ESPAGNE : UNE POLITIQUE QUI RÉSISTE À L'EXTRÊME DROITE ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est une décision politique [musique] qui concerne l'Espagne mais qui a provoqué un teté du côté des conservateurs jusqu'en France. Moi je pense qu'il y a un énorme problème aujourd'hui avec les espagnols. Monsieur Sanchez régularise 500000 irréguliers qui vont pouvoir ensuite franchir les frontières évidemment que vous mettreez l'Espagne au ban des nations européennes bien sûr.
Ces mots de Bruno Retaillot viennent s'ajouter à ceux de Donald Trump au mois de mars 2026. On va couper tous nos échanges commerciaux avec l'Espagne. On veut plus rien avoir à faire avec eux.
Globalement, l'Espagne c'est un peu la bête noire des conservateurs depuis quelques années. De Ravier Miley qui a visé le premier ministre espagnol à Victor Orban, l'ancien premier ministre de la Hongrie, en passant par Benjamin Netaniaou. Le dirigeant du pays, Pedro Sanchez fait l'objet de nombreuses critiques du côté des gouvernements d'extrême droite à travers le monde.
L'Espagne de monsieur Sanchez est en train de devenir la porte d'entrée de la submersion migratoire en Europe. Ces appels à la régularisation sont là pour permettre à la gauche espagnole de se créer un électorat de substitution. Sauf que ça a des conséquences qui sont considérables pour les grands équilibres de la société espagnole, mais aussi pour tous les voisins des pays frontaliers de l'Espagne.
Mais pourquoi ce premier ministre espagnol suscite-t-il tant de critiques du côté des plus conservateurs ? Pour comprendre, il faut se pencher du côté de ses politiques. Le leader socialiste persiste et signe dans son refus d'aider Washington à frapper l'Iran.
Non à la guerre. En ayant gouverné notamment avec la gauche radicale, l'Espagne a récemment fait passer tout un tas de mesures qui vont à contre-courant du mouvement mondial réactionnaire actuel. En Espagne, Pedro Sanchez nomme un gouvernement très proeuropéen et majoritairement féminin.
Le SMIC espagnol bondit de presque 50 % en 5 ans. Chez nos voisins espagnols, le CDI est redevenu la norme notamment depuis la réforme du travail mise en place en 2022. Cette année-là, en 6 mois, près de 2 millions et dei de contrats à durée indéterminée ont été signés trois fois plus que l'année précédente.
L'égalisation de l'euthanasie, loi visant à simplifier les démarches pour les personnes trans, création d'un congé menstruel payé, des réformes du travail visant à améliorer les conditions de travail et à augmenter les salaires ou encore taxation des super profits pendant le Covid. Le Parlement espagnol a adopté une loi exceptionnelle. Les femmes qui le souhaitent pourront prendre un congé menstruel.
C'est tout à fait inédit en Europe. La loi dit qui permet désormais à chacune et chacun de changer de sexe en changeant d'état civil et dès l'âge de 16 ans. Ils viennent de Colombie, du Venezuela, du Maroc et un peu partout en Espagne.
Ils attendent de faire leur demande de régularisation. Le plan exceptionnel d'intégration des 100 papiers dans le pays a été lancé par le gouvernement de Pedro Sanchez. On s'intéresse à la situation économique en Espagne qui fait figure d'exception en Europe avec une croissance de 2,8 % du PIB en 2025.
Quelles politiques ont permis cette croissance ? Y a-t-il un miracle économique espagnol ? Les mesures se sont enchaînées pendant 8 ans sans que cela ne provoque un quelconque effondrement de l'économie.
Mais derrière ces mesures, quel est réellement le bilan du premier ministre socialiste en Espagne ? Est-il si progressiste ? Ou n'est-ce pas plutôt l'ensemble du champ politique à l'international qui est de plus en plus à droite ?
Que peut-on apprendre de cette politique ? Réponse dans cette nouvelle émission pour Blast. Pedro Sanchez arrive au pouvoir en 2018 par un coup de théâtre parlementaire.
Il renverse le très conservateur Marian Rachoy grâce à une motion de censure déposée après le verdict d'un scandale de corruption qui mettait en cause le Parti populaire, le parti de droite au pouvoir. Pedro Sanchez rassemble alors une majorité hétéroclite, la gauche radicale de Podemos, des nationalistes basques ainsi que des partis catalans indépendantistes et régionalistes. Le Parlement vote, Claroy tombe et Sanchez devient président du gouvernement.
En 8 ans, il a pu se maintenir au pouvoir et a mené de nombreuses réformes. Nous n'avons évidemment pas le temps de parler de tous les sujets et je vous préviens d'emblé cette vidéo ne sera pas exhaustive. Je vais essayer de résumer dans les grandes lignes son action, ses conséquences et l'état du pays actuellement.
Commençons par l'économie. Déjà, il faut rappeler que Pedro Sanchez, ce n'est pas un homme politique issu de la gauche radicale. C'est un dirigeant social-démocrate à la tête du Parti socialiste espagnol de Centre gauche.
Il défend des politiques sociales marquées à gauche, notamment sur les salaires ou la protection des travailleurs et travailleuses, mais il reste défenseur de l'économie de marché et des investissements privés et il est évidemment procroissance. La différence, contrairement à certains gouvernements en Europe, c'est qu'il n'a pas hésité à s'allier avec la gauche radicale pour gouverner. En 8 ans au pouvoir, Pedro Sanchez a donc mené une politique économique de gauche réformiste qui n'aurait rien eu d'atypique en Europe il y a quelques décennies, mais qu'il est devenu à notre époque davantage de protection sociale, de redistribution et d'intervention publique tout en conservant une économie de marché ouverte et proeuropéenne.
Alors voici ce qu'il met en place avec son gouvernement lorsqu'il arrive au pouvoir. El Consejo de Ministros que se celebrará el próximo día 21 de diciembre en Barcelona aprobará la subida del salario mínimo a 900 al 2019. Sa mesure emblématique, c'est la hausse du salaire minimum, le SMIC espagnol, qui passe de 736 € brut mensuel en 2018 à plus de 1180 € en 2025, soit environ 60 % d'augmentation en 8 ans, l'une des plus fortes augmentations d'Europe, même s'il reste sous le seuil de nombreux pays.
Son gouvernement réforme aussi le marché du travail pour réduire la précarité chronique espagnole. Limitation des contrats temporaires, renforcement des conventions collectives, protection accrue des salariés. En juin, ce sont plus de 7800 CDI qui ont été créés et parmi eux, quatre emplois sur 10 sont des contrats fixes discontinus.
Lutter contre les contrats précaires, c'est l'objectif principal de la nouvelle réforme du travail, fruit d'un accord historique entre le gouvernement espagnol, les principales associations patronales et les deux grands syndicats UGT et commissions ouvrières. Résultat, la part des emplois temporaires chute fortement. Le chômage passe même brièvement sous la barre des 10 % avec 9,93 % de chômage enregistrés à la fin de l'année 2025.
Tout ça place tout de même l'Espagne parmi les pays avec le plus de chômage en Europe, mais la progression est assez spectaculaire. L'Espagne dépasse alors les 22 millions d'actifs avec plus de 210000 emplois créés seulement sur le mois de mars 2026, une première. C'est une bonne nouvelle avant tout pour les personnes qui sont salariées parce que quand on est en CDD ou quand on est en intérim euh certes on touche éventuellement certaines primes liées à la précarité de l'emploi, mais il est extrêmement difficile euh d'accéder à un logement sans parler même de d'emprunter pour accéder à la propriété ou stabiliser son existence.
Donc on est [grognement] sans cesse dans l'incertitude et donc c'est une très bonne nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui étaient habitués à des contrats précaires et qui enfin vont avoir un contrat de travail durable. parmi les travailleurs précaires, euh c'est toujours euh en premier lieu les plus jeunes, les femmes et euh les immigrés qui sont dans des emplois précaires. La stabilité, ça permet aux gens plus se projeter, donc de faire moins d'épargne de précaution, donc de mettre moins de côté en cas de coup dur, en cas de chômage.
Euh donc ça permet aussi aux gens de se lâcher un peu sur leurs dépenses quotidiennes. Donc c'est plutôt une bonne chose pour l'économie espagnole. Puis par ailleurs euh le gouvernement actuel depuis qu'il est en place euh euh fait pas de la relance mais enfin il a il a clairement rompu avec les politiques d'austérité qui étaient euh euh de mise sous Mario Raroy.
Le premier ministre assume également une ligne plus redistributive que la plupart des gouvernements européens récents pendant la crise du Covid puis l'explosion des prix de l'énergie. Son gouvernement met en place des taxes exceptionnelles sur les super profits des banques et des grands groupes énergétiques. La loi 382022 met en place deux taxes exceptionnelles sur les super profits.
La première concerne les grandes entreprises énergétiques avec un prélèvement de 1,2 % sur leur chiffre d'affaires. La seconde cible les banques via une taxe de 4,8 % sur leur revenus net. Des taux qui peuvent paraître relativement limités mais qui appliqués à des secteurs réalisant des bénéfices historiques génèrent des recettes assez considérables.
Les premiers chiffres tombent dès février 2023. La ministre des finances, Maria Risous Montelo, annonce alors 817 millions d'euros récoltés auprès des énergéticiens et 637 millions d'euros auprès des banques, soit déjà 1,5 milliards d'euros versés lors du premier paiement anticipé de ces nouvelles taxes. À l'époque, le gouvernement estime pouvoir dépasser les 3 milliards d'euros de recettes annuelles et effectivement les chiffres définitifs confirmeront globalement ses prévisions.
L'Espagne récoltera finalement environ 2,9 milliards d'euros en 2023, puis presque autant en 2024 grâce à ses prélèvements exceptionnels sur les banques et les groupes énergétiques. Au total, en seulement 2 ans, l'Espagne collecte donc environ 5,6 milliards d'euros auprès des banques et des grands groupes énergétiques. En parallèle, le gouvernement espagnol crée également un nouvel impôt de solidarité visant les grandes fortunes.
Ce dispositif s'applique au patrimoine dépassant les 3 millions d'euros et concerne environ 23000 contribuables parmi les plus riches du pays. Une partie importante des recettes publiques et des aides post Covid est ensuite utilisée pour amortir la crise sociale et l'explosion du coût de la vie. En 2020, le gouvernement crée le revenu minimum vital, une nouvelle allocation destinée aux foyers les plus pauvres qui bénéficie progressivement à plusieurs centaines de milliers de ménages.
Pendant la crise inflationniste et énergétique, Madrid réduit la TVA sur des produits alimentaires de base comme le pain, le lait, les œufs, les fruits ou les légumes tout en abaissant temporairement la TVA sur l'électricité et le gaz afin de limiter la hausse des factures. Le gouvernement finance aussi des abonnements de train gratuits ou fortement réduits pour des millions d'usagers et d'usagères des transports publics. En parallèle, les retraites minimales sont revalorisées et une réforme des pensions est adoptée pour garantir le financement du système sans diminuer les pensions, notamment en augmentant davantage les cotisations sur les hauts salaires et les revenus les plus élevés.
Comme le soulligne cet article d'alternative économique, ces politiques sociales ont participé à la réduction des inégalités. En témoigne l'évolution du coefficient de Ginny passé de 34,7 en 2014 à 31,5 en 2023. Selon Eurostat, il reste supérieur à la moyenne de l'UE mais la dynamique de réduction des inégalités est plus forte en Espagne que dans l'ensemble des 27 où celle-ci ne baisse que légèrement.
L'article soulligne d'ailleurs qu'en France, nous régressons légèrement dans cet indice. C'est-à-dire que chez nous, en France, la dynamique est inverse, les inégalités se creuse. Et si en France, dès que quelqu'un propose ce type de mesure, il est accusé de mettre en péril l'équilibre économique du pays, l'économie espagnole reste l'une des plus dynamiques de la zone euro avec une croissance supérieure à la moyenne européenne et des créations d'emplois importantes.
L'Espagne qui annonce des chiffres de croissance, ben à nous faire pas lire d'envie, on est quoi ? sur 2,5 % de prévision sur l'année et nous on espère atteindre les 1 % mais comment font-ils ? Cependant, ce qu'on qualifie parfois de miracle économique reste à nuancer.
Beaucoup de problèmes structurels sont encore importants en Espagne. L'économie espagnole reste dépendante du tourisme de masse, de la restauration, de la logistique et des services peu qualifiés avec des salaires souvent modestes par rapport à d'autres pays européens. Et si la réforme du travail a réduit les contrats ultra précaires, une partie des nouveaux emplois reste concentrés dans les secteurs saisonniers ou faiblement rémunéré.
Beaucoup de jeunes continuent aussi d'enchaîner les petits contrats, les colocations forcées et les difficultés d'accès au logement. Dans les grandes villes comme Madrid ou Barcelone, les loyers explosent sous l'effet du tourisme, des locations de courte durée et de la spéculation immobilière. Et ce loger est devenu un calvaire pour beaucoup d'espagnols.
Du jour au lendemain, leur propriétaire, un fond d'investissement leur a demandé de quitter les lieux pour vendre le logement et obtenir de l'argent rapidement. Impossible pour elle de déménager. En cause le manque de logements sociaux et l'explosion des loyers.
En 10 ans, ils ont été multipliés par deux en Espagne. Malgré certaines mesures d'encadrement et des annonces répétées sur le logement social, beaucoup jugent les réformes trop timides face à l'ampleur de la crise. En ce qui concerne la redistribution des richesses, si Pedro Sanchez a mené des mesures bien plus à gauche que la plupart des pays européens, il n'a pas opéré de transformation profondes du modèle économique et les inégalités patrimoniales demeurent extrêmement fortes.
Alors, revenons à cette fameuse réforme de régularisation des sans papiers qui a provoqué tant de colère chez Bruno Rotaillot. Je pense qu'il y a un énorme problème aujourd'hui avec les espagnols, monsieur Sanchez, il régularise 500000 irréguliers qui vont pouvoir ensuite franchir les frontières. Évidemment, Pedro Sanchez fait partie des rares dirigeants européens à avoir assumé un discours globalement positif et proaccueil concernant l'immigration, y compris face à la montée de l'extrême droite.
Là encore, on parle pas de quelqu'un de particulièrement radical sur le sujet. Il est simplement à contre-courant des discours ambiants, ouvertement xénophobe. Dès 2018, quelques jours après son arrivée au pouvoir, son gouvernement accepte d'accueillir les 630 migrants du navire Aquarius, refusé par l'Italie de Mattho Salvini.
Et c'est un geste très symbolique à l'époque. L'Espagne annonce qu'elle est prête à accueillir l'Aquarius, ce bateau plein de migrants dont l'Italie et Malte ne veulent pas. C'est le port de Valence qui va donc ouvrir ses portes au navire de MSF et SOS Méditerranée.
En 2024, il affirme devant le Parlement espagnol que l'Espagne doit choisir entre être un pays ouvert et prospère ou un pays fermé et pauvre. Concrètement, son gouvernement facilite progressivement l'intégration des migrants dans le marché du travail espagnol. Le tournant médiatique arrive en 2026 avec cette fameuse annonce d'une régularisation massive pouvant concerner près de 500100 papiers.
Mais ça avait déjà largement commencé en 2024. Depuis quelques jours, le plan exceptionnel d'intégration des 100 papiers dans le pays a été lancé par le gouvernement de Pedro Sanchez. Ce programme permet à tout migrant présent en Espagne depuis 5 mois et sans antécédents judiciaire d'obtenir un permis de résidence et un permis de travail.
Ce qu'on nous offre aujourd'hui grâce à cette régularisation, c'est juste énorme. On doit pouvoir en profiter mais il faut aussi qu'on contribue. Le gouvernement espagnol justifie cette mesure par les besoins économiques du pays, le vieillissement démographique et le fait que ses travailleurs et travailleuses participent déjà largement à l'économie espagnole dans l'agriculture, le bâtiment, la restauration ou encore l'aide à domicile.
On est donc sur une immigration choisie très principalement pour des besoins économiques. Et contrairement à ce que raconte Bruno Rotaillot, on a beaucoup de mal à imaginer pourquoi des personnes sans nationalité européenne qui obtiennent des papiers et un travail en Espagne, sachant qu'une grande partie de ces personnes parlent espagnol puisqu'elles viennent d'Amérique du Sud se remettraient sur la route. Et on en arrive à la grande interrogation, monsieur Rotaillot, ces personnes qui vont être régularisées en Espagne, qui habiteront dans un pays dont elle parle la langue, qui résideront de manière régulière.
Pourquoi ces personnes-là iraient-elles s'installer dans d'autres pays, par exemple la France ? un pays où ces personnes seraient à nouveau irrégulières et où elles seraient donc à nouveau pourchassé par les autorités administratives. De plus, il faut rappeler que la dirigeante d'extrême droite italienne Georgia Meloni a fait exactement la même chose en Italie par nécessité économique alors qu'elle a elle fondé son discours politique sur ses discours anti-immigration.
Pour l'immigration légale, à quoi s'est-elle très rapidement confrontée ? au fait qu'ici en Italie, à cause de l'énorme déclin démographique, la Confindoustria, l'organisation patronale très puissante, encore plus puissante que le MEDEF en France, réclame à corps et à cri des immigrés et donc elle a fait accueillir plus de 490000 immigrés. Elle le fait mais elle ne le claironne pas sur tous les toits.
Quelle différence avec Pedro Sanchez ? Bien peut-être que lui l'assume clairement. una vigencia inicial de un año.
Transcurrido ese plazo, las personas podrán incorporarse a las figuras previstas en el reglamento de extranjería, lo que les permite una integración plena y progresiva en el sistema. Mais cette politique migrato plus ouverte s'accompagne aussi d'une forte pression aux frontières. L'Espagne reste confrontée à des arrivées importantes.
Près de 57000 migrants irréguliers entrent dans le pays en 2023, principalement via les Canari. Le premier ministre continue alors de coopérer étroitement avec le Maroc et les pays d'Afrique de l'Ouest pour limiter les départs, ce qui lui vaut aussi des critiques d'ONG et d'une partie de la gauche sur la gestion sécuritaire des frontières. En 8 ans, ces gouvernements de gauche multiplient les réformes sur les droits des femmes, les personnes LGBTQA plus, la bioéthique ou encore les violences sexuelles.
Le tout dans une logique assumée de modernisation sociale et culturelle. L'Espagne légalise ainsi l'euthanasie en 2021, devenant l'un des rares payés au monde à autoriser l'aide médicale à mourir. En 2023, le gouvernement fait aussi adopter une loi pour les personnes trans parmi les plus avancées d'Europe.
Elles peuvent désormais changer légalement de genre à partir de 16 ans sans obligation de diagnostic psychiatrique ni traitement hormonal préalable. Entré en vigueur le 2 mars 2023, la loi nationale dite d'égalité réelle et effective des personnes trans a fait sauter tous les verrou de la précédente législation. À l'instar de l'Organisation mondiale de la santé, elle dépathologise la transsexualité et permet l'autodétermination du genre sur simple demande dès l'âge de 16 ans et avec autorisation parentale à partir de 12 ans. [musique] Le ministère de l'égalité espagnole la revendique comme la plus progressiste d'Europe en matière de droits LGBT.
Le gouvernement Sanchez fait également place au féminisme. L'Espagne devient ainsi le premier pays européen à instaurer un congé menstruel payé pour les femmes souffrant de règles incapacitantes. J'ai dû être arrêté pendant 10 mois l'année dernière.
Par chance, je travaille dans une école publique. Sinon, j'aurais certainement déjà perdu mon L'Espagne s'apprête à instaurer un congé menstruel pris en charge par l'État dès le premier jour sous réserve d'un avis médical. Il renforce aussi les politiques contre les violences faites aux femmes avec de nouveaux tribunaux spécialisés, des campagnes nationales et un durcissement des lois sur le consentement sexuel.
Avec le recul, il était pas temps de voir que l'Espagne, un pays caricaturé pour son matchisme, soit devenu en moins d'une génération un pays qui devrait nous donner des leçons. Ce n'est pas un hasard, ce sont des responsables politiques qui l'ont décidé. Agir peut tout changer.
La réforme dite coloci est si seul un oui est un oui vise à faire du consentement le cœur de la définition des agressions sexuel dans le droit espagnol. Mais la loi provoque cependant rapidement une grande polémique. En modifiant les échelles de peine de certains délits sexuels, elle entraîne malheureusement des centaines puis plus d'un millier de réduction de peine pour des agresseurs sexuels déjà condamnés en application du principe juridique de rétroactivité de la loi pénale plus favorable.
Le gouvernement à une partie de la gauche accuse alors certains juges d'avoir interprété la réforme de manière excessivement favorable au condamné tandis que d'autres juristes estiment au contraire que le problème vient directement de la rédaction de la loi et de l'absence de disposition transitoire suffisamment claire. Enfin, sur une question très spécifique à l'Espagne, Pedro Sanchez assume une politique mémorielle concernant l'héritage du franchisme. Son gouvernement fait exhumer le corps du dictateur franco du gigantesque mausolée du valet des Los Kaidos en 2019.
Un geste très symbolique en Espagne. Cette exhumation, le chef du gouvernement socialiste espagnol, Pedro Sanchez, en avait fait l'une de ses priorités, mais il va se heurter aux Kaodillo. Après plus d'un an de bataille, la Cour suprême espagnole autorise cette exhumation.
Une nouvelle loi de mémoire démocratique renforce ensuite la reconnaissance des victimes du franchisme et la condamnation officielle de la dictature. Évidemment, toutes ces réformes sociétales provoquent des réactions épidermiques de la droite et de l'extrême droite et le chantier reste immense. Mais là encore, le pays est à contre-courant de ce qu'il se fait dans le reste de l'Europe.
Passons à l'international. C'est pour ces décisions sur les questions internationales que Pedro Sanchez est le plus apprécié au sein de son propre pays. L'Espagne reste alignée sur les grandes structure occidentales comme l'Union européenne, l'OTAN ou encore le soutien à l'Ukraine.
Mais Pedro Sanchez essaie d'incarner une autre voie européenne. Sur l'Ukraine par exemple, le gouvernement espagnol soutient Kiev et participe aux sanctions contre la Russie. Mais en même temps, Pedro Sanchez refuse la surenchère militariste réclamée par Donald Trump et certains dirigeants de l'OTAN, notamment l'idée de pousser les dépenses militaires jusqu'à 5 % du PIB.
Le gouvernement espagnol vient d'obtenir un accord avec l'OTAN, un accord très positif pour nous qui va nous permettre de respecter nos engagements avec l'Alliance atlantique et préserver, c'est quelque chose de très important, son unité sans avoir à augmenter notre budget de la défense jusqu'à 5 % du produit intérieur brut. une position qui lui a valu des attaques du camp conservateur américain. En Europe, une voix s'est particulièrement faite entendre au début de la guerre en Iran.
En condamnant avec fermeté le conflit, le pays est devenu la figure de prou de l'opposition à Donald Trump. L'Espagne a fermé son espace aérien aux forces armées américaines et refusé que deux de ces bases abritants des militaires de l'USR Force soient impliqué dans le conflit. Donald Trump menace sans représaille de mettre fin à toute relation commerciale entre les deux pays et envisage d'exclure l'Espagne de l'OTAN.
Mais c'est surtout sur Gaza que Pedro Sanchez se démarque du reste de l'Europe. Très vite, il condamne les bombardements israéliens, parle de violation du droit international puis reconnaît officiellement l'État palestinien en 2024 avec l'Irlande et la Norvège. Le premier ministre Pedro Sanchez est venu faire l'annonce officielle.
Mardi prochain, 28 mai, l'Espagne approuvera en conseil des ministres la reconnaissance de l'État de Palestine. [applaudissements] C'est le moment de passer des paroles aux actes, de dire à des millions de Palestiniens innocents qui souffrent que nous sommes avec eux et qu'il y a de l'espoir. L'Espagne soutient ensuite la plainte sud-africaine accusant Israël de génocide devant la Cour internationale de justice, bloque certains navire transportant des armes vers Israël et Pedro Sanchez finit lui-même par évoquer publiquement un état génocidaire.
L'Espagne renforce ses sanctions contre Israël. Madrid annonce neuf mesures pour tenter, je cite, de mettre fin au génocide à Gaza. Nous savons que toutes ces mesures ne suffiront pas à stopper l'invasion ni les crimes de guerre, mais nous espérons qu'elles serviront à augmenter la pression sur le premier ministre Netaniaahu et également pour que la société espagnole dans son ensemble sache que l'Espagne était du bon côté de l'histoire.
Une rupture diplomatique majeure avec le gouvernement de Benjamin Netaniaou qui accuse alors l'Espagne d'hostilité. שספרד בחרה שוב ושוב להתבד ישראל מי שתוקף את מדל במקום את הטרור שעושה זאנו et puis récemment Pedro Sanchez est même allé encore plus loin en organisant à Barcelone une grande réunion de dirigeants progressistes du monde entier immédiatement perçu comme une sorte de sommet anti Trump. Quel est le point commun entre le premier ministre espagnol, le président du Brésil ou encore le ministre des finance allemand ?
Tous s'était réunis avec d'autres à l'invitation de Pedro Sanchez à Barcelone pour une réunion de défense de la démocratie. C'est la 4e édition de ce sommet. Autour de lui, Loula au Brésil, Gustave au Petro en Colombie ou encore Cyril Ramafoza en Afrique du Sud.
Officiellement, ce sommet était organisé pour défendre la démocratie et le multilatéralisme, mais dans les faits, ça a plutôt perçu comme une manière de faire front contre la montée de Donald Trump et surtout de l'extrême droite partout dans le monde. Au niveau européen, il est l'un des rares socio-démocrates aujourd'hui à défendre le socialisme et des valeurs de gauche, le pacifisme et cetera, mais aussi au niveau international. Où est la gauche mondiale ?
La gauche mondiale, elle est en Europe mais très affaiblie et elle est en Amérique latine. Et là, on a des vrais leaders. On a parlé de Loua, on pourrait parler de Claudia Shainbom, la présidente du Mexique.
Et donc en s'associant avec ces pays qui par ailleurs sont proches linguistiquement et historiquement de l'Espagne, et bien voilà, il essaie de faire une diplomatie socialiste internationale. Sur le climat, Pedro Sanchez essaie de faire de l'Espagne une sorte de laboratoire de la transition écologique européenne et sur certains points, il obtient des résultats. En quelques années, le pays est devenu l'un des champions européens des énergies renouvelables.
En 2025, près de 57 % de l'électricité espagnole est produite à partir du solaire, de l'éolien et de l'hydraulique. L'Espagne investit massivement dans les fermes solaires, les éoliennes et surtout dans l'hydrogène vert avec l'ambition de devenir une future puissance énergétique du sud de l'Europe. Des dizaines de milliards d'euros des fonds européens post Covid sont ainsi injectés dans les trains, les batteries, les infrastructures électriques et la rénovation énergétique.
En parallèle, Madrid met en place des abonnements de train gratuits ou fortement réduit sur de nombreuses lignes Renfé afin d'encourager les transports public et d'amortir l'impact de l'inflation sur les ménages. Depuis ce jeudi, l'Espagne a décidé de rendre gratuits les trajets de train de banlieu et régionaux exploités par la Ren Fé, le réseau national des chemins de fer espagnols. La population peut également bénéficier depuis ce 1er septembre d'une réduction comprise entre 30 et 50 % du prix total des abonnement et des billets de transport public suivant les différentes régions autonomes.
Mais derrière cette image très verte, le modèle espagnol reste là encore plein de contradictions. L'économie continue de dépendre du tourisme de masse, de l'aérien, de la construction et de secteurs très consommateurs d'eau et d'énergie. Chaque été, l'Espagne subit des vagues de chaleur de plus en plus extrêmes, des mégafeux et des sécheresses historiques.
Certaines régions manquent d'eau pendant que les complexes touristiques, les golfs ou l'agriculture intensive continue de tourner à plein régime. De plus, Pedro Sanchez parle beaucoup de transition verte sans remettre en cause une seule seconde le modèle de croissance économique. L'idée reste de produire plus, construire plus, investir plus.
Mais là encore, à un moment où presque partout ailleurs, on ne parle que très peu des enjeux climatiques, l'Espagne fait office d'exception. L'un des sujets qui fracture probablement le plus l'Espagne, c'est la Catalogne. Pour gouverner sans majorité absolue, le premier ministre espagnol dépend du soutien des partis indépendantistes catalans, notamment Yuns, le parti lié à l'ancien dirigeant catalan Pidioman.
En échange, son gouvernement fait voter en 2024 une très controversée loi d'amnistie concernant des centaines de responsables et militants poursuivis pour leur rôle dans la tentative de sécession catalane de 2017. La nouvelle loi pourrait permettre le retour du leader indépendantiste en exil et ancien président régional catalan Carles Pushdemon. Cette loi a fait l'objet de nombreuses controverses.
L'année dernière, la Commission européenne a enquêté sur le projet de loi après avoir exprimé de sérieuses inquiétudes. Le Parti libéral conservateur Parti Populaire et le Parti d'extrême droite Vox ont dénoncé une corruption politique. Les partis séparatistes catalans, eux, saluent une victoire démocratique.
Pedro Sanchez présente cette mesure comme une façon de normaliser et de pacifier la situation politique après des années de crise institutionnel et de forte tension entre Madrid et la Catalogne. Et de fait, depuis son arrivée au pouvoir, les affrontements politiques et policiers liés au processus indépendantiste se sont largement apaisés, même si la question catalane reste un sujet sensible dans le débat public espagnol. Enfin, dernier élément qu'il faut absolument évoquer pour comprendre son bilan, les affaires de corruption qui concernent ses proches et qui ont sérieusement fragilisé son image en interne.
Car Pedro Sanchez est arrivé au pouvoir précisément en promettant une rupture avec les scandales qui avaient emporté la droite espagnole. Mais depuis 2024, Pedro Sanchez est fragilisé par plusieurs affaires judiciaires touchant son entourage, même si aucune preuve de corruption personnelle contre lui n'a été établie publiquement à ce stade. Le principal scandale concerne le cassau Colo, une affaire de corruption autour de marché public pendant le Covid impliquant d'anciens responsables socialistes proches du pouvoir.
Des enquêtes visent aussi son épouse Begonia Gomez et son frère David Sanchez pour de possibles faits de trafic d'influence. Ces affaires sont devenues une espèce de champ de bataille politique. Plusieurs plaintes à l'origine des procédures ont été déposées par des groupes ultra conservateurs proche de l'extrême droite tandis que le parti d'extrême droite Vox accuse Pedro Sanchez d'avoir construit un système corrompu autour de son pouvoir.
Le camp du premier ministre espagnol dénonce de son côté une offensive politico-judiciaire menée par les droites conservatrices contre son gouvernement. Au final, le bilan de Pedro Sanchez est assez contrasté. En 8 ans, le premier ministre espagnol aura réussi à faire adopter certaines des politiques sociétales et sociales les plus progressistes d'Europe.
Tout en maintenant une économie relativement dynamique et une stabilité gouvernementale que beaucoup pensaient impossible dans un pays aussi fragmenté politiquement. Quand on met bout à bout la hausse du salaire minimum, les taxes sur les superprofits, les avancées sur les droits LGBTQ+, la politique migratoire plus ouverte ou encore la reconnaissance de l'État palestinien, rarement un gouvernement européen aura récemment autant assumé d'aller frontalement à contre-courant de la droitisation, voire de l'extrême droitation politique observée ailleurs en Europe et aux États-Unis. Mais en même temps, Pedro Sanchez laisse derrière lui un pays très tendu traversé par plusieurs contradictions comme la crise du logement, la dépendance au tourisme de masse, les tensions identitaires, les conflits autour de l'immigration, de la Catalogne ou des questions de genre.
Sans oublier bien sûr les affaires de corruption qui fragilisent aujourd'hui son camp politique. La société espagnole est donc comme une bonne partie du continent européen divisé entre deux blocs. D'un côté une coalition progressiste favorable aux réformes sociales, au féminisme ou à l'intégration européenne.
Et de l'autre une droite de plus en plus radicalisée à l'extrême droite autour des questions identitaires, migratoires et nationales. Et dans le cadre de cette polarisation, l'extrême droite de Vox joue un rôle central. Le parti de Santiago à Bascal est progressivement devenu l'un des principaux relais européens du trumpisme et de l'international réactionnaire.
L'extrême droite est de retour et depuis celui que ses électeurs surnomment Santi poursuit son irrésistible ascension vers le pouvoir. Sa cible la gauche progressiste. La première chose à faire est de changer les politiques culturelles de la gauche et nous le ferons en défendant les intérêts de tous les espagnols, pas seulement ceux de la secte gauchiste.
Oui à des frontières sûres et non à l'immigration illégale. Oui au même vieux quartiers. Non au ghetto multiculturel.
Oui aux femmes et oui aux hommes. Vox construit toute sa stratégie contre Pedro Sanchez. anti-immigration, antiféminisme, anti-idéologie woke ultranationalisme espagnol, défense de la priorité nationale, attaque contre les médias, les ONG ou contre les institutions européennes.
Santiago Abascal multiplie les alliances avec Donald Trump, Ravier Miley ou Georgia Meloni et accuse régulièrement Pedro Sanchez de trahir l'Espagne. Ces dernières années, Vox durcit encore son discours. Politiquement, l'avenir reste très incertain.
Plusieurs sondages récents donnent désormais le Parti populaire de droite en tête, souvent avec la possibilité d'une majorité grâce à une alliance avec Vox. S'il y avait des élections législatives dimanche prochain, euh la droite serait très largement majoritaire et euh avec en plus un poids relatif de l'extrême droite euh assez fort. Aujourd'hui, le le PP commence à à avoir des résultats de sondage qui sont inférieurs au 33 % qu'il a fait aux dernières législatives.
Et on a Vox qui est largement qui commence à passer au-dessus des 15 %. Euh ce qui fait qu'on a certains sondages où on a le PSOE qui est à 10 12 points d'avance sur Vox. Euh c'est d'ailleurs l'écart qu'on a en extrémadure.
Donc on on sent qu'il y a quand même là une la dynamique électorale, elle est vraiment du côté de l'extrême droite. D'autres enquêtes restent plus favorable aux socialistes, preuve d'un paysage politique encore une fois très fragmenté et volatile. Le scénario le plus probable aujourd'hui semble donc être des élections en 2027 serrées entre deux blocs.
D'un côté, la coalition progressiste autour de Pedro Sanchez. De l'autre, une droite classique de plus en plus dépendante de l'extrême droite. Alors pour conclure, au vu de toutes les politiques que nous avons décrites, l'Espagne est-elle un exemple ?
Dans cet article d'alternative économique, Xavier Timbaau, le directeur principal de l'Observatoire français des conjonctures économiques, répond : "Porter l'Espagne en exemple alors que le pays a sacrifié sa jeunesse il y a 10 ans revient à reconnaître la vertu d'une gestion économique sous forme de stop and go brutal et massif. Cela ressemble à ce qu'il s'est passé au Royaume-Uni sous Margarette Toucher dans les années 80. Lorsque les travaillistes ont repris le pouvoir, cela a été présenté comme un âge d'or pour le pays alors qu'il s'agissait simplement de reconstruire les système d'éducation et de santé à partir d'un champ de ruine.
En résumé, l'Espagne revient de loin et a fait subir à sa population des politiques austéritaires extraordinairement violentes ces dernières décennies. C'est dans ce contexte qu'intervient Pedro Sanchez qui au cours des dernières années a fait marche arrière. Ce qui fascine donc dans cette politique auprès des différentes gauches européennes, c'est tout simplement que c'est l'un des seuls du monde occidental aujourd'hui à aller dans ce sens-là.
Et même si on est donc bien loin d'une résolution des problèmes structurels de la pauvreté et des inégalités, cette politique a le mérite d'aller à contre-courant de ce qui se fait dans de nombreux pays occidentaux dans les années 2020. Voilà, c'est la fin de cette émission. J'espère qu'elle vous a plu.
Je me permets de le dire à nouveau. Je n'ai pas abordé tout un tas de sujets car il fallait respecter une certaine durée. Mais si vous voulez en savoir plus sur l'Espagne, vous pouvez regarder certaines des émissions que nous avons déjà réalisé sur Blast sur cette mandature ces dernières années.
Si le sujet vous intéresse vraiment beaucoup, n'hésitez pas à dire en commentaire que par exemple vous voudriez me voir partir en reportage en Espagne pour documenter un peu plus ce qui s'y joue. C'est ce que j'essaie de négocier avec la direction de blast depuis déjà un moment et c'est en discussion pour l'instant. Peut-être que votre enthousiasme pourrait aider à ce que je puisse aller directement sur le terrain espagnol.
Je vous rappelle que nous sommes un média indépendant. Nous vivons grâce à vous notre audience et vous pouvez nous soutenir financièrement sur blast-info.fr notamment pour financer des reportages sur la politique espagnole par exemple.
Et moi je vous dis à très bientôt sur Blast. [musique] [musique] M.
Bruno Retailleau