Macron...et maintenant ? - Reportage #cdanslair 21.06.2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ils n'ont pas réussi à lui prendre l'Elysée, mais ils l'ont empêché d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée. Les chefs d'opposition convoqués aujourd'hui par un président dans les cordes.
Bien écoutez, on vient d'avoir un échange avec le président. Et ils en profitent pour lui faire la leçon. Je l'ai fait avec franchise et en disant que sur la situation actuelle, il portait une très lourde responsabilité en ayant instrumentalisé les extrêmes. En ayant voulu nous affaiblir en faisant des débauchages. Et ça s'est traduit par un affaiblissement de la République et de la démocratie.
À droite, pas question de rouler pour la majorité, assure le patron des Républicains. Alors sur qui Emmanuel Macron peut-il bien compter ? Qui pour être son allié ? Il va falloir apprendre à négocier, prévient le chef des socialistes.
J'ai cru comprendre qu'il avait entendu le message des Français au sens où il ne pouvait plus être le président, l'omni-président, l'hyper-président. Et qu'il prenait acte de ce message. Et qu'il avait donc une autre façon de gouverner à inventer. Mais après, quelle sera sa façon d'y répondre complètement ? Ça, c'est, j'imagine, en gestation dans son cerveau.
Mais que se passe-t-il en ce moment dans la tête du président ? Celui qui avait été hérité de son surnom Jupiter dès son arrivée au pouvoir. Avec 245 députés seulement cette fois-ci, Macron est dans l'impasse. Que peut-il faire sans la majorité absolue ? À son entourage, il leur est dit...
On entre dans le bizarre.
Traduction.
Il voulait dire que se retrouver dans une situation type 4ème République, avec les institutions de la 5ème, c'est entrer dans le bizarre.
Situation inédite donc sous la 5ème République. Emmanuel Macron n'en dit pas plus mûré dans le silence, après la perte de ténor de la Macronie. Christophe Castaner, chef de groupe de la majorité. Et Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, proche parmi les proches du président. Fin de parti aussi pour certains des ministres, réunis aujourd'hui par Elisabeth Borne. Mais sans Emmanuel Macron qui consulte de son côté sa garde rapprochée, en petit comité.
Le président regrette de ne pas s'être impliqué dans la campagne ? Non, il n'a absolument pas eu ces mots-là. Ça veut dire que pour nous, majorité présidentielle, qui avons envie de faire avancer le pays, autour de l'intérêt général, il va falloir une capacité à créer du consensus.
Et il y a déjà un sujet qui fait bien consensus dans l'opposition.
Madame Borne est totalement disqualifiée. Bien sûr qu'elle doit rendre son tablier.
Si il reste, Emmanuel Macron fait le choix de l'immobilisme. On ne change rien. Elisabeth Borne, contrainte de quitter Matignon, réélu de justesse dans sa circonscription, mais toujours soutenu par le président, indique l'Elysée.
La première ministre a remis sa démission au président de la République qui l'a refusé, afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en séjour.
Derrière Elisabeth Borne, c'est toute la ligne politique du président que l'opposition compte bousculer.
Les Français doivent être entendus dans ce qu'ils ont dit et exprimés par leur vote. Et il ne peut pas continuer la politique qu'il a menée, car cette politique n'a pas recueilli la majorité absolue aux dernières élections législatives.
Le président va-t-il devoir renoncer à certaines réformes majeures, comme les retraites ? Emmanuel Macron reporte en tout cas le lancement de son Conseil national de refondation, grâce auquel il promettait d'améliorer la concertation.
Jean-Luc Mélenchon