" Vous avez une opinion publique chauffée à blanc" note le politologue clermontois Benjamin Morel
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse partielle
Un retour des Gilets jaunes, convergence des luttes, quelle mobilisation, à quoi faut-il s'attendre ?
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250 actions envisagées demain partout en France, selon le ministère de l'Intérieur, à quoi doit-on s'attendre ?
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Des mouvements plutôt encadrés, dans le calme, ou à l'inverse, est-ce que disent les services de renseignement des risques de débordement et de violence ?
- 1:34OuverteRéponse partielle
Les Gilets jaunes, huit ans après, puisque c'est aussi très symbolique ce choix du 17 octobre, vous y croyez à ce retour ?
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Est-ce qu'on peut assister quand même, malgré tout, à une forme de convergence des luttes, en tout cas de pression, justement, sur les politiques à six mois de cette élection ?
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Est-ce qu'on peut s'attendre à une campagne douloureuse à tout le moins tendue, que ce soit dans la rue et même dans les débats politiques en eux-mêmes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« 250 actions envisagées demain partout en France, selon le ministère de l'Intérieur »
- 1:41PrésentateurChiffre
« aujourd'hui, l'essence est à plus de 2,20€, plus de 2,30€ le litre »
- 1:46PrésentateurFait
« À l'époque, c'était 1,50€ et c'est ça qui avait poussé les gens dans la rue »
- 2:43PrésentateurFait
« Emmanuel Macron n'est pas responsable de la crise dans le Détroit d'Orgonde et il ne peut pas grand-chose »
- 3:01PrésentateurFait
« Le gouvernement n'arrive pas à faire passer un budget »
- 4:55PrésentateurChiffre
« On pense que le Rassemblement national a de sérieuses chances d'arriver au pouvoir »
- 5:01PrésentateurFait
« Il y a des divisions dans le bloc central »
- 5:03PrésentateurFait
« On a une poussée de Jean-Luc Mélenchon »
- 5:16PrésentateurFait
« Vous avez qui plus est une opinion chauffée à blanc »
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L
'invité d'ici matin, ce matin avec vous Delphine Marion, on évoque cette grande journée de mobilisation de demain. Un retour des Gilets jaunes, convergence des luttes, quelle mobilisation, à quoi faust-il s'attendre ?
C
'est la question avec ces nombreux rassemblements prévus partout en France, en Auvergne aussi, dans nos quatre départements, dans plusieurs villes. On en parle avec le Clermontois Benjamin Morel, vous êtes constitutionnaliste, maître de conférence et politologue. Bonjour. Bonjour. 250 actions envisagées demain partout en France, selon le ministère de l'Intérieur, à quoi doit-on s'attendre ? Des mouvements plutôt encadrés, dans le calme, ou à l'inverse, est-ce que disent les services de renseignement des risques de débordement et de violence
?
C'est évidemment très compliqué à dire, justement, parce qu'il est assez probable que ce soit des mouvements
assez
peu encadrés. On se souvient de la période des Gilets jaunes. Le gros problème, c'est que comme il n'y
avait
pas nécessairement d'interlocuteurs syndicaux, etc., eh bien, la possibilité d'encadrer, de construire ces mouvements était très limitée. Là, on a plutôt affaire à ça, avec dès lors la difficulté de savoir combien il n
'y
aura personne dans la rue. Parce que quand vous avez un syndicat où il peut y avoir une estimation, on connaît à peu près
qui
fait grève et qui viendra. Là, c'est
beaucoup, beaucoup
plus difficile à dire. On ne s'attend pas nécessairement à une reprise de feu extrêmement forte du mouvement social, même s'il y a évidemment beaucoup de mécontentement. Mais on n'est pas du tout à l'abri d'une surprise. Les Gilets jaunes, huit ans après, puisque c'est aussi très symbolique ce choix du 17 octobre, vous vous y croyez à ce retour ? Aujourd'hui, l'essence est à plus de 2,20€, plus de 2,30€ le litre. À l'époque, c'était 1,50€ et c'est ça qui avait poussé les gens dans la rue.
Je
crois que l'époque a quelque peu changé. On était au début du mandat Macron. Pour ceux qui s'opposaient à cette politique, au fond, l'avenir était encore long et difficile. Là, il y
a
un débouché politique bientôt avec les élections présidentielles.
Or,
on sait que les grands mouvements sociaux,
en
règle générale, se déroulent assez peu avant une élection, tout bêtement. Parce que l'élection, je dirais, représente une forme de débouché politique. Et donc, à partir de là,
de
solutions potentielles, ensuite, si on peut discuter, si elle peut en être une, mais aux crises qui traversent l'opinion. De l'autre côté, les gilets jaunes, on a un prix du carburant qui augmente, mais on a quelque chose qui est voulu. C'est-à-dire qu'il y a la taxe carbone, etc. Il y
a
une politique derrière.
Là,
on est face à quelque chose qui échappe en grande partie aux politiques. Emmanuel Macron n'est pas responsable de la crise dans le Détroit d'Orgonde et il ne peut pas grand-chose, même s'il veut montrer qu'à l'international, il intervient. Et donc, dans ce cadre-là,
ce type
de manifestation risque d'avoir un peu de mal à trouver ensuite une réponse politique.
Le
gouvernement n'arrive pas à faire passer un budget. Il est assez incapable, ne serait-ce que de survivre devant l'Assemblée.
Et
les causes de la crise du carburant échappent en grande partie au gouvernement national. Vous le disiez, la présidentielle, ça offre une débouchée. Mais le contexte dans lequel on est à six mois de la présidentielle, c'est peut-être aussi l'occasion pour chacun de poser ses revendications, de s'imposer dans le débat public auprès des candidats. On le voit, il y a les lycéens, il
y a
la question du carburant, mais pas que. Est-ce qu'on peut assister quand même, malgré tout, à une forme de convergence des luttes, en tout cas de pression, justement, sur les politiques à six mois de cette élection
? Ça
joue sur les élections, évidemment. C'est-à
-dire
que ça permet de mettre à l'agenda, pour les uns et les autres, des thématiques.
Ça
joue également, et peut-être d'abord, sur l'élaboration du budget qui a commencé à l'Assemblée nationale. Il y
a
des arbitrages, des arbitrages
qui vont
être très durs. On a un budget sous le regard des marchés, etc. Et donc, dans ce cadre-là, ça permet de réclamer
des
rallonges budgétaires, ou en tout cas, d'éviter que les budgets soient impactés. Enfin, ça peut être des mouvements qui, en effet,
poussent
à une forme de mobilisation. Mais aujourd'hui, on a des candidats qui sont déjà en place, qui ont déjà développé une partie de leur programme, qui reprennent, en règle générale, un certain nombre des revendications, dès lors qu'elles s'expriment,
pour
des raisons sincères ou électorales.
Dans
ce cadre-là,
il
est vrai qu'une mobilisation majeure envers la présidentielle,
ce
n
'est
pas nécessairement quelque chose, aujourd'hui, qui peut apparaître naturel.
Est-ce qu'en
revanche, pardon, mais est-ce qu'on peut s'attendre à une campagne ? C'est ma dernière question, mais douloureuse à tout le moins tendue, que ce soit dans la rue et même dans les débats politiques en eux-mêmes
? C
'est une campagne qui
est
assez exceptionnelle. On pense
que
le Rassemblement national a de sérieuses chances d'arriver au pouvoir.
Il
y a des divisions dans le bloc central. On a une poussée de Jean-Luc Mélenchon. Et donc, tout ça crée un climat qui est un climat de bascule. Et cette bascule-là, elle peut conduire, en effet, à des tensions. Vous rajoutez l'acte social, l'acte du pouvoir d'achat, etc. Vous avez qui plus est une opinion chauffée à blanc,
ce qui
ne pousse pas à l'alliance. Donc, il est en effet assez probable qu
'on
ait affaire à une campagne très tendue et assez hors
norme. Et
assez polarisée aussi. Merci beaucoup Benjamin Morel, constitutionnaliste, maître de conférences et politologue. Merci d'avoir été avec nous ce matin et belle journée à vous. Merci à vous.
Merci
à
vous.