GLUCKSMANN CONTRE MÉLENCHON : LE BARRAGE FUIT
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« Benoît Hamon en 2017, hein, il grimpe autour de 17 % après sa primaire victorieuse pour finalement finir à 6,4 % »
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« Valérie Pécresse, hein, qui monte même à 20 % après son congrès de décembre 2021 pour finir la course sous la barre fatidique des 5 % »
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« Selon Odoxa, seulement 29 % de l'électorat Glucksmann du premier tour irait voter Jean-Luc Mélenchon en cas de second tour face à Le Pen. »
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Non, mais moi je comprends plus rien. Enfin, il parle comme Macron, il pense comme Macron. D'ailleurs, tous les macronistes veulent le récupérer. Enfin, c'est quoi la différence avec ? Je vois pas. Le charisme. Ah oui. Ah oui, tu l'as. Hein.
Bonjour et bienvenue dans le récap. Nous sommes le jeudi 15 octobre et c'est le grand jour. Raphaël Glucksmann a lancé sa campagne. Et pour cette grande aventure à la conquête de la gauche, il a choisi un premier rendez-vous médiatique qui en dit long sur ses ambitions. Une interview dans Le Point. Bah oui, l'hebdomadaire de droite. On pouvait pas rêver meilleur symbole pour rassembler son camp. Après tout, pourquoi commencer par convaincre la gauche quand on peut directement aller faire les yeux doux à la droite. Et évidemment, impossible pour Raphaël Glucksmann de faire trois phrases sans revenir à son obsession favorite. Chassez le naturel, il revient au galop.
Alors, petit point sondage avant toute chose, hein, qui crédite Raphaël Glucksmann de 16 % des intentions de vote à quelques points seulement de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques jours. De quoi évidemment donner des ailes à celui qui rêve de devenir le champion d'une gauche bien propre sur elle, compatible avec donc les éditorialistes du Point et surtout débarrassée des insoumis. Mais entre les sondages plutôt flatteurs et une véritable dynamique politique, il y a parfois tout un monde. Alors, Glucksmann a-t-il trouvé la recette miracle pour faire la gauche sans la gauche qui le ? Ou est-ce juste une bulle médiatique qui risque d'éclater dès que la campagne entrera dans le ? C'est ce qu'on va voir aujourd'hui.
Et avant de continuer cette chronique, je vous rappelle que Le Média doit impérativement réunir 10000 donateurs mensuels pour pouvoir tenir et continuer à vous informer. C'est très urgent. C'est à partir, je vous le rappelle, de 3 euros par mois, c'est vous qui choisissez le montant de votre contribution selon vos moyens et c'est évidemment déductible des impôts. Toutes les infos sont sur capsurdicap.lemediatv.fr. Je le répète, c'est très important. Et je profite aussi de cette pastille pour vous rappeler que plus de 6000 mineurs ont été interpellés dans le cadre du mouvement lycéen. Près de 1500 d'entre elles et eux sont poursuivis en justice. Face à cette répression sans précédent, le média a lancé une pétition pour exiger une loi d'amnistie. Artistes, personnalités et organisations se
mobilisent déjà. Alors vous aussi, signez-la, faites-la circuler autour de vous. Cette pétition, c'est sur amnistie-lyceens.fr. Et voilà, fin de la réclame, on retourne au récap. Alors une campagne présidentielle, c'est plutôt un marathon, hein, pas un sprint. Et l'histoire politique est pleine de candidats qui se voyaient déjà à l'Élysée avant de finir dans le décor. Alain Juppé, grand favori de la droite avant la primaire de 2016, a finalement été éliminé par François Fillon. Éric Zemmour, propulsé dans les sondages jusqu'à faire miroiter le second tour en 2022, est rapidement rentré dans le rang des candidats anecdotiques. Alors Raphaël Glucksmann est-il en train de bâtir une véritable dynamique politique ou simplement de surfer sur un emballement médiatique qui pourrait, lui
aussi, retomber comme un ? Les sondages ont évidemment leurs petits travers, hein, on le sait bien, et notamment celui de transformer une dynamique passagère en prophétie auto-réalisatrice. Et oui, parce que le timing compte énormément. Prenez Glucksmann. Pendant des semaines, on nous l'a vendu comme le grand favori de la primaire PS Place publique. Et comme les médias, ben ils adorent les favoris, il a eu le droit à sa tournée des plateaux, ses interviews, sa dose quotidienne de commentaires sur son irrésistible ascension. Le mécanisme est assez pratique, vous en conviendrez. On vous annonce en tête, donc on vous invite partout. on vous invite partout, donc vous gagnez en visibilité et cette visibilité finit par nourrir les sondages qui justifient qu'on vous
invite partout, vous avez compris. La machine médiatique se met à pédaler toute seule. Reste à savoir si Glucksmann bénéficie d'une véritable adhésion ou s'il est le produit de cette bulle médiatico-sondagière qui s'emballe. Parce que le rêve de Raphaël Glucksmann, c'était de faire un parti comme avait fait Macron. Hmm. Place publique. S'il avait réussi, il aurait pas il serait pas venu dans les primaires, il aurait fait sa campagne. Il rate. Il stagne dans les sondages malgré c'est c'est c'est son omniprésence dans tous les médias. Sauf chez nous, il veut pas venir. une omniprésence. Alors le phénomène de bulle est évidemment pas à exclure hein dans l'histoire politique récente de la présidentielle, c'est même plutôt courant. Rappelez-vous par exemple de
Benoît Hamon en 2017, hein, il grimpe autour de 17 % après sa primaire victorieuse pour finalement finir à 6,4 % On peut évidemment aussi citer Valérie Pécresse, hein, qui monte même à 20 % après son congrès de décembre 2021 pour finir la course sous la barre fatidique des 5 % avec un score si faible qu'il a fallu lancer une cagnotte pour rembourser sa campagne.
Je vous appelle au sursaut. Ça a mal vieilli, ? Mais enfin, revenons à Raphaël Glucksmann. Parce qu'au-delà des sondages qui le voient déjà jouer dans la cour des grands, le lancement de campagne est un peu moins flamboyant depuis son investiture dimanche dernier. Alors il y a bien sûr eu l'épisode de la farine, hein, qui est venu gâcher sa petite fête de célébration, mais surtout, le candidat peine à ramener autour de lui des figures de la social-démocratie que notre bienveillance nous empêche de qualifier de gauchemols. Dès lundi, première tuile pour Glucksmann, Alexandre Wiziol, sénateur socialiste et responsable de la communication de sa campagne, annonce en grande pompe le lancement d'un mouvement
de jeunesse commun aux socialistes et à Place publique, les nouveaux amis de la politique. Sur le papier, l'idée est plutôt simple, on rassemble les jeunes derrière le candidat. Les jeunes des socialistes, les jeunes socialistes de mon courant, du courant des autres, bon bref, ils sont en train tout est dans la marmite et je pense en effet que dans les prochaines semaines vous aurez un lancement en bonne et due forme d'un mouvement de jeunesse rattaché à Raphaël Glucksmann. Un beau projet, hein, on en conviendra pour tenter de récupérer un électorat jeune qui penche largement, on le sait, du côté de Jean-Luc Mélenchon. Sur le papier, tout va bien. Sauf qu'il y a un léger détail. Les socialistes n'étaient même pas au courant et ils l'ont fait savoir à deux
reprises, notamment auprès de notre collègue Hugo Operchouard. Et ce n'est pas vraiment un hasard, si vous voulez mon avis. Glucksmann semble avoir un petit problème avec les jeunes socialistes, hein, dont l'orientation est plutôt marquée à gauche du parti, justement. La preuve, bah, c'est qu'il est le seul candidat de la primaire, un des cinq, qui a refusé tout bonnement de les rencontrer. Et ce n'est pas le seul accrochage de la semaine entre le PS et Place publique. À l'Assemblée, pendant les débats budgétaires en cours, les socialistes ont déposé une motion de rejet soutenue par tous les groupes de gauche. Enfin tous, pas vraiment, justement. Un député Place publique résiste, il s'agit de Sacha Houlié, l'ancien macroniste, qui a refusé de voter la motion au motif que le rôle de
l'Assemblée est d'examiner le budget, aussi mauvais soit-il. Quand je vous disais qu'on en attendait pas moins d'un ancien macroniste. Alors, je vous raconte pas l'ambiance dans la villa, évidemment, alors que les deux députés Place publique, on le rappelle, siègent dans le groupe PS. Une nouvelle fois, les socialistes sont montés au créneau. Nous ne comprenons pas que Sacha Houlié, porte-parole de Place publique, ne l'ait pas voté. Notre place est dans l'opposition à ce budget et au gouvernement pour porter une politique de gauche. Bon, vous l'avez compris, Glucksmann n'est pas exactement en train de se faire que des amis chez les socialistes et c'est peut-être un petit problème hein, parce qu'il a beau avoir remporté la primaire, euh il y a un détail qu'il
faudrait pas oublier, le chéquier est au nom du PS. Voilà. Or, une campagne présidentielle, quand on espère dépasser les 5 % ça coûte, à la louche, entre 12 et disons 16 millions d'euros. Et Place publique, avec ses petits bras financiers, est loin de pouvoir aligner une telle somme sans les socialistes. Bon, heureusement pour Glucksmann, hein, s'il se met à dos une partie des socialistes, il a trouvé du réconfort ailleurs. Sa désignation lui vaut une pluie de compliments venus de la droite et du centre et ses appels du pied aux macronistes semblent avoir été reçus cinq sur cinq, hein, par plusieurs cadres du camp présidentiel. Nous avons d'ailleurs proposé une méthode pour faire converger les les
candidatures de l'espace central, de l'espace démocrate, la primaire et je pense que Donc vous défendez une ? Bien sûr, nous nous la défendons. François Bayrou l'a proposé, il est encore temps de de passer par là pour que cette primaire, Jean-Noël ? Est-ce que Raphaël Glucksmann, qui vient d'être désigné candidat, il vous le mettez dans cette grande ? La grande primaire, elle est très ouverte. Elle vise à permettre à ceux qui refusent le double poison, si je puis dire, de l'extrême droite et de l'extrême gauche, de se rassembler vous mettez Raphaël Glucksmann dans cette grande ? Et et il elle est ouverte jusqu'à Raphaël Glucksmann, bien évidemment. On en parlait la semaine dernière dans cette chronique, Gabriel Attal a déjà tendu la main très officiellement à
Raphaël Glucksmann dans une interview au Parisien. Ce dernier avait décliné en jouant un peu les gauchistes comme ça. Mais Gaby n'est visiblement pas du genre à se laisser décourager par un premier atout. Moi d'abord, quand il y a des candidats dans le camp démocrate et des candidats de gauche qui assument désormais la rupture avec la France insoumise, je peux que m'en réjouir. Je l'ai dit, je plaide pour une coalition qui aille des électeurs sociaux-démocrates jusqu'aux électeurs de la droite républicaine. Mais alors, s'ils sont si différents, pourquoi les macronistes s'évertuent-ils à vouloir récupérer le patron de Place ? Eh bien, à gauche, beaucoup voient Glucksmann en un Macron 2.0, comme on l'appelle souvent ici. Son absence des mobilisations sociales, son entourage
truffé de macronistes, son atlantisme et plus généralement ses prises de position politique, hein. Bon bah, tout ça, ça fait quand même que Raphaël Glucksmann coche décidément beaucoup de cases pour un candidat censé incarner une alternative à Macron. À ce stade, on se demande un peu ce qui le sépare vraiment de Gabriel Attal et Édouard Philippe, si ce n'est l'étiquette politique. Parce que face à Sandrine Rousseau, Fabien Roussel ou Jean-Luc Mélenchon, le décalage politique est tout de même assez saisissant, hein. D'ailleurs, pour la patronne du groupe insoumis à l'Assemblée, Mathilde Panot, cette candidature est simplement une nouvelle offre macroniste. Nos adversaires sont la Macronie et l'extrême droite, et nous comptons bien l'emporter. Et Raphaël ? Oui, et chacun et chacune
Raphaël Glucksmann n'est pas un adversaire. Bah, je félicite la Macronie d'avoir un troisième candidat, mais ce n'est c'est pas notre sujet. Et pendant que Glucksmann tente de s'imposer comme le candidat naturel de la gauche pro-sur elle, hein, une partie de cette même gauche, bah elle prend quand même ses distances. Près de 1500 militants d'Alternative communiste ont annoncé leur ralliement à la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Parmi eux, le maire de Gennevilliers, Patrice Leclerc, ou encore la députée Elsa Faucillon. Au PS, pas encore de grands départs fracassants chez les cadres, en tout cas, mais les militants sont pas toujours ravis à l'idée de faire campagne pour Glucksmann, et certains passent déjà à l'étape suivante, hein. Sur les réseaux sociaux, Arsène Dehecq, le responsable
de la section PS de Cognac, a carrément lancé une pétition appelant à sceller l'union entre les écolos, les insoumis et les socialistes de rupture. Alors finalement, quoi conclure de tout ? Et ben peut-être que les unionistes radicaux pourraient nous argumenter qu'en attirant une partie de l'électorat macroniste sur sa gauche, Raphaël Glucksmann pourrait élargir le bloc et lui apporter une réserve de voix pour le second tour. Sur le papier, admettons. Mais encore faut-il que sa campagne ne se résume pas seulement à taper sur les insoumis, hein, parce qu'à force de faire de Mélenchon l'ennemi à abattre, ben Glucksmann, il risque surtout de contribuer à sa diabolisation et derrière, évidemment, de participer à cette drôle d'inversion des valeurs où le candidat de gauche
devient l'infrequentable, tandis que l'extrême droite peut tranquillement prospérer et se présenter comme un choix républicain parmi d'autres. Le fameux barrage républicain qui finit par ouvrir les vannes à ceux qu'il prétend combattre. D'ailleurs, il y a quelque chose d'intéressant à regarder dans les derniers sondages sur Glucksmann, hein, plus intéressant que sa potentielle dynamique ou non, eh bien, c'est le comportement de son électorat, notamment en ce qui concerne le report de voix. Selon Odoxa, seulement 29 % de l'électorat Glucksmann du premier tour irait voter Jean-Luc Mélenchon en cas de second tour face à Le Pen. À titre comparatif, en 2022, 42 % des électeurs de ce même Jean-Luc Mélenchon avaient voté pour Emmanuel Macron au second tour pour faire, évidemment,
barrage à l'extrême droite. Ça en dit quand même long. Alors oui, la question n'est pas seulement de savoir si Glucksmann est un droitard déguisé en candidat de gauche, on a un peu notre idée, mais c'est aussi de savoir ce que produit sa campagne sur la gauche. À force de diaboliser les insoumis, de les présenter comme une menace aussi infréquentable que l'extrême droite dans son discours, eh bien, il contribue évidemment à brouiller les lignes et à fragiliser le barrage républicain. Voilà le paradoxe de cette gauche qui distribue les brevets de respectabilité à l'appel, à force de vouloir exclure une partie de la gauche du champ républicain, et bien il finit simplement par fragiliser le front contre l'extrême droite. La gauche républicaine ne se décrète évidemment pas dans les éditos
du Point, elle se mesure notamment à sa capacité concrète à empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir et à force de vouloir une gauche fréquentable pour la droite, Glucksmann risque surtout de rendre l'extrême droite fréquentable pour tout le monde. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire ou par email. Si vous voulez nous aider à faire durer l'aventure du média, un seul rendez-vous, cap sur 10k.lemediatv.fr pour devenir un de nos 10000 donateurs mensuels et nous sauver la vie. Et puis si vous aimez le récap, ben moi je vous attends pour discuter ensemble sur le canal Instagram dédié à l'émission. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'info YouTube. Un grand merci à vous et
une très bonne soirée sur le média.
Raphaël Glucksmann