Grève des sapeurs-pompiers : "On a bon espoir que ça change", confie un syndicat
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
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- 0:32OuverteÉludée
Ça fait 20 jours que cette grève a commencé chez les pompiers. Vous n'avez pas l'impression qu'elle ne sert à rien ?
- 0:42RelanceRéponse partielle
Mais ça fait quand même 20 jours que vous avez porté vos réclamations au gouvernement. Monsieur Nunez vous y a répondu, et depuis rien.
- 1:03RelanceRéponse directe
Et vous en arrivez désormais à camper sous la tour Eiffel. D'autres pompiers vont défiler dans Paris aujourd'hui. Pour l'instant, je le disais, le gouvernement n'a absolument pas répondu à vos demandes. Vous pensez que ces nouvelles actions peuvent changer quelque chose ?
- 1:47RelanceÉludée
Vous demandez des moyens supplémentaires, des effectifs et des moyens financiers. Comment on finance toutes ces mesures alors que le gouvernement cherche 54 milliards d'euros d'économie pour l'année prochaine ?
- 2:24FerméeRéponse partielle
Il y a une crise de vocation chez les pompiers ?
- 2:40FerméeRéponse directe
Vous avez du mal à vivre au quotidien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53InvitéPromesse
« On espère qu'en fait, avec les budgets qui ne vont pas tarder à se voter, donc fin septembre, début octobre, quelque chose puisse bouger. »
- 3:06InvitéChiffre
« On voit que cet été, il y a eu plus de 2050 hectares qui ont été brûlés avec quand même 950 pompiers par pic sur place »
- 3:28InvitéFait
« le feu a été vraiment considéré comme éteint à partir de fin août »
- 5:50PrésentateurChiffre
« Ou selon la CGT, vous êtes passé de 1200 à 1000 pompiers en 15 ans ? »
Temps de parole
- Invité55 %
- Présentateur30 %
- ?9 %
- Présentateur 25 %
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Ici Paris-Ile-de-France,
pour
bien commencer la journée, ici Matin. Il est 7h44, des pompiers, 24h sur 24, au pied de la Tour Eiffel à Paris, nouvelle action de la profession, pour crier le ras-le-bol des soldats du feu après déjà 20 jours de grève. On en parle, Valentine Letesse, avec l'invité d'Ici Matin. Bonjour Jean-Michel Dadi. Bonjour. Secrétaire général du SPAS, dit CFTC National. Ça fait 20 jours que cette grève a commencé chez les pompiers. Vous n'avez pas l'impression qu'elle ne sert à rien
? On
ne
pourra
pas dire qu'elle ne
sert
à rien, sinon on
ne
serait pas là aujourd'hui. On arrêterait tous les mouvements de grève, si on n'y croyait pas.
Mais ça fait quand même 20 jours que vous avez porté vos réclamations au gouvernement. Monsieur Nunez vous y a répondu, et depuis rien.
On
espère qu'en fait, avec les budgets qui ne vont pas tarder à se voter, donc fin septembre, début octobre, quelque chose puisse bouger. On va essayer de leur donner des clés pour
pouvoir
nous donner les moyens.
Et vous en arrivez désormais à camper sous la tour Eiffel. D'autres pompiers vont défiler dans Paris aujourd'hui. Pour l'instant, je le disais, le gouvernement n'a absolument pas répondu à vos demandes. Vous pensez que ces nouvelles actions peuvent changer quelque chose
? Comme
je dis, on a bon espoir que ça change. Si on n'y croyait pas, on ne serait pas là à essayer de manifester, à essayer de trouver des moyens. Et on est là justement pour en discuter.
Et
l'intersyndicale, en fait, avec la fonction publique mardi, va nous aider
justement. Vous allez
rejoindre la grève demain de toute la fonction publique.
C'est ça,
tout à fait. Donc au début, on voulait faire un cortès simplement avec nous, et ensuite avec la fonction publique complète, pour justement avoir plus de ploi global, pour pouvoir justement
avoir
un maximum de budget.
Vous
demandez des moyens supplémentaires, des effectifs et des moyens financiers. Comment on finance toutes ces mesures alors que le gouvernement cherche 54 milliards d'euros d'économie pour l'année prochaine
?
Comment ça ? Malheureusement, ce n
'est
pas moi qui suis un membre du gouvernement, donc je ne pourrais pas exactement vous répondre de comment. Nous, ce qu
'on
voit sur le terrain, simplement, c'est que plus ça va, plus on a un nombre d'interventions importants.
Il
y a de moins en moins d'engagement volontaire, de moins en moins une vocation où les pompiers professionnels veulent s'engager, ou du moins durent moins longtemps sur le terrain.
Il y
a
une crise de vocation chez les pompiers
? Est
-ce qu'on peut appeler ça une crise ? Je ne
suis
pas sûr qu'il y ait une crise. C'est-à-dire qu'en gros, les gens aujourd'hui se disent quel est l'intérêt
de
venir chez les pompiers si derrière,
on
n'est pas soutenus et on n
'a
pas les moyens de faire tout notre travail correctement.
Et
de vivre
? Vous
avez du mal à vivre au quotidien ?
C'est sûr qu'on fait attention à la fin de mois comme tout le monde,
je
pense, mais comme la plupart des Français. Il n
'y a
pas que les pompiers qui se sont touchés par rapport à ça.
Et vous dénoncez une logistique notamment défaillante pendant l'incendie de Fontainebleau dû à cette
crise
et ce manque de moyens. Vous parlez de quoi exactement
?
En fait, à Fontainebleau, ce n
'est
pas une crise défaillante.
C
'est qu'on sait que plus ça va, plus il va y avoir des grands feux de forêt qui vont arriver. On voit que cet été, il y a eu plus de 2050 hectares qui ont été brûlés avec quand même 950 pompiers par pic sur place et, comme je dis, des opérations qui durent des semaines. On a dit, parce que j'ai pris des notes, que le feu a été vraiment considéré comme éteint à partir de fin août.
C
'est quelque chose qui s'étale sur des mois
et
donc il va falloir adapter nos matériels et nos personnels à ces problématiques.
Et comment on fait alors
?
Plus de moyens, plus de personnel, plus de budget.
On a des nouvelles techniques qui coûtent plus cher ? On a des nouveaux outils aujourd'hui qui nous auraient permis de maîtriser cet incendie de
Fontainebleau plus vite ? Déjà, on essaie
de se moderniser sur nos matériels. Certains SIS, justement, achètent de nouveaux camions feux de forêt, de camions ruraux. Après, pour la campagne, justement, de feux de forêt à Fontainebleau, on a pu compter aussi énormément sur tout ce qu
'ils
vont être agriculteurs
avec
leur tonne à eau, où eux font du noyage de lisière,
qui
était un travail exceptionnel. Mais pourquoi pas, peut-être plus tard, les pompiers achetaient du matériel comme celui-ci. Alors,
je
ne
dis
pas que c'est la solution miracle,
mais
ça peut faire partie de certains moyens.
Et
pour avoir plus d'argent, est-ce qu'il faudrait privatiser les pompiers comme aux États-Unis
? Ça,
c'est une grande question, je ne pourrais pas vous dire. C
'est ce qui nous prend au
nez ?
Je vais défendre mon métier, donc moi, je vais dire non.
Mais vous pensez que c'est quelque chose qui
pourrait être envisageable à l'avenir, vu que l'État n'investit pas, selon vous ?
Aujourd'hui, on voit bien que les sapeurs-pompiers font du feux de forêt, du secours à personne, de l'incendie bâtimentaire. Les ambulances privées, aujourd'hui,
prennent
en charge les carences. Peut-être que demain, il y aura des entreprises qui feront de
l
'incendie pour aller sauver les maisons des personnes qui ont
peut-être
un petit peu plus d'argent ou autre, en fait. Mais ça,
je
ne pourrais pas vous confirmer.
Dans
son projet de loi pour moderniser la sécurité civile, justement, le gouvernement a proposé d'alléger vos missions sur le secours à personne.
Ce
n'est pas
suffisant
?
Le problème, c'est qu'en fait, c'est très aléatoire.
C
'est que lorsqu'il y a des grands incendies, par exemple, ou des interventions de grande ampleur comme celle-ci, on voit que, par exemple, le SAMU fait un stop carence, ça s'appelle. C'est-à-dire qu'on a beaucoup moins d'appels pour du secours à victimes.
Et
donc, en fait, ils arrivent à faire une régulation. Mais en fait, ce qui serait bien, c'est qu'ils arrivent à faire ça toute l'année. C'est-à-dire qu'on n'est pas à aller, par exemple, s'occuper malheureusement d'un enfant qui a simplement des piqûres de moustiques. Parce que c
'est
des interventions qui peuvent arriver. Donc, sinon,
s'ils arrivent à réguler... Et vous le voyez dans
votre quotidien dans l'Essonne ? Vous êtes basé vous-même dans l'Essonne ? Oui. Ou selon la CGT, vous êtes passé de 1200 à 1000 pompiers en 15 ans ? Comment vous faites au quotidien
? Eh
bien, on a des effectifs en mode des centres de secours. C'est-à-dire que, par exemple, je vais vous donner un centre de secours comme
il
peut y avoir dans toutes les zones. Un effectif théorique, ça va par exemple être 9 pompiers de garde la journée et 9 la nuit. Peut-être qu'ils vont se retrouver simplement à 7 voire 6 la journée et la nuit.
Donc,
le problème, c'est qu
'il
y
a
un manque d'effectifs. Donc, plus de redondance au niveau des interventions, plus de citations opérationnelles.
Donc, c'est quoi ? On envoie
des pompiers épuisés en intervention ?
Potentiellement, oui.
Très bien. Merci beaucoup
Jean-Michel Daly. Vous
êtes représentant des pompiers syndicalistes pour représenter les pompiers au SPACE 10 CFTC national et invité en direct d'ici matin. Je rappelle que les pompiers défilent dans Paris aujourd'hui et qu'ils participent demain à la grève de la fonction publique. Merci beaucoup. Tout à fait, merci à vous. Et retour de l'info à 8h sur ICI Paris-de-France. Merci.