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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 3 octobre 2026 20 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsNumérique

Les retraites façon Edouard Philippe et les médias menacés par les politiques

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:49OuverteRéponse directe

    Le sujet des retraites est quand même le sujet tabou et impopulaire par excellence. Cette tentative de prendre les devants, est-ce que c'est du courage ou du suicide politique selon vous en pleine campagne présidentielle ?

  • 2:07OuverteRéponse partielle

    Vous êtes conquis également par cette proposition de réforme ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette réforme est une bonne idée ?

  • 3:59OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il propose notamment de s'en remettre sur ces sujets aux partenaires sociaux ?

  • 4:28FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'il peut y avoir une majorité parlementaire sur un tel texte ?

  • 5:13OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette proposition de réforme portée par Édouard Philippe est si courageuse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31PrésentateurFait
    « Soit un départ à 65 ans et 45 annuités de cotisation, avec une dose de capitalisation pour tous. »
  • 0:41PrésentateurFait
    « Il dit assumer une mesure impopulaire pour sauver le système par répartition, fragilisé par le déclin démographique. »
  • 1:06InvitéFait
    « Courageux parce que c'est la plus grosse réforme jamais entreprise depuis 30 ans. »
  • 1:58InvitéFait
    « Il ne demande rien aux retraités, pas d'efforts aux retraités, ce qui est quand même un pilier de son électorat. »
  • 2:27InvitéChiffre
    « Hier, les taux d'intérêt auxquels la France a emprunté sont montés quasiment à 5%. »
  • 2:33InvitéFait
    « Il y a un processus d'étranglement de l'économie française et la réforme des retraites, dans ce cadre-là, doit être regardée de manière sérieuse. »
  • 4:57InvitéChiffre
    « Les Français qui répondaient qu'il fallait à la fois faire l'un et l'autre, c'était 17% qui étaient pour, 70% qui étaient contre. »
  • 8:00InvitéFait
    « Ça sera, au moment des élections législatives qui suivront l'élection présidentielle, un référendum. »
  • 9:03InvitéFait
    « Ce que j'ai compris des propositions d'Edouard Philippe, c'est qu'il y a, pour le coup, un risque d'inégalité très fort parce qu'au-delà, on est sur de la capitalisation individuelle. »
  • 11:37InvitéFait
    « Le point de bascule et peut-être ça va vous paraître surprenant de la campagne présidentielle de 2007 et de François Bayrou qui a bâti un tournant de sa campagne en attaquant TF1. »
  • 19:19InvitéChiffre
    « Les sommes investies en recherche et développement sont supérieures en Chine à celle de la moyenne des pays de l'OCDE au rythme d'investissement il prévoit plus 7% chaque année. »
  • 19:46InvitéFait
    « La Chine privilégie la recherche fondamentale, moins de demandes de résultats de court terme, moins d'objectifs prédéfinis, plus de prises de risques. »

Temps de parole

  • Invité46 %
  • Invité 228 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 312 %

≈ 9,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Invité

Tous

0:06
Présentateur

les samedis et dimanches, nous prenons le temps de décrypter l'actualité autrement, en dialoguant, en débattant. Emmanuel Mignon et Gilles Fickenstein se frottent à cet exercice depuis la rentrée le samedi. Bonjour à tous les deux. Bonjour. Emmanuel Mignon, vous êtes avocat. Gilles Fickenstein, vous êtes secrétaire générale de la Fondation Jean Jaurès. Mardi, lors de la journée de mobilisation des fonctionnaires, Edouard Philippe a publié une vidéo sur Youtube d'une vingtaine de minutes pour présenter sa réforme des retraites. Soit un départ à 65 ans et 45 annuités de cotisation, avec une dose de capitalisation pour tous.

Il dit assumer une mesure impopulaire pour sauver le système par répartition, fragilisé par le déclin démographique. Dans l'actualité dense des derniers jours, la déclaration est un peu passée, quasi inaperçue. Et pourtant, elle pose beaucoup de questions. Emmanuel Mignon, le sujet des retraites,

0:51
Locuteur

c

0:51
Présentateur

'est quand même le sujet tabou et impopulaire par excellence. Cette tentative de prendre les devants, est-ce que c'est du courage ou du suicide politique, selon vous, en pleine campagne présidentielle

1:00
Invité

?

1:00
Locuteur

C

1:01
Invité

'est courageux, ça c'est incontestable. Mais je ne pense pas que ce soit un suicide politique. Courageux parce que c'est la plus grosse réforme jamais entreprise depuis 30 ans. Et il va plus loin que les propositions de Gabriel Attal ou Bruno Retailleau. Ce n

1:20
Locuteur

'est

1:20
Invité

pas un suicide politique parce que d'abord, c'est cohérent. Il a toujours pensé qu'il fallait des mesures d'âge. Ensuite, c'est convaincant. Quand il dit finalement 65 ans,

1:31
Locuteur

c

1:31
Invité

'est revenir à ce que c'était en 1983, alors qu'entre-temps, on a pris 8 ans d'espérance de vie en plus, je trouve que c'est un argument qui percute.

1:41
Locuteur

C

1:42
Invité

'est assez équilibré, il parle de la pénibilité, il parle des carrières longues, il redonne la main aux partenaires sociaux. Il reconnaît aussi le problème de l'emploi des seniors. Et puis, c'est assez rusé, il faut le reconnaître, parce qu'il ne demande rien aux retraités, pas d'efforts aux retraités, ce qui est quand même un pilier de son électorat. Bon,

2:05
Locuteur

c

2:05
Invité

'est un sans-faute, donc, d'après Emmanuel Mignon, vous êtes conquis également, Gilles Filkelstein, par cette proposition de réforme ? Alors, un peu moins. Un peu moins.

2:15
Présentateur

L'inverse nous aurait étonné, Gilles.

2:17
Invité

Je pense qu'il faut prendre très au sérieux ce débat-là, d'abord parce que ça touche la vie de millions de Français, mais aussi parce que ça n'arrive pas dans n'importe quel contexte. Hier, les taux d'intérêt auxquels la France a emprunté sont montés quasiment à 5%. Il y a un processus d'étranglement de l'économie française et la réforme des retraites, dans ce cadre-là, doit être regardée de manière sérieuse. Après, je crois que pour juger est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise réforme, je crois qu'il

2:49
Locuteur

y

2:49
Invité

a deux critères principaux. Il y a le contenu et il y a l'applicabilité. Sur le contenu,

2:54
Locuteur

je

2:55
Invité

serais moins enthousiaste, beaucoup moins enthousiaste qu'Emmanuel Mignon,

3:02
Locuteur

parce

3:02
Invité

que je trouve qu'elle est beaucoup conçue comme une réforme financière. Il y a des déficits, on modifie des paramètres, on va réduire le déficit. Et de ce point de vue-là, c'est vrai que la réforme, on peut dire,

3:17
Locuteur

est

3:17
Invité

courageuse ou ambitieuse parce qu'elle bouge

3:19
Locuteur

deux

3:20
Invité

critères principaux et avec un calendrier qui est un calendrier très rude. mais je trouve qu'elle se limite à une réforme financière alors qu

3:28
Locuteur

'il

3:29
Invité

y

3:29
Locuteur

a

3:29
Invité

au moins une leçon qu'on peut tirer de ces dix dernières années, c'est que c'est profondément une réforme de société et que la question de l'emploi des seniors qu'évoquait Emmanuel, la question du travail, la question de l'espérance de vie en bonne santé que j'évoquais la semaine dernière ici, la question de la retraite progressive, la question des carrières hachées, tout cela est évoqué mais il n'y a aucune proposition. Donc d'un côté, il y a des mesures sur les mesures d'âge qui sont rudes et d'un autre côté, il n

3:58
Locuteur

'y a

3:58
Invité

pas grand-chose. Donc ça,

3:58
Locuteur

c

3:58
Invité

'est le premier. Est-ce qu'il propose notamment de s'en remettre sur ces sujets, pas tous mais la plupart d'entre eux, aux partenaires sociaux ? C'est peut-être ça qui est rusé pour reprendre le qualificatif employé par Emmanuel Mignon ? D'où la deuxième question. Ce que c'est rusé, c'est la question de l'applicabilité parce qu'une bonne réforme, c'est une réforme qui est mise en œuvre. Édouard Philippe lui-même avait reconnu il y a près d'un an que l'élection présidentielle ne lui donnerait pas de mandat compte tenu de la manière dont elle va se dérouler.

4:27
Locuteur

Et

4:27
Invité

donc la question,

4:28
Locuteur

c

4:28
Invité

'est est

4:28
Locuteur

-ce

4:28
Invité

que derrière, il peut y

4:28
Locuteur

avoir

4:28
Invité

une majorité parlementaire sur un tel texte ? Je crois qu'on peut en douter. Est-ce qu'il peut y

4:33
Locuteur

avoir

4:33
Invité

une majorité populaire, une majorité d'opinion ? J'ai regardé dans le fameux panel électoral dont je vous avais déjà parlé. On avait posé des questions, non pas sur les propositions d'Édouard Philippe qui n'étaient pas encore formulées, mais sur les orientations. Et notamment, est-ce que les Français considéraient qu'il fallait augmenter, diminuer ou maintenir en état l'âge minimum et le nombre de cotisations ? Les Français qui répondaient qu'il fallait à la fois faire l'un et l'autre, c'était 17% qui étaient pour, 70% qui étaient contre. Et ça, c'était sans connaître la teneur des propositions. Donc, je ne sais pas si c'est un suicide politique, mais en tout cas, c

5:12
Locuteur

'est sûr que c'est

5:12
Invité

courageux. Est-ce que, par ailleurs, Emmanuel Mignon, c'est si courageux cette proposition de réforme portée par Édouard Philippe ? On l'affuble depuis plusieurs années de monsieur 67 ans parce que sa grande proposition, c'était de repousser l'âge de départ à 67 ans. Aujourd'hui, il propose 65. Donc, c'est une forme de recul également. Ça fait partie un peu de la ruse. C'est aussi une manière de se dégager de cette... Mais de toute façon, 65 ou 67 ans, de toute façon, c'est une proposition audacieuse et courageuse, quoi qu'il arrive. Alors, sur le côté, c'est inapplicable parce qu'il n

5:47
Locuteur

'y

5:47
Invité

aura pas de majorité, ni parlementaire, ni populaire derrière. Moi, j'entends très bien cet argument. Mais, à ce compte-là, on ne

5:55
Locuteur

va

5:55
Invité

rien faire. Ça, c'est la première chose. Et puis, deuxièmement, au moins, il propose. Alors, après, s'il est élu, il ajustera. Effectivement, la mise en œuvre, c'est une des choses les plus compliquées. Mais, ce qui est certain, c'est que s'il ne propose pas dans le cadre, maintenant, de la campagne, s'il est élu, il ne fera rien. Mais est-ce que la

6:16
Présentateur

présidentielle, Emmanuel Mignon, elle se joue sur l'énonciation de telles mesures ? Vous pensez

6:20
Locuteur

?

6:23
Invité

Dans quasiment toutes les présidentielles depuis 30 ans, on a une grosse surprise. Alors, et généralement, le candidat sérieux, il n

6:31
Locuteur

'est

6:31
Invité

pas élu. Alors, peut-être que la surprise de cette élection, c'est que le candidat sérieux et austère va être élu. Gilles Fickenstein. Ça vous a fait sourire, c'est trop mal. Non, peut-être. Peut-être, peut-être. Il

6:48
Locuteur

n'est pas

6:48
Invité

forcément le seul

6:49
Locuteur

candidat

6:49
Invité

à être sérieux. C'est pourquoi Édouard Philippe fait cette proposition. D'abord, je crois qu'il faut lui faire crédit que ce sont ses convictions et ce sont ses convictions répétées depuis maintenant de nombreuses années. Il y a

7:02
Locuteur

quand

7:03
Invité

même une hypothèse, c'est que c'est une erreur, une maladresse et on rencontre aussi les limites d'Édouard Philippe. J'ai été frappé d'une phrase, non pas dans la vidéo de YouTube, mais dans l'interview qu'il a donnée aux Parisiens. Il n

7:16
Locuteur

'y a

7:16
Invité

pas de plan B.

7:19
Locuteur

Et

7:19
Invité

généralement, quand un responsable politique dit qu

7:20
Locuteur

'il

7:20
Invité

n

7:20
Locuteur

'y a

7:20
Invité

pas de plan B, c'est qu'il y

7:22
Locuteur

a

7:22
Invité

un problème d'écoute, de souplesse. Autre manière de dire, il n

7:26
Locuteur

'y a

7:26
Invité

pas d'alternative, en somme. Oui, absolument. Après, il

7:30
Locuteur

y a

7:30
Invité

une autre hypothèse, c'est qu'il y

7:31
Locuteur

a

7:31
Invité

une forme d'habileté et qu'il est le seul à occuper, ou à peu près le seul à occuper aujourd'hui ce territoire. Si d'aventure la crise que j'évoquais tout à l'heure s'accentuait, peut-être qu'à ce moment-là, il pourrait en tirer bénéfice dans la campagne présidentielle. Après, sur l'adoption, j'ai été frappé par un autre élément. Édouard Philippe avait fait son grand discours d'entrée en campagne il

7:56
Locuteur

y

7:56
Invité

a un an à Lille et il avait dit

7:58
Locuteur

sur

7:59
Invité

les retraites, ça sera, au moment des élections législatives qui suivront l'élection présidentielle, un référendum.

8:04
Locuteur

Là, il

8:06
Invité

est plus prudent.

8:07
Présentateur

Oui, il

8:07
Locuteur

n

8:07
Présentateur

'en a pas reparlé.

8:08
Invité

Un mot, Emmanuel Magnon, sur une partie de cette réforme, la dose de capitalisation. Est-ce que, selon vous, là aussi, c'est une bonne idée

8:17
Locuteur

? Alors,

8:18
Invité

la capitalisation, c'est indispensable pour une raison qui n

8:21
Locuteur

'est

8:21
Invité

pas seulement l'équilibre des régimes des retraites, mais parce qu'on a besoin d'investissements. Et une des raisons pour lesquelles on n'a pas assez d'investissements dans ce pays,

8:28
Locuteur

c

8:28
Invité

'est qu'en fait, on n'a pas de fonds de pension comme on les a et on les caricature d'ailleurs aux Etats-Unis. Donc ça, c'est une bonne chose. Après, sur la manière dont ça marche, très franchement, j'ai bien étudié le sujet, je n

8:40
Locuteur

'ai

8:40
Invité

toujours pas compris ce qu'il proposait, mais enfin, il a le temps de préciser ses propositions. Gilles, sur la capitalisation ? Moi,

8:47
Locuteur

je

8:47
Invité

n

8:47
Locuteur

'ai

8:47
Invité

pas de problème de principe sur la capitalisation comme complément. Je ne vois pas du tout la solution miracle ni un substitut. Il y a beaucoup de modalités de capitalisation différentes selon qu'elles sont collectives ou individuelles. Ce que j'ai compris des propositions d'Edouard Philippe, c'est qu'il y a, pour le coup, un risque d'inégalité très fort parce qu'au-delà, on est sur de la capitalisation individuelle et au-delà des 500 euros initiaux, après, ça dépend de la capacité de chacun à épargner et donc, au bout du bout, au bout de 10, 15, 20 ans, entre ceux qui auront pu épargner et les autres, il y

9:22
Locuteur

aura

9:22
Invité

des écarts très importants.

9:23
Locuteur

Je

9:24
Présentateur

vous propose de clore ce sujet retraite pour en évoquer un autre qui a malheureusement rythmé l'actualité de ces derniers jours. C'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar. C'était Marine Le Pen mardi, au lendemain des révélations de Mediapart sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. Je précise par ailleurs que le Kevlar, c

9:44
Locuteur

'est

9:44
Présentateur

une matière très résistante qu'on utilise notamment pour la fabrication de gilets pare-balles. Autant dire que le message est clair. En réponse à cette déclaration, d'ailleurs, 40 sociétés de journalistes ont signé un texte commun dans lequel on peut notamment lire « Ces violentes tentatives d'intimidation sont la marque de fabrique des régimes autoritaires à travers le monde et sont particulièrement inquiétantes pour le droit à l'information auquel peut prétendre la population d'un pays démocratique ». On voulait revenir sur ce sujet et aussi parce que la semaine a été marquée par l'agression à Saint-Denis d'une équipe de BFM TV. C'était devant le lycée Paul-Éluard.

Deux jours plus tard, un journaliste d'M6 a été encerclé et frappé alors qu'il couvrait le blocage d'un lycée à Marseille.

10:19
Locuteur

Et

10:19
Présentateur

puis cette semaine encore, l'infiltré, qui est un nouvel hebdo d'investigation de frontières, a sorti son premier numéro. Il promettait de révéler le nom de la source du quotidien Libération au sein du RN et puis le nom, finalement, n'a pas été dévoilé. Gilles,

10:32
Locuteur

en

10:32
Présentateur

fait, la question, elle est peut-être un peu provocatrice mais elle est finalement très simple. Est-ce que tout ça, c'est de la faute des journalistes

10:37
Locuteur

?

10:39
Invité

Non, évidemment non. D'abord, on est face à un phénomène mondial. Le hasard fait que je participais cette semaine au 20e anniversaire de Cartooning for Peace qui est l'association qui a été créée par Plantu qui regroupe 350 dessinateurs du monde entier, dessinateurs de presse et le constat était exactement le même. Il y avait Thibaut Brutin, le directeur de Reporters sans frontières, qui rappelait que dans le baromètre sur la liberté de la presse, en 25 ans, jamais la note moyenne n'avait été aussi basse. Bon.

Sur les attaques contre les journalistes, il y a là aussi des choses qui sont anciennes, c'est-à-dire faire contre les médias des affrontements entre un responsable politique et un journaliste en fonction de sa génération. On a tous des souvenirs en tête, disons, de Georges Marchais jusqu'à Nicolas Sarkozy. Ce qui est nouveau, c'est que ce n

11:31
Locuteur

'est

11:31
Invité

pas seulement faire contre les journalistes, c'est faire contre les médias et je date le point de bascule et peut-être ça va vous paraître surprenant de la campagne présidentielle de 2007 et de François Bayrou qui a bâti un tournant de sa campagne en attaquant TF1, le média dominant dans le journal télévisé de 20h de TF1. Là, c'était une critique contre les médias. Après, on est passé aux attaques. Qu'est-ce que ça change, pardonnez-moi, critiquer un journaliste versus critiquer un média ? En quoi c'est une bascule ? Parce que ça devient la critique d'un

12:07
Locuteur

système

12:08
Invité

où le responsable politique se fait le porte-parole du peuple contre les élites dans un clivage qu'il essaye d'instituer. Depuis, on est passé de ces critiques aux attaques et puis il

12:21
Locuteur

y a

12:21
Invité

un autre phénomène nouveau mais qui rentre en résonance avec ça, c'est que les responsables politiques ne font pas seulement contre les médias, ils font de plus en plus sans les médias en essayant de devenir leurs propres médias ou en allant sur de nouveaux médias.

12:36
Locuteur

Un

12:36
Invité

des phénomènes de ce début de campagne ce sont légendes et quelques autres des podcasts dans lesquels les responsables politiques, les candidats ont du temps, de l'audience et prennent peu de risques. Emmanuel Mignon, comment vous vous expliquez si on reste un instant concentré sur les attaques contre les médias de la part des responsables politiques ? Comment est-ce que vous les expliquez

12:58
Locuteur

?

13:03
Invité

Je voudrais rebondir sur le paradoxe parce qu'effectivement les responsables politiques essayent d'échapper aux médias traditionnels et en même temps on voit bien qu'une partie dans une partie du débat les médias traditionnels reviennent. Alors je pense qu'il faut je pense qu'en fait les médias dits traditionnels restent encore très présents. Bon, ensuite l'autre facteur de nouveauté c'est il y a toujours eu des rapports compliqués entre médias et responsables politiques pourquoi ? Parce que d'un côté il y

13:35
Locuteur

a

13:35
Invité

de la fascination et de l'autre côté il y

13:37
Locuteur

a

13:37
Invité

de la nécessité. Donc le débat a toujours été compliqué. Mais à mon avis ce qui est nouveau c'est d'abord on a des médias aujourd'hui qui sont assez puissants et qui sont des médias d'opinion donc ça c'est quand même quelque chose de nouveau qu'on n'avait pas jusqu'à une époque récente en France. Deuxièmement on a le peuple contre les médias d'où cette violence parfois qui est alors pour le coup totalement

14:03
Locuteur

Le peuple contre les médias

14:03
Invité

? Oui, les

14:05
Locuteur

agressions contre

14:05
Invité

BFM pas la notion de défiance ça c'est une autre chose mais quand il y a des agressions contre les journalistes ça c'est quand même extrêmement c'est nouveau et c'est extrêmement problématique. Et puis on a maintenant une espèce de bagarre des médias entre eux. Alors si le sujet n'était pas grave j'aurais envie d'en sourire en disant que parfois on a quand même l'impression que c'est le pugilat du village d'Astérix et donc au bout d'un moment on regarde ils sont tous en train de se mettre les uns sur les autres en se disputant et on ne sait pas très bien dans quel camp qui est qui et ni surtout pourquoi tout a commencé.

Gilles ces responsables politiques sont eux-mêmes visés par la très très grande défiance de l'électorat la défiance populaire en général au fond est-ce qu'ils ne tentent pas de faire face à cette défiance en attaquant aussi la presse les médias comme un moyen d'y faire face

14:56
Locuteur

?

14:56
Invité

Oui je trouve quand même pour l'essentiel le sujet qu'on évoque les médias sont le réceptacle

15:02
Locuteur

de

15:02
Invité

ce qui se passe dans la société c'est-à

15:04
Locuteur

-dire

15:04
Invité

à la fois d'une forme de banalisation de la violence ça on l'a vu notamment dans les manifestations dans une partie de la population et une défiance spécifique à l'encontre des institutions nationales pas de l'ensemble des institutions mais des institutions nationales

15:22
Locuteur

auxquelles

15:23
Invité

les médias sont associés et donc chacun essaye de repasser le sparadrap à l'autre d'où cette situation après je termine d'un mot

15:33
Locuteur

je

15:34
Invité

crois comme Emmanuel je pense que la campagne présidentielle pour une grande part va se faire dans les médias j'ai été frappé des audiences du débat des primaires cette semaine diffusée notamment sur France Inter alors que c'est par définition une primaire qui est sur un segment politique étroit un million et demi de téléspectateurs c'est beaucoup donc mon inquiétude est plus sur les journalistes et sur le traitement qui va être le leur dans cette campagne que sur la place que les médias vont occuper dans la campagne elle-même Est-ce que par ailleurs Emmanuel Mignon pour rejoindre un peu aussi ce que vous disiez plus tôt l'un des problèmes vient de la politisation de certains médias et je pense évidemment Eva l'a cité à ce nouvel hebdo l'infiltré lancé par le groupe Bolloré qui se prétend être un médiapart de droite bref cette politisation de certains médias est-ce que c'est aussi l'une des sources peut-être de la défiance et de la politisation de ces sujets ?

Je crois qu'il faut être clair et d'ailleurs Vincent Bolloré l'assume effectivement il investit beaucoup beaucoup d'argent dans la production d'idées d'abord avec des maisons d'édition des think tanks et ensuite dans la diffusion des idées alors on a ce phénomène aussi de l'autre côté on a ce phénomène mais il est moins puissant il y a moins d'argent en tout cas à ce stade il y a moins d'argent il est moins puissant il est moins structuré mais donc oui ça participe des questions et vous connaissez la phrase de Margaret Thatcher pour gagner l'élection il faut commencer par gagner le débat d'idées donc on est en plein là-dedans et Vincent Bolloré déroule mais il assume enfin il le dit clairement Gilles Hildegard Stein un mot justement sur ces médias à l'extrême droite comme à gauche ou à

17:30
Locuteur

l

17:30
Invité

'extrême gauche qui participent désormais à structurer volontairement d'une manière affichée revendiquer le débat d'idées c'est à la fois aussi ancien que les médias ce qui est nouveau c'est que il y a aussi des télévisions qui font ça ça c'est un élément tout à fait tout à fait nouveau du système

17:52
Présentateur

avant qu'on vous vouliez un

17:54
Locuteur

moment justement pour

17:55
Invité

finir sur peut-être ce qui vous a marqué

17:58
Locuteur

cette

17:59
Invité

semaine ce qui a retenu votre attention Emmanuel Mignon pour commencer

18:02
Locuteur

alors

18:02
Invité

moi c'est la dernière le dernier numéro de la revue de la revue commentaire qui vient de sortir parce qu'on a 36 personnalités de très haut niveau des universitaires des intellectuels à haute fonction publique le milieu des affaires qui donnent leur proposition de programme présidentiel donc c'est des signatures très prestigieuses on lit quasiment à chaque page des mots tels que vérité courage politique réforme de l'état redressement des finances publiques redressement des comptes réindustrialisation refonder l'Europe partenariat franco-allemand alors trois commentaires c'est très machiste puisqu'il y a trois femmes sur 36 alors là je ne sais pas comment ils s

18:49
Locuteur

'y

18:49
Invité

sont prises sur 36 personnalités je ne

18:53
Locuteur

sais

18:53
Invité

pas comment ils ont fait pour s'y prendre comme ça deuxièmement c'est totalement inapplicable parce que vérité courage politique on sait ce que ça dit dans une campagne et en même temps c'est très intéressant et très certainement à la hauteur des enjeux

19:05
Locuteur

c

19:06
Présentateur

'est la revue commentaire que vous recommande Emmanuel Mignon Gilles Wittgenstein qu'est-ce que vous avez repéré dans l'actualité cette

19:12
Invité

semaine tout à fait autre chose l'académie chinoise des sciences a publié le programme d'investissement en recherche et développement de la Chine pour ces prochaines années et j'ai été frappé par à la fois le volume d'investissement pour la première fois les sommes investies en recherche et développement sont supérieures en Chine à celle de la moyenne des pays de l'OCDE au rythme d'investissement il prévoit plus 7% chaque année et enfin et peut-être surtout aux modalités de cet investissement parce que la Chine privilégie la recherche fondamentale moins de demandes de résultats de court terme moins d'objectifs prédéfinis plus de prises de risques

19:56
Locuteur

ce

19:57
Invité

volume cette dynamique ces modalités je crois que c'est exactement ce qu'il faut faire et c'est très souvent exactement le contraire de ce que nous faisons nous sommes en train à la fondation Jean Jaurès de travailler sur des propositions pour le prochain quinquennat je crois qu'elles vont tomber à pic merci beaucoup à tous les deux

20:14
Présentateur

et donc une très bonne journée à la semaine prochaine