Les clefs d'une vie - Louis Giscard d’Estaing
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Questions et réponses
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Bonjour Louis Giscard d'Estaing. Vous publiez un livre sur votre père, Valéry Giscard d'Estaing. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?
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Vous évoquez la participation de votre père à la libération de Paris en 1944. Pouvez-vous nous raconter cet épisode ?
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Votre père s'est engagé dans l'armée à 18 ans malgré l'opposition de son père. Comment a-t-il convaincu sa famille ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Vous mentionnez un ordre de mission de la Croix-Rouge française pour votre père. Pouvez-vous nous expliquer cette mission ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Votre père a appris l'accordéon en Autriche après la guerre. Comment cet instrument est-il devenu important dans sa vie ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Votre père a été élu à l'Académie française en 2003. Quels obstacles a-t-il rencontrés ?
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Sud Radio Les clés d'une vie Jacques P6. Les clés d'une vie celle de mon invité. Valérie Giscardestin est devenu président en regardant la France au fond des yeux.
Un siècle plus tard, un siècle après sa naissance, vous avez choisi à travers un livre de regarder l'homme au fond de ses yeux mais surtout au plus profond de son cœur. Bonjour Louis Giscardestin. Bonjour Jacques Précis.
Alors, vous avez, vous êtes l'un des fils de de Valérie Cardestin, vous avez publié un livre étonnant, le visionnaire chez Hérol, qui est vraiment le parcours euh de Valérie Cardestin. On va en parler justement, un livre que vous avez dirigé avec des spécialistes et on va se servir de ce livre pour évoquer euh le parcours de Valérie Cardestin à travers des dates parce que c'est le principe des clés d'une vie. Alors, on va d'abord écouter quand même la voix du président.
Vous m'aviez donné en garde les biens les plus précieux de la collectivité nationale. Il se trouve que cette voix a été caricaturé par les chansonniers. C'était l'idéal pour eux.
Oui. Ben ça fait partie aussi de de l'aspect je dirais populaire [raclement de gorge] popularité d'un homme qui a mené une vie politique très forte, joué de l'accordéon et qui ensuite est devenu président de la République après le général de groupe les Georges Pompidou. Donc effectivement les chansonniers ensuite comme il l'avait fait pour d'ailleurs même pour le général de Gaulle, il faut bien le dire Henri était qui vous savez ?
Voilà. Absolument. Alors pour évoquer son parcours, j'ai trouvé une première date qui est une date qu'on connaît peu le 25 mai 1944 qu'on connaît pour l'histoire mais peu pour Valérie Cardestin.
La lutte touche à sa fin. Paris achè sa libération et on ne sait pas beaucoup a participé Louis Cardestin à la libération de Paris. Oui, il est il est étudiant, il est en classe préparatoire, il prépare les concours de l'École polytechnique où il rentrera finalement plus tard puisque entre-temps, il s'engage dans l'armée.
Il écoute le discours général de Gaulle sur le parvide de l'hôtel de ville de Paris, le fameux discours Paris libéré, Paris outragé, mais Paris libéré par ses propres forces. Il dit "Oui, mais la guerre n'est pas finie." Et c'est là où il décide de s'engager dans l'armée de de l'âtre.
Alors, la libération de Paris a été annoncée à la radio par Pierre Crenè, mais ce qu'on ne sait pas, c'est qu'en fait des résistants avaient réussi avec un un faux une fausse facture à récupérer un émetteur chez les Allemands et il avait planqué dans une dans une un studio rue de la Tour au dernier étage et c'est de là qui est partie la première émission de radio avant que le poste parisien soit récupéré. Oui. Et alors ce qui est incroyable aussi dans l'histoire de mon père, ce que ce qui figure dans ce livre, c'est cet ordre ordre de mission qui lui est donné qui est daté du 24 août 1944, c'est-à-dire la veille de l'entrée de de Leclerc dans Paris et qui est est un ordre de mission qui lui est donné par le directeur général de la Croix-Rouge française qui le missionne pour représenter la Croix-Rouge française auprès des forces françaises de l'intérieur. et il a 18 ans et il a cette mission qui lui est donnée en pleine période de libération de par risque.
Oui. Et en même temps, il s'est engagé contre la vie de son père. Il y a eu un conseil de famille.
Alors, c'est l'époque où il faut évidemment il faut avoir 21 ans pour être majeur puisque c'est lui qui d'ailleurs ensuite apaissera la majorité civile de 21 à 18 ans en 1974. Mais effectivement, à ce moment-là, pour s'engager dans l'armée, il valait mieux avoir l'accord de son de ses parents ou de son père en tout cas. Et et donc et donc évidemment il y a une discussion mais mon père tient bon et avec l'appui de sa mère emporte la décision et l'accord de son propre père pour s'engager dans l'armée de l'âtre.
Oui. Il ne voulait pas passer à côté de l'histoire. Oui, il considérait que certes le débarquement avait eu lieu, certes Paris était libéré depuis le le 25 août 44, mais que Hitler était toujours en place à à Berlin, que la guerre n'était pas finie et et à 18 ans, il se dit "Moi, je veux participer à la libération complète de notre pays. surtout participer à une page majeure de l'histoire qui est la fin de la 2e guerre mondiale et c'est comme cela qu'il se retrouve engagé volontaire dans le deuxème régiment de dragon chef de char et et décoré et il avait déjà vécu jeune des événements tragiques qui étaient le 6 février 34 et le Front populaire.
Oui. Alors, il a il a connu toute cette période évidemment en étant plus jeune, mais surtout il ressent à partir de de la défaite de la France en en 40 et et de la volonté de résister, de se préparer à mettre fin au au régime de Hitler. Il il est il est décidé à participer à cette page de l'histoire de France.
Oui, en même temps, il y a participé moralement puisqu'il a il a été un des rares à entendre l'appel du 18 juin. Oui, absolument. et euh grâce à à sa mère qui lui permet d'entendre la voix de de Gaulle et la voix de la France de la France libre.
Oui. Et cet appel justement peu de gens l'ont entendu. Il a été diffusé après un enregistrement qu'on a perdu et il a enregistré à 19h le général de Gaulle à BBC cet appel et sur le conducteur à côté de son nom et du fait appel, il y a écrit pas de cacher. [rires] Oui, c'est ça.
C'est assez étonnant. Alors, il se trouve que ce au début d'hostilité, il a quand même quitté Paris pour Clermontferrand. Valérie Cardestin.
Alors, pendant la guerre, oui, il avec ses parents, il passe d'ailleurs un an de scolarité au lycée BL Pascal à Clermontferrand et puis et puis il revient à Paris reprendre reprendre ses études et et puis et puis arrive cette année 44 déterminante où là il il décide de rejoindre l'armée de de l'âtre. Oui. Et en plus avant il y a eu le lycée Jeanson de Sailli qui a été un réseau de résistance, on pas l'oublier.
Oui. Alors c'est certainement dans cette période que il participe à ce réseau de de résistants lycéens et qui euh explique si vous voulez ce fameux ordre de mission qui est en page 26 du livre. Euh donc en de missission euh donnant euh lui donnant euh la la par la Croix-Rouge- française et chargé par le directeur général de la Croix-Rouge- française d'assurer la liaison avec la délégation générale du gouvernement provisoire de la République française pour la zone nord pour euh toutes les questions concernant les rapports entre les la Croix-Rouge française et les FFI et c'est incroyable et il a 18 ans et et donc il est effectivement à ce moment-là dans les mouvements résistants lycéens et c'est un professeur de lettre de Jean Sans Henry Lablénie qui a lancé vraiment le premier mouvement de résistance en créant un journal à l'intérieur car Valérie Scherdestin lui aussi s'est occupé de journaux clandestin à l'aube de leur existence.
Absolument. et euh et puis c'est ce qui voilà, c'est ce qui lui permettra ensuite de d'avoir d'ailleurs des des relations euh finalement euh très intéressante avec le général de Gaulle puisque euh il aura été avec le général de Gaulle euh les deux présidents de la République qui ont participé directement à la à la deuxème guerre mondiale. Il se trouve aussi que donc il part pour aider la France, le problème c'est qu'il ne sait rien faire. [rires] Oui.
Alors, il 18 ans, il a aucune idée de ce que c'est que la formation militaire puisque il n'avait pas encore pu faire son service militaire et que donc il sera très vite euh de latre euh et conscient de ça et et donc il faut lui donner une formation militaire accélérée. Il fait ses classes dans les au mois de septembre ou octobre 1944 et et puis ensuite il rejoint le deuxème régiment de dragon où là il incorporé comme chef de char. Il faut savoir, je crois que la famille Giscard destin connaissait le général de l'âtre et et qui qui a été un des un des grands chefs de l'armée de libération et donc il s'est retrouvé avec le général de l'AT qu' l'a immédiatement euh envoyé là-bas et ça n'a pas été facile parce qu'au départ Valérie Giscardestin craignait la peur.
Oui, il craignait de ne pas être euh, je dirais suffisamment euh fort euh pour euh combattre et pour euh se retrouver au feu. Euh et en fait, il euh et c'est là où il a il apprend que sa propre nature euh lui donne du sang froid face aux décisions les plus difficiles et il le dira ensuite dans ses mémoires. Oui, il se trouve aussi que dans cet apprentissage, on apprenait à tirer avec des balles réelles.
Oui. Alors, c'était évidemment une formation dans des circonstances de guerre. Donc là, il s'agit pas de de de faire autre chose que de se préparer à à être directement au combat et ce qui sera son cas puisqu'il est il est confronté en avril 45 au au feu direct des des chars allemands et c'est là où il est il est cité à l'ordre de son corps d'armée à titre individuel.
Il reçoit une citation lors de du corps d'armée, ce qui est tout à fait remarquable à 19 ans qu'il Oui. parce qu'en plus il il a conduit un char blindé et tiré contre l'ennemi. Malheureusement, l'ennemi a tiré aussi.
C'est ça exactement. Et dans son équipage, sur les quatre membres d'équipage, deux ont été victimes de de ce qu'on appelle un panzer faux, c'est-à-dire une munition antichar allemande. Et lui a pu continuer à à tirer et faire tirer la tourelle de son char.
Et je crois qu'il est à il est à Colence. Non, je sais plus. Il est à Constance quand il apprend euh la capitulation allemande.
C'est ça. alors qu'il était né à Cobelance et tout ça une histoire incroyable puisque donc il né à Cobelance le 2 février 1926 parce que son propre père qui est inspecteur des finances est responsable de l'administration de la de l'occupation française de la SAR et c'est la raison pour laquelle il nî finalement à Cobelance et mais il se retrouve à Constance au moment où c'est la fin des combats et ensuite il rejoint avec son régiment il vont en Autriche et la la une partie de la première armée française de l'âtre est envoyé en Autriche dans les derniers jours de combat et c'est là où il apprendra à jouer de l'accordéon. Voilà, il se trouve en plus qui va le 14 juillet 1946, il va défiler sur les Champsélysées devant le général de Gaulle.
Oui. Alors alors il en fait il il sera deux fois euh dans des défilés très importants. Le défilé du 14 juillet 1945 où là il y a la photo dans dans dans le livre où il est sur la tourelle de son char Sherman place de la Bastille, la parade militaire du 14 juillet 45 et place de la Bastille et ensuite l'année suivante il sera à l'école polytechnique le portrapeau de l'école polytechnique et là il défile à nouveau.
C'est extraordinaire et ça ça l'a marqué, je pense, ce défiler. Ah, ce sont des moments très forts dans sa vie. Et d'ailleurs, la preuve en est, c'est que euh nous publions dans dans cet ouvrage une photo de lui en tenue d'académicien euh qui est une magnifique photo où il ne porte plus sur sa barrette de décoration, sachant qu'il était bien sûr grand croix de la Légion d'honneur et toutes sortes de grandes décorations étrangères qui lui avait été décerné.
Mais il ne garde plus qu'une seule décoration, c'est sa croix de guerre avec étoile de vermeil, c'est-à-dire citation à l'heure du corps d'armé. Voilà. Et donc c'est un valé Carastin qu'on ne connaît pas vraiment que vous racontez dans ce livre et qu'on va continuer à évoquer à travers une autre date le 23 décembre 1952.
À tout de suite sur Sud Radio avec Louis Giscardestin pour parler de Valérie Giscardestin. Sud Radio les clés d'une vie Jacques P6. Sud Radio les clés d'une vie.
Mon invité Louis Giscardestin, l'un des fils de Valérie Cardestin qui aurait eu 100 ans cette année et vous publiez un livre le visionnaire aosition qui montre le parcours de votre père. Alors on a commencé à évoquer ses débuts pendant la guerre et un un événement heureux le 23 décembre 1952, il se marie avec Anemmon Jiscardestin. Alors c'est un mariage très discret je crois.
C'est un mariage discret, enfin en petit comité. C'est pas un grand grand mariage. Il se trouve que son beau-père, donc le père de maman, était mort en déportation puisqu'il était officier résistant.
Il avait fait Sainsir en 1919, ensuite un un brillant parcours militaire et il a décidé donc mon grand-père a décidé de s'engager en fait dans le l'organisation de résistance de l'armée. Donc il est devenu membre de ce qu' ce qu'on appelait Laura, l'organisation de résistance de l'armée. Et il a été arrêté par la Guestapo en en janvier 1944 et et déporté au camp de Matausen d'ù il n'est pas revenu.
Ce qui fait que je pense que parmi les critères pour lesquels finalement ce mariage a été un mariage relativement sobre, c'était parce que le le père de maman n'était pas là pour assister à ce mariage. Oui, il y avait une cinquantaine d'invités mais surtout il y avait le voyage de nos et ça Valérie Giscardestin a tenu à garder secrète l'adresse le lieu où ils allaient aller. Exactement.
Et dans ce livre, pour la première fois, en fait, il y a le récit de leur voyage de nos parce que j'ai demandé à maman si elle pouvait le le nous en faire part parce que finalement c'était quelque chose qui qui chez nous était connu mais sans en rentrer dans le détail. Donc maman a rédigé le récit de leur voyage de nos en Grèce en janvier 1953. Donc on imagine que la Grèce en janvier 53, elle était pauvre, elle était surtout il faisait pas chaud et c'était du tourisme surtout tourner vers les lieux grecs de la mythologie grecque que papa voulait absolument visiter.
Voilà. Alors, je crois qu'il découvre ensemble l'Arropole déjà. Absolument.
Il y a il pass ils passent par Athène puis ensuite ils vont dans les différents sites de la de la Grèce antique et et ils y passent au total, je crois, près d'un mois. Enfin, c'est que c'est un un voyage prolongé dans des conditions logistiques extrêmement précaires puisque à l'époque la Grèce se remet difficilement dans la période d'occupation de la de la guerre et très pauvre et mais et ils réussissent néanmoins à visiter tous les grands sites de de la mythologie grecque. Alors l'acropole justement, il y a plusieurs milliers de demandes en mariage chaque année sur l'acropole et les guides demandent de repérer un point de vue à proximité offrant une vue dégagée plutôt que de l'intérieur du site parce que il y a de l'ombre et que ça peut rendre le moment plus triste.
C'est extraordinaire. Oui, absolument. En fait, donc là eux, ils découvrent l'acropole euh alors pas sous les grands rayons de soleil puisque on est au mois de janvier, mais par contre, ils ont la possibilité de de faire ce ce tourisme dans les dans tous les sites grecs.
Et c'est ce qui marquera profondément finalement cet attachement de mon père à la Grèce puisque il démontre en faisant ce choix. à l'époque, c'était pas, je dirais tout à fait le lieu le plus euh enfin prévu ou connu. Ah oui, mais à l'époque justement, il y avait un petit bateau de pêcheur qui l'emmène avec ses bagages.
Oui. Oui, absolument. Oui, tout à fait.
Et puis ensuite, ils sont ils sont dans une île et et il faut il faut trouver un anne pour transporter tout le monde et les bagages et voilà. Et donc maman explique que bon le le papa parlait au paysan en grec ancien mais le grec ancien c'était le grec de mer c'est pas le grec de de de nos jours. Et donc il y avait un problème de compréhension.
Enfin voilà, donc un un voyage tout à fait incroyable et et dans lequel duquel il ne reste aucune photo. Donc il ils n'ont pris aucune photo de ce voyage. Donc nous nous n'avons jamais vu de photo.
C'est pour ça que dans le livre, j'ai illustré le texte de ce voyage de Nos en Grèce par les photos de leur voyage officiel quand ils vont à l'invitation de de Constantin Caramis, ils vont retourner en Grèce mais cette fois-ci en tant que président de la République et et son épouse pour ce magnifique voyage officiel, premier voyage officiel après la restauration de la démocratie grecque en 1974 qui doit sa restauration au coup de pouce de Valérieuscardestin, président de la République qui met son avion à disposition. de Constantin Caramis qui était en exil à Paris. Il se trouve que la première personne à avoir été au courant de son histoire d'amour avec Anemmonis Cardestin, votre mère, ça a été la mère de Valérie Cardestin.
Il était très attaché à sa mère. Oui, papa avait une relation très forte avec sa mère qui elle-même était une forte personnalité. Elle avait elle était la fille de de Jacques Bardou.
Euh Jacques Bardou qui a été euh euh membre de l'Académie des sciences morales et politiques qui était un grand spécialiste de la littérature anglaise. tout à fait. Au Vernia, natif de l'au Auvergne de Saint-Saturnin dans le puit de dô et qui ensuite a été au collège de France, professeur de littérature anglaise au collège de France et qui avait donc avec sa sa fille mais elle lui avait donné un prénom anglais avait des relations très fortes et c'est elle qui a ensuite transmis finalement une certaine idée de de la liberté, de la de la tolérance et cetera à son à son propre fils mon père et Guor Bardou a été ministre et il a préparé la gratuité de l'école.
On parle toujours de Jules Féri mais il y a aussi votre grand-père. Alors c'est plus que mon grand-père lui c'est mon arrière arrière grand-père parce qu'en fait Agénor Bardou c'est le père de Jacques Bardou. Donc si vous voulez c'est pour mon père c'est son arrière-gr-père.
Donc moi, évidemment un degré de plus qui a été effectivement sénateur du puit de dô ministre de l'instruction publique en 1877 et qui effectivement était le le pionnier de la gratuité de l'école publique. Alors, il se trouve aussi que c'est et vous le soulignez dans ce livre Louis Cardestin que la famille était une notion très importante pour votre père. Ah oui, c'est un quelque chose un élément structurant de de de sa vie. en tant que père de famille, peut-être que nous en reparlerons, mais mais bien sûr aussi de d'attachement à à cette lignée dans laquelle il s'inscrivait euh avec des aïux qui avaient déjà pour certains exercé des fonctions publiques et et qui étaient aussi des personnalités enfin de grande culture ou ou de très grand de très haut niveau intellectuel puisqueen fait et son père et son grand-père et son arrière-gr-père était membre de l'Académie des sciences morales. les politiques, c'était quand même quelque chose déjà assez étonnant.
Alors la famille, c'était important parce que quoi qu'il arrive, on passait 3 semaines de vacances ensemble et vous racontez dans ce livre que vous partez dans une déesse break en écoutant des chansons de Chella et de Bourville. Mais oui, parce que papa donc ministre des finances à ce moment-là du général de Gaulle, hein, nous sommes dans les années 60 puisqu'il est à partir de 1962 jusqu'en 1966, il est ministre des finances générales de Gaulle et et il achète une DS break qui était une voiture remarquable parce que comme nous étions quatre enfants et que mes parents, papa conduisant, maman à côté et et les quatre enfants, ça sur la banquette arrière, c'était un peu un peu bondé et donc il y avait heureusement des petits strapontins dans le coffre et c'était le début finalement de ce qu'ils sont devenus de ce qui est après ça et là aussi Citroën comme précurseur pionnier était tout à fait remarquable avait développé finalement le premier véhicule familial destiné aux familles nombreuses pour la France ou ce nom savez-vous le nom de code de de c DS break c'était VGD VGD oui véhicule de grande ah ben voilà et à partir de effectivement de de de milieu des années 60 chaque été nous partions en en voiture dans une une destination différente en partant de d'Auverne Papa Pen nous récupérer chez ses grand chez ses parents chez nos grands-parents à Chanona et de là nous partions dans une direction différente. C'est comme ça que nous avons pu visiter la grotte de l'Alasco, l'originale, la la vraie grotte de l'Alasco, c'était des souvenirs merveilleux.
Et puis nous avons aussi une autre année, nous sommes descendus vers Venise. Nous sommes arrivés jusqu'à jusqu'à Venise en voiture. Et il se trouve bien sûr que la musique était importante et il y a un extrait qu'on peut pas ne passer. dans [musique] le et le [musique][chant] livre de Guiléard classique accompagné à l'accordéon par Valérie Cardin.
Mais et alors si vous voulez tout ça c'est effectivement des ce sont des souvenirs très forts parce que dans la fameuse DS break il y avait un manche disque mais le manche disque c'était que pour des 45 tours donc on pouvait pas avoir si vous voulez des longs enregistrements et donc effectivement on remettait indéfiniment les chansons enfin les disques que nous avions emporté avec nous et je crois que l'accordéon Valérie Chardestin l'a appris lorsqu'il était en Autriche exactement à la fin de la guerre il est en fait donc en en 1900 En mai 45, les hostilités s'arrêtent et avec son régiment, ils sont en Autriche, dans un village en Autriche où il y a un professeur d'accordéon et donc il n'a plus rien à faire en terme militaire et c'est comme ça qu'il apprend à jouer de l'accordéon. Et il y a une séquence mémorable, je crois que c à la mairie de Chamalier, dans le parc de la mairie de Chamalière avec Daniel Gilbert qui a marqué l'histoire. Absolument.
Et puis il y a eu aussi cette ce moment où il est avec Ivette Torner, avec Amable, avec Gilbertbeco, enfin avec toute une série de un festival je crois d'accordéon à Momorancie. Exactement. Et mais il jouit aussi du piano.
Oui, en fait à l'origine il avait appris à jouer du piano et c'est comme cela qu'il a certainement pu profiter de ses cours d'accordéon avec des grandes facilités pendant son la fin de son sa période militaire. Mais on le sentait heureux quand on voit les images. Il était heureux de jouer de l'accordéonichestin.
Ah oui, parce que il considérait que c'était un très bel instrument euh qui avait une image euh populaire mais euh pour autant c'était un c'est un instrument avec lequel on peut jouer, y compris de de la musique classique. et et donc il était effectivement très très heureux de de pouvoir pratiquer cet instrument et ça lui a certainement aussi euh ça a certainement joué un rôle très favorable dans l'image que ça a donné parce que il avait à côté le personnalité évidemment polytechnicienarc ministre des finances et donc ça l'a aussi tourné vers vers une image beaucoup plus décontractée de de de sa personnalité. Il n'était pas que cela et on va évoquer une autre date le 11 décembre 2003.
À tout de suite sur Sud Radio avec Louis Giscardestin pour parler de Valérie Giscardestin. Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pis. Sud radio les clés d'une vie.
Mon invité Louis Giscard Destin, vous avez publié le visionnaire aux éditions Hérol, un livre où on découvre Valérie Giscardestin au-delà de l'homme politique et on l'évoque depuis le début de l'émission avec des dates et le 11 décembre 2003 et bien il devient immortel et ce qui est extraordinaire c'est qu'il a été élu à l'Académie française au fauteuil de Léopole Saingor lui-même chef d'état. Il est le deuxième chef d'état à être élu. Oui, c'est c'est quelque chose d'assez extraordinaire.
Il succède effectivement au fauteuil numéro 16 à Léopol Sédar Singor, ancien président de la République du Sénégal mais qui avait commencé sa vie politique sous dans la période où la France était encore la puissance coloniale de du Sénégal. Et donc c'est et ensuite ils se connaissent parce qu'ils sont ils sont en exercice euh pendant la même période et et nous avons d'ailleurs en famille nous avons été à Dakar pour être reçu par le président Saint-Gor. Il se trouve que le Paul Saingor vivait régulièrement en France en Normandie car Colette sa deuxième femme était Normande.
Absolument tout à fait. Alors l'accadémie française Valérie Cardestin pour y entrer, ça a été presque un un parcours du combattant. parce qu'il y avait des opposants.
Oui, ben c'est une période euh où il y a toujours eu euh certains euh on va dire qu' enfin je dirais ce que j'appellerais en l'occurrence des les les combattants d'arrière-garde puisque en l'occurrence c'était Maurice Druon qui était celui qui avait euh mené campagne pour essayer d'empêcher mon père d'accéder à l'Académie française. Euh pourquoi ? parce que c'est des enf on va essayer de dire que c'était des vieilles querelles qui n'avaient pas lieu d'être en réalité sur euh sur les relations entre mon père et le général ou mon père et George Pompidou parce que si on on reprend toute l'histoire politique et ce livre est pour ça passionnant, on voit bien que en réalité il y a il y a une très forte il y a a il y a des très beaux signaux.
Général De Gaul dit euh de lui, "Je n'ai pas eu de meilleur grand argentier que lui." Et et et George Pompidou euh euh fait cette merveilleuse dédicace qui est dans le livre euh où il dit à Valérie Cardestin en souvenir d'un dîner qu'ils ont organisé qui a été publié dans Paris Match, c'est la photo du dîner chez Lip de 1965 où George Montpou est premier ministre et mon père ministre des finances. Oui.
Disé organisé par le général de Gaulle et il est organisé à la demande du général de Gaul pour montrer que les deux s'entendent bien. Mon père étant le chef de fil du parti non gauliste, les républicains indépendants qu'il a créé à la suite d'Antoine Pinet et donc et et cette dédicace de de George Pompinot que j'ai découverte dans le bureau de mon père au dos de la photo. Retournant la photo est remarquable ce qu'il dit en fait à Valérieus Cardestin.
Un souvenir d'un dîner dont la cordéalité n'a pu surprendre que les autres entre guillemets. bien amicalement George Mompidou et les autres si vous voulez ce sont les barons du gaulisme catégorie à laquelle George Pompidou n'appartenait pas pleinement parce qu'il n'avait pas eu d'activité de combat pendant la guerre et donc c'est la raison pour laquelle peut-être Maurice Ruon a cru utile de poursuivre je crois qu'élè carard d'encos s'est bien défendu donc il a été élu il a été élu et il avait une épée très particulière je crois bah en fait il a repris son épée de de polytechnicien tout simplement. Oui, ben en même temps, c'était une façon de montrer qu'il s'inscrivait dans une à la fois une culture scientifique parce que aussi une caractéristique de mon père méconnue, c'est le fait qu'il était avant tout polytechnicien.
Il se trouve que après ça à la sortie de Polytechnique, c'est la création de l'ENAT et il intègre l'ENAT dans la foulée puisque il y avait deux places réservées au polytechniciens à l'ENAT et et qu'ensuite il sort de l'É comme inspecteur des finances et puis ensuite il deviendra ministre des finances. Donc donc son son je dirais son profil a été très imprégné de cette image de l'inspection des finances puis du ministère des finance alors qu'en réalité sa culture c'est c'est polytechnique et son épée de polytechnicien pour lui c'était le c'était la la la vraie démonstration qu'il était en fait avant tout un ingénieur. Alors il se trouve qu'il est très discret à l'académie et je crois que c'est Jean-Lou d'Abadi qui lève le doigt pour lui quand il veut parler.
Oui. Oui. Il ne voulait pas non plus ni abuser de son de son autorité ou de son prestige intellectuel et politique pour il se considérait entre entre des paères et et donc ne voulait pas euh être trop intervenant dans ce dans cette très belle académie.
Et dans la famille Juscardestin, il y a également beaucoup d'écrivains et de journalistes et de chroniqueurs. C'est presque une tradition familiale. Louis Juscardestin.
Alors, on est assez effectivement, on a été tous à un titre ou un autre, ma sœur Valériane était très investi dans l'édition. Euh du côté de de mon grand-père, mon grand-père Edmond Carlestin a écrit plusieurs ouvrages euh et donc effectivement on est dans une culture de littérature ou euh de récits et ou de réflexion de réflexion politique puisque l'un des ouvrages qui aura été le plus marquant que que mon père aura rédigé lui-même, c'est démocratie française qu'il publie quand il est président de la République et qui est vendu à plus d'un million d'exemplaires. un immense succès de de librairie et c'est quelque chose d'assez incroyable dont nous allons célébrer d'ailleurs cette année les 50 ans de l'apparution de démocratie française à l'automne.
On appelle ça à l'époque ce qui publie des publicistes et pas des écrivains. Oui, il y a cet aspect euh si vous voulez, il y a les gens qui pensent que effectivement c'est de l'espèce de promotion, c'est de la promotion euh soit euh carrément euh le sous forme de vulgarisation, soit quelquefois c'est sous forme de mémoire ou de ou de récit qui euh qui cherchent à valoriser euh une action politique. Là, en l'occurrence, en ce qui concerne démocratie française, on est vraiment dans la réflexion.
Il publiera ensuite, après avoir été euh après avoir été président, plus tard, il publiera ses livres de mémoire Le pouvoir et la vie en trois tomes très intéressant sur son action euh pendant euh ces toutes ces périodes d'exercice de responsabilité politique. Et puis il écrira aussi des euh des euh d'autres ouvrages. Al, il se trouve que je sais pas si vous le savez, le pourcentage exact d'hommes politiques qui ont vraiment écrit leur livre, moins de 10 %.
Oui. Alors lui, si vous voulez, il écrivait, y compris ses discours à la main et dans le livre, on a des des reproductions des des manuscrits, notamment le fameux discours du bon choix pour la France qui est un discours qui a beaucoup marqué en 1978, le discours de Verdin sur le doux. Et nous avons dans le dans cet ouvrage la reproduction de du du manuscrit, il écrivait et la et le pouvoir et la vie et et démocratie française.
Tous ces tous ces livres, il les a écrit la plupart du temps d'ailleurs à la main. Il se trouve qu'il a parlé littérature aussi dans cette émission de télévision. [musique] Apostrophe le 27 juillet 1979.
C'est un événement. Alors curieusement, Léopol Saint-Darsagor avait été le premier chef d'état dans Apostrophe et lui il est le second. C'est l'inverse de l'académie.
C'est ça. Mais ça prouve à quel point il effectivement il était tourné vers vers cet aspect de des lettres et de la culture comme un élément très très fort de sa propre personnalité. Et pour cette émission, je crois que Bernard Pivot s'est déplacé à l'hôtel Marign à côté de l'Élysée.
Oui, c'est probable pour essayer de trouver un décor qui soit non pas celui de l'Élysée proprement dit, mais qui puisse permettre un lieu un peu différent. Et dans cette émission, il parle de Flobert, de Baudler, mais surtout de mot passant. Oui, parce qu'il se considérait presque comme un disciple de mot passant à sa façon.
Oui, il était très admiratif de de ce très bel écrivain euh du 19e siècle. La littérature, c'est c'est enfin c'est sont ses grands noms de la littérature française qui vont évidemment de de Victor Hugo jusqu'à jusqu'à Flober et M passant et et donc il était dans cette dans cette admiration de de l'œuvre de M passant. Et dans cette émission, on ne l'a pas dit assez mais il y a également Armand Lanou, Alexandre Alexandre Astruc et Louis Forestier qui est un universitaire qui euh écoute avec passion Valéri Giscardestin parler de sa passion pour mot passant.
Et alors il se trouve aussi qu'il y a quatre romans dont le passage. Le passage qui a beaucoup fait parler. Oui.
Alors, il écrit plusieurs plusieurs romans qui en fait, on peut dire ne sont pas les œuvres les plus majeures de de la littérature, mais c'est une expression aussi de sa propre personnalité, c'estàd de quelqu'un qui s'estime euh enfin assez libre de sa parole, de ses écrits et de décrire bah une situation finalement de de un à caractère romanesque. Voilà, c'est c'est c'est sa vision des choses. Le passage, c'est l'histoire d'une passion qui est arrivé à un moment imprévisible.
Je vais vous apprendre quelque chose. En fait, un jour, on me propose de faire l'adaptation du passage à la télévision. C'était Patrice Duamel qui dirigeait à l'époque France Télévision.
Donc, j'ai rcontré votre père plusieurs fois. On a écrit un scénario, on a commencé à écrire un scénario et il me dit un jour et il y a un personnage de garde chasse, j'ai un costume de chasseur, je serais heureux de jouer le rôle du garde chasse. Il [rires] aurait fait comme Ronald Rigan à l'envers.
Malheureusement, Patrice Duamel a quitté la télévision et ce scénario qu'on avait écrit n'a jamais abouti. Je sais pas si vous le saviez. Non, mais c'est vous voyez, c'est l'occasion de découvrir dans cette émission des moments ou des aspects méconnus de de la vie de mon père.
Alors, il y a eu aussi la princesse et le président qui a été vraiment un événement pour les journaux qu'on appelait pas encore people avec cette histoire avec les Didi. Et là, il s'est toujours tu sur ce sujet. Oui, je pense qu'il ne souhaitait pas forcément aller au-delà de ce que ce que représentait déjà ce livre qui était finalement une histoire romanesque entre un un homme politique français ou un chef d'état français et et une princesse.
Voilà, c'est on va dire quelque chose qui bon qui tenait un peu plus de la fantaisie dans son caractère parce que en réalité c'est aussi ça qui est intéressant à relever c'est que sous des aspects assez classiques et conventionnels, bon il avait les aspects tout à fait romanes dans sa dans dans sa relation avec les autres. Alors il il y a la culture aussi parce que le musée Picasso doit beaucoup et surtout le musée d'Orset sans lui avant il y avait la gare d'Orset Garde de train ensuite c'est devenu un lieu où Jean-Louis Barreau et Mine Renault faisaient leur pièce de théâtre ainsi que Jérôme Savari et il a sauvé la garde d'Orset pour la transformer en musée. Absolument.
En fait, quand il succède au président Pompidou, il y avait eu des projets de démolition de la gare d'Orset qui était une gare désaffectée puisque les trains n'y arrivaient plus depuis les années probablement la fin des années 60. Donc la garde d'Orset, magnifique bâtiment situé au cœur de Paris euh n'avait plus de d'affectation par la SNCF. Et euh et donc les projets, il y avait plusieurs projets qui avaient été commenc initiés sous George Pompidou et qui visait à finalement démolir la gare d'Orset pour dans un cas il y avait la construction éventuellement du nouveau siège d'Air France.
Enfin, il y a eu plusieurs projets et fort heureusement dès que mon père est arrivé à la présidence de la République, il a dit non, il faut absolument protéger la GardOrs et il faut lui trouver une nouvelle vocation. Et euh dès l'année 1976 euh avec son euh ministre en charge de la culture Michel Guy, il lance un concours d'architecture pour créer finalement le grand musée du 19e siècle et le musée d'Orset est né grâce à lui euh de cette décision. Voilà.
Alors, il y a le passé et le futur car la la cité des sciences que tout le monde connaît aujourd'hui, c'est aussi Valérie Giscardestin là, la cité des sciences. Oui. Alors oui, parmi alors parmi, vous avez tout à fait raison, parmi les autres réalisations qu'il qu'il lancent, euh il y avait les les halles de la Villette, si vous voulez, la le site de la Villette, c'était des anciennes Halles.
Il y a une photo où il visite le chantier, ben je tombe juste sur cette photo, il visite les Halles de la Villette. Euh et c'est en 1900 euh [gémissement] le 8 août 78, ce sont les anciens abattoirs, enfin c'est des anciens abattoir la billette euh la différence des halles de de de Paris. Et euh et là il euh c'est là où il décide en homme de science qu'il qu'il revendique d'être de faire la promotion de la science et c'est la création de la cité des sciences de la Villette qui était un lieu finalement assez petit.
C'était l'équivalent de la place de la Concorde. Oui, mais ensuite la la ça a pu s'élargir avec le parc de la Villette et c'est devenu un des lieux d'ailleurs les plus visité parmi les sites les plus visités de Paris. Et n'oublions pas le musée Picasso qui effectivement a été a vu sa sa jeunèse grâce à lui ministre des finances puisque c'est lui qui met en place en 1970 le mécanisme qui permet pour des successions de payer les droits une partie des droits de succession en d'objet d'art. si ils sont reconnus comme étant des objets d'art tout à fait remarquables destinés au au au grands musées nationaux.
Et donc c'est lui qui signe ce décret d'application qui est publié dans le livre et puis il y a le décès de 3 ans plus tard de Pablo Picasso laissant une collection avec une valeur inestimable et des nombreux héritiers qui doivent payer les droits de succession. Normalement vous savez que la règle c'est dans les 6 mois suivant le décès. Là tout de suite s'ouvre une négociation.
Il y a un personnage euh qui joue un rôle très important, c'est le premier président de la commission de la Dation qui s'appelait Maurice Écardi et qui négocie avec les héritiers Picasso pour convenir des œuvres qui resteront et qui iront dans ce musée. Le le choix du musée est dès l'été 74, dès juillet 74, le ministre en charge de la culture qui s'appelle Michel Guy va visiter l'hôtel salé qui était à l'abandon qui qui était propriété de la ville de Paris et [grognement] et c'est là où il est décidé que ce sera le futur musée Picasso. Tout ça est dans ce livre qu'on va continuer à évoquer à travers la date de sa sortie le 21 mai 2006 2026 pardon.
Euh dans quelques instants sur Sud Radio avec Louis Giscardestin pour parler de Valérie Giscardestin. Sud Radio les clés d'une vie Jacques P6. Sud Radio, les clés d'une vie mon invité Louis Giscard Destin.
Donc le 21 mai 2026 est sorti ce livre le visionnaire aux éditions Hol c'est le centenaire de la naissance de Valérie Rich Chardestin et vous avez voulu faire ce livre, créer ce livre, diriger ce livre. Euh parce que c'est non seulement un hommage euh à l'homme politique mais aussi à l'homme. Exactement.
Et avec euh 53 contributeurs différents, c'est-à-dire des regards de toutes sortes de personnalités, la plupart l'ayant côtoyé, soit ayant été ses proches collaborateurs, soit ayant été ses ministres ou l'ayant connu à différents titres. Et puis euh et puis c'était euh important de relater toute la diversité euh finalement de de de ce parcours assez extraordinaire que exceptionnel qui a été celui de mon père finalement puisque il euh il traverse euh en tout cas de façon tout à fait euh déterminante la seconde moitié du 20e siècle en prenant des initiatives majeures. la création du système monétaire européen qui débouchera sur l'euro avec le chancelier elmouchmith et et la création du G7 avec le président américain Gérald Ford pour ne prendre que ces quelques exemples.
Voilà. Alors le titre le visionnaire n'a pas été choisi par hasard. Non parce que c'est en fait une de ces caractéristiques si vous voulez.
Alors, parmi ce qui caractérise Valé, on a dit beaucoup, c'est le réformateur, c'est le rénovateur, c'est le modernisateur de la France après la succession qui est la sienne du général de Gaulle et et du président Pompidou comme président de la République. Mais aussi, c'est quelqu'un qui a eu une vision sur tous les grands sujets. On a tout à l'heure évoqué évidemment sur la dimension culturelle de décider qu'une gare deviendrait un musée au cœur de Paris.
C'était quelque chose de tout à fait visionnaire mais aussi de décider de mettre en place un programme électronucléaire permettant à la France d'être productrice d'électricité décarbonée de façon absolument majeure. C'est lui qui le décide. Il met en application un plan qui venait d'être conçu avec le premier ministre de George Monpidou Pierre Mesmer.
Mais enfin la réalité c'est que toutes les centrales nucléaires dont nous disposons aujourd'hui à l'exception d'une seule Fonheim, c'est bien lui qui les a fait construire. Et puis il y a des choses qu'on a un peu oublié mais quand on voit aujourd'hui tout ce qui se passe autour des viols, bah le premier à s'être préoccupé du sujet, c'est Valérie Cardestin. Absolument. parmi euh beaucoup de de de de sujets sur lequels il a posé son regard et et finalement la législation qui a été euh qui a été mise en place euh pendant cette période était visionnaire visionnaire de des évolutions, des droits bien sûr de la jeunesse, des droits des femmes, mais aussi de la protection des des libertés et et il prend des dispositions très importantes dans ce dans ce domaine et vous avez raison de le rappeler, il y a le divorce par consentement mutuel pour éviter les je dirais les les querelles terribles qui pouvaient exister autour d'un divorce.
C'est aussi bien sûr la loi veille pour pour les femmes et et et leur accès à l'interruption volontaire grossesse, mais c'est aussi la des législations concernant les sujets tels que le tels que le viol. Et il se trouve justement que la loi veille, il a beaucoup insisté, il s'en est mêlé notamment en parlant à deux papes, je crois. Oui, c'était dans les discussions qu'il avait pu déjà avoir sur cette question qui touchait la société française de l'époque puisque en fait il y avait donc la l'interdiction en fait la la pénalisation même de du recours à l'avortement alors qu'en réalité ça ne ça concernait une partie importante de des femmes françaises et dont certaines pouvaient accéder à l'étranger à avoir recours à l'avortement et donc il considérait que c'était dans sa responsabilité morale et dans sa responsabilité de aussi de la santé publique qu'il qu'il devait prendre des des disposition.
Et puis la visite du pape Jean-Paul II qui est un événement parce que je crois qu'aucun pape n'est vu en France depuis 1804 et là il a tout préparé lui-même. Il a veillé à chaque détail pour cette visite. Ah c'est un moment extraordinaire.
C'est le c'est effectivement la première fois qu'un pape en France se rend en France en voyage officiel depuis 1804. C'estàd depuis la brouille. entre Napoléon et le Vatican quand Napoléon a voulu se faire couronner tout en étant divorcé, que le pape était évidemment très récalcitrant et donc et que ensuite le pape a été retenu en plus à Paris.
Donc ce qui fait que euh quand il lance cette invitation au nouveau pape Jean-Paul II qui est un pape polonais, premier pape polonais de l'histoire et et on est encore en pleine guerre froide puisque rappelle l'URSS et cetera, le mur de Berlin ne tombera que en 1989. Donc on est dans une période très euh très très nouvelle euh de la vie euh de la vie international euh et il lance cette invitation au pape Jean-Paul II qui l'accepte tout en ayant été le président qui aura fait voter la loi veille. Et donc ça c'est quelque chose aussi très important dans leur discours, dans leur dans les rapports qu'ils ont pu avoir de toute franchise et donc c'est c'est un voyage officiel exceptionnel puisque il organise tous les détails.
Il y a le posé de l'hélicoptère qui est en fait l'hélicoptère présidentiel, le Puma présidentiel qui qui amène Jean-Paul II. rond-point des Champs-Élysées. Les Champs-Élysées sont absolument couverts de monde et et ensuite, il remontent les Champsélysé dans ce dans le command car qui sert d'habitude pour le défilé du 14 juillet et qui avait été peint en blanc pour les couleurs de la de la papauté et et c'est voilà une photo qui est absolument extraordinaire avec derrière le l'alignement des chacaux de la garde républicaine.
Absolument voilà grand il y a une phrase dans le livre une confidence de Jean-Paul II à Valérie Cardestin. Il dit quand je fais pas deux choses à la fois je ça me fatigue. Oui.
Et et alors voyez par exemple, c'est c'est Caroline Picodzi qui qui raconte cette visite du pape Jean-Paul I en France parce que elle est une grande spécialiste des relations avec la France avec les les la papauté et et que donc elle elle a pu effectivement y apporter un regard tout à fait intéressant sur le caractère vraiment novateur et exceptionnel que revêtait cette première visite d'un pape en France depuis 1804. Et puis une autre innovation mais plus technologique, plus technique, il se trouve que c'est grâce à Valérie Saltin que tous les premiers ministres aujourd'hui au bout de 6 mois reçoivent la grande croix de de du mérite. Premier à avoir fait ça Oui, il lance de nombreuses initiatives.
Euh celle-ci est importante pour à la fois donner à l'ordre national du mérite qui est créé par le général de Gaulle pour fusionner tous les ordres civils en dehors de la Légion d'honneur et il les regroupe. Ça c'est ce que le général de Gaul fait. mon père est ailleurs son ministre des finances au moment de la création de de l'ordre national du mérite et il se dit mais finalement le le président de la République une fois élu devient grand croix de la Légion d'honneur et appliquons le même le même principe au premier ministre qui deviendront grand croix de l'ordre nationale du mérite au bout de 6 mois d'exercice et donc il remet à Jacques Cherc en décembre 74 pour la première fois les insignes de Grand Croix de l'ordre national du mérite et quelques mois plus tard né la sous au trufféich cardestin de Paul Bocus et là aussi ça a été une innovation totale.
Oui, c'est alors ce qui est très innovant c'est qu'il invite les grands chefs privés à venir à l'Élysée. En fait, sous le général de Gaulle et sous George Pompidou, il y avait un chef à l'Élysée qui s'appelait Marcel le Cerveau. En tout cas, c'est celui que j'ai connu qui était en place en 74 et en fait toute la cuisine à l'Élysée était sous la responsabilité du chef officiel et permanent. et et mon père se dit "Mais euh finalement, il faut faire venir aussi euh euh les grands chefs étoilés euh il faut les faire venir à l'Élysée." Et il saisit l'opportunité en remettant la légion d'honneur à Paul Bocus en février 75, que Paul Bokus organise lui-même le déjeuner, fasse la cuisine avec ses collègues qui étaient tous les grands chefs de l'époque et qui sont réunis autour de la table.
C'est son c'est son beau-frère Bernachon qui fait le gâteau au chocolat qui va s'appeler le président. Et Paul Bocus crée cette soupe euh qui est restée mémorable, la soupe VGE. Voilà, une soupe d'ailleurs, il y avec une croûte et Valérie Cardestin était très surpris comment est-ce qu'on mangeit de soupe.
C'est ça. [rires] Et et Bocus lui dit "Il faut casser la croûte, monsieur le président." Voilà.
Mais euh c'est surtout euh enfin voilà une façon de promouvoir la gastronomie française parmi toutes les initiatives que prend mon père. J'en citerai une autre aussi sur le plan institutionnel, c'est les questions d'actualité au gouvernement. les fameuses questions d'actualité au gouvernement maintenant que tout le monde connaît.
Bien en fait, c'est lui qui l' créé en 1974 et [grognement] et pour permettre au Parlement et à l'opposition d'interpeller le gouvernement. Il se trouve aussi que il y avait une tradition familiale, c'était le 2 février l'anniversaire au théâtre. Moi je me souviens, j'étais le 2 février, je sais plus quelle année, au théâtre des variétés pour chéri avec Michel Morgan et vous étiez dans la salle avec vos parents.
Exactement. Il il décide dès les années 60, enfin dès que nous avons l'âge permettant de les d'accompagner mes parents pour pour cette soirée d'anniversaire tous les 2 févriers, soirée en au théâtre en famille, ce qui nous a permis de voir des pièces extraordinaires. La cage au folle jouée par Poiret et Cot Oscar joué par Louis Fun et puis plus récemment et c'est la photo qui figure dans le livre c'est sur la route de Madison avec Alain Delont dans le rôle Emir Dark qui l'accompagnait à Mar avant d'entrer en scène il avait un rituel Ain de il disait je vais les bouffer ça lui donnait l'énergie de de jouer son jeu et puis il y a aussi le Tour de France il a été le seul président à remettre un maillot jaune au vainqueur du Tour de France mais l'inv ation la plus spectaculaire, c'est qu'il c'est lui qui décide que le Tour de France l'arrivée devra se faire sur les Champs-Élysées.
Et alors, on dit que c'est sur une proposition un échange qu'il avait eu avec Yve Mourzi, il faut savoir que jusqu'en 1974 inclus, l'arrivée du Tour de France se fait au Parc des Princes. [grognement] Euh oui ou à la CPAD à Vincen. Enfin, il y avait bon et donc en tout cas ça ne se terminait pas sur les Champs-Élysées et et donc il dit "Mais bon euh c'est la plus belle course de vélo du monde, il faut que l'arrivée se fasse sur la l'avenue réputé la plus belle avenue du monde et donc c'est lui qui décide que l'arrivée se fera sur les Champs-Élysées.
Et coup de chance en 1975, il est là pour remettre le maillot jaune de vainqueur et c'est un français qui gagne Bernard Tvenet. Voilà et qui qui depuis a fait une belle carrière et continue aujourd'hui à publier des livres. Il se trouve qu'ensuite il y a la campagne de 74.
En 69, il voulait pas être candidat mais je crois que la campagne de 74 son modèle c'était John Kennedy. Oui. Alors à plusieurs titres, c'est-à-dire qu'il avait rencontré il avait rencontré le président Kennedy dès 1962.
Il y a cette photo magnifique où il est dans le bureau oval de la Maison Blanche avec John Kennedy. Il est venu en tant que jeune ministre des finances générales de Ga lui remettre le remboursement anticipé de la dette française au titre du plan Marchal par anticipation. Voyez, parce que les finances publiques avaient été restaurées grâce à lui Antoine Pinet sous l'égénéral de Gaulle depuis 1959.
Et donc il est envoyé à la Maison Blanche et là il tombe sur un jeune président américain qui vient d'être d'arriver à la Maison Blanche avec deux jeunes enfants, Caroline et et John John. Et euh et donc euh et lui-même il a euh 36 ans et donc le président Kennedy euh lui donne quelques conseils et euh et notamment lui dit "Si jamais un jour vous devez faire une campagne euh faites une campagne joyeuse et gardez-en un souvenir en vous faisant filmer pendant cette campagne." Alors ça c'est le le passé mais le futur c'est la fondation Valérie Cardestin qu'il a voulu et dont vous vous occupez aujourd'hui Louis Cardestin.
Oui, il décide de son vivant de créer une fondation portant son nom pour perpétuer son héritage politique, pour permettre de de se rappeler tous ces grands moments, mais aussi de faire vivre cette pensée politique qu'il a développé et et c'est moi qui ai l'honneur de la présider depuis sa disparition et nous organisons toutes sortes d'événements, des publications dont ce livre en sont aussi une illustration de notre activité. C'est une c'est une façon de faire connaître son histoire au-delà de ce qu'on a raconté dans les journaux. Oui, parce que si vous voulez euh il a une double caractéristique.
Il a été le plus jeune président de la 5e République jusqu'à Emmanuel Macron et il a été surtout le l'ancien président de la République depuis les débuts de la République en France, depuis 1848, avoir vécu aussi longtemps, avoir vécu grâce à Dieu jusqu'à 94 ans. Et ce qui fait que évidemment toute cette période où il était en activité, cette période est maintenant ancienne, il faut être dans dans la je dirais dans dans le souvenir, dans le rappel de tout ce qu'il a pu faire et surtout de d'essayer d'en voir l'empreinte dans la société française ou dans le monde actuel. Il vous a dit un jour ne faites jamais de politique, il y a trop d'ingratitude.
Oui, c'était ça c'était son point de vue et je crois qu'il avait bien perçu les caractéristiques de cette de cette fonction. Mais en même temps, si vous voulez, aujourd'hui, quand on on voit la tenue du G7 à Évian et qu'on se dit "Mais qui a créé le G7 ?" C'est un président français dans une piscine en maillot de bain dans une piscine à la Martinique.
Il y a cette photo qui est qui est évidemment dans le livre qui est une photo extraordinaire, la photo de légende où il est c'est l'invitation qu'il a donné à à au président américain de Gérald Ford en décembre 74 de venir faire un sommet bilatéral à la Martinique, donc à proximité des États-Unis et en même temps profitant du climat plus favorable de l'île de la Martinique pour la période de fin d'année. Et ils sont tous les trois. Mon père Geral Ford et Henri Kissinger en maillot de bain dans dans la piscine avec un verre de de ponche au bord de la piscine.
Et c'est là où il décide la création de G7. Et c'est si vous voulez c'est quand même une expression forte à la fois de de l'influence de la France, de sa capacité de dialogue en direct avec les dirigeants américains et et puis peut-être aussi le en arrière-plan le souvenir de ce de cette rencontre avec le le le président Kennedy qui qui leur a inspiré. Il y a beaucoup d'autres sujets que vous vous abordez dans ce livre passionnant et passionné le logisque cardestin ça s'appelle le visionnaire chez Hérol.
Merci de l'avoir écrit, merci de l'avoir dirigé et puis continuer ainsi à défendre la mémoire d'une partie de l'histoire de France. Merci à vous Jacques P6. Merci.
Les clés d'une vie, c'est terminé pour aujourd'hui. On se retrouve bientôt.
Louis Giscard D'Estaing