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interviewLe Média (sur YouTube)· 19 novembre 2018 61 min

GILETS JAUNES ET COLÈRE NOIRE, FRANCK LEPAGE, LES TERRITOIRES VIVANTS DE LA RÉPUBLIQUE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir à toutes et à tous. Très heureux de commencer la semaine avec vous et avec l'interview face caméra de Franck Lepage, un formateur de l'éducation populaire connu pour ces conférences gesticulé. En seconde partie de soirée, vous pourrez visionner l'autre interview d'Astina Méchaï.

Elle questionne Camel Shaban, professeur d'histoire géographie, contributeur du livre Les territoires vivants de la République. Mais tout de suite l'actualité. La Cour des comptes conseille la vente du Stade de France.

Vous savez, ce stade iconique qui accueille une finale de Coupe du monde un certain 12 juillet 1998 et qui a vu le premier sacre mondial de l'équipe de France de football. Et bien ce stade construit pour l'événement a coûté 336 millions d'euros mais il n'a pas de club résident. Le Parisien republique des éléments d'un prérapport de l'institution qui envisage la vente de l'enceinte de 80000 places détenues par l'État au privé.

En 1995, l'État a signé un contrat de concession du stade à un consortium formé par Vincy qui en détient 67 % des parts et Buig propriétaire à hauteur de 33 %. En 2025, la concession prend fin avec l'espoir que les Fédérations françaises de football et de rugby la rachètent. Emmanuel Macron est en Belgique.

Le dernier président français en visite des tâches chez nos voisins belges, c'était George Pompidou en 1971. Alors, qu'est-ce qui motive ce séjour présidentiel ? Comme souvent, la promotion de notre industrie militaire.

La Belgique a décidé d'acheter des avions de chasse américain, des F35 et non français. De quoi grincer des dents dans l'hexagone, mais Bruxelles pourrait être vite pardonné et acheter plus de 400 blindés français pour près de 1,5 milliards d'euros. Et puis c'est l'occasion pour Emmanuel Macron de se chercher des alliés européens avant les élections européennes du 26 mai dans l'objectif de former un nouveau groupe politique au Parlement.

Les candidats de la République en marche et de la France insoumis sont au second tour des élections législatives partielles d'évri qui de Francis Chois ou de Farida Amrani sera élu député de les dimanche qui remplacera le démissionnaire Manuel Vals. Francis Chois est pour l'instant le mieux placé. Celui qui était le bras droit de l'ancien premier ministre et maire d'Évri depuis 2012 obtient 29,9 % des voix devant Farida Amrani de la France insoumise qui fait 17,82 %.

Je rappelle qu'en 2017, lors des élections législatives, la candidate F n'avait été distancée que de 139 voix. Mais le grand vainqueur Mais le grand vainqueur de ce scrutin, c'est l'abstention. Seulement 18,08 % des inscrits se sont déplacés et pendant ce temps, Manuel Vals est en campagne pour les municipales de Barcelone et dernier dans les sondages.

Ce weekend, les gilets jaunes se sont mobilisés dans tout le pays. Ils ont bloqué des axes de circulation, mené de nombreuses actions pour protester contre les conditions de vie qui se dégradent. ce qu'on appelle le pouvoir d'achat qui diminue.

En réalité, il s'agit toujours du même scénario pendant qu'on supprime l'ISF. Les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent, les ouvriers, les ouvrières triment pour vivre et faire marcher l'économie pendant que ceux et celles qui détiennent les moyens de production ramassent les profits. Bref, toujours la même histoire, celle de la lutte des classes.

Les gilets jaunes ne sont pas hors de cette histoire. Ils sont en plein dedans et ils sont même aujourd'hui les acteurs principaux. Alors, pourquoi ?

Comment ? Qui sont-ils ? Quelles sont les revendications ?

Serge Faubert était samedi à la manifestation des gilets jaunes à Paris. De 10h à 22h, il les a suivi. Regardé.

Combien était-il plus que le milier annoncé par la préfecture de police ? C'est certain, peut-être 3000, 4000, peu importe. Il s'agissait surtout d'occuper les Champs-Élysées, cette galerie marchande à ciel ouvert pour touristes fortunés et d'y faire le maximum de bruit.

Des barricades symboliques sous le regard d'un service d'ordre qui avait visiblement reçu des consignes de modération. la volonté de se réapproprier un espace où ils ne sont jamais invités. Des femmes beaucoup et toute la diversité du peuple français comme un peu partout dans le pays autour des centaines de ronds-points bloqués.

Tous les gouvernements ne nous écoute pas, nous les gardiens d'immeuble. Je travaille 50 he j'ai un j'ai une résidence de 12 bâtiments, 200 logements. Je peux vous dire que je ne m'ennuie pas toute la journée.

Je m'assois que le soir. Voilà. Pour gagner ça au bout de 30 ans.

Voilà. Donc c'est pour ça que vous êtes venu. C'est pour ça que vous êtes venu aujourd'hui tout à fait.

J'ai hésité et je me suis dit j'y vais. Certes, j'arrive à la retraite mais pour les autres gardiennes, peut-être que ça va bouger. Voilà.

Je sais pas. Je suis là pour le milieu hospitalier. Le milieu hospitalier.

Les infirmières en colère, les médecins en colère. Vous êtes les retraités en colère, les jeunes en colère. Macron démission.

Tout avait commencé le matin, porte maillot. Pas de chef mais des leaders improvisés. Des moutons.

Alors soit on va réveiller les riches à soit on va vers le périf. On fait un petit sitting. On est sur le trottoir.

On peut rester sur le trottoir. Est-ce que Est-ce qu'on est tous là par pour le diesel ? C'est ça la question.

Est-ce qu'on n'est pas là pour dire qu'on n'est pas content tout simplement avec la politique qui est menée ? Voilà, je pense que ça va beaucoup plus loin que le diesel. Euh et on est concerné parce que parce que CSG, parce que diesel, parce que parce que tout un tas de prix.

À notre avis, quand on augmente le diesel, euh on augmente le prix du pain par effet euh des chelles. On augmente toute la vie, hein. C'est c'est tout le système.

Il y a pas que le diesel. Le diesel, c'est sûr qu'il faudra l'arrêter un jour, mais pas brutalement comme ça. Imaginez la personne qui a un vieux diesel, une cuve à maout à la retraite.

Qu'est-ce qui va lui arriver ? Bah, il va rien. Il va plus pouvoir vivre tout simplement.

Et toujours la colère du désespoir au cœur. C'est un ensemble un ensemble de ral de payer tout le temps en permanence et de nous avoir ponctionné sur notre retraite. Voilà, nous ça on n peut plus quoi.

Vous vous avez perdu combien sur votre retraite à l'année ? Tous les deux, on perd plus de 400 €. C'est énorme.

C'est énorme. Sans compter que les mutuels vont augmenter, sans compter que tout ce qu'on nous met, on nous rajoute par-dessus. Voilà quoi, faut pas oublier que nos enfants, il n'y arrivent plus nos enfants.

Et qu'est-ce que vous voulez faire avec 1200 balles ? C'est invivable. Une succession de tentatives pour forcer le barrage des CRS.

Objectif les Champs-Élysées. On veut juste passer. Je lève les mains.

Je lève les mains. Je lève les mains. Laissez-nous s'il vous plaît, on vous demande pas des poussées énergiques entrecoupé d'apostrophe aux forces de l'or.

Ils ont peur de l' Mais ils ont mais ils ont mais ils ont des des bouches à nourrir. On peut le comprendre mais juste e vous avez une conscience, vous êtes des êtres humains. Manifestation n'est pas illégale.

On va bloquer la rue monsieur. On va bloquer la rue. On va la bloquer là monsieur.

On va sur la reste là. On ne vit pas en survie monsieur. Et au bout d'un moment, on en a marre des taxes.

La taxe du carburant, ça a été la la le feu au poudre. Mais il y a plein de choses en fait qu'on qu'on ne supporte plus. Et moi je je travaille, mon mari il travaille, j'ai deux enfants.

Venez m'expliquer pourquoi le 15 du mois j'arrive plus à nouvrir mes enfants. Venez m'expliquer. Ben non, que Emmanuel Macron vient de m'expliquer.

Et je vous jure monsieur qu'on fait pas on fait pas d'excès. On fait on fait rien. On est surtaxé.

La France, c'est pas la France d' ans. Il y a 20 ans, on vivait bien. Maintenant, un banquier à la tête de la France, on se fait bouffer et maintenant ça suffit.

Et les citoyens, ils sont dans la rue. Quand il me reste 300 € par mois pour vivre avec mes deux filles, non, je m'en sens pas bien, monsieur. Je peux vous assurer.

Je suis venu aujourd'hui parce que rbol de de ce qui est gouvernement et taxes soit à droite, gauche, centre, toujours la même chose. Les taxes à droite à gauche, ils enlèvent un truc pour rajouter un truc. C'est rabol fiscal donc on nen peut plus quoi.

Bah je suis artisan donc je je suis à mon compte et malgré j' j'aimerais bien boucher quelqu'un mais avec les charges c'est impossible et puis j'aimerais bien que les les français puissent faire travailler les artisans mais comme les français n'ont pas assez de pouvoir d'achat c'est difficile pour nous de trouver du travail donc moi j'arrive à en trouver mais pas suffisamment pourir embaucher quelqu'un enfin en début d'après-midi après avoir vainement tenté de marcher vers l'Élysée les gilets jaunes parvenaient à investir les Champs-Ély Élysées du jamais vu depuis bien longtemps avant avant une dispersion dans le calme. Quelques irréductibles ont bien tenté de jouer au chat et à la souris près de la place de la Concorde avant de rentrer à leur tour jusqu'à la prochaine fois. Alors, il est important de souligner que ce mouvement est tout sauf parisien même si là en l'occurrence il s'agissait d'un événement à Paris.

Localement, il reflète ceux et celles qui luttent, la diversité des territoires, des rapports de force politique différents selon les zones. On peut comparer difficilement les gilets jaunes de Nice à ceux de la Réunion des Parisiens au Savoyard ou des gilets jaunes de Martigue. À la Réunion, la mobilisation reprend les habituel mots d'ordre contre la vie chère et aboutit sur des émeutes, des affrontements contre la police un peu partout dans l'île.

Les routes sont bloquées, il y a 25 points de barrage. Plus d'une dizaine de communes ont décidé de fermer les écoles de même que les stations services. Alors bref, ce mouvement est tout sauf homogène.

Et toi Serge, qui était, tu es bien placé pour nous parler de sa diversité. C'est la France des Invisibles qui est descendue dans la rue, celle qui peine à boucler ses fins de mois, celle qui survit au jour le jour. C'est ce peuple dont les socialiste avait décrété en 2012 qu'il était désormais acquis au vote le péniste et qu'il convenait de l'abandonner à son triste sort, de lui préférer les combats sociétaux. orphelin de toute représentation syndicale à force de vivre en lisière du salariat et des métropoles, s'est laissé pour compte ont expérimenté samedi un sentiment nouveau.

Celui d'être une force collective pour des milliers et des milliers de gilets jaunes. Cette journée a été celle de la fraternité retrouvée, de la solidarité, de la dignité. Bien sûr, il y avait des racistes dans le lot, des homophobes, des sexistes et des cons.

Mais qui peut prétendre réduire ce mouvement à ses pulsions ? Qui ? la caste sans doute qui n'a que mépris pour ceux qu'elle appelle les bofs.

Éditocrate, technonistes et gauchistes de salon convergent curieusement dans ce même mépris de classe. Des gens qui veulent vivre décemment. Vous n'y pensez pas, mon bon monsieur.

Plus grave est l'incapacité du mouvement syndical à avoir su repérer en amont cette colère et à lui offrir un cadre d'expression. Radar mal réglé et logiciel obsolète. Il est urgent de faire la mise à jour. surtout lorsque les réseaux sociaux parviennent à réunir davantage de monde qu'en appelle de toutes les directions syndicales.

Comment évoluera cette mobilisation ? Aura-t-elle un lendemain ? De quel côté penchera-t-elle ?

Oui, le Rassemblement national lui fait du clin de l'œil. À la gauche sociale, à la gauche républicaine de lui proposer un chemin, une alternative, un espoir d'être avec le peuple, d'être le peuple. Chloé a reçu pour le média Franck Lepage, formateur de l'éducation populaire, connu pour avoir popularisé le concept des conférences gesticulé.

L'éducation populaire a un mouvement de repolitisation, un moyen pour toutes et tous de reprendre la parole et de lutter contre la langue de bois. Ce sont les questions que nous lui avons posé écouter son face caméra. [Musique] Je m'appelle Franck Lopage.

J'ai travaillé pendant quelques dizaines d'années dans le champ de l'animation socioculturelle et dans le champ de l'éducation populaire. Et puis à la suite d'un licenciement, je me suis demandé qu'est-ce que j'allais devenir et qu'est-ce que j'allais faire. J'ai ramassé tout ce que j'avais vécu depuis des années et des années et j'en ai fait une espèce de conférence vaguement théâtrale et ça a donné la première conférence gesticulée. [Musique] Alors une conférence gesticulée, qu'est-ce que c'est une conférence ?

Qu'est-ce que c'est une conférence ? C'est un expert qui nous délivre son savoir, ce qu'il a compris, ce qu'il a travaillé et puis nous on est là et on reçoit ça et ma fois on en fait ce qu'on peut. Voilà.

Euh, une conférence gesticulée, c'est tout sauf un expert, c'est-à-dire c'est monsieur tout le monde ou madame tout le monde qui a été assistante sociale pendant une trentaine d'années qui euh décide de ramasser ces 30 ans d'expérience et d'en faire un objet public, politique, partageable et de nous dire voilà ce qui s'est passé dans ce que j'ai fait pendant 30 ans. Le fait de décider de transformer ce qu'on a vécu en un savoir politique, le fait de décider qu'on a tous un savoir politique, c'est ce qui enfrain la séparation entre ceux qui sont supposés savoir et ceux qui sont autorisés à recevoir ce savoir. Et donc conférence gesticulée, voilà, c'est ça gesticuler étant une blague.

L'éducation populaire, ça n'est pas l'éducation du peuple. L'éducation populaire, c'est une forme d'éducation. dont la forme est populaire.

C'est une éducation qui est populaire dans sa forme, dans sa manière de faire. Euh et en l'occurrence, c'est la façon de s'instruire mutuellement politiquement, c'est-à-dire de partager nos expériences de la vie, de ce que nous avons compris, de la façon dont on nous opprime, dont on nous domine et d'échanger là-dessus un certain nombre d'informations et de fabriquer entre nous de la culture utile pour l'action collective. C'est ça l'éducation populaire.

On pourrait dire éducation politique, mais les deux termes sont malvenus. [Musique] On voit tout de suite la différence avec l'éducation nationale. L'éducation nationale précisément, c'est l'éducation du peuple.

C'est-à-dire on prend des une population, on considère qu'elle ne sait rien et on va lui expliquer ce qu'elle est supposé savoir. L'éducation nationale, c'est la démocratisation des valeurs de la bourgeoisie. C'est tout à fait différent.

Euh, on on on a on a tous vécu cette chose-là. On sait tous le nombre d'heures totalement inutile qu'on a passé sur des bancs à s'ennuyer du matin au soir. En attendant le prof un peu différent des autres qui d'un seul coup réveillé parce que il ne faisait pas à cours, parce qu'il ne suivait pas le programme et parce qu'il nous parlait de la société comme un adulte normal.

Et là, d'un seul coup, on trouvait ce type absolument extraordinaire. On trouvait que c'était un bon prof. Ben, je crois que tout est dit sur euh sur euh ce que c'est que l'école, ce que c'est que la pédagogie freestit, ce que devrait être l'école, ce qu'elle n'est pas.

Euh voilà, la prophétie de George Orwell se trouve réalisée aujourd'hui. C'est qu'on nous a peu à peu supprimé tous les mots négatifs du vocabulaire qui nous permettaiit de nommer négativement le capitalisme et donc de le penser négativement et qu'on ne les remplace par des mots positifs. À partir du moment où on a plus que de la pensée positive.

On n'est plus en démocratie puisqu'on ne peut plus penser les contradictions du capitalisme. À partir du moment où on peut plus nommer quelqu'un un exploité mais qu'on est obligé de l'appeler un défavorisé, cette personne n'est plus victime d'un exploiteur. C'est juste quelqu'un qui a pas eu de chance.

Et donc on on s'est dit qu'il fallait absolument qu'on commence à se défendre. Sauf que nous n'avons pas les moyens aujourd'hui, nous n'avons pas encore inventé les moyens de nous défendre contre du langage positif. Comment est-ce qu'on se bat contre la démarche qualité ?

Vous êtes contre la qualité vous hein ? démarche qualité, c'est des gens qui se suicident hein aujourd'hui dans un certain nombre d'entreprises puisque c'est pas une démarche qualité, c'est une démarche productivité bien sûr. Comment est-ce qu'on se bat contre l'harmonisation des diplômes, contre l'autonomie des universités, tous ces jolis mots qui sont en fait des horreurs extraordinairement oppressives.

Comment on se bat contre l'excellence ? Comment on se bat ? Voilà.

Et ben on sait pas, on sait pas. Donc les syndicats sont complètement coincés dans des effets de langage, hein. Quand un licenciement collectif s'appelle désormais un plan de sauvegarde de l'emploi, et ben allez vous battre contre un plan de sauvegarde de l'emploi quand vous êtes un syndicat.

Euh et donc voilà, donc on on on s'est dit qu'il fallait rapidement qu'on mette en place des ateliers pour inventer la façon de se défendre contre ce vocabulaire et c'est ça qui que qui que sont les ateliers de désintoxication de la langue de bois. Je pense que la le grand danger vient de de la façon dont la ce langage est en train de transformer nos métiers, nos façons de ne plus pouvoir nous représenter nos métiers. Quand une infirmière doit faire de la traçabilité, de la transversalité, suivre des protocoles, des process, elle peu à peu, elle n'a plus de métier.

Elle elle a à la place une horreur qui s'appelle des compétences. Une compétence, c'est notre ennemi absolu. Une compétence, c'est le contraire d'un métier.

Ça sert à empêcher de pouvoir penser en terme de métier. Euh une compétence, c'est un métier, c'est du savoir-faire. Une compétence, c'est du savoir-être.

Autrement dit, c'est une saleté. C'est un truc qui sert uniquement à se faire évaluer sur son comportement. Ça sert à obéir à une autorité, une compétence.

Ça sert à rien d'autre. Et donc voilà. Oui, je pense que il est on peut se défendre parce que nous en souffrons tous individuellement, mais quand on fait les ateliers de désintoxication de la langue de bois, on se rend compte collectivement qu'on est tous des experts de ce truc-là.

On est tous à fait tout à fait à l'aise et et le fait de s'en rendre compte à 50 dans une salle, ça crée une puissance tout à fait incroyable. On est tous à se dire que on en a ralbol du projet et de la méthodologie de projet. Tous, on on veut plus de ce trucl.

Pourtant, on est dans un système d'idéologie dominante où c'est le projet qui est actuellement le maître mot de l'idéologie capitaliste. Et donc individuellement, bah on est obligé de continuer à faire des projets mais on sait tous qu'on devrait pas. Et donc la question enfin ce qui est intéressant dans un atelier de désintoxication de la langue de bois c'est d'être tout un tas à valider ensemble qu'on se fout de nous et qu'on va il va être temps de se défendre.

Alors, le petit exemple de langue de Bob, il est très facile. Vous prenez des mots qui ne veulent strictement rien dire mais qui ont l'air de dire quelque chose. Vous les mélangez dans dans n'importe quel sens.

Enfin bref, et puis avec une simple structure de phrase, vous vérifiez, vous faites croire que vous dites quelque chose. En réalité, vous ne dites strictement rien. Vous ne dites rien d'autre que ce qui est est.

Voilà, c'est à peu près aussi intelligent que ça. Donc là, je les ai mélangé. Alors voilà euh donc comme il glisse pas, je suis obligé de me mouiller les pouces.

Mais donc on pourrait dire un truc du genre mesdames messieurs, je voudrais revenir sur une question tout à fait essentielle aujourd'hui qui est celle du diagnostic partagé que je voudrais mettre en en relation en lien avec la question du lien social. Pourquoi aujourd'hui il faut-il penser à un diagnostic partagé autour de la question du lien social ? Bah au fond, pour une raison extrêmement simple, c'est que à l'heure de la décentralisation, c'est désormais dans la décentralisation et à partir d'un diagnostic partagé que nous pouvons relever le défi de la mondialisation.

Alors euh inscrire le défi de la mondialisation dans une relation de proximité, cela suppose plusieurs choses. Cela suppose euh de repenser la citoyenneté sous l'angle des relations interculturelles, c'est-à-dire de l'inscription, si vous préférez, de la mondialisation dans l'espace des armées incontournables du local. Alors, à cette condition, je crois qu'on peut euh repenser d'une façon beaucoup plus adéquate euh la question un peu vague finalement de la démocratie euh sous la forme d'une procédure de participation euh avec les habitants.

Oui, ça marche tout seul, ça vient tout seul. Je sais pas quelle est la prochaine, mais je veux dire ça va marcher. Donc parce que si on veut faire, je sais pas ce que c'est hein, si on veut faire la participation avec les habitants, j'appelle ça du partenariat.

Euh et ça veut dire qu'on prend les habitants pour des acteurs. Alors des acteurs, ça suppose d'être sérieux avec eux, ça suppose de passer avec eux un véritable contrat de développement local. Et au fond, quand on est à gauche, quel plus beau projet !

C'est la fin de cette autre 20h. N'oubliez pas, le média est toujours en campagne. Nous avons besoin d'être plus nombreux pour survivre.

Devenez sociaux. Dites à vos amis de devenir sociaux. Partagez nos contenus.

Abonnez-vous au médias sur les réseaux sociaux. Tout de suite, une autre interview d'Assina Méchaï. La banlieu, l'école et l'islam, c'est le triptique qui hasard du calendrier occupe la scène éditoriale de livres sont sortis de façon concomitante, Inchallah, le livre sur la dite islamisation de la scène Saint-Ni puis les territoires vivants de la République qui regroupent des contributions d'enseignants et personnels de l'éducation.

Pourtant, ces deux livres font une analyse totalement différente. Alors, pour comprendre, le média a reçu Camel Shaban, l'un des contributeurs du livre Les territoires vivants de la République. Il explique comment les alarmes sensationnalisent sur l'école porte préjudice au travail silencieux et pédagogique des enseignants qui œuvrent au plus près des réalités sociales.

Merci d'avoir suivi l'autre 20h. À demain. Bonne soirée.

Bonjour à tous. la banlieu, l'école et l'islam, le triptique qui occupe colonne de journaux, écran de télé et rayonnage de librairie. D'alerte en alarme, de fantasme en fantasmagorie, c'est aussi tout le fameux vivre ensemble qui est ainsi interrogé.

Hasard du calendrier éditorial, deux livres viennent de sortir. Télescopage intéressant car ils font de la même situation une analyse différente. D'abord, Inchallah, le livre sur la dite islamisation de la scène Saint-Denis.

Une enquête menée par de jeunes apprentis journalistes sous la direction de Gérard Avet et Fabric, eux-mêmes journalistes au monde. L'autre livre est Les territoires vivants de la République. Sous la direction de Benoît Falaise, historien et inspecteur général de l'éducation nationale, ce livre regroupe des contributions d'enseignants et personnels de l'éducation.

Parmi les contributeurs de ce livre, Camel Chaban, professeur d'histoire géographie à Paris. Monsieur Chaban, bonsoir. Bonsoir.

Alors, première question. Est-ce que vous avez envisagé votre livre Territoire vivant de la République comme une réponse au livre sorti en 2002, les territoires perdus de la République ? au départ non hein.

C'est euh finalement le résultat de tous les discours qu'on entend euh sur l'école et surtout la vision des clinistes qui nous a fait réagir et qui a a fait construire a fait construire ce ce collectif d'enseignants qui voulait montrer que au-delà des préjugés, l'école connaissait de de belles réussites et qu'il fallait enfin les montrer. Après, d'une certaine manière, oui aussi puisque nous vivons dans ces territoires vivants, nous y enseignons. qui fait que notre livre en réalité est un vrai livre d'espoir sur tout ce que peut faire l'école rapidement et en un mot contrairement à ce qui a pu être dit et ce qui est encore malheureusement trop souvent dit c'est que l'école fait son travail au-delà de toute la vision décliniste qui est celle de la société sur l'école on demande beaucoup à l'école en ce moment on lui demande de résoudre finalement la crise morale et politique que traverse la société depuis plus d'un siècle.

Quoi qu'on en dise et qu'on le veuille ou non, l'école relève le défi et c'est ce que nous voulions vraiment montrer dans ce livre. J'aimerais simplement contextualiser pour pour mémoire le le livre Les territoires perdus de la République donc sorti en 2002 sous la direction de l'historien George Bensoussan dress un tableau presque apocalyptique de l'école. Vous aviez le triptique racisme, antisémitisme, homophobie ou sexisme qui semblaient être les trois plai de l'école.

Pourquoi vous vous dites que l'école est un territoire vivant et non pas un territoire perdu ? On ne nie pas l'antisémitisme, le sexisme ou l'homophobie. L'école se prend en pleine face, hein, tous les mots de la société.

Non, nous ce que vous nous voulions euh dire, écrire et et bien faire comprendre à tout le monde, c'est que l'école fait face à tous ces mots et euh il y a pas de déterminisme. En réalité, nous relevons le défi euh au quotidien et c'est ce qu'on a essayé de montrer euh dans ce livre. Il y a de multiples projets éducatifs et pédagogiques qui se tiennent en France et qui luttent de bien belle manière contre ces fléaux qui ont été dénoncés par territoire perdu de la République.

Un peu à la manière des urgentistes qui font face au aux violences au quotidien. Nous aussi, on continue pas de soigner les élèves, mais de leur apporter toute l'éducation et l'instruction qui doivent être délivré. Et pourquoi ça n'est pas audible ?

Pourquoi on a toujours cette impression d'une espèce de catastrophisme à l'école ? Parce que en réalité l'école est souvent perçu un peu à tort comme un sanctuaire qui serait finalement épargné de tous les mots qui nous traversent dans la société. Or, les élèves euh ne font très généralement que véhiculer tout ce qu'ils peuvent entendre autour d'eux, hein.

Un élève est pas naturellement antisémite ou sexiste ou homophobe hein, ou dans une concurrence mémorielle comme nous l'évoquerons tout à l'heure. Et si justement c'est pas à l'école que les élèves puissent formuler tous ces propos évidemment déplacés que nous condamnons et contre lesquels nous luttons de et nous essayons de lutter efficacement contre tout cela ou l'élève pourra-t-il justement être empêché de de dire tout ça et surtout éduqué et instruit pour ne plus penser de cette manière-là ? Parmi euh les les trois PL que décrivait euh le livre Les territoires perdus de la République, il y avait euh l'antisémitisme.

J'ai relevé dans dans votre livre une phrase qui dit "L'idée de l'impossibilité à transmettre la choa revient régulièrement dans les débats publics. Ce sujet problématique devenu central pour les médias et l'éducation nationale est une peur projetée par l'enseignement l'enseignant pardon lui-même. Alors, c'est vrai que bon, sur des questions qui peuvent paraître sensibles comme celle-ci, il y a de multiples a priori euh et d'idées reçues auxquels bon nombre d'enseignants euh n'échappent pas.

Il y a des enseignants enfin la grande majorité même d'entre eux continue d'enseigner la choa. L'exemple qui est développé dans le livre est celui de de Anne Angless à laquelle il faut rendre hommage puisque dans une zep une R plus de Créteil, elle a remporté avec une de ses classes le concours national de la résistance et de la déportation dans un projet dans lequel elle justement elle faisait travailler ses élèves sur l'extermination des juifs d'Europe et ça lui a pas posé ça lui a posé peut-être quelques quelques soucis mais qu'elle a réussi de toutes les manières à régler comme la majorité d'entre nous en fait. Donc il n'y a pas d'impossibilité à enseigner la choa l'école ou en banlieu comme pour n'importe quelle autre question.

Voilà, il y a pas d'impossibilité justement. Alors il y a un travail de fond à mener des projets pédagogiques éducatifs comme je le disais à l'instant mais pas d'impossibilité d' ne pas enseigner telle ou telle question. Hm hm.

Votre contribution euh euh à bord la question des concurrences mémorielles. Comment vous essayez avec vos élèves de dépasser euh les douleurs historiques peut-être mal cicatrisé ? Comment vous faites concrètement ?

Moi, j'interviens sur les enjeux de mémoire au collège et euh le le cœur de mon travail bah comme bon nombre de mes collègues aussi hein, et de construire une véritable histoire commune avec l'ensemble des élèves. Ce que l'on propose de faire justement et de penser les cicatrices euh que vous décrivez à l'instant, d'y apporter des réponses. Voilà. surtout ne pas laisser un élève sans réponse.

On est dans un lieu d'éducabilité qui est l'école et justement on se doit de délivrer des réponses par rapport à à un passé qui ne passerait pas justement le cœur de mon enseignement et de regarder le passé en face hein. Évidemment, on on sera pas dans la reconnaissance parce que tout ce que je suis en train de dire pourra être peut-être malencontreusement être interprété comme une reconnaissance de la part de l'enseignant qui viendrait suppler quelques manquements étatique que ce soit. Non, nous on est dans la connaissance, on n'est pas dans la reconnaissance justement.

À quelle sorte de questions vous avez affaire de la part des élèves ? Alors, pour euh les questions euh euh dites sensibles comme euh la guerre d'Algérie, quand on étudie euh la bataille d'Alger, euh évidemment les les combattants du FLN euh pour ne citer que l'Arby euh Ben Midi euh apparaissent euh tout de suite comme des terroristes puisque ce sont effectivement des poseurs de bombe, hein. Ils ont semé la terreur dans Alger.

Bon après les choses sont toujours plus complexes et l'élève les élèves sont très curieux de découvrir ce passé quand il découvr par exemple que c'est l'armée française qui rend hommage à l'arbitre Ben Midi lorsqu'il est arrêté et qu'il va être livré d'une manière assez odieuse au commandant Osarè ils sont étonnés et de la même manière une autre idée reçue qui court sur la guerre d'Algérie est de dire que l'ensemble des harquis sont des traîtres quand ils découvrent des monographies des histoires particulières sur les engagements qui ont été ou pas ceux des Arquis. Ils sont tout à fait étonnés de voir que en se plaçant à leur en se mettant à leur place, peut-être aurait-il été obligé d'aller dans l'armée française qu'un bon nombre d'Algériens car la guerre d'Algérie aussi apprennent, c'est ce qu'on apprend ensemble et aussi une guerre civile. Est-ce que la guerre d'Algérie est encore très présente chez ces élèves parce que vous avez l'air de focaliser beaucoup sur cette partie de l'histoire française mais il y a d'autres choses, d'autres colonies d'ailleurs ?

Oui. Voilà. Oui.

Alors, c'est je vous le disais tout à l'heure hein, les élèves finalement vont véhiculer tout ce qu'il trouve dans la société, y compris dans leur famille ou dans les réseaux sociaux. La guerre d'Algérie nous habite encore très souvent en France. C'est c'est un drame humain historique qui a pas été complètement réglé.

C'est une question qui passionne les élèves et dont ils ont souvent entendu parler. Alors soit par le biais de leur histoire familiale ou bien parce que c'est c'est une question encore socialement vive. À propos de questions socialement vive, le halal qui a l'air de d'empoisonner parfois les cantines les cantines scolaires.

Vous vous vous prenez le contrepied de ce qu'on peut entendre. Vous en vous n'en faites pas un argument religieux, vous en faites un argument social. Je je cite simplement un extrait de de l'ouvrage.

C'est la dignité qui parfois peut pousser quelques familles à invoquer des pratiques religieuses pour dissimuler des problèmes financiers. Certains parents pensent peut-être que la raison religieuse ne se discute pas, que l'école ne peut pas la remettre en cause. Cette citation illustre bien l'esprit aussi de notre de notre livre.

Nous, on est dans la culture du dialogue avec les élèves. Autrement dit, on établit avec eux une relation de confiance, y compris avec les parents. Alors, quelquefois lorsque il y a des arguments religieux qui peuvent tomber de cette manière-là, on les entend mais on donne une réponse comme je vous ai dit tout à l'heure pour l'antisémitisme ou le sexisme ou les remarques concernant les questions d'histoire encore socialement vive.

Lajam a justement quét pourquoi cette famille tout à coup était pris de religion alors que elle n'avait pas eu encore d'écho qui sonnait de de cette manière-là. Et finalement bah la mère de famille lui dit que c'est effectivement un problème financier et elle elle déguisait finalement ce grave problème social par une appartenance religieuse qui était pas effective. Mais cette enseignante est allée au-delà.

Elle aurait pu se se contenter de cette grille de lecture religieuse. Tous les enseignants ne font pas cela. Tous les enseignants le font peut-être pas, mais il y en a beaucoup qui le font seulement.

On parle pas d'eux. Je vous disais tout à l'heure, on a tellement une vue décliniste de l'école en France que on se focalise sur ce qui va pas. Alors nous, on a essayé de prendre le point de vue contraire en fait, sans tomber non plus dans l'angélisme, hein.

Voilà. en disant que si on creusait, si on s'investissait peut-être davantage avec les élèves et beaucoup le font mais dans l'ombre de leur classe et on ne parle pas d'eux, quelquefois bien on tombe sur des situations comme celle-ci. Mais là où j'insiste hein, c'est que vraiment sans doute vu la massification dans laquelle on est, il y a presque 1 million de collègues, il y en a beaucoup hein qui œuvrent de cette manière-là seulement bah on le sait pas quoi puisqu'on en parle pas.

H un autre poid qu'aborde votre livre donc Territoire vivant de la République, c'est euh la question euh de l'islam au sein de l'école. Il y a une expérience qui est menée par une jeune professeure qui qui intervient dans dans le livre. Elle explique que lors d'un échange, elle a invité un père de famille à venir expliquer exactement ce qu'était l'islam, la religion et qu'elle a eu une petite crispation, ce qu'elle appelle, je vais la citer, elle a eu euh elle a d'abord été heurtée en raison de son prisme laïque et ensuite, elle s'est rendue compte que ça pacifiait les choses, que les élèves écoutaient volontiers le père qui parlait de paix et cetera.

Ce prisme laïque, est-ce que vous pourriez me l'expliquer, nous l'expliquer ? on apprend ce ce que sont les croyances religieuses. Mais alors après concernant évidemment les croyances de chacun, cela doit rester personnel.

C'est pour ça que l'enseignante euh comme vous le décrivez là a eu une petite appréhension mais au final elle s'est rendue compte que finalement le le père de famille tenait un discours qui qui était celui des valeurs de la République en montrant que l'islam nétait pas celui de des islamistes et encore moins celui des terroristes. J'aimerais vous faire réagir à un fait d'actualité. Une quarantaine de chefs d'établissement du rectorat de Versailles ont démarré un stage de gestion de crise dans un camp militaire.

Donc ça c'est la première information. Autre information, la nomination d'un proviseur adjoint issu de la gendarmerie dans un lycée de Stetin. Est-ce qu'on sort pas là par ces deux faits de la sanctuarisation de l'école ?

Donc des proviseurs qui vont faire un stage de militarisation et un ancien gendarme qui devient proviseur adjoint. ce que l'on redoute en fait hein et c'est ce dont on avait peur avec le hashtag pas de vague, c'est qu'on puisse tomber dans le tout euh dans le tout sécuritaire en fait hein. Or euh à tous les mots euh que rencontre l'école, il y a forcément une réponse pédagogique et éducative.

Et c'est vraiment euh la particularité de ce livre, remettre la pédagogie au centre parce que c'est finalement le le cœur de notre travail. Mais est-ce que vous n'avez pas peur d'être peut-être taxé dans géisme ? Est-ce que vous dites à chaque problème social sociétal, il y a une réponse pédagogique d'éducation ?

Est-ce que vous êtes sûr de cet effet presque mécanique de vous parler ? Alors justement, nous nous ce qu'on voulait faire dans le livre, c'est justement dépasser ce débat qui qui est destructeur entre les déclinistes et les angéliques, on pourrait les appeler comme ça. Voilà.

Alors justement, nous nous on se situe ni dans un camp ni dans l'autre parce que on ne nie pas les difficultés justement, mais on se propose d'y faire face et la nuance, elle est elle est vraiment importante à chaque à chaque problème pardon sociétal comme vous dites que l'on rencontre ou identitaire. Voilà aussi hein, disons-le clairement, l'institution et nous à travers elle doit délivrer euh une réponse et il y a des réponses. Tout à l'heure, je vous parlais euh euh des euh des poncifs qui courent encore sur les questions d'histoire socialement vive.

Hm hm. Il y en a de multiples. Euh euh euh il résistent pas face euh à la manière dont on fait de l'histoire avec les élèves en étudiant des documents de manière très rigoureuse pour ne pas dire euh pour ne pas dire scientifique.

Et comme le dit Gard Ariel, euh jusqu'à preuve du contraire, euh c'est une vérité historique qui est établie. Alors après les élèves évidemment ils sont très très curieux de tout cela et si justement cette agitation qui qui qui est qui est la leure et qui est perçu comme tel par beaucoup de collègues sur des questions d'histoire socialement vive nous on retourne la question en disant ne ne serait-ce pas au contraire une passion pour l'histoire parce que les élèves comprennent aussi qu'il y a des situations présentes qui semblent s'être jouées dans le passé mais qui sont pas tout à fait les mêmes et dans leur construction et dans dans la construction identitaire qui est qui est la leur, ça les perturbe beaucoup. Ils posent des questions, ils cherchent des réponses et c'est ça qui est absolument extraordinaire avec eux de creuser le passé pour avoir des réponses sur notre présent.

Parce que c'est pour ça qu'on fait de l'histoire aussi hein, comprendre le passé à la lumière du présent et comprendre le présent à la lumière du passé. C'est Marc Bloc qui le disait fort bien dans l'Apologie pour l'histoire. H mais est-ce que l'école a encore les moyens de tout cela ? parce que suppression des postes ou le débat sur les moyens et pas là où il devrait être.

Par exemple, vous voyez pour toutes ces zones d'éducation prioritaire, on aurait aussi besoin d'un redéploiement de de nos moyens. Alors voilà, dans quel sens ? Il il y a une question sur laquelle le précédent ministère s'était penché mais hélas n'a pas pu trouver de réponse et c'est une vraie question celle-là.

Comment redéployer finalement les les professeurs les plus expérimentés, ceux qui ont acquis une grande force morale, un grand professionnalisme. On se rend compte que finalement dans les zones où les élèves ont ont le plus besoin d'enseignants expérimentés, en réalité ce sont des zones de de de qui sont perçues encore comme des zones de relégation. Comment redéployer les enseignants finalement les les les plus expérimentés dans ces zones qui en ont les plus le le plus besoin ?

Ça c'est une vraie question et ça concerne pas que les moyens parce que ce qui se passe en ce moment c'est que ce sont les les les jeunes diplômés qui se retrouvent peut-être m très souvent. Voilà et surtout il y a il y a ce qu'on appelle al pardonnez-moi cet anglicisme mais il y a un turnover qui est particulièrement destructeur. Les voilà les équipes changent trop souvent.

Bon, il y a une bonification. C'est vrai que la la les zones d'éducation prioritaires, ça peut user euh forcément parce que ce sont des zones qui sont pas euh euh faciles, hein. Vous voyez, euh on n'est pas dans l'angélisme, hein.

Euh mais il n'empêche que ce sont des situations qui euh d'un point de vue professionnel sont particulièrement intéressantes, enrichissantes. On a vraiment une prise sur les élèves et et on peut être surpris finalement du résultat au quotidien. Vous voyez euh dans le cadre de la classe, on a souvent d'agréables surprises.

Les élèves peuvent se montrer complètement différents face aux forces de l'ordre à l'extérieur de l'établissement et jouer le jeu de l'école parce que ils sont justement demandeurs de cela. Et est-ce que vous pensez que l'école est un champ de bataille ? Est-ce que là c'est une une métaphore un peu martiale que vous utilisez ?

Non, ça n'est pas un champ de bataille. Surtout pas justement, on n'est pas on n'est pas sur le front. Il y a beaucoup de collèges qui disent "Moi, je suis au front." Non mais on est sur le terrain, on travaille avec des élèves qui sont en construction et et et que l'on voit au fur et à mesure changer, accepter les valeurs de la République, les intégrer, progresser sans sans déterminisme.

Un autre écueil aussi peut-être à éviter, c'est que certains enseignants se sentent comme des missionnaires ou des usars noirs de la République dans ce qu'on a appelé les territoires perdus de la République. Il faut pas tomber non plus dans ce travers. beaucoup d'enseignants se rendent compte quelles sont les grandes charges du métier.

Et alors sans propagande, moi c'est ce que je j'explique très bien dans le livre, sans embrigadement, voilà, la grande charge du métier, c'est qu'on est pour ma part en tant que professeur d'histoire géographie dans l'apprentissage de la citoyenneté et de la démocratie. Et la grande charge du métier, c'est que on est en train de former les citoyens de demain mais on n'est pas desar. Autrement dit, on a'ura pas de propagande républicaine.

Faut pas avoir peur du mot. Non, moi personnellement, je forme des citoyens de demain libre, éclairé, responsable. Je parle pas de reconnaissance étatique, hein, au niveau notamment de l'histoire coloniale.

Ce sont les élèves même qui m'en parlent. Moi, je reste impartial. Eux se font leur point de vue.

Ils porteront les reconnaissances de demain mais de manière positive, de manière républicaine, en voulant absolument enrichir la mémoire nationale qui est la nôtre. Une autre citation que j'aimerais vous soumettre que j'ai trouvé intéressante. Un contributeur écrit "Soyons sérieux, l'école de la République sera en serait pardon en recul parce que nos élèves ne mangent pas de viande à la cantine dans certains territoires de France.

Elle est en recul car elle peine à leur donner les mêmes chances de réussir. Alors voilà. Bon après à notre sens, il y a pas de territoire perdu dans le sens où il y a pas de territoire à reconquérir hein, territoire vivant.

Bon après euh euh on va pas se cacher les choses non plus hein. Il y a des territoires qui sont relégués hein. Euh c'est vrai euh en terme de c'est une relégation sociale voilà exactement.

Elle est pas identitaire, elle est pas ethnique, elle n'est pas non plus un renfermement sur soi, même. Ce n'est pas du communautarisme. C'est ce que vous essayez de dire.

Voilà. Voilà. Exactement.

En fait, je ferai référence à Gérardel parce que c'est c'est le grand historien qui porte la question, le spécialiste de l'immigration qui dit que aujourd'hui il y a une ethnicisation des rapports sociaux. C'est vrai qu'il y a une focalisation sur l'ethnie en réalité ou bien la religion dont on parlait tout à l'heure. Et cette ethnicisation, elle vient d'où ? qui a ce regard ethnique sur les élèves et sur l'école ?

Est-ce eux-mêmes est-ce les médias ? Est-ce les politiques c'est la société en général, il y a une ethnicisation des rapports sociaux euh en terme général. Nous, on s'inscrit contre ça et et si c'est le fait des élèves, l'écueil a pas tombé, c'est qu'on est face à des adolescents ou à des près adolescents.

Donc à ne surtout pas traiter comme des adultes, hein. Donc là, il y a encore pour eux de beaucoup d'une il y a une une vraie capacité, voilà, de changement. Moi, je leur dis, le monde vous appartient.

Ils sont étonnés des fois de se de de d'entendre ces propos de manière positive. Alors pour en revenir à votre question, quand ils rapports sociaux et qu'on leur fait remarquer, bah c'est comme pour le sexisme, hein, ça résiste pas longtemps en fait. Eux-mêmes s'en rendent compte parce que là où finalement la société en fait des Français finalement à part, ils sont des Français à part entière puisque comme ils se passionnent pour l'histoire, ils se passionnent aussi pour la valeur numéro une qui est la nôtre, l'égalité.

Et quand on ethnicise les rapports sociaux, forcément on brise cet idéal républicain. Notre citation parce que il y a eu beaucoup de citations relevées. Le grand problème de la France a vraiment été de dénigrer ces populations de banlieu de se dire que tout est de leur faute.

Donc on revient à l'étymologie du mot banlieu lieu du banc, lieu de l'exclusion. Est-ce que aussi on n' pas eu trop tendance dans les médias ou ailleurs à projeter tous les travers de la société française pour la déclarer la plus innocente possible et à faire de la banlieu le lieu horrifique de tout ce qui ne va pas en France ? C'est vrai que les banlieux on ont toujours été victimes d'une d'une ségrégation à la fois sociale, mais il faut bien le reconnaître aussi ethnique, hein.

Il y a des façon géographiqu bon, de toutes les manières géographiques ethniques et social ethnique. Ethnique dans le sens où force de constater que les populations immigrées ont été regroupées dans des zones qui paraissaient des zones de relégation. On est passé de des bidonville au au HLM hein d'un point de vue historique.

Bon après, on semble redécouvrir aujourd'hui que finalement ces populations, elles vivent entre elles et ça pose un problème. Il est vrai que il y a des moi je dis pas un mais des communautarismes qui sont à l'œuvre. Bon après c'est en portant l'idéal républicain le plus loin possible justement qu'on brisera ce communautarisme là.

Est-ce que l'idéal républicain, vous avez l'air d'en faire la panassée, c'est très bien, mais est-ce que l'idéal républicain est suffisamment inclusif pour accepter ces jeunes qui se sentent visiblement exclus ? Alors voilà, justement moi c'est le cœur de mon enseignement, montrer à chaque élève quel qu'il soit, quel que soit son sexe, quelle que soit sa religion, tout le monde a sa place dans notre histoire commune. Euh jusqu'au réfugiés syrien qui est arrivé euh il y a 6 mois et qui peut se rattracher à notre histoire nationale.

On a une histoire qui justement fait a fait de notre pays une puissance coloniale, on en parlait tout à l'heure, mais également un très grand pays d'immigration, une grande terre d'accueil. Et à ce titre là justement, et c'est la volonté des révolutionnaires français qui font cette révolution qui est la nôtre et qu'on en apporté dans le monde, cette volonté universaliste et c'est idéal républicain justement, mais encore faut-il qu'il soit appliqué de manière stricte. sans laisser personne au bord de la route.

Je vais pas le citer euh non plus parce que je suis un inconditionnel, mais si vous vous en souvenez, au moment des émeutes de banlieu en 2005, le président Chirak prend la parole un soir où il y a des centaines de voitures qui brûlent dans de multiples quartiers de France. Il va avoir une formule choc parce que il le sait, son cabinet le sait. Les discriminations, dit-il, c'est comme un poison qui coule dans les veines de la République.

Alors, c'est sûr, les élèves quand ils sont traité de manière républicaine et qu'ils voi que c'est idéal et que nos valeurs sont appliquées de manière stricte et continue, ils y adhèrent vraiment. Est-ce que vous êtes d'accord avec la la phrase de Manuel Vals qui était à premier ministre et qui avait parlé d'un apartide qui se jouait dans certains quartiers de France Ça ça recoupe le les ségrégations dont on parlait tout à l'heure mais le mot appartait des voilà. Alors lui il il a dit suppose un cadre légal.

C'est un peu plus fort que ségrégation. Voilà. Voilà.

Alors c'est vrai lui il a parlé d'apartèide, il y en a d'autres qui ont parlé également d'espace coloniaux. Bon, je pense que c'est des termes qui à mon avis sont trop forts parce que on a ici la volonté d'une population qui est intégrée. Elle est quoi qu'on le veu qu'on le veuille ou non en fait elle est mais elle le porte final elle porte cette intégration euh et on lui refuse d'une certaine manière, je parlais des discriminations à l'instant évidemment à refuser une intégration qui est réelle.

Forcément, on crée des communautarismes. Mais là, je vais interroger le mot intégrer. Est-ce qu'on peut demander à des enfants nés de s'intégrer ?

Alors, justement, ça c'est un débat qu'on fait en EMC en 3e. Les élèves se rendent compte que on ne parle pas d'intégration culturelle. L'intégration culturelle, elle se fait elle se fait justement par le biais de l'école.

La langue de tout le monde est bien et bien le français. Les élèves connaissent les symboles de la République. Ils ont grandi avec.

Euh là, il participe, je vous le disais à l'instant, d'une histoire commune, d'une histoire partagée euh avec des mémoires euh on l'espère au final euh apaisé. Euh ils y sont attachés à ça hein, vraiment euh euh il ils sont demandeurs. Voilà, en fait hein, ils veulent absolument être considérés à égalité.

Alors après y compris voilà, c'est ça qui est intéressant et en creusant finalement comme la Alja Mahamd euh euh même ceux qui s'annonce parce qu'il y en a qui vous le disent non moi je suis pas français qu'est-ce qu'il raconte celui-là ? Et puis finalement quand on lui prouve par le passé qui est le nôtre qu'en réalité il est ou qu'il a vocation à le devenir on brise des idées reçues. Et pour un être en construction je peux vous garantir que l'effet il est il est immédiat.

Est-ce qu'on n pas aussi tendance trop souvent et je pense qu'on on revient à des choses qu'on a déjà abordé mais j'aimerais vous poser la question de façon plus claire. Est-ce qu'on a pas trop tendance à voir des provocations d'adolescents ? On n'est pas très sérieux quand on a 17 ans.

Ça c'est une phrase de de Rim qui qui qui est d'actualité comme des choses qui on les lit sous ces gris communautaristes constamment. Si on y va avec des idées reçues concernant les élèves, ça c'est sûr ça se passera pas bien non ? Alors après les propos d'élèves, je vous le disais aussi, ce sont des propos d'adolescents qui qui se construisent, qui peuvent être dans la provocation, dans la provocation, dans le testing du prof, comment il va réagir.

Nous, on est dans la culture du dialogue avec vraiment il y a pas de sujet tabou. Alors après, s'il y a un élève qui par ses propos enfreint la loi, voilà hein, là on arrive au cœur de votre question, on lui rappelle les le les termes de la loi, le cadre légal et on on lui explique que ce qu'il vient de dire est particulièrement grave, qu'il soit qu'il ait des propos sexistes, antisémites, qu'il fasse l'apologie du terrorisme. S'il réitère, bon là il est convaincu, on doit forcément signaler, sanctionner mais franchement encore une fois sur les millions d'élèves que l'on a rar ceux rares ceux et celles qui persévèrent dans leur propos si c'est de la provocation.

Alors après ça tout ça évidemment quand on est enseignant il faut l'incorporer. Peut-être que aillon pour aillon il vaut mieux avoir les aillons de l'épouvantail plutôt que du misérable. Ça vraiment on a du mal à le faire comprendre.

à tout le monde. L'élève, il est pas naturellement ceci ou cela. Il se construit, il entend tout autour de lui des choses, il va les véhiculer, hein.

Ça c'est indéniable. Et s'il a pas l'occasion de le faire à l'école, où va-t-il pouvoir le faire ? Et où va-t-on avoir une prise sur lui justement pour tenter de le faire changer ?

Et j'insiste he pas l'embriader sans propagande que tout ça soit communément admis qui se rende compte que finalement c'est c'est le bon sens qui parle et ce bon sens là il est républicain. Pourquoi ? Parce que dans le cadre de nos cours et je le disais ailleurs aussi et sans jeu de mots voilà et ça les élèves apprécient beaucoup.

On fait République ensemble, on fait choses communes, on a euh euh euh comment dirais-je des intérêts en commun et une vue, une un projet éducatif commun. Et quand les choses sont présentées comme ça aux élèves, ils résistent pas longtemps. C'est parce qu'ils sont demandeurs et ils y adhèrent.

J'ai euh j'avais parlé en préambule du livre Inchallah qui qui est sorti quasiment avec le vôtre. Est-ce que vous l'avez lu ? Oui, oui, je je l'ai lu.

Ouais, je l'ai. Est-ce que vous en avez pensé ? Ben euh moi j'ai pensé qu'il était euh anxiogène, voilà, que la France euh était en train de s'islamiser et que si on réagissait pas un jour ou l'autre euh l'ensemble de notre pays serait sous la coupe de l'islam. en fait hein, c'est je schématise un peu mais de la même manière que schématise aussi hein.

Alors il y a Fabien Truong un sociologue de l'université Paris qui fait une analyse tout à fait intéressante du livre dans laquelle il dit que l'islamisation qui est observée par David et l'homme les deux journalistes n'a pas lieu d'être en réalité. Pourquoi ? parce que lui étant sociologue, il il aurait voulu que l'étude soit quand même un peu plus sérieuse en terme scientifique.

Il y a pas d'avant dans leur livre et puis il y a pas de contexte, il y a pas d'explication. On vous décrit une situation telle qu'elle est sur le moment et y compris en partant toujours en interrogeant toujours des témoins qui diront ce que finalement les auteurs du livre ont envie de dire. Donc il y a une islamisation.

Fabien Truong, lui euh euh euh creuse un peu enfin creuse davantage en disant que effectivement à l'heure actuelle, il y a une publicisation de l'islam, c'est indéniable et y compris une politisation de l'islam. Ça c'est vrai. Mais alors une islamisation euh c'est quand même un bien grand mot.

Quand vous dites anxiogène, vous vous en tant que citoyen, vous avez eu peur. C'est ce que Alors, c'est c'est c'est encore une fois une vision une vision caricaturale des choses en fait. Et là où je dis qu'elle est anxiogène, c'est que si finalement on connaît pas l'islam et qu'on connaît pas l'histoire de France aussi, c'est ça le problème, qu'est-ce qu'on se dit ? on se dit que bah les les musulmans sont à l'œuvre bientôt ils risquent de gagner le pouvoir.

Donc enfin c'est une vue complètement caricaturale de ce qui se passe de ce qui se passe en banlieu. On parlait tout à l'heure de la banlieu comme des banlieux comme zone de relégation où on a où la République a concentrer des populations immigrées, voilà, et qui venaient pour beaucoup des anciennes colonies et qui par ailleurs pouvaient être musulmans. Et là, on s'étonne que tout à coup finalement ces personnes affichent publiquement leur appartenance à l'islam.

Alors moi je je là j'essaie de de rester tant que faire ce peu impartial hein, mais bon euh c'est pas un constat qui est euh qui est sérieux de leur part. Ils n'ont pas prétendu avoir fait un travail sociologique. Oui, voilà.

Mais mais alors vous êtes bien placé pour le savoir. Euh il n'empêche que de nombreux journalistes sont des personnes qui ont une méthodologie sérieuse. Je vous renvoie la question hein.

C'est le terme sérieux qui doit être interrogé. Mais est-ce que vous avez suivi les différentes politiques polémiques ? Pardon, notamment cette directrice d'école qui il me semble est à Bobini ou Bondi, je ne sais plus, Véronique Desquer qui dit qu'elle ne se reconnaît pas dans les propos.

Oui, voilà. Exactement. Oui.

Et d'ailleurs qui qui a dit que ces propos avaient été déformés, en tous les cas instrumentalisés. Après, ce ce qu'elle décrit euh dans le livre euh les revendications euh on va dire religieuses des élèves, pour ma part, moi euh je les ai jamais vu hein. Euh voilà.

Vous n'avez jamais eu affaire à ce qu'elle décrit, un père de famille qui va lui demander d'appeler son fils Mohamed avec le H très prononcé et non pas très sincèrement non. Et j'en ai pas non plus entendu, j'ai pas entendu parler de ça autour de moi. Mais bon, après voyez dans le livre, ils font toute une galerie de portrait.

H mais et c'est pour ça que je parlais de de Fabien Triong, ils s'affranchissent d'aller interroger un sociologue ou un historien parce que leur but c'est pas de comprendre en fait ce qui se passe hein mais de dénoncer une situation qu'ils ont par ailleurs préconçu et qu'ils vont c'est pour ça que je disais pas sérieux et qu'ils vont à tout prix vouloir vérifier. Ils sont allés enfin eux franchissent pas le périf. Non, ce sont cinq euh malheureusement comme étudiant journalistes.

Voilà. Voilà. Et malheureusement comme beaucoup de journalistes aussi hein ou qui y vont seulement quand il y a des voitures qui brûlent ou qu'il y a des profs qui sont braqués par des armes factis comme on a pu le voir hélas à Créteil.

Euh euh euh mais euh euh donc ils envoient et et euh euh nous là, Benoît Falaise, on lui a envoyé justement une journaliste. Bon, elle n'a pas été jusqu'en banlieu hein. Et Benoît Falaise dans le livre, bah il fait trois lignes.

Pourquoi ? Ben parce que il a pas dit ce qu'il voulait entendre en fait hein. Lui, il l'interroge sur les atteintes à la laïcité.

Voilà. Et bah, il dit qu'elles sont pas non plus si courantes que cela. Le ministère en a fait remonter là. il est vrai à un certain nombre, hein, mais par rapport à à la machine qui est l'éducation nationale, comme je vous le disais tout à l'heure, euh euh c'est pas non plus enfin il y en a pas non plus tous les jours.

Voilà, faut quand même arriver à relativiser, mais comme il le dit lui et que ça corrobore pas la thèse qui a déjà été préconçue, bah il le cite en trois lignes. Je rappelle simplement que Benoît Falaise est inspecteur général de l'éducation nationale. Donc a priori, il sait de quoi il parle.

Voilà, il sait de quoi il parle et c'est euh à ce titre-là qu'ils l'ont euh interrogé et d'ailleurs, il sait de quoi il parle puisque euh c'est lui qui a eu l'idée de faire ce livre euh parce que justement il il en avait assez d'entendre ce discours décliniste de l'école et qu'il voulait qu'on puisse en parler en des termes qui ne soient plus négatifs malgré justement le contexte particulier dans lequel on est, le contexte social, hein, bien entendu, hein. Cependant, ce livre cite un rapport au bain euh de 2004 qui a été publié en plein débat sur l'interdiction des des signes religieux et ce rapport dressait à un état des lieux de l'islamisation à l'école stigmatisant le dénigéducation nationale, une omerta interne à l'éducation nationale existant sur sujet pardon et euh une islamisation qui continue à se développer. Donc ce constat date de 2004.

Qu'est-ce est-ce que vous avez lu ce rapport déjà ? Alors le rapport au bain Oui oui. Moi, j'en avais pris connaissance à sa sortie.

C'est c'est d'ailleurs vous parliez tout à l'heure des territoires perdus de la République, c'est c'est finalement dans la voilà dans la dans la continuité. Alors ce rapport Davom dise qu'il avait été enterré y compris par un ministre de droite François Fillon. Voilà ce qui est quand même assez assez douteux.

C'est vrai que le rapport au bain, il pointe un certain nombre d'incidents qui se sont produits et qui sont indéniables mais qui encore une fois et c'est aussi un des problèmes quand on parle de l'école qui sont à relativiser par rapport à au côté gigantesque de l'éducation nationale. Le commun des mortels en France, il se rend pas compte de la machine dans laquelle on est. C'est aussi l'origine de notre collectif.

C'est pour ça tout à l'heure je vous ai dit c'est un livre d'espoir parce que là vous voyez il y a 32 auteurs qui se succèdent et qui montrent tout ce que l'on montre pas. Alors le rapport au bain là il était pas et c'est pour ça qu'il a été enterré hein. L'inspection générale l'a la la pas donné suite.

Pourquoi ? Parce que il était pas suffisamment représentatif. C'est vrai qu'il a pointé des situations qui étaient indéniables, qui ont bien eu lieu, mais s'il avait été représentatif, l'éducation nationale s'en serait s'en serait emparé.

Donc est-ce que vous pensez que ce livre donc Inchallah de Davon peut vous faire du mal avec vos petits moyens ? ce que vous essayez de d'inculquer aux élèves, c'est cette République inclusive et vous avez ce succès de librairie qui dresse un constat absolument alarmiste de l'école et de de la banlieu. Oui.

Oui, c'est sûr que alors ça va pas faire du mal qu'à l'école he mais à la société en général hein. Euh et à mon avis ça va même alimenter l'islamophobie qui est à l'œuvre aujourd'hui hein. et dont alors si on parle du retour du religieux aussi dont beaucoup d'élèves peuvent se plaindre ça c'est c'est indéniable si on fait des débats avec eux ils vous pointeront à chaque fois tous les discours islamophobes qu'on qu'on a pu rencontrer, hein.

Bon après ce qui est dommage c'est que il y a encore une fois il y a aucune explication historique et délivrée. L'histoire coloniale elle a jamais existé. Dans ce cas, la France, elle a un problème avec l'islam depuis plus de siècles.

À partir du moment où elle pénètre, où elle pénètre en Algérie, où elle s'empare du pays, elle a à force de discriminer un certain nombre de populations, il y en a qui peuvent effectivement connaître un certain, alors on peut l'appeler différemment, mais un repli identitaire indéniable en se recroquillant sur ce qui est considéré comme une identité particulière. quand on n'arrive pas à faire partie d'un d'un collectif finalement qu quel est l'attitude de n'importe quel être humain face à à à ce refus ? On parlait d'intégration tout à l'heure, tout ce beau monde est intégré mais à chaque fois d'une manière ou d'une autre, on fait remarquer à ces personnes-là qu'elles sont différentes.

On leur rappelle leur différence. Il y a un problème avec l'altérité en France, hein. C'est pas c'est pas nouveau.

Bon, après, si sans arrêt on on renvoie les gens à leurs origine, forcément on les enferme. Merci monsieur. Merci à vous de nous avoir invité.

Merci.