sujet qui vous tient à cœur. Est-ce que les annonces qui sont faites, ou en tout cas les indiscrétions que l'on peut lire dans les colonnes de la tribune dimanche, vous semblent aller dans le bon sens ?
Écoutez, moi, je crois que les organisations féministes sont fatiguées des promesses qui sont faites année après année. Je rappelle que depuis 2017, l'égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est censée être la grande cause du quinquennat et on se retrouve avec des moyens qui ne sont toujours pas mis sur la table. Hier, il y avait plus de 100 000 personnes qui manifestaient, notamment pour qu'il y ait les 2,6 milliards de moyens donnés aux associations qui soient donnés chaque année pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Nous sommes en plein dans le procès Gisèle Pellicot dont je veux redire que nous admirons son courage et ce qu'elle permet pour les générations futures pour que la honte change de camp et qui montre ce que les associations féministes disent depuis des années, contrairement à l'instrumentalisation de l'extrême droite, c'est que les hommes qui commettent des viols aujourd'hui ne sont pas des monstres mais sont des hommes de l'entourage comme ça se passe dans l'immense majorité des viols. Pour vous, la cause de l'égalité, le fameux n'a pas avancé sous Emmanuel Macron ?
Ah ben non, et ce n'est pas moi qui le dit, là aussi ce sont les associations et d'ailleurs jeudi, nous présenterons un texte qui propose de rajouter le consentement dans la définition pénale du viol qui est une chose qui est demandée depuis très longtemps et qu'Emmanuel Macron avait bloqué main dans la main avec Viktor Orban au moment d'une directive européenne. Je vous dis le jour de la niche parlementaire de la France insoumise à l'Assemblée nationale. Merci Mathilde Panot.
Mathilde Panot