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Discours / meetingDanièle Obono· 15 octobre 2026 11 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeEurope & international

👥 Introduction de Danièle Obono - Colloque « Lutter contre l'ANTISÉMITISME : une lutte ANTIRACISME »

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:09Invité politiqueFait
    « L'antisémitisme est une des formes de racisme les plus anciennes qui a conduit au 20e siècle à l'extermination de 6 millions de juifs. »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « Avec les sorts et l'expansion du capitalisme du 16e au 18e siècle. Grâce à la traite esclavagiste transatlantique et la colonisation des Amériques, de l'Afrique et de l'Asie, la race est construite comme une composante structurante du monde moderne. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Ce 21 septembre a marqué le 234e anniversaire de la proclamation de l'abolition de la royauté en France en 1792. »
  • 5:06Invité politiqueFait
    « Les populations juives occupaient une place particulière dans cet ordre social. Elles forma une communauté reconnue mais séparée leur existence dépendant de la protection du souverain. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « Il faut, dit-il, tout refuser aux juifs comme nation et tout accorder aux juifs comme individu. »
  • 6:32Invité politiqueFait
    « La l'abé Grécoire, de son côté a mené à un combat constant contre les préjugés antijuifs et plaidés pour leur pleine égalité civique. »
  • 7:15Invité politiqueFait
    « L'antisémitisme procède de cette racialisation des populations juives européennes étant en même temps que la racialisation des populations colonisées à moteur de l'homogénéalisation nationale en Europe. »

Temps de parole

  • Danièle Obono100 %

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Danièle Obono

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à l'Assemblée nationale pour ce colloque sur la lutte contre l'antisémitisme que j'ai l'honneur d'organiser avec ma collègue Gabrielle Catala. Merci d'être présent et présente aujourd'hui parmi nous et je voudrais commencer par remercier également nos équipes parlementaires qui nous ont permis d'organiser ce collocque qui ont travaillé pendant des mois et euh sans qui en tant que parlementaire nous ne serions pas en capacité de faire tout ce que nous faisons. Merci à vous toutes et tous.

Je suis Daniel Obonau, député de la France insoumise de Paris, membre de la commission des lois constitutionnelles et de l'administration générale de l'État et présidente du groupe d'études sur le racisme et les discriminations raciales et religieuses. Un groupe qui a été créé il y a plus d'un an maintenant à l'initiative de notre groupe parlementaire. Nous avons souhaité organiser ce colloque dans la continuité des travaux que nous menons depuis des années au sein de la France insoumise autour de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes.

Depuis 2022 notamment, nous avons produit plus d'une dizaine de propositions de lois et résolutions organisé des auditions, colloques, rencontres et tablees rondes, interpeller le gouvernement à travers des questions écrites ou d'actualité et même fait des signalements et déposer des plaintes sur ces problématiques auprès du parquet. Le colloque que nous organisons aujourd'hui réunit des chercheurs et chercheuses de renommée international spécialisé dans l'étude de l'antisémitisme et je souhaitais les remercier sincèrement et infiniment d'avoir accepté notre invitation.

Ces intervenants et intervenantes mettront en lumière les enjeux contemporains de l'antisémitisme, analyseront les usages politiques de la lutte contre l'antisémitisme, exploreront les liens entre antisémitisme et autres formes de racisme et discuteront des pistes pour construire une lutte contre l'antisémitisme qui réinscrivve ce combat essentiel dans le cadre d'une lutte antiraciste commune et globale. Pour nous, la lutte contre le racisme est une question centrale de notre engagement politique et de notre stratégie. Le racisme, sous toutes ses formes, sert à maintenir le statut quo, à justifier des inégalités en divisant le peuple.

Nous le combattons radicalement parce que nous plaçons la relation humaine sous l'égarité, la reconnaissance de la similitude des besoins et l'égalité des droits à les satisfaire. notre projet politique visant à unifier toutes celles et ceux qui ont intérêt à tout changer. L'antisémitisme est une des formes de racisme les plus anciennes qui a conduit au 20e siècle à l'extermination de 6 millions de juifs l'immense majorité de la population juive européenne. Ce racisme participe d'un système global de hiérarchisation, domination et organisation du monde des sociétés et des individus.

Un système aux multiples déclinaisons et spécificités selon les populations qui en sont victimes hérité de l'époque moderne et de l'histoire coloniale encré dans les structures sociales, politiques, économiques et culturelles. C'est dans l'Europe du 15e siècle que vont apparaître les prémisses de ce phénomène. Les pouvoirs catholiques qui achèvent la conquête militaire de la péninsule imérique et lancent l'inquisition vont faire subir aux populations juives et musulmanes converti au christianisme une forme de racialisation biologique. Avec les sorts et l'expansion du capitalisme du 16e au 18e siècle.

Grâce à la traite esclavagiste transatlantique et la colonisation des Amériques, de l'Afrique et de l'Asie, la race est construite comme une composante structurante du monde moderne. La racialisation va s'appliquer selon des modalités différentes, mais suivant le même processus aux populations africaines esclavisées, aux populations colonisées et aux populations juives européennes qui accèdent pourtant à ce moment-là à l'émancipation politique sur le continent. Il se trouve que cette semaine, nous célébrons justement ce moment révolutionnaire qui constitue un tournant majeur de l'histoire de notre pays et du continent.

Ce 21 septembre a marqué le 234e anniversaire de la proclamation de l'abolition de la royauté en France en 1792. Avec la Révolution française, c'est affirmé une idée radicalement nouvelle. La légitimité politique ne repose plus sur la naissance, les privilèges ou l'appartenance à un ordre particulier, mais sur l'égalité des citoyens. Les sociétés européennes de l'ancien régime n'étaient pas construites autour de l'individu citoyen mais autour de pluralité de communauté juridiquement distincte. L'inégalité était la norme. Les droits variants selon que l'on appartenait à la doublesse, aux clerger, aux corporations, aux villes ou aux différentes communautés religieuses.

La société n'était pas composée d'individus égaux devant la loi. Elle était composée de corps soumis à l'autorité divine royale et régie. Selon ses loins, les populations juives occupaient une place particulière dans cet ordre social. Elles forma une communauté reconnue mais séparée leur existence dépendant de la protection du souverain. Protection qui pouvait être retirée à tout moment. Elles ont connu des statuts spécifiques, été soumises à des impôts particuliers, exclus de nombreuses professions régulièrement expulsé de certains territoires, victimes de violence collective. Cet antijudaïsme était fondé sur des arguments religieux. dont on retrouve des formes encore aujourd'hui.

La Révolution française vient rompre avec cette organisation du monde, mais elle ne le fait pas sans débat. Entre 1789 et 1791, l'Assemblée constituante discute longuement de la citoyenneté des juifs. Ces débats révèlent deux conceptions de la nation. Pour les uns, la nation reste composée de communautés particulières auxquelles sont attachés des droits différents. Pour les autres, il ne doit exister qu'une seule qualité politique, celle du citoyen. Le 23 décembre 1789, Clermonter formule cette idée dans une intervention restée célèbre. Il faut, dit-il, tout refuser aux juifs comme nation et tout accorder aux juifs comme individu.

Il faut qu'il ne fasse dans l'État ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu'il soit individuellement citoyen. Quelques jours auparavant, Robespierre avait lui aussi défendu l'idée que les droits naturels appartiennent à tous les êtres humains, queles que soient leurs croyances. La l'abé Grécoire, de son côté a mené à un combat constant contre les préjugés antijuifs et plaidés pour leur pleine égalité civique. Ces débats aboutissent finalement au décret du 27 septembre 1791. Les juifs deviennent des citoyens français à part entière. Il s'agit là d'une conquête révolutionnaire qui ouvre également un paradoxe historique.

Car cette égalité juridique ne fait pas disparaître l'hostilité envers les juifs. Elle contribue en fait à transformer profondément ses formes. Les États nation européens qui se constituent vont définir une appartenance nationale fondée sur l'exclusion d'autres construits et donc perçus comme racialement différents. et l'antisémitisme procède de cette racialisation des populations juives européennes étant en même temps que la racialisation des populations colonisées à moteur de l'homogénéalisation nationale en Europe en excluant les juifs des communautés nationales et en les dessignant comme une menace intérieure.

Plusieurs siècles plus tard après la Seconde Guerre mondiale, la rupture introduite par la choa va devenir centrale. L'extermination des juifs demeure d'Europe produit un choc moral et politique durable dans les sociétés occidentales. L'antisémitisme qui avait été auparavant une idéologie publique assumée et structurante dans de nombreux pays devient désormais largement disqualifié. Il perd sa légitimité politique et cette disqualification se traduit par un changement important. Mais l'antisémitisme ne disparaît pas. Il cesse d'être un discours dominant et respectable et va connaître un changement dans ses formes et ses apparition.

Aujourd'hui, en France, l'antisémitisme se manifeste par des préjugés persistants qui procèdent d'une mécanique raciste commune à toutes ses formes et un nombre important d'atteintes racistes, des propos, des violences physiques, de la discrimination systémique atteintes aux droits fondamentaux des personnes juives ou perçues comme telles. Ce sera l'objet de la discussion de notre première table ronde qui faisaux de cette situation de l'antisémitisme en France.

Mais alors que les actes antisémites se maintiennent à un niveau historiquement élevé, les politiques publiques censées le combattre ont échoué, notamment selon nous parce que la lutte contre l'antisémitisme a été isolée des autres combats antiracistes, enfermé dans des lois successives à logique répressive et indisuabilisantes et désormais fait l'objet d'un cadrage qui l'instrumentalise à des fins politiciennes. Cette automisation procède d'un dénière systémique que le racisme antisémite partage avec toutes les autres formes de racisme. Elle produit une hiérarchieation qui alimente la matrice raciale, renforce les préjugés et affaiblit les solidarités.

Nous aborderons cette problématique notamment lors de la deuxème table ronde. Pour nous, l'université des droits l'universalité des droits n'est pas négociable en République. Toutes celles et ceux qui adhèrent aux principes fondamentaux liberté, égalité, fraternité sont des citoyens et des citoyennes à part entière, égals et égaux, en droit et en dignité. Et de ce principe, il faut faire une réalité. Les politiques globales et transversales doivent se coordonner avec des mesures qui tiennent compte des spécificités des différentes formes de racisme.

Lors de notre troisème table ronde, nous évoquerons des pistes de construction d'une politique antiraciste qui intègre les spécificités de l'antisémitisme au combat commun et des propositions politiques concrètes basées sur les droits humains. Le racisme sous toutes ses formes joue un rôle central dans la construction de l'hégéménie politique des classes dominantes. Il sert, je l'ai dis, à diviser le peuple, à fragmenter les classes moyennes et populaires, à isoler les fractions les plus précarisées et raccisées afin d'empêcher l'émergence d'un bloc commun.

Notre objectif est d'éradiquer cet ordre inégalitaire, social, racial qui est le moyen de pérénisation d'un système fondé sur l'exploitation de la grande majorité abassourdi dans des différences essentialisées par une petite minorité qui l'Ute. Nous n'avons rien à perdre que nos chaînes et un monde à gagner. Merci de votre présence aujourd'hui. Je crois que nous participons ainsi à construire l'unité nécessaire pour mettre à bas l'antisémitisme comme toutes les formes de racisme. Je laisse maintenant la parole aux intervenants et intervenantes de notre première table ronde.

11:10
Non speech

[applaudissements]