Aurore Bergé dans les 4V sur Télématin - 9 juin 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Quelles mesures supplémentaires sont ajoutées au projet de loi sur la protection de l'enfance ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi envisager l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que prolonger la prescription est réaliste pour les victimes ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la parole des enfants et des mères est-elle souvent mise en doute ?
- 8:00RelanceRéponse partielle
Motiver les classements sans suite ne risque-t-il pas de condamner sans preuves ?
- 10:00OuverteRéponse directe
L'affaire Bruel est-elle aussi un échec de la justice ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:00Aurore BergéFait
« Ce serait bien qu'on ne parte pas systématiquement du principe que les victimes présumées mentent. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Berger, vous êtes l'une des ministres que le Premier ministre réunira ce matin. Sébastien Lecnu veut ajouter plusieurs mesures au projet de loi sur la protection de l'enfance déjà présentée au conseil des ministres il y a 10 jours. Quoi par exemple ?
Que faut-il ajouter à ce projet de loi L'objectif, c'est d'élargir un projet de loi existant et qui va être discuté à partir du 15 juillet prochain à l'Assemblée nationale avec des mesures dédiées sur la lutte contre les violences sexuelles, tant les violences sexuelles commises sur les enfants que commises sur les majeurs, c'est-à-dire prioritairement sur les femmes. Évidemment, ça répond à la colère qui est absolument légitime des Français que je trouve très saine. Je pense que ça fait du bien de voir que les gens sont en colère quand il s'agit d'un enfant qui a subi le pire le pire des crimes.
J'espère que cette colère, elle va pas faiblir et qu'on va continuer justement à parler de la protection des enfants et de la protection des femmes. Sur les mesures, il y a plusieurs choses qui sont envisagé, on va en parler ce matin autour du premier ministre. Il y a les règles de prescription.
On sait que c'est une demande absolument légitime, notamment de la civisme. Moi, ça fait des années que je milite pour l'imprescriptibilité par exemple des crimes sexuels commis sur les enfants pour que les bourreaux ne dorment jamais tranquilles parce que les victimes, elles ne dorment jamais tranquilles à partir du moment où elles ont vécu et subi ces crimes-là. Et puis des mesures aussi très pragmatiqué, est-ce que ça a du sens un procès 40 ou 50 ans après ?
Je pense qu'avoir accès à la justice, avoir la possibilité de cet accès à la justice quand vous avez subi un inceste, c'est-à-dire le plus grand des crime, je pense que oui, euh c'est quelque chose qui est extrêmement légitime et attendu, ça ne veut pas dire que les victimes iront forcément, mais ça veut dire qu'elles auront toujours la possibilité d'avoir accès à la justice et en tout cas revoir les règles de prescription pour allonger la durée de la prescription. Pour la victime, un process de condamnation de leur agresseur. Or, condamné 40 ou 50 ans après, c'est compliqué de trouver les preuves.
Mais 10 ans après, c'est aussi compliqué. 20 ans après, c'est aussi compliqué. Et parfois même quelques jours après, c'est aussi compliqué.
Le sujet, il est justement sur le recueil immédiat des preuves quand elles peuvent exister. Et ça, c'est ce qu'on fait sur le dépôt de plainte à l'hôpital par exemple, sur le recueil des preuves immédiatement à l'hôpital, même quand les victimes ne portent pas immédiatement plainte pour leur laisser justement le temps nécessaire de réflexion. après avoir subi des violences sexuelles euh ou un inceste quand il s'agit de nos enfants.
Mais c'est la question de l'accès à la justice. Aujourd'hui, qu'est-ce qui est contesté dans notre pays ? C'est l'accès à la justice.
On a l'impression que l'institution judiciaire, elle est très loin, qu'elle est froide et qu'elle ne protège pas suffisamment et singulièrement quand il s'agit des enfants. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on ne croit pas la parole des enfants et quand les mères protègent leurs enfants, on les met en accusation.
Donc on a à la fois le doute sur la parole de l'enfant et la mise en accusation de la mère qui elle croit et protège. Et c'est ça qu'il faut impérativement changer. C'est cette culture-là qu'il faut impérativement inverser aujourd'hui.
Hier, on entendait dans les manifestations, on l'a beaucoup entendu depuis plusieurs jours, le système protège les agresseurs. C'est vrai. Je crois qu'en tout cas le système n'est pas suffisamment du côté des victimes et qu'elles ont l'impression aujourd'hui que ce système- làà fait qu'on leur demande toujours plus, toujours trop singulièrement à nos enfants.
Encore une fois, un enfant qui subit une violence sexuelle. On lui demande d'être en capacité de l'exprimer, de le dire et on doute immédiatement de sa parole. Et c'est ça qui est en train de changer dans notre pays, c'est que les Français nous disent "On veut que la parole de l'enfant soit écoutée, soit respectée, soit crue." Et j'ajoute moi que les mères aujourd'hui qui protègent leurs enfants, les mères qui écoutent leurs enfants après qu'ils aient témoigné des violences subies au sein d'une famille, c'est elle qu'on met en accusation dans la société.
Et c'est impérativement ça qu'on doit renverser notamment. Rencer le doute ne doit plus en droit français le doute profite à l'accuser. Le doute ne doit plus profiter à l'accuser.
Le sujet il est pas d'inverser la présomption d'innocent. Sauf qu'aujourd'hui on a le sentiment qu'il y a une présomption de culpabilité qui pèse sur les victimes. On a l'impression qu'il y a une présomption de culpabilité qui pèse sur les enfants, qui pèse sur les mères qui sont courageuses et qui arrivent à dénoncer et qui arrivent à protéger.
Et ça c'est insupportable parce que ça donne un éloignement majeur vis-à-vis des institutions, vis-à-vis de la justice sera toujours à l'accuser. Mais c'est le principe même de la manière avec laquelle la charge de la preuve doivent être énoncée et la justice doit fonctionner. Mais je ne veux pas que la présomption d'innocence qui est nécessaire dans un état de droit devienne une présomption de culpabilité qu'on fait peser sur les victimes et qu'on fait peser sur celles et ceux qui écoutent les victimes, qui croient les victimes et qui les accompagnent. encore une fois singulièrement les maires dans les projets qu'on prête au gouvernement pour l'ajout dans cette loi.
On dit aussi davantage motiver les classement sans suite. Est-ce que vous n'avez pas peur que ça soit une invitation à condamner même avec des preuves insuffisantes ? Aujourd'hui, on voit qu'on a un contentieux de masse.
La question des violences sexuelles, la question des violences intrafamiliales, c'est devenu un un contentieux de masse parce qu'il y a eu en effet de plus en plus de plaintes qui ont été déposées. Et tant mieux parce que ça veut dire qu'il y a des victimes qui ont osé franchir ce câ de porter plainte. Sauf que face à ce contentieux de masse, on a une vague massive de classement sans suite qui laisse les victimes dans une espèce de nomland où elles ne comprennent pas en fait pourquoi la justice n'explique pas, ne répond pas.
Le fait de motiver, ça veut dire que vous devez vous justifier, que vous devez expliquer et tout c'est et c'est l'enjeu justement de toutes les discussions qu'on va avoir cette semaine, c'est comment on garantit tous les moyens d'enquête nécessaires. Parce que quelqu'un qui a commis des violences sexuelles a rarement commis une seule violence sexuelle, a rarement commis un seul viol. Donc ça veut dire qu'il faut rechercher tous les antécédents.
Ça veut dire qu'il faut tous les moyens d'enquête pour savoir ce qu'il a pu consulter par exemple sur internet pour garantir que tout soit interrogé. Et je crois que motiver le classement sans suite, ça obligera les magistrats à se justifier et ça permettra aussi que les justiciables n'ai pas l'impression d'une justice distante ou d'une justice froide, mais vraiment d'une justice humaine qui est là pour les protéger. La garde à vue de pratique de Patrick Bruel vient d'être prolongée pour 24 heures.
Tout le monde s'accorde à dire que l'affaire Liana est un immense échec. L'affaire Bruelle est-elle aussi un échec ? Parce que sans la presse, Médiapart, elle, on a entendu notre conseur Cécile Olivier tout à l'heure, sans la plainte de Flavie Flamand et bien peut-être qu'il ne se serait rien passé.
Est-ce que c'est aussi un échec ? Aujourd'hui, la justice, elle est saisie. Il y a une garde à vue.
La garde à vue, elle est prolongée et on verra ensuite l'instruction judiciaire. Moi ce que je dis c'est que ce serait bien qu'on ne parte pas systématiquement du principe que les victimes présumées mentent. Et là encore on a une sentiment qu'il y a une présomption de culpabilité qui pèse d'abord sur les victimes comme si les femmes par principe avaient intérêt à mentir, avait intérêt à dénoncer des violences imaginaires.
Et par ailleurs, je le maintiens que dans un état de droit, il y a évidemment la nécessité de maintenir la présomption d'innocence. Donc il faut tenir les deux mais il faut peut-être en fait je pense que les victimes, elles ont toujours parlé mais que la société elle les a pas toujours écouté. Là aujourd'hui, peut-être que la société est enfin prête à écouter.
Peut-être que la société est enfin prête à écouter, à écouter les enfants, à écouter les femmes. Parce que les victimes, elles ont toujours parlé, elles ont toujours dit, elles ont toujours dénoncé. Donc, c'est pas un sujet de libération de la parole des victimes, c'est un sujet de la libération de l'écoute dans notre société des victimes.
Aurore Berger, ministre de l'égalité FAMOM, invité des quatre vérités. Merci beaucoup à vous. Très bonne journée à tous.
Aurore Bergé