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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 19 septembre 2023 38 min

Léa Drucker, l'actrice qui n'est jamais là où on l'attend

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

jusqu'à 13h30 les midi de culture Nicolas herbaau Géraldine mosnavoir place donc à la rencontre aujourd'hui notre invité est actrice comme des milliers millions même de spectateurs je l'ai découverte en 2015 psychiatre à la DGSE c'était dans la série le bureau des légendes derrière l'autorité la froideur les règles son personnage laissé apparaître de l'humanité des sentiments des sorties de route demain sur les écrans dans le dernier film de Catherine breaya l'été dernier elle joue aussi une femme bien sous tout rapport avocate reconnu mère épanouie jusqu'au jour où elle rencontre son Beaufils et risque de tout perdre bonjour lruer bonjour bienvenue dans lesm culture merci est-ce que vous avez déjà pris le risque de tout perdre Léa drcker le risque de tout perdre je oh là là je je crois pas je sais pas euh mais tout perd c'est-à-dire vous êtes dans une situation où vous êtes emporté vers quelque chose qui mettrait en péril tout votre carrière votre famille ah là là je je me suis jamais posé je me suis jamais posé cette question je je je je crois qu'il faut aller en tout cas vers des choses qui nous font peur parfois et que il faut il faut s'interroger sur les peurs qu'on peut avoir par rapport un projet et et et ne pas se faire engloutir par essayer de comprendre ce qui pourquoi ça nous provoque cette émotion là qu'est-ce que ça raconte de soi et et souvent quand j'arrive à résoudre cette question j'y vais et et je me dit que c'est intéressant c'est c'est c'est c'est un signal qu'il y a quelque chose à explorer voilà je parle de du du métier h oui vous parlez pas forcément de votre vie si dans la vie j'ai pris des risques dans ma vie bien sûr mais bon c'est des c'est des choses plus difficiles à raconter mais c'est un chemin c'est un chemin et c'est c'est c'est ce qui fait que d'abord je pense qu'il faut faire des erreurs dans la vie il faut faire je parle pas du film he je parle de la vie personnelle parler va ch le le le parcours personnel est semé de choses prévu et parfois on fait des erreurs mais il faut on en on en tire normalement une leçon et et et on avance comme ça mais j'aime bien les gens faillibles moi enfin je trouve que c'est intéressant de parler de nos de nos failles de de nos erreurs donc la peur ne vous tétanisse pas vous arrivez à à la dépasser jusqu'ici bon moi j'ai des peurs de l'enfermement de chos enfit j'ai peur de de ce qui stagne d'être enfermé d'être bloqué voilà ça j'ai ça c'est des peurs très très dans ma vie un ascenseur un out o on ne peut plus avancer et c'est c'est ça prend des formes concrètes mais en fait ça raconte quelque chose dans votre dans le film de de Catherine Breya l'été dernier en revient sur le film Anne le personnage que vous interprétez à un moment donné cette réplique alors j'arrive pas précisément à à m'en souvenir mais je vais quand même restituer l'idée elle parle justement de peur elle dit que ce qu'il y a de plus horrible c'est d'avoir peur quand on a peur de tout perdre on est comme pétrifié on est figé et il vaut mieux prendre le risque d'y aller en fait s'effondrer sur c'est sur la chute non c'est pas la la la peur de tomber mais c'est la peur de la tentation irrépressible de la chute c'est c'est un peu c'est c'est c'est en effet c'est souvent ce que raconte Catherine Breya dans les films ce dont elle parle c'est sur le elle va très très loin dans dans les dans dans l'intime dans le désir féminin et dans le dans les dans dans les risques qu'une femme peut prendre dans son dans son parcours de de de vie amoureuse on va dire euh en effet cette femme-là elle est elle est elle est au bord d'un précipice c'est-à-dire que par cette par cette passion à laquelle elle succombe par ce désir auquel elle ne résiste pas elle a cette elle a peut-être cette tentation irrésistible de la chute qui est en fait un vertige de vouloir faire aussi exploser sa vie de vouloir tout ce qu'on a construit tout ce qui est solide tout ce qui est douillé tout ce qui est confortable c'est ce moment dans sa vie où tout d'un coup on a envie de tout faire de de de tout de tout exploser et lui c'est pareil le jeune homme dans le film c'est-à-dire que lui aussi il est dans un dans une contestation de son système familial de son il a il a besoin que sa jeunesse explose et vive et donc voilà ces deux personnages qui vont s'accorder là-dessus mais ils n'ont pas le même âge Théo va venir vivre chez nous ça fait un bout de temps que Pierre rêve de se rapprocher de son fils c'est l'occasion bonjour Tho qu'est-ce que tu as grandi chercher des clopes tu m'accompagnes des fois tu ne dis pas que je suis un vieux camp jamais Tho lui considère comme un vieux [Musique] con hier il m'a dit que j'avais adopté les filles uniquement pour me donner bonne conscience tu veux une bière mais il va falloir d'abord passer par le magnétophone il fallir me raconter ta première fois estce que toi j'ai te parler échanges avec que vous deux que tu as une liaison avec mon fils tu pas dire que tu l'as CR une seconde je sais plus qui croire F est un monstrei bien ça dans la tête ve que tu me rejettes pour'avoir pour lui tout seul [Musique] on est une famille on doit pouvoir se faire confiance voilà pour la bande annonce de l'été dernier le dernier film de Catherine Bria donc je le rappelle lesader vous interprétez Anne avocate renommé qui vit en harmonie avec son mari Pierre et leur filles de 6 et 7 ans un jour Théo 17 ans fils de Pierre d'un précédent mariage emménage chez eux peu de temps après il annonce à son père qu'il a une liaison avec Anne on va voir ce qui se passe passe après on va peut-être pas le dire pendant cette émission qu'est-ce qui vous a plu dans ce scénario lad druer qui quand même faut le dire aujourd'hui en 2023 peut choquer peut provoquer des tolés peut être paru comme immoral alors j'ai moi j'ai la sens j'ai le sentiment en étant spectatrice de cinéma que quand on va au cinéma on a envie d'avoir ce confort c'est pas c'est pas le bon mot confort mais la possibilité d'observer des sentiments des gens de gens qui euh peut-être en l'occurrence on pour les considérer comme des monstres sur le papier mais le cinéma permet de rentrer dans la salle et d'observer des choses qui sont humaines et qui sont certes paradoxales contradictoire dérangeante mais mais mais on est sur de l'humain c'est pour ça que que on aime le cinéma en tout cas pour ma part moi je vais pas voir des Film ou avec des points de vue de gens qui pensent forcément comme moi moi ce qui m' intérêt c'est justement d'être bousculé et de de sortir du cinéma en me posant des questions ce que je n'aime pas c'est qu'on m'impose une une vision des choses et que je que je n'ai pas la place pour y réfléchir je trouve que le cinéma de Catherine Breya permet de d'observer des situations qui sont très très complexes en l'occurrence là c'est une relation très complexe parce qu'il y a du sentiment et c'est ça qui est qui qui qui peut être très très dérangeant mais moi ça m'intéresse à la fois comme comédienne parce que c'est des personnages qui ont plein de TI voir que je peux que je peux explorer c'est des personnages qui ne sont pas résolus à la première lecture du scénario et qui se travaillent aussi sur le plateau avec les partenaires avec Catherine avec Samuel Kircher avec Olivi Bourdin mais aussi je pense que c'est en tout cas c'était l'objectif et l'ambition du film que ça que ça puisse raisonner comme ça dans la tête du spectateur c'est au spectateur de se faire son point de vue en fait là-dessus sur cette relation moi je peux pas je pense pas en arrivant sur ce tournage être dans dans dans l'idée de de juger cette femme moralement dire que ce qu'elle fait est immoral parce que sinon je suis cuite je peux pas je peux pas le jouer bah pourquoi pas vous pourriez peut-être jouer quelqu'un qui qui accomplit des actes immoruxx absolument bien sûr mais ces questions là je vais me les poser avant je vais pas me les poser pendant sinon sinon quoi qu'est-ce qui se passe mais sinon émotionnellement je me coupe de quel ma ma morale peut me couper d'une intention de jeu ou d'une d'une émotion qui serait intéressante et et je trouve que la vie est faite de contradiction de paradoxe et de et de choses qu'on arrive pas à rentrer dans les cases qu'on ararrive pas à expliquer en une phrase et cette histoire permet de raconter cette relation là vous avez pas toutes les cartes en main en tant que comédienne vous avez lu le scénario ça veut dire que vous avez fait entièrement confiance ensuite à Catherine bra sa façon de faire son savoir-faire aussi pour que bah justement ce que vous venez de nous expliquer apparaisse à l'écran et ce que vous ce que voi les les spectateurs oui oui je lui ai fait confiance je pense je crois même que que Catherine malgré toute l'expérience qu'elle a de tous ces films qu'elle a fait où elle a exploré cette question du désir féminin de l'intime elle est allé très très loin dans cette exploration je pense même que elle ne maîtrise pas tout et qu'elle ne elle elle se laisse surprendre par ce qui se passe sur le tournage elle a des idées qui arrivent au moment où on les tourne par contre c'est une c'est une réalisatrice qui a des visions folles des visions très ambitieuse très radicale sur sur sur comment elle veut mettre en scène telle situation et où est-ce qu'elle veut emmener la scène et ça c'est des choses que moi je je je j'étais absolument convaincu qu'il fallait la suivre là-dedans et pas raisonner de façon trop psychologique ou dire mon personnage ferait pas si ça me paraît pas naturel parce que on n'est pas non plus dans l'hypernuralisme il y a des il y a des il y a des propositions de mise en scène il y a des partiespris de cinéma qui sont très particuliers on on on se parle quasiment jamais de profil par exemple ça c'est technique mais pour nous moi je je quand je vous parle si si la caméra est là j'ai envie de vous parler de de de pH et on est profil elle veut pas ça donc il y a quelque chose de très pictural elle a beaucoup de références elle fait des références aux peintres elle fait des références au à des metteurs ignes comme hchcock comme Romer comme donc c'est elle vous embarque dans dans dans ces visions c'est on rentre dans un tableau et moi ça m'a énormément plu ça ben justement on va entendre la voix de Catherine breac qui travaille qui parle dans cette archive du travail qu'elle a eu avec vous quand j'arrive sur le plateau j'ai plus peur je sais tout d'un coup il y a un état de grâce qui se fait avec mes acteurs avec qui je suis pourtant très très très très dure dans le sens exigeante mais il y a une telle intensité quand on tourne et tout d'un coup par exemple la scène du mensonge Léa je trouvais qu'elle la jouait trop classique et je lui puis je voulais qu'elle soit belle je lu dis il y a un jeune homme qui t'aime tu dois mon obsession je voulais qu'elle soit très belle moi j'aime les femmes belles et qu'elles soi a regardé avec beauté et je lui ai dit tout d'un coup elle a plusieurs manières de jouer hein dans le film il y a une palette de jeux mais impressionnante je lui a dis voilà je veux que tu fasses rien Léa rien les yeux bleus glaciers des fois je disais à à Jean Poirie qui n'en revenait pas oui mais alors pourquoi léa a pas les yeux bleus glaciers là pourquoi moi je la filme pas hein me disait mais Catherine elle est à contre jour elle disait je m'en fous je ne filme pas le réalisme je filme la vérité la vérité de l'âme c'est qu'elle doit avoir ce côté très iskoquien à la fois glaciale à la fois malgré tout il y a il y a une une sorte d'émotion glacée jusqu'à 13h30 les midi de culture Nicolas herbaau Géraldine mosn saavis Catherine Breya dans l'émission l'heur bleu de l'UR Adler sur France interre c'était le premier juin 2023 donc juste avant quelques mois avant que le le film sorte c'est intéressant la manière dont dont elle parle de la manière dont elle vous a dirigé vous vous vous vous saviez qu'elle avait ça en tête tout ça en tête elle vous avait tout dit euh non elle m'a pas tout dit mais ce que vous avez entendu là c'est absolument précisément ce qu'elle nous disait sur le plateau c'était vraiment je veux que tu aies les yeux bleus glaciers F c'est des choses comment vous pourz avir vous les yeux bleus GL B alors moi évidemment ça c'est des choses que je contrôle pas c'est le travail de la chef opératrice mais c'est ça veut ça veut donc dire ça il y a une contrainte d'immobilité il y a une contrainte de ça veut dire que elle veut pas qu'on Cline des yeux par exemple ça ça nous met dans un mais c'était la même chose pour Olivier Rabourdin ou Samuel qui devait tenir sa tête d'une certaine manière c'est comme une danse en fait c'est comme une danse qu'elle nous elle est comme une chorégraphe de visage comme il y avait beaucoup de gros plans sur ce film et encore une fois ce qui est ce qui est ce qui est intéressant c'est que quand nous on arrive sur le plateau chargé évidemment de plein de choses émotionnelles de de de de sentiments de par rapport au personnage que vous interprétez le mien mais pour les autres aussi en tout cas le le on narrive pas les mains dans les poches enfin je veux dire on a on a pensé à la situation et on a des propositions à faire mais cette contrainte là donne beaucoup de liberté en fait c'est-à-dire que à l'intérieur de ça si on se laisse faire si on résiste pas il y a des choses qui se produisent qui qui sont surprenantes et qui moi m'échapper parfois sur le tourn et je me suis et après j'ai vu le film et j'ai vu le montage et j'ai vu et je trouvais que ça fonctionnait très très bien ce qui est intéressant aussi c'est que Catherine Brayan dans cette archive elle dit il y a beaucoup de palettes de jeux de Léa dans ce film parfois classique je la veux aussi parfois très belle et puis parfois je lui dis ne fais rien oui comment on joue le rien mais rien c'est quelque chose en fait parce que si je vous dis ne faites rien il se passera toujours quelque chose rien ça veut dire ne pas montrer ça veut pas dire forcément démontrer ce qui se passe à l'intérieur de nous c'est juste oser euh avoir une apparence assez calme et laisser vivre à l'image ce qui se passe à l'intérieur de vous et a le cinéma permet ça c'est plus difficile au théâtre mais le cinéma la caméra permet ça de de de montrer ce qui se passe à l'intérieur mais il faut qu'il se passe des choses à l'intérieur parce que si vous faites rien bon bah tout le monde peut s'endormir ça ça ça c'est quelque chose qui me fascine c'estd que par exemple dans les scènes de sexe bon c'est peut-être aussi un cas à part mais donc il a des gros plans sur vos visages euh à au jeunes Théo et à vous qui interpréter Anne et à ce moment-là on a l'impression qu'il qu'on perçoit quelque chose de votre intériorité sur votre visage qu'est-ce à quoi on pense dans ces moments-là qu'est-ce qui qu'est-ce qui se passe justement bah on on est dans un enfin moi j'étais à un moment au bout dans un état un peu second dans un état euh je le dis souvent mais c'est c'est le de de rêve veiller de euh à la fois très conscient de ce qui se passe bien sûr mais il y a un endroit où euh il faut se laisser porter par ce qui se passe sur le plateau par par les indications par le rapport qu'on a à l'autre au partenaire à Samuel ou à Olivier et puis se laisser embarquer par les par les images qu'elle nous envoie parce qu'elle nous encore une fois elle nous envoie des images le Caravage les et euh les mouvements de tête étaient très précis c'était assez rassurant d'ailleurs parce que pour faire des scènes d'intimité c'est très rassurant qu'on vous donne un dessin et qu'on vous dis ce qu'on va voir ce qu'on va pas voir et où est-ce que vous allez mettre votre main et tout tout ça est très dessiné et à l'intérieur de ça il y a une sorte d'improvisation qui qui se lance et ça demande un abandon bien sûr ça demande une grande confiance dans le metteur en scène au part et dans le partenaire bien sûr vous connaissiez Samuel Kircher ou pas du tout non je le connaissais pas jeune comédien cé c'est son premier rôle d'ailleurs première expérience au cinéma et il y a donc de nombreuses scènes de de sexe entre vous dans dans dans ce film comment vous avez travaillé justement avec lui est-ce que vous étiez gêné est-ce que vous avez fait appel par exemple on sait qu'aux États-Unis il y a beaucoup aujourd'hui ce qu'on appelle des des coordinateurs d'intimité qui qui vous aident aussi à créer cette chorégraphie dans dans vos parli tout à l'heure comment vous avez fonctionné ben on a on on a d'abord on a tourné plein d'autres scènes avant de d'arriver dans C dans dans cette dans cette dans cette zone là et puis on a discuté un petit peu ensemble de façon très timide tous les deux il m'a dit j'ai un petit peu peur je dis ben moi aussi j'ai pas tellement l'habitude donc on était deux deux acteurs qui n'aviont pas tellement l'habitude de faire ça et à la fois bon moi j'ai j'étais bien consciente j'étais beaucoup plus âgé donc c'était aussi je me sentais beaucoup plus responsable mais Samuel avait compris absolument l'enjeu de chaque scène et et et et je me souviens de la façon dont il s'engageait dans ses dans ces scènesl comme avec une grande maîtrise avec beaucoup d'émotions et de grâce et que ça m'a c'est complètement fout de dire ça mais que c'est ça m'a aidé en fait c'est lui qui m'a c'est plutôt lui qui m'a qui m'a aidé à me à à à le suivre et à et on s'entendait très bien puis il y avait pas de confusion du tout sur sur ce qu'on faisait c'est-à-dire qu'on on était dans quelque chose de très chorégraphié j'allais dire de presque de mécanique mais à l'intérieur de ça il fallait qu'on soit quand même sensible on peut pas être que technique là-dedans et est-ce que le travail de Catherine Brat tranche vraiment avec le travail d'autres réalisateur avec lesquels vous avez travaillé justement sur cette idée de travailler peut-être par imag par chorégraphie par des gros plans sur des visages par une manière de contraindre beaucoup oui oui oui oui mais c'est encore une fois c'est parce qu'elle c'est pour ça qu'elle fait les films qu'on a vu enfin les films qu'elle fait qui sont singuliers elle elle a des des des des exigences et des vision qu'elle impose et elle emmène elle embarque toute l'équipe là-dedans euh et et parfois on commence une scène et elle dit non non non c'est pas ça du tout puis on sait pas pourquoi c'est pas ça on a l'impression que c'était pas si mal et puis ça va durer un certain temps avant qu'on y arrive et je crois qu'il faut pas toujours chercher à comprendre rationnellement les choses je pense que sur un tournage il faut se laisser flotter dans dans quelque chose qui n'est pas rationnel le cinéma n'est pas toujours rationnel et euh en tout cas quand on le fabrique et c'est ça qui est très beau et bon moi j'ai beaucoup aimé cette façon de travailler mais même si j'ai eu peu d'expérience comme ça au cinéma j'ai j'ai j'ai pu avoir des expériences au théâtre par exemple avec j'ai eu la chance de tourner avec de jouer avec dans dans des pièces de nos baesson par exemple il y a fort longtemps où on avait des masques par exemple donc c'est le masque est une très grande contrainte mais mais en fait on peut tout faire voilà on peut toute l'art permet de à partir du moment où on accepte les codes et avec Catherine c'était ça moi j'ai accepté tout de suite son son sa sa méthode de travail et et je dis pas qu'il y avait pas de moment où il y avait de la tension et c'est normal mais je sais pas j'avais l'impression d'aller dans un beau musée avec dans des et puis de pouvoir rentrer dans des beaux tableaux quoi c'est très excitant c'est intéressant que vous parliez de masque parce que vous jouez enfin j'ai j'ai parlé de votre rôle dans le bureau des légendes que je trouve assez similaire à celui d'Anne dans le film de Catherine Breya parce que ce sont deux femmes qu'on trouve assez rigides et qui vont laisser transparaître des sortes de de de sortie de route si je puis dire de ouais de failles et de de de de questionnement en tout cas comme si tout à coup à l'écran se révélait le fait que tout ne pouvait pas rouler à l'intérieur d'un cadre et de règles qu'on s'était fixé est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un parallèle entre ces deux personnages là c'est de vraiment de de façad et de pouvoir travailler sur cette idée du masque ou vraiment c'est deux rôles qui n'ont rien à voir non non non non je vois il y a une petite je vois le lien c'est des personnages qu'on on on croit qu'on sait qui ils sont et en fait pas du tout aussi ils nous montre d'ailleurs même que eux-mêmes ne savent pas qui ils sont et ben voilà c'est ça qui est génial enfin c'est ça qui me qui est très très intéressant notamment dans ce personnage de l'été dernier et c'était pareil dans le bureau des légendes c'est qu'on pouvait afficher Je dirais que dans l'été dernier c'est une femme qui qui sait très bien qui a l'air de maîtriser les choses elle est c'est pas quelqu'un qui c'est pas une femme inconsciente hein elle c'est elle est avocate spécialisé dans les droits de l'enfance enfin c'est elle a le contrôle des choses sauf que là elle le perd complètement à cause de cette de cette de de de cette rencontre de cette rencontre un peu un peu fatale quoi donc alors que dans le bureau des légendes il y avait un masque qui était construit aussi pour euh qui était aussi de la manipulation qui était de la manipulation ou elle perd le le contrôle de sa vie euh parce qu'il se passe aussi des des des choses dans dans sa vie alors cette rencontre c'est c'est un déclic ou alors aussi dans ce personnage là on sent qu'à un moment donné on a cette envie de faire de faire tout exploser on parlait tout à l'heure de de de cette chute euh la la routine peut-être le fait de vieillir aussi c'est un un personnage qui euh qui est bien installé dans sa vie et qui peut-être s'interroge sur sur son avenir oui oui euh il y a plein de de choses que j'ai que j'ai pu ressentir euh en effet elle dit à un moment donné à son mari tu es un normopathe et les normopathes ça m'enmerde et donc elle est dans un à la fois elle s'est volontairement installée dans ce dans ce dans dans dans ce carcan magnifique douillé bourgeois c'est ce qu'elle a voulu elle mais et à la fois elle est à cet âge où où o on se demande sans sans que ce soit caricatural c'est pas qu'elle aime elle aime son mari son mari l'aime c'est c'est il y a pas de de c'est pas cet ennui là qui est insurmontable mais quand même il y a quelque chose de c'est un personnage qui est quand même particulier qui a eu un passé aussi particulier c'est c'est dit de façon très très délicate et très subtile dans le film mais moi j'ai eu cette sensation qu'elle voulait rejouer quelque chose qui s'était mal passé au départ qui avait cette tentation un peu irrépressible de de de de de rejouer les Ch ch en bien mais ce qui est une illusion et en plus probablement quelque chose qui va être très destructeur pour tout le monde mais c'est sa folie ce film c'est véritablement un drame mais avant ça vous avez joué aussi dans des comédies et avant les comédies on a pu vous entendre là je suis caché dans la rue sauras-tu me [Musique] trouvéé souvenez-vous l'époque où Léa était chaperonné par Tati C épo est fin ensuite elle a été chapotée et puis ensuite elle a mangé un très très bon chapon c'est ça mais ça on s'en fout à la limite oui à la limite Léa nous allons vous laisser avec Daniel prévoau hein présentez-lui un peu des gens avec qui vous êtes parce que Daniel me disait of the M qui veut rien dire en français j'aime rencontrer des gens nouveaux leur emprunter de l'argent et CEA bon ben alors je vais vous présenter j'ai présenté à Daniel prau monsieur Enzo oui bonjour un jeun garçon qui va avoir 19 ans qui a commencé le ramadan il y a quelques jours et qui aim l' pas quelques jours quand même il y a pas quelques jour bon c'est pas aujourd'hui donc c'est pas quelques jours on est bien d'accord vous avez fait une erreur grave VO c'est ça c'est le Daniel prév j'aime bien la diontologie pardon madame là j'aime bien là c'est bien excusez-moi he c'est le sentiment que vous aurez un salaire moindre alors on les laisse tous les deux pend ce temps là ari allons prendre une douche par contre je vais prendre une douche la grosse boule Radio Nova éedouard Bert Ariel Wiman c'était en 1995 vous avez commencé avec salé à Drucker oui à peu près oui oui ça faisait partie de ma ça fait c'était j'avais déjà commencé être comédienne je je je faisais des petits boulots à côté voilà je je faisais des je passais des castings et puis j'ai été embauché par Édouard et Ariel sur la grosse boule en effet pour aller ils m'ont j'avais j'avais besoin de travail et puis mais ça s'est fait dans l'heure c'est qu'ils m'ont dit bah pas ils m'ont donné un bibop ou je sais plus ce que c'est C les premers portbl les premiers portables ils m'ont vraiment poussé dehors et ils m'ont dit tu nous trouves des gens pour parler en direct dans l'émission donc j'ai passé un certain temps dans les rues de Paris à à trouver des gens pour communiquer avec eux et je riais beaucoup ça c'était vraiment très Jo mais qu'est-ce que ça vous a appris cette expérience est-ce que ça vous a appris à réagir tout de suite à à à à trouver le le la meilleure punchline la meilleure réparti le c'était difficile de de de le de les dépasser hein de ce côté-là je surtout à distance mais ce qui était amusant c'était de trouver des personnalités dans la rue qui je il fallait que je sente que ça allait marcher que ça allait coller ou que ça allait devenir un peu surréaliste et euh ça ça m'a ça m'a appris que d'abord honnêtement j'ai trouvé que c'était super de faire de la radio j'ai adoré ça j'ai adoré aller dans les stud après dans le studio je traînais à Radio Nova pendant des heures sans rien faire euh sur les canapés et puis à regarder les les gens passés donc c'était un un un environnement qui me plaisait à la fois la radio puis à la fois dans la la rue et parler aux gens je c'est vrai que je suis très je crois que je j'aime bien parler avec les gens donc je ça m'a vous êtes bien là finalement vous aimez bien la radio j'adore la radio ou et pourquoi je ne sais pas je crois que ça tout passe par la voix il y a un peu moins l'image donc je suis concentrée sur autre chose c'est plus peut-être peut-être plus parler de soi c'est pas simple donc parler de soi avec en plus l'image des fois c'est plus lourd mais à la radio je trouve ça plus plus plus voilà ça vous rapproche plus du du théâtre du coup que que du cinéma ou de la télévision de la radio oui euh le théâtre c'est quand même après le théâtre c'est la gestuelle aussi c'est le c'est le corps le corps compte beaucoup la radio le corps compte pas trop ben maintenant vous avez des caméras mais oui il y a des caméras ici c'est vrai mais il faut pas y penser c'est comme si on était film oui oui et cette ce qui est drôle avec cette séquence aussi de Radio Nova c'est qu'on on vous connaît aussi d'abord dans ce registre plutôt de l'humour comment vous avez réussi à négocier le le passage au drame parce que là enfin même pour moi la transition a été difficile à faire entre parler du dernier film de Catherine Breya et embrayer sur la voilà la tatyobile comment en fait je crois que c'était meses mon premier fantasme de du métier mes modèles étaient des acteurs souvent anglais ou anglais je voyais il faisait tout il faisait des comédies il faisait du théâtre il faisait de la télé il faisait du drame le le le rêve c'était d'arriver à tout faire c'est c'est ce que je m'étais dit et c'est pour ça que je me suis d'abord orienté pour le théâtre parce que j'avais l'impression que il y avait peut-être plus de possibilités mais c'est vrai que j'avais développé dans dans les écoles que j'ai faites on m'avait plutôt encouragé à aller vers la comédie et puis j'étais quelqu'un d'assez fermé émotionnellement je dirais en tout cas j'avais beaucoup de mal avec les les larmes les j'étais très plutôt enfermé de ce côté-là alors ça m'a demandé un long travail où j'ai fait des stages avec j'allais vous demander parce que ça veut dire vous n'arriviez pas à pleurer sur comment nonut pas dire que j'étais insensible c'est tout était très enfermé comment on apprend alors c'est quoi ces stages de l'ARM mais ça c'est le le le le le c'est pas des stages de larmes dieu merci mais non c'est des stages de avec des profs de théâtre ou des des profs de de jeux où on on s'entraîne en fait c'est un entraînement et on essaie de d'ouvrir des portes c'est vraiment un travail d'acteur et d'actrice c'est très c'est pas quelque chose où on aimerait qu'il y ait des caméras dans dans dans la pièce pour voir ce qu'on fait c'est un travail personnel ça peut être un long chemin pour moi c'était assez long et après une fois qu'on ouvre les portes on comprend que voilà c'est c'est comme un quelqu'un qui fait de la gymnastique et qui va s'entraîner tous les jour je pense qu'il faut si on veut être comédien c'est intéressant de savoir euh on peut pas arriver sur un plateau et dire non mais moi je sais pas pleurer bah non mais moi je peux pas embrasser ou je trouve ça une fois qu'on s'engage dans un dans un film dans une histoire faut pouvoir être répondre à à ce qu'on à ce que demande le scénario qu'est-ce que vous avez appris sur les planche que que vous n'avez pas appris après dans le cinéma en fait que vraiment est-ce qu'il y a un rapport au public un rapport au présent un rapport au jeux qui est complètement différent pour vous je dirais que le le le la source du jeu la réflexion sur les personnages exactement la même qu'au cinéma pour moi par contre sur le sur l'instant enfin je sais pas en même temps parce que sur le tournage je trouve que c'est pareil on est aussi sur l'instant mais bon évidemment il y a pas la possibilité de refaire mais il y a quand même la possibilité de construire en répétition et je dirais pas que le théâtre est plus dur que le cinéma mais euh il y a un rapport immédiat avec euh avec est-ce qu'on est dedans ou pas c'est-à-dire que si le spectateur de théâtre s'ennuie ou ne voilà on en sent que il y a il y a quelque chose où il faut un peu un peu vertigineux à être vraiment extrêmement préparer pour pouvoir sur scène être dans tous les sentiments possibles du personnage à l'instant où ça se produit et on ne sait pas si on arrivera à le refaire le lendemain et vous travaillez de la même façon avec un méteur en scène justement et un réalisateur ou une réalisatrice est-ce que c'est la la même relation ou est-ce que on est plus libre par exemple au théâtre sur les planches on est libre à partir du moment où le spectacle commence à partir du moment où la première représentation commence en répétition pas forcément euh mais chaque metteur en scène que ce soit au théâtre ou au cinéma ils ont des ils ont des des des façons de de vous parler qui é très très différentes et des exigences différentes il y en a qui vous disent rien qui vous laissent complètement proposer les choses et puis après ils vont monter par exemple au cinéma et d'autres qui sont dans une exigence absolue comme Catherine euh c'est c'est les deux sont intéressants je trouve les deux sont je dirais pas que quelqu'un qui vous dit rien ça veut dire qu'il sait pas ce qu'il fait non ça veut dire en a qui qui savent vous poser la caméra et mettre en scène des situations ça va tout d'un coup vous emmener quelque part Xavier Le par exemple sur jusqu'à la garde ou sur avant que de tout perdre alors c'est quelqu'un qui parle bien sûr il dirige mais c'est pas du tout envahissant par contre il a une façon de mettre la de poser la caméra et de de mettre en scène en place les personnages et de créer des situations qui vous emmènent qui vous emmènent quelque [Musique] part name no that's true the only person who might know would be the great and wonderful Wizard of ours himself Wizard of ours is he good or is he wicked oh very good but very mysterious he lives in the Emerald city and that's a long journey from here but how do I start for emal City it's always best to start at the beginning and all you do is follow the yellow brick ro follow the yellow brick Road follow the yellow brick ro [Musique] vous avez instantanément reconnu les je pense qu' avait une seconde qui diffusé ah le magicien do est-ce que c'est le premier film que vous avez regardé c'est le premier film qui m'a que j'ai regardé qui m'a marqué entièrement j'avais peut-être vu Fantasia vite mais j'ai un vague souvenir de Fantasia mais ça m'avait plutôt effrayé mais le le magicien dos ça m'a c'est le premier film que j'ai vu vraiment dans une salle de cinéma avec en rentrant à la maison en étant hanté par le film en en ayant déjà envie de le revoir à une époque où on avait pas de magnétoscope et si on voulait revoir un film fallait retourner au cinéma donc le film a vécu avec moi pendant pendant très longtemps et je suis tombée RA dingue de jod Garland de sa voix de de d'elle de sa façon de de sourire de ses yeux de son regard c'est vraiment la première actrice qui m'a qui m'a emporté vers le cinéma est-ce que vous avez d'autres modèles comme ça comme Judy Garlande par exemple qui vous ont accompagné parce que entre le magicien d's et et l'été dernier ou même d'autres rôles que vous avez joué il y a une sorte de de de d'écart en tout cas assez frappant d'un côté un cinéma plutôt réaliste naturaliste même on a entendu dans la dans la bouche de Catherine Brea même dans jusqu'à la garde pour lequel vous avez eu le César euh est-ce que ça ça comment ça vous accompagne en fait ces modèles là alors il ils sont là ils sont très présents les modèles ils sont parfois même là sur un sur une scène qu'on travaille et je me des fois je me dis tiens comment elle ferait ça elle je comment elle Leit et ça veut ça veut pas du tout dire que j'arriverai à faire pareil c'est peu importe mais ça ça envoie sur des sur des sur des rêves ça en fait ça fait rêverf les grandes actrices de cinéma moi elles me font rêver donc euh que ce soit dans des registres très sombres ou que ce soit dans des choses absolument merveilleuses mais ça moi ça me provoque des émotions je pense à des images je pense à des images je peux penser à Meril strip dans l'ascenseur dans cramur contre cramur et claac ça m'en si si j'ai besoin des fois on va chercher des émotions moi je vais chercher dans des images de cinéma quel rôle vous rêveriez qu' vous propose oh une comédie musicale vous dansez bien vous chantez je je je chante pas trop mal j'irais pas faire un disque et vous assommer de ça mais je veux dire je on vous demandera pas de chanter non mais j'aime bien chanter j'aime bien chanter j'aime bien faire de la musique et j'aime bien danser donc j'adorerais jouer un personnage dans dans une comédie musicale et ça on vous l'a il y a des projets comme ça qui peuvent c'est pas facile de de produire des des comédies musicales aujourd'hui enfin il y en a eu on a eu la la landand on a eu plein de films mais euh ça se fait pas tous les jours et vous vous pourriez pas monter ce genre de projet vous aimeriez passer de ce côtél ben oui ça j'aimerais j'aimerais sans passer tout de suite à la comédie musicale mais d'abord j'aimerais bien diriger des comédiens bien sûr j'aimerais bien travailler avec des acteurs sans sans jouer parce que je travaille beaucoup avec les acteurs en jouant avec eux mais j'aimerais bien oui et travailler avec des comédiens dans ce sens-là vous avez des idées j'ai des idées j'ai des idées mais elles sont pas j'en ai deux trois mais elles arrivent pas enc à s'ancrer dans le sol au point de de mais ça ça de plus en plus en fait oui c'est c'est aussi une position peut-être qui interroge sur la place des femmes dans dans le cinéma il faut plus de femmes derrière la caméra comment vous voyez-vous cette cette question là mais je trouve qu'il y a une ouverture depuis quelques années qui qui est qui est assez fantastique et qui permet qui nous permet à nous actrices de d'avoir des personnage de plus en plus intéressant et quel que soit l'âge qu'on a il y a encore énormément de travail à faire de ce côté-là c'est pas du tout que c'est maintenant c'est facile passer 40 ans de trouver des rôles c'est pas ça que je veux dire mais je trouve le fait qu'il y ait beaucoup de femmes dans les comités d'écriture de plus en plus de femmes productrice scénariste réalisatrice ça ça ouvre pour nous des des rôles hyper intéressants merci beaucoup lad drucard je rappelle qu'on peut vous voir dès demain au cinéma dans l'été dernier de Catherine bra j'en profite pour annoncer qu'on pourra aussi vous voir sur le petit écran des le 5 octobre dans la série sous contrôle d'wan le duc ce sera sur é et pour finir la Drucker vous avez le choix entre deux chansons une chanson sur cet été ou une chanson sur l'été dernier une chanson sur cet été ou l'été dernier je suis plutôt nostalgique on va dire l'été dernier alors c'est parti pour l'été [Musique] dernier les feuilles sont tombé serment envolé où sont les beaux ciels bleux où sont les jours heureux moi j'ai le cœur [Musique] malheureux j'ai perdu mon amour à la fin des beau jour et j'ai mal et j'ai mal mon cœur est lourd oh non oh non oh non non non non [Musique] non l' juré sur le [Musique] grand pied le sole jamais je je ne pourrais l'oublier une feuille est tombée doucement à mes pieds et c'est alors que j'ai pleuré à la fin des bonjours elle est morte à son tour me rappelant notre amour [Musique] et un grand merci à l'équipe des midi de culture qui sont préparé par cy marchand Laura du Manon de la S réalisation Nicolas berger prise de son Grégor wallon pour réécouter cette émission bien rendez-vous sur le site de France Culture à la page de l'émission à demain Nicolas

Léa Drucker, l'actrice qui n'est jamais là où on l'attend — Mathieu Lefèvre · Pourquijevote