Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo· 20 juin 2025 12 min

Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône, est l'invité de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Manuel Bompard. On va débuter cet entretien par la situation internationale et la guerre entre Israël et l'Iran. Jean-Luc Mélenchon disait hier sur X, je vais citer son son texte en entier, c'est important.

La guerre Israël-Iran prend pour cible les populations civiles, hôpitaux, quartiers d'habitation danse. Ces horreurs sont en miroir. La violence ne produit que de la violence en retour.

Les peuples pêchèrent de tels dirigeants. Netaniaou et Ramée sont le malheur de leur peuple. Le cesser le feu et l'urgence.

Assemblée générale de l'ONU peut l'imposer. Vous au pouvoir. Ce serait la position de la France.

Ni Netaniaou ni Rameney ? Oui bien sûr. Et la paix le plus rapidement possible parce que comme le dit le tweet de Jean-Lucchon et comme tout le monde le sait malheureusement la guerre ça ne produit que des dévastations que des drames, que des malheurs.

On parle déjà de plusieurs centaines de morts iraniens israéliens et je pense que la responsabilité Exactement. Et donc je pense que la responsabilité de la France, ça devrait être d'actionner tous les leviers que la France peut actionner pour créer les conditions d'incesser le feu. Et ensuite, puisqu'il y a un débat, une discussion, un sujet à propos du nucléaire iranien de reprendre les négociations qui avaient d'ailleurs été engagé depuis plusieurs mois pour obtenir une un règlement de ce problème par la voie diplomatique.

Alors, on parle de droit international. Quand on fait appel à l'ONU, pour autant ce droit international, on a l'impression qu'il n'est pas respecté par grand monde. Et quand le président de la République, Emmanuel Macron, dit que Israël dans l'affaire iranienne a le droit de se défendre, est-ce qu'il respecte le droit international comme vous vous le défendez ?

Évidemment non, puisque le droit international ne prévoit pas la possibilité de guerre préventive. Or, en l'occurrence, quand Israël déclare la guerre contre contre l'Iran, c'est Israël qui est l'agresseur. Et donc la position qu'aurait dû être la position de la France comme celle de tous les pays attachés au respect du droit international aurait dû être de dire à monsieur Netano n'avait pas le droit de faire ça.

Et malheureusement, si Netano ne fait ça, c'est parce qu'il bénéficie depuis des mois et des mois d'une impunité totale. Je rappelle qu'il commet aujourd'hui un génocide à Gaza. Je rappelle qu'il a attaqué le Liban, la Syrie, désormais l'Iran sans qu'il y ait aucune réaction de la communauté internationale pour lui dire stop, ça suffit.

Mais quand Benjamin Etou dit dans le cadre de l'Iran que c'est une défense existentielle, euh il dit que c'est pas une guerre préventive mais qu'il devait se défendre parce que l'Iran était en capacité à avoir la bombe nucléaire. Ces arguments-l, ils ne tiennent pas pour vous. D'abord, imaginez que dans d'autres conflits, on utilise la même logique.

Imaginez que monsieur Poutine dise "Ah bah non, mais moi j'ai attaqué l'Ukraine parce que sinon j'allais être mis en danger. Personne ne pourrait le croire. quand Vladimir Poutine attaque l'Ukraine, c'est une violation du droit international et évidemment il n'a pas le droit de le faire.

Donc c'est un argument qu'on ne peut pas entendre et pour le reste tout le monde sait aujourd'hui y compris des rapports de la UIA ou même des renseignements américains que l'idée que l'Iran aurait eu dans quelques jours l'accès à la bombe nucléaire est une fable. C'est un prétexte. C'est un prétexte au même titre en quelque sorte que les armes de destruction chimique, vous savez, au moment de la guerre en Irak.

Donc je pense qu'il faut sortir de de des éléments de langage du premier ministre israélien. Il faut recréer les conditions du d'un retour à la voie diplomatique pour traiter cette question du nucléaire. C'est vrai que l'Iran enrichit aujourd'hui euh son uranium de manière euh trop importante par rapport à normalement quelles sont les règles du traité de non prolifération nucléaire.

Donc il faut retrouver les conditions d'un d'un accord sur le nucléaire iranien qui existait préalablement jusqu'à ce que Donald Trump en sorte de manière unilatérale dans son premier mandat. Donald Trump qui euh pourrait être celui qui négocierait euh le cesser le feu. Enfin, c'est c'est un peu un cercle vicieux, loin d'un cercle vertueux.

Bah c'est pourquoi la France devrait faire entendre sa voix de manière beaucoup plus forte. Vous pensez qu'elle ne elle est inaudible ? Bah écoutez, le président de la République commente l'actualité internationale, mais on a l'impression que ces déclarations, ce qu'il dit n'a aucune prise sur le cours des événements.

Et c'est la raison pour laquelle avec Jean-Luc Mélenchon, nous disons la France doit au moins saisir l'Organisation des Nations- Unies, au moins exiger qu'il puisse y avoir une discussion et des décisions qui soient prises pour mettre fin à l'impunité de monsieur Netaniao et pour obtenir se cesser le feu le plus rapidement possible. Vous faisiez allusion à Gaza tout à l'heure. Euh cette semaine aurait dû avoir lieu une conférence avec le président de la République euh concernant la reconnaissance de l'État palestinien avec des conditions.

Mais la frappe israélienne au départ a reporté cette conférence. C'est une occasion ratée. Un report.

Vous en pensez quoi ? Bah d'abord, ça montre le cynisme de Benjamin Netanyahou parce que précisément le timing de cette attaque a clairement visé à la fois à mettre fin à une forme d'isolement qui commençait à se construire de la position de Benjamin Netano sur la scène internationale et à la fois de d'empêcher cette conférence de pouvoir se tenir. Maintenant, moi j'ai une chose très simple à dire, il n'y a pas besoin de conférence pour reconnaître aujourd'hui l'État de Palestine.

Vous savez, vous avez 75 % des États dans le monde qui reconnaissent officiellement l'État de Palestine. La France pourrait demain décider de le faire. Le président de la République peut demain décider de reconnaître l'État de Palestine.

Il dit "On veut pas le faire tout seul, on veut pas être isolé." Mais c'est précisément on ne reconnaissant pas l'État de Palestine qu'on est aujourd'hui isolé. Mais il faut le reconnaître de manière symbolique et ensuite il faut créer les conditions là aussi d'un plan de paix, d'un retour au droit international.

Libération des otages, des armées leas. les libération des otages évidemment, libération aussi de prisonniers politiques palestiniens et puis surtout une solution politique pour que le droit international soit enfin respecté dans cette région et le droit international c'est notamment les résolutions de 1967 qui prévoi des frontières avec deux États, un État israélien, un État palestinien. Alors, revenons aux frontières, j'allais dire franco-françaises.

À l'initiative de Laurent Vaquier, une commission d'enquête parlementaire a été validée mercredi alors qu'elle avait été refusée dans un premier temps. Je vais la citer précisément parce que vous allez sans doute réagir. Les liens existant entre le représentant de mouvements politiques et les organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste.

Ça avait été refusé au départ puisqu'il était fait mention à plusieurs reprises cette fois je crois à la France insoumise ça a été retiré et donc la commission d'enquête a été validé. Votre réaction à cette initiative de Laurent Vquer ? Bah c'est une initiative ridicule, loufo et dangereuse parce que elle vise à en quelque sorte faire perdre du temps à l'Assemblée nationale pour enquêter sur les fantasmes de monsieur Voquier.

Je pense que l'Assemblée nationale a mieux à faire que d'enquêter sur les fantasmes de monsieur, c'est un règlement de compte politique. Oui, bien sûr. Mais d'ailleurs, ça n'a pas porté beaucoup chance à monsieur Voquier.

Vous savez quand il a fait cette proposition, c'était avant le vote chez les Républicains. Il s'est fait balayer par monsieur Rotaillot. Donc je sais pas pourquoi il s'entête dans cette voix qui manifestement lui a pas porté chance.

Maintenant, si monsieur Vaquier veut avoir une commission d'enquête sur les liens entre des formations politiques et des réseaux, y compris des réseaux terroristes, alors nous nous aurons un certain nombre d'auditions à proposer. Peut-être qu'on pourra proposer d'auditionner monsieur Sarkozi dont les liens avec la Libi de Kaddafi par exemple sont avérés y compris d'un point de vue judiciaire. Peut-être qu'on pourra auditionner des représentants du Rassemblement national.

Ils se sont rendus il y a quelques jours aux Émirats arabes unis par exemple dans un pays dans lequel il y a la charia. Donc vous voyez, je conseille à monsieur Vquier de renoncer à ça parce que je je crains que le l'offensive qui veut mener contre la France assoumise se retourne contre lui. Si Jean-Luc Mélenchon est convoqué, il s'y rendra.

Alors d'abord, je ne crois pas, je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc Mélenchon serait serait serait convoqué. À un moment, faut être un peu raisonnable, un peu sérieux. Euh donc je sais pas, on verra quelles sont les les les convocations qui sont faites par ces cette commission cette commission d'enquête, mais franchement l'Assemblée nationale a mieux à faire que de faire ça.

Mais monsieur Voquet est un spécialiste de gaspiller de l'argent public. Je vous rappelle qu' il faisait des repas à 100000 € quand il était président de la région Auerne Renalpe. Donc manifestement, il il pense que l'argent public, on peut le gaspiller comme ça pour des choses qui ne servent à rien.

Alors juste à la fin de cet entretien, vous partez pour Dquerc pour soutenir les salariés d'Arcormital. Je rappelle que le groupe parle de 600 suppressions d'emplois. Euh c'est une action euh symbolique pour les soutenir ou est-ce qu'il y a encore euh des possibilité de sauver ces emplois ?

D'abord, c'est un rassemblement, une journée de mobilisation qui est organisée par les salariés d'Arscelaur Mital d'Unker en particulier. Et je pense au contraire que c'est pas symbolique du tout et que c'est important d'être à leur à leur côté parce qu'on peut pas accepter d'abord 600 suppression d'emploi puisque c'est ce qui est prévu aujourd'hui. Et en plus de ces suppressions d'emploi, c'est une question qui devrait intéresser tout le monde.

C'est la question de savoir si on veut conserver une capacité de produire de l'acier en France. Et l'acier, c'est indispensable aujourd'hui. Il y en a dans tous les secteurs de l'économie.

Et je vois que le gouvernement alors que depuis des mois et des mois nous l'interpellons sur ce sujet ne fait strictement rien. Et si nous étions au pouvoir et aux responsabilité, nous ferions une chose simple. Nous dirions à monsieur Mital si vous voulez partirz.

Mais les sites, les installations, les emplois restent en France et donc nous procéderions à la nationalisation d'arcelor Mital parce que c'est un secteur qui est un secteur stratégique pour notre économie, pour notre souveraineté. On entend des gens nous parler depuis des mois et des mois, notamment depuis la crise du Covid, de la nécessité d'avoir une souveraineté, une maîtrise de l'outil industriel en France. Bah, ça commence par des actes et là le premier acte, c'est de sauver Harcel Mital.

Alors, on parle d'emploi, on va parler aussi retraite. Le conclave est légèrement reporté, en tout cas sa conclusion à lundi. Est-ce que la censure pour la France insoumise est déjà prête après le conclave ?

C'est la censure ? Oui, bien sûr qu'elle est prête puisque tout le monde a compris désormais et nous nous l'avons compris depuis le premier jour mais tout le monde a compris désormais que ce conclave n'aboutira pas était un piège n'aboutira pas notamment sur l'abrogation de la retraite à 64 ans qui était quand même à l'origine de la mise en œuvre de cette de cette discussion et c'est une revendication qui est très largement soutenue aujourd'hui dans le pays par le peuple français revenir sur cette réforme qui n'a jamais été adoptée à l'Assemblée nationale qui est passée en force contre la vie de toutes les organisations syndicales et donc c'est clair que si lundi soir Comme c'est quand même extrêmement probable, la décision qui sort du conclave, ce n'est pas l'abrogation de la réforme des retraites. Alors, nous déposerons une motion de censure avec un suspense.

Est-ce que vos amis socialistes vont cette fois-ci la voter ou pas ? Bah écoutez, moi je souhaite que cette motion de censure, elle puisse être déposée avec tous ceux à gauche qui veulent la déposer avec nous et puis voter par une majorité de députés à l'Assemblée à l'Assemblée nationale. Si les socialistes après avoir refusé maintenant à six reprises de censurer le gouvernement de François Bairou depuis le mois de janvier, décide enfin de revenir à la raison et de censurer ce gouvernement, j'en serai le premier heureux.

Alors, je disais vos amis socialistes pour présenter puisque vous allez peut-être demain décider officiellement lors d'une assemblée représentative de la France insoumise de clarifier vos positions sur municipal, d'y aller seul la plupart du temps pour tenter de gagner des villes, même là où le Parti socialiste est sortant. C'est vraiment ça qui va être décidé ? Vous y allez en autonomie complète ?

Non, mais nos positions, elles sont déjà très claires. Il y a pas besoin de les clarifier. C'est-à-dire que partout dans les villes, nous construisons d'abord un programme parce qu'une élection, ça sert quand même d'abord à répondre au problèmes que les gens se posent dans leur commune et ensuite nous regardons qui sont les partenaires qui sont susceptibles de porter ce programme avec nous.

Et dans une très grande partie des communes, vous avez raison, le programme que nous défendons, il n'est pas forcément compatible avec les gestions des municipalités sortantes qui parfois peuvent être socialistes, mais elles ne sont pas que socialistes. Nous aurons aussi des listes dans les villes détenues aujourd'hui, par exemple par la droite. Vous savez aujourd'hui, on a dans plus de 60 % des communes de plus de 10000 habitants d'ors et déjà organisé des assemblées, des insoumis à l'échelle de la commune pour construire ce programme et construire ces listes.

Ensuite, ces listes, nous les travaillerons avec celles et ceux qui veulent les travailler avec nous. Merci Manuel Pompaard d'être venu sur le canal 16, je le rappelle pour ceux qui ne sont pas encore au courant. C'est bien le rappeler canal 16.

Merci beaucoup Serge. Merci Manuel Bontard d'avoir été invité de la matinale de France info.