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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 25 avril 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asile

Richard Ferrand : "Le FN est un racornissement de notre pays"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse partielle

    Bonjour Richard Ferrand.

  • 0:15OuverteRéponse directe

    C'est injuste ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Fallait-il tout de même festoyer dimanche soir ?

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Que fait-il ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est important d'entendre sa parole depuis hier matin ?

  • 3:31RelanceRéponse directe

    À quoi ça sert de se déplacer le 7 mai ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « On nous a raconté depuis un an que nous n'arriverions à rien, que nous ne parviendrons pas à convaincre, que nous ne serions pas au second tour, que Marine Le Pen serait à 28%, etc. »
  • 2:16Invité politiquePromesse
    « Emmanuel Macron tiendra un meeting à Arras demain. »
  • 3:44Invité politiqueFait
    « Moi, je ne crois pas ça. Moi, je suis un élu de terrain et je sais que, face à une élection, il faut toujours être humble. »
  • 4:17Invité politiquePromesse
    « pour convaincre qu'il nous faut une ample majorité pour réussir l'élection d'Emmanuel Macron le 7 mai prochain. »
  • 4:51Invité politiqueChiffre
    « Emmanuel Macron a réalisé 24%. Il faudra qu'il passe de 24% à plus de 50%. »
  • 6:49Invité politiqueFait
    « dans son programme, il était prévu de rendre le vote obligatoire. »
  • 7:45Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron n'est pas ultra-libéral. »
  • 8:35Invité politiquePromesse
    « Il est temps que l'Europe devienne Europe. »

Temps de parole

  • Invité politique80 %
  • Présentateur20 %

≈ 2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Richard Ferrand. Bonjour. Emmanuel Macron s'y voit déjà et au lieu de la gravité attendue un soir de qualification du Front National, il prononce un discours de victoire, fait acclamer Brigitte avant de trinquer avec ses amis du showbiz dans une brasserie cossue de Montparnasse. Je résume là la tonalité d'une partie de la presse.

0:15
Invité politique

Vous êtes devenu caricaturiste, monsieur le Premier ministre ?

0:18
Présentateur

Non, non, je résume là la tonalité d'une partie de la presse, et Hélène Jouan pourra le confirmer tout à l'heure, surprise de cette posture du finaliste favori. C'est injuste ?

0:26
Invité politique

Non, ce n'est pas injuste, c'est simplement caricatural. Écoutez, il faut prendre la mesure des choses. On nous a raconté depuis un an que nous n'arriverions à rien, que nous ne parviendrons pas à convaincre, que nous ne serions pas au second tour, que Marine Le Pen serait à 28%, etc. Après, vous savez, des mois et des mois de travail, d'investissement sur le terrain, etc., il était normal que notre candidat salue tous les militants qui nous ont soutenus pendant cette période. Ensuite, on avait le droit aussi à une soirée de retrouvailles, de casser une croûte et boire un coup entre celles et ceux qui ont accompagné depuis le début Emmanuel Macron.

Et ce n'est quand même pas parce que Ligne Renaud et je ne sais plus qui sont passés dire bonjour, parce qu'ils ont vu de la lumière, qu'on va nous expliquer que c'était une soirée people. Je pense que vraiment, il faut retrouver le sens de la mesure et non pas celui de la caricature. Ce sera mieux pour tout le monde.

1:17
Présentateur

Donc, c'est injuste, vous répondez à ma question. Fallait-il tout de même festoyer dimanche soir ? Gérald Darmanin qui était à votre place.

1:24
Invité politique

Festoyer, vous auriez dû venir, vous auriez constaté que c'était loin d'être un festin. Non, non, mais vous auriez vérifié cela sur place et sur pièce.

1:32
Présentateur

Il n'y avait pas de fête, enfin lui était trop jeune, mais il n'y avait pas de fête au soir du 21 avril 2002 alors que Chirac était lui assuré de devenir président.

1:42
Invité politique

Non, non, mais pour être sérieux, ce n'était pas une fête, c'était un moment de retrouvailles avec celles et ceux qui accompagnent et portent le mouvement depuis le début. Voilà de quoi il s'est agi et de rien d'autre. Et ensuite, il faut arrêter de faire de la mousse autour de quelque chose qui est un signif.

1:56
Présentateur

Alors, autre reproche plus sérieux, celui-là, Marine Le Pen occupe le terrain depuis hier matin. Et Emmanuel Macron, aucun déplacement annoncé en dehors de l'hommage aux policiers tués ce matin, que fait-il ?

2:11
Invité politique

Écoutez, d'abord, nous, nous n'allons pas faire l'économie du combat face à Marine Le Pen. Donc, Emmanuel Macron tiendra un meeting à Arras demain. Ensuite, il multipliera les déplacements de terrain sur tout le reste de la semaine. Il se rendra dans Limousin et ailleurs. Donc, si vous voulez, nous, nous comptons bien jusqu'au bout mener ce combat.

Nous allons nous démultiplier, comme nous l'avons fait, toutes celles et tous ceux qui accompagnent Emmanuel Macron, pour, partout dans les régions, continuer à aller faire des réunions publiques, d'aller sur les marchés, à la sortie des usines, pour convaincre qu'il nous faut une ample majorité pour réussir l'élection d'Emmanuel Macron le 7 mai prochain.

2:48
Présentateur

Est-ce que c'est important, depuis hier matin, depuis dimanche soir, d'entendre sa parole, alors qu'on voit bien cette campagne qui a commencé à se déployer sur les médias, sur les réseaux sociaux ?

3:00
Invité politique

Précisément, dimanche soir, il s'est exprimé. Il a tiré les conclusions de ce premier tour, appelé au rassemblement le plus large. Et, comme vous le savez, hier, il s'est rendu à une cérémonie, un hommage aux victimes du génocide arménien. Il participera à l'hommage national qui est consacré aux policiers qui ont été assassinés aux Champs-Elysées. Et, ensuite, la campagne reprendra tous ses droits.

3:25
Présentateur

Alors, je voudrais que vous répondiez, Richard Ferrand, à ce qu'on entend depuis dimanche soir, là aussi. On l'a entendu dans des reportages ou lu sur des réseaux sociaux. À quoi ça sert de se déplacer le 7 mai, puisque Marine Le Pen ne peut pas gagner, puisqu'elle ne peut pas être élue ?

3:41
Invité politique

Eh bien, voyez-vous, moi, je ne crois pas ça. Moi, je suis un élu de terrain et je sais que, face à une élection, il faut toujours être humble. Quand je vois, ensuite, les intermoiements irresponsables de responsables politiques, qui, au fond, ne font plus la différence entre ceux qui portent les valeurs progressistes et les valeurs républicaines et ceux qui se situent à l'extrême droite, je dis qu'il y a tout lieu de s'inquiéter.

Et, aujourd'hui, la dignité de la France, la dignité des Françaises et des Français, d'abord, c'est d'aller voter massivement et de s'exprimer autour d'un projet qui souhaite amplifier une dynamique positive et, en tout cas, contre le Front National, qui est une sorte de raccordissement de notre pays, qui fantasme sur... au fond, le territoire serait comme un terrier dans lequel il faudrait se réfugier dans une solitude hostile et mortifère, qui ont des projets qui sont totalement néfastes pour l'ensemble des Français. Donc, il va être temps, quand même, que tout le monde retrouve la raison et mesure qu'une élection n'ait jamais joué à l'avance, qu'il faut être humble et que ça recommence.

Le premier tour est passé. Maintenant, il faut gagner l'élection.

4:48
Présentateur

Marine Le Pen peut être élue présidente. Elle peut passer de 21 à 50%.

4:51
Invité politique

Emmanuel Macron a réalisé 24%. Il faudra qu'il passe de 24% à plus de 50%. Et j'espère bien au-delà. Il a beaucoup plus de ralliements, lui. Oui, mais enfin, vous savez, les ralliements dont vous parlez, c'est quoi ? Ce sont des personnalités qui sont connues, qui ont une relative notoriété. Mais ce sont surtout des personnalités dont les Français ont dit qu'ils ne voulaient plus. Que ce soit au sein du Parti Socialiste ou que ce soit parmi les Républicains. Ça vaut pour le Président de la République ? Non, je n'évoquais pas le Président de la République. Il n'est pas candidat.

5:22
Présentateur

Non, mais il se trouve qu'il s'est prononcé. Il a dit qu'il votera Emmanuel Macron hier.

5:25
Invité politique

Le Président de la République est garant de nos institutions. Il est garant des traités internationaux. Et puis par ailleurs, il est socialiste, comme vous le savez. Donc que le Président de la République dise mieux vaut pour l'avenir Macron que Le Pen, cela me paraît non seulement une évidence, ça allait sans dire, ça va mieux en le disant. Et c'est très bien que le Président de la République l'ait ainsi fait. Mais par ailleurs, aujourd'hui, c'est aux Françaises et aux Français de décider. Ce n'est pas parce que tel ou tel représentant de tel ou tel parti qui sont aujourd'hui disqualifiés du second tour va donner le ton que les Françaises et les Français vont obéir.

Donc ce sont celles et ceux qui nous écoutent, qui doivent prendre la mesure de la gravité de la situation, de l'enjeu de la situation. Nous avons réussi tout de même à faire en sorte que Marine Le Pen ne soit pas en tête au soir du premier tour. Nous avons réussi à ce qu'une offre politique nouvelle, portée par un candidat nouveau, qui n'est pas un professionnel de la politique, qui n'est pas depuis 40 ans installé dans les arcanes politiciennes, porte l'espoir. Alors maintenant, il faut l'amplifier ensemble et surtout infliger une sévère défaite à Marine Le Pen.

6:27
Présentateur

Alors justement, autre réflexion entendue dans nos reportages, ou sous le mot clé, sans moi, le 7 mai, je ne veux pas choisir entre l'obscurantisme et l'ultralibéralisme, entre la fasciste et le banquier.

6:40
Invité politique

Oui, on voit bien là aussi l'esprit de caricature. Vous savez, je vois les attermoiements qui viennent notamment de celles et ceux qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon. Il faut juste se souvenir que dans son programme, il était prévu de rendre le vote obligatoire. Et aujourd'hui, on s'interroge sur la nécessité de voter. Je trouve cela curieux. Je pense que Jean-Luc Mélenchon, qui par ailleurs a fait une belle campagne, a soulevé des enjeux importants, a dit dimanche soir, il faut que chacun fasse en conscience son devoir. Et lui, son devoir, c'est quoi ? Sa conscience, c'est quoi ? Vous voulez reprendre ces déclarations de 2002 ?

Ce qu'il disait sur l'impératif absolu d'élire Jacques Chirac pour précisément ne pas encourir le risque Le Pen. Et aujourd'hui, qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui se passe alors 15 ans après ? Il aurait soudain perdu le sens de l'essentiel, raté une marche avec l'histoire, après avoir fait la campagne grandiloquente qu'il a faite. Je trouve ça stupéfiant.

7:36
Présentateur

Il y a une forme de relativisme à mettre dos à dos ou à renvoyer un signe égal entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

7:43
Invité politique

Non mais d'abord, Emmanuel Macron n'est pas ultra-libéral. Emmanuel Macron est quelqu'un qui est le candidat du travail, qui est le candidat des classes moyennes, qui est le candidat de la recomposition de notre système politique, qui était totalement à bout de souffle. Il faut donc se saisir de ces perspectives nouvelles qu'il a tracées, pour justement redonner à notre pays et à l'Europe le souffle qui est nécessaire. Parce que, j'entendais M. Guetta à l'instant, vous savez, Emmanuel Macron n'est pas du tout un euro-béat. Emmanuel Macron dit, nous avons eu collectivement un tort. C'est de laisser le monopole de la critique de l'Europe à ceux qui ne l'aiment pas.

Et parce que nous, nous aimons l'Europe et nous pensons qu'il y a un avenir, alors oui, il nous faudra être beaucoup plus critiques et beaucoup plus actifs. Notamment sur ce qui a été évoqué, s'agissant des travailleurs détachés et de la nécessaire harmonisation fiscale et sociale. Il y a là une urgence absolue. Sinon, ce sont les nationalismes et les populismes qui montent dans tous les pays d'Europe. Il est temps que l'Europe devienne Europe. Sinon, on va voir des Le Pen et des petits Le Pen prospérer dans tous les pays d'Europe. Là est le danger. Moyennant quoi, nous serions collectivement affaiblis face aux géants du monde, que sont la Chine, les USA et bien sûr la Russie.

Il est temps que ce réveil citoyen qui a eu lieu dimanche dernier prenne corps politiquement. Et il faut que celles de gauche comme de droite, qui ont compris cet enjeu, viennent amplifier ce rassemblement. Viennent recomposer la vie politique française. Vous le disiez tout à l'heure dans vos journaux. Il y a une partie de la droite qui, sans complexe, dit, après tout, mieux vaut Le Pen. Et il y a une partie de la gauche qui dit, on ne sait pas trop ce qu'il vaut, ce qu'il vaut mieux choisir.

Et bien, nous disons que celles et ceux qui, aujourd'hui, ont conscience des enjeux, il est temps qu'ils lèvent la main, qu'ils se rassemblent, qu'ils en finissent avec les vieilles lunes, où certains se rêvent d'une nouvelle cohabitation, qui reprennent l'esprit de boutique qui a fait tant de mal à notre pays. Il est temps qu'ils viennent reconstituer l'offre politique progressiste française.

9:41
Présentateur

Richard Ferrand, secrétaire général du Mouvement En Marche, invité de France Inter. On vous retrouve dans quelques minutes avec les auditeurs d'Inter, dans un instant, la revue de presse.