Affaire Lyhanna, loi intégrale, Patrick Bruel mis en examen... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé
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France Info
Bonjour Laurent Berger Merci d'être avec nous ce matin sur France Info Ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes Et de la lutte contre les discriminations Vous avez été je le rappelle ministre de la famille Vous connaissez bien les sujets De violences faites aux femmes et aux enfants On va évidemment en parler après le décès De la petite Liana Dont les obsèques se dérouleront aujourd'hui Sujet qui a Evidemment fait remonter ce thème De la protection des enfants au coeur des débats politiques Avec on le rappelle Un auteur présumé du meurtre Qui avait déjà fait l'objet entre autres D'une plainte pour viol sur mineurs Et n'avait pas été auditionné par les enquêteurs Et sur le terrain politique Evidemment le gouvernement Se retrouve attaqué Écoutez ce que disait hier le président Du rassemblement national Jordan Bardella Il conseille quelque chose au garde des Sceaux Gérald Darmanin on l'écoute
Maintenant l'affaire est d'une particulière gravité Et au regard de ce contexte Le ministre de la justice Aurait à mon sens dû Par honneur présenter Sa démission au président de la république Alors Aurore Berger
Quand on est ministre On est responsable Quand on est responsable Est-ce qu'un tel échec Ne doit pas effectivement conduire A présenter sa démission ?
Je suis ravie que le rassemblement national Pour la première fois Aborde la question de la protection des enfants La lutte contre les violences faites aux femmes La lutte contre les violences faites aux enfants Ça a rarement été des alliés de ces combats-là Singulièrement dans un certain nombre de votes Encore récents à l'Assemblée nationale Donc tant mieux S'il y a une prise de conscience collective Ensuite de là À faire une forme de récupération politique Pour savoir si telle ou telle personne Doit démissionner Je crois que la question n'est pas là Aujourd'hui il y a une petite fille Qui va être enterrée C'est ça qui se passe dans notre pays Il y a une prise de conscience Qui est une prise de conscience nationale De l'ensemble de la société Il y a une forme de révolution Qui est en cours Et tant mieux Parce que je crois qu'on était très nombreux À souhaiter que cette prise de conscience Elle embrasse en fait Toute la société
J'entends évidemment votre point Aurore Berger Sur la question de la prise de conscience Sur la question sociétale Sur la question de la politique publique Mais qui est essentielle
Parce que c'est ça le combat majeur Qu'on doit réussir
Et on va parler de tout ça Mais d'abord sur l'aspect On va dire Voilà politique Presque politicien J'allais dire Il y a quand même Parfois besoin De prise de responsabilité Est-ce que dans un moment Comme celui-là Effectivement
La prise de responsabilité Pour nous c'est d'agir C'est ça ce qui compte Je ne suis pas sûre Que les Français D'ailleurs il y a même eu des enquêtes Ça ne servira à rien Que le ministre démissionne Disent est-ce qu'il faut Que tel ou tel démissionne La question c'est Est-ce qu'on est en capacité d'agir Est-ce qu'on est en capacité De faire mieux Et est-ce qu'on doit faire mieux On doit faire mieux Et on peut faire mieux Et donc on va le faire On va le faire Je pense qu'on va y revenir A la fois dans la loi Puisqu'il y a encore des choses Qui méritent d'être changées On va le faire en faisant Toute la transparence aussi Sur ce qui s'est passé Le sujet il n'est pas De chercher des boucs émissaires Mais il est quand même D'arriver à identifier S'il y a eu des dysfonctionnements Savoir si ces dysfonctionnements Ils sont individuels Et ils deviennent des fautes Ça il y a des enquêtes Administratives qui vont le dire Et les Français auront Toute la transparence nécessaire Sur ces sujets Puisqu'il y en a plusieurs en cours Justice, Ministère de l'Intérieur Éducation nationale Et puis on a Et il faut avoir l'honnêteté De le dire Un enjeu plus systémique Il n'y a aucune responsabilité politique Dans la manière avec laquelle On prend en charge L'accompagnement On prend en charge L'accompagnement La parole des enfants On va parler tout ça
Simplement sur les responsabilités politiques Il n'y a aucune responsabilité politique
Je ne me dédouane pas de responsabilité Je vous dis qu'on doit faire mieux Donc ça veut dire Que c'est notre responsabilité De faire mieux Mais je sais aussi D'expérience Dans ce ministère Qui est le mien Sur la question des violences Faites aux femmes La question des violences Faites aux enfants Vous ne réussissez que Si vous arrivez à embarquer Toute la société Pour se mettre replongée Encore une bonne partie De cette nuit Dans le traitement médiatique De ces dernières décennies Vous voyez à quel point Les choses ont évolué Mais c'était Il n'y a pas si longtemps Christine Angot Sur un plateau de télévision Qui était une des premières A prendre la parole Et à écrire Sur l'inceste Qu'elle avait subi Et qui en retour Subissait des sarcasmes Des moqueries Des insultes En plateau Ce n'était pas Il y a une éternité C'était il y a quelques années Donc on a quelque chose Qui est en train De bouger De changer Comme si finalement Après un MeToo Qui nous avait emporté Sur la question des violences Sexuelles faites aux femmes On avait un MeToo Des enfants Qui étaient en cours Pas parce que les enfants N'ont jamais parlé Les enfants ont toujours Essayé de dire Mais parce que Pour la première fois J'ai l'impression Il y a quelque chose Qui s'ouvre réellement Dans la société Et qui fait qu'on est prêt A les entendre Ce qui s'ouvre C'est aussi un débat Aurore Berger Sur les dysfonctionnements Vous les évoquiez On a appris hier Dans le monde Que Jérôme Barrella Avait été signalé A plusieurs reprises A la police française Par un organisme américain Qui traque Les pédocriminels En ligne Comment expliquez-vous Que le lien N'ait pas été établi Avec la première plainte ?
C'est justement Tout ça Que les enquêtes administratives Doivent démontrer C'est-à-dire Qu'est-ce que les autorités Avaient eu Comme information Qu'est-ce qui a été porté A leur connaissance Est-ce que c'est parce Qu'on a travaillé Trop en silo C'est-à-dire D'un côté justice De l'autre côté Gendarmerie et police Donc tout ça Je ne peux pas le dire Avant que les enquêtes Aient été réalisées Je voudrais juste Concernir à l'instant Sur ces signalements Ils arrivent à l'OFMINE C'est l'Office des mineurs Un service qui a reçu En 2023 870 signalements Par jour C'est absolument énorme Les policiers Peuvent pas tout traiter Ils traitent grosso modo 1% Ces signalements Car ce service de pointe Ne compte que 40 enquêteurs Contre 85 Prévus à sa création Il y a 3 ans En comparaison On apprend toujours Dans le monde Que la police britannique Compte 800 policiers Pour lutter contre La pédocriminalité Est-ce que vous diriez Vous toujours Comme Gérald Darmanin Que ce drape N'aurait pas pu Être empêché Avec des moyens supplémentaires Sincèrement Je ne sais pas Répondre à cette question Je ne sais pas Répondre à cette question Vous ne diriez pas La même chose Que le garde Moi je vous dis Avec sincérité Je ne sais pas Répondre à cette question Je sais que Vraisemblablement Il y a eu Peut-être des dysfonctionnements Individuels Qui sont peut-être Des fautes Qu'il y a sans doute Des dysfonctionnements Plus systémiques Dans notre société Sur la manière Avec laquelle On recueille la parole On écoute la parole On la prend en compte Et moi je suis persuadée On peut peut-être imaginer Que s'il y avait eu 2, 3, 4 fois plus D'enquêteurs Dans ce service Ce signalement Aurait été traité Ou mis en relation Avec une plainte Je ne sais pas vous le dire En fait Non attendez Sur la question De la pédocriminalité Puisque c'est ça Dont on parle Et sur la question De l'inceste aussi Puisque c'est beaucoup De ça dont on parle On a aujourd'hui Plusieurs services Qui travaillent Avec des enquêteurs Dévoués 24h sur 24 Qui travaillent sur A la fois des signalements Qui travaillent aussi Sur Pharos Pharos c'est aussi La plateforme de signalement Sur les contenus à ligne Donc on a énormément De leviers en fait Et de capacités d'action La question c'est Comment on fait en sorte Que ce soit un système C'est à dire que tout le monde Arrive à travailler Et à travailler ensemble Vous parlez d'organisation
Quand on entend Le président de la république Il y a quelques jours Et Sébastien Lecornu Encore cette semaine Devant l'Assemblée nationale Dire grosso modo Je ne veux pas Qu'on me parle de moyens Ça ce sont quasiment Les mots d'Emmanuel Macron Et Sébastien Lecornu C'était à peu près La même C'était en substance La même chose
Le premier ministre A garanti Il a même mis par écrit Que justement On allait continuer A augmenter les moyens Il a dit
Il y a un sujet de moyens Pour la justice En général
En tant que société Même en tant que parent On s'interroge sur Le décès de cet enfant Est-ce que ce décès-là Aurait pu être évité De cette petite fille-là Et s'il aurait pu être évité A cause de quoi Ou grâce à quoi Aurait-il pu l'être Est-ce que c'est Parce qu'il y a Encore une fois Des manquements individuels Parce qu'il y a Des manquements systémiques Parce qu'il y a Des questions de moyens Tout ça Devra être dit aux Français Devra être dit Avec transparence Avec courage Et avec précision C'est pour ça Qu'il y a des enquêtes en cours Et c'est pour ça Que tout sera rendu public Et encore une fois Le sujet n'est pas De chercher des boucs émissaires Parce que moi Ce qui me concerne aussi Même si c'est peut-être difficile À entendre aujourd'hui C'est que je ne veux pas Ensuite Qu'on jette en pâture Tous les magistrats De ce pays Tous les policiers Tous les gendarmes Ce qu'ont eu le sentiment De partie des magistrats Ce qui à mon avis Serait une grave erreur Serait une grave erreur Parce que Ces magistrats Ces policiers Ces gendarmes Tous les jours Tous les jours Traitent de plaintes De femmes victimes de violences D'enfants victimes de violences Que ce soit des violences Physiques Intrafamiliales Sexuelles Et accessoirement Tout le reste aussi Des mots de notre société Donc S'il y a des dysfonctionnements individuels Ils doivent être démontrés Et dans ces cas-là Il doit y avoir des sanctions Parce que personne ne comprendrait Qu'il n'y ait pas de sanctions Il y a des enjeux systémiques Avec des sujets législatifs C'est-à-dire Comment la loi doit continuer à évoluer Personne ne dit Que les moyens Ne doivent pas continuer à augmenter Ils ont largement augmenté Ces dernières années Sur les moyens de la justice Sur les magistrats Sur les greffiers Sur les outils à utiliser Sur l'aide aussi apportée Aux associations Il faut encore augmenter Pourquoi il faut encore augmenter ?
Parce qu'aujourd'hui Justement On a de plus en plus de victimes Qui sont prêtes à dire Qui sont prêtes à révéler Qui sont prêtes à porter plainte Et ça Tant mieux Parce que ça veut dire Que les victimes aujourd'hui Considèrent Que quand elles portent plainte Elles ont la légitimité de le faire Et elles sont crédibles à le faire Ce n'était pas le cas Il y a encore quelques années Dans ces moments Aurore Berger La parole politique Elle porte Elle est importante Emmanuel Macron A commenté l'affaire Avec une phrase On ne répond pas A un drame Par des cris Certains Certaines Beaucoup On y ont vu Un président insensible A la colère légitime Qui s'exprime Une façon de décrédibiliser Aussi la parole De ceux qui demandent Un changement d'approche générale Est-ce que vous Vous auriez utilisé ces mots On ne répond pas A la colère par des cris Commenter les mots Des uns et des autres Y compris même Ceux du président de la république Moi j'ai toujours travaillé Et le président aussi d'ailleurs Avec toutes les associations Parfois il y a des désaccords Parfois il y a des désaccords Mais moi ce que je sais C'est que les associations Sont des alliés Nécessaires du combat Nécessaires du combat Et que souvent Elles se sont exprimées En ayant le sentiment D'être seule A alerter la société Sur ces sujets Donc moi jamais Vous ne m'entendrez Critiquer le combat Qui est sous le combat Des associations Parce qu'il est vital Dans notre démocratie Ca n'empêche pas des nuances Ca n'empêche pas des désaccords Et il faut continuer A les soutenir A les accompagner Et surtout à les entendre
Alors Robert J'ai parmi les priorités De la police De la justice De la gendarmerie Il y a le terrorisme Il y a le narcotrafic Il y a les violences intrafamiliales Et maintenant Il y a aussi
Pas et maintenant Vous ne pouvez pas dire ça Parce que ça donnerait le sentiment Que quand une plainte est arrivée Ils ne les ont pas traitées
Ou plutôt C'est mis encore en valeur Comme étant désormais La priorité des priorités Est-ce que finalement Il n'y a pas trop Aussi de priorité Est-ce qu'on peut se permettre D'avoir autant de sujets prioritaires
Regardez les sujets Que vous avez cités Vous nous voyez Vous me voyez Venir sur ce plateau ce matin En disant En fait le terrorisme On s'en fiche Vous voyez Venir sur votre plateau ce matin En disant Le narcotrafic Qui vous pourrit la vie Dans vos communes On s'en fiche Alors que c'est aussi Des réseaux de criminalité Qui ont tué dans notre pays Le sujet Le sujet il est Qu'on a tous ces enjeux On a tous ces enjeux Sur la question de la violence En général Alors à la fois Le risque terrorisme La question de la radicalisation Le narcotrafic Et les réseaux de criminalité La traite des êtres humains La lutte évidemment Contre les violences intrafamiliales La lutte contre les violences sexuelles La question c'est Comment on doit prioriser C'est ça le vrai sujet C'est un manquant On a une masse de plaintes Parce que tous les jours C'est des dizaines Voir des centaines de plaintes Qui arrivent dans un commissariat Dans une gendarmerie Qu'est-ce qui est le plus urgent ?
Nous ce qu'on dit C'est que ce qui est le plus urgent Ce sont les atteintes aux personnes Dans les atteintes aux personnes Ce sont les enfants Qui doivent être immédiatement Entendus Accompagnés Crus Respectés Protégés Et protégés aussi la société Des prédateurs Qui sont à leur encontre
Le 830 France Info Adrien Bec Camille Vigogne-Lecouat
Et nous sommes toujours en direct Avec Aurore Berger Ministre déléguée A l'égalité Femmes-hommes On va continuer De parler des suites De l'affaire Eliana De la protection De l'enfance De ses enjeux législatifs Le Premier ministre Vous a réuni à Matignon Pour intégrer cette semaine De nouvelles mesures Au projet de loi Sur la protection De l'enfance Projet de loi Qui devait déjà être examinée A l'Assemblée le 15 juillet Parmi elles L'aggravation du quantum De la peine Alors c'est le fait De pouvoir additionner Les peines Si on a fait plusieurs victimes Pour les violeurs en série Aujourd'hui on peut avoir Jusqu'à 20 ans maximum Là ça pourrait aller Jusqu'à perpétuité Pour les mineurs Est-ce que vous y êtes Favorable Est-ce que ça sera bien Dans ce projet ?
Oui ce sera bien Dans ce texte Et ce sera soumis En tout cas au vote Des parlementaires Le texte il sera examiné Dès le 15 juillet Il y avait déjà Dans le texte protection De l'enfance Des mesures Qui concernaient justement La protection Face aux violences sexuelles Parce qu'après le scandale Notamment dans le périscolaire A Paris On avait cette nécessité aussi D'avoir ce qu'on appelle Une liste noire Pour garantir Qu'un animateur par exemple Qui a autorité sur les enfants Et en quels les enfants Ont confiance S'il est exclu dans le périscolaire Puisse pas demain Devenir animateur Par exemple dans le monde sportif Donc ça figurait déjà dans le texte On va compléter ce texte Sur la question des violences sexuelles Faites aux enfants Parce que je pense Que c'est une nécessité Notamment sur la question des peines Parce que personne ne comprend ça Je pense qu'il n'y a pas Un français qui se dit Que quelqu'un Qui a commis Plusieurs violences sexuelles Plusieurs crimes Parce que ce sont des crimes A l'encontre d'un enfant Mais en fait Ces peines ne se cumulent pas Pardonnez à moi Mais même si c'est abominable Est-ce que ça change quelque chose Que l'agresseur reste 20 ans 25 ou 30 ans en prison Est-ce que l'urgence C'est pas plutôt De mettre en mécanisme Des mécanismes Pour repérer Pour recueillir la parole L'un n'empêche pas l'autre Mais ça change deux choses Un ça veut dire Que vous entendez la parole De chacune des victimes Parce que quand vous êtes Dans un procès Tout simplement Et qu'à la fin On vous dit Il sera condamné qu'une fois Alors qu'il y a eu 3 4, 5, 10 victimes Vous avez quand même le sentiment Que vous Votre parole Elle n'a pas vraiment compté Et oui ça change aussi quelque chose D'avoir quelqu'un Qui fait 20 ans de prison Ou qui est à perpétuité En prison Parce que je crois Que c'est une attente Très puissante de la société Très légitime aussi De la société De considérer Que ces prédateurs Sont définitivement Hors de la société Parce qu'ils sont En détention La société justement Enfin en tout cas Les associations de protection Des femmes Des enfants Qui manifestent encore demain Et qui ont appelé A manifester tous les lundis Devant les palais de justice De toute la France Demande elle Une loi intégrale Une loi qui pense le problème Dans sa globalité La santé L'éducation Pas seulement la justice Ou les moyens d'enquête Est-ce que c'est utile Cette loi intégrale ?
Alors déjà Cette loi Elle a été transmise Dès cette semaine Au Conseil d'Etat Pourquoi ? Pour que chacun comprenne Parce qu'on le fait Sur les textes Qu'on estime importants C'est toujours le cas Sur les projets de loi Portés par le gouvernement Et on l'a fait sur Quelques textes D'initiatives parlementaires Pour vérifier que juridiquement Et bien le texte Est un texte utile Pertinent Et la présidente De l'Assemblée nationale Souhaite qu'il soit inscrit Dès septembre A la session extraordinaire Vous vous y êtes aussi favorable ?
Déjà nous verrons Le retour qui sera Celui du Conseil d'Etat Moi j'ai travaillé Pendant six mois Justement avec Les associations Et avec l'ensemble Des parlementaires Sur la question Justement d'une loi cadre Est-ce qu'il faut ? Est-ce qu'il ne faut pas Une loi cadre ?
A la fois sur la question De la protection des enfants La protection des femmes Là on parle vraiment Spécifiquement de la question Des violences sexuelles On a beaucoup avancé Sur la question Des violences intrafamiliales On a eu des avancées Notamment de règles de prescription Le fait de considérer aussi Par exemple Qu'un mineur de moins de 15 ans Par principe N'est jamais consentant Ça ces lois-là Nous les avons passées Ça n'existait pas quand même Il y a quelques années C'est toujours utile Quand même de le rappeler Et donc On est arrivé A des éléments de consensus Entre les groupes parlementaires Sur le fait d'agir Encore sur la question Des violences sexuelles Ce qui est essentiel Et utile je crois Dans la loi cadre C'est quoi ?
C'est de considérer Qu'en effet Ce n'est pas uniquement Le problème de la justice Uniquement le problème De l'intérieur C'est la question de la détection Donc c'est la question De la formation De tous les professionnels Au contact de nos enfants Et c'est la question De la santé L'ancien président Sur la question Je me permets de vous interrompre Sur la question De cette prévention Et de cette formation Edouard Durand L'ancien président de la civise La commission sur les violences sexuelles Et l'inceste Regrette que le programme De formation à destination Des agents Pour signaler Pour repérer les victimes Se soit arrêté Pourquoi il s'est arrêté ce programme ?
Je connais très bien Le juge Edouard Durand Qui a fait un travail essentiel Sur la civise Qui a recueilli Plus de 30 000 témoignages Déjà à l'époque On a encore échangé Tous les deux cette semaine On a aujourd'hui Des programmes de formation Qui existent Formation policiers Et gendarmes Avec des lieux Qui sont dédiés Pour recueillir La parole de l'enfant Qui là encore n'existait pas Qui permettent Que l'enfant n'ait pas A répéter Et encore et encore Sa parole Mais qu'une seule fois suffise Dans un cadre d'une audition Formation des magistrats Il faut évidemment Continuer à former Massivement Mais pas que les magistrats Les policiers Et les gendarmes C'est la question des enseignants C'est même nous notre question En tant que parents Et en tant que famille Pourquoi ?
Parce que quand on parle Des violences sexuelles Et c'est pour ça Que c'est si difficile Parfois de se faire entendre Quand on parle Des violences sexuelles On parle de ce qui se passe Chez nous Dans nos familles Dans nos foyers Et personne n'a envie De se réveiller ce matin En entendant cette phrase là Le sujet n'est pas que Tout le monde doute Qu'il y a une suspicion généralisée Mais on a un enjeu De vigilance généralisée Et on a un enjeu Sur comment on entend Ce que nos enfants Sont prêts à nous dire Et même à 3 ans Même à 6 ans Ils savent dire Avec des mots Mais avec beaucoup De comportements qui changent Et ça la société De être en capacité D'être formée
Il y a une autre affaire Evidemment dans l'actualité Qui a marqué l'actualité Qui a beaucoup interpellé Ces derniers jours C'est l'affaire Patrick Bruel Avec ses 4 affaires Dans lesquelles Il est mis en examen 4 autres affaires Dans lesquelles Il est placé Sous le statut De témoin assisté Et en tout Globalement Une trentaine A ce stade De victimes présumées Récensées Mises en examen Donc du chanteur Pour viol Tentative de viol Agression sexuelle Harcèlement sexuel Contrôle judiciaire Donc Mais libre Patrick Bruel Libre de travailler Et c'est ce que rappelait D'ailleurs l'une de ses avocates Ce matin Sur France Info Maître Fanny Collin
Dans le cadre du contrôle judiciaire De monsieur Patrick Bruel Rien ne lui fait interdiction D'exercer son métier Et c'est heureux Il aurait été particulièrement injuste De lui interdire De travailler De se produire Ou d'être en concert Alors qu'il est présumé innocent Voilà qui voudrait dire
Donc que Patrick Bruel Pourrait continuer En tout cas Commencer sa tournée Prévue à partir du 2 octobre Tournée d'automne Est-ce que A vos yeux Ça peut sembler Légitime Qu'il se produise Ou est-ce qu'il faudrait Qu'il renonce
Il y a deux choses différentes C'est-à-dire Est-ce que c'était à la justice D'interdire qu'il travaille Je ne suis pas sûre Qu'il y ait de précédent Dans ce type d'affaires Donc ce n'était pas Sauf en cas de Placement en détention Sauf si évidemment Il y avait eu un placement En détention provisoire Donc ce n'était sans doute Pas à la justice De le prononcer Je pense que c'est à lui De considérer Que sans doute Les conditions Elles sont tous au frais unis Aujourd'hui Pour qu'il puisse Continuer à se produire Et le faire Dans des conditions Qui sont des conditions J'allais dire Qu'il n'y ait pas de trouble À l'ordre public Et que ça ne heurte pas Sans doute aussi L'opinion publique Ce qui est important Parce que je sais Que ça a aussi suscité J'ai reçu beaucoup De questions là-dessus Pourquoi 4 juges d'instruction Dans l'affaire Patrick Bruel Ce n'est pas parce que C'est Patrick Bruel Il y a eu 4 juges d'instruction Dans l'affaire Patrick Bruel Parce qu'il y a eu Énormément de plaintes Sur des sujets Extrêmement graves Harcèlement sexuel Donc le nombre De juges d'instruction N'est pas en fonction De la notoriété De tel ou tel individu Mise en cause Le nombre de juges d'instruction Est juste le fonctionnement Légitime de la justice Dans notre pays Pour garantir Que chaque plainte A été appréhendée Au bon niveau
Est-ce que dans ce type de cas Sans faire de justice D'exception Mais quand on a 30 effectivement Personnes 30 femmes Qui s'expriment Donc certaines Qui ont porté plainte D'autres non Certaines plaintes Qui sont prescrites Enfin certains faits Qui sont prescrits D'autres non Est-ce qu'il ne devrait pas Y avoir Peut-être une forme J'allais dire Au moins d'un point de vue moral De présomption Peut-être De culpabilité Qui fasse Que les personnes concernées Ne puissent plus forcément Se produire Sur la scène publique Qu'elles doivent se mettre En retrait Ou est-ce que vous dites Bah non Ça c'est la responsabilité De chacun
Mais surtout Je crois qu'on est Dans un état de droit Et moi je ne souhaite pas Qu'un état de droit Fasse qu'il y ait Une présomption De culpabilité demain Parce que je pense Que ce serait extrêmement grave Pour chacune Et pour chacun d'entre nous En tant que justiciable Dans ce qu'on attend Justement de la justice En revanche Je ne veux pas Qu'il y ait une présomption De mensonge Qui pèse de manière systématique Sur celles Qui prennent la parole
Avec toutes les difficultés Qu'il peut y avoir Quand les faits datent Il y a 15 ans
C'est ce à quoi on assiste Mais vous savez Dans le cadre des violences sexuelles Et c'est largement documenté Et singulièrement d'ailleurs Quand on parle des enfants Ça ne prend pas Un jour ou 24 heures De réussir A révéler les violences Parfois ça peut être immédiat Mais c'est malheureusement Très rare Très rare parce que Le traumatisme Est tellement puissant Chez les victimes Quand vous avez été victime De violences sexuelles Quand vous avez été victime De viols D'autant plus par des gens Qui ont autorité sur vous En qui vous avez confiance Que la révélation Elle prend du temps C'est d'ailleurs la raison Pour laquelle je continue A penser Que sur les crimes sexuels Commis sur les enfants Il faut changer Les règles de prescription Et il faut mettre en place L'imprescriptibilité Pour que jamais Les bourreaux Ne puissent dormir tranquilles Et pour que les victimes Sachent qu'elles auront Toujours Toujours accès à la justice
Vous avez suivi évidemment Comme toute la France Les révélations De MeToo Depuis ces dernières années C'est vrai qu'en France On a l'impression Que ça n'est pas encore terminé On le voit encore aujourd'hui Avec l'affaire Patrick Bruel Pourquoi ça prend Autant de temps Pourquoi c'est plus long En France qu'ailleurs
Je ne sais pas si c'est plus long En France qu'ailleurs Vous savez il y a beaucoup De démocratie dans lesquels Des pays comme les Etats-Unis
Où ça a été plus tôt
Oui j'ai l'impression Qu'ils ont élu un président De la République Qui sur ce sujet là Un président pardon Etats-Unis Qui sur ces sujets là Sur la question des violences sexuelles A rarement eu des propos Extrêmement en soutien Des victimes Et de la lutte Contre les violences sexuelles Donc le chemin Des sociétés en général Il est malheureusement Toujours trop long Sur la question des violences Faites aux femmes Et la question des violences Faites aux enfants Là ce que j'espère Sincèrement C'est de se dire Qu'on a enfin un moment Qui s'est ouvert Cet espoir là Se dire ça y est Il y a un moment de révélation Il y a presque une révolution Dans la société Et puis ça se referme Là vraisemblablement La société nous dit On n'est pas près De se taire Et on ne veut pas se taire Et bien vous savez quoi Tant mieux Emmanuel Macron Est aux responsabilités Depuis 9 ans Est-ce que vous vous dites On aurait dû faire mieux On aurait dû être meilleur Est-ce que vous avez parfois Un sentiment de culpabilité De ne pas être Allé assez loin Assez fort sur ces questions Moi je dis que Je suis lucide Sur ce qu'on a réussi à faire C'est peut-être difficile À entendre aujourd'hui Mais je sais aussi Ce qu'on a fait Je sais ce qu'on a fait Sur les lois qu'on a changé Sur les moyens qu'on a renforcés Je sais que ça n'est plus La même chose De porter plainte aujourd'hui Dans une gendarmerie Un commissariat Que ça a été le cas Il y a 10 ans Je sais que l'accompagnement En termes de santé De psychotrauma Des femmes et des enfants A changé Et on le sait Mais je sais que ça n'est pas suffisant Il faut dire les deux Oui il y a des choses Qui ont largement progressé Il y a des progrès Dans notre société Qui ont été faits Des moyens Qui ont été renforcés Mais est-ce que c'est suffisant ?
Non Il va falloir évidemment continuer Continuer à ce que les moyens soient mis Continuer à ce que des lois soient changés Quand il y a encore Aujourd'hui Un certain nombre d'éléments Qui manquent Et puis des débats Qui doivent j'espère Irriguer toute la société Parce que Encore une fois Ça n'est pas un fait divers Il y en a C'est un fait de société Et c'est même un fait politique Et il faut que chacun le mesure
Merci beaucoup Aurore Verger D'être venue ce matin Dans le 8 de 30 France Info Ministre déléguée Chargée de l'égalité Entre les femmes et les hommes Et de la lutte contre les discriminations Merci Camille Vigan-Lecouat Le nouvel Ops Restez sur France Info Les informés dans quelques minutes
Aurore Bergé