Alerte : Fabien Roussel est redevenu communiste
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:26RelanceÉludée
Est-ce que la France insoumise attise la violence selon vous ?
- 4:15FerméeRéponse directe
Est-ce que pour vous, la France insoumise attise la violence, oui ou non ?
- 5:09FerméeRéponse directe
Est-ce que oui ou non, comme le pointe le gouvernement, la France insoumise attise la violence à vos yeux ?
- 5:21OuverteRéponse partielle
Mais pourtant, vous êtes bien différencié de Badi Bagayoko qui a dit que la violence était légitime.
- 6:42OuverteRéponse partielle
Vous comparez Bruno Retailleau à Vladimir Poutine ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:12PrésentateurChiffre
« il avait manqué 422 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour devancer Marine Le Pen et accéder au second tour. »
- 6:54InvitéFait
« Dès 1922, des partis fascistes en Italie, puis en 1936 en Espagne, ont interdit le parti communiste français, ont mis en place des tribunaux militaires fascistes pour condamner les partis communistes. »
- 7:18InvitéFait
« C'est ce qu'a fait Poutine en Russie. »
- 10:22InvitéFait
« il faudrait presque un tribunal populaire pour les accuser. »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- Invité23 %
- ?4 %
- Locuteur non identifié3 %
- Locuteur non identifié 22 %
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Bonjour
et bienvenue dans le récap. Nous sommes le mercredi 7 octobre et si la présidentielle nous réserve un tas de surprises, souvent mauvaises qu'on se le dise, parfois
une
lueur d'espoir apparaît dans la pénombre de nos turpitudes politiques. Le genre d'événements auxquels on ne s'attendait plus et qui tendent à relever le niveau abyssalement bas auquel on est habitué. Mais mesdames et messieurs, fin du suspense, Fabien Roussel a enfin retrouvé sa boussole politique. Ah bah il était temps,
me
direz-vous sûrement, et vous auriez raison. Après une longue, très longue traversée du désert, faite de prises de positions désastreuses et d'une dérive rouge-brun affirmée, on avait fini par ne plus attendre grand-chose du secrétaire national du PCF. Il faut dire qu'à force de prendre des chemins de traverse, Fabien Roussel avait fini par donner l'impression d'avoir égaré la carte du communisme quelque part en route, si bien qu'il était devenu l'homme de gauche préféré des droitards. Quel beau palmarès ! Alors ça en dit long quand même, ce qui lui a d'ailleurs valu quelques hostilités au sein des rangs de la gauche militante.
Et
pourtant, depuis son entrée officielle en campagne, quelque chose semble avoir changé. Fabien Roussel semble soudain se souvenir qu'il est communiste. Comme quoi, une présidentielle peut parfois faire des miracles. Et avant de continuer cette chronique, je vous rappelle que Le Média doit rapidement réunir 10 000 donateurs mensuels pour pouvoir continuer à vous informer. C'est à partir de 3 euros par mois, c'est vous qui choisissez le montant de votre contribution selon vos moyens. Et puis c'est évidemment déductible des impôts. Toutes les infos sont à retrouver sur capsurdica.lemédiatv.fr.
Alors si vous voulez qu'on continue l'aventure Le Média qui dure depuis 10 ans, c'est maintenant qu'il faut nous aider. Et on retourne au récap, fin de la réclame. Le grand tournant à gauche de Fabien Roussel s'est amorcé à la fête de l'humanité. Comme quoi, ça a du bon de passer un week-end entouré de ses camarades à force de baigner dans le rouge. Ça finit peut-être par déteindre un peu. Et visiblement, le traitement a quand même fonctionné. Sur la grande scène, lors de son meeting, le candidat Roussel appelait sans détour à faire la révolution.
Je me présente devant vous aujourd'hui à cette fête de l'UMA pour lancer un appel.
Je
ne souhaite pas que l'on attende les élections présidentielles pour que ça change. Je vous propose de passer à l'action maintenant. Je vous propose de...
Bon, on notera quand même qu'une séquence comme celle-là aurait probablement valu à d'autres forces de gauche plusieurs semaines de procès médiatico-politiques pour incitation à la violence, sédition et autres grands classiques du genre. Pour Roussel, en revanche, c'est passé relativement crème. Et tant mieux, parce que ce genre de sortie a aussi une vertu politique bien réelle. En assumant de remettre sur la table des mots et des idées que le débat public avait reléguées aux oubliettes, le communiste contribue à redéplacer la fenêtre d'Overton, mais vers la gauche, cette fois, et ça ne
fait
pas de mal. Vu l'endroit où elle s'est retrouvée ces dernières années, il était peut-être plus que temps de repousser les murs. Alors, dans la même veine, Fabien Roussel a livré un petit moment de résistance sur le plateau de BFM TV, malgré les trésors d'insistance déployés par les deux journalistes, pour lui faire endosser le récit selon lequel la France insoumise attiserait la fameuse scolaire des lycéens. Alors, Roussel répond clairement que non, dès la première question. Et visiblement, la réponse ne correspond pas du tout à ce qu'on était venu chercher.
Alors, les intervieweurs insistent une fois, deux fois, trois fois, puis quatre, cinq, six, jusqu'à dix tentatives pour lui faire sortir la petite phrase qui débine la concurrence. Mais rien n'y fait. Roussel ne mord pas à l'hameçon. –
Sébastien Lecornu voit LFI et ses proxys de gauche, je cite le Premier ministre, à l'origine du mouvement.
–
Oui,
c'est incroyable. On a des renseignements généraux, des services secrets qui disent que les syndicats sont à l'origine de manifestations.
– Non, la France insoumise.
– Oui, non.
– Et ses
proxys de
gauche. –
Franchement,
ils ont bossé. – Mais est-ce que pour vous, la France insoumise attise la violence, oui ou non ? – Non,
non.
Non, arrêtez. – Oui ou non ? – Non,
non,
non. Non, je vais vous parler des organisations de jeunesse.
– Mais la France insoumise… – Des syndicats d
'enseignants.
–
Non, laissez-moi finir, M. Daré.
–
Allez-y.
–
Ceux qui, aujourd'hui, sont à l'initiative de ces mouvements sont des organisations de jeunesse. Des syndicats d'enseignants, je vous ai parlé du lycée de Créteil, qui ont été à l'origine du
Premier mouvement. – Mais la question, c'est est-ce que la France insoumise attise le feu ? – Mais je
vais vous parler de la jeunesse communiste.
–
Mais vous n
'avez
pas répondu
à la question.
– La jeunesse, mais je vais vous parler de ce que l'on fait.
–
Vous
avez remarqué qu'il y a des députés LFI qui sont présents. –
Mais les élus, les députés communistes aussi sont présents
pour aller discuter avec les enseignants,
avec les lycéens, non pas pour aller brûler des poubelles, mais pour faire émerger les revendications.
– Mais
est-ce que
oui ou non, répondez à
l
'exemple, est-ce que oui ou non, comme le pointe le gouvernement,
est
-ce que oui ou non, la France insoumise attise la violence à vos yeux ? Oui ou non ? – Non. Voilà.
Je
peux passer à
la suite ? – On peut continuer,
il n'y a pas de souci. – Je vais
vous parler
maintenant…
– Mais pourtant, vous êtes bien différencié de Badi Bagayoko qui a dit que la violence était légitime. Vous avez dit non, il n
'y a
jamais
de
violence légitime.
–
Oui, d
'accord, mais c'est parce que je ne veux pas rentrer dans ce piège dans lequel vous voulez m'emmener, d'attiser, de stigmatiser une force politique, alors que ceux qui sont à l'origine de ce mouvement sont des lycéens, des organisations lycéennes.
–
Alors d'ordinaire, il ne faut pas beaucoup le pousser, Fabien Roussel, pour qu'il tape sur les insoumis. Il y a encore quelques mois, ce n'était pas le dernier, pour hurler avec les loups, mais depuis son entrée en campagne, le candidat Roussel semble avoir radicalement changé de stratégie et visiblement, BFM n'avait pas reçu la mise à jour. Alors pourtant, s'il prêtait un peu d'attention aux productions du Média, il le saurait déjà. Léon Desfontaines, le porte-parole du Parti communiste, l'avait très clairement expliqué sur notre antenne. Encore fallait-il regarder.
– Si on veut aller chercher des électrices et des électeurs qui sont soit abstentionnistes, soit qui votent Rassemblement National aujourd'hui, on ne le fera pas par des petites punchlines par médias interposés, on le fera par le débat respectueux et encore une fois, ne nous trompons pas d'adversaire. Notre adversaire, c'est l'extrême droite, c'est la droite et c'est la résignation, l'abstentionnisme.
–
Alors Fabien Roussel ne s'est pas arrêté là, le communiste a aussi profité de sa tribune chez BFM pour renvoyer Bruno Retailleau, l'anecdotique candidat LR à la présidentielle, dans les cordes de son propre fascisme. Il est revenu sur la fameuse proposition d'interdire LFI, encore eux, formulée la semaine dernière en rappelant, à raison, que ces méthodes sont dignes des pires régimes dictatoriaux. On l'écoute.
– Dès 1922, des partis fascistes en Italie, puis en 1936 en Espagne, ont interdit le parti communiste français, ont mis en place des tribunaux militaires
fascistes
pour condamner les partis communistes. –
Bruno
Retailleau est un fasciste ? – Non mais je peux vous
dire que l
'interdiction des partis sont le symbole
des
régimes dictatoriaux. C'est ce qu'a fait Poutine en Russie.
C
'est ce que… Ben oui, je veux dire, quand on interdit des partis…
– Mais donc vous comparez
Bruno Retailleau à Vladimir Poutine ? – Ah ben on peut,
oui. Est
-ce
que
je
peux
aller
sur ma
démonstration ?
– Pour autant, le candidat PCF n'a pas complètement revu sa copie. S'il semble avoir décidé de reléguer les guéguerres internes de la gauche au second plan durant sa campagne, pas question pour lui de s'effacer du paysage politique. Pour autant, depuis le début des discussions entre les forces de gauche en vue de la présidentielle, il y a des mois, les communistes se sont tenus à distance, comme elle est fille d'ailleurs. Ils n'ont jamais pris part, on le rappelle, au projet unioniste si cher à Marine Tourdelier et Olivier Faure, entre autres.
Et maintenant que l'Union est officiellement enterrée et que Jean-Luc Mélenchon est donné largement en tête des forces de gauche, Fabien Roussel, il n'entend pas pour autant s'effacer. Il veut porter ses idées, défendre sa ligne et laisser les Français trancher dans les urnes. –
Jamais je ne me retirerai, je
vous réponds clairement, jamais, jamais, jamais, jamais, jamais parce que nous avons un projet, nous avons des différences, des nuances et des différences avec les autres forces de gauche, fortes, importantes, avec la France insoumise, avec le Parti socialiste ou les écologistes. Je demande aux Français
de
s'intéresser à ce débat à gauche
et
de choisir le candidat dont ils se sentent le plus proche pour nous donner de la force. Et en fonction du rapport de force à gauche, c'est là où on détermine les idées qui présideront demain à la reconstruction de la France. Et c'est comme ça qu'on compose un gouvernement. Si aujourd
'hui
vous dites que les Français ont peur de Jean-Luc Mélenchon, ils ne voteront pas pour lui, ils voteront peut-être pour moi. Laissons les choisir. Et donc je souhaite que le débat, il ait lieu, puis on verra après.
– Alors aucun doute que le maintien de Roussel fera jaser. Certains ne manqueront pas de l'accusé de prendre le risque de faire perdre la gauche, avec derrière cette petite musique le souvenir encore bien vivace de 2022 à l'époque, et où il avait manqué 422 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour devancer Marine Le Pen et accéder au second tour. Des centaines de milliers de suffrages qui s'étaient alors répartis entre les autres candidatures de gauche, souvent sous les 5%, n'est-ce pas ? Pour autant, la droite et le centre cette année seront probablement confrontés au même type de dilemme, il faut le dire, vu le nombre de candidats potentiels sur la liste de départ.
Alors à ce stade, rien n'est joué. Et en tout cas, Roussel veut exister. Et si c'est pour aller titiller Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche et le tirer à gauche, eh bien ne comptez pas sur moi pour l'en dissuader. D'ailleurs, on l'a vu avec sa proposition à Roussel de nationalisation de Total, sur laquelle le candidat insoumis n'est pas aligné. C'est un exemple, mais c'est un exemple important. Comme quoi, il
y a
visiblement encore de la place à gauche pour se livrer une petite bataille. Mais celle-là, au moins, elle a le mérite de porter sur le fond plutôt que de consister à expliquer pourquoi l'autre serait le problème. Ça change, avouez. Et puisqu'on parle des propositions de Roussel, une autre est assez intéressante. Dans une tirade pointant les responsabilités des différents ministres dans les révoltes lycéennes, le communiste a suggéré qu'il devrait rendre des comptes devant un tribunal populaire. Est-ce que vous demandez
au ministre
de démissionner
? Bon, il y en a eu huit,
mais
il y en a eu huit en l'espace de dix ans.
Il
peut démissionner, ça ne change pas.
C
'est la politique qui doit changer. C'est la politique qui doit changer. Or, aujourd'hui, on met en accusation des parents de manière humiliante.
Je
dis moi
que
le gouvernement doit être mis en accusation d'avoir abandonné nos enfants.
Ils
ont été abandonnés. Ils ne sont pas responsables. On ne peut pas les mettre sur une chaise, les huit ministres, dont Gabriel Attal,
en
leur disant, c'est de votre faute, c'est vous qui avez fait ça.
Si
je me laissais emporter, je dirais, il faudrait presque un tribunal populaire pour les accuser. Pas pour les mettre en prison. Mais c'est ça, quelque part. Ils sont au tribunal, ces parents ? Mais moi, je mettrais les huit ministres de la même manière, avec des parents devant eux, pour leur dire, voilà ce que vous avez fait à nos enfants.
Alors, ne soyons pas dupes, cet envolé lyrique est probablement un peu démago et électoraliste, mais entendre Fabien Roussel défendre ce type de position, résolument de gauche, eh bien, ça reste important. Parce que lorsque ces mêmes idées sont quasi exclusivement portées par des représentants de la France insoumise, puisque les partis d'extrême-gauche sont très, très, très rarement conviés sur les plateaux télé, il faut bien le dire, eh bien, elles sont très vite caricaturées, voire carrément instrumentalisées comme une menace existentielle pour la République et le pays.
Bah oui, à force de déplacer la fenêtre d'Overton vers la droite, voire vers l'extrême-droite, on en est arrivé à une situation complètement absurde où des propositions de gauche, qui auraient été considérées comme modérées il y a encore à peine quelques décennies, eh bien, elles se retrouvent aujourd'hui estampillées comme extrémistes, dangereuses, voire farfelues. Alors forcément, quand Fabien Roussel porte à son tour ce type de proposition radicale, au sens le plus noble du terme, lui d'ailleurs, ou d'autres responsables de gauche, ne désespérons pas, eh bien, ça a le mérite de remettre les pendules à l'heure.
Il devient soudainement, évidemment, plus compliqué de nous expliquer que le problème, ce sont les idées en elles-mêmes et de faire passer au passage LFI pour une secte d'illuminés dangereux. Alors oui, on pourra toujours discuter de la sincérité de cette mue, de la stratégie électorale derrière et de la part de démagogie dans certaines sorties, mais au moins, pour une fois, on parle de propositions, de désaccords politiques et de visions différentes de la gauche plutôt que de passer son temps à expliquer pourquoi l'autre serait le problème.
Et finalement, après des années à multiplier les détours, Fabien Roussel semble avoir trouvé quelque chose qu'on croyait définitivement perdu, sa boussole communiste. Reste maintenant à savoir combien de temps elle tiendra, parce qu'après avoir longtemps été le communiste préféré de ceux qui n'aiment pas vraiment les communistes, il va falloir vérifier que cette fois, l'aiguille pointe bien, bien à gauche et surtout qu'elle y reste.
Merci
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