Venezuela : "On peut se réjouir de la fin d'un dictateur et on peut aussi regretter la méthode", défend Roland Lescure
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France Inter. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Toute l'équipe vous souhaite une très bonne année 2026 dans un monde encore en ébullition ce midi. Après le coup de force américain au Venezuela, Donald Trump a lui-même partagé la photo du président déchu Nicolas Maduro menotté. Et les Etats-Unis ont annoncé leur intention de diriger la transition du pays et d'exploiter ses vastes réserves de pétrole. Que dire du droit international ? Que dire de cette stratégie de Washington de domination énergétique ? Nous allons en parler ce midi avec notre invité, c'est le patron de Bercy. Il est aussi ministre de la Souveraineté énergétique.
Il sera question de nos factures d'électricité et de la légère baisse qui vient d'être annoncée. Du budget également, toujours en suspens. Qu'est-ce qui permet au ministre de l'économie de penser qu'il existe en janvier un chemin pour adopter le PLF que le Parlement n'a pas trouvé en décembre ? Roland Lescure est en direct, c'est sur France Inter, sur France Info, le canal 16 de la télévision. Une émission en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble pour poser toutes les questions politiques jusqu'à 13h. France Inter. Questions politiques. Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Roland Lescure.
Bonjour, merci à toutes les trois. Bonne année à toutes les trois et à vos auditeurs et merci de votre invitation.
Merci de l'avoir accepté. Je vais donner un titre intégral parce que ça va nous aider à savoir sur quel périmètre très large on va vous interviewer. Ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et énergétique et numérique. Voilà, tout est dit. A mes côtés sur ce plateau pour vous interviewer, je salue donc Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra, bonjour et bonne année à tous. Tout à l'heure vous nous ferez le portrait de Roland Lescure.
Oui, on va évoquer votre parcours, alors parfois sinueux et un brin audacieux du Canada à la France, de la gauche à Emmanuel Macron.
Je salue également Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à tous et à tous et bonne année. Vers 12h50 avec vous, une question à l'horizon qui sera sans aucun doute dans le grand débat de la présidentielle de 2027.
La question du pouvoir d'achat, c'est la préoccupation numéro un des Français et ça sert de carburant pour le Rassemblement national. Comment y répondre de façon crédible ? Quel débat ouvrir pour 2027 ?
Ça, ça sera notre séquence 2027. Mais d'abord Roland Lescure, 5 minutes d'actualité entre 4 yeux. Vous qui êtes français et canadien, vous qui avez toujours un pied sur le continent américain, Les Etats-Unis ont donc mis le Venezuela sous tutelle. Ils ont capturé et emmené de force son dirigeant, Nicolas Maduro, et son épouse. Est-ce que vous avez été surpris ?
Oui, j'ai été surpris, évidemment. Je n'ai pas été prévenu de cet événement. Peut-être deux mots d'abord du Venezuela, que je connais un peu, parce qu'il s'avère que j'y suis passé dans le cadre de mes activités professionnelles il y a 20 ans. Donc à l'époque, c'était le Venezuela d'Hugo Chavez, ce n'était pas celui de Maduro. Et je peux vous dire que déjà à l'époque, j'avais été frappé par l'extrême pauvreté d'un pays qui pourtant avait toutes les raisons d'être riche.
Première réserve pétrolière du monde, une dictature extrêmement forte, une impossibilité quelconque d'exprimer toute opinion en opposition qu'elle soit, mais surtout une pauvreté majeure et une caste mineure qui captait toute la rente. Donc ça, c'est Chavez.
Et ce que vous dites, c'est que Maduro, c'était pareil ?
Maduro, c'était Chavez en pire. Ça s'est dégradé pendant 20 ans. Le Venezuela reste un pays très pauvre, alors qu'il pourrait être très riche. Et en plus, une négation totale des valeurs démocratiques, puisque vous le savez, il y a 18 mois, on a eu une élection présidentielle, on a eu un président élu, et le président sortant, Nicolas Maduro, a remis en question les résultats, s'est finalement réinstallé au pouvoir, et a nié les résultats des élections démocratiques.
Disant cela, Roland Escuart, est-ce que vous êtes en train de nous dire que finalement, Donald Trump, il a bien fait ?
Non, je vais dire deux choses. La première, et le président de la République l'a dit dès hier, on peut se réjouir de la fin d'un dictateur. On peut s'en réjouir, on a le droit. Et on peut aussi, évidemment, regretter la manière, regretter la méthode. Et ça aussi, on l'a fait dès hier, par la bouche de Jean-Noël Barraud, notre ministre des Affaires étrangères.
Mais alors ça, c'est intéressant, permettez-moi de vous interrompre. Jean-Noël Barraud l'a fait, en effet, sur le droit international. En revanche, Emmanuel Macron, pas du tout. Il ne dit pas que le droit international n'a pas été respecté. Pourtant, par exemple, le secrétaire général de l'ONU, lui, il dit que ça n'a pas été respecté. Il s'en inquiète. Et donc, la réaction d'Emmanuel Macron a provoqué l'indignation à gauche, notamment, mais pas seulement. Je vous cite Olivier Faure. Notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche. LFI et le Parti communiste sont donc sur la même tonalité.
Et le président du RN, Jordan Bardella, souligne que la souveraineté des États ne peut pas être à géométrie variable. Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron ne parle pas de droit international ?
Non, mais la communication du Président de la République, d'abord, elle est évidemment complémentaire de celle qui prévalait quelques heures auparavant dans la bouche du ministre des Affaires étrangères. Vous savez bien que l'Elysée et le Quai d'Orsay travaillent en étroite coopération. Et elle vient compléter.
C'est l'Elysée qui, à la préséance, qui imprime beaucoup plus sur la scène internationale que Jean-Noël Barraud.
Non, mais évidemment, la voix de la France s'exprime à la fois par le Quai d'Orsay et Jean-Noël Barraud, qui exprime ses doutes sur l'action et son attachement au respect du droit international. Et elle est complétée par une parole du Président de la République, j'allais dire, qui se projette et qui affirme deux choses très importantes, y compris vis-à-vis des paroles qu'on a eues depuis de la part du Président américain. C'est que c'est la démocratie qui doit prévaloir, que c'est la voix du peuple vénézuélien qui doit s'affirmer, dans la suite, y compris d'ailleurs en passant sur la gestion des réserves pétrolières qui appartiennent au peuple vénézuélien.
Donc c'est pas l'Elysée qui est gênée d'attaquer frontalement Donald Trump et sa méthode ? Pour être clair, c'est sa même question.
Là encore, je vois bien la volonté qu'ont certains, et vous les avez cités, d'aller chercher des polémiques, là où je pense qu'on devrait tous être rassemblés, face à un ordre mondial qui est en total bouleversement. Je pense qu'on va y revenir, parce que si avec le Vénézuélien, évidemment, j'allais dire que ça serait simple. Peut-être pas, mais au moins ça serait cantonné. Face à un ordre mondial bouleversé, et je pense que c'est une des leçons aussi d'ailleurs de ce qui s'est passé hier, l'Europe et la France doivent s'affirmer comme des puissances qui pèsent. « Nous sommes attachés, c'est important, au respect du droit international ».
Jean-Noël Barraud l'a dit, et je vous le redis aujourd'hui. Mais face à des coups de force, je dirais, qui ont tendance à être un peu permanents, il faut à la fois rappeler son attachement au droit international, mais se préparer à un monde dans lequel c'est la force qui tend à prévaloir. C'est-à-dire qu'il faut à la fois préparer le pire, et continuer à défendre le meilleur. Je sais que c'est compliqué, mais le monde est compliqué. Et être simpliste en disant « c'est blanc ou c'est noir », ça ne résout pas les problèmes.
Donc il faut à la fois qu'on puisse s'affirmer comme une puissance avec laquelle on se doit de négocier sur l'Ukraine, sur l'avenir du Venezuela, sur évidemment l'avenir de l'Union Européenne, sur l'avenir de l'OTAN, mais on doit aussi toujours affirmer notre volonté de respecter le droit international, parce que le non-recours à la violence, c'est un principe...
Oui, mais certains pensent, par exemple, certains pensent que peut-être la boîte de Pandore est ouverte. Ils pensent au désir d'expansion d'autres puissances, de Pékin, de Moscou, on pense à Taïwan, on pense à l'Ukraine, on pense même encore au Groenland, pour Washington.
Ils ont tort de s'inquiéter ? Non, on n'a pas tort de s'inquiéter aujourd'hui face à un monde qui est clairement inquiétant. Ensuite, il y a soit la diplomatie, j'allais dire, du communiqué, on s'insurge, on s'enflamme, et puis on passe à autre chose, parce qu'au fond, on n'est pas capable d'agir, soit on se donne les moyens d'agir. Donc on peut à la fois regretter des actions, et la France le fait,
mais préparer une capacité à agir et à intervenir. Il ne regrette pas du tout l'action de Donald Trump.
Mettre un coin entre l'Elysée et le Quai d'Orsay aujourd'hui, vous le savez, la voix de la France, c'est l'Elysée, et c'est le Quai d'Orsay, qui travaille évidemment en étroite collaboration. Imaginez !
Non, d'ailleurs, il a pris acte de l'événement, et évidemment, cette communication, je dirais, elle est cohérente, et elle s'inscrit dans une dimension temporelle, où il faut à la fois, et c'est ce que Jean-Noël Barreau fait très tôt hier, regretter l'événement, se réjouir quand même de la fin d'indicateur, et j'allais dire, très vite, passer à la suite, parce qu'elle va être compliquée la suite, elle va être compliquée, quand on entend les mots du président américain hier, cette nuit, on se dit que ça va être compliqué, et que la France, elle doit avoir de l'impact. Moi, je suis sensible.
Si vous voulez, juste, je simplifie, entre l'impuissance du commentaire et la puissance de l'action, je préférerais toujours la puissance de l'action, et pour être capable d'agir, il faut s'en donner les moyens, et c'est aujourd'hui le défi majeur, on parlera du budget tout à l'heure, de la France et de l'Europe face à un monde qui est, je pense, au bord d'un basculement.
Et vous trouvez qu'on est très actifs quand, par exemple, Washington, le 23 décembre, annonce une interdiction de séjour contre cinq personnalités européennes engagées pour une stricte régulation de la tech, dont l'ancien commissaire Thierry Breton. Vous trouvez que Paris et Bruxelles ont réagi assez fort, là ?
Oui, on a réagi, d'abord.
Il y a des actions ? Moi, je n'ai pas vu de sanctions.
En fait, ce qui est intéressant, c'est que, pourquoi les Etats-Unis font ça ? C'est parce qu'on a fait des choses qui leur déplaisent. On a frappé juste. Quand la Commission européenne met une amende de 120 millions d'euros à X, parce qu'en gros, ils ne respectent pas la certification de ce qu'on appelle des comptes certifiés. Donc, vous pouvez être n'importe qui, payer X, et vous faire passer pour n'importe quoi. Ça, c'est interdit. Et c'est interdit parce qu'on a adopté une réglementation qu'a porté, justement, Thierry Breton. Et donc, en pointant du doigt Thierry Breton, en fait, ils reconnaissent qu'on a frappé fort.
Et ce que je peux vous dire, c'est que notre première réaction face à ces événements, c'est qu'on ne reculera pas et qu'on continuera à appliquer une réglementation européenne qui est conforme aux valeurs européennes et qui, oui, contrevient un certain nombre de convictions américaines. Aujourd'hui, ça fait 250 ans que les Etats-Unis sont indépendants. Ça fait 250 ans qu'on est amis. Je peux vous dire qu'il y a des amis, on se parle franchement. Moi, je serai aux Etats-Unis dans quelques jours. Je vais rencontrer mon alter-ego, Scott Besson, et je vais lui parler de ça.
Je vais évidemment lui demander des explications sur cette mesure que je regrette, mais lui rappeler aussi que ce qu'on a adopté en Europe, ben oui, c'est différent de la manière dont les Etats-Unis voient la soi-disant liberté d'expression qui conduit à raconter n'importe quoi.
Encore une question, si vous permettez. Sur le Venezuela, et on va ouvrir la discussion, c'est donc le premier producteur mondial de pétrole qui prend le contrôle des plus grandes réserves pétrolières de la planète, c'est le Venezuela. C'est la stratégie de domination énergétique de Washington. Vous êtes ministre de la Souveraineté énergétique. Ça, c'est inquiétant ?
Aujourd'hui, en tout cas, moi, ça fait déjà un certain nombre d'années que je l'ai dit, l'énergie, c'est vraiment le nerf de la guerre. C'est le nerf de la guerre industrielle, c'est le nerf de la guerre de la décarbonation, à laquelle je crois et à laquelle on doit faire. Donc, oui, évidemment, notre capacité à investir massivement, et là encore, pour ça, il faut qu'on ait un budget, il faut qu'on passe à autre chose, dans l'énergie nucléaire, dans les énergies renouvelables, de manière à affirmer, en fait, l'indépendance énergétique de la France et de l'Europe. Face à un monde où, vous l'avez dit, évidemment, la lutte pour les ressources énergétiques risque d'être assez forte.
Ça ne m'empêche pas de rajouter que les ressources du Venezuela, elles appartiennent au peuple vénézuélien. Et c'est le peuple du Venezuela qui doit, je dirais, décider de manière souveraine comment il les utilise et avec qui.
Allez, on ouvre la discussion. Une question de François Sressoz.
Sur le Venezuela, est-ce que, au fond, la réaction toute en retenue d'Emmanuel Macron n'est-elle pas liée à la gestion du dossier ukrainien ? On sait qu'il y a des négociations actuellement. On sait que, peut-être, l'Ukraine n'est pas en position de force, ni l'Europe. Est-ce que c'est, au fond, ne pas indisposer les États-Unis pour éviter le pire, c'est-à-dire un accord entre la Russie et les États-Unis qui se ferait sur le dos de l'Ukraine ? En tout cas, ce qui est vrai, c'est que cette dimension-là, des rapports internationaux d'aujourd'hui, elle est essentielle. Elle est même existentielle.
Donc, le fait qu'on garde le contact, qu'on soit capable de dialoguer de manière franche et parfois difficile avec les États-Unis sur ce dossier ukrainien, il est essentiel. Vous savez que mardi, on aura à Paris une réunion dans ce qu'on appelle la coalition des volontaires, donc les pays européens qui sont en soutien de l'Ukraine face à la Russie. L'objet, c'est de mettre en place des conditions de sécurité durable pour l'Ukraine face à un potentiel accord de paix. Tout ça, c'est fondamental. Et donc, c'est vrai qu'il ne faut pas l'injurier.
Donc, il faut à la fois rappeler nos convictions, être capable d'influer le cours des choses, mais de garder, je dirais, malgré toutes les réserves qu'on peut avoir, une capacité d'action. Parce que le risque de la diplomatie des mots, c'est qu'elle empêche les actions. Moi, je suis convaincu que la France, aujourd'hui, elle est à la fois capable de s'exprimer et d'agir. Contrairement, d'ailleurs, à ce que j'ai entendu beaucoup, la France, elle a eu beaucoup d'impact sur le monde ces derniers mois.
Moi, j'étais à New York quand le président de la République a annoncé que la France souhaitait, avec d'autres États reconnaître la Palestine, il y a eu une ovation debout à l'Assemblée Générale des Nations Unies. Ce n'était jamais arrivé, en tout cas, pas depuis des décennies. La France, en Ukraine, elle a beaucoup agi. J'y ai pris ma part en négociant un mode de financement pour qu'on puisse continuer à aider l'Ukraine financièrement tout au long de l'année 2026. Et on l'a fait en européen et la France a joué son rôle. Donc, oui, la diplomatie, c'est compliqué.
Roland Lescu, retour.
Mais l'action, c'est essentiel.
Retour en France avec cette question d'Alix Bouillaguet.
Vous avez annoncé que les factures de l'électricité vont baisser à partir du 1er février. C'est ce que vous avez demandé le Premier ministre. Vous avez donc trouvé une solution pour que ces factures puissent baisser. Est-ce que vous pouvez nous préciser l'ampleur ? Ce sera combien ? Ce sera quand ? Et est-ce que ce sera surtout suffisant ?
Alors, déjà, c'est un bon début. Donc, ce que j'annonce, c'est la baisse de ce qu'on appelle la contribution tarifaire d'acheminement. Quand vous regardez votre facture, il y a une ligne qui s'appelle Contribution Tarifaire d'acheminement, qui est un prélèvement obligatoire sur les factures, sur l'abonnement. Donc, sur ce que vous payez quand vous souscrivez un abonnement. Ensuite, il y a la facture qui poursuit en fonction de la consommation. Et sur cet abonnement, on va mettre en place une baisse de 5%. Donc, c'est quelques euros, mais c'est quand même quelques euros bienvenus.
Ça va entre une dizaine d'euros par an pour un ménage, je dirais, de base, jusqu'à plusieurs centaines d'euros pour un boulanger qui consomme beaucoup d'électricité.
Est-ce que c'est suffisant pour les Français ? Est-ce que quelques dizaines d'euros, quelques euros, un euro par mois ?
Non, mais c'est un bon début. Je veux bien... On a aujourd'hui une situation budgétaire qu'on connaît, qui est difficile. On a un ministre qui, en réponse à une commande du Premier ministre, propose une solution qui est disponible maintenant. Efficace, simple, visible. Mais on imagine que cette taxe servait à quelque chose ? Elle servait à quoi ? Elle servait, en fait...
Elle abondait la caisse des retraites des électriciens et des gaziers. Donc, ça veut dire que... Comment ça va se passer pour eux ?
Alors, cette caisse, elle est aujourd'hui excédentaire. Et donc, on a effectivement décidé de baisser les recettes de manière à ce qu'on garde, évidemment, continue à payer les retraites des électriciens et des gaziers. Mais qu'on puisse utiliser cet argent. C'est 50... Pardon. C'est 550 millions d'euros. C'est beaucoup d'argent.
Et donc, ça ne va pas être dans le budget. Ça n'est pas prélevé. C'est ça qui...
C'est pour ça que moi, j'ai proposé au Premier ministre...
C'est pris aux électriciens et gaziers.
Ça arrive tout de suite. En fait, ce sera en place le 1er février parce qu'il faut consulter un certain nombre d'instances. Mais on l'annonce aujourd'hui. J'allais dire, avant même qu'on ait un budget, il y aura, dans le cadre du budget, des débats. Il y a des amendements qui ont été portés au Sénat sur les assises, électricité, gaz, etc. Et tout ça va se poursuivre. Mais avant même tout ça, avant même qu'on mette en place un grand plan d'électrification qui est le nerf de la guerre, je le disais tout à l'heure, qu'on mette en place la programmation pluriannuelle de l'énergie, on fait un premier geste pour montrer aux Françaises et aux Français qu'on a envie de les aider.
Mais en même temps, Roland Escu, moi j'ai du mal à comprendre parce qu'en août dernier, vous avez augmenté la TVA sur cette fameuse contribution. Elle est passée de 5,5% à 20%. Ce que vous faites là, ça compense ? Non, alors ce qu'on a fait l'année dernière,
c'est qu'on s'est mis en conformité avec le droit européen. Donc il fallait le faire, on l'a fait.
Vous l'avez fait à la hausse, vous auriez pu décider d'aligner à 5,5% et pas à 20%.
Moi je suis très prudent sur les formules magiques qui consistent à dire baissons la TVA sur tout et tout ira bien parce que d'abord, la TVA, ça s'est fait dans un certain nombre de secteurs. On a vu que ça s'est très rarement retrouvé dans la facture. Alors que là, la CTA, comme on dit, c'est direct, j'allais dire, du producteur au consommateur, c'est sur la facture directe.
La contribution d'attribution.
D'acheminement. La TVA, ça se retrouve dans plein d'intermédiaires qui souvent se servent au passage. Et puis surtout, ça coûte beaucoup d'argent et on a un budget à boucler. Donc ça, c'est hors budget. La TVA, si vous la baissez, il faut aller trouver de l'argent en face dans le budget.
On va parler, dans une seconde du budget, une question de Françoise ?
Alors le prix dépend aussi d'une question plus stratégique qui est la feuille de route énergétique de la France et notamment le mix entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Le Premier ministre avait dit à Noël, on vous présentera cette feuille de route et puis on a entendu début 2026. Est-ce que vous pouvez nous donner une date pour la présentation de ce plan ? Bon, d'abord, c'est essentiel ce que vous venez de dire. On a aujourd'hui une électricité décarbonée parmi les moins chères d'Europe parce qu'il y a 50 ans, nos prédécesseurs ont décidé de lancer des grands programmes d'investissement. Et donc la programmation pluriannuelle de l'énergie, la fameuse PPE, c'est exactement ça.
Sauf que ça tarde. Non, non, mais je reconnais que ça tarde. Et j'en suis un peu impatient parce que j'étais ministre de l'industrie de l'énergie il y a deux ans, j'étais prêt à la sortir. Il y a eu un peu d'instabilité politique, ça ne vous a pas échappé, qui nous a empêché de le faire. Mais c'est important quand même. Donc on veut préciser à quoi va ressembler la France énergétique des décennies qui viennent. Et on a une étude très importante de RTE qui est sortie juste avant Noël qui montre qu'aujourd'hui on consomme moins d'électricité que ce qu'on pensait qu'on consommerait. Donc on n'est pas encore au rendez-vous de l'électrification.
Et ça, ça nous conduit à revoir un peu les programmes d'investissement. C'est pour ça qu'on a pris un peu de retard par rapport à la fin décembre.
Mais là, on n'a toujours pas de date alors.
Donc ce que je peux vous dire, c'est qu'on souhaite la sortir très vite en début d'année. La question que je me pose, je vais être très transparent avec vous, c'est est-ce qu'on peut lancer des grands programmes d'investissement dans le nucléaire ou dans l'éolien marin alors qu'on n'a pas de budget ? Donc voilà, la question que je me pose et je ferai une recommandation au Premier ministre dans ce sens, c'est au fond, est-ce qu'on se débarrasse du budget ? Je le dis comme ça parce qu'au fond, ça a assez duré. Maintenant, il faut qu'on avance. Je pense qu'on peut le faire et qu'on passe à autre chose ensuite, l'APPE. Et donc ça, ça veut dire plutôt fin janvier, début février.
Ou est-ce qu'on le fait avant ? En tout cas, on est prêt. J'ai beaucoup consulté. Ça va concerner aussi les départements d'outre-nerre. C'est très important parce que là-bas, on est encore trop dépendant du thermique, trop dépendant des informations. On peut faire de l'éolien, on peut faire du solaire, on peut faire de la géothermie. C'est le cas en Corse, c'est le cas dans les territoires d'outre-mer. Donc on aura aussi cette partie-là sur laquelle on travaille parce que c'est important. Au fond, il faut qu'on reprenne en moins notre destin, qu'on investisse massivement, qu'on en profite pour développer de l'emploi, de l'expertise qui d'ailleurs pourra s'exporter.
Donc on est, j'allais dire, plus à quelques jours près. Donc on voit que vous faites
dépendre ça aussi du budget. Comment vous pensez que vous allez y arriver et en combien de temps ? Amélie de Montchalin, elle souhaite un budget fin janvier et même le rapporteur à l'Assemblée nationale, le député Philippe Juvin, il parle de la première quinzaine de janvier. C'est quoi votre calendrier ? Vous pensez que c'est possible en combien de temps ?
Bon, j'allais dire, comme Fernand Reynaud, le plus tôt sera le mieux. Non mais, je pense qu'on n'est pas loin du but. Vous disiez dans notre introduction pourquoi faire en janvier ce qu'on n'a pas pu faire en décembre ? En décembre, on avait eu une commission mixte paritaire qui avait échoué, on avait des écarts importants entre, je dirais, la vision du Sénat et la vision parcellaire Et vous aviez tensé les sénateurs qui ne l'ont pas aimé du tout. Je leur avais rappelé que 5,3% du déficit, effectivement, c'était inacceptable et je le répète aujourd'hui, il faut qu'on arrive à 5. Donc, pour arriver à 5, à partir du budget qui sort du Sénat, il faut trouver les milliards.
Et donc, il faut trouver une partie sur les recettes puisque le Sénat a baissé les impôts mais sans baisser les dépenses. Sur taxe sur l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises. Par exemple, ça fait partie des pistes. Moi, je suis le ministre de l'économie et des finances. Donc, vous dire que déposer un amendement comme je l'ai fait qui portait la surtaxe impôt sur les sociétés pour les très grandes entreprises à 6 milliards, je ne l'ai pas fait de gaieté de cœur. Je l'ai fait pourtant parce que je suis convaincu que ça fait partie, j'allais dire, du deal. Il faut que tout le monde contribue et oui, que les grandes entreprises qui gagnent bien leur vie puissent contribuer.
Je regrette qu'on soit rendu là mais ça fait partie des leviers. Donc, ce sera partie des discussions qu'on aura dans les jours qui viennent. Alors, pour répondre à votre question, la commission des finances se réunit des jeudis prochains. On aura un examen en séance publique à l'Assemblée nationale dès la semaine suivante. Si on arrive à se mettre d'accord dès la semaine suivante et que le rapporteur général du budget arrive à nous faire un accord, tant mieux. Allons-y. Mais en tout cas, il faut avancer vite.
On vous entend, vous êtes assez optimiste, même très optimiste. Vous êtes déterminé. Mais est-ce que vous avez néanmoins des lignes rouges pour ne pas donner l'image d'un budget qui serait totalement vidé de sa crédibilité ? C'est quoi vos lignes rouges ?
Je pense que depuis deux ans, on a souffert de la multiplication des lignes rouges. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas en avoir. Mais quand on cherche à bâtir un compromis, il faut plutôt aller chercher les lignes vertes. C'est-à-dire les lignes de convergence. Et donc, les lignes de convergence, pour moi, c'est un, 5% de déficit, pas plus. Ça, il y a un accord. Deux, on ne casse pas la croissance. Et donc, ce n'est pas les entreprises, les entreprises seules qui doivent payer les coûts. Il faut que tous les acteurs j'allais dire contribuent. Les entreprises, l'État, les collectivités locales. Ça, ça fait partie des débats qu'on a encore avec le Sénat.
Et qu'on arrive, je dirais, à peu près, in fine, on passe de 5-4 2025 à 5% en 2026, à ce que cet effort, il soit à peu près moitié-moitié entre dépenses, économie de dépenses et recettes.
Mais quel intérêt pour les socialistes, finalement, à continuer à jouer le jeu puisqu'ils ont fait quand même un petit refus d'obstacle avant Noël, il n'y a pas de sucré dans ce budget pour eux. Dans le budget de la sécurité sociale, il y avait quand même la suspension des réformes des retraites qui était un sacré totem. Et on sait bien que voter le budget, c'est appartenir à la majorité. Donc, comment vous allez faire pour vous arrimer les socialistes sans vous désarrimer votre socle commun qui lui-même a avalé bien des couleuvres ?
Voilà, tout ça n'est pas facile, vous l'avez dit. Le projet de loi de la Sécu a montré qu'on pouvait le faire. Moi, je suis un peu perplexe sur cette histoire de je suis dans l'opposition, je ne vote pas le budget, je suis dans la majorité, je vote le budget parce qu'il y a plein de pays aujourd'hui qui avancent sans majorité et qui arrivent à faire voter des budgets avec des gens qui pour autant sont dans l'opposition sur un certain nombre de sujets. Donc,
on fait un 49-3 et l'affaire est réglée
pour les socialistes. Ça, c'est un débat sur la méthode et il aura lieu en son temps mais avant de savoir quel outil on utilise, il faut savoir quel texte on vote parce que que ce soit 49-3 ou autre, si le texte n'est pas votable, on n'a ni gouvernement ni budget, le gouvernement tombe et on se retrouve à la caisse départ. Donc, il faut d'abord avancer sur le fond, c'est ce qu'on va faire dans les jours qui viennent. Moi, j'ai pas mal échangé informellement. Mais les socialistes,
ils disent un 49-3, ce serait pas mal finalement.
Ils vous le disent peut-être quand vous les avez au téléphone, je n'ai jamais entendu Olivier Faure dire en public moi, je souhaite un 49-3 et je pense qu'aujourd'hui, ça fait plutôt partie d'ailleurs, je dirais des qualités aujourd'hui de deux hommes, Sébastien Lecornu, Olivier Faure, qui ont décidé dès le début de dire on ne va pas au 49-3, on responsabilise les parlementaires, on avance, on a montré que c'était possible sur le budget de la Sécu, je pense que c'est encore possible sur le budget de l'État. Alors, justement, sur le fond du sujet, vous avez dit en fait il faut un accord global, il faut s'entendre là-dessus.
Ce qu'on a beaucoup entendu pendant la discussion, c'est la quête d'une justice fiscale. Donc, il y aurait une surtaxe sur l'impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, est-ce qu'il peut y avoir l'équivalent sur les gros contribuables ou alors un impôt sur la fortune, nouvelle manière, ou est-ce que pour vous c'est absolument inenvisageable ? Je dirais que l'impôt sur, le débat, pardon, sur la taxe dite Zuckman, il a été tranché. D'accord, mais est-ce qu'il peut y avoir autre chose ? Donc, il y a des choses dans le budget, notamment ce qu'on appelle la contribution différentielle au haut revenu, qui est quand même une taxation importante des plus hauts revenus.
Il y a une taxe dite holding, alors qui n'est pas encore complètement définitive entre ce que le gouvernement a proposé. Mais est-ce qu'il peut y avoir autre chose ? Non, parce qu'on est dans ce qu'on appelle le dispositif de l'entonnoir. C'est-à-dire, quand vous votez un projet de loi, vous le votez en première lecture, puis en deuxième lecture, puis in fine, vous ne pouvez pas rajouter des choses qui n'ont pas été votées ou qui ont été rejetées dans la première partie de l'examen. Donc, heureusement d'ailleurs, sinon ça pourrait durer des mois et des mois, on referait les mêmes débats. Mais donc on voit mal
sur quoi peut ce Noël compromis, à vrai dire ?
Bah, écoutez, moi, ce que je peux vous dire,
Sur quel objet politique ?
Moi, j'ai échangé avec des forces dites républicaines depuis quelques jours entre Noël et Jour de l'An. Le Premier ministre les avait consultés formellement avec Amélie de Montchalin. On a parlé à un certain d'entre eux. Il y a une volonté d'aboutir. Et quand il y a une volonté, en général, il y a un chemin et on y arrive. Donc on va y arriver. Voilà, maintenant, il faut travailler. Il faut que chacun mette de l'eau dans son... Vous disiez, qu'est-ce que les socialistes ont gagné font qu'est-ce que la France a gagné ? Bah, c'est la stabilité politique.
Oui, mais ça, ça n'a pas changé depuis décembre. C'est la même équation.
Non, mais vous savez, le temps fait son affaire. On a évidemment des échéances électorales qui arrivent, qui vont peut-être avoir... Et il y a des retours d'électeurs peut-être aussi. Moi, ce que j'entends, en tout cas, dans tous les contacts que j'ai avec les Françaises et les Français, c'est bon, bah, on passe à autre chose maintenant, là. Votez-le, j'allais dire, ce foutu budget. votez-le et on passe à autre chose parce qu'on l'a dit tout à l'heure. Le monde dans lequel on est là, il va à 100 à l'heure. Alors, nous, on ne peut pas rouler, je dirais, à 50 à l'heure avec une roue de secours qui est la loi spéciale.
Il faut qu'on ait un budget et qu'on avance et qu'on passe à la suite parce que la suite, elle est compliquée mais elle peut être aussi enthousiasmante.
Et il y a aussi des dossiers qui sont décidément épineux. L'actualité, Roland-Lescu, c'est aussi la colère agricole. Alors, demain et mardi, les syndicats d'agriculteurs sont reçus à Matignon. Plusieurs sujets, par exemple, les nouveaux droits de douane chinois sur les produits laitiers ou encore la dermatose nodulaire qui continue de se répandre et puis le Mercosur. Sur X, il y a une heure, le Premier ministre a annoncé qu'un arrêté sera pris dans les prochains jours pour suspendre l'importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe.
Alors, ça, c'est un geste envers les agriculteurs parce que, de toute façon, le 12 janvier, le Mercosur, Bruxelles veut le signer.
Alors, je parlais tout à l'heure quantaire versus la puissance de l'action. Ça, c'est d'action et c'est assez puissant. Ce qu'on dit, c'est qu'un des sujets du Mercosur, il y en a trois, c'est clause de sauvegarde. Si les importations massives viennent à bouleverser un marché, il faut qu'on puisse arrêter. Deux, contrôle sur place pour s'assurer que les produits qu'on importe d'ailleurs respectent la réglementation et trois, ce qu'on appelle les clauses miroirs. Si on impose des règles à nos agriculteurs, il faut qu'elles soient imposées aussi ailleurs.
Donc, ce qu'a annoncé le Premier ministre ce matin, c'est qu'il y a des produits aujourd'hui, alors ils sont imprononçables, donc je ne vous les prononcerai pas, mais qui sont des produits phytosanitaires qui rentrent dans la production d'agrumes. Voilà. Avocats, pamplemousse, etc., qui viennent. Et ces produits-là, ils sont interdits en Europe. Ils sont interdits pour des raisons de santé publique. On ne dit pas qu'ils sont interdits parce qu'ils abîment les sols, par exemple, parce qu'au fond, le Brésil pourrait décider d'abîmer ses sols, ce ne serait pas notre cas.
Mais là, c'est vraiment qu'on interdit à nos agriculteurs d'utiliser pour que nos produits soient conformes à la santé des Français et on en importe qu'ils ne le sont pas. Donc, ce que le Premier ministre a annoncé, on a saisi l'Europe avant Noël, si on n'a pas de réponse de l'Europe très vite, on va prendre un arrêté interdisant l'importation de ces produits. J'allais dire, vous dites que c'est un cadeau aux agriculteurs. Non, je dis surtout
que le Mercosur va être signé le 12 janvier. Bruxelles va le signer.
Alors, juste là-dessus, il n'est pas adopté encore. Vous pouvez voir. Oui, il n'est pas adopté et on vous entend répéter comme un mantra les trois points que vous souhaitez obtenir. Sauf que, sauf si vous allez me dire le contraire, jusqu'à présent, la France, elle n'a toujours pas réussi à réunir cette fameuse minorité de blocage pour éviter la ratification de ce traité. Je rappelle, c'est au moins quatre États membres représentant 35% de la population européenne. Donc, ça semble vraiment peine perdue, d'autant qu'on sait très bien que l'Allemagne, elle pousse et elle pousse fort pour signer ce traité.
Ce qu'on a vu, en tout cas avant Noël, c'est qu'on avait suffisamment de soutien
poussé ?
Cette minorité, elle existait, au moins c'est une minorité de décalage. Mais ce décalage, il ne sert pas à rien. Il sert à s'assurer qu'on renforce les trois clauses, je les ai mentionnées, auxquelles on est sensible. Et jusqu'à présent, ce n'est pas le cas. Attention, le Parlement a voté une clause de sauvegarde, qui est une clause de sauvegarde, elle, qui nous semble efficace. Les deux sujets qui restent sur lesquels on doit, je pense, être plus fort, et l'Europe doit nous convaincre, c'est ce qu'on appelle les clauses miroirs. Est-ce qu'on impose à ceux qui nous exportent les mêmes règles que chez nous et les contrôles ?
Et ça, c'est à la main de la Commission, à la Commission de nous montrer qu'elle est capable de contrôler davantage ce qui se fait.
Mais ça, c'est mal parti. Est-ce que le 12 janvier, c'est ça ? Ça sera banqueur ? C'est bon ?
Chaque jour compte, on verra. En tout cas, la position de la France, elle reste à ce stade. Et vous savez que l'Europe, ça avance toujours de la même manière. Jusqu'à minuit moins quart, on a l'impression qu'on est bloqué, puis à minuit moins deux, on avance.
Mais est-ce que ça veut dire que vous espérez un nouveau report de ces ratifications ?
Ça veut dire qu'on va continuer à insister pour que ces trois clauses importantes qui protègent nos agriculteurs, mais aussi, au fond, nos consommateurs, elles soient en place. Et d'ici là, on va continuer à se battre et on verra.
Roland Lescure, sur la protection des Français, on parlait d'agriculture, je voudrais vous poser une question sur l'industrie. On a l'impression qu'on court toujours après la Chine. Les Européens et les Français mettent une taxe sur les petits colis. Chine ouvre un entrepôt grand comme 100 stades de foot en Pologne. La France veut un contenu européen minimum dans les voitures, mais BYD, le premier constructeur mondial de voitures électriques, désormais va ouvrir sa première usine européenne en Hongrie au printemps. En fait, on a toujours un train de retard, on a du mal à se protéger.
En fait, c'est exactement l'inverse. Ce que vous dites de Chine, c'est que justement, ils s'adaptent à une réglementation auxquelles ils ne s'attendaient pas. À partir du moment où vous taxez des colis 2 euros en France... Mais ils sont assez mobiles, il faut reconnaître... Ah, ils sont très mobiles. Il faut qu'on le soit aussi. Moi, ça, c'est une chose sur laquelle... Donc, on taxe des colis 2 euros en France plus 3 euros en Europe. C'est la France qui l'a obtenu dès le 1er juillet. Ça veut dire 5 euros. Et donc, si vous continuez à exporter 4 milliards de colis individuellement par la poste chinoise en France, vos colis de 3 euros, c'est la valeur moyenne des colis, 3 euros.
Ils vont valoir 8 euros. Et donc, c'est plus possible. Et donc, ils adaptent leur modèle. Et donc, ils disent, on va envoyer des grands paquets en Europe. Mais sur ces grands paquets, ils vont payer des droits de douane. Jusqu'à présent, ils n'en payaient pas. Ils vont payer des droits de douane. Un, donc la concurrence des loyales du fait de prix défiant toute concurrence, c'est le cas de le dire, c'est terminé. Et deux, on va les contrôler. Le problème de Chine...
Ah bah, on va les contrôler si on a les forces pour les contrôler. Exactement.
Et c'est l'objet de ces 2 euros plus 3 euros, c'est de mettre les moyens sur le contrôle. Donc, on va continuer à contrôler. Mais là, vous avez raison, Madame Fresseuse, c'est que, dans le monde d'aujourd'hui, les acteurs auxquels on fait face sont extrêmement mobiles, extrêmement rapides. Et on a surtout l'impression qu'ils ont pris tellement d'avance qu'on n'arrive plus à les rattraper. Là, je pense qu'on les a rattrapés. Si vous voulez, avec l'histoire des poupées pédopornographiques et des armes de première catégorie. Moi, j'ai été nommé depuis 15 jours. C'est arrivé, on a réagi tout de suite. Ils ont fermé leur place de marché. On a dit c'est inacceptable.
Avec mes collègues, Serge Papin, Laurent Nunez, on a fait des procédures de justice. On a changé la loi. On a changé les impôts. Il faut qu'on agisse encore plus fort et plus vite. Et je veux vous dire une chose, ce qui me frappe le plus, c'est les délais de réponse numérique. C'est-à-dire qu'on a, on l'avait depuis deux jours, une intelligence artificielle qui est capable de littéralement déshabiller les Français.
Ça, c'est Grock, l'intelligence artificielle d'Elon Musk.
Voilà. Et donc, on a Grock qui vous déshabille. C'est évidemment interdit. On fait un article 40, c'est-à-dire qu'on dénonce à la justice. On demande à ce que tout ça soit balayé. L'ARCOM réagira. Réagira sans doute pour dire que tout ça est inacceptable. Et d'ici là, Grock aura retiré son modèle, mais aura fait l'impact. Donc, c'est là-dessus qu'il faut qu'on agisse. Et puis, j'ai Amazon qui vend des bouquins et qui, pendant 15 jours, est capable de vous vendre des bouquins en dessous du prix de l'Unique. On réagit. On fait un article 40. On va aller plus vite. Évidemment. Donc, voilà. Le sujet, c'est pas est-ce qu'on réagit ? Parce que maintenant, on réagit fort.
C'est est-ce qu'on réagit plus vite ? Et moi, je souhaite, c'est un de mes travaux de cette année avec Serge Papin, avec Anne Noé-Nanf qui s'occupe du numérique, à ce qu'on puisse mettre en place des modèles de réaction plus rapides. Parce qu'il n'y a pas de raison que ceux qui utilisent l'intelligence artificielle à leurs bénéfices ne fassent pas face à des gens comme nous qui, eux aussi, l'utilisent au leur et à ceux des consommateurs et des ménages français.
Alors, une année utile, c'est aussi ce qu'a souhaité Emmanuel Macron dans ses voeux le 31 décembre.
Cette année doit donc être et sera une année utile. Je veillerai tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir. Nous verrons les premiers pas du service national pour l'engagement de nos jeunes qui renforcera le lien entre nos armées et la nation. Nous protégerons nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux et des écrans. Nous irons enfin au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie dans la dignité, sujet sur lequel je m'étais engagé devant vous en 2022.
On vient d'entendre Emmanuel Macron lors de ses voeux. Il promet une année utile, alors déjà comme l'année dernière et on a le sentiment quand même qu'il fait du neuf avec du vieux. Les chantiers dont il nous parle, le service national volontaire il est déjà lancé, la réglementation des réseaux sociaux, Gabriel Attal s'en était déjà emparé, la fin de vie c'est un serpent de mer qui est sur les rails depuis avril 2024.
Est-ce que ce n'est pas la preuve flagrante finalement qu'Emmanuel Macron est condamné d'une certaine manière à de l'immobilisme et qu'en fait on est toujours sur et le budget, les tractations de couloirs et on change de Premier ministre, on en remet un nouveau et que la France elle est immobile.
Non mais moi j'ai été frappé, votre question elle est pertinente puisque c'est ce qui se raconte depuis quelques jours. Mais moi j'ai été frappé par ça pour deux raisons. D'abord, un, parce que les chantiers que vous mentionnez sont des chantiers importants. Protéger les enfants des réseaux sociaux ça devient mais vraiment une horreur. Ce à quoi nos enfants sont exposés de manière quotidienne à l'extérieur de la maison puisque tout ça est disponible en accès libre partout au quotidien et ça a été montré par des psychiatres et des psycholègues un effet délétère sur notre jeunesse.
Donc ce qu'on est en train de faire projet de loi à venir discussion au parlement et vous avez raison Gabriel Attal et d'autres se sont saisis de ce sujet. Ça ne devient pas tout à fait consensuel mais c'est essentiel et par ailleurs ça a des conséquences économiques parce que quand on parle de Thierry Breton tout à l'heure vous imaginez bien que ceux qui portent ces réseaux sociaux ne sont pas très heureux que la France prenne ce genre de décision.
Le sujet c'est comment on fait on sait bien qu'il y a des VPN alors c'est technique mais ça peut être contourné il y a aussi la question de la solidité juridique du texte bref ça a l'air très difficile est-ce que vous avez vraiment les moyens de le faire ?
Moi j'ai échangé avec les services de l'ARCOM qui disent oui on a les moyens de le faire on l'a fait sur le porno là encore on nous disait c'est pas possible est-ce qu'il n'y a pas de contournement possible ? Si il y en aura peut-être toujours mais l'essentiel quand même et d'ailleurs les parents ont aussi un rôle à jouer là-dessus s'ils autorisent leurs enfants à installer un VPN sur leur téléphone j'allais dire tout bat c'est pas très bon
peut-être qu'ils ne le voient pas aussi
oui mais malgré tout enfin on a tous un rôle à jouer mais le rôle du législateur c'est de protéger mais surtout parce que j'avais deux réponses à votre question un sur le fond je pense que ce qu'on va faire est important mais deux ceux qui disent que la France est condamnée à l'inaction dans les 18 mois qui viennent avec le monde tel qu'on a décrit je pense qu'ils se trompent qu'ils fragilisent la fonction présidentielle en voulant fragiliser le président au passage mais là vous nous parlez du régalien
c'est-à-dire de ses prérogatives en termes de s'affaires étrangères mais là je vous parle d'affaires intérieures
mais d'affaires intérieures on a un défi majeur sur l'intelligence artificielle est-ce que c'est l'ennemi du siècle ou est-ce que c'est l'allié du siècle est-ce qu'on est capable de faire en sorte que dans nos relations avec nos consommateurs j'allais dire l'administration publique soit plus efficace que les entreprises françaises s'en saisissent pour être plus puissantes plus productives plus compétitives et on a ce choix aujourd'hui l'impuissance du commentaire et j'entends beaucoup de commentaires depuis le 31 décembre soir la puissance de l'action on l'a cette puissance il faut la livrer vous dites agir, agir, agir et en même temps il reste très peu de temps parce qu'il y a les élections municipales et après il y aura la campagne présidentielle et moi j'ai eu l'impression que l'agenda présidentiel n'était pas exactement celui du premier ministre pas un mot sur la décentralisation par exemple pas trop sur le régalien beaucoup sur le sociétal est-ce qu'il y a des arbitrages à faire ou est-ce que vous pensez que vous aurez le temps de tout faire d'ici l'élection présidentielle en tout cas ce que nous montre la situation politique actuelle et l'Assemblée nationale telle qu'elle est il faut le reconnaître extrêmement dispersée 11 groupes parlementaires c'est que tout ce qu'on peut faire j'allais dire en dehors de l'Assemblée par du réglementaire par de l'exécutif on doit pouvoir le faire c'est ce que je fais aujourd'hui sur la fameuse CTA je me dis le budget j'espère qu'il va être voté mais en attendant on annonce une baisse des tarifs donc ça montre que quand le premier ministre il y a un peu de pression pour trouver des idées quand on a un peu de pression on en trouve donc il faut être créatif mais j'allais dire aussi chacun son rôle que le président de la république s'affirme comme un évidemment le garant des institutions ce qu'il a dit sur la protection des élections face aux agences étrangères est extrêmement important deux qu'il puisse pousser des sujets sociétaux qui lui sont chers moi j'avais travaillé avec lui pour pousser l'idée d'une convention citoyenne sur la fin de vie c'est un sujet profond c'est un sujet complexe c'est un sujet sur lequel il faut qu'on avance
il y aura un référendum éventuellement s'il débasse en liste au Sénat
moi j'espère qu'on va avancer parce que là franchement j'allais dire on en a fait une bonne partie du tour et les français non seulement sont prêts mais sont impatients mais sur l'international il a un rôle évidemment fondamental à jouer c'est sa prérogative sur le sociétal et que j'allais dire ensuite il laisse le gouvernement faire aussi sa partie du travail sur des choses qui relèvent de ses prérogatives moi ça me semble une bonne j'allais dire non pas séparation des pouvoirs mais séparation des tâches de manière à ce qu'on soit plus efficace
Roland Lescure vous êtes l'invité de Questions Politiques voici le moment où Alix Bouillaguet vous tire le portrait Alix qui a remonté des archives cet extrait d'une séance à la commission des finances de l'Assemblée Nationale c'était en 2025
pour décontracter le débat la ministre nous a amené c'est quoi ? alors je crois de tradition il fut un temps où les ministres du budget apportaient une douceur de leur contrée il se trouve que ma contrée était essonienne et c'est un petit plateau de charcuterie et fromage de la ferme qui est la ferme familiale
alors ma contrée comme vous le savez est un peu plus lointaine étant élue en Amérique du Nord donc je vous ai apporté à chacun d'entre vous une petite bouteille de sirop d'érable qui j'espère amènera un peu de douceur à vos petits déjeuners des jours et des semaines qui viennent
donc on vient de vous entendre c'était le 14 octobre 2025 lors de votre audition devant la commission des finances avec votre collègue Amélie de Montchalin vous évoquez vos liens avec le Canada où vous avez vécu mais en 2017 vous avez alors 50 ans vous le politique nicien au parcours académique brillant vous quittez un job en or la caisse de dépôt et de placement du Québec vous divisez votre salaire par 10 pour être candidat en marche pour les législatives dans la circonscription des français d'Amérique du Nord quelle mouche vous a piqué ce jour là ?
c'était ma crise de 50 ans à moi on va le dire comme ça il y en a qui font d'autres choses moi j'ai complètement changé de vie j'ai mis un continent entre moi et ma famille au moins pendant les 2-3 premières années de mon mandat on était déjà dans un monde assez bouleversé à l'époque Trump venait d'être élu la première fois le Brexit venait d'être voté j'ai rejoint en marche parmi les premiers dès avril 2016 et c'est vrai que j'ai eu envie de m'engager et d'arrêter d'être un citoyen éclairé votant à chaque élection évidemment et de m'engager vraiment à la fois parce que l'appel d'Emmanuel Macron à la société civile m'a séduit parce que sa volonté de mettre l'Europe au coeur de tout m'a convaincu à une époque où on avait plutôt l'Europe haineuse d'un côté ou l'Europe honteuse de l'autre et puis parce que au fond j'avais envie d'essayer autre chose c'est vrai que j'avais une carrière plutôt intéressante dans le monde de la finance internationale que j'avais aussi vécu au Canada pendant une dizaine d'années et que je me suis dit tiens peut-être que quelqu'un d'un peu différent qui vient d'un peu ailleurs peut apporter des choses différentes à la politique
Alors je vais un petit peu expliquer d'où vous venez vous avez grandi dans une cité HLM de Montreuil vous êtes issu d'une famille engagée à gauche père journaliste à l'humanité mère déléguée CGT à la RATAP à 16 ans vous militez même aux jeunesses communistes 2006 37 ans cette fois-ci vous prenez votre carte au PS en soutien à Dominique Strauss-Kahn pourquoi est-ce que vous décidez à ce moment-là en 2007 de choisir Macron pourquoi pas plutôt Hamon voire même Mélenchon
Mélenchon étant donné votre parcours non mais bien sûr et puis tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes comme disait l'autre moi je suis très fier et très heureux d'avoir condi dans une famille où les valeurs étaient importantes mon père était résistant et je pense que j'y ai appris beaucoup de choses sur les modèles et sur les solutions pour résoudre les problèmes de la France effectivement je considérais et je considère toujours que les solutions issues de l'extrême gauche quelles qu'elles soient parce que Mélenchon communiste c'est pas tout à fait la même chose n'était pas adapté Jean-Luc Mélenchon j'avais du respect pour son parcours je trouve que depuis une dizaine d'années il est parti dans le décor je vais le dire sincèrement à la fois sur les valeurs sur les modèles économiques évidemment mais au-delà de ça même sur son rapport au monde son rapport au l'autre sa volonté systématique d'importer quelque sujet que ce soit pour diviser les français donc vraiment c'est pas ma cam comme on dit non mais moi ce qui m'a plu dans la démarche d'Emmanuel Macron et au fond s'il n'en reste qu'un je serai celui-là je continue à y croire c'est le dépassement c'est la capacité à dire au fond est-ce qu'on est capable face à un monde en bouleversement de rassembler les français sur l'essentiel que ça vienne plutôt de la droite ou plutôt de la gauche est-ce qu'on est capable de se rassembler sur des valeurs et sur une capacité à avoir des résultats
on vous entend sur le dépassement mais tout de même même si vous êtes un fidèle et loyal d'Emmanuel Macron vous avez été stupéfait par la dissolution décidée en juin 2024 il paraît que vous avez passé trois nuits blanches à hésiter repartir en campagne repartir dans le privé qu'est-ce qui finalement vous a convaincu de rester en politique
vous êtes bien renseigné non mais c'est vrai que j'ai hésité parce que j'ai été surpris vous étiez en colère non j'ai été j'ai été surpris effectivement j'ai eu l'occasion de dire ce que je pensais à l'époque maintenant c'était il y a 18 mois il y a prescription on est passé à autre chose il faut avancer mais c'est vrai qu'à l'époque parce que je viens pas de cet univers parce que j'ai fait d'autres choses avant et que je ferai sans doute d'autres choses après d'ailleurs je vais pas faire ça toute ma vie je m'étais dit à 50 ans voilà tu donnes 10 ans à la France tu te lâches tu fais à fond tu donnes tout ce que tu peux pour essayer de contribuer à une transformation en profondeur que je pense on a en partie dans tout cas accomplie et là c'est vrai que sur ce moment là je me suis dit est-ce que j'ai vraiment envie de remettre l'épaule à la roue et vous savez ce qui m'a convaincu c'est les risques que l'extrême droite arrive au pouvoir parce qu'à l'époque ce risque il était réel j'ai été un des premiers à appeler au front républicain dès le soir du premier tour je considère qu'il est toujours réel on y reviendra peut-être mais je crois à la volonté et à l'action et je me suis dit tu peux pas laisser tomber à un moment où le risque c'est que dans 3 semaines 4 semaines on ait Jordan Bardella à Matignon très peu pour moi
vous restez à ses côtés juste un dernier mot vous êtes peut-être les français ne le savent pas le demi-frère de Pierre Lescure homme de télé ancien patron de Canal Plus il vous donne des conseils quand vous passez à la télé ou vous échangez avec lui
oui ça lui arrive de me dire là-dessus t'as peut-être été un peu trop ceci ou un peu trop cela moi je vais vous dire surtout j'ai énormément d'admiration pour lui parce que Pierre Lescure c'est Canal Plus Canal Plus j'avais une quinzaine vingtaine d'années quand ça a été créé et ça a été la libération de toute génération moi je me souviens de cette période on a eu les radios libres on a eu la fête de la musique on a eu Canal Plus et il y avait un vent de liberté dans les médias qu'il ne faut pas oublier j'aimerais qu'on le retrouve parfois on est dans des médias souvent un peu violents extrêmement vindicatifs
vous pensez à quoi ?
y compris d'ailleurs sur des chaînes qui sont maintenant dans le groupe Canal Plus qui ont je dirais un peu changé d'attitude moi je suis pour la liberté je suis pour que tout le monde s'exprime comme il le souhaite mais la capacité de médias grand public à là encore rassembler des gens qui ne pensent pas la même chose nourrir le débat on le fait aujourd'hui challenger les uns les autres mais créer aussi un peu de plaisir un peu de bonheur créer une France qui est capable de se projeter et pas seulement de se rabougrir et de se renfermer moi ça reste un très beau souvenir des années 80 et notamment de l'explosion des médias libres de l'époque Radio Nova Oui FM J'en passe et des meilleurs la fête de la musique et oui Canal Plus ça a été un vent de fraîcheur et pour ça merci à ceux qui l'ont porté notamment à Pierre Lescure
et dans les choses qui vous enthousiasment c'est votre carte blanche Roland Lescure pourquoi est-ce que vous voulez nous parler on me dit de l'esprit canadien
en fait ça recoupe un peu ce qu'on disait il y a un peu plus d'un an en décembre dernier Marc Carnet est venu me voir je le connaissais de nos vies passées il était gouverneur de la banque du Canada et moi à l'époque je travaillais au Canada ça a été dit il passe me voir pour boire un café il me dit j'hésite à me présenter est-ce que tu penses que je devrais y aller je dis bah évidemment que tu devrais y aller j'ai vécu ça tu vas apprendre plein de choses il me dit oui mais je vais perdre je dis bah au moins tu vas apprendre un mois et demi plus tard il était élu premier ministre du Canada avec une majorité casée absolue alors qu'il partait avec 20% d'écart dans les sondages ce que j'ai vu dans ce retournement spectaculaire c'est qu'un il n'y a jamais rien d'acquis je ne crois pas à la fatalité quand on veut on peut et surtout quand on affirme avec force des valeurs parce qu'il n'y a pas plus canadiens que Marc Carnet mais il a fait sa campagne en disant Canada strong le Canada sera fort et on est capable à la fois d'affirmer la force d'une nation au fond la force d'un peuple en restant ouvert sur le monde et en restant rassembleur et je pense qu'en France on est capable de faire ça aussi et je dois vous avouer quand je suis rentré du Canada après 10 ans j'ai eu l'impression que parfois on avait du mal à avoir cet esprit moi je suis souvent qualifié un peu d'optimiste avec un sourire
on l'entend ce dimanche
mais oui mais voyez dans vos petits tons on l'entend ce dimanche mais oui et je pense que de l'optimisme ça ne nuit pas si c'est accompagné de la détermination et de la force de l'action parce que le pessimisme le défaitisme le misérabilisme on se fait plaisir 5 minutes mais on va pas très loin mais c'est qu'il faut de candidats
en 2027 avec ce portrait robot
écoutez je pense qu'il y a des candidats potentiels d'extrême qualité qui sont en train d'émerger mais aujourd'hui moi mon rôle c'est de s'assurer que la piste de décollage des candidats en question elle sera à peu près nettoyée dégagée et donc on verra d'ici là mais entre temps on a pas mal de boulot et c'est là dessus que je vais me concentrer
et vous êtes le patron de BR6 qui nous emmène au grand débat de 2027 questionné par Françoise Fressos Françoise on parle du pouvoir d'achat
vous avez beaucoup parlé de projection d'optimisme et dans cette question là il y a aussi la question du pouvoir d'achat c'est à dire la possibilité pour les français de dire il y a un ascenseur social pour moi il y a une question aujourd'hui qui divise les experts en tout cas personne n'a trouvé la solution quand un employeur verse 100 euros de salaire le salarié en perçoit 54 euros il y a 50 ans c'était 70 euros cela veut dire que toute augmentation de salaire coûte beaucoup plus cher à l'employeur qu'elle ne rapporte aux salariés est-ce que vous le rôle en l'escure vous avez une solution pour essayer de réduire un peu ce gap et redonner espoir aux français parce que c'est vraiment le sujet de préoccupation numéro 1 et c'est là dessus aussi que le rassemblement national continue à progresser et si je peux me permettre j'aime beaucoup comment vous avez posé la question parce que le sujet ce n'est pas juste le pouvoir d'achat de la semaine prochaine qu'est-ce que vous faites pour baisser tel impôt c'est comment on introduit un vrai ascenseur social qui fait quand on entre dans le marché du travail on a des perspectives on a des dynamiques et aujourd'hui c'est vrai que du fait essentiellement de la démographie on a de gens de plus en plus de retraités et de moins en moins d'actifs en proportion mais aussi du fait du chômage qui même s'il a baissé reste encore élevé et du fait du mode de financement de la protection sociale qui repose quasi exclusivement sur le travail vous avez entre guillemets de moins en moins de travailleurs qui payent pour en plus en plus de monde et donc ça il faut que ça change et donc il faut revoir le mode de financement de la protection sociale et là encore je pense que c'est plus un sujet pour 2027 mais c'est quoi la solution est-ce que c'est de la TVA est-ce que c'est de la CSG est-ce que c'est autre chose complètement différent moi je pense qu'il faut qu'on je dirais qu'on prenne le temps du débat et je veux pas botter en touche mais si le ministre de l'économie et des finances vous dit aujourd'hui voilà ce que j'aimerais qu'on fasse ça va apparaître comme une annonce de plus qui tuera le débat moi je pense que ce débat on doit avoir lieu et tous les outils que vous avez mentionnés doivent être sur la table est-ce que c'est les consommateurs qui doivent payer avantage c'est que vous taxez aussi les importateurs parce que quand vous consommez des produits Chine et que vous financez si vous financez une partie de la protection sociale par de la TVA la Chine va financer une partie du modèle social soit vous le faites sur le capital le débat sur la base de la taxation du revenu est-ce qu'on doit faire plus de taxation sur le capital donc ce débat il doit être ouvert mais il faut pas oublier une chose aussi c'est que plus on travaillera plus on sera prospère et quand je dis plus on travaillera c'est moins de chômage c'est aussi sans doute travailler plus longtemps débat sur les retraites c'est être capable peut-être aussi d'avoir recours à l'immigration dans certains secteurs parce que dans l'industrie qui est le plus beau secteur pour bénéficier de l'ascenseur social que vous mentionnez les directeurs d'usines qui ont commencé manutentionnaires il y en a partout en France et pour ça on a besoin d'un million de personnes pour renforcer nos capacités industrielles il y en a sans doute qui viennent dans l'étranger macroéconomique ce dont je vous parle c'est vraiment la personne qui est dans l'entreprise et qui se dit au fond j'arriverai pas à avoir un salaire qui me garantira à un moment d'avoir un logement et de vivre mieux que mes parents ont vécu et ça c'est vraiment le sujet qui tarot de la société vous avez tellement raison c'est à dire que la personne que vous mentionnez aujourd'hui c'est quelqu'un qui travaille et qui au fond a l'impression a raison de payer pour tout le reste on paye pour nos enfants c'est très bien l'école gratuite mais on paye on paye pour nos retraités on paye pour la santé et les seuls qui payent c'est ceux qui travaillent il faut élargir cette base mais vous voyez le problème c'est que le 2017 c'était la promesse de on rompt avec les rentes on essaye de faire de la mobilité on remet l'ascenseur social en marche et ça c'est quand même un gros échec alors c'est pas un échec parce qu'on n'a jamais créé autant d'entreprises en France il y a un million d'entreprises qui sont créées tous les ans
il y a combien d'entrepreneurs
mais oui mais et alors et alors que des gens saisissent de la capacité à auto-entreprendre c'est très bien et on n'a jamais autant eu d'apprentis en France on a créé de l'emploi industriel mais en revanche là où je vous rejoins c'est qu'on n'a pas été assez loin il faut qu'on aille plus loin puisqu'on a encore 7% de chômage l'héritage on a un sujet mais sans doute par exemple sur l'héritage en tout cas sur les gros héritages on a un sujet mais c'est un vrai sujet de société sur est-ce qu'on a une capacité à avoir une vraie solidarité intergénérationnelle moi j'entends qu'il faut préserver le pouvoir d'achat des retraités mais quand je parle avec des retraités qui sont pour la plupart d'entre eux des grands-parents mais ils ont envie d'aider leurs enfants et leurs petits-enfants donc tous ces débats-là il faut les avoir à l'occasion de 2027 j'allais dire sans tabou moi j'ai écrit un petit bouquin il y a 3 ans qui s'appelait Totem et tabou dépassons-la je rentrais du Canada j'avais l'impression de retrouver une France qui était incapable de parler des fonds de pension de l'argent de la fin de vie des discriminations tous ces totems et tous ces tabous il faut les bousculer en 2027 il faut s'interdire aucun débat
ça c'était la mission d'Emmanuel Macron excusez-moi et on a commencé
mais évidemment en 10 ans on n'a pas tout fait et je pense que le suivant ou la suivante quel qu'il soit ou quel qu'il sera il aura encore du boulot ça je vous le confirme
sur l'industrie vous dites on crée beaucoup d'emplois industriels là la désindustrialisation est en train de s'accélérer j'ai une question précise je ne voudrais pas finir cette émission sans la poser pour les salariés de Brandt qui 700 salariés qui se retrouvent en liquidation judiciaire avant Noël à Noël il y a eu la proposition de Thomson qui dit je peux reprendre 150 salariés c'est vous qui regardez ça
avec Sébastien Martin on va regarder ça très près c'est à dire que nous on regarde évidemment toutes les propositions c'est la bonne piste à ce stade on n'a pas encore de détails suffisants pour se dire c'est solide ou pas je l'ai fait pendant 2 ans et demi quand j'étais à l'industrie on est capable de sauver des boîtes on a sauvé Duralex on a sauvé Carlyde à Tourcoing à 3 conditions 1. qu'on est un repreneur solide 2. qu'on est un plan d'affaires sérieux et 3. que les élus et les syndicats les salariés soient associés à tout ça à ce stade je n'ai pas encore ces conditions mais si elles sont réunies évidemment on aidera
allez c'est la fin de cette émission on passe au vrai ou faux des affirmations vous me dites vrai ou faux mercredi vous suivrez à la télévision les obsèques de Brigitte Bardot vrai ou faux ?
faux
ça vous agace qu'on dise qu'Amélie de Montchalin vous vole la vedette à Bercy vrai ou faux ?
c'est pas le cas on travaille très bien tous les deux vrai ou faux peu importe c'est pas le sujet ni pour elle ni pour moi
de plus en plus de patrons français vous disent qu'ils envisagent que le Rassemblement National gagne la présidentielle en 2027 vrai ou faux ?
ils ne me le disent pas mais j'entends qu'ils le disent à d'autres donc possiblement vrai et dommage
le front républicain face au RN ça ne sert plus à rien vrai ou faux ?
faux
Georges Clounet naturalisé ce qu'on peut regretter c'est qu'il va continuer à payer l'essentiel de ses impôts aux Etats-Unis vrai ou faux ?
non faux c'est très bien qu'il vienne venez les chercheurs les artistes les avocats venez en France on y vit bien et on y prospère bien
et il paye ses impôts où alors ?
en fait il doit en payer localement puisqu'il est propriétaire local donc à mon avis il paye des impôts locaux je ne suis pas responsable de sa feuille d'impôts mais à mon avis il en paye
vous prenez très au sérieux ce que dit Patrick Sébastien qui a créé son mouvement politique ça suffit vrai ou faux ?
faux
vous utilisez régulièrement une intelligence artificielle vrai ou faux ?
faux mais mes équipes le font
il faudrait une dose de capitalisation dans notre système de retraite vrai ou faux ?
ouais
Roland Lescure vous avez été l'invité de questions politiques merci à vous un excellent dimanche aux auditeurs et aux téléspectateurs merci à vous
merci à vous merci à vous merci à vous
Roland Lescure