#LAREF26 | CONVERSATION AVEC ROLAND LESCURE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:50OuverteRéponse directe
Vous nous direz s'il vous en a fallu pour venir sur cette scène aujourd'hui ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Quels sont les deux messages que vous souhaitez adresser aux chefs d'entreprise ?
- 3:54OuverteRéponse directe
La France ne pourra plus tout financer, faut-il craindre une surtaxe exceptionnelle pour les entreprises ?
- 5:21OuverteRéponse directe
Comment concilier efforts budgétaires et soutien aux entreprises ?
- 6:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'un pacte de stabilité pour les entreprises ?
- 8:27OuverteRéponse directe
Comment convaincre les parlementaires de voter ce budget ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:17Roland LescureFait
« Bravo à Patrick Martin, bravo à ses équipes parce que on a rarement autant parler d'économie et d'entreprise. »
- 6:06Roland LescurePromesse
« Dans le cadre de la discussion de ce budget, j'ai envie de vous proposer ce que j'appellerai un pacte de stabilité. »
- 6:42Roland LescurePromesse
« On ne touchera pas au crédit impôt recherche dans le budget qu'on déposera fin septembre, début octobre. Je m'y engage. »
- 12:12Roland LescureFait
« Il va falloir faire des efforts. À chaque fois qu'il manque de l'argent, les entreprises et ben elles ont peur d'être les premières visées. »
- 12:52Roland LescureFait
« On a un gros enjeu dans la sphère sociale et vous le savez au plein cœur de l'été, j'ai mis sur la table le débat de l'indexation partielle des retraites pour un certain nombre de retraités. »
- 13:32Roland LescureFait
« Depuis 2025 le solde démographique de la France, il tient grâce à une seule chose, l'immigration. »
- 14:15Roland LescureFait
« Le système de répartition tel qu'il a été construit qui consiste à dire ceux qui travaillent payent pour ceux qui travaillent pas, bah si on a de moins en moins de gens qui travaillent et de plus en plus de gens qui ne travaillent pas parce qu'ils prennent leur retraite, on a un déséquilibre. »
- 19:44Roland LescureChiffre
« On a créé depuis 22 450 usines. Mais ce qui est intéressant, c'est que ces deux trois dernières années, l'essentiel de ces usines sont créées dans des nouvelles industries, les industries dites vertes. »
- 21:09Roland LescureChiffre
« On est deux fois moins robotisé que les Allemands, quatre fois moins robotisés que les Sud-Coréens. »
- 22:37Roland LescureChiffre
« En France, on vend plus de 30 % de véhicules électriques cette année. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Voilà, on va accueillir s'il vous plaît celui qui nous fait l'honneur d'accepter cette séquence au micro de Marie Viso du Figaro. Merci d'accueillir Roland l'Escure s'il vous plaît. Il arrive sur le central de Roland Garos.
[musique]
Roland l'escure sur le cours Philippe Chârier ministre de l'économie des finances de la souveraineté industrielle énergétique et numérique. En conversation avec Marie Biso. [musique] Hop !
[musique]
Cherie, monsieur le ministre, quel engouement ! La presse veut quelques clichés, mais dans un instant évidemment, on vous laisse débuter. C'est à vous, Marie. Merci Nicolas. Bonjour à tous monsieur le ministre. Merci d'être avec nous et avec les chefs d'entreprise aujourd'hui sur ce cours central. Euh du courage. Vous nous direz s'il vous en a fallu pour justement pour venir euh sur cette scène aujourd'hui. Vous n'avez peut-être, je ne sais pas, pas que des choses très agréables à dire aux entrepreneurs euh qui sont ici avec nous ce matin.
Si je devais moi résumer la situation euh de cette rentrée en une phrase, la France est en train de comprendre qu'elle ne pourra plus continuer comme elle l'a toujours fait sur le front des finances publiques. Ça c'est la première chose, qu'il lui faudra faire des économies. Les entreprises redoutent de payer la facture. Les Français craignent pour leur pouvoir d'achat et vous préparez un budget explosif sur le plan politique. Je pense que je pouvais pas faire pire comme panorama mais finalement ça va servir de base à notre conversation. Vous n'êtes pas dans une arène et on va discuter tout ça ensemble évidemment.
Euh mais avant ça, je voulais vous laisser peut-être un mot d'introduction qui sera peut-être pas de la même tonalité euh que le mien. Monsieur le ministre, à vous de vous adresser aux chefs d'entreprise qui sont avec nous. Bon, merci, merci de l'invitation. Merci à vous. Non, je voudrais dire deux choses avant de commencer. D'abord, franchement, sincèrement, bravo. Bravo à Patrick Martin, bravo à ses équipes parce que on a rarement autant parler d'économie et d'entreprise. Vous avez au fond fixé le ton de la rentrée politique parce que c'est une rentrée très politique. On est dans une année électorale et cette semaine, on parle d'économie, on parle d'entreprise.
C'est Bill Clinton qui disait "It's the economy stupide". Si on veut continuer à transformer la France, il faut évidemment s'appuyer sur les entrepreneurs, sur les entreprises, sur celles et ceux qui les font, les actionnaires, les dirigeants, les salariés. Et vraiment bravo pour un exercice très réussi, une rentrée des entrepreneurs de France réussis qui fait qu'on va parler d'économie et d'entreprise. La deuxième chose que je voudrais dire quand même, c'est important. Vous avez souhaité saluer les soldats du feu hier qui ont été sur le pont pendant tout l'été. Les entrepreneurs l'ont été aussi.
15000 entreprises en Géronde qui ont été évacuées, plus de 20000 entreprises au total qui ont dû faire face et derrière ça une solidérité sans faille. Vous avez sans doute tous, peut-être certains d'entre vous sont même de la région vu combien les entrepreneurs s'étaient mobilisés pour appuyer sur l'envoi de pompe, l'envoi de véhicule. Évidemment un impact économique réel sur lequel nous souhaitons continuer à être présents auprès de ceux qui ont souffert. Mais voilà, les soldats du feu ét en première ligne, ils le sont encore notamment dans les dans les tempêtes qu'on vit ces derniers jours. Les entreprises, les entrepreneurs, leur salari aussi.
Et donc pour ça aussi, merci d'avoir été sur le pont tout cet été.
[applaudissements]
Alors moi, je vais quand même rentrer dans le dans le vif du sujet de cette rentrée. Je le disais, la France est en train de prendre conscience qu'elle ne peut plus tout financer. D'ailleurs, le réveil est assez lent et difficile. Euh, vous le dites d'ailleurs vous-même, ce sont vos mots. Il va falloir faire des efforts. À chaque fois qu'il manque de l'argent, les entreprises et ben elles ont peur d'être les premières visées et on est avec elle justement ce matin. Je m'en souviens l'an dernier précisément à cette place, votre prédécesseur qui avait de bonne fois voulu rassurer l'auditoire avait dit "La la la surtaxe exceptionnelle, c'est terminée. On la suite, on la connaît.
Finalement, n'ont-ils pas raison les chefs d'entreprise ? Allez, de trembler, j'ose le dire. Non, faut pas trembler. Être préoccupé par la situation actuelle, vous l'êtes, je le suis. L'environnement mondial est extrêmement perturbé. On a un conflit euh dans le dans le golf qui se poursuit, des tensions sur les marchés obligataires et on sait bien que si on ne fait rien, pas moi qui dit c'est des économiste indépendants qu'on a missionné, l'année prochaine, on sera plutôt à 6 % de déficit public et à 7 % en 2030. Donc il faut faire des efforts.
Mais la réalité quand même, il faut le retenir, ne pas l'oublier, c'est que sans les entreprises, sans les emplois qu'elle crée, sans la richesse qui est créée, un on met à mal le modèle social français parce que avant de redistribuer la richesse et vient, il faut il faut pouvoir la créer. Et de on crée une inégalité de destin face à des efforts qu'on doit tous faire. Donc, j'ai déjà eu l'occasion cet été de mettre dans l'atmosphère, si je puis dire, des mesures qui concernent pas les entreprises mais plutôt les ménages. On a parlé de réforme structurelle quand même des franchises médicales.
J'ai parlé et ça m'a été suffisamment reproché par certains d'indexation partielle des retraites pour un certain nombre de retraités. Moi aujourd'hui, j'ai envie de vous dire deux choses. D'abord un, dans le cadre de la discussion de ce budget, j'ai envie de vous proposer ce que j'appellerai un pacte de stabilité. Ça a été dit d'ailleurs, je pense, par Patrick hier dans ces nombreuses interventions, y compris sur cette scène. Vous avez besoin de visibilité, vous avez besoin de stabilité. Cet après-midi et ça aussi c'est d'une certaine manière innovant et courageux. Vous avez décidé d'inviter un certain nombre de candidats à l'élection présidentielle. Certains vont vous promettre la Lune.
Moi, je vais rester sur terre. Mais ce que je veux, c'est que dans l'année qui vient la Terre continue à tourner, que les entreprises continuent à tourner. Qu'est-ce que ça veut dire un p de stabilité ? Ça veut dire un pact de stabilité. Typiquement, je vais donner deux exemples parce que vous savez, le budget, il est en train d'être finalisé. On le présentera fin septembre, début octobre. Le crédit imperche, ça fait partie des atouts de la France à la fois pour les entreprises françaises, les entreprises internationales, certaines sont représentées ici qui investissent en France. l'innovation, nos ingénieurs, nos chercheurs, ils sont appréciés.
On ne touchera pas au crédit impôt recherche dans le budget qu'on déposera fin septembre, début octobre. Je m'y engage. Je m'y engage.
[applaudissements]
Et et évidemment, c'est essentiel pour vous, c'est essentiel derrière pour la création de valeur, les emplois et autres. On fait pas ça pour faire plaisir au chefs d'entreprise, même si pourquoi pas, on fait ça pour faire en sorte que la France reste, ça fait quand même 7 ans qu'on l' pays le plus attractif d'Europe. Deuxème exemple, on a un enjeu majeur de relève dans les années qui viennent pour le capitalisme familial français qui est lui aussi énormément représenté. Le pacte du trail, il a été modulé l'année dernière sans doute pour des bonnes raisons. Il y avait quelques excès qu'on pouvait corriger.
Je ne souhaite pas et nous ne toucherons pas au pact du trade dans le budget que nous déposerons à la fin du mois. Je m'y engage également. Voilà, je pense que j'espère avec ces deux exemples avoir supprimé un certain nombre de tremblements, c'était votre mot dans les inquiétudes des chefs d'entreprise. Dernier point sur ce sujet, déposer un budget plus que jamais avec le parlement qu'on a aujourd'hui, c'est le début d'une conversation.
Nous allons avoir besoin ensemble de convaincre les parlementaires, certains sont dans la salle, que ces mesures sont des bonne mesures, que la visibilité, la stabilité pour l'année qui vient sont des éléments essentiels de la capacité des entreprises à continuer à investir. Donc vous êtes dans les territoires, vous avez tous des députés, vous avez tous des sénateurs. Allez les voir, convainquez-les, faites en sorte que les débats à l'Assemblée nationale soient de bonne tenue, j'espère. Et surtout puisque un certain nombre d'entre eux se voi participer à une majorité dans l'année qui vienne, dites-leur que le budget qu'on votera ensemble, il y a un d'entre eux qui va en hériter.
Et donc si on pouvait s'assurer qu'il soit correct, modulable en fonction de la campagne, ils pourront le changer mais qui soit correct. Ça veut dire quoi ? un déficit public maintenu, des impôts qui n'augmentent pas ou qui n'augmentent pas trop et des entreprises qui continuent à créer de l'emploi. Je pense qu'on en sera tous satisfaits. Ensuite, la campagne pourra avoir lieu et que le meilleur gagne. Alors, dans ce que vous venez de nous dire, monsieur le ministre, on retient donc le le Crédit impôt recherche et et le du tray. On ne parle pas de cette taxe exceptionnelle sur taxe exceptionnelle que j'ai évoqué en introduction.
Elle elle prend fin ou elle se prolonge comme on semble le comprendre ? Non mais là-dessus, moi ce enfin je l'ai déjà dit dans dans dans les médias en début de semaine, moi j'aimerais pouvoir la baisser h et donc c'est ce que je vais plaider. Euh je peux pas m'engager à des choses que je ne suis pas sûr de tenir. Donc ce à quoi je m'engage aujourd'hui, c'est de tout faire qu'on qu'on puisse au moins l'abaisser. Je comprends les critiques et là encore Patrick en a émis un certain nombre hier ou ce matin et au fond elles sont légitimes. Après, je n'oublie pas que cette sur Takiex, oui, elle touche des groupes internationaux qui sont parfois pilotés du monde entier.
Elle ne touche pas 99 % d'entre vous. Et c'est aussi une des raisons pour laquelle on a focalisé cette mesure qui est une mesure coûteuse, c'est vrai, pour les entreprises, mais qui est une mesure aussi qui nous a permis d'équilibrer le budget. Cette année, on a un budget en 2026, c'était pas gagné il y a un an. Alors cette surtaxe mais aussi la fiscalité de production hein qu'on a pas encore évoqué ce matin. Est-ce que c'est compatible avec le discours proentreprise que vous nous tenez ? Est-ce que finalement c'est pas en train de se heurter avec la réalité budgétaire ? Non, mais la réalité budgétaire, elle nous rattrape tous.
Mais quand même, parce que si je ne le fais pas, je suis pas sûr que beaucoup le feront, notamment peut-être cet après-midi, euh faut quand même pas oublier tout ce qu'on a fait depuis 10 ans, ce qu'on a fait ensemble d'ailleurs, hein, ce que nous avons fait et la manière dont vous l'avez traduit dans nos chiffres. On a jamais autant de personnes qui ont travaillé en France que cette année. Malgré une hausse du chômage que moi je pense conjoncturel mais qui est réel. Le taux d'emploi en France, il a jamais été aussi élevé. Les jeunes n'ont jamais autant travaillé en France. On a 6 millions d'apprentis ces 10 dernières années qui ont été formés. Les senior réforme des retraites. Merci.
Elle a été courageuse. On parle de courage parce qu'elle nous a coûté quand même un peu de capital politique. Il y a jamais eu autant de seniors qui travaillent en France. On a recréé des usines en France, c'était pas arrivé depuis des années. Donc oui, évidemment la réalité budgétaire nous rattrape tous et oui évidemment on a pris des mesures y compris qui vous ont affecté. N'oublions pas quand même tout ce qu'on a fait depuis 10 ans. La France elle fait face à des défis majeurs. Elle est aujourd'hui mieux armée qu'elle était à l'époque pour y faire face.
Et ceux qui nous succéderont, qui vont se succéder la tribune cet après-midi, je pense qu'ils vont avoir un peu de travail pour convaincre qu'ils peuvent faire mieux parce que franchement, on n pas tout fait bien mais je pense qu'on s'est quand même pas trop mal débrouillé pour faire de la France. Une nation attractive, une nation innovante. Nicolas Diffour qui est là, on a aidé les entreprises françaises à innover. On a 36 licornes en France, on a 20000 start-ups, on a 4500 emplois dans le secteur des technologies. On a levé plus de fonds l'année dernière. Vous savez, la France qui va dans le mur, on a levé plus de fonds pour financer nos entreprises l'année dernière qu'en Allemagne.
Voilà, je trouve que la France fait face à des défis mais qu'elle va pas si mal et qu'on n'est pas étranger à cette situation, j'allais dire vous et nous. Ça c'était pour la petite partie bilan.
[applaudissements]
Alors, je reviens quand même sur mes sur mes comptes et sur cette rentrée budgétaire pour les redresser et c'est votre intention he vous nous l'avez dit, il faudra aussi faire des économies et et les chefs d'entreprise, ils sont assez sensibles. Ça ressort dans le dans le sondage qui a été qui a été dévoyé dévoilé hier, pardon. Elles seront où concrètement ces économies ? D'abord, on va continuer euh les économies dans la ce qu'on appelle l'appareil d'État euh franchement qui s'est beaucoup beaucoup serré la ceinture ces dernières années. Quand je dis l'appareil d'État, je pense aussi aux agences, aux institutions publiques.
Là encore Nicolas Dufour qui est là, euh lui, l'ADEM et tant d'autres, on fait beaucoup d'efforts d'économie. Il va falloir continuer parce que on n pas le choix. On doit à la fois montrer l'exemple et puis c'est un impact réel. Euh on a un gros enjeu dans la sphère sociale et vous le savez au plein cœur de l'été, j'ai mis sur la table le débat de l'indexation partielle des retraites pour un certain nombre de retraités. Ça m'a été reproché l'espace d'un instant. Je vois que ces jours-ci quand même ce débat commence je dirais à prendre un peu de traction. On est bien d'accord qu'on ne pourra pas redresser les finances publiques sans toucher aux retraites ?
Bah en tout cas, j'ai entendu un ancien président de la République ce matin dire que lui-même envisageait alors je pense pas qu'il soit candidat, en tout cas pas encore, mais en tout cas qui suggérait euh de sous-indexer les retraites pendant plusieurs années. Mais pourquoi ? Pourquoi ? D'abord un, parce qu'il ne s'agit en aucun cas de baisser les retraites des retraités, de les augmenter un peu moins que l'inflation. Oui, sans doute. Mais parce qu'effectivement l'économie parfois c'est une science un peu inexacte. La démographie elle ne ment pas. Depuis 2025 le solde démographique de la France, il tient grâce à une seule chose, l'immigration.
sans immigration, la population de la France baisserait tous les jours cette année. Et donc évidemment le système de répartition tel qu'il a été construit qui consiste à dire ceux qui travaillent payent pour ceux qui travaillent pas, bah si on a de moins en moins de gens qui travaillent et de plus en plus de gens qui ne travaillent pas parce qu'ils prennent leur retraite, on a un déséquilibre. On a sous-estimé On a sous-estimé l'impact de ce vieillissement euh démographique sur le marché de l'emploi, sur les retraites, sur difficile Non, parce que parce que le livre blanc sur les retraites de Michel Recard, il date de 1990, donc ça fait 35 ans qu'on est au courant.
Mais ce qui est vrai, c'est que moi, j'ai travaillé pendant 25 ans dans le secteur privé, notamment dans l'investissement. L'enjeu majeur quand vous êtes investisseur, c'est d'allonger l'horizon de vos équipes parce qu'on a toujours tendance à se dire est-ce qu'on va gagner de l'argent la semaine prochaine ? Et ben l'enjeu majeur pour des politiques, il est aussi d'allonger l'horizon des décisions de politique publique. Alors qu'évidemment dans 6 mois, dans un an, dans 2 ans, il y a des élections qui arrivent et qu'on a toujours tendance à se demander si tout ça va nous faire passer l'hiver.
Et là encore, les réformes qu'on a mis en place sur le marché du travail, les réformes qu'on a mis en place sur les retraites, les réformes sur l'attractivité, les réformes sur la fiscalité des entreprises, franchement, je n'exclerais pas qu'à court terme nous écouter un peu politiquement, mais je suis intimement persuadé qu'elles ont fait de la France un meilleur endroit, le plus attractif de l'Europe, je le répète. Et donc le courage, c'est aussi ça, c'est d'être capable, j'espère que les candidats cet après-midi vous le montreront, de prendre des mesures certes difficiles, courageus, mais qui font qu' une fin, on y gagne tous. Donc est-ce qu'on a fait suffisamment ? Non.
On avait quand même voté, je le répète juste avant la COVID, la réforme par point. Malheureusement, la COVID est passée par là. On n'a pas pu la mener à son terme et on a mené, on a eu suffisamment de gens dans les rues pour nous le reprocher, une réforme des retraites courageuses. On l'a suspendu. Et là encore, c'était je pense une décision courageuse du Premier ministre. On sera peut-être pas d'accord là-dessus Patrick parce que c'était le prix de la stabilité politique.
Et pour être tous les jours, j'allais dire en veille sur ce qui se passe sur les marchés obligataires, j'ai bien vu quand même que la stabilité politique en France, ça avait de la valeur et que le prix à payer qui était la suspension pendant un an de la réforme des retraite, j'allais dire malheureusement ça valait le coup. Et donc je trouve que le premier ministre là-dessus, il a été courageux de la su. Aujourd'hui, on revient sur le sujet des retraites par le biais de cette désindexation, vous nous le disiez, par laquelle il faudra certainement passer. Vous nous le disiez aussi sur le fond. On entend bien ce que vous voulez faire.
Ce budget, il sera écrit par la raison économique ou par la pression électorale ? Et je pose la question de manière un peu abrupte volontairement parce que finalement avez-vous les moyens de la de la les moyens politiques d'appliquer votre ligne, celle que vous nous décrivez ? Alors, d'abord, nous on a aucune pression électorale. Le Premier ministre nous l'a dit quand il nous a nommé au gouvernement. Il a dit "Vous choisissez, c'est l'élection hein, c'est vous voulez présider ou participer de manière active à la campagne présidentielle ou vous voulez gouverner. Moi, je veux gouverner dans les 8 mois qui viennent et faire en sorte qu'on prenne les meilleures décisions possibles.
Le risque pour répondre à votre question, c'est que le débat budgétaire soit oage de la campagne présidentielle. Je le répète, il y aura qu'un élu, aucune élu dans un an, mais il ou elle va hériter du budget qu'on va discuter cet automne. Donc, j'espère qu'ils seront tous suffisamment responsables. Et là encore, c'est le sens de la lettre qu'a envoyé le premier ministre au parlementaire. Donc, j'ai bien compris qu'il y en avait qui nous censuraient, quoi qu'il arrive. Les autres, j'espère qu'ils seront dans une logique où au fond on a besoin d'un budget, ça c'est évident.
On a intérêt à ce qu'il soit voté avant la fin de l'année pour passer à autre chose et notamment la campagne présidentielle qui est un vrai débat de fond qu'on doit avoir début d'année prochaine. Et puis et puis j'allais dire chacun son job quoi. Nous, on gouverne. D'autres aspirent et c'est leur droit, j'allais dire même c'est leur devoir à gouverner la France à eux de nous convaincre. citoyens de la manière dont ils veulent le faire. Essayons de séparer au maximum l'un de l'autre de manière à ce que nous on fasse le boulot. Après, est-ce que tout ce qu'on aura dans le budget infiné, enfin au départ qu'on va déposer sera infiné ? On verra.
Mais moi, ce que je peux vous dire, c'est que je vais me battre sur les sujets que je vous ai évoqué, présenté dès le début, le CR attractivité, innovation, emploi. Le pacte du trail, notre capacité à préserver le capitalisme familial français. battons-nous pour qu'il soit totalement préservé jusqu'à la fin du budget. En tout cas, on commencera comme ça. Et si on on échoue, alors je dis on parce que si la France échoue à avoir un budget, qu'est-ce qui se passe pour le pays ? Mais on on échouera pas.
C'est c'est enfin on a déjà eu l'occasion là encore, c'est pas moi qui le dit, c'est une mission indépendante de l'Inspection générale des finances, mais Patrick l'a rappelé hier matin, la loi spéciale l'année prochaine, c'est pas une option. Hm. Je veux dire, c'est probablement 6 % de déficit infé. Voter un budget à partir du mois de juin parce que le temps qu'on ait l'élection présidentielle, l'élection législative qui suivra, ça prendra des semaines. Voter un budget en plein été alors qu'on prépare celui de 2028, ça n'a aucun sens. Nous, on prendra nos responsabilités. Et je vais vous le dire comme ça.
Si on doit tomber au passage, je pense qu'on sera prêt à le faire parce que l'essentiel aujourd'hui, c'est de doter la France d'un budget. Après euh on est tous dans une logique aujourd'hui un peu négative. Moi, je voudrais quand même redonner un peu d'espoir et nous en tout cas on souhaite dans ce budget continuer à accompagner les grands éléments de notre politique économique aussi de manière positive parce que la stabilité c'est bien si on peut aussi aider à continuer à développer. Et là j'ai j'ai deux éléments sur lequel si je vous me permettez je voudrais insister. H un l'industrie verte. On a créé des usines en France. On en détruisait dans les décennies précédentes.
On a créé depuis 22 450 usines. Mais ce qui est intéressant, c'est que ces deux trois dernières années, l'essentiel de ces usines sont créées dans des nouvelles industries, les industries dites vertes, les énergies renouvelables, les batteries, les véhicules [raclement de gorge] électriques et cetera et cetera. Et ça, on l'a fait en partie grâce à vous là encore, mais en partie parce qu'on a mis en place des politiques publiques crédit d'impôts, industrie verte qui permet de déduire ces impôts un certain nombre de frais liés à l'installation d'usine.
On va l'élargir, donc non seulement on va le prolonger, mais on va l'élargir à des nouveaux secteurs, les terres rares qui sont le cœur de la transition écologique dont on a vu, merci la Chine, qu'on pouvait se retrouver dépendant de décisions prises ailleurs. On va élargir notamment le crédit d'impôt industrie verte à quatre nouveaux secteurs dont le secteur des aimants permanents. On retrouve en France une expertise qu'on avveille à des décennies. On installe des usines dans le BARN pour faire des aiments permanents qui vont nous permettre de nourrir nos entreprises, nos véhicules électriques, nos éoliennes. Deuxième point important, la robotique, les nouvelles technologies.
On est deux fois moins robotisé que les Allemands, quatre fois moins robotisés que les Sud-Coréens. Il faut que ça change. Ce que je vous annonce aussi, c'est que dans le budget, on aura un suramortissement pour les PME, pour les entreprises de taille intermalière qui sont toutes représentées ici pour accélérer notre robotisation. Et ça évidemment ça montre un qu'on peut continuer à travailler, j'allais dire pendant les travaux la vente continue, mais de surtout qu'on a au cœur les vrais priorités d'aujourd'hui et de demain qui sont de robotiser, de moderniser, de rendre nos entreprises face au défis plus productifs, plus efficaces et une fin plus prospère.
Bon, moi je vous annoncé des mauvaises nouvelles en introduction. Voilà. Voilà, monsieur le ministre me me dément mais mais quand même alors pardon, je vous coupe euh cette réindustrialisation dont vous nous parlez, c'est c'est ces investissements nécessaires euh donc on comprend que c'est une réalité, pas un slogan économique, hein, euh cette industrie au cœur de votre politique économique. Quand même, j'ai envie de vous demander est-ce qu'il y a pas eu un moment de la une forme de naïveté ? On a parlé de la naïveté de l'Europe, de la France dans ce chamboulement de l'ordre mondial industriel. On vous l'a on vous l'a reproché ça ? Oui. Mais ça c'est terminé.
En France, on vend plus de 30 % de véhicules électriques cette année. Plus de 30 %. Quand vous regardez la Norvège qui est 90 %, c'est au moment où on a passé les 30 % qu'on a vraiment changé de monde et qu'on a accéléré. Les parts de marché des véhicules chinois en France, elles sont de 6 %. Trois fois moins qu'au Royaume-Uni.
Et c'est pas un hasard, c'est parce que il y a maintenant 3 ans, on a dit "Oui, on va aider les ménages à acheter des véhicules, mais ces véhicules électriques, ils seront faits en Europe." Le bonus de 6 7000 € aujourd'hui, si vous voulez acheter un véhicule électrique, ben si vous voulez l'avoir, il faut acheter une Renault 5, une Tesla faite en Allemagne ou une 208 faite en Espagne. Vous aviez Antonio Philosa ce matin, [raclement de gorge] moi je l'ai visité à Mulouse. À Mulouse, il relance la production de véhicule. électrique made in France. François Provau à Douet, il double les capacités de production des Renault 5.
Moi, j'ai une Renault 5, j'ai traversé la France cet été, ça se fait très bien. Il y a des bornes de recharge partout. Allez-y, acheter électrique, acheter français. Ça c'est un une stratégie industrielle qui paye. Mais de aussi, c'est montré que face à la Chine, il y a pas de fatalité. On s'est battu il y a à peu près un an pour introduire une taxe sur les petits colis. Au niveau français, ça n'a pas marché. Le mois de mars, ça a été contourné. Au niveau européen, c'est moi qui suis allé la chercher à l'automne dernier. Ça devait se mettre en place en 2028. Non, mais j'ai dit vous rêvez, on a un milliard de psicopilie qui arrivent tous les jours. Elle a été mis en place le 1er juillet.
Là encore, c'est une annonce que je vous fais. La baisse des entrées de petits colis en Europe depuis le 1er juillet, c'est entre 30 et 50 % d'obisse. Donc face à une invasion, face à un commerce qui n'est plus au sujet juste ce qu'il était, il y a pas de fatalité. Si on met en place les bonnes politiques publiques, on peut gagner. On va gagner peut-être grâce aux politiques publiques et aussi grâce à vous toutes et à vous tous. Vous l'avez dit entre de virgues, il reste 8 mois. On arrive à se projeter quand d'cun considère que cet exécutif n'est déjà plus là. Je caricature à peine. Mais oui, parce que moi j'ai rejoint cette expérience il y a 10 ans.
Pendant 25 ans avant, j'étais dans le privé et j'ai toujours considéré que quand vous avez une mission, vous la faites jusqu'au bout avec une devise très simple. Ce que je maîtrise pas, je fais avec. Ce que je maîtrise, je le fais à fond. Qu'est-ce qu'on va faire dans les mois qui viennent avec Sébastien Martin ? préférence européenne dans les achats publics européens, c'est essentiel et j'ai pas besoin d'une élection présidentielle pour le faire adopter en Europe.
On a déjà gagné la révolution culturelle, faut qu'on accélère avec notre Brégon, l'électrification des usages, les appels d'offre sur l'éolien, les appels d'offre sur le solaire, le financement du nucléaire, la négociation avec la Commission européenne pour qu'on puisse fin nos réacteurs nucléaires du demain avec Anne Leénf, la cybersécurité, on l'a vu cet été, on a un défi majeur. On va pas attendre l'année prochaine pour investir dans nos protections, les vôtres et les nôtres parce qu'il y a pas que l'État qui a été soumis à des attaques cet été. Donc évidemment qu'on va continuer, on va continuer à investir dans l'intelligence artificielle.
On va continuer à investir dans notre capacité que le président de la République tient depuis 10 ans à convaincre l'Europe que la souveraineté, c'est pas juste un mot, c'est une réalité à laquelle on doit on doit affronter. Et puis voilà, on va bosser jusqu'au bout et ensuite c'est mieux mais ce sera pas forcément facile. Il y aura une forme de bilan, on a commencé déjà à en parler et et ce soir sur cette estrade candidats à la présidentiel ne manqueront pas de d'en parler, de vous l'opposer. Alors votre camp dira évidemment que vous avez redressé le pays.
Il y a ceux qui vous donneront crédit d'avoir limité la casse et puis il y a ceux qui manqueront pas de vous rappeler que les Français sont quand même dans un état d'exaspération rare. Vous l'avez dit, il y aura beaucoup de promesses euh beaucoup de choses vont vont être dites. Est-ce qu'au fond tout le monde a le sentiment ? Tout le monde sait ce qu'il faut faire, pardon, mais personne ne veut endosser le risque politique et payer le prix politique de ce qu'il faut faire. Non, mais je permettez-moi, vous aurez juste quelques secondes pour répondre à certaines question. Quelques secondes pour répondre à cette question. Ben, oser os.
Moi, je me souviens de 2016, je veux dire un candidat qui m'a convaincu alors j'étais au bout du monde et que j'avais une situation exceptionnelle de tout lâcher pour ça. Bon, alors peut-être qu'il y en a dans la salle qui sont prêts à le faire aussi. Engagez-vous, rengagez-vous comme l'autre disait. Mais vous dites, tout le monde est convaincu de ce qu'il faut faire. J'ai quand même entendu un candidat dire qu'il fallait annuler une partie de la dette et une candidate qui dit qu'il fallait faire la retraite à 60 ans.
Moi, je suis convaincu que si on veut gagner contre des candidats populistes qui visent avant tout la colère, en partie justifiée et en partie peut-être exacerbé par un populisme qui l'est aussi, il faut redonner espoir. Il faut raconter une histoire de construction, de production, d'avenir, y compris pour nos jeunes. Je sais que c'est un sujet qui est cher à Patrick Martin. Je finis là-dessus. On crée plus d'entreprises en France qu'on en a jamais créé. Il y a quelques seniors qui les créent ces entreprises mais il y a quand même beaucoup de jeunes.
Donc il doit y avoir quand même quelques jeunes qui ont l'espoir, qui ont la foi dans ce pays et ben qui continuent parce qu'on a besoin d'eux pour les 20 ans qui viennent. Merci beaucoup Marie. Merci monsieur cher Marie. Vousz avec les choses surprises. Merci Marie. L'année prochaine. Merci infiniment. Où je serai l'année prochaine ? Ouais. On verra. Vous nous l'avez dit, vous étiez dans le privé. Peut-être dans les tribunes, on verra. Exactement. Mercio. Merci monsieur le ministre. Merci pour cette conversation toujours passionnante. Merci à vous.