Nicolas Dupont-Aignan invité de la matinale sur France Inter
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Comment vous qualifiez souverainiste à coup sûr, anti-libéral ?
- 0:51RelanceÉludée
Opposé à l'aventure du Front National mais pas à la diabolisation du FN avez-vous dit ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que cela dit selon vous ? Est-ce que ça peut présager une recomposition politique ?
- 4:18RelanceRéponse directe
Vous avez un mode d'emploi, vous, Nicolas Hupont-Aignan, pour refuser la jungle de Calais ?
- 10:35RelanceRéponse directe
Que faites-vous pour la jungle ? Une réponse, M. Nicolas Dupont-Aignan.
- 13:17OuverteRéponse partielle
Si vous n'aviez pas d'autre choix, M. Dupont-Aignan, que d'être enrôlé dans l'armée d'un pays totalitaire ou subir les tortures de l'organisation islamiste, qu'est-ce que vous feriez pour protéger de votre famille ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06Invité politiqueChiffre
« Il y a 25 millions de Français qui ne votent plus. »
- 1:26Invité politiqueChiffre
« Sarkozy, 78% des Français ne veulent pas le voir revenir. »
- 1:29Invité politiqueChiffre
« Hollande, 75% des Français ne veulent pas entendre parler d'un second mandat. »
- 1:34Invité politiqueChiffre
« Marine Le Pen, je crois que c'est 69%. »
- 3:35Invité politiqueFait
« C'est le premier gouvernement qui désindexe les pensions de retraite. »
- 13:09Invité politiqueChiffre
« Dans les quartiers de ma circonscription, banlieue parisienne, j'ai 50% des jeunes au chômage. »
- 16:06Invité politiquePromesse
« Le cumul des mandats sera interdit en 2017. »
- 20:16Invité politiqueFait
« C'est une école d'intendants. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan71 %
- Présentateur14 %
- ?6 %
- Présentateur 23 %
- Auditeur3 %
≈ 34,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le sex-neuf, Patrick Cohen
sur
France Inter. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Patrick Cohen. Député et maire d'hier dans les Sun, président de Debout la France et candidat au régional en Ile-de-France. Comment vous qualifiez souverainiste à coup sûr, anti-libéral ? Non, gaulliste. Anti
-libéral ? Non, pourquoi ça veut rien dire ? Parce que vous avez
souvent dénoncé les excès de la finance. Oui,
vous
avez pris sur vos listes Stéphanie Gibault qui est lanceuse d'alerte dans le scandale d'évasion fiscale du BS en France. Elle est votre tête de liste à Paris et donc j'essaie de vous situer
de cette façon.
Je suis un gaulliste social, j'ai travaillé avec Philippe Séguin pendant des années. J'essaie de bâtir une alternative politique aux pièges tragiques qu'on offre aux Français. Soit des gens incompétents et incapables qui nous gouvernent depuis 20 ans à tour de rôle, soit l'aventure du Front National. Voilà, donc je suis gaulliste tout simplement.
Opposé à l'aventure du Front National mais pas à la diabolisation du FN avez-vous dit ? Vous ne pensez pas, vous, que l'accès du FN aux responsabilités régionales serait une catastrophe
?
Non mais j'en ai assez, moi je ne
suis
pas là pour parler du FN, j'en ai assez qu'on piège les Français. Vous savez, il y a 25 millions de Français qui ne votent plus. 25 millions de Français qui ne votent plus, 22 millions ont la moitié des électeurs, et il
y
a au moins 4-5 millions qui ne sont même pas inscrits sur les listes. Pourquoi ? Parce qu'il n'y
a
plus de démocratie dans notre pays. Il n
'y a
plus de démocratie. Il y a trois parties qui sont rejetées par les trois quarts des Français, chacun. Sarkozy, 78% des Français ne veulent pas le voir revenir. Hollande, 75% des Français ne veulent pas entendre parler d'un second mandat. Et Marine Le Pen,
je
crois que c'est 69%.
Et
c'est trois parties, Monopolis, 95% du temps d'antenne, et les Français sont écœurés. Je voyais un débat avant hier soir, vous avez dû le voir M. Guetta, les Républicains à la primaire américaine, sur les télévisions, il y avait 10 candidats, 8 candidats. Quand M. Cameron en Angleterre débat, il y
a
un certain nombre de candidats, il n
'y a
pas cette fermeture, ce système qui étouffe les Français. Donc moi ce qui m'intéresse c'est de parler de ce que je propose.
Bon,
alors, vous proposez, d'accord, mais enfin, en même temps, on peut parler de
politique
et de recomposition. Vous avez peut-être entendu l'édito de Thomas Legrand tout à l'heure, ça bouge dans votre camp, dans votre secteur, dans votre milieu d'idées. Nadine Morano qui prend son autonomie, Philippe Devilliers qui revient, qui fait un carton en librairie. Là, vous voyez les Français dont vous parlez tout à l'heure, ils achètent le bouquin de Devilliers. Emeric Choprat qui abandonne le FN. Qu'est-ce que cela dit selon vous ? Est-ce que ça peut présager une recomposition politique ? Vous savez, de nouvelles frontières qui effacent ou qui brouillent le clivage gauche-droite
? Mais ce clivage gauche-droite, il est mort. Le
parti
socialiste et l'UMP républicain sont des astres morts. Ça fait 20 ans qu'ils se sont trompés sur tout. La crise des migrants, j'espère qu'on en parlera, parce que ça c'est fondamental. Il faut rétablir des frontières, contrôler notre pays.
Il
n
'y a
pas un pays au monde qui peut survivre s
'il
ne contrôle pas ses frontières. C'est un débat fondamental. Les républicains, le parti socialiste ont abandonné ça. Les travailleurs détachés, on voit bien le dumping social dans notre pays. La finance, vous parliez de mon combat contre les paradis fiscaux. Donc la question très simple,
c
'est est-ce que la France veut maîtriser son destin
?
C'est tout. Et sur cela, de Jean-Pierre Chevènement à Henri Guénaud, il y a la capacité à bouleverser le jeu politique. Mais pour ça, il faut que les Français
actent
une fois pour toutes, et ils vont le faire sans doute au régional, je l'espère, qu'il n'y
a
plus rien à attendre de gens qui ont démissionné, qui ont accepté la jungle de Calais, qui acceptent de baisser les retraites, parce que c'est le premier gouvernement qui désindexe les pensions de retraite, et en même temps donner des milliards à des migrants qui arrivent sur notre sol. Vous savez, on ne peut plus continuer à être gouverné par des gens qui ont trahi l'intérêt national. C'est ça dont il s'agit. Mais pour cela, il faut une alternative sérieuse. Il ne
s
'agit pas de... il faut bâtir un beau projet. Et c'est ce projet que je porte avec beaucoup d'autres. On a des listes dans toute la France, et des gens de la société civile. Moi, je crois beaucoup plus qu'on changera le pays par des gens courageux, qui dans chacun de leurs domaines ont lutté, comme Stéphanie Gibault, comme d'autres, plus que par des vieilles gloires politiques.
On
s'arrête un instant sur l'une de vos phrases. La première, ceux qui, avez-vous dit, ont accepté la jungle de Calais. Vous avez un mode d'emploi, vous, Nicolas Hupont-Aignan, pour refuser la jungle de Calais ? Oui,
bien
sûr. Vous avez une façon de...
Bien sûr, moi j'ai été
le
premier à aller à Calais. J'y étais trois fois. Oui.
Il n'y a pas beaucoup d'hommes politiques.
Non, pas beaucoup. Et s'ils y avaient été début septembre avec moi, et si vous étiez venu, M. Cohen, avec moi, vous auriez vu... Vous
avez fait une émission là-bas. La
honte de la République. Mais tout ça parce que c'est le fruit de la fausse générosité,
de
la lâcheté, justement, de l'absence de frontières. Si on avait contrôlé nos frontières, comme tous les pays qui se respectent, comme l'Angleterre d'ailleurs, qui payent le gouvernement français pour contrôler la sienne. Parce que ce qui est extraordinaire,
c'est que M. Fabius... L
'Angleterre est entourée de doses.
Oui, oui. En attendant, l'Angleterre
a payé la France pour mettre des barbelés autour du port de Calais. J'ai la photo, si vous voulez. Et M. Fabius s'indignait de la frontière hongroise, mais c'est lui qui a bâti la frontière autour du port de Calais et qui a laissé cette jungle. Elle s'appelle la jungle. Est-ce que c'est la République, ça ? Donc c'est tout. Si on ne contrôle pas nos frontières, 6 000, 10 000, 100 000, 300 000, quand l'Allemagne va commencer à fermer, ce qui est le cas aujourd'hui, eh bien, ça sera le chaos dans notre pays. Est-ce qu'on peut se permettre ça, socialement, économiquement, politiquement ? Quand
vous dites nos frontières,
ce sont les frontières de la France,
pas les frontières
de
l
'Europe de Schengen. Mais les frontières de l'Europe, elles ne sont pas
contrôlées, on le sait tous, parce que ça ne peut pas marcher. Donc
rétablissement
d'un
contrôle aux
frontières.
Mais
c'est ce
qui est en train de se produire. Simplement, c'est en train de se produire dans le désordre. Chaque pays le fait, sans cohérence. Il fallait envoyer un signal très ferme,
très
ferme au monde, en disant l'Europe n'acceptera pas, comme l'Australie, des faux réfugiés sur son sol. Le droit d'asile est complètement trahi. J'ai été en Grèce, sur l'île de l'Érose. J'ai été voir sur place. J'ai vu qu'il y avait des réfugiés. Et vous
avez vu des faux
réfugiés ? Une
minorité.
Mais nous ne sommes pas limitrophes de la Syrie. Pourquoi l'Arabie Saoudite contrôle ses frontières ? Le Qatar ? Pourquoi tous ces pays le font ? Arabie Saoudite
n'est pas limitrophes de la Syrie non plus.
Vous plaisantez ? Beaucoup plus proche. Oui,
plus proche, mais pas limitrophes.
Ça veut dire
très clairement que l'Europe a envoyé un signal dramatique. Nous avons eu des chefs d'État, des missionnaires irresponsables. Ils sont en train de nourrir un chaos. La Commission européenne
veut
accueillir 3 millions d'ici 2017. 3 millions de migrants. C'est une pure folie. C'est une prévision. C'est une pure folie politique et sociale. Alors, moi, je veux bien qu'on continue dans l'irresponsabilité totale. Il faut, d'un côté, fermer nos frontières. Il faut parallèlement changer de politique en Syrie. Il faut enfin, ce que j'ai toujours proposé depuis des années, un vrai plan Marshall vers l'Afrique. C'est-à-dire, ce n
'est
pas un milliard, ce n
'est
pas deux milliards. C'est des centaines de milliards d'euros pour développer ce continent et donner un avenir à ceux qui y vivent. Si on ne comprend pas que l'histoire est tragique,
si
on ne comprend pas qu'il faut changer de braquet, eh bien, cette classe politique sera balayée. Et je ne souhaiterais pas qu'elle soit balayée par des gens qui apportent des rejets, des haines. Je souhaite qu'on contrôle les choses, qu'on organise notre pays de manière sereine, mais ferme.
Chez vous,
il
n
'y
a pas de
rejet
et pas de haine, c'est ce qui vous différencie
du Front National.
Un mot, changer de
politique... La
migration bactérienne, je n
'ai
pas parlé de ces mots qui tuent. J'estime qu'on a le droit, quand même, dans notre pays, de vouloir savoir qui entre chez nous. J'estime qu'on n'a pas le droit de baisser les pensions de retraite pour des gens qui ont travaillé 45 ans et qui gagnent 800 euros. Et qu'en même temps, on n
'a
pas le droit de donner des milliards, comme l'a dit chez moi, vous savez, un étranger d'ailleurs, en situation régulière. Il m'a dit en France, dernière arrivée, premier servi. Voilà ce que pensent tous les Français. Et donc, il faut arrêter cela. Parce que sinon, on ne pourra pas survivre. Et là, vous pourrez pleurer sur la démocratie française.
Vous
intervenez au 01 45 24 7000. Et Gilles nous appelle de Charente-Maritime. Bonjour Gilles.
Oui, bonjour à tous. J'ai une question qui va sans doute, on n
'en
avait plus d'un, mais... Calais. Calais, tout le monde s'énerve en ce moment sur Calais, c'est d'actualité. On a 4000 personnes qui posent un sacré problème à tout le monde.
Un
TGV, on met 1000 personnes dans un TGV.
On
a fait 4 TGV, on les envoie dans le tunnel, on les envoie en Angleterre. La question est réglée, pourquoi ne le fait-on pas
?
Merci, Gilles. C'est un peu ce qu'avait suggéré, me semble-t-il, Xavier Bertrand dans son interview au journal de dimanche au mois d'août, là-dessus. Nicolas Dupont-Aignan.
Mais simplement, vous avez en Angleterre un chef d'État.
D
'ailleurs, c'est un des seuls qui a été réélu, qui est M. Cameron, qui défend son peuple. Et qui a dit à la France, nos frontières, nous, nous les contrôlons. Le problème de fond... Non, il les laisse contrôler par la France.
Non,
il a demandé à la France de les contrôler. La France les contrôle parce que la France respecte la souveraineté d'un État qui est l'Angleterre. C'est curieux de voir que la France respecte toutes les souverainetés.
D
'ailleurs, je vois l'Allemagne abaisser les normes sur le diesel quand on a découvert que ses voitures polluaient. Elle a imposé à l'Union Européenne. Mais que la France ne défend pas ses intérêts. Vous savez, moi ce que je demande juste, ce n
'est
pas de fermer la France. C'est de contrôler qui a le droit de rentrer chez nous. Et si on veut d'ailleurs sauver le droit d'asile, le vrai droit d'asile. Parce que le vrai droit d'asile, vous parliez de cette femme marocaine. Ça, c'est le vrai droit d'asile. C'est bien évidemment qu'on peut accueillir certaines personnes. Mais on ne peut pas
avoir
l'appel d'air général. C'est tout. Donc, Calais, c'est le symbole de l'inefficacité. Mais des Calais, il y
en
a partout. Vous allez en Seine-Saint-Denis sur les bords d'autoroutes. Vous allez dans mon département. Il y a des milliers de roms abandonnés au bord des autoroutes. Parce qu
'on
ne contrôle pas nos frontières. C'est l'anarchie. Et c'est quand il y
a
l'anarchie qu'il y
a
les rejets et qu'il y
a
les murs. Donc c'est tout. Une frontière, je vous renvoie à Régis Debray. Vous avez tous lu ce magnifique petit livre, Éloge de la frontière. C'est un filtre, ce n
'est
pas un mur. Et c'est quand on n'a pas de filtre qu'on a un mur. Mais ça, ça veut dire la fin de toute la théorie post-68-art. Le monde est beau, on accueille tout le monde. Ça aboutit à l'anarchie et à la jungle.
Moi,
je suis républicain. Je veux des droits et des devoirs.
Brigitte nous appelle depuis le Languedoc. Bonjour Brigitte. Bonjour. Nous vous écoutons. Je voudrais juste poser une question à votre invité politique, Nicolas Dupont-Aignan. Quand vous lui avez demandé qu'allez-vous faire pour la jungle, ce mot horrible de jungle, il n'a pas répondu. Moi, je veux fermer les frontières, on a compris, c'est son leitmotiv depuis des années. Mais ce que je voudrais savoir, c'est qu'est-ce qu'il va faire des 4 ou 6 000 personnes qui sont dans cette région.
C
'est juste ça, ma question. Enfin, une réponse. Que faites-vous pour la jungle ? Une réponse, M. Nicolas Dupont-Aignan.
Merci Brigitte. Je vais vous répondre. Vous avez raison, madame. Il y a une petite partie qui sont sans doute des réfugiés. Il
y
a l'autre partie qui doivent être expulsés et revenir dans leur pays d'origine.
C
'est clair. Et si nous n'envoyons pas ce signal au monde, l'Europe sera submergée. C'est une invasion. Et il faut un moment... Vous savez, l'histoire montre bien qu'il
y a
un moment où il faut réagir. D'ailleurs, je vois que l'Australie l'a fait. Ça a été dur. Mais là aussi, ils ont des chefs d'État. Je vois que... Pourquoi le Maroc contrôle ses frontières ? Pourquoi l'Algérie ? Pourquoi tous les pays du monde ? Encore une fois, ce n
'est
pas fermé tout. Il y en a sans doute dans les milliers de la jungle de Calais qui peuvent bénéficier du droit d'asile. Mais vous savez, quand on est dans un pays
où,
quand vous êtes débouté du droit d'asile, d'ailleurs avec un délai beaucoup trop grand, en Allemagne, c'est beaucoup plus court. Ils sont dans des centres de rétention. En France, non. On a des juges qui les libèrent tous. Il y a 96% des déboutés du droit d'asile qui restent. Mais quelle est la parole de l'État ? Quelle est la parole de la République
?
C'est l'anarchie totale. Donc, il faut bien évidemment renvoyer chez eux. Et il faut le faire savoir pour qu'on puisse comprendre que l'Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Parallèlement, il faut changer de politique en Syrie. D'urgence, abattre Dash, rétablir Assad, comme le font les Russes. Comme le fait l'Iran. Et puis, il
faut... Rétablir Assad. Les Russes font le contraire en ce
moment.
Non. Les Russes font le contraire, M.Dupoyen. Il faut d'abord
vaincre Dash. Et la politique
de M. Fabius et
de Hollande de vouloir combattre à la fois Assad et Dash est une aberration. Il faut d'abord battre Daesh, l'État islamique, et après, on s'occupera d'Assad. Mais on ne peut pas faire les deux en même temps. Et puis, il faut une vraie politique vis-à-vis de l'Afrique.
Ce
qui se passe dans la corne de l'Afrique. Est-ce qu'on va déménager les peuples ? Moi, je vous pose une question. Est-ce qu'on accepte de déménager les peuples ? Est-ce qu
'ils
sont heureux
?
Je voyais un reportage, on en a envoyé M. Cazeneuve à envoyer des gens de Calais dans un village de France. Ils sont repartis immédiatement.
Qu
'est-ce qu'ils ont à faire ? Il n
'y a
pas de boulot pour nos enfants. Dans les quartiers de ma circonscription, banlieue parisienne, j'ai 50% des jeunes au chômage. 50% ! Un sur deux. Quel avenir on leur
donne
? On a une question d
'auditeur là-dessus. Occupons-nous deux peut
-être. Damien qui nous appelle depuis les Pays de la Loire. Bonjour Damien. Oui,
bonjour M.
Cohen et M. Dupont
-Aignan.
Je voudrais vous poser une question. Si vous n'aviez pas d'autre choix, M. Dupont-Aignan, que d'être enrôlé dans l'armée d'un pays totalitaire ou subir les tortures de l'organisation islamiste, Daesh par exemple,
qu
'est-ce que vous feriez pour protéger de votre famille
?
Quelle serait votre choix
?
Mais, cher monsieur, à titre individuel, je respecte ces gens qui viennent. J'en ai vu, j'ai discuté avec eux sur l'île de l'Eros. Beaucoup de jeunes hommes qui m'ont dit « On ne veut pas aller combattre Daesh. On ne veut pas servir Assad. On fuit. » Je leur ai demandé « Mais qu'est-ce que vous allez faire ? »
On
est resté en Turquie six mois, un an, mais on peut gagner de l'argent en Allemagne. Mme Merkel a dit qu'on pouvait venir. Ils ont tous des smartphones. Donc, je veux dire par là qu'arrêter cette vision seulement misérabiliste. Il y a beaucoup de malheureux, bien sûr, mais il y a aussi énormément de jeunes hommes qui fuient ces pays pour gagner
leur vie en Europe. Pour sauver leur peau dans l'Europe. Moi, je ne suis pas
un homme d'État, cher monsieur, mais ça verra que ça fait 20 ans qu'on a des gens qui pleurnichent à la radio, à la télévision, qui ne sont pas des hommes d'État. Un homme d'État, il est chargé de prendre de bonnes décisions pour son pays.
Il
n'est pas chargé de réagir à titre individuel. J'ai autant de compassion. Il peut être animé par certaines valeurs. Oui,
des
valeurs, oui. Et vous croyez que la fausse générosité, vous croyez qu'un homme d'État ne doit pas prévoir l'avenir ? Si demain, vous avez en France une réaction politique d'une violence inouïe, si vous avez des violences dans les camps...
Vous
savez, la politique, c'est prévoir le moyen terme. Ce n
'est
pas le court terme, ce n
'est
pas le sondage, ce n
'est
pas le zapping émotionnel à la télé ou à la radio. Et c'est ça le problème de fond. Et pourquoi nos concitoyens en ont assez de la classe politique ? C'est parce qu'ils voudraient avoir en face d'eux des hommes politiques ou des femmes politiques qui décident en fonction de
l
'intérêt général à long terme. À long terme, il est suicidaire pour la France. Suicidaire compte tenu de la tension économique, sociale, politique, d'accueillir plus de migrants. J'ose le dire. Est-ce que ça fait de moi un monstre
?
Je veux rétablir la vérité du droit d'asile ? Oui, le droit d'asile doit être organisé. Mais en revanche, un nombre, un effet de seuil. Il y
a
un effet de seuil qui est franchi. La France est un pays généreux. Il n
'y a
pas un pays plus généreux que la France. On cherche à culpabiliser les Français qui n'ont jamais autant donné d'argent à des étrangers en situation régulière ou irrégulière. Il n
'y a
pas un pays plus généreux que la France. Arrêtons. Essayons de prendre un peu de mesures. Sinon, vous serez balayés tous, et nous aussi, et moi aussi, par des mouvements beaucoup plus extrémistes. Et là, je me ferai du souci pour mon pays.
Charlotte
Piret, des réseaux sociaux.
Oui, notamment des questions sur le cumul des mandats. Valérie Pécresse joue la carte du 100% Île-de-France. Quelle est votre position ?
Ma
position, c'est que le cumul des mandats sera interdit en 2017. Donc, je respecterai le cumul des mandats. Point.
Vous
savez, quand je vois des gens aux Républicains ou à gauche qui sont avocats d'affaires, je les ai vus quand je faisais mon rapport sur les paradis fiscaux, députés, avocats d'affaires, et qui viennent vous dire « Moi,
je
n
'ai
pas de cumul », ça me fait doucement rigoler. Moi, je suis maire et député, je suis très heureux de ce cumul, parce que je pense que si je pense différemment dans la vie politique française, c'est parce que je suis un maire de banlieue qui garde les pieds dans la réalité. Voilà.
Alors,
chacun son jugement.
Un
mot, des questions sur Jean-Paul Brighelli,
il
est toujours votre délégué national à
l
'instruction publique
? Oui.
Ouh là
! C
'est pas un oui franc
et massif. Jean
-Paul Brighelli dit des choses très justes sur l'éducation, sur l'instruction publique. Oui, et pas forcément très justes ou très appropriées sur Najat
Vallaud-Belkacem. Je ne
l
'aurais pas dit comme
ça, disons. Voilà. C'est une tribune qui a été jugée, enfin jugée, ouvertement sexiste, qui a été publiée sur le point.fr il
y a quelques jours. C'est dommage parce que sur
l'intérieur de cette tribune, à l'exception de l'accroche du début qui n'est pas ma tasse de thé, il posait de
vraies questions sur l'enseignement.
La ligne visible du soutif, du
rouge à
lèvres et des pendentifs aux oreilles arborés par
les ministres à l'Assemblée nationale. Attention,
parce que, encore
une fois,
je n'aime pas cette
façon, mais attention au contexte. Madame la ministre n'écoutait pas une question, comme d'habitude, elle ne répond jamais aux parlementaires aux questions d'actualité correctement, parce qu'elle n'écoute pas, elle se moque des parlementaires, et après elle répond avec des mensonges et hontés qui choquent les enseignants, sur l'enseignement du latin, de l'allemand. Maintenant, moi, je n'aurais pas écrit ça.
Aujourd
'hui, par une bande dessinée de politique-fiction intitulée La Présidente, et qui dessine, c'est le cas de le dire, le scénario d'une élection de Marine Le Pen en 2017 à l'Elysée. Scénario crédible, plausible, probable, selon vous, Nicolas Dupont
-Aigné ?
Écoutez, moi j'ai créé Debout la France parce que je veux éviter ce piège. Et je sais que le système en place n'a besoin que de Marine Le Pen
pour
survivre et chuter, en vérité.
C
'est terrible. Je pense qu'il y
a
une autre alternative possible.
et
qu'on peut changer le pays et le remettre droit en lui redonnant son indépendance et sa justice sociale sans passer par la casse Front National. C'est tout le combat que je mène avec ceux qui m'accompagnent et qui sont très courageux, parce qu'on a des lises dans toute la France. Et pour la première fois, on va pouvoir voter patriotique et républicain en même temps. Bon, ça ne répond pas à
ma question.
Non,
parce que j'en ai marre
de répondre sur le Front National. Vous savez...
Écoutez, vous n'avez pas accablé de questions sur le Front National ce matin,
mais bon... On fait du Front
National l'Alpha et l'Oméga
la vie politique... Oui, pour l'instant, il y a devant vous. Pour l'instant, mais
vous vous trompez parce que je sais que les Français attendent une autre alternative. Si les gens votent Front National, c'est parce que jusqu'à maintenant, les gaullistes ont disparu, l'UMP est devenu un avatar de centrisme, un féodé à une Europe qui ne marche pas, les socialistes ont abandonné le peuple. J'écoutais tout à l'heure, quand même, vous faites rigoler, j'écoutais tout à l'heure les billets, mais
M.
Valls avec M. Macron, c'est la politique de M. Sarkozy. La vraie gauche a été totalement oubliée. Ils ont oublié le peuple, alors ils peuvent s'allier avec les républicains dans les régions. C'est la même chose. On a parlé du clivage tout à
l
'heure. Mais oui,
mais il y a une vraie gauche, quand
même. Je ne
suis
pas du Front de Gauche, mais il y
a
au moins quand même des gens de gauche qui défendent la gauche et le peuple. Mais la gauche a oublié le peuple et la droite a oublié la nation. Et ils s'étonnent après de voir le Front National monter. Et qu
'on
restaure le peuple et la nation, et vous verrez que le Front National se dégonflera comme une baudruche.
On
marque une pause, on accueille Augustin Trapenard et on retrouve Vincent Dedienne. Il est 9h05, bonjour Augustin Trapenard. Salut Patrick. Vous avez une question pour notre invité ?
Oui, bonjour Nicolas Dubon.
Bonjour
monsieur. Je vous entendais fustiger tout à l'heure les vieilles gloires politiques, vanter les gens de la société civile. Et du coup, j'ai envie de vous entendre sur l'ENA parce que vous êtes l'ENA, qui est sans doute l'un des plus anti-systèmes des anciens élèves de l'ENA, qui est quand même l'école du système, Nicolas Dupont
-Aignan, celle qui
forme les élites, qui nous gouverne, qui nous emploie, qui sont partout. Alors l'ENA, vous le savez, c'est une école de plus en plus contestée. Elle s'apprête à être réformée. Beaucoup veulent sa peau, aujourd'hui plus que jamais. Et vous, Nicolas Dupont-Aignan, de la promotion Liberté, Égalité, Fraternité, l'ENA, vous la reniez, il faut
arrêter. Non,
je
ne la renie pas. C'est une école d'intendants. Le problème, c'est la volonté politique. Le problème, c'est qu'on a confié le pouvoir
à
des technocrates. D'ailleurs, ce
ne
sont même plus les zénards qui décident. C'est les lobbyistes de Bruxelles, les pauvres zénards qui sont obéissants servilement. Mais le problème, ce n
'est
pas l'ENA. Le problème, c'est la créasse politique française qui est devenue lâche.
C
'est tout. Alors, on peut supprimer l'ENA pour en faire un trophée. Moi, je n
'ai
jamais été heureux à l'ENA.
Non,
pas que... Ce n
'est
pas la question. La question,
c
'est
est
-ce qu'à un moment, on restaure la démocratie en France
?
Cameroun, moi, je ne suis pas pour Cameroun, mais par exemple, il va faire quand même un référendum. Nous, il y
a
eu un référendum en 2005. Ils se sont tous assis dessus. Moi, je vois vraiment le début de la crise politique française. Ses racines, ça a été 2005. Les Français ont voté non. Il y
a
eu un beau débat. On n'a rien écouté. Si on avait écouté les gens modérés du non, des gens comme moi, mais d
'autres. Il
y avait Fabius,
il
y
en
avait d'autres d'ailleurs. Chevenement et plein d'autres. Eh bien, je pense qu'on ne serait pas dans la situation politique d'aujourd'hui. Voilà, c'est tout. Alors l'ENA, c'est un épiphénomène.
Nicolas Dupont-Aignan