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interviewRMC — Apolline Matin· 27 avril 2026 10 min

L'invité d'Apolline Matin : Charles Alloncle - 27/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC.

0:05
Charles Alloncle

Bon réveil à toutes et à tous à l'écoute d'RMC. Il est 7h41 après six mois de travaux. La commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public touche à sa fin. Les 30 députés de cette commission se réunissent tout à l'heure pour décider de publier ou de ne pas publier le rapport rédigé par notre invité ce matin. Bonjour Charles Aloncle. Bonjour. Vous êtes député. Merci d'être venu ce matin. Ce n'était pas évident de vous comprendre, je vais l'expliquer à nos auditeurs. Vous êtes député UDR de l'Hérault, rapporteur de cette commission d'enquête sur l'audiovisuel.

Je dis merci d'avoir accepté notre invitation parce que normalement, entre la rédaction, la lecture du rapport et le vote qui doit se tenir aujourd'hui, normalement vous êtes tenu au silence sauf qu'il y a des fuites depuis vendredi.

0:47
Présentateur

Alors je ne pourrais pas vous dire ce qu'il y a dans le rapport, contrairement d'ailleurs à un certain nombre de députés de gauche et Macronix qui depuis trois jours à l'envie sortent un certain nombre de recommandations. matinent aussi ça de beaucoup de fausses informations, de fake news, dans le seul but de discréditer le rapport. Vous voyez, la mécanique est assez simple. Des députés sortent des fausses informations, alimentent un climat qui justifie un vote défavorable cet après-midi. Et s'il y a vote contre cet après-midi, le rapport ne sera pas publié. Et alors on ne pourra pas dire ce qu'il y avait vraiment dans le rapport.

1:16
Charles Alloncle

Pour pouvoir voter contre et ne pas connaître ce qu'il y avait dedans, alors de ce qui est ressorti, vous préconisez un milliard d'économies ? Je ne sais pas si vous allez me dire oui ou non sur ces éléments.

1:23
Présentateur

Je ne peux pas vous parler du fond du rapport. Simplement ce que je peux vous dire, c'est que j'ai été très choqué de voir beaucoup de fausses informations circuler qui préparent...

1:30
Charles Alloncle

Les fusions de chaîne par exemple ou suppression de chaîne ?

1:32
Présentateur

Par exemple, on m'expliquait que je voulais la fin du Tour de France, la fin des Six Nations, la fin de Roland-Garros sur le service public. Et je dis tout l'inverse dans mon rapport.

1:41
Charles Alloncle

Donc j'ai envie de rétablir un certain nombre de vérités. C'est quoi tout l'inverse sur la langue ?

1:47
Présentateur

Tout l'inverse, c'est que dans mon rapport, par exemple, j'explique, et si je vous le dis, c'est aussi pour démentir un certain nombre de fake news, j'explique que le Tour de France, Roland-Garros et Six Nations sont des monuments quasiment nationaux qui font l'exception sportive et culturelle, qu'il faut les préserver sur le service public. Je vous donnais un autre exemple, c'est par exemple, depuis plusieurs jours, dans tous les médias, des médias complaisants, on explique que je voudrais que le Président de la République soit le seul décideur pour la nomination des présidents d'entreprises publiques comme Radio France et France Révision.

Je dis d'une certaine façon une chose très différente. J'explique qu'il faut plus de démocratie, qu'il faut que l'Assemblée et le Sénat se saisissent aussi de ces décisions. Donc, encore une fois, de ce que je peux lire dans les médias depuis trois jours... Mais c'est extrêmement important que l'Assemblée nationale et le Sénat se prononcent dans le cadre d'un vote. Donc, vous voyez, c'est très différent d'une décision autoritaire et verticale du seul Président de la République.

2:40
Charles Alloncle

Ce serait quoi ? Ce serait nomination par le Président de la République et vote de validation par le...

2:45
Présentateur

Je contreviendrai au règlement, à la différence de beaucoup de députés qui ont fait fuiter des recommandations. Ce que je peux vous dire, c'est ce que vous lisez à certains égards dans la presse depuis trois jours. Il y a beaucoup de fausses informations pour discréditer ce rapport et préparer aussi des justifications pour voter contre. Et s'il y a vote contre, personne ne pourra révéler ce qu'il y avait ou non dans le rapport. Donc, c'est une mécanique bien huilée qui est là aussi pour préparer la censure.

3:09
Charles Alloncle

Vous êtes en train de faire, et c'est ce que vous avez pu dire déjà ce week-end. Vous fustigez des pressions de députés de gauche et macronistes. La diffusion de fake news pour discréditer ce rapport et justifier donc un vote défavorable. Le Président de la Commission d'enquête parlementaire appelle, lui, à la plus grande retenue. Et il vous vise directement, il regrette vos interventions médiatiques, votre participation samedi à une réunion à l'Assemblée consacrée à France Télé. Personne n'a respecté les règles du jeu, Charles Aloncle.

3:32
Présentateur

Non, pour vous dire, c'était un colloque interne organisé par Jean-Philippe Tanguy où il n'y a eu aucune révélation. Donc, un colloque qui a été destiné simplement à quelques adhérents d'un mouvement politique où il n'y a eu aucune révélation qui a été faite. Donc, tout ça, en fait, toutes les polémiques, toutes les justifications seront bonnes pour expliquer cet après-midi pourquoi certains députés ont voté contre la publication du rapport.

Et moi, je ne comprends pas pourquoi le Président de la Commission d'enquête, Macroniste, explique, j'ai cru lire dans les colonnes du Figaro hier, qu'ils seront d'accord pour publier simplement les recommandations du rapport, mais pas les constats, pas les états de dérive, de défaillance, de dysfonctionnement, alors que les deux sont importants. J'ai rédigé un rapport de près de 400 pages. Je trouve ça scandaleux. On commence à faire monter un chantage pour dire qu'il n'y a que les recommandations qui pourront être publiées, par exemple, mais pas les constats, les dysfonctionnements.

Et je m'étonne même, et je finirai là, pardon, je m'étonne même que la publication d'un rapport soit soumise à un vote. On est quand même en démocratie. Ces recommandations sont là aussi pour donner de la matière à réflexion et de la matière à débat. C'est le fonctionnement des commissions. C'est le fonctionnement, mais on peut s'interagir. C'est récime qu'un rapport ne soit pas publié. Il y a beaucoup de Français qui me disent, mais pourquoi la seule publication d'un rapport serait soumise à un débat ? On a envie de savoir aussi ce que vous proposez.

4:45
Charles Alloncle

Quand vous décidez de cette commission, je veux dire, il y a un moment, c'est la règle du jeu. Ah non, mais c'est la règle du jeu. On peut estimer qu'il faut la changer, mais pour l'instant...

4:50
Présentateur

Mais il n'y a eu qu'un seul précédent dans l'histoire de l'Assemblée où le vote, la publication d'un rapport n'a pas été admise. Donc c'est extrêmement rare. Et de voir une telle pression pour expliquer qu'il faudrait censurer à la fois le rapport et l'ensemble des travaux, je vous avoue que ça me dépasse. Ce sont des gens qui ont un problème avec la démocratie, avec le pluralisme.

5:08
Charles Alloncle

Je voudrais que vous puissiez leur répondre, parce qu'il y a plusieurs députés qui sont cités, alors parfois nommément, parfois c'est anonyme, mais je vous mets quelques citations. On parle d'un contenu à la rhétorique complotiste, un torrent de boue en parlant de votre rapport, la pagination est mal faite, je passe sur les critiques de forme. C'est drôle. C'est la probabilité de nos institutions qui est en jeu. Ce sont des citations de députés. D'ailleurs, ce n'est même pas le rapport, le problème, c'est vous. Le rapporteur a été, je cite, d'une grande mauvaise foi, ça a été un simulacre. On ne peut pas poursuivre ce type de dévoiement d'un outil parlementaire comme celui-là.

5:35
Présentateur

Je trouve ça très drôle, parce qu'effectivement, ils s'attaqueraient à la numérotation des pages, aux marges sur le document, à la pagination, aux sous-titres qui ne sont pas souliés, et après, ils s'attaquaient à moi. Mais comme ils se sont attaqués avant même la création de cette commission d'enquête, il y a eu un front massif des députés gauche et macronistes qui se sont opposés à la création de cette commission d'enquête, alors que dans l'histoire, dans la coutume de l'Assemblée, chaque groupe d'opposition chaque année dispose d'une commission d'enquête du thème de leur choix.

Donc ce sont des gens qui ont un problème fondamental avec la démocratie, avec le pluralisme, qui jusqu'au bout feront tout pour essayer de censurer la vérité et aussi faire preuve de la plus grande obérité.

6:13
Auditeur

Vous pensez qu'aujourd'hui, ils vont voter pour que ce rapport ne soit pas publié ? Moi, je fais confiance.

6:18
Présentateur

Je fais confiance, quels que soient les bords politiques, et un sens de la responsabilité des députés, je pense qu'ils voient que massivement, les Français sont pour la publication de ce rapport, et quelque chose me dit qu'à la fin, on arrivera à trouver un terrain d'entente. Moi, je ne me soumettrai pas à ce chantage qui consiste à supprimer des pensées de ce rapport.

6:35
Charles Alloncle

Je précise juste pour nos auditeurs, c'est que le problème, c'est que les députés de la commission ne se prononcent pas sur pour ou contre la publication, ils se prononcent dans ce vote sur le fond du rapport. Je voudrais qu'on parle un tout petit peu de cette commission et des travaux, de ces six mois d'audition. Ce qui est ressorti, vu de l'extérieur, honnêtement, c'est parfois un grand cirque des auditions mouvementées, Xavier Niel, Nagui, Vincent Bolloré, Patrick Cohen, quelques extraits.

6:57
Présentateur

Merci pour l'invitation, mais je ne suis pas un Claude. Mais Jérémy, franchement, mais qu'est-ce que tu fais là ? Je soupçonne Nagui de dérives scandaleuses par centaines de millions depuis des années.

7:09
Charles Alloncle

Que l'espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer sur les antennes du groupe Bolloré.

7:13
Présentateur

Les 4 milliards, c'est beaucoup à un moment où la France est quand même en difficulté. Pardon, il y a un prix dans cette commission enquête, c'est moi. D'accord ?

7:22
Charles Alloncle

Tout ça pour quoi ? Est-ce que vous avez voulu vous faire, France Télé ?

7:26
Présentateur

Vous savez, demander des comptes à l'audiovisuel public, ce n'est pas régler ses comptes avec l'audiovisuel public. Il va falloir qu'un certain nombre de personnes s'habituent aussi à rendre compte, à répondre aux questions pour essayer d'expliquer comment ils utilisent l'argent des Français. L'audiovisuel public, c'est 4 milliards d'euros par an. Ce n'est pas anodin. C'est la moitié du budget du ministère de l'agriculture. Et je n'ai jamais dit que je souhaitais la privatisation.

Bien au contraire, mais bien au contraire, j'ai expliqué depuis le premier jour de cette commission d'enquête que j'étais là pour mettre en lumière les dérives, les dysfonctionnements qui frappent depuis des années l'audiovisuel public pour mieux sauver ces missions précieuses. Mais vous voyez, il y a eu beaucoup de campagnes de calomnie, de diffamation, organisées notamment par le président Macron de cette commission d'enquête qui, de façon diffamatoire, m'a rangé dans le camp des ardents défenseurs de la privatisation. Ce que j'ai toujours dénoncé. Vous dites que ce n'est pas le cas.

Moi, je pense que mettre la poussière sous le tapis, mettre le couvercle sur ces travaux, c'est condamner, et c'est mieux condamner définitivement ces entreprises qui sont quand même au bord du précipice financier. Donc ces travaux ont un sens aussi pour sauver les missions de l'audiovisuel public.

8:28
Charles Alloncle

Un dernier mot, au-delà des questions de forme qu'on a pu poser selon Le Monde, la direction des affaires institutionnelles du groupe d'Arnaud Lagardère, groupe qui est contrôlé par Vincent Bolloré qu'on vient d'entendre, a envoyé des listes de questions à des députés avant leurs échanges avec des auditionnés. Vous, vous avez reconnu en expliquant que c'est complètement normal, une forme de lobbying avant qu'on travaille un texte de loi ou sur le cadre d'une commission. D'abord, est-ce que vous avez reçu ces questions suggérées ?

8:51
Présentateur

Alors, j'ai reçu comme le président macroniste ces questions comme un certain nombre de députés et vous savez, c'est vieux comme l'Assemblée. Le lobbying, les affaires publiques, c'est vieux comme l'Assemblée. Dès qu'on vote un texte en période budgétaire, par exemple, vous avez des syndicats, des représentants de salariés, des institutions, des organisations qui envoient sur votre boîte publique mails de l'Assemblée un certain nombre de contributions.

9:09
Charles Alloncle

Est-ce que pendant ces six mois d'audition, vous échangez, vous, à titre personnel, en privé, avec Vincent Bolloré ? Non, absolument pas.

9:16
Présentateur

Je ne l'ai jamais rencontré. D'ailleurs, il l'a dit sous serment. Je ne le connais pas. Et si j'avais été un émissaire de M. Bolloré, je ne me serais pas intéressé à la deuxième société de production à bénéficier des contrats de France Télévisions, Banigé. Je ne me serais pas intéressé au cas de M. Nagui qui est co-actionnaire de Banigé, à Takis Kandelis qui a fait une navette entre France Télévisions et Banigé parce que M. Bolloré est actionnaire de Banigé. Donc, si j'avais été un émissaire de M. Bolloré, je ne me serais pas intéressé au cas parfois problématique de cette deuxième société de production à bénéficier des contrats de France Télévisions.

9:45
Charles Alloncle

Charles Aloncle, on verra ce que feront les 30 députés de cette commission d'enquête parlementaire publieront ou ne publieront pas ce rapport. C'est à 14h30 la réunion tout à l'heure. Je ne sais pas si elle sera houleuse comme l'étaient les commissions en public. Charles Aloncle, député UDR et rapporteur de la commission sur l'audiovisuel public. Merci à vous.