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interviewLCI· 23 juin 2022 4 min

Allocution d'E. Macron : la réaction de Jean-Luc Mélenchon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jean-Luc Mélenchon

Le président, ce soir, a réinterprété le paysage politique en partant de l'idée qu'il aurait reçu en avril un mandat clair du pays. Ce n'est pas le cas. Il a été élu en avril parce qu'une majorité de Françaises et de Français ne voulaient pas que l'extrême droite préside notre République. Depuis, les électeurs se sont exprimés. Ils ont en majorité rejeté les propositions des candidats du président de la République. Rien ne peut effacer cette réalité qui est celle du choix des Français. Le choix n'est pas la ratatouille. C'est un choix. Les uns ont opté d'une façon, les autres d'une autre. Dorénavant, il ne peut y avoir d'autre réalité que celle-ci.

L'exécutif est faible, mais l'Assemblée nationale est forte de toute la légitimité de son élection toute récente. A partir de là, rien ne doit permettre de passer à côté de l'exigence démocratique qui s'impose dans tous les pays du monde où existe une démocratie et un Parlement. La Première ministre doit se présenter devant l'Assemblée nationale, présenter un programme d'action et solliciter la confiance de l'Assemblée. Si elle ne l'a pas, cette confiance, elle doit démissionner. Si elle l'a, elle devra ensuite faire des propositions de textes de loi et l'Assemblée en discutera, comme elle a discuté de tous les autres textes de loi dans le passé.

Le Président dit que dans cette hypothèse, il faudra considérer les propositions de chacun. Nous ne le croyons pas. Pourquoi ? Parce que pendant les cinq dernières années, de manière systématique et absolue, tous les amendements présentés par les oppositions ont été rejetés par le gouvernement, en tout cas toutes celles qu'a présenté le mouvement insoumis. Il est donc absolument vain d'essayer de dissoudre la réalité du vote en l'enfumant de considérations et d'appels de toutes sortes qui n'ont pas de sens. Nous sommes pleinement et totalement responsables lorsque, dans une Assemblée, on prend la décision qui paraît conforme à l'engagement qu'on en a pris devant ces électeurs.

Je me répète, inutile de contourner la réalité. Madame la Première Ministre, comme dans toutes les démocraties du monde, doit se présenter devant l'Assemblée nationale et solliciter sa confiance. Si elle n'a pas cette confiance, elle doit s'en aller. Et si elle a cette confiance, elle présentera des textes. Et alors, sur la base des textes, chacun fera, comme il l'a fait dans le passé, les propositions qu'il estime nécessaires et qui sont conformes à l'intérêt général. Personne ne gagnera rien dans des institutions qui viennent de montrer clairement leurs limites et le touhou-bouhu incroyable que crée la juxtaposition d'un pouvoir présidentiel et d'un pouvoir parlementaire.

Que dans de telles institutions, on y ajoute de la confusion par des votes qui sont sollicités d'avance de combine, cela est une erreur totale. L'urgence reste qu'elle était. C'est une urgence sociale. Voyons ce qu'il est possible de faire. Ce que nous avons à dire, nous l'avons déjà dit. Et les électeurs ont élu un certain nombre de députés, non négligeables, vous en conviendrez, pour porter ce programme. Eh bien, c'est de cela dont nous partons et c'est sur cela que nous resterons. La force doit rester à la loi de la démocratie. Le vote de confiance, réussi ou échoué, et ensuite la discussion de textes législatifs.

Il est inutile de gloser au-delà parce que de toute façon, telle est la réalité qui s'imposera. Merci. Merci.

4:23
Locuteur

Merci. Merci. Merci.