Entretien d'actualité n°6 - 28/05/2015
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:16OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de l'entrée au Panthéon de 4 symboles de la résistance ?
- 24:19OuverteRéponse partielle
Que pensez-vous du projet de loi sur la réforme scolaire et du mouvement de contestation des professeurs ?
- 33:39OuverteRéponse directe
La reine d'Angleterre vient de confirmer la tenue d'un référendum sur la sortie de l'UE. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35PrésentateurChiffre
« 54,67% des Français ont voté non. »
- 2:17PrésentateurFait
« ratifiés dans le dos des Français par la procédure dite du Congrès, par un accord parfait de connivence, en février 2008, entre l'UMP, le MoDem, le Parti socialiste. »
- 5:37PrésentateurFait
« les Français, effectivement, le 20 septembre 1992 avaient voté pour le traité de Maastricht, qui créait l'UE, mais qui allait créer l'euro »
- 9:02PrésentateurFait
« le peuple danois avait voté non le 2 juin 1992. »
- 10:32PrésentateurChiffre
« si c'était à refaire, 62% des Français voteraient non. »
- 12:05PrésentateurFait
« Charles de Gaulle était en choc frontal avec les États-Unis d'Amérique. »
- 12:44PrésentateurFait
« les services secrets français savaient que le tortionnaire de Jean Moulin, Klaus Barbie, était devenu un agent de la CIA sous le nom de Klaus Altmann »
Temps de parole
- Présentateur99 %
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Bonjour. Le 10e anniversaire du référendum du 29 mai 2005 est effectivement à marquer d'une pierre blanche, pas d'une pierre noire d'ailleurs, parce qu'en fait, c'est la dernière fois que l'on a demandé aux Français, par référendum, leur avis sur un sujet stratégique. Ils l'ont donné. 54,67% des Français ont voté non. Donc le traité sur la Constitution européenne a été arrêté. Donc ce fut un triomphe de la démocratie. Le problème, c'est que, comme on le sait, les européistes ne se sont pas arrêtés là et qu'ensuite Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de la République. Il avait dit, lui, que s'il était élu, il ferait revoter un traité, un mini-traité. Rappelez-vous, c'était l'expression.
En réalité, ce qui a été conçu à Lisbonne, c'est un traité qui scinde en deux le traité précédent, qui était celui dit de Constitution européenne, qui en fait était un traité européen. Ils ont retiré le nom de Constitution européenne. Ils en ont fait deux traités. L'un qui est censé fixer les grandes lignes, qui s'appelle le traité de l'UE, le TU, T-U-E, et qui porte bien son nom. L'autre qui est censé fixer les modalités de fonctionnement, les détails, qui est d'ailleurs plus long, qui s'appelle le traité sur le fonctionnement de l'UE, le TFUE, que moi, j'appelle le TFUE. Ce sont deux modes mnémotechniques pour se rappeler les deux traités principaux, le TU et le TFUE.
Ces deux traités, donc, découlent du traité de Lisbonne. Ils ont ensuite été ratifiés dans le dos des Français par la procédure dite du Congrès, par un accord parfait de connivence, en février 2008, entre l'UMP, le MoDem, le Parti socialiste. Alors le Parti socialiste, ils ont calculé un petit peu d'opposition pour montrer que tout le monde n'était pas d'accord, mais suffisamment quand même de députés et de sénateurs socialistes votants pour obtenir la majorité des 3 5e nécessaires. C'est du point de vue constitutionnel. Malheureusement, en France, ça n'est pas interdit de faire adopter par la procédure dite du Congrès un texte qui a été...
C'était pas exactement le même texte de la Constitution européenne, mais c'était presque exactement le même. À quelques détails près, c'était le même. Il n'est malheureusement pas interdit de le faire ratifier par une autre procédure que la procédure du référendum. C'est exactement ce qui s'est passé. Donc du point de vue légal et constitutionnel, malheureusement, ça n'est pas illégal, ça n'est pas inconstitutionnel. Du point de vue politique, c'est une autre affaire. En fait, les historiens, dans 20 ans, dans 50 ans, dans 200 ans, lorsqu'ils s'intéresseront à cette période de l'histoire de France, se rappelleront que c'est de cet épisode.
Le 29 mai 2005, les Français disent non à presque 55% au traité de Constitution européenne. Et le fuit de février 2008, les députés et les sénateurs, contre l'avis des Français, puisque les Français n'ont pas été sollicités de nouveau, ratifient quand même ce traité.
Les historiens, je pense, dans 50 ans, dans 200 ans, se rappelleront que c'est à partir de cet épisode qu'a commencé le divorce croissant entre les Français et la construction européenne, comme d'ailleurs entre les peuples d'Europe et la construction européenne, puisque je rappelle qu'à l'époque, il y a donc 10 ans, quelques jours après le nom des Français, c'était les Néerlandais qui avaient également, par référendum, rejeté la Constitution européenne, avec 62% des suffrages.
Donc allant plus loin, c'était une nouvelle illustration de ce qu'en Europe, lorsque les Français décident quelque chose, eh bien les autres peuples d'Europe, souvent, en tout cas pas tous, mais un certain nombre d'entre eux, s'inspirent de l'exemple français. On l'a vu toujours lors des révolutions, depuis 1789, et même avant, la France est un petit peu le pays qui lance les modes politiques. Alors qu'est-ce que l'on peut dire de plus sur cette affaire ? On peut dire que c'est très révélateur de la « démocratie » des européistes. La démocratie des européistes, ce n'est pas une démocratie. C'est simplement un rythme procédural. Les européistes font semblant de demander l'avis des peuples.
Et évidemment, il y a deux solutions. Soit les peuples votent « bien », c'est-à-dire qu'ils votent comme ce qui est attendu. À ce moment-là, on dit « Voilà, c'est formidable ». Les Français ont voté « Oui » à Maastricht en 1992. Les Français sont pour l'Europe, etc. On oublie simplement de dire qu'en 1992, les Français, effectivement, le 20 septembre 1992 avaient voté pour le traité de Maastricht, qui créait l'UE, mais qui allait créer l'euro, notamment, et puis la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE. Mais ce vote avait été...
Cet acquiescement avait été arraché aux Français après plusieurs semaines, on peut même dire plusieurs mois, d'une propagande intensive, puisque tous les journaux, toutes les télévisions, toutes les radios, tous les magazines avaient tous appelé à voter « Oui » et également toutes les forces politiques françaises dites de gouvernement, c'est-à-dire le centre, la droite dite gaulliste, le RPR-UDF, et puis la gauche. Il n'y avait que le Parti communiste à un bout, le FN à l'autre bout, en gros, qui avaient appelé à voter non, plus les dissidents du RPR et qui avaient été emmenés par Philippe Séguin et Charles Pasqua. Donc dans ces conditions de propagande inouïes, le « Oui » n'avait obtenu...
Le 20 septembre 1992 n'avait obtenu que 50 virgules des dépoussières, moins de 51% des suffrages. Donc la victoire qui avait créé... La victoire du référendum qui avait validé, ratifié le traité de Maastricht, qui allait créer l'UE et l'euro, qui ont vu le jour au 1er janvier 1993, en tout cas l'UE, l'UE. L'euro, ça a été une longue procédure qui a abouti à sa création le 1er janvier 1999. Donc tout ce bouleversement politique d'une immense importance a été obtenu en 1992 à un chouïa, un fil, d'autant plus qu'il y avait quand même 34% d'abstention.
Ce qui signifie qu'en fait, en 1992, l'UE et l'euro ont été approuvés par moins de 35%, à peu près 35% des électeurs français inscrits en tenue de l'abstention. Et d'ailleurs, si on tient compte ensuite de la courbe de mortalité, de la courbe des âges, on peut estimer que de nos jours, quand on se promène dans la rue, il y a moins de... Il y a à peu près une personne sur six que l'on rencontre qui a voté en faveur du traité de Maastricht, c'est-à-dire de l'euro et de l'UE. La base sociologique sur laquelle est établie toute la stratégie de la politique française est quand même excessivement faible, extraordinairement faible. Alors pourquoi je cite le traité de Maastricht ?
D'abord, parce qu'il est au fond beaucoup plus important que le traité de Lisbonne. C'est le vrai changement qu'il a eu lieu en 1992. La deuxième chose, c'est que le traité de Maastricht a été voté – donc je le disais à l'instant – à 50,8% des suffrages. Personne n'a jamais imaginé qu'on allait le remettre en cause. À partir du moment – et ça, c'est typique de la démocratie vue par les européistes –, à partir du moment où un peuple vote oui, c'est bien, c'est bon, c'est définitif. En revanche, s'ils votent non, ça, c'est pas bon. Là, il s'est trompé. C'est une fâcheuse erreur, un fâcheux concours de circonstances. Il va falloir re-voter. Alors c'est ce qui s'est passé dans d'autres pays.
Par exemple, pour le traité de Maastricht, justement, le Danemark, le peuple danois, avait voté non le 2 juin 1992. Il avait été le premier des pays, des peuples à se manifester. Il avait voté non. Alors aussitôt, ça avait fait un scandale. On a vu comment ça, comment ça, comment ça. On avait changé un petit peu le traité de Maastricht, spécialement pour les Danois. Ils avaient obtenu une réserve dans le droit des traités, comme on dit. Ils avaient obtenu de ne pas être dans l'euro, notamment. Et puis on les a fait donc re-voter. C'était donc, je crois, de mémoire, le 18 mai 1993. Et là, ils ont voté oui. Alors là, on a dit « C'est formidable. C'est bon ».
Et puis après ça, il fallait qu'ils votent pour l'euro, parce qu'il avait été prévu qu'il y aurait un référendum pour l'euro. Ce référendum a eu lieu le 28 septembre 2000. Et puis patatras, les Danois ont voté de nouveau non. Alors aussitôt, on a dit « Ah non, non, il va falloir qu'ils re-votent ». Voilà. Alors la même chose s'est produite avec les Norvégiens. Les Norvégiens, ils ont dit non à l'entrée dans l'UE en 1972. Et puis on a dit « Ben, c'est pas bien. Vous allez re-voter ». Donc ils ont re-voté le 28 novembre 1994. Ils ont de nouveau voté non. Alors les norvégiens, les européistes en Norvège ont dit « Ben, vous allez encore re-voter ».
Et puis on en est là, parce que ça devait se passer en 2005. Et puis comme il y a plus de 60 ou 65% des Norvégiens qui ne veulent pas entrer dans l'UE, en définitive, ça a été pour l'instant mis de côté. Voilà. La même chose s'est également produite en Irlande. En d'autres termes, c'est une des règles fondamentales de l'européisme, de la dictature européiste. Quand vous votez oui à l'Europe, c'est définitif. Quand vous votez non à l'Europe, c'est que vous vous êtes trompés et qu'il va falloir vous faire re-voter.
En attendant et pour conclure, sur ce référendum du 29 mai 2005, il y a un petit sondage qui vient de sortir l'air de rien dans le Figaro qui indique que si c'était à refaire, 62% des Français voteraient non. Donc il y avait 55% il y a 10 ans, 62% qui voteraient non. Et c'est la presse. C'est le Figaro. À mon avis, si les Français étaient bien informés, correctement informés, si tous les Français, notamment, avaient vu les conférences de l'UE, c'est pas 62% de non. C'est à mon avis 95% de non, puisque la construction européenne... Et ça, ça n'est pas à mes auditeurs que je vais l'apprendre, nous entraîne vers un désastre collectif jusqu'à l'explosion finale.
Que pensez-vous de l'entrée au Panthéon de 4 symboles de la résistance ?
J'en pense que François Hollande essaye de capter à son profit l'image de la résistance. Il essaye de faire très bas de gamme la réédition de l'entrée et des cendres de Jean Moulin en 1964 au Panthéon qu'avait décidé Charles de Gaulle dans un contexte géopolitique d'ailleurs très particulier en 1964. C'était 20 ans après 1944. Charles de Gaulle était en choc frontal avec les États-Unis d'Amérique. Il faut pas l'oublier. Pourquoi est-ce que Charles de Gaulle a fait entrer les cendres de Jean Moulin au Panthéon ?
D'ailleurs, quand on dit « les cendres », en fait, c'est un cénotaphe, puisque le pauvre Jean Moulin est mort en déportation dans des conditions absolument épouvantables pendant son transfert dans les camps de la mort. Je crois qu'on n'a jamais retrouvé son cadavre. Mais en 1964, Charles de Gaulle avait fait ça. Pourquoi ? Parce qu'il était en lutte avec les États-Unis dirigés par Lyndon Johnson. Or, assez probablement, les services secrets français savaient que le tortionnaire de Jean Moulin, Klaus Barbie, était devenu un agent de la CIA sous le nom de Klaus Altmann, qui était réfugié en Bolivie, où il était dans les années 70 ensuite l'un des conseillers du président bolivien Hugo Banzer.
Et donc c'est la raison pour laquelle – personne n'en a jamais parlé – pour laquelle la France a eu les plus grandes difficultés à obtenir l'extradition de ce criminel, qui était Klaus Barbie. C'est tout simplement parce qu'il était protégé par les services secrets américains. Voilà. Parce que Klaus Barbie avait été recyclé dans le cadre des opérations Paperclip, Sunflower et autres, toutes ces opérations où les États-Unis d'Amérique avaient pris des dignitaires ou des demi-soldes nazis et les avaient utilisées à leur profit. Werner von Braun, le père des V1, V2, qui était devenu l'inventeur de la fusée Saturne V pour les fusées Apollo.
Le fameux Walter Hallstein, dont je parle dans mes conférences, qui était l'un des juristes que Hitler avait envoyés à Rome en juin 1938, pour nous pondre les premiers projets de construction européenne, qui ensuite est devenu... Il a été arrêté en 1944 à Cherbourg en uniforme d'officier de la Wehrmacht. Il a été donc ensuite transféré à Cancomo, dans le Missouri. Et puis ce monsieur s'est retrouvé comme ça en 1951. D'un seul coup, on l'a vu, ministre des Affaires étrangères de Konrad Adenauer dans la République fédérale d'Allemagne, qui était protégé par les États-Unis d'Amérique. Il faut quand même le faire.
Le type, en 7 ans, il était passé du statut d'officier de la Wehrmacht arrêté par les Américains en 1944 à Cherbourg. 7 ans après, il était ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne. Et il avait d'ailleurs préparé le traité de Rome, qu'il avait co-signé avec Konrad Adenauer le 25 mars 2007 au palais du Quirinal à Rome, avant d'être nommé d'ailleurs le premier président de la Commission européenne. Voilà. Donc tout ça, c'était les Américains. Ils avaient récupéré tout ce petit monde. Puis ils avaient récupéré Walter... Ils avaient récupéré Klaus Barbie. Donc c'est ça que de Gaulle avait à l'esprit en 1964, quand il a fait le transfert des centres de Jean Moulin.
D'ailleurs, il était tellement en opposition avec les États-Unis que le 6 juin 1944, de Gaulle avait refusé d'aller commémorer le jour J du débarquement, puisque je rappelle que le débarquement anglo-américain... En 1944, les Américains et les Anglais n'avaient pas jugé bon de prévenir de Gaulle qui débarquait en France. C'était assez sympathique comme on l'imagine, puisque les Américains, en fait, voulaient traiter avec Pétain et Laval qu'ils voulaient remettre au pouvoir. C'est ça les fameux Américains arrivant en 1944. Bien.
Donc de Gaulle, lorsqu'il fait le transfert des centres de Jean Moulin au Panthéon, il envoie un message crypté à Washington parce que Jean Moulin, c'est évidemment l'allégorie de la résistance française. À ce propos, je ne saurais trop conseiller, comme tous ceux qui l'ont déjà écouté, à tous mes auditeurs, d'aller écouter sur les archives de l'Institut national de l'audiovisuel Le discours que fit André Malraux, qui était le ministre de la Culture de De Gaulle en 1964, c'est l'un des plus beaux, l'un des plus émouvants discours de toute l'histoire de France. Le discours, notamment la chute, enfin la fin de ce discours, est absolument émouvant et ébrouissant. Voilà. Donc je le conseille.
Je conseille vraiment d'aller écouter ce discours. Alors notre pauvre François Hollande, qui a une... Comment dirais-je ? Une cote de popularité qui a glissé sous le tapis. Il essaie de trouver n'importe quoi. Je suppose qu'il y a dû y avoir un communicant qui a dû dire « C'est un bon coup. On va essayer de se mettre sur le créneau du résistant ». Voilà. C'est minable. C'est presque à la limite de l'abjecte. Parce que pour commémorer les résistants et la résistance, Charles de Gaulle forçait de constater qu'il avait quand même des lettres de noblesse pour le faire. Il avait été l'âme de la résistance.
C'est lui qui avait été le résistant numéro 1 à l'Allemagne nazie et plus généralement le résistant numéro 1 à toutes les puissances qui voulaient dominer la France. C'était le cas justement en 1964, non plus contre l'Allemagne hitlérienne, mais contre les États-Unis d'Amérique, qui voulaient déjà servir notre patrie. Alors quand on voit que François Hollande, qui est le toutou, le caniche d'Obama, de l'oligarchie, dès que Washington fronce le sourcil, M. Hollande se précipite sous le tapis. Il suffit de voir ce qui s'est passé par exemple avec la vente des Mistrales, la non-livraison des Mistrales.
Il suffit de voir que le gouvernement français actuellement soutient la coalition avec des néo-nazis à Kiev. Il suffit de voir que le gouvernement français actuel refuse de condamner la glorification des Waffen-SS par la Lettonie et par l'Estonie. Il y a tous les ans, à l'Organisation des Nations unies à l'automne, vous avez la Russie qui propose à l'Assemblée générale des Nations unies que l'on condamne cette commémoration des Waffen-SS par les gouvernements d'Estonie et de Lettonie. Il y a à peu près 148 ou 150 États du monde qui condamnent ces glorifications. Les États-Unis, le Canada et les îles Marshall disent non.
Et puis les pays de l'UE le doient sur la couture du pantalon par solidarité avec les gouvernements de Tallinn et de Riga, et ils refusent de condamner ça. Voilà. Alors quand on fait ça, quand on reconnaît les néo-nazis de Kiev, quand on se livre à des guerres illégales en Syrie, etc., qu'après ça, on joue les grands résistants parce qu'on fait entrer les cendres de 4 résistants au Panthéon, c'est minable. M. Hollande n'est pas un résistant. C'est la quintessence même du collabo. Et les élections en Espagne ? Les élections en Espagne, il y a eu des élections locales. Et notamment à Madrid et à Barcelone, il y a eu une poussée, une poussée de Podemos. Voilà.
Le mouvement, vous savez, avec le type qui a la queue de cheval. Voilà. Donc je crois que j'en ai déjà parlé lors des missions antérieures. Donc Podemos, c'est l'équivalent de Syriza. C'est un truc qui se situe à peu près aux alentours du front de gauche de Syriza et de BP Grillo, quoi, en Italie, c'est-à-dire un parti leurre. Le type, il a sa queue de cheval, là. Très bien. Mais à part la queue de cheval, qu'est-ce qu'il a d'autre ? Il trouve que l'euro, c'est très très bien et qu'il faut une autre Europe. Voilà. Donc voilà. Il n'y a pas grand-chose à en dire. Podemos, vous savez ce que ça veut dire en espagnol. En anglais, ça se dit « Yes, we can », quoi.
C'est le slogan de la maison Obama et des démocrates, quoi. Voilà. Donc en réalité, c'est quoi Podemos ? C'est un parti qui est propulsé, propulsé, propulsé dans les médias espagnols comme étant l'opposition. On fait croire aux Espagnols qu'il y a deux partis de gouvernement en Espagne qui seraient le Parti populaire, qui est actuellement au pouvoir, avec Mariano Rajoy, et puis le Parti socialiste, le PSE, qui est actuellement dans l'opposition, et puis qui aurait un nouveau venu, qui troublerait le jeu à la stupéfaction générale, qui serait Podemos. Bon. Alors tout ça est écrit de longue date. C'est exactement comme en France. On vous dit « Voilà, il y a l'UMP ».
Oups, pardon, les Républicains. Donc il y a l'UMP devenu les Républicains d'un côté, puis le Parti socialiste de l'autre. Puis il y aura un nouveau venu qui vous le verserait le jeu, qui est le Front national. Mais de la même façon que le Front national, pas plus que le Syriza, le Front de gauche, Podemos et j'en passe, le Front national ne propose pas la sortie de l'UE et de l'euro. Il tape dessus. Mais au bout du compte, au moment de passer à l'un, quand vous prenez la profession de foie du FN, il n'est pas question de sortir de l'URO ni de l'UE. Je l'ai déjà dit 50 fois. Je l'ai dit une 51e fois.
On offre une caisse de bouteilles de champagne, 6 bouteilles de champagne, à quiconque nous montrera une profession de foie. C'est-à-dire ce qui est envoyé aux électeurs ainsi qu'à la Biotech nationale pour faire foie. Quiconque trouvera une profession de foie du FN qui dit qu'il faut sortir de l'UE et de l'euro par l'article 50, eh bien on lui offre une caisse de 6 bouteilles de champagne. Voilà. Les concours sont ouverts. Ça fait des mois et des mois que c'est ouvert. Personne n'a gagné, évidemment, parce que vous n'en trouverez pas. Alors Podemos, c'est ça. Voilà. Point. Alors il y a quand même un petit truc à signaler dans les curiosités locales.
C'est qu'il y a un concurrent de droite de Podemos qui vient d'être sorti d'un placard médiatique. Donc les médias ont balancé d'un seul coup un nouveau parti. Ça, c'est comme en France. On a eu « Nous, citoyens », qui est en fait une succursale de l'UMP via UDI interposée, puisque d'ailleurs, il y a eu Denis Paire, le milliardaire qui avait créé « Nous, citoyens », l'a revendu, si j'ose dire, à l'UDI. Donc maintenant, il y a M. Jean-Marie Cavada de l'UDI qui préside « Nous, citoyens ».
Eh bien il y a la même chose en Espagne qui s'est passée avec un truc qui s'appelle « Ciudadanos », c'est-à-dire les citoyens, justement, qui a sa tête un type qui s'appelle Albert Rivera, qui est une espèce de gravure de mode qui était plutôt fait pour faire les collections Avenue Montaigne et présentée, voilà, au Vogue Homme. Donc il a été sélectionné sur son physique. Donc évidemment, il y a beaucoup de jeunes femmes qui, d'un seul coup, se mettent à trouver que ce parti politique est très intéressant.
Eh bien on a appris tout simplement que ce Albert Rivera, en fait, était frais et moulu, si j'ose dire, de la Georgetown University de Washington, c'est-à-dire cette université qui forme les grands capes de l'administration américaine, mais aussi les agents de la CIA. J'ai fait une conférence, j'appelle « Qui gouverne la France », où je montrais notamment que José Manuel Barroso, qui a été pendant 10 ans à la tête de la Commission européenne, après avoir été président de l'Union des étudiants maoïstes au Portugal, avait été ensuite boursier de l'OTAN quasiment dans la foulée et avait fait ses études à Georgetown University. Voilà.
Alors parmi les curiosités espagnoles assez étonnantes dans le même genre, il faut savoir aussi que c'est une Américaine qui, maintenant, vient d'être élue à la tête d'une des principales associations catalanes pour l'indépendance catalane, l'association ANC. Voilà. Donc qu'on prenne qui pourra ou plus exactement qu'on prenne qui regardera ma conférence sur les euro-régions.
Que pensez-vous du projet de loi sur la réforme scolaire et du mouvement de contestation des professeurs ?
Alors avant de formuler des jugements définitifs, moi, j'aimerais déjà pouvoir regarder minutieusement en quoi consistera ce projet de loi. Je vois que le gouvernement, paraît-il, veut aller de l'avant. C'est une sage disposition. C'est mieux que vouloir aller de l'arrière. Donc on lit que François Hollande, Manuel Valls, Mme Najat Vallaud-Belkacem, tout le monde est sur le pont pour que ça aille de l'avant. Puis on voit aussi que le corps professoral est très largement vent debout contre ce projet. Moi, là-dedans, j'attends de voir ce qu'il sera, parce que le projet est encore en cours d'évolution rapide, si j'ai bien compris. Si j'ai bien compris aussi, je ne suis pas un spécialiste.
Mais on mélange dans ce genre de sujet des quantités de choses qui n'ont rien à voir, ou plus exactement qui sont disjointes. Il y a d'abord une première chose. C'est le statut des professeurs. Ça, le statut des professeurs, il y a quand même beaucoup à dire. Je renvoie ici au programme de l'UPR. Nous, nous avons prévu dans le volet sur l'éducation... On a prévu quand même de revaloriser drastiquement le statut des professeurs. Ça veut dire d'abord le revaloriser du point de vue financier. Il faut que les professeurs gagnent plus d'argent. Deuxièmement, il faut aussi qu'ils travaillent un petit peu plus...
Peut-être être un petit peu plus exigeants sur certaines heures de travail, mais à due proportion aussi de l'augmentation du salaire qui doit être revalorisée. Troisièmement, il faut les entourer d'une considération sociale supérieure à ce que c'est devenu. Tout le monde cite toujours les hussards noirs de la Troisième République, qui ont été effectivement à l'origine d'une augmentation du niveau de l'éducation du peuple français tout à fait considérable. Entre 1873 et 1914, ils ont fait la gloire de la République. Je sais que j'ai des souvenirs d'enfants, de grands-parents qui parlaient de leurs instituteurs avec des tréboulots dans la voix.
D'ailleurs, mes pauvres grands-parents écrivaient français sans aucune faute d'orthographe. Voilà. Et comme tous les gens qui étaient allés à l'école en 1910, 1915. Donc c'était aussi une époque où l'instituteur, le professeur était entouré d'un grand respect, et un grand respect de la part des parents et des élèves. Donc il y a aussi... Dans tout ça, c'est un ensemble. Je pense que les problèmes de l'éducation, il faut aussi redonner le respect qui s'impose à quelqu'un qui est là pour dispenser du savoir. Ça veut dire notamment ne pas tolérer la moindre incartade ni des enfants ni des parents dans les lycées, collèges et écoles. Et ça, c'est très important.
Alors certains diront « Ah ben oui, mais ça, il y a K, il faut qu'on... ». Oui, mais nous, nous inscrivons dans tout un programme de redressement de la France, de redressement de l'image que les Français portent sur eux-mêmes. On ne pourra pas redresser l'éducation s'il n'y a pas d'abord et avant tout un amour retrouvé des Français pour leur propre pays, et en particulier des Français récents, des jeunes Français d'origine immigrée. À ce propos, je voudrais dire que j'ai fait une conférence qui a beaucoup de succès sur Internet. C'est peut-être celle qui a le plus de succès, qui s'appelle « L'histoire de France ».
Et il n'y a rien qui me fait plus plaisir que de voir un grand nombre de gens, notamment des jeunes, des jeunes qui sont Français depuis 20 générations ou depuis une génération, des jeunes d'origine immigrée, qui, tous confondus, il y en a plein qui me disent « Monsieur, pour la première fois de ma vie, vous m'avez rendu fier d'être Français. Vous m'avez donné envie de m'intéresser à l'histoire de mon pays ». Voilà. Donc c'est là la base même de l'éducation. C'est ça. C'est qu'il faut d'abord et avant tout que les enfants, ils aient envie d'apprendre qu'ils se projettent dans un monde meilleur.
Si on leur présente que les dirigeants français sont tous corrompus jusqu'à la moelle, que ce sont des politicards véreux qui se font élire sur des programmes qu'ils n'appliquent même pas dès le lendemain même où ils sont élus, si on leur fait penser que la seule finalité de la vie, c'est de gagner de plus en plus de fric, et de mentir, de voler, d'avoir toutes les ruses, etc.
En bref, si toutes les valeurs un tant soit peu transcendantes que l'on nous avait apprises sont piétinées, si on apprend aux jeunes français que c'est « struggle for life », que tout est permis, c'est sûr qu'on fait pas des générations qui ont spécialement envie d'aller écouter un professeur ou un instituteur à l'école. Donc il y a d'abord et avant tout ceci qui est un vrai problème. Et un deuxième point, c'est le contenu des enseignements. Alors le contenu des enseignements, ça, c'est la tarte à la crème. Il y a – on dit – il y a toujours un peu une opposition entre la droite et la gauche.
Moi, ce que je vois en tout cas, c'est qu'à force de faire de la démagogie, c'est-à-dire d'abaisser la quantité d'efforts demandés, eh bien on favorise qui... Ça, c'est la théorie. Il y a une théorie qui dit voilà, il faut demander moins de... Il faut être moins sévère, il faut être moins exigeant dans les travaux, parce que sinon, si on est très exigeant, on va faire de la reproduction sociale. Moi, je suis persuadé que c'est le contraire qui est vrai. Voilà. Parce que quand on n'est absolument pas exigeant, ni à l'école, ni au collège, ni au lycée, si on démolit progressivement les notions d'effort, les notions d'apprendre sur plusieurs années, de se consacrer à une discipline...
C'est ça, d'ailleurs, tout l'intérêt, d'apprendre le grec, d'apprendre le latin. Ça structure d'ailleurs la pensée, et ça donne un goût très profond pour la grammaire. Mais c'est aussi l'idée de faire un travail continu sur plusieurs années. Alors maintenant, il serait question d'avoir des espèces d'enseignements pratiques, pluridisciplinaires, où on va plus faire du latin, mais on va quasiment demander aux enfants de se déguiser avec des toges romaines. Mais ça, c'est plus de l'enseignement. Ça, c'est Disneyland, ça. Alors ça, c'est de la rigolade.
Mais si on apprend de la rigolade au collège ou au lycée, eh bien ça va être exactement ce que l'on constate, c'est-à-dire un abaissement du niveau moyen. Et qui est-ce qui en pâtit ? Au bout du compte, ce sont les classes populaires qui vont en pâtir. Parce qu'il suffit de lire des livres comme le fameux sociologue Pierre Bourdieu et d'autres. Le phénomène de reproduction sociale, c'est ce qu'il y a de plus prégnant dans une société si vous n'avez pas une école pour corriger justement ces disparités sociales.
Si l'école ne fait plus son travail d'ascenseur républicain, ce sont les enfants des classes fortunées, ce sont les enfants des classes dirigeantes, des cadres supérieurs, des professeurs d'université, des professeurs qui vont avoir – non pas à l'école, mais dans leur famille – toutes les informations nécessaires pour réussir leurs études, pour ensuite passer les concours aux grandes écoles ou entrer à la fac. Voilà. Alors que les enfants qui seront nés dans des milieux modestes où il n'y a pas le même capital culturel, eh bien eux, ils iront dans une espèce de poubelle, d'école poubelle comme venue des États-Unis. Et en fait, eh bien tout ceci ne leur apprendra rien.
Donc moi, c'est en tout cas mon point de vue. Nous allons peaufiner le point de vue de l'UE. Nous sommes par construction un mouvement politique qui voulons promouvoir l'éducation populaire, promouvoir l'émancipation de tous, et y compris – parce que c'est la noblesse même de l'esprit républicain – favoriser les enfants issus des classes modestes, et notamment des classes modestes d'un point de vue intellectuel ou d'un point de vue culturel, ou des gens issus de zones qui ne sont pas des enfants d'immigrés. On doit absolument faire en sorte que tout le monde ait les mêmes chances pour accéder à l'éducation de plus haut niveau possible. C'est ça que nous, nous voulons.
J'en avais déjà longuement parlé dans le programme que j'ai présenté en décembre 2011. Eh bien nous allons créer... On a déjà... La structure est prête avec notre responsable qui va prendre en main une cellule de réflexion, un groupe de réflexion au sein de l'UPR qui deviendra responsable national de l'éducation. On a d'ailleurs à l'UPR un certain nombre, même un nombre certain, de professeurs d'université, de professeurs de lycée, de professeurs de collège, de professeurs des écoles, comme on dit, c'est-à-dire des instituteurs, comme on disait autrefois, qui vont participer à ça pour peaufiner, affiner ce que sera notre programme en matière d'éducation.
Ce que nous voulons, nous, c'est promouvoir l'excellence et que tout le monde en profite, à commencer par les enfants des classes défavorisées.
— La reine d'Angleterre vient de confirmer la tenue d'un référendum sur la sortie de l'UE. Qu'en pensez-vous ?
— Oui. La reine d'Angleterre... Vous me faites penser à l'émission BFM TV où on me demandait mon avis sur la fille de la duchesse de Cambridge. Bon. La reine d'Angleterre, c'est très gentille. Elisabeth II, c'est une vieille dame très très respectable, d'ailleurs tout à fait charmante, qui parle d'ailleurs un excellent français. Mais enfin la reine d'Angleterre, elle a le pouvoir de la reine d'Angleterre. C'est devenu proverbial. Elle a le pouvoir simplement de lire le texte de politique générale que lui avait glissé le nouveau Premier ministre. C'est plus exactement le Premier ministre reconduit.
David Cameron, qui était déjà Premier ministre, qui a été reconduit lors des élections générales qui viennent d'avoir lieu au Royaume-Uni. Alors c'est quand même pas tout à fait rien, parce que la reine d'Angleterre, c'est en effet... La reine d'Angleterre, ça donne une espèce d'onction majestueuse et en tout cas de solennité à la décision prise par David Cameron a organisé le référendum sur la sortie de l'UE qui pourrait avoir lieu, si j'ai bien compris, au cours de l'année 2017. Alors plusieurs points à dire. D'abord, la première, c'est que David Cameron s'était engagé solennellement à faire ce référendum s'il était réélu. Il a été réélu, donc il le fait. C'est déjà bien.
En France, en général, on élit des gens qui, à peine sont inélus, qui font un bras d'honneur à leurs électeurs. Rappelez-vous, mon ennemi, c'est la finance de l'actuel locataire de l'Élysée. Il n'a même pas fait semblant. Il avait promis aussi de renégocier le TSCG. Tout ça, une fois, les lumières n'étaient même pas éteintes du deuxième tour qui passait déjà à autre chose. Donc déjà, il y a un petit peu plus de respect des électeurs au Royaume-Uni qu'en France. C'est difficile de faire moins, d'ailleurs, que chez nous.
La deuxième chose, c'est que ce référendum a quelque chose de formidable, en tout cas pour un mouvement politique comme nous, puisqu'il vient de prouver en fait à tous les Français et au monde qu'il y a une vie après l'UE. Voilà. Et les gens qui ont voulu faire croire que ce serait l'apocalypse générale... L'idée même de sortir de l'UE, c'est quasiment comme si on demandait aux Français de se jeter du haut de la tour Eiffel, que c'était quelque chose d'à proprement inimaginable. Voilà. Les Britanniques sont en train de prouver que c'est possible. C'est d'autant plus possible qu'ils le font.
Je rappelle d'ailleurs au passage, pour les gens qui le découvriraient, que j'ai présenté une conférence qui en est déjà à presque 40 000, je crois, visionnages, et une conférence qui s'appelle « Le jour d'après », qui présente pour la première fois un responsable politique présent aux Français. Comment on peut sortir de l'UE par l'article 50 du traité de l'UE ? Comment ça se passe ? En quoi ça consiste ? En quoi consiste l'accord qu'il faut nouer avec les autres États, puisque c'est ce qui est prévu dans la linéa 2 de cet article 50 ? Mais je précise également les modalités, de quoi il va falloir parler, et puis quelles en seront les conséquences.
Je précise aussi dans cette conférence que ça n'a rien d'extraordinaire de sortir de la CE, puisque ça a déjà été fait de la CE ou de l'UE. ou de l'UE, de la CE, c'est-à-dire la Communauté économique européenne qui préexistait avant l'UE. C'était la structure qui existait entre le traité de Rome de 1957 et le traité de Maastricht de 1992 dont je parlais à l'instant. Donc la CE, eh bien il y a des territoires qui sont sortis de la CE. Il y a d'abord un territoire que vous n'imaginez pas, un territoire qui fut français. C'est l'Algérie. Parce que figurez-vous qu'en 1957, lorsque le traité de Rome a été signé, l'Algérie, c'était des départements français.
qui faisaient partie de la République française. Et la République française ayant ratifié le traité de Rome, l'Algérie, les départements algériens faisaient partie de la Communauté économique européenne. Et l'Algérie est devenue indépendante après les accords déviants. Elle est devenue indépendante en juillet 1962. Et pour un certain nombre de raisons juridiques ou de modalités pratiques, en fait, l'Algérie indépendante est sortie juridiquement de la Communauté économique européenne en 1963, ou peut-être même, je crois, en 1964. Voilà. C'est une curiosité, mais c'est amusant de le rappeler. Il y a un deuxième territoire qui est sorti de la Communauté économique européenne.
C'est le Groenland. Alors le Groenland, c'est une colonie... Enfin c'est un territoire d'outre-mer du royaume de Danemark. Le royaume du Danemark, je le disais tout à l'heure, est entré dans la CE en 1972. Et il y a à peu près 65 à 70 000 habitants au Groenland. Donc c'est pas une terre vierge. Il y a du monde. 70 000 habitants, c'est pas zéro. C'est pas non plus 20 personnes. Il y a donc quelques localités au Groenland, essentiellement d'ailleurs des pêcheurs. Eh bien le peuple groenlandais a demandé une autonomie croissante. Et il y a eu un mouvement d'opinion qui s'est déroulé au début des années 80, qui était mené notamment par un pasteur qui s'appelait le pasteur Jonathan Motsfeld.
J'en parle avec science, parce que j'étais... Quand j'étais à l'ENA, j'étais allé au Groenland. J'étais allé à la capitale du Groenland, qui s'appelle Nook. C'était au mois de février 1985. Il faisait moins 30 degrés à midi. Et le premier ministre nous avait reçus en sabot, je dis nous, parce que j'étais avec quelques camarades élèves de l'École nationale d'administration. Eh bien tout ça pour dire que les Groenlandais ont été consultés par référendum. Ils ont voté non. Et le Groenland est sorti en 1985 de la CEE. Il n'a pas disparu dans l'espace-temps. Le Groenland, il est là et toujours là. D'ailleurs, les Groenlandais ont donc récupéré leur pouvoir.
Donc ils gèrent leurs ressources halieutiques, c'est-à-dire les ressources en poisson, comme ils l'entendent. Évidemment, en négociation avec l'UE, ils sont restés libres et indépendants, comme d'ailleurs viennent de décider de le faire les Islandais, qui ont – il y a quelques semaines – je le citais, je crois, dans une émission précédente – ont décidé définitivement de ne pas adhérer à l'UE. Alors ça, c'est pour la CEE. Mais il y a aussi un exemple que je me plais à citer puisqu'il concerne la France, s'agissant de l'UE. Eh bien s'agissant de l'UE, il faut savoir qu'il y a d'abord des pans entiers de la République française qui ne sont pas dans l'UE.
Je veux parler des 400 000 à 500 000 compatriotes qui vivent en Polynésie française, qui vivent en Nouvelle-Calédonie et qui vivent à Wallis et Futuna. – je ne parle pas des quelques dizaines de scientifiques qui sont en terre à délits, parmi lesquels d'ailleurs nous comptons un adhérent – qui eux aussi, comme nos compatriotes de Polynésie, de Nouvelle-Calédonie et de Wallis, ne sont pas dans l'UE. Mais il y a mieux. Il y avait une île qui s'appelle l'île de Saint-Barthélemy, qui était une dépendance administrative de la Guadeloupe. La Guadeloupe est un département d'outre-mer.
Or, dans le droit européen, les départements d'outre-mer français font partie de ce que l'on appelle les régions ultra-périphériques de l'Union. Donc l'île de Saint-Barthélemy, qui était rattachée à la Guadeloupe, était donc dans le cadre du DOM, du département d'outre-mer, donc faisait partie de l'Union. Eh bien l'île de Saint-Barthélemy, par la volonté des habitants, il y a eu un changement de statut à la fin des années 2000, au tournant des années 2010. Et l'île de Saint-Barthélemy est devenue une com', c'est-à-dire une collectivité d'outre-mer, et non plus qu'elle a été détachée de la Guadeloupe.
Le résultat, c'est qu'en tant que collectivité d'outre-mer, elle ne fait plus partie des régions ultra-périphériques de l'UE. Donc en gros... Et pour faire simple, Saint-Barthélemy est sorti de l'UE. Voilà. Alors ça vous surprend peut-être, parce que le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on n'entend pas beaucoup ce genre d'informations au TF1 20h ou bien sur France 2 ou sur Europe 1, RTL, RMC... Enfin tout à ce mal-là. Sur les grands médias, on n'en parle jamais. Mais c'est quand même important de le savoir. C'est que vous avez donc des... L'exemple se prouve en marchant. L'île de Saint-Barthélemy est sortie de l'UE. Eh bien elle non plus. Elle n'a pas basculé dans l'espace-temps.
Les habitants de Saint-Barth aux Antilles sont très heureux comme ils le sont. Voilà. Alors quand je disais ça depuis plusieurs années, les gens me disaient « Oui, vous êtes bien gentils, mais c'est pas possible. Pourquoi c'était pas possible ? On en sait rien ». Si, parce qu'on leur avait mis ça dans la tête. Ce qui est en train de changer, c'est que cette décision-là, c'est pas Saint-Barthélemy. Là, c'est le Royaume-Uni. Donc pendant 2 ans, le débat va faire rage chez nos voisins, entre ceux qui veulent sortir de l'Union et ceux qui ne le veulent pas.
On peut faire confiance à toutes les forces européistes et puis surtout à Washington et à tous ses sbires pour faire peur au peuple britannique. Surtout si vous sortez de l'UE, ça serait la catastrophe, la misère en 5 volumes, etc. Mais il n'en demeure pas moins qu'il va y avoir un grand débat. Et pour ce qui nous concerne, ça va quand même être intéressant, parce qu'il est quand même difficile maintenant de considérer qu'on est des olibrius. Voilà. Ce soir, nous sommes le 28 mai. En venant pour enregistrer cette émission, j'écoutais sur France Info. Il y avait un débat. Oui, alors quels sont les avantages de sortir de l'UE ou pas ? Je me suis pincé.
Je me suis dit « Tiens, il y a peut-être quelqu'un de l'UPR qui a été invité ». Je n'étais pas au courant. Non, non, pas du tout. On parlait sur France Info tout simplement de la scène politique britannique. Et on trouvait que tout ça était très très bien. C'était une preuve de démocratie. Voilà. Et puis alors il y avait des gens qui disaient « Eh bien finalement, ça serait très bien que le Royaume-Uni sorte comme ça. La France et l'Allemagne pourraient continuer à aller de l'avant ». J'ai trouvé ça assez cocasse. Un journaliste qui dit que la France et l'Allemagne pourront continuer à aller de l'avant comme si on allait de l'avant. On va plutôt outre-tombe avant.
Mais ça veut dire que le débat est en train de s'imposer. Il est en train de s'imposer le Royaume-Uni. Il est en train de s'imposer. Il va y avoir aussi des événements un peu du même ordre, semble-t-il, qui vont se dérouler en Autriche. Bref, je l'ai déjà dit. Je le redis. La sortie de l'UE est en train de s'imposer maintenant comme le grand sujet de notre époque. C'est – comment dirais-je – honnêtement et sans forfanterie, c'est quand même la preuve que l'UE, qui a inscrit ceci non seulement dans son programme, dans son code génétique, puisque le principe de sortir de l'UE fait partie des statuts que j'ai déposés en 2007 à la préfecture de police de Paris.
Le moins que l'on puisse dire, eh bien c'est que les statuts et la création de l'UPR étaient prémonitoires. Et c'est d'ailleurs parce que c'était prémonitoire et parce que les événements sont en train de montrer que nous avions raison depuis plus de 8 ans maintenant, que de plus en plus de Français sont en train de nous rallier. Je le constate dans mes conférences en province, où il y a vraiment de plus en plus de monde. Et je les en remercie.