Édouard Philippe déjà candidat pour 2027 - Reportage #cdanslair du 04.09.2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il promet un programme massif pour la France, faisant écho à notre discussion, notamment sur les économies. Une façon d'anticiper la fin de l'ère Macron, qui n'aura échappé à personne. - Les Français attendent un Premier ministre.
Hier soir, ils ont eu droit à un candidat à la présidentielle. Dans "Le Point", E.Philippe revient de vacances avec plein de projets. ...
Pour espérer gagner l'Elysée, E.Philippe se lâche son actuel locataire. "E.Macron s'est trompé", assure-t-il, sur la dissolution, mais pas que. ...
L'ancien Premier ministre s'inquiète d'un "péril démocratique, budgétaire et de l'immobilisme actuel". ...
Et si la crise politique menait à une présidentielle anticipée? E.Philippe est prêt, dit-il.
La voilà peut-être, la raison de cette candidature 3 ans avant 2027. Pour ses adversaires, c'est même une évidence. - E.Ciotti: Ca signifie peut-être qu'il considère aussi que la seule solution, c'est le départ de monsieur Macron. - O.Faure: On voit bien que cette ex-majorité présidentielle se délite complètement.
Les couteaux sont déjà tirés. Voir qu'un ancien Premier ministre d'E.Macron imagine déjà une présidentielle anticipée, c'est dire à quel point il a confiance dans ce qui va se passer et dans le président qui, autrefois, l'a nommé. - L'opposition ironise sur un duo formé en 2017, lorsque l'ancien protégé d'A.Juppé devient le Premier ministre du président du "en même temps". - E.Philippe: Il y a un an, personne n'aurait imaginé un tel renouvellement politique. - Très à l'aise, E.Philippe enchaîne alors les réformes voulues par le président, parfois impopulaires, comme les ordonnances pour la loi Travail ou la réforme de la SNCF. - E.Philippe: J'ai rappelé aux organisations syndicales que le gouvernement avait pris 3 décisions, validées par l'Assemblée nationale, à une très large majorité, sur lesquelles nous ne reviendrions pas. - La fermeté, une marque de fabrique encore appliquée en pleine crise des "gilets jaunes". - E.Philippe: Encore une fois, notre objectif est d'appeler chacun à ses responsabilités et de dire toute la détermination du gouvernement pour ramener l'ordre. - Sur les retraites, désormais, qu'importe le rejet de la réforme par les Français ces derniers mois.
E.Philippe se montre inflexible. ...
Pour défendre son futur projet, l'ancien élu de droite a créé son propre parti, Horizons, en 2021, où ses soutiens parlent même de l'homme providentiel. *-N.Loiseau: Il dit ce qu'il a en tête, ce qu'il pense et à quoi il pense.
De ce point de vue, il a raison. Il prend les Français pour ce qu'ils sont, des gens profondément intelligents et politiques. - E.Philippe, longtemps cité comme la personnalité politique préférée des Français, est désormais talonné par G.Attal, 2 anciens Premiers ministres.
Et si Matignon n'avait pas été l'enfer pour ces deux-là? - C.Roux: On a beaucoup cette question, ce soir. - N.Schuck: Ce n'est pas qu'il espère.
C'est différent. Depuis qu'il a sorti cette interview dans les colonnes du "Point", il y a eu beaucoup de réactions politiques, notamment à droite, des moqueries, des railleries, en mode "quelle manche en termes de communication". Je pense très au contraire qu'il fait ça totalement à dessein pour les raisons qu'on a énoncées.
Quand on voit la situation de blocage politique dans laquelle on est...
L'Assemblée est divisée en 3 tiers. La France est quasi ingouvernable, à la merci de la motion de censure. Il ne faut pas écarter l'idée qu'E.Philippe se dise qu'un premier gouvernement nommé est tombé...
L'hypothèse que le président refasse une dissolution dans moins d'un an est peu crédible. Les Français ont de la constance. E.Philippe fait le calcul suivant.
Il a l'honnêteté de le dire. Il pense que tout cela ne va pas aller au bout. Lui qu'on accusait d'être un peu fébrile face à E.Macron et de ne pas oser le défier, il lui dit: "Je pense que tu ne finiras pas ton mandat." Il envoie un signal pour dire qu'il est prêt. "Je suis même tellement prêt que j'ai des choses massives à vous proposer, tout un programme." Que lui le dise, ça me frappe. - C.Roux: Le fait qu'il le dise dans ce moment-là...
Il aurait pu attendre que les gouvernements successifs tombent. Est-ce que c'est à mettre en lien avec le profil de ceux qui sont candidats pour Matignon? - N.Schuck: Il voulait simplement parler pour la rentrée.
En revanche, à la place d'E.Macron, je m'efforcerais de lui apporter une réponse en lui disant: "Je vais te mettre dans les pattes un Premier ministre de droite qui va compliquer un peu ton équation." Ce n'était pas fait pour défier le chef de l'Etat mais plutôt pour envoyer un signal de réassurance aux Français.
Il n'est pas le seul. J.-L.Mélenchon pense à une présidentielle anticipée.
M.Le Pen a ça dans les radars. F.Hollande aussi. - C.Roux: Sur cette candidature et ce calendrier choisi par E.Philippe, qui a surpris, J.Jaffré? - J.Jaffré: N.Schuck a dit des choses qui me paraissent exactes dans le raisonnement d'E.Philippe et dans cette interview.
Il y a l'idée, probablement chez E.Philippe, que l'inquiétude existe chez les électeurs "raisonnables", ceux qui ne souhaitent pas l'arrivée d'un extrême ou d'un autre au pouvoir. C'est beaucoup de Français qui s'inquiètent d'une situation où J.-L.Mélenchon garde la domination à gauche et M.Le Pen garde sa puissance électorale sur la droite extrême.
En réalité, le pays ne souhaite pas que le pouvoir soit exercé par les uns ou les autres. Il y a un sentiment de vide et d'inquiétude des Français auquel il faut répondre. Ce n'est pas seulement sur le plan économique et budgétaire.
Le niveau d'éducation est un des éléments d'inquiétude majeure. Le problème de l'immigration mal contrôlée est un sujet d'inquiétude majeure qui n'est pas seulement le fait des électeurs du RN. Ce qui est difficile, dans la démarche d'E.Philippe...
Vous disiez qu'E.Macron avait une méconnaissance extrême de la culture historique de la Ve République. - N.Schuck: Je me suis posé la question. - J.Jaffré: C'est un point qui me différencie du président.
Il a toujours été difficile pour ce type de candidat d'être élu président dans une campagne électorale. Je pense à V.Giscard d'Estaing essayant de se faire réélire en 1981, R.Barre en 1988, E.Balladur en 1995, face à un J.Chirac qui disait: "La feuille de paie n'est pas l'ennemi de l'emploi." Ou bien F.Fillon qui proposait aussi une politique de rétablissement des comptes, d'allongement de l'âge de la retraite. - C.Roux: Ce qui est le cas d'E.Philippe, qui est très clair dans ses interviews. - J.Jaffré: Il dit que ce qu'il proposera sera massif.
Cette formule est peut-être déjà présente sur le site. Ca veut dire baisse des dépenses publiques, allongement de la durée de la retraite. Il le redit dans l'interview.
Est-ce qu'on peut être élu président de la République en France sur un discours de campagne pareil? Nous sommes dans un monde de concurrence politique. Le fait que Les Républicains rejoignent éventuellement la Macronie change aussi la donne.
Il n'y a de la place que pour un seul candidat sur cet espace politique pour avoir une chance de dominer les extrêmes. Il y a une tentative de prise du pouvoir des Républicains en vue de 2027 par rapport à la Macronie qui est en train de se jouer. G.Attal pousse ses pions.
Le problème d'E.Philippe, c'est qu'il fallait qu'il prenne
Édouard Philippe