Faure à Matignon, la nouvelle intox de Macron : le PS va-t-il encore se faire avoir ?
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Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode de Les Indiscrets sur le Média. Votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Nils Vilqueux. Grâce à son carnet d'adresses sans égale et sa connaissance fine des acteurs politiques de tous bords, Nils nous permet d'arpenter chaque semaine les coulisses et ce qu'il se trame dans la politique française et d'aller chasser les indiscrétions. Une émission permise grâce à votre soutien. Face à la montée de l'extrême droite, le Média a encore plus besoin de vous alors soutenez notre projet Riposte, une campagne citoyenne cruciale pour bâtir une chaîne d'information indépendante et populaire.
Cette bataille pour la démocratie nous concerne tous. Ça se passe dès maintenant sur campagne.lemédiatv.fr. Mais tout de suite, c'est parti pour Les Indiscrets. Au sommaire cette semaine, fort pourrait-il devenir Premier ministre ? Emmanuel Macron drague le PS mais les socialistes craignent, à raison, que les signaux du président ne se résument qu'à une opération de vaste enfumage. On va aussi s'intéresser aux relations entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Les deux têtes du RN affichent une nouvelle entente devant les médias après des périodes de tensions. Faut-il croire ? En cette union, Nils a enquêté. Salut Nils !
Salut Lisa, salut à toutes et à tous !
Alors, Olivier Faure pourrait devenir Premier ministre, c'est la dernière rumeur qui court.
Mais oui, on va tous faire semblant d'y croire. On rappelle que Macron est à la recherche d'un nouveau plan pour le prochain gouvernement, après que Bayrou a fait son maximum pour finir par s'auto-saborder en réclamant la confiance de la part de députés. Ce sera donc le 8 septembre, on a tous noté, coché la case dans nos agendas. Mais voilà que le premier secrétaire du PS lui-même s'est mis à la disposition de Macron. Regardez, c'était sur LCI en début de semaine.
Moi, je suis à la disposition, évidemment, du chef de l'État à tout moment pour discuter des conditions dans lesquelles nous pourrions effectivement occuper les places gouvernementales qui sont aujourd'hui occupées par la majorité relative de François Bayrou, bien sûr. Mais nous avons toujours été au rendez-vous à chaque fois que nous avons été invités à discuter de ce qu'était l'avenir du pays. Nous n'avons jamais refusé une discussion.
Et d'ailleurs, c'est plus qu'une rumeur désormais, Elisa, au point que François Bayrou a lui-même évoqué ouvertement le sujet à la télévision. C'était mercredi, regardez ça. Ne faisons pas de mystère. Olivier Faure pense qu'il peut être nommé premier ministre. Vous le savez, il l'a dit et tout le monde le dit. Il peut l'être ? Quand Emmanuel Macron dit qu'il faut bosser avec les socialistes ? Le premier ministre, c'est celui qui est choisi par le président de la République. C'est ça les institutions. Et c'est très important. Et donc, la question, c'est avec quelle majorité ?
Alors, on sent que le BRN est un peu piqué de voir que le Parti Socialiste est à nouveau courtisé par le grand patron, Emmanuel Macron. Et d'ailleurs, le président l'a fait savoir à la presse cette semaine. Il lui arrive de discuter avec le patron du PS, selon nos confrères de l'opinion. Alors, le Parisien, entre-temps, a sorti aussi un article. Tout le monde s'y est mis. Les canaux de discussion entre le PS et l'Elysée sont grand ouverts. Ils étudient toutes les pistes. Celle de Ford, évidemment, mais aussi et surtout. Quelle candidature du bloc central serait la plus acceptable pour nous ? Écrit le journal citant un proche de Ford. Alors, j'ai activé mes contacts.
« Macron cherche à obtenir du Parti Socialiste, je cite, un soutien au gouvernement sans participation ou un soutien avec participation » ou en tout cas, fin de présenter cette option à l'opinion publique.
Alors, on rappelle, et peut-être que tu t'en souviens toi aussi, que cet arrangement avait déjà été évoqué en 2024, après la deuxième dissolution, surprise en plein été, quand le chef de l'État nous avait fait poireauter pendant deux mois avec des hypothèses aussi affriolantes que Bernard Cazeneuve, Youhou, ou encore Pierre Moscovici, ses vieilles gloires socialistes sur le retour, avant de finalement nommer Barnier, le plus vieux Premier ministre de la Ve République, qui n'a pas fait de vieux os. Et puis ensuite, évidemment, François Bayrou, qui a tout de même tenu huit mois, malgré toutes ces casseroles qu'on a évidemment documentées sur le média.
Bref, l'un des anciens conseillers de Macron me dit « le président prend son risque ». C'est un peu son expression favorite, lui qui est un ancien banquier d'affaires chez Rothschild. Et puis, un bon connaisseur de la Macronie me disait « il ne s'épanouit jamais autant que dans le chaos ». C'est vrai.
Surtout qu'à droite, ça se dispute un peu, non ?
Oui, et d'ailleurs, ce n'est pas sans faire plaisir à Emmanuel Macron qui a constaté effectivement une nouvelle brèche sur la conduite à tenir face à l'hypothèse d'un gouvernement PS. On rappelle quand même qu'Emmanuel Macron a fait exploser la droite et qu'il s'en vante toujours, il appelle ça son meilleur coup politique. Alors, il y a deux factions, en gros, chez LR. Il y a évidemment Wauquiez, qui, lui, ne veut pas censurer. « Pourquoi, dit-il, j'essaye d'être cohérent avec ce que je vous dis et je vous dis que je suis pour la stabilité politique », c'est ce que déclare le patron des députés LR.
Alors, ça n'a pas du tout plu à Rotaillot, qui est le patron en titre du parti et qui a fait ce petit recadrage. Si LR a accepté d'entrer au gouvernement, donc Bayrou, c'est justement pour empêcher la gauche d'accéder au pouvoir et de poursuivre. Il ne peut y avoir de chèque en blanc. Bref, ça doit faire très plaisir à Macron. Tout est chaos.
Mais est-ce qu'au fond, ce n'est pas la preuve, surtout, qu'Emmanuel Macron n'a plus les moyens de sa politique ? On arrive au bout du macronisme, là.
On ne peut pas exclure cette possibilité. Et c'est vrai que le président est très affaibli. Un dernier sondage, d'ailleurs, cette semaine, montre que sa cote de popularité se rapproche dangereusement de celle de François Hollande. En son temps à l'Élysée, à peine 15% des Français font désormais confiance aux locataires de l'Élysée, selon le dernier baromètre veriant pour le Figaro Magazine qui va s'afficher. Et le Figaro Magazine, d'ailleurs, titre un peu cruellement que Macron est en passe de devenir aussi impopulaire que Hollande. C'est une forme de performance en son genre. De là à penser que le président serait prêt à nommer un premier ministre socialiste, il y a de la marge.
C'est hautement improbable. C'est ce que reconnaissait d'ailleurs un proche de fort cette semaine que j'ai interrogé. Et c'est ce que m'a confirmé un familier de l'Élysée. On voit mal comment le président pourrait nommer un socialiste à Matignon. si Bruno Retailleau est contre. Oui, parce que si la droite, évidemment, se barre du gouvernement, il n'y a plus de majorité au Parlement. Alors, si on avait besoin de le rappeler, par ailleurs, Macron n'est pas de gauche. Il n'a cessé de draguer la droite et l'extrême droite depuis son accession à l'Élysée. D'ailleurs, un peu en contredisant toutes ses promesses initiales.
Mais c'est vrai qu'il avait déjà annoncé la couleur en 2016, quand il était encore ministre de François Hollande. Séquence souvenir. Il n'y a jamais eu un ministre socialiste qui a visité le Puy du Fou jusqu'alors. Depuis 30, 40 ans, vous êtes le premier. L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste. Je suis au gouvernement de gauche. J'ai moi-même pris des initiatives politiques qui ne vous ont pas échappé. Nous en avons parlé tout à l'heure. Mais, je veux dire, quelle importance ? Voilà, on ne peut pas être plus clair. Et puis, tu vois, ça me fait un petit choc de revoir le logo d'Itélé à l'écran. C'est vrai qu'à l'époque, Bolloré n'avait pas encore racheté la chaîne.
Et le Figaro Magazine a d'ailleurs souligné cruellement que le président, je cite, est encore plus impopulaire que pendant la crise des Gilets jaunes. C'est une observation pas anodine de la part du journal du clan d'assaut avant la mobilisation du 10 septembre, dont on a amplement parlé sur le média.
Et puis, on va continuer à en parler. On sera sur le pont dès lundi. Et puis, toute la semaine, nos équipes travaillent dur. Et je rappelle que la couverture de tels événements ne peut se faire sans vous et sans votre soutien. Donc, je le place, je le place. Nils, il paraît que les relations entre Marine Le Pen et Jordan Bardella sont revenues au beau fixe.
Mais oui, Lisa, ça y est, les données du RN affichent une nouvelle entente dans les médias après des périodes de tension. Regardez-les à la sortie de Matignon mardi après avoir rencontré François Bayrou.
Nous, nous appelons, Jordan et moi-même, à une dissolution ultra rapide. Parce que la réalité, c'est qu'il faut que la nouvelle majorité issue de ces nouvelles élections puisse construire un budget pour que notre pays ait un budget. C'est ça, en réalité, la seule solution qui soit démocratique.
Voilà, alors, ils reviennent de loin, les deux tourtereaux du RN, souvenez-vous de cette petite phrase lâchée par Marine Le Pen sur Bardella lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie en mai dernier.
Ce serait une bonne chose que je puisse participer, effectivement, à ces consultations.
Qu'est-ce que vous voulez arriver sans Jordan Bardella dans ces cas-là ?
Je ne suis pas sûre que Jordan, pour le coup, connaisse très bien les problématiques de la Nouvelle-Calédonie.
Voilà, donc une vraie baffe. Enfin, et puis, c'est vrai que les relations avaient continué de s'envenimer malgré les excuses des chefs du Rassemblement national. Alors, depuis, la direction du parti tente de présenter un duo à la tête du RN, enfin uni. Entre Marine et Jordan, ça va beaucoup mieux. C'est ce que martèlent les proches du duo aux journalistes. Et d'ailleurs, la direction du parti présente la mise en place d'une réunion commune régulière entre leurs cabinets comme la preuve ultime d'une union retrouvée. C'est ce que expliquait le Figaro cette semaine.
Et les classiques du parti répètent à tout bout de champ que de toute façon, Marine Le Pen sera candidate à la présidentielle en 2027, quoi qu'il se passe. Ça veut dire que certains au Rassemblement national voudraient peut-être enterrer un peu trop vite Marine Le Pen et qu'ils font courir cette petite musique ? Écoutez, je ne sais pas, en tout cas. Moi, je pense que Marine Le Pen est non seulement notre chef naturel, mais une chef qui a prouvé une fois de plus son grand courage et sa grande valeur.
Parce que se prendre ces tristes événements et ces accusations affamantes dans la tête et être restée droite comme une union, se battre, être sur le terrain immédiatement, moi, je trouve ça parfaitement admirable. Voilà, alors en coulisses, évidemment, l'ambiance n'est pas tout à fait la même. Les relations entre les deux têtes du parti demeurent, je cite, teintées de méfiance réciproque. C'est ce que m'expliquait une source interne au parti que j'ai interrogée cette semaine.
Alors, à l'origine de leurs relations tendues, il y a évidemment l'ambition et l'appétit de pouvoir, bien sûr, puisque le jeune Bardella multiplie les incursions sur le terrain de Marine Le Pen, comme cette séquence un peu lunaire sur une condamnation éventuelle de sa patronne avant celle qui est effectivement tombée fin mars. Regardez la vidéo, date de novembre 2024. Est-ce qu'il faudra un casier vierge, désormais, pour être candidat du Rassemblement national ? Mais c'est toujours la politique que nous avons suivie. Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire est pour moi une règle numéro une lorsqu'on souhaite être parlementaire de la République.
Maxime ?
Si Marine Le Pen est condamnée ? Si, avec des si, un appel. Oui, bien, on fait le... Ça veut dire que si Marine Le Pen est condamnée, même s'il n'y a pas d'inéligibilité, même s'il n'y a pas d'exécution provisoire, il n'y a pas de candidature possible pour Marine Le Pen. Si, au début de l'année, un juge décide de condamner, peu importe la condamnation, il y aura un appel. L'appel vous rend plus blanc que blanc. Très bien. Et si l'appel confirme la première sanction et qu'il y a des législatives en 2027 ou une présidentielle en 2027, Marine Le Pen ne peut pas être candidate parce qu'elle aura été condamnée. C'est ce que vous venez de dire.
Mais l'appel ne confirmera pas puisque Marine Le Pen est totalement innocente. Bref, un beau bug en direct, à moins que Bardella n'ait commis un lapsus. En tout cas, ces images avaient fait s'étrangler Marine Le Pen et surtout son entourage. La chef historique du parti considère qu'elle a passé une mauvaise année. C'est vrai qu'il y a eu le deuil de son papa, Jean-Marie Le Pen, qui nous a quittés en début d'année. Et bien sûr, les mauvaises nouvelles qui continuent de tomber. Récemment, il y a eu ces révélations fracassantes de Mediapart sur les écrits racistes de Caroline Parmentier, un député qui est aussi très proche à Nier-O-RN, qui est l'une de ses lieutenantes.
Alors, on n'est pas tombé de l'armoire en lisant qu'une responsable du RN pouvait tenir et écrire des propos racistes. Mais voilà, c'est toujours bien que Mediapart l'ait prouvé et rappelé. Alors, lui en face, Bardella continue de marquer des points. En tout cas, c'est ainsi qu'il le voit, que ce soit auprès des patrons, alors que les positions de Marine Le Pen sont jugées, soi-disant, trop sociales. On ne sait pas trop ce que le RN entend par là quand on voit son programme économique. Mais voilà, en tout cas, trop sociale. En tout cas, c'est ce qu'on disait en interne.
On se félicite désormais d'entendre le patron du Medef, Patrick Martin, mentionner cette semaine Bardella dans une certaine mesure, dit-il, parmi les plus conscients des périls économiques avec Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Voilà, un très beau trio. Et cette semaine, coup de théâtre, l'onction de Nicolas Sarkozy, l'ancien taulier de dalle droite. Alors, c'est vrai qu'il est un peu affaibli par sa condamnation dans l'affaire Bismuth et par le retraite de sa légion d'honneur qui lui a fait en faisant entrer l'ERN dans l'arc républicain. Et d'ailleurs, un cadre LR me faisait remarquer que c'est Bardella qui a été reçu au bureau de l'ancien chef de l'État.
C'est lui le chef de parti, ce n'est pas Marine, c'est ce que m'explique ce cadre de droite deux mois après la visite de Bardella dans les bureaux parisiens de Nicolas Sarkozy.
Et on sait très bien qu'Emmanuel Macron est assez influencé par la politique économique de Nicolas Sarkozy, mais pas que, en fait, parce qu'Emmanuel Macron va aussi flatter Jordan Bardella et l'ERN.
Oui, alors avec Emmanuel Macron, on ne sait jamais ce qui procède évidemment du calcul politique, de la volonté d'exploiter des failles chez ses adversaires, ses rivaux, mais c'est vrai en tout cas que le chef de l'État s'est amusé à flatter Jordan Bardella, à donner l'impression qu'il est extrêmement important, c'est ce qu'il arrive à faire avec ses interlocuteurs. À chaque fois qu'on discute avec les politiciens qui ont pu approcher Emmanuel Macron, on est frappé par cette capacité du président, à se faire sentir important ses interlocuteurs.
Alors, il l'a fait, par exemple, lors des rencontres de Saint-Denis à l'été 2024, c'était le fameux format du président à l'époque pour consulter les oppositions et le président, effectivement, était au petit soin pour le poulain de Marine Le Pen. Il l'avait même placé en face de lui à la table des négociations et c'était évidemment une manière de normaliser le RN. En tout cas, Bardella a juré il y a encore quelques temps qu'il ne trahirait jamais Marine et c'est une experte politique qui nous le dit. Regardez ça.
Ce que je peux vous dire, c'est que les petits off façon « il va trahir Marine », c'est faux, ça n'arrivera jamais.
D'accord.
Justement, parce que sa personnalité, c'est quelqu'un qui est extrêmement respectueux de la hiérarchie, de ce qu'elle lui a permis d'accéder comme niveau aussi. Je veux dire, elle lui a donné sa chance, même s'il a saisi sa chance, elle lui a donné sa chance. Il ne trahira jamais Marine Le Pen, j'en suis certaine.
Voilà, alors si ce n'est pas une preuve, Lisa, cette confiance de Karine Lemarchand en Bardella après le tournage d'un numéro d'Ambition Intime, je ne vois pas. Bon, mais plus sérieusement, pour contre-attaquer face à cette offensive Bardella, l'entourage de Marine Le Pen distille dans la presse sa volonté de mener une véritable guérilla judiciaire. Alors, effectivement, pour le moment, elle est inéligible, on l'a dit, suite à l'exécution provisoire de son jugement en première instance. On rappelle qu'elle a fait appel et donc qu'elle est à nouveau présumée innocente.
Mais son idée, c'est de tout de même se présenter aux prochaines législatives s'il devait y avoir une dissolution malgré donc cette interdiction. Alors, la préfecture, effectivement, bloquerait cette candidature puisqu'elle n'a pas le droit légalement de se présenter. L'idée des stratèges de Marine Le Pen, c'est d'aller au Conseil d'État pour infirmer un jugement qu'elle estime toujours politique et en cas d'échec, pourquoi pas, d'en appeler au Conseil constitutionnel où Emmanuel Macron a installé Richard Ferrand. On en a beaucoup parlé dans cette émission avec l'abstention bienveillante du RN. Et pour cause, voilà ce que me dit un conseiller politique de la droite.
Si elle ne se présente pas, Jordi va prendre sa place. De là, à penser que Bardella veut toujours effacer Marine Le Pen, il n'y a qu'un pas. Merci Nils. Merci à toi.
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Jordan Bardella