Nous devons avoir recours au localisme ! - Julie Rechagneux (Frontières)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez une petite réaction face à cette belle une qui est sortie la semaine dernière ?
- 2:18OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous, vous faites un traitement différencié en fonction des syndicats ?
- 3:12OuverteÉludée
Est-ce qu'il y a des aspects positifs quand même au Mercosur, selon vous ?
- 4:11OuverteRéponse partielle
L'agriculture française est-elle isolée par rapport aux autres agricultures en Europe ?
- 6:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui peut être encore aggravé par l'entrée de l'Ukraine dans l'UE ?
- 7:50OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a vraiment cette discussion aussi autour de cette santé publique qui est menacée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:27InvitéFait
« Il n'y a aucun aspect positif au Mercosur, en tout cas pour la France. »
- 4:19InvitéFait
« On a un cas spécifique français puisque l'agriculture française, c'est plusieurs petites exploitations qui essayent de s'en sortir. »
- 6:40InvitéFait
« Pour aider économiquement l'Ukraine, l'Union européenne a aboli les taxes douanières sur des produits ukrainiens. »
- 15:47PrésentateurChiffre
« 2,5 millions d'agriculteurs en 1955. Aujourd'hui, on est à 496 000 selon le recensement agricole de 2020. »
- 17:00InvitéChiffre
« C'est deux par jour, suicides d'agriculteurs ou de professions qui sont plus ou moins en rapport avec l'agriculture. »
Temps de parole
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Julie Rochagnou, bonjour. Vous êtes députée européenne et porte-parole du Rassemblement National. Vous êtes aussi conseillère municipale de Lormont. Merci d'être avec nous dans cette matinale. Je rappelle, j'en profite, puisque vous êtes la porte-parole du Rassemblement National, j'en profite pour montrer ce nouveau magazine qui est sorti la semaine dernière en kiosque. On en est vraiment très très contents. Dedans, vous pouvez retrouver différentes personnalités de droite. Marine Le Pen, Jordan Bardella qui sont évidemment en une. François-Xavier Bellamy, Marion Maréchal, Éric Ciotti, Sarah Knafo, Éric Zemmour et énormément d'entretiens et de portraits. Tout d'abord, première question.
Est-ce que vous avez une petite réaction face à cette belle une qui est sortie la semaine dernière ?
Oui, effectivement. C'est une une qui est assez représentative de la relation qu'ont Jordan et Marine. Et je vous remercie d'avoir mis ça en avant, puisqu'aujourd'hui, beaucoup de médias tentent d'instrumentaliser ce qui peut se passer, les choses qui peuvent se dire et faire croire aux Français que Jordan Bardella aurait une ambition qui n'est pas celle qui le dit. C'est évidemment absolument faux. Il y a une confiance totale entre eux. On le sait, on le voit, on les connaît. Et c'est d'ailleurs notre plus grande force. Donc merci à vous d'avoir mis ça en avant.
Exactement. C'est un retour qu'on a énormément justement pour remettre un petit peu les pendules à l'heure, parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a le procès qui est en cours. Mais en fait, il ne faut pas tout de suite abattre les cartes avant même d'avoir eu les conclusions de ce procès. Et on y reviendra de toute manière en suite toute cette affaire avec Frontières. Je vous invite d'ailleurs à vous rendre sur le site frontièresmedia.fr pour suivre tout ça. On va passer à un autre événement extrêmement majeur et qui était déjà arrivé l'année dernière. C'est la crise agricole. On va écouter un premier son justement.
Donc notre équipe était à Agen en fin de semaine dernière pour être au plus proche de la révolte paysanne. Nous avons interrogé Karine Duc, coprésidente de la coordination rurale. Et vous allez l'entendre, elle met en garde Michel Barnier.
C'est très bien qu'on est capable de tout et partout. Et qu'on le tient et qu'on le surveille de très très près. De toute façon, les mobilisations continuent un petit peu partout en France. Et écoutez, ce n'est que finalement la continuité du mouvement. Et on reste déterminé à aller jusqu'au bout des mobilisations, jusqu'au bout des sujets.
Bonjour Julie Rejagneux. Justement, j'aimerais réagir à ce mouvement qui est effectivement porté par des syndicats. Est-ce que vous, vous faites un traitement différencié en fonction des syndicats ? Est-ce qu'effectivement, on voit beaucoup que la coordination rurale est très active. Est-ce que pour vous, tous les syndicats défendent les intérêts de ces agriculteurs ?
Alors, les syndicats défendent les intérêts qu'ils croient être les leurs. Donc, je n'ai pas tellement d'opinion sur ça. Mais il est vrai que la coordination rurale a été un peu en tête des manifestations qui ont été organisées l'année dernière. C'est eux qui ont mis en avant et sur la table les vrais sujets, qui sont des sujets qui, parfois, étaient un peu tabous. C'est par exemple la FNSEA, qui est le syndicat agricole majoritaire, sur notamment le libre-échange, sur le fait que notre modèle aujourd'hui économique est ouvert au cas de vent, et que nos agriculteurs ne peuvent pas surmonter ça.
Et donc, la coordination rurale a eu un impact assez fort, je crois, puisqu'elle a su mettre sur la table ce débat-là.
Si on prend un petit peu de hauteur sur, évidemment, en l'âme de fond, c'est la question du Mercosur, que vous avez récemment encore dénoncé. Je voulais savoir aussi, si on prend un peu le contre-pied, est-ce qu'il y a des aspects positifs quand même au Mercosur, selon vous ?
Il n'y a aucun aspect positif au Mercosur, en tout cas pour la France. Le Mercosur, c'est un traité qui est en négociation depuis plusieurs années. C'est un traité qui était surnommé « des vaches contre des voitures ». Puisqu'en réalité, si la France aujourd'hui est une des victimes du Mercosur, c'est pour que l'Allemagne et l'Italie, donc les grands pays qui restent encore avec une industrie forte, notamment sur l'automobile, puissent exporter leurs voitures en Amérique du Sud. Et la contrepartie, c'est que des centaines de milliers de tonnes de produits agricoles vont inonder le marché français et le marché européen.
Et on sait à quel point nos agriculteurs aujourd'hui sont en très grande difficulté, notamment sur l'élevage, donc l'élevage bovin, l'élevage de volailles, l'élevage porcins. Et donc, ce seront les premières victimes de cet accord qui est absolument néfaste.
Mais alors pour vous, l'agriculture française, si je comprends bien, elle est isolée par rapport aux autres agricultures en Europe ? Ou est-ce qu'on a un cas spécifique français ?
On a un cas spécifique français puisque l'agriculture française, c'est plusieurs petites exploitations qui essayent de s'en sortir. Et on n'a pas un peu toutes ces grandes exploitations qu'on voit dans le monde entier. Par exemple, en Amérique du Sud, c'est des exploitations qui sont absolument immenses. En France, ce n'est pas notre modèle. Et c'est d'ailleurs un modèle que nous, on souhaite défendre. C'est un modèle avec des agriculteurs qui ont des plus petites exploitations, qui sont très très proches de leur exploitation. Donc évidemment qu'il y a une particularité française. Et il faut aussi dire que l'agriculture française, elle est particulièrement vertueuse.
Que les produits français, ils sont reconnus dans le monde entier. Les agriculteurs font tout pour garantir le bien-être animal, pour éviter de polluer leur sol, puisque c'est leur outil de travail. Puisqu'ils aiment leur province, leur terroir. Puisque souvent, les agriculteurs, ce sont des gens qui sont agriculteurs depuis des générations. Donc ils n'ont aucun intérêt à abîmer leur outil agricole. Donc évidemment qu'il y a une spécificité française.
Il y a une personne dont on a entendu le nom. C'était justement Arnaud Rousseau, qui est un industriel. Justement, c'était Serge Boussacassane qui en parlait et qui voulait l'empêcher de sortir justement de cette industrie dans le Lot-et-Garonne. Est-ce que vous pouvez justement nous rappeler qui c'est et justement nous montrer un petit peu toutes ces divergences, même dans le milieu, au sein du milieu agricole ? Puisqu'on a tendance, quand on est un peu loin de tout ça, à ne pas forcément comprendre, à s'imaginer qu'ils sont tous ensemble réunis, même s'ils n'ont pas forcément le même syndicat. Pour autant, il y a de nombreuses divergences.
Bien sûr, il n'y a pas une agriculture en France, même s'il y a une festivité agricole française. Il y a des agricultures. Et Arnaud Rousseau, il représente un peu l'agriculture de masse. C'est-à-dire qu'il a la tête d'un groupe qui s'appelle le groupe Avril. Et la coordination orale, Serge Boussacassane, a mis en avant que le groupe Avril importait notamment des céréales ukrainiennes. Donc on voit bien que certains agriculteurs jouent un peu contre leur propre camp. Et donc la coordination orale a raison de dénoncer, en fait, le manque de représentativité de Arnaud Rousseau, qui aujourd'hui est la tête de la FNSEA. Mais la FNSEA, en réalité, a souvent trahi les intérêts des agriculteurs.
Donc heureusement qu'il y a d'autres syndicats qui, eux, ne le font pas.
C'est intéressant que vous souleviez la question ukrainienne parce qu'on l'entend beaucoup dans les revendications, notamment sur l'action du poulet. Qu'est-ce qui peut être encore... C'est-à-dire qu'en fait, concrètement, vous vous opposez, par exemple, à l'entrée dans l'Union européenne de l'Ukraine, qui pourrait, même si on a déjà des accords de libre-échange, pourrait aggraver, selon vous, la question agricole ?
Exactement. En fait, lorsque la guerre en Ukraine a commencé, pour aider économiquement l'Ukraine, l'Union européenne a aboli les taxes douanières sur des produits ukrainiens. Et donc la volaille, le blé ukrainien ont envahi le marché européen. Et il me semble qu'au mois de mars, les États se sont accordés pour remettre un peu des limites sur certains produits agricoles, mais pas sur le blé. Et on voit les conséquences que ça a eues sur la filière en France.
Et concrètement, si demain, l'Ukraine intègre l'Union européenne, elle deviendra, par rapport à sa taille et par rapport à la taille de ses exploitations agricoles, puisque la PAC est aujourd'hui calculée sur les surfaces agricoles des exploitations, elle deviendra la première bénéficiaire de la politique agricole commune en Europe. Et qui paiera, du coup, cette augmentation de fonds, qui sera évidemment logique et qui sera un corollaire évident ? C'est la France, puisque aujourd'hui, la France et l'Allemagne, ce sont les seuls pays qui sont contributeurs nets à l'Union européenne. Donc on voit que la contribution française à l'Union européenne a déjà augmenté.
Demain, ce sera pire si l'Ukraine intègre l'Union européenne. Mais on voit bien, en réalité, que la suppression des taxes douanières qui a été faite lors de la guerre en Ukraine, c'est un peu pour préparer, au final, les agriculteurs, pour dire, regardez, voilà, les produits vont envahir les marchés européens, mais ce sera demain ce qui se passera.
Aujourd'hui, il y a un sujet qui est extrêmement lié, et finalement, est étroitement lié au sujet de cette crise agricole. C'est un problème de santé publique aussi, puisqu'on a vraiment ce problème des pesticides qui sont, dans certains pays, autorisés et donc importés en France. Et en France, interdit d'être produit, en tout cas de produire de l'alimentation, notamment, ça touche aussi les betteraves. Est-ce qu'on a vraiment cette discussion aussi, justement, autour de cette santé publique qui est menacée ? Est-ce qu'on y pense ? Est-ce qu'on en parle ?
Exactement. On commence à en parler. Les agriculteurs ont dit, déjà, il y a plusieurs années, que lorsqu'on interdisait certains pesticides et certains herbicides, il fallait qu'il y ait une réciprocité, parce qu'aujourd'hui, vous le savez, on est sur un marché ouvert. Donc, nous importons beaucoup de produits de consommation, et les pays étrangers utilisent ces pesticides.
C'est d'ailleurs une des revendications des agriculteurs, c'est que les pesticides qui sont autorisés dans les autres pays de l'Union européenne devraient être aussi autorisées en France, puisque c'est même Annie Gennevard, la nouvelle ministre de l'Agriculture, qui l'a dit, on ne peut pas considérer que les autres pays européens mettent en danger la santé de leurs habitants. On le voit, une des revendications principales des agriculteurs aussi en ce moment, c'est sur l'acétamipride, qui est utilisé sur les noisettes et sur les betteraves à sucre. C'est un pesticide qui est interdit en France depuis 2016, et qui sera interdit dans l'Union européenne qu'en 2035.
Donc, on voit bien, avec cette surtransposition, qu'on se met des barrières nous-mêmes, et que c'est impossible pour les agriculteurs de les surmonter, puisqu'on est dans un marché ouvert.
J'ai envie d'être un peu provoquant, mais j'ai envie de vous dire, qu'est-ce que vous pouvez faire de plus aujourd'hui ? C'est-à-dire qu'on a déjà eu cette révolte l'année dernière, on sent que là, ça gronde, ça commence à monter, mais on a l'impression qu'en fait, ça va refaire pchit. C'est-à-dire que je pense que les agriculteurs se sentent dépossédés, on a l'impression qu'il n'y a pas de prise politique. Qu'est-ce que le RN, concrètement, peut faire aujourd'hui ?
Alors nous, on a des mesures concrètes, notamment sur le fait d'imposer aux industriels agroalimentaires d'utiliser plus de produits français, et surtout d'arrêter de mettre en concurrence les produits français avec les pays étrangers, puisque aujourd'hui, vous le savez, la traçabilité, elle est nulle, elle est interdite par l'Union européenne. Aujourd'hui, quand on achète un plat préparé, on ne sait pas d'où viennent les ingrédients du plat préparé. Aujourd'hui, l'étiquetage, il est uniquement sur des produits bruts, sur la farine, par exemple. D'ailleurs, on ne voit pas tellement l'intérêt, même si ça doit être conservé.
L'étiquetage, il devrait surtout être sur les produits qui sont apportés. Donc ça, c'est absolument essentiel, puisqu'on sait que la plupart des agriculteurs, même si certains vendent en vente directe ou vendent sur les marchés, c'est évidemment l'agroalimentaire qui, un peu, les aide à survivre. Donc il faut que l'agroalimentaire joue le jeu. On voit que les grandes surfaces commencent à jouer le jeu. On voit que Michel-Édouard Leclerc, même s'il a sa part de responsabilité, malgré tout dans la crise agricole qu'on vit aujourd'hui, on voit que Carrefour aussi a pris des engagements.
On parle de la viande, Michel-Édouard Leclerc, qui est 99% n'est pas du Mercosur.
Voilà, exactement. Il a dit ça. Et Carrefour aussi a pris l'engagement de ne pas vendre des produits avec de la viande issue des pays du Mercosur. Mais aujourd'hui, on n'a pas de moyens de vérifier ça. Aujourd'hui, on n'a aucun contrôle. Et pour vous donner un exemple qui est assez fou, c'est qu'en 2017, suite au scandale des lasagnes à la viande de cheval, on avait demandé un étiquetage des produits, de la viande dans les plats préparés et du lait dans les produits laitiers. Et cet étiquetage a été mis en place temporairement. Et ensuite, il a été levé. Pourquoi ? Il a été levé parce qu'en fait, l'Union européenne ne veut pas de cet étiquetage.
Pour l'Union européenne, ça doit être sur la base du volontariat, comme l'Union Triscor, par exemple, qui aujourd'hui est sur la base du volontariat, puisque évidemment que ça contredirait le principe du marché ouvert et le principe d'importer des produits qui viennent du monde entier. Et ce n'est absolument pas ce que veut l'Union européenne.
Est-ce que les démarches de Carrefour et de Leclerc sont sincères, honnêtes, ou alors c'est vraiment par intérêt, par crainte, de revoir ce qui s'est passé l'année dernière, c'est-à-dire des brouettes de foin qui étaient déversées sur les parkings ? Carrément, moi, je me souviens de ces images de caddies remplies de toute cette viande qui n'était pas forcément de la viande française. Est-ce que vraiment on peut croire en ces démarches des industriels ? Est-ce que vous avez une communication qui est honnête avec eux ? Est-ce que vous avez déjà des rapports ?
Alors, moi, ce que j'ai envie de vous répondre, c'est que c'est dommage qu'ils aient attendu aussi longtemps pour se réveiller sur ces sujets-là, mais j'ai envie de les croire, parce que j'ai envie de croire que les grands industriels, les grands chefs de gros groupes qui ont réussi, notamment grâce à la France et grâce au travail des Français, retrouvent un peu au fond d'eux une forme de moralité et une forme de patriotisme économique, et qu'ils aient vraiment envie de valoriser les agriculteurs français qui ont fait leur réussite sur l'industrie agroalimentaire, par exemple.
Aujourd'hui, on sait que la plupart des marques sont détenues par des grands groupes dont les PDG ont fait fortune grâce au travail des Français et des agriculteurs français. Donc, j'ose espérer, j'ose croire qu'effectivement, il y a une forme de patriotisme qui revient et qu'ils n'ont pas envie de laisser leur pays et leurs agriculteurs mourir.
Alors, si on laisse de côté la question du Mercosur, on a effectivement aussi la question du libre-échange européen, mais est-ce qu'on n'est pas vraiment sur un mâle qui est vraiment franco-français, je pense par exemple aux questions administratives, je pense à tout ce dont les agriculteurs meurent aussi au quotidien parce qu'ils sont complètement dépassés. Est-ce que ce n'est pas nous, d'abord, les premiers responsables avant de désigner les grands traités de libre-échange ?
Alors, les responsables, effectivement, ce n'est pas uniquement l'Union européenne, c'est aussi l'État français qui a créé une inflation normative ces dernières années qui est absolument insupportable. Aujourd'hui, un agriculteur, son travail, c'est de gérer son exploitation agricole. Ce n'est pas d'avoir une sorte de cabinet juridique pour essayer de comprendre et puis de mettre en place toutes les normes que l'État français essaie de leur imposer. On a aussi les collectivités locales. Moi, je viens d'une région, la région Nouvelle-Aquitaine, qui a adopté un texte qui s'appelle le règlement néo-terra et qui met encore plus de contraintes sur les agriculteurs.
Donc, les collectivités locales sont aussi responsables. Mais sur l'Union européenne, en réalité, ce n'est pas que les traités de libre-échange. On a aussi la Cour de justice de l'Union européenne qui est un peu le bras armé de la Commission européenne. Elle l'est sur l'immigration, mais elle l'est aussi sur l'agriculture. Je ne sais pas si vous avez vu, mais récemment, l'État français avait interdit la dénomination de steak végétal, par exemple, de lardons véganes dans les grandes surfaces, suite à une demande des éleveurs et des agriculteurs.
Et la Cour de justice de l'Union européenne a remis en cause cette décision et a interdit à la France de bannir ce terme de steak végétal et de lardons véganes. Donc, ce n'est pas uniquement le libre-échange. C'est aussi plein de décisions qui sont prises par ces cours européennes qui vont à l'encontre des intérêts de la France et des Français.
Justement, je voulais vous faire écouter un deuxième son. L'accord entre l'Union européenne et le Mercosur, pour revenir rapidement, est au centre des préoccupations de la révolte paysanne. Évidemment, Philippe Grégoire, éleveur, évoque cet accord de libre-échange qui reviendrait à assassiner l'agriculture française. On voudrait faire réagir.
Dans les négociations internationales, les chefs d'État, ils n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. Et quand en face, il y a des groupes comme Volkswagen, comme Vinci, Bouygues et tout ça, c'est les échanges internationaux qui l'emportent. L'agriculture est une monnaie d'échange. Et comme on est dans une monnaie d'échange, on est sacrifié. C'est l'échange des nouvelles technologies contre les moutons, contre les canards, contre les cochons.
J'ai envie de vous dire, est-ce que ce n'est pas paradoxal parce que ces derniers temps, on a beaucoup parlé de souveraineté. On a parlé de souveraineté à la fois sur les médicaments, souveraineté alimentaire. Donc, effectivement, avoir sa propre production, quelque chose d'important. Et là, on a l'impression qu'on va à rebours des enseignements qu'on a eus ces trois dernières années sur la guerre en Ukraine et le Covid.
– Bien sûr, évidemment. Mais c'est exactement sur l'industrie. Emmanuel Macron a promis qu'il allait réindustrialiser la France. On voit aujourd'hui que toutes les usines ferment les unes après les autres. On a eu des annonces encore ce week-end qui étaient absolument terribles. On a eu Michelin. On a eu plusieurs usines qui ferment. Sur l'agriculture, il faut bien voir qu'Emmanuel Macron a dit il y a quelques jours, il me semble, j'ai fait des promesses aux agriculteurs et lorsque je fais des promesses, je les tiens. C'est absolument faux. Il n'a tenu aucune de ses promesses. L'agriculture, c'est par essence un domaine qui devrait être protégé puisque nos agriculteurs travaillent pour nous.
C'est comme par exemple les forces de l'ordre qui nous protègent. Les agriculteurs nous nourrissent. Donc par essence, c'est un domaine qui devrait être protégé des crises mondiales et puis de la fluctuation des marchés mondiaux. Et aujourd'hui, ça ne l'est pas. Mais encore une fois, ce n'est pas l'idéologie d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron n'a jamais été un protectionniste. Il n'a jamais été un souverainiste. Toute sa carrière politique et même toute sa carrière professionnelle
le prouvent. – Juste pour rappeler quelques chiffres à nos auditeurs, 2,5 millions d'agriculteurs en 1955. Aujourd'hui, on est à 496 000 selon le recensement agricole de 2020. Est-ce qu'on pourrait avoir aussi quelques retours que vous avez un peu sur le terrain ? Quelque chose qui m'avait vraiment touchée à l'époque, justement, l'année dernière. On voyait des fausses combinaisons, des personnes, des fausses personnes qui étaient pendues. Il faut en parler, justement. Le suicide des agriculteurs ne cesse et ne cessera, je pense, pas si ça ne s'arrête pas. On voit évidemment une détresse. On voit des parents qui ne motivent absolument plus leurs enfants à prendre le relais.
Est-ce que vous avez quelques témoignages à nous partager ?
– Exactement. Je viens d'un département, la Gironde, qui est un département très agricole, et de la Nouvelle-Aquitaine, qui, même si elle a perdu sa place de première région agricole de France, au profit de la Bourgogne, il reste quand même une région avec beaucoup d'agriculture. J'ai rencontré il y a quelques semaines des producteurs de pruneaux. Et c'est assez étonnant parce qu'en réalité, les enfants sont très fiers du travail de leurs parents. Ils veulent reprendre en général la ferme.
Mais souvent, c'est les parents, vous avez raison, qui effectivement leur disent « Non, je ne veux pas, je veux que tu aies une meilleure vie, je veux que tu arrives à t'en sortir, je ne veux pas que ta vie ressemble à la mienne ». Et donc, c'est eux qui tentent de dissuader leurs enfants. Donc, c'est quelque chose d'absolument terrible, au même titre, évidemment, que les suicides. Je crois que c'est deux par jour, suicides d'agriculteurs ou de professions qui sont plus ou moins en rapport avec l'agriculture. C'est un chiffre qui est terrible. Et on fait des campagnes de santé publique sur plein de sujets, mais on laisse mourir une profession entière.
Bien sûr. Et justement, toutes ces personnes-là, la dernière fois, j'ai écouté justement le témoignage d'une femme qui travaille avec son mari. Elle est obligée d'être au RSA, puisque forcément, pour compléter les revenus, ce n'est pas possible. Sinon, ça s'appelle de la survie. Ils ont deux enfants. Elle dit qu'elle était en dépression. Vraiment, c'est très inquiétant. Comment est-ce que vous, quel jugement avez-vous sur le fait que ces personnes-là sont en train littéralement mourir au détriment d'une France qui ne cesse d'accueillir des personnes, qui ne cesse de donner des aides à foison à des personnes qui ne travaillent pas, pour le coup ?
Évidemment. Là aussi, on le voit à tous les niveaux. On le voit au niveau des collectivités locales et de l'État. Le choix qui est fait, c'est clairement d'aider des personnes. Vous parlez de l'immigration, évidemment. Des personnes qui arrivent chez nous, qui n'ont jamais travaillé chez nous et qui, pourtant, ont le droit à un certain nombre d'aides sociales. Et parallèlement, on laisse mourir ces agriculteurs qui, eux, travaillent parfois 55 heures, 60 heures par semaine, qui évidemment méritent plus que tous de vivre de leur travail. Et non, c'est un choix qui n'est pas fait, mais tout ça peut changer. Tout ça, c'est des décisions politiques.
Les politiques en place disent souvent que les décisions politiques ne peuvent pas changer tout ça, mais parce que c'est dans leurs intérêts, parce qu'ils manquent de courage pour le faire. Mais en réalité, tout ça, c'est possible. Et c'est évidemment ce que nous ferons lorsque Marine Le Pen gagnera la prochaine présidentielle. Nous, on va
continuer de suivre cette révolte qui gronde l'agriculteur. On félicite d'ailleurs David, qui fait un super travail sur le terrain, qui se déplace beaucoup. Donc ça, c'est important. Je conseille aussi à nos auditeurs de lire le livre Sérotonine de Houellebecq, dans lequel, justement, on a cette révolte des agriculteurs qui est mise en lame de fonds, encore une fois. Et par rapport aussi à ce traité de libre-échange, c'est assez intéressant. On a l'impression de voir un peu ce qu'il a écrit en avance, mais comme souvent un peu avec Houellebecq. Une dernière question. Nous, c'est vrai qu'on a eu une grosse actualité ce week-end.
Vous savez, on a une journaliste qui va venir juste après pour nous parler parce qu'en fait, elle a relevé une information sur la France insoumise qui a essayé d'abroger un texte de loi qui donnait un délit pour l'apologie du terrorisme. Alors Mathilde Panos s'est dédouanée d'une façon, en fait, elle a dit que c'était l'extrême droite. Elle a dit que c'était ça le problème. Donc... C'était nous, parce qu'on était les
méchants qui avions organisé.
C'est ça, mais pourtant, c'était très factuel. Alors aujourd'hui, elle est un peu revenue sur ces pas. Elle a dit que non, on voulait faire passer ça du droit pénal au droit de la presse. Quelle est votre réaction, justement, par rapport à ce qui a été proposé par la France insoumise ?
C'est absolument honteux. Effectivement, vous l'avez dit, par la voix du Gobernaclys, ils ont déposé une proposition de loi pour supprimer le délit d'apologie du terrorisme du code pénal et pour effectivement le réintégrer dans le droit de la presse, ce qui était le cas auparavant. C'est une proposition de loi qui est évidemment opportuniste, puisqu'on sait que tout ce qu'ils cherchent, c'est avoir un certain électorat, un électorat qui est communautarisé, qui vit dans les cités, qui aujourd'hui a une forme de haine d'Israël et donc c'est ce que ces personnes la cherchent.
Et bravo d'ailleurs à Frontière d'avoir mis ça en avance puisque l'extrême gauche n'a pas l'habitude en fait d'être dénoncé. L'extrême gauche se croit dans le camp du bien. Donc eux, ils aiment bien dénoncer effectivement tout ce qu'ils considèrent comme l'extrême droite et tout ce qu'ils considèrent comme étant le mal absolu. Donc c'est très bien, vous faites un excellent boulot et bravo d'avoir dénoncé ça puisque c'est un sujet qui est absolument immonde. Mais ce n'est pas étonnant de la part de
LFI. Exactement. On n'arrêtera pas justement de fouiller tout ça. Malheureusement, on n'a pas l'argent du service public. Donc on fait avec nos moyens. Mais effectivement, c'est vrai qu'on essaie de partir à la chasse à toutes ces informations qui restent parfois dans l'ombre. Il faut le dire. Ça, si on n'avait pas vu, je pense que ça serait passé totalement inappartu. On ne sait pas, mais on est en premier. Exactement. On est content de l'avoir vu. Merci beaucoup en tout cas, Julie Réganie, d'être venue aujourd'hui avec nous. On espère vous revoir très bientôt dans la matinale.
Julie Rechagneux