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interviewFrance Culture — Sens politique· 11 février 2023 43 min

Réforme des retraites : Jean-Philippe Tanguy (RN) dénonce "la très grande responsabilité" de la Nupes

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, dans la vie politique, il y a des tournants, des journées qui font toute la différence, qui changent le visage d'un quinquennat ou qui marquent le début d'une nouvelle ère. Des années après, on peut dire, c'est ce jour-là que tout a commencé. Ce samedi sera-t-il un tournant ? A l'Assemblée nationale, la réforme des retraites met l'hémicycle en ébullition. La bataille se joue là, mais elle se joue aussi dans la rue. Voilà le pari de l'opposition et des syndicats, organiser des manifestations massives un samedi pour attirer le plus de monde possible et faire reculer le gouvernement. Leur espoir est là, que ce 11 février soit un tournant et le début de leur victoire.

Aujourd'hui, tout le monde joue gros, les syndicats qui espèrent faire décoller le mouvement et le gouvernement qui guette un essoufflement. Si les cortèges sont moins fournis, Emmanuel Macron sera plus serein. Ce soir, chacun va scruter les chiffres, c'est sûr. Combien de manifestants à Paris ? Et surtout, combien de manifestants dans ces villes de 10 000, 20 000 ou 50 000 habitants ? Ces villes où la mobilisation est forte depuis le mois dernier. Oui, ce samedi est une journée importante. L'issue est incertaine. Les dés sont jetés. Le temps est suspendu. Nous ouvrons un nouveau numéro de Sens Politique. Soyez tous les bienvenus. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour.

Président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Jusqu'à 13h30, vous êtes l'invité de France Culture. Nous allons remonter aux racines de votre engagement. J'évoquais l'actualité, elle est chargée. On va en parler, bien sûr, mais on va surtout essayer de comprendre quel sens vous donnez, vous, à la politique. Vous avez 36 ans. Depuis le mois de juin dernier, vous êtes député de la 4e circonscription de la Somme. Vous avez rejoint Marine Le Pen il y a deux ans seulement. Et en quelques mois, vous êtes devenu un des dirigeants du Rassemblement National. Beaucoup d'auditeurs vous ont découvert le 21 juillet dernier quand vous êtes monté à la tribune de l'Assemblée.

C'était pendant le débat sur le pouvoir d'achat.

2:25
Invité

Alors, alors, alors, vous, ce petit cœur qui a inspiré, je pense, beaucoup de gens parmi nous. Je vous en prie, collègues de gauche. Monsieur Tanguy, monsieur Tanguy, s'il vous plaît. Alors, un deuxième round, un deuxième round va s'ouvrir dans quelques heures. Ce deuxième tour, vous avez voulu le cinquième tour, c'est celui-là, il est un peu raté. Le sixième, c'est tout ici qu'à suivre. Alors, pour un peu rigoler, un peu, un peu de légèreté après cette nuit.

3:38
Présentateur

C'est vous à l'Assemblée Nationale au mois de juillet dernier, Jean-Philippe Tanguy, avec cette phrase répétée, silence pour la France, vous prenez-vous pour la France ?

3:47
Jean-Philippe Tanguy

Non, c'était, sincèrement, c'était pas pour moi. C'était la fin d'une très longue journée de travail. Nous avions commencé à 9h du matin. Il était 6h du matin, le lendemain, avec peu d'interruptions. Et en fait, et d'ailleurs, ça se prolonge avec le débat sur les traîtres aujourd'hui, les rangs de la NUPES ne cessaient d'interrompre les différents personnes qui parlaient, pardon, les différents orateurs, je vais y arriver, que ce soit du gouvernement, de la majorité, des oppositions, et ne laissaient même pas les autres parler. C'est-à-dire qu'en fait, ils commencent à m'interrompre alors que je n'aime pas prononcer un mot.

Et ce silence pour la France, qui était totalement spontané, parce que, pour la petite histoire, je ne devais pas faire cette clôture, cette explication de vote. Ça devait être Marine Le Pen. Mais compte tenu de l'ambiance et de l'évolution des débats, elle m'a demandé de la remplacer au pied levé. Donc c'est vrai que j'ai improvisé. Et bon, j'ai aussi en fait fait le parti pris, de ne pas mettre de l'huile sur le feu, d'essayer de mettre un peu d'humour dans cette assemblée, puisqu'il y a un moment, quand tout est bloqué, il faut mieux en rire qu'en pleurer. Alors ça a surpris certaines personnes, ça en a amusé d'autres. Mais globalement, j'ai plutôt eu de bons retours sur cette séquence.

La politique est-elle un spectacle ? Il y a une dimension de spectacle. Moi, je n'aime pas les gens qui font pour reprendre des cris d'orfraie ou des pudeurs de gazelle pour reprendre les mots de l'autre banc politique. Oui, il y a une dimension dans le Parlement. D'ailleurs, le lieu du Parlement est un lieu qui ressemble beaucoup au théâtre par ses couleurs, par les choix scéniques qui sont faits, par la valorisation de la voix aussi, tout simplement. Oui, il y a une dimension spectacle, parce qu'il y a une dimension exutoire. La politique, la représentation permet aussi aux personnes qui nous ont élus de s'exprimer avec tout un panel de sentiments.

Moi, si vous voulez, la démocratie sans goût ni saveur qu'il peut y avoir dans d'autres pays, qui n'est pas la tradition latine, à mon avis, est très dangereuse pour la démocratie, parce que ça fait de la frustration. Après, il faut être modéré, il faut que ça reste constructif, mais il ne faut pas non plus avoir peur de l'art oratoire.

5:53
Présentateur

Vous connaissez bien l'Assemblée nationale, puisqu'avant d'être élu, vous étiez assistant parlementaire. Avez-vous jamais fait autre chose que de la politique, Jean-Philippe Tanguy ?

6:01
Jean-Philippe Tanguy

Ah oui, non, je n'ai pas été longtemps assistant parlementaire, à peine 18 mois. J'ai commencé ma carrière dans l'industrie, au Japon d'abord, et ensuite en France, au cabinet de Clara Guémard. Alors, j'étais stagiaire apprenti, et puis après, j'étais... Général électrique. Général électrique, et puis après, j'étais, auprès de M. Dupont-Aignan, mais j'étais son directeur de cabinet dans une agglomération. Donc, je vais m'occuper du service public, quand même, pour 200 000 habitants.

6:25
Présentateur

Mais une vie de politique, jusque-là, diriez-vous que vous êtes un professionnel de la politique ?

6:30
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, il ne faut pas se mentir, moi, je n'aime pas se cacher dans mon petit doigt. Oui, c'est vrai que j'ai eu plus de carrière dans le monde politique, mais dans les collectivités territoriales, c'est encore un autre monde, c'est très différent de la politique nationale, c'est quand même être au service au quotidien des gens, c'est l'organisation des services publics, des bus, des piscines, des activités culturelles, de la musique... Bon, c'est quand même très différent de l'Assemblée, mais quand même, ma vocation essentielle, c'était l'industrie, et c'est la vie qui a voulu que je quitte l'industrie.

Moi, si j'avais pu rester dans le monde de l'industrie, j'y serais resté, mais la vie en a voulu autrement.

7:01
Présentateur

Vous avez cité Nicolas Dupont-Aignan, cet élu que vous avez suivi pendant des années, de longues années avant de rejoindre Marine Le Pen. Vous l'avez quitté en 2020, pourquoi l'avez-vous abandonné, finalement ?

7:13
Jean-Philippe Tanguy

Abandonné, c'est une relation politique, même s'il y a évidemment des relations humaines, même amicales. Moi, j'ai beaucoup de respect pour Nicolas Dupont-Aignan, et j'étais en désaccord sur le rassemblement, et sur comment il fallait rassembler les forces nationales, le parti gaulliste qui incarnait M. Dupont-Aignan, et le parti national qui incarnait Marine Le Pen. Et en fait, en 2017, j'ai eu l'expérience, puisque je m'occupais de la campagne de M. Dupont-Aignan, et c'est moi qui ai négocié l'accord, à l'époque, entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen. Et j'ai compris, en fait...

7:45
Présentateur

Qui devait faire de Nicolas Dupont-Aignan

7:47
Jean-Philippe Tanguy

le premier ministre de Marine Le Pen, si elle était élue ? Absolument. Ça, c'était la partie immergée de l'iceberg, si je puis dire. Mais il y avait un accord politique, c'est-à-dire que l'accord politique résolvait l'ensemble des différences de fond, des différences programmatiques, comme il y a pu avoir avec la NUPES, par exemple, entre les gaullistes et les marinistes. Et à partir de ce moment-là, il n'y avait plus de différence, en fait, de fond, puisque tout avait été réglé. Ça, c'est sur le fond. Et sur la forme, j'ai compris aussi que les dix jours entre le ralliement de M. Dupont-Aignan et le deuxième tour n'avaient pas suffi pour expliquer aux Français.

Et j'ai compris qu'il fallait quand même du temps pour expliquer une position politique, pour expliquer une alliance, et que je ne voulais pas qu'on refasse ça entre deux tours parce que ça n'aurait pas marché.

8:24
Présentateur

Est-ce que l'avenir est toujours là ? Un pont, une passerelle entre le rassemblement national, le martyre de l'arrivée Le Pen et cette droite, notamment gaulliste, à laquelle vous étiez fidèle ?

8:36
Jean-Philippe Tanguy

Oui, moi, je pense qu'il y a des passerelles. Alors, de toute façon, le gaulliste, c'est le rassemblement au-delà des clivages politiques.

8:41
Présentateur

Tout le monde se dit gaulliste aujourd'hui.

8:42
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est vrai. Après, c'est aux Français de l'UG. Moi, je pense quand même qu'il y a des lignes, il y a quand même des différences factuelles sur la défense de la souveraineté, des libertés individuelles, de l'intérêt national, une vision de la diplomatie qui, à mon avis, sont objectivement du côté de Marine Le Pen et à l'époque et toujours, d'ailleurs, de Nicolas Dupourgnant. Après, c'est les Français qui jugeront. Ce n'est pas moi de faire l'arbitre des élégances. Mais sur le fond, quand même, les élections législatives, je pense, ont montré un basculement, notamment dans ma circonscription, mais dans beaucoup d'autres.

C'est pour ça aussi que je pense que beaucoup de personnes ont été surpris par nos résultats législatifs. Un basculement de cette classe moyenne rurale qui était plutôt de tradition shirakienne, sarkoziste, et qui, au deuxième tour, pas forcément au premier, mais au deuxième tour, a choisi Marine Le Pen contre Emmanuel Macron, ce qu'il n'avait pas fait en 2017.

9:34
Présentateur

Au Rassemblement National, votre ascension a été rapide. Vous êtes devenu rapidement beaucoup plus visible et beaucoup plus connu que vous ne l'étiez du côté de Nicolas Dupont-Aignan. Était-ce le but ? Était-ce une des raisons pour rejoindre Marine Le Pen ?

9:49
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement, pas du tout. Alors bon, il faut me faire confiance. Je suis quelqu'un plutôt timide, en fait. Moi, je réservez. Moi, j'aime bien être dans mon coin avec un livre, faire mon sport. Je ne suis pas du tout quelqu'un qui aime les médias particulièrement, qui n'aime pas du tout la lumière. Au contraire, moi, je me force ma nature pour mon combat, pour mes valeurs. Donc, ce n'était pas du tout pour ça. Si, effectivement, Marine Le Pen m'a fait l'honneur de me faire confiance assez rapidement, c'est, en fait, effectivement, du grand public, je n'étais pas connu. Mais dans le milieu souverainiste, je m'agitais quand même depuis dix ans.

10:23
Présentateur

Votre timidité n'est pas flagrante quand on entend l'extrait qu'on a écouté il y a quelques minutes. Les grands timides, souvent, peuvent se révéler

10:31
Jean-Philippe Tanguy

dans des moments un peu tendus.

10:32
Présentateur

Vous découvrez de l'intérieur la vie parlementaire et ce paradoxe du Rassemblement National depuis les dernières élections législatives. Un groupe important, peut-être 90 députés, et en même temps un groupe isolé. Quand vous présentez vos propres textes, ils ne sont jamais votés à l'extérieur du groupe. Êtes-vous politiquement impuissant ?

10:51
Jean-Philippe Tanguy

Non, on est politiquement libres et les autres, ce sont sectaires. Si vous voulez, si les textes, par exemple, parfois de la NUPES, nous allons en commission, on a voté un texte pour recréer un monopole public autour d'EDF. Bon, si le Rassemblement National votait avec le même sectarisme que les socialistes, ce texte ne serait jamais passé. Donc, en fait, nous, nous sommes libres, comme nos électeurs, et les sondages montrent depuis six mois que les électeurs, y compris la NUPES, partagent notre sentiment de liberté, notre sentiment d'intérêt général. Et je pense que ce que ça révèle, ce n'est pas notre isolement, c'est le sectarisme des autres.

Par exemple, sur les surprofits, Total, cette semaine, a annoncé 20 milliards de profits, 35 milliards si on enlève les amortissements russes. cette mesure serait passée si la NUPES était moins sectaire. Donc, tout ça est très dommage. Et je pense sincèrement que les électeurs en tireront les conséquences.

11:39
Présentateur

Prenons la réforme des retraites. Vous y êtes opposé, comme la gauche, comme celles et ceux qui appellent à manifester ce samedi. Mais vous n'êtes là ni avec la NUPES qui manifeste, ni avec les députés de droite qui ont réclamé des améliorations ces dernières semaines. Est-ce que vous combattez vraiment cette réforme ?

11:56
Jean-Philippe Tanguy

Oui, alors je vous trouve un peu dur sur le fait qu'on ne demande pas d'amélioration parce que sincèrement, ce que demandent les députés LR rebelles, on va dire, ce sont les mesures du programme de Marine Le Pen. Pouvoir partir à 62 ans avec 42 annuités et pas être à 44 ans. Ce que demande l'aile gauche, on va dire, l'aile sociale de LR, ce sont les positions du programme de Marine Le Pen de la dernière élection, de 2022.

Donc, sur le fond, à la fin, je pense que le consensus va plutôt se bâtir sur la proposition qu'a faite Marine Le Pen lors de la présidentielle, c'est-à-dire plus on commence tôt, plus on peut partir tôt et que la NUPES, oui, il s'agit de beaucoup mais finalement, leur proposition est inaudible. Moi, je trouve assez grave la responsabilité qu'ils prennent de faire de l'obstruction à tel niveau qu'on ne pourra pas étudier les mesures d'âge. C'est-à-dire que, c'est un peu technique mais dans un projet de loi, on voit les articles un par un, les mesures d'âge, 64 ans et l'accélération de Touraine avec 43 ans de cotisation sont à l'article 7.

Si on est bloqué à cause des milliers d'amendements de la NUPES entre l'article 1 et l'article 3, on ne verra jamais cet article 7. Or, aujourd'hui, l'article 7 est minoritaire à l'Assemblée. Donc, c'est complètement incompréhensible de ne pas vouloir parler de l'article principal et de mettre en échec le gouvernement sur cet article. Donc, la NUPES, à la fin, aura une très grande responsabilité dans le fait que, malheureusement, ce texte puisse passer. Irez-vous manifester aujourd'hui ? Non, moi, je ne vais pas manifester. Alors, ce n'est pas ma tradition politique personnelle. Moi, ma famille, toute mon histoire personnelle, c'est le gaullisme.

Bon, en dehors de 1968, les manifestations gaullistes sont assez rares. Moi, je considère, dans la tradition quand même française, que d'un côté, il doit y avoir le mouvement syndical et d'un autre côté, le mouvement politique. Je trouve que mélanger les deux n'est pas sain, car les syndicats, c'est avant tout la défense des salariés en dehors des clivages politiques. Et je crois que, si on mélange les deux, ce n'est pas très sain. Par contre, moi, dans ma circonscription et mon suppléant, mon suppléant, a dirigé un syndicat ouvrier dans la Somme et en Picardie pendant près de 20 ans. C'est mon suppléant.

Donc, moi, je vais, par contre, sur des piquets de grève, je vais défendre les ouvriers ou les employés sur le terrain, mais aller manifester, si vous voulez faire une confusion, je trouve que ce n'est pas sain.

14:06
Locuteur non identifié

France Culture, Sens Politique, Jean Lémarie.

14:10
Présentateur

Nous sommes toujours avec Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Jusqu'à 13h30, nous interrogeons votre sens politique. Je l'ai dit, vous avez 36 ans, vous êtes née précisément le 25 mars 1986 dans le Pas-de-Calais, une mère secrétaire, un père dirigeant d'entreprise. Quelle place avait la politique chez vous ?

14:31
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, paradoxalement, c'est surtout ma mère qui parlait de politique. Alors, elle n'a jamais été engagée politiquement, mais elle était active et elle a une opinion informée sur tout. Et donc, c'est vrai qu'on avait quand même, il y avait une place pour le débat chez nous, mais bon, ce n'était pas de la politique, c'était plus de l'actualité et puis des défenses de valeurs finalement assez centrales, pas du tout clivantes. Alors, mon père est dirigeant d'entreprise, mais d'une PME, c'était une petite usine de meubles. Qui vous a donné envie de faire de la politique ? Je ne sais pas. Tout le monde a des réponses toutes faites.

Moi, j'ai beau réfléchir parce que c'est une question qu'on se pose, si je suis honnête avec moi-même, je pourrais essayer de reconstituer un moment. C'est un faisceau, c'est plusieurs choses, c'est mon goût passionné pour l'histoire. Si j'avais une autre vie, ça aurait été celle de prof d'histoire. Et puis bon, toute ma famille était engagée quand même dans la résistance, mais ce serait trop facile de dire que ça vient de là puisque ça a sauté deux générations. Donc, c'est compliqué, mais c'est aussi le hasard de la vie. Moi, je pense que, vous savez, souvent, on sur-rationnalise, on réécrit sa vie. Moi, j'essaie de rester un peu modeste par rapport à ça.

Les épreuves de la vie m'ont poussé à m'engager en politique pour défendre ce que je pensais, à savoir la défense de l'industrie française. Mais j'aurais pu m'engager sur autre chose. Par exemple, j'aurais pu m'engager sur la défense des libertés publiques, la lutte contre les discriminations. Bon, voilà, je pense qu'il y avait plusieurs opportunités après, c'est un caractère aussi.

15:53
Présentateur

Vous avez fait Sciences Po, une grande école de commerce aussi, l'ESSEC. A l'époque, est-ce que vous étiez engagé ?

15:59
Jean-Philippe Tanguy

Oui, sur le référendum de 2005, moi, j'étais déjà avec M. Dupont-Aignan, déjà à l'époque, mais comme militant, distribuer des tracts. Mais je ne voulais pas du tout faire une carrière politique. Je pensais plutôt le faire dans un deuxième parti de ma vie. Puis, une fois de plus, les événements ont voulu autre chose. Par contre, c'est vrai, on fait quand même de la politique sans le vouloir. Vous avez cité les deux écoles que j'ai eu la chance de pouvoir faire. C'était déjà très compliqué. C'est-à-dire qu'il y a vraiment la lutte des classes en France, ça existe. Et j'ai toujours été perçu comme une anomalie. Pourquoi ? Parce que malheureusement, la méritocratie française est très malade.

Il y a une reproduction des élites au sens strict du terme qui ne favorise plus l'ascension sociale. Et sincèrement, on se retrouvait entre les personnes qui avaient mon parcours, c'est-à-dire classe moyenne qui réussissaient les concours. De facto, on était entre nous de façon naturelle. et donc assez isolée. Alors, ce n'est pas une question de revanche. Ça n'a aucun intérêt. Mais c'est quand même que le système, j'ai perçu très tôt que le système ne fonctionnait pas puisqu'on m'expliquait à l'école que si on travaillait bien, ça fonctionnait. Non, ce n'est pas le cas.

Moi, je suis un peu un miraculé et j'ai plein de camarades qui étaient très méritants qui n'ont pas pu faire les études qu'ils méritaient.

17:05
Présentateur

Comme à tous nos invités, je vous ai demandé de choisir une archive qui parle de vous, de vos convictions. Voici votre choix.

17:10
Invité

La liste est longue de cet effilochage de notre volonté, de nos moyens, de nos structures et de l'état d'esprit de nos concitoyens. Avez-vous pensé, Monsieur le Président, que la France est faite de millions de braves gens qui croient en elle et pour qui la morale existe encore ? Vous a-t-on dit lors de vos dîners chez l'habitant que gagner sa vie, élever sa famille, pouvoir compter sur son épargne et être respecté et le vœu de la très grande majorité des Français. Certes, vous n'êtes pas responsable de tout, mais vous disposez d'assez de moyens pour vous faire obéir si vous le désirez. Nous voulions de la rigueur, nous n'avons eu que du laisser-aller.

Nous voulions de la générosité, nous n'avons eu que de la condescendance. Nous voulions du désintéressement, nous n'avons eu que de la désinvolture.

18:03
Jean-Philippe Tanguy

Quelle est cette voix, Jean-Philippe Tanguy ? C'est Marie-France Garrault. Qui était conseillère politique du président Pompidou puis de Jacques Chirac avec une grande maîtrise de la géopolitique et qui est une grande femme qu'on a redécouvert récemment dans le débat public. J'en suis heureux car je pense qu'elle n'a pas eu le destin et la reconnaissance qu'elle méritait.

18:26
Présentateur

Son ambition était de devenir présidente de la République en 1981. L'extrait qu'on vient d'entendre est issu de sa campagne présidentielle le 13 avril 1981. ça s'est mal passé pour elle en tant que candidate. 1,3% des voix en 1980. Pourquoi ce choix-là ? Ça surprend chez un élu de 36 ans.

18:48
Jean-Philippe Tanguy

Oui. Écoutez, moi c'est une femme qui m'a marqué. Tout ce qu'elle a dit, tout ce qu'elle a écrit habite en moi. et si vous voulez, c'est pas parce que vous pouvez avoir raison et l'histoire peut être injuste envers vous. C'est un peu ce que j'ai dit aussi tout à l'heure dans la modestie qu'il faut avoir face à la vie, face aux événements. Vous pouvez passer à côté d'occasion. La France, les Français peuvent passer à côté de quelqu'un qui aurait pu apporter quelque chose. Je pense que c'est le cas sincèrement de Marie-France Garrault. Je pense aussi qu'elle a souffert spécialement toujours à ramener, à essentialiser les gens. C'est quelque chose que je n'aime pas.

Mais je pense que comme femme aussi, elle a quand même subi des choses qu'elle n'aurait pas dû subir. Et c'est aussi pour reprendre un terme que vous aimez bien sur cette antenne, il y a une concordance des temps qui m'a beaucoup frappé. Ce qu'elle dit aujourd'hui, vous enlevez le contexte de M. Giscard d'Estaing sur les dîners chez l'habitant que M. Macron n'a pas fait. Vous avez quand même une extraordinaire actualité de ce qui est dit par rapport notamment aux gilets jaunes. C'est-à-dire vouloir vivre dignement de son travail, être respecté comme personne. Ce n'est pas du populisme, ce n'est pas de la démagogie, ce n'est pas des menaces d'extrême droite ou je ne sais quoi.

Ce sont juste des aspirations normales de personnes qui veulent juste être dignes.

19:56
Présentateur

En préparant cette émission, vous avez hésité avec une autre archive, la voix de Philippe Seguin pendant la campagne autour du traité de Maastricht en 92. Philippe Seguin, visage, voix d'un certain souverainisme. Êtes-vous aujourd'hui en 2023 souverainiste et si oui, comment Jean-Philippe Tanguy ? Qu'est-ce qui est actuel pour vous dans cette définition ?

20:17
Jean-Philippe Tanguy

Oui, j'ai hésité, je me suis dit que je vais rendre honneur à Marie-France Garraud puisque Philippe Seguin est très connu et il passe souvent dans votre émission.

20:26
Présentateur

Aurore Berger l'a choisie la semaine dernière à votre place. Absolument. Autre itinéraire et même racine là-dessus sur Philippe Seguin.

20:33
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est particulier, moi je respecte tous les choix de tout le monde. Qu'est-ce que c'est le souverainisme ? Avant tout, c'est la défense de la liberté.

Liberté comme nation et donc liberté comme individu et c'est de croire que la valeur de la liberté n'est pas supérieure à l'égalité mais cardinale qu'elle est rare parce que quand on se compare au reste du monde notamment sur la liberté d'expression c'est une valeur très fragile qui est très menacée et être souverain Philippe Seguin disait on est souverain totalement on ne l'est jamais à moitié ça reste pour moi le combat majeur car c'est en fait la base de la démocratie sans souveraineté vous n'êtes plus libre et donc vous n'êtes plus citoyen.

21:08
Présentateur

Sur le souverainisme Marine Le Pen ces dernières années a opéré un revirement complet elle ne propose plus de sortir de l'Union Européenne elle ne propose plus d'abandonner l'euro avez-vous changé d'avis comme elle ces dernières années ?

21:23
Jean-Philippe Tanguy

Non parce que si vous reprenez les deux figures dont on a parlé Philippe Seguin et Marie-France Garrault ce n'étaient pas des gens qui voulaient sortir de la construction européenne c'étaient des gens qui étaient contre l'euro

21:32
Présentateur

Elle n'en était pas du tout au même point à l'époque et de Philippe Seguin de Marie-France Garrault Oui enfin

21:36
Jean-Philippe Tanguy

Monsieur Seguin nous a quittés C'est passé des choses depuis 30 ans Oui oui tout à fait la Cour des Comptes il n'est pas mort depuis 30 ans Philippe Seguin mais ils ont été contre l'euro mais après une fois qu'elle était là l'euro est là le souverainisme parce qu'il y a souvent une caricature le souverainisme ce n'est pas de l'autarcie il y a un souverainisme

21:53
Présentateur

européen aujourd'hui celui qu'Emmanuel Macron dit défendre par exemple

21:56
Jean-Philippe Tanguy

On peut revenir après je ne pense pas que ce soit possible et là pour le coup c'est la droite ligne de Garrault c'est la politique monétaire en 2012 quand Mme Le Pen mais aussi M. Dupont-Aignan sont farouchement contre l'euro c'est que l'euro semble irréformable puisque M.

Trichet président de la Banque Centrale Européenne ne laisse aucune chance à ce qui sera fait après c'est-à-dire l'ajustement monétaire ce qu'on appelle le quantitative easing et en fait les traités ensuite n'ont pas été respectés paradoxalement et donc en fait ils ont montré qu'on pouvait faire de l'intervention monétaire et donc sauver l'euro contre lui-même à l'époque il y avait deux gros problèmes il y avait ce qu'on appelait l'euro fort c'est que l'euro était beaucoup trop fort par rapport au dollar qui était dans une situation difficile ce n'est plus le cas il y a un risque d'euro faible maintenant on est retrouvé à une parité et ensuite il y avait l'intervention sur les marchés c'est-à-dire l'interdiction pour les états de se refinancer de manière raisonnable donc ces deux piliers quand même de l'euro ont été mis à terre par nos adversaires paradoxalement et une fois qu'ils ont été mis à terre il n'y a pas de raison de s'enfermer dans une idéologie absurde et on peut revenir sur le souverainisme européen si vous voulez

22:57
Présentateur

Vous avez choisi une archive de Marie-France Garot vous avez failli venir avec la voix de Philippe Seguin auriez-vous pu choisir la voix de Jean-Marie Le Pen figure tutélaire du Front National l'ancêtre du Rassemblement National

23:10
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement non parce que pour moi ce sont deux traditions politiques différentes moi je respecte la personne de Jean-Marie Le Pen il y a certains de ses combats qui ont été communs d'ailleurs avec par exemple Charles Pasquois ou d'autres personnalités de la droite gaullienne mais ce n'est pas ma famille politique moi je considère que Marine Le Pen est totalement différente de son père d'ailleurs elle l'a exclue de son mouvement politique et donc ce n'est pas une question de personne c'est une question de ligne politique et je ne comprends pas pourquoi une certaine partie du système français considère que Marine Le Pen devrait être la seule personne qui toute sa vie répond de ses ancêtres c'est complètement absurde on est une civilisation basée sur la liberté individuelle sur le fait qu'on soit responsable de ses choix par ses choix Marine Le Pen a montré qu'elle n'était en désaccord avec son père sur ce qui a conduit à l'impasse de la ligne de Jean-Marie Le Pen donc pour moi ce sont deux traditions politiques totalement différentes

24:02
Locuteur non identifié

France Culture Sens Politique Jean Lémarie

24:06
Présentateur

Il y a au moins un fil rouge majeur entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen Jean-Philippe Tanguy c'est la lutte contre l'immigration jadis au coeur du programme du FN toujours au coeur du programme du RN est-ce toujours votre priorité ?

24:22
Jean-Philippe Tanguy

C'est une priorité puisque la situation est complètement aujourd'hui hors de contrôle c'est pas lutter ça peut me permettre de lutter contre l'immigration c'est considérer qu'il faut contrôler l'immigration c'est que l'état français le peuple français a le droit de choisir qu'est-ce qu'il veut comme politique d'immigration et qu'il n'est pas voué à accueillir des personnes qui sans doute ont de bonnes raisons pour venir mais qu'on ne peut pas forcément accueillir et de la même manière que pour le coup Jean-Marie Le Pen voulait reprendre le contrôle Marine Le Pen veut reprendre le contrôle mais c'est aussi une promesse excusez-moi presque de toute la classe politique à chaque élection c'est qu'à chaque élection il y a un alignement des positions de la droite mais même de M.

Macron aux dernières élections quand vous avez M. Darmanin qui vous dit 100% M. Macron puis M.

Darmanin qui dit 100% de QTF exécuté comme objectif obligation de quitter le territoire français c'est un alignement sur le programme du Rassemblement National donc c'est toujours caricaturé déjà comme de la xénophobie ça n'a strictement rien à voir le fait de vouloir contrôler ses frontières ne veut pas dire qu'on a une haine ou une peur de l'étranger c'est qu'on considère que la frontière existe pour être contrôlée il y a des moments de l'histoire de France où on peut accueillir des immigrés il y a des moments de l'histoire de l'humanité où il faut accueillir des réfugiés c'est ce qui s'est passé avec l'Ukraine mais il faut toujours garder le contrôle moi j'ai travaillé au Japon comme j'ai dit au début de cette émission la politique migratoire du Japon est extrêmement ferme et ça n'en fait pas ça n'attend pas la démocratie au Japon

25:43
Présentateur

vous parlez d'alignement entre les uns et les autres vous allez bientôt parlementaire examiner le nouveau projet du gouvernement sur l'immigration précisément êtes-vous prêt à le voter s'il y a alignement ?

25:54
Jean-Philippe Tanguy

nous on n'est jamais dans la politique du pire donc les bonnes mesures qui sont proposées par exemple réduire les possibilités abusives de recours passer de 7 à 2 de mémoire ça on le votera sans doute mais par exemple légaliser le travail clandestin et donner des permis de régulariser des travailleurs en situation irrégulière dans des conditions strictes dit le gouvernement ça pose des problèmes oui on verra mais ça pose des problèmes d'état droit tout simplement si vous ne faites pas de différence entre des immigrés qui ont respecté la loi française qui sont rentrés sur le territoire de manière légale et qui ont travaillé avec un titre de séjour légal et des personnes qui sont rentrées de manière clandestine qui sont sur le territoire de manière illégale ou qui se sont maintenues de manière illégale ça atteint à l'état droit c'est à dire qu'il n'y a plus aucune différence entre le respect de la loi et son irrespect donc c'est pas contre les personnes d'ailleurs Marine Le Pen a toujours été très claire nous n'avons aucune politique contre les immigrés vous ne trouverez aucun discours où Marine Le Pen met en cause les personnes immigrées c'est le phénomène de l'immigration c'est à dire le fait de contrôler ou pas les personnes qui rentrent ou qui sortent on n'a jamais accusé les personnes de venir pour des mauvaises raisons on comprend bien les raisons qui poussent les personnes à venir en France et on ne les juge pas je ne parle pas évidemment des terroristes ou des personnes qui rentrent de manière mal intentionnée mais les personnes qui viennent et qui veulent travailler en France on comprend qu'elles suivent venir mais c'est à la France de décider qui peut venir et qui ne peut pas venir j'ajoute qu'il y a un problème économique c'est à dire que vous avez le problème moi j'ai commencé quand j'étais étudiant j'étais déjà dans la restauration c'était pas un boulot étudiant j'étais à temps plein pendant 5 ans

27:25
Présentateur

donc vous avez vu ces hommes ces femmes qui travaillent notamment

27:28
Jean-Philippe Tanguy

dans la restauration qui font tourner les restaurants à de nombreuses entreprises absolument mais j'ai aussi vu l'attention que ça créait sur les salaires notamment des étudiants moi j'étais en permanence au salaire minimum alors qu'on travaillait très durement et que si je protestais contre les conditions de travail

27:42
Présentateur

vous savez que cette thèse économique est démentie par des spécialistes le fait que l'immigration

27:47
Jean-Philippe Tanguy

ferait baisser les salaires mais moi vous savez en économie comme dans les sciences humaines il n'y a pas de vérité incarnée il y a des débats et on progresse ensemble il y a des pays où ça ne crée pas de problème parce qu'il n'y a pas de tension il n'y a pas un chômage de masse en France il y a un chômage de masse donc dire qu'il n'y a pas de risque de trappe à pauvreté de trappe à bas salaire en faisant une concurrence entre les immigrés qui n'ont pas de revendications structurées et le reste de la population qui est ici ou les immigrés qui sont là depuis longtemps c'est juste du bon sens moi je l'ai vu je l'ai vécu et c'est une évidence voilà et de toute façon vous avez aujourd'hui un taux de chômage chez les personnes immigrées qui est le double du taux des français donc déjà occupons-nous de former les personnes qui sont sur notre territoire faisons en sorte que les conditions de travail donnent envie à tout le monde de travailler et de rester dans ce travail et après on verra mais nourrir cette pompe aspirante de l'immigration est complètement irresponsable puisqu'on n'a pas les conditions pour les accueillir dignement

28:38
Présentateur

nous continuons à vous faire réagir à des archives sonneurs celle-ci vous allez la découvrir ou la redécouvrir en même temps que nos auditeurs elle date du mois de novembre dernier

28:47
Invité

bonjour à toutes et à tous Carlos Martin-Sbilango déjà j'aimerais dire à tout le monde ici qu'aujourd'hui on m'a renvoyé à ma couleur de peau je suis né en France je suis député français et je ne pensais pas aujourd'hui qu'à la semaine nationale j'allais me faire insulter on m'a insulté moi et toutes les personnes qui sont en France qui ont cette couleur de peau et c'est tellement triste d'arriver à être en novembre depuis 4 mois nous suégeons ici et on voit la vraie face du rassemblement national c'est honteux c'est complètement honteux d'être envoyé à cette couleur de peau aujourd'hui jamais de ma vie j'ai été enseignant dans ma vie j'ai étudié tous les métiers du monde et aujourd'hui je suis député de la nation et me faire insulter c'est totalement honteux et de voir que le président du groupe du rassemblement national ne demande pas à la personne qui a proposé à cette insulte de quitter l'hémicycle c'est honteux

29:35
Présentateur

le député de la France insoumise Carlos Martins-Bilongo l'automne dernier député à la peau noire interpellé par un de vos collègues du rassemblement national Grégoire de Fournasse avec cette fameuse phrase très commentée qu'il retourne en Afrique Carlos Martins-Bilongo je le rappelle s'exprimait sur le sort des naufragés immigrés errantes en Méditerranée que révèle cette phrase ?

29:56
Jean-Philippe Tanguy

elle révèle que les insoumis ont menti d'une manière assez grave d'ailleurs puisque sur le moment c'est le président du groupe c'est moi à ce moment là qui préside le groupe en séance c'est pour ça que je voulais vous faire entendre cet arché moi je suis immédiatement moi je l'ai entendu sur le moment je n'ai pas du tout compris qu'il insultait notre collègue donc je suis immédiatement allé voir le député de Fournasse pour vérifier je lui fais juré sur ses enfants tu n'as pas parlé de notre collègue et je suis une fois que j'ai eu cette assurance je suis immédiatement voire qu'en bas il y a des huissiers il y a des personnes qui notent en permanence ce qu'il se dit de manière de scruter et même de revoir la vidéo la présidence a refusé de voir le compte-rendu et a refusé de voir la vidéo ce qui fait qu'il y a eu une espèce de tumulte et qu'il y a vraiment un système de rumeurs une espèce de rumeur qui est montée dans l'hémicycle dans le chaudron où ils ont commencé à raconter n'importe quoi et il y a eu un retournement de situation qui fait que d'ailleurs je pense beaucoup de députés de bonne foi ont cru que monsieur de Fournasse avait effectivement insulté notre collègue de qui et de quoi

30:53
Présentateur

parlait-il ?

30:54
Jean-Philippe Tanguy

il parlait du bateau il parlait de en fait notre collègue parlait du bateau dont j'ai oublié le nom qui faisait le trajet c'était l'époque notamment de l'Ocean Vicky l'Ocean Vicky entre les côtes libyennes les eaux libyennes pardon et les eaux européennes et il disait que ce bateau retourne en Afrique et d'ailleurs la fin de l'histoire est-ce plus acceptable

31:10
Présentateur

est-ce plus acceptable de parler d'hommes et de femmes naufragés

31:14
Jean-Philippe Tanguy

sur un bateau ?

factuellement à la fin le bureau de l'assemblée n'a pas condamné monsieur de Fournasse pour racisme comme c'était prévu mais pour avoir créé du tumulte donc à la fin le bureau a reconnu qu'il n'y avait pas de propos racistes donc il s'est quand même passé quelque chose de très grave parce que si cette personne monsieur de Fournasse a quand même été présentée pendant une semaine devant toute la France comme une personne raciste sa famille et compagnie donc si ça avait été vrai ça aurait été inacceptable c'était un mensonge et je pense qu'une partie des insoumis malheureusement était très cynique avec cette histoire sur la question que vous posez après est-ce que c'est différent ?

oui ça n'a rien à voir je suis désolé le racisme est illégal en France il doit être illégal même anticonstitutionnel il est contraire aux valeurs de la France et aux valeurs de la République considérer qu'un bateau qui transporte des personnes migrantes récupérant en mer doit revenir sur son port d'attache c'est-à-dire soit un port libyen ou un port tunisien ou doit arriver en Europe c'est un débat politique ça n'est absolument pas un débat ce n'est pas un débat raciste le fait qu'un bateau en droit humanitaire doivent reconduire des personnes sur le port de départ c'est le droit international aujourd'hui je suis désolé si les personnes sont récupérées plus proches des côtes tunisiennes ou libyennes elles doivent aller vers les côtes tunisiennes parce que la Libye n'est pas sûre donc c'est un débat politique qui se tient partout et d'ailleurs je rappelle qu'au premier mandat de monsieur Macron la position du gouvernement c'était de ramener les personnes en Tunisie sauf évidemment si le bateau dans une situation de risque et de péril ou de maladie qui nécessite des soins et une fois que les soins ont été apportés on rapatrie les personnes sur leur port d'origine c'est un débat politique mais d'ailleurs pourquoi est-ce qu'ils sont partis sur l'accusation de racisme c'est parce qu'ils ne veulent pas avoir ce débat politique puisque les français aujourd'hui en majorité très large majorité même souhaitent que l'on ramène ces personnes dans le port d'attache sauf cas humanitaire

32:55
Présentateur

les grands sujets de société l'immigration la place des personnes immigrées en est un il y en a d'autres sur les grands sujets de société comme le droit à l'avortement ou le droit des homosexuels est-ce que le rassemblement national descendant du front national a changé ?

33:12
Jean-Philippe Tanguy

écoutez je ne sais pas si il a changé pour moi Marine Le Pen sur ces sujets a toujours été extrêmement clair il y a eu un malentendu il y a 12 ans sur l'IVG Marine Le Pen après s'est excusée elle a dit qu'elle a regretté la formule qu'elle avait utilisée sur l'avortement de confort donc elle ne peut pas faire mieux et je suis désolé on nous a attendu je pense même de manière assez cynique qu'une partie de la majorité a voulu nous tendre un piège sur la constitutionnalisation de l'IVG une majorité du groupe 55% exactement a voté pour la constitutionnalisation de l'IVG et mieux encore le lendemain donc j'avais quand même une bonne connaissance de mon électorat le lendemain un sondage a révélé que l'électorat du rassemblement national était le plus en faveur de la constitutionnalisation de l'IVG donc je pense qu'il y a aussi beaucoup de fausses représentations sur ce qu'est l'électorat et les élus du rassemblement national qui finalement est très attaché et je l'ai dit au début aux libertés individuelles et sur la défense des droits des personnes homosexuelles et des minorités en général je pense qu'aujourd'hui le rassemblement national est garant de ces droits tout simplement parce qu'il défend l'universalisme aujourd'hui républicain il défend aussi l'ordre face à des gens qui utilisent la violence il faut le dire contre nos concitoyens notamment de confession juive depuis presque 20 ans contre aujourd'hui les homosexuels contre les droits des femmes et qu'aujourd'hui la défense de l'ordre public et des libertés individuelles sont consubstantielles

34:30
Présentateur

Est-ce que c'est facile d'être homosexuel aujourd'hui au rassemblement national ?

34:34
Jean-Philippe Tanguy

En fait oui moi je le suis j'ai toujours été assumé j'ai même défendu quand j'étais plus jeune notamment à l'ESSEC les droits nos droits Sébastien Chenu qui est président vice-président de l'Assemblée nationale a fondé Guélib au sein de la droite il n'y a aucun problème en fait pour notre électorat c'est un non-sujet c'est-à-dire que le fait d'être hétérosexuel ou homosexuel ne change rien ne change rien sur qui vous êtes

34:56
Présentateur

Je vous pose la question parce que Marine Le Pen soutient des gouvernements qui eux luttent contre les droits des personnes homosexuelles en Hongrie par exemple ou qui entravent le droit à l'avortement comme en Pologne est-ce que ça vous gêne ?

35:08
Jean-Philippe Tanguy

Non parce qu'en fait on ne soutient pas ces gouvernements la doctrine souverainiste c'est qu'on prend acte Ce sont vos alliés en Europe On prend acte des choix des différents peuples et on prend acte du fait que ces gouvernements ont été désignés par leur peuple de la même manière qu'on est allié aux tauristes On vient des tauristes dans le groupe ECR Les tauristes au Royaume-Uni ce n'est pas spécialement des gens contre les libertés individuelles et si vous voulez ce sujet est intéressant je pense que faire une campagne culturelle en Europe en fait fragilise la défense des droits des minorités dans ces pays parce qu'en fait ça fait un enjeu d'ingérence et qu'en fait je pense qu'il faut au contraire laisser ces peuples aller sur le chemin qu'on a choisi nous aussi de manière autonome car vouloir s'ingérer vouloir faire la leçon à ces peuples c'est l'assurance en fait de retarder voire de faire des mouvements inverses malheureusement

35:58
Locuteur non identifié

France Culture Sens Politique Jean Lémarie

36:02
Présentateur

Toujours avec Jean-Philippe Tanguy président délégué du groupe RN à l'Assemblée le Rassemblement National aspire à gouverner la France mais sur des sujets majeurs vous continuez à rester très discret je pense évidemment à l'environnement la crise climatique qui préoccupe aussi vos électeurs pourquoi faites-vous l'impasse sur un sujet aussi important ?

36:21
Jean-Philippe Tanguy

C'est intéressant ce que vous dites parce qu'on ne fait pas du tout l'impasse je ne sais pas pourquoi mais nos propositions par exemple sur l'énergie la transition climatique c'est moi qui ai fait le programme du Rassemblement National sur ce sujet il y a un document d'une quarantaine de pages sur un plan qui s'appelle le plan Marie Curie qui est un plan de transition énergétique de relocalisation industrielle qui atteint la neutralité carbone et ça ne fait ce n'est jamais repris ce n'est jamais analysé je pense aussi et ce n'est pas forcément une critique vous savez il y a des habitudes donc on invite le Rassemblement National pour parler sécurité pour parler immigration maintenant pour parler économie mais enfin ce n'était pas acté pendant plusieurs années et qu'on a décidé que le RN n'avait pas de programme sur l'écologie c'est totalement faux

37:00
Présentateur

On entend par exemple votre combat contre les éoliennes avec des mots très forts vous les combattez réellement ?

37:05
Jean-Philippe Tanguy

Mais on les combat en France parce qu'en fait on pense qu'en France c'est intéressant je vous remercie de me poser la question on ne pense pas que les éoliennes soient méchantes pour l'ensemble de l'humanité pour les pays en voie de développement c'est la meilleure façon d'avoir de l'électricité décentralisée mais on pense qu'en France c'est un mauvais choix c'est-à-dire qu'on a l'énergie nucléaire on a l'énergie hydraulique qui nous permettrait de produire beaucoup plus d'énergie et de franchir certains caps aussi comme la production d'hydrogène et on pense juste que c'est une erreur de choix de choix économique ce n'est pas qu'on est contre les éoliennes en elles-mêmes c'est que c'est un mauvais choix pour la France et qu'on propose autre chose qui fonctionnerait mieux parce qu'inversement le développement massif des énergies intermittentes comme l'éolien ou le solaire en Europe depuis 30 ans n'a pas permis de baisser massivement les émissions de gaz à effet de serre on auditionnait cette semaine en commission d'enquête Madame Voiné moi je ne suis pas allé contre Madame Voiné sur ces convictions que je respecte j'ai comparé le bilan du plan Mesmer et le bilan du plan allemand Energie 22 donc le plan Mesmer permet à la France de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre dans le mix énergétique le plan allemand fait que l'Allemagne pollue toujours 4 à 6 fois plus par kilowatt heure que la France voilà donc j'ai comparé deux résultats scientifiques rationnels et aujourd'hui moi je le dis si on fait le choix des énergies intermittentes pour l'Europe ou pour les Etats-Unis on va dans une impasse et on n'arrivera pas à relever le défi climatique or moi il m'inquiète puisqu'effectivement il y a une urgence climatique et aujourd'hui on a tellement perdu de temps dans des mauvaises solutions que je ne suis même pas sûr qu'on puisse y arriver

38:34
Présentateur

et donc vous misez tout sur le nucléaire mais ce ne sera pas avant 2037 dans le meilleur des cas encore une fois vous aspirez à exercer le pouvoir comment feriez-vous dans les années qui viennent ?

38:45
Jean-Philippe Tanguy

mais je ne pense pas en fait que l'échéance que nous donne la Macronie sur 2037 soit vrai moi je suis en contact avec la filière nucléaire je suis en contact avec beaucoup de physiciens et je pense que si on le voulait et d'ailleurs c'est intéressant votre question parce qu'il y a une urgence climatique donc aujourd'hui l'Occident les démocraties occidentales soit on fait des politiques urgentes c'est-à-dire que vraiment on met en place des systèmes industriels de production industrielle de relocalisation très urgente et massive soit on regarde les trains passer et effectivement on ne traite pas l'urgence climatique mais avoir dans la même phrase faire croire dans la même phrase qu'on va affronter l'urgence climatique avec des plans à 30 ans il y a quelque chose d'inconsidéré or les technologies nucléaires ont fait leur preuve ça a déjà fonctionné les énergies renouvelables ont fait leur preuve et malheureusement ça n'a pas fonctionné c'est pas une idéologie c'est pas une pétition de principe moi si on pouvait faire la transition énergétique

39:30
Présentateur

l'agence internationale de l'énergie se trompe par exemple

39:33
Jean-Philippe Tanguy

elle qui prône notamment le développement des renouvelables mais non je vous l'ai dit par exemple on ne va pas faire des centrales nucléaires et oui ça dépend on ne va pas faire des centrales nucléaires en Afrique ou dans des zones sismiques mais en fait il faut que chaque pays utilise les technologies qui maîtrisent le mieux car il faut aller le plus vite possible

39:48
Présentateur

nous arrivons à la fin de cette émission nous sommes ensemble depuis plus de 40 minutes maintenant vous êtes assis devant moi dans le studio de France Culture l'an dernier le rassemblement national proposait de privatiser la radio publique est-ce toujours votre projet ?

40:03
Jean-Philippe Tanguy

oui moi je ne pense pas que ce soit sain que l'état et d'ailleurs ça s'est aggravé puisque maintenant il n'y a même plus la redevance c'est une subvention de l'état et la main sur des médias moi je pense qu'il faut il y a deux choses à faire

40:15
Présentateur

est-ce que vous pensez que l'état a la main sur ce qui se dit là

40:18
Jean-Philippe Tanguy

dans ce studio ?

non ils n'ont pas la main sur ce qui dit là mais ils ont la main sur la nomination de la direction de Radio France c'est pas du tout une remise en cause une autorité qui s'appelle l'ARCOM qui nomme la PDG de Radio France oui mais l'ARCOM est elle-même nommée vous savez très bien que l'ARCOM est elle-même nommée par l'état et que le gouvernement a son mot à dire il ne faut pas être hypocrite c'est pas une remise en cause des journalistes moi je ne pense pas du tout il faut lutter contre la concentration à l'inverse aussi de la propriété des médias par certains oligarques mais je pense qu'il n'est pas sain que l'état d'une manière ou d'une autre ait une emprise sur des médias et ce n'est pas une remise en cause des journalistes c'est une protection qu'on veut leur apporter de manière différente

40:54
Présentateur

on parlait tout à l'heure de souveraineté est-ce que la radio publique n'est pas un bien commun le bien des citoyens que vous mettiez en avant tout à l'heure

41:02
Jean-Philippe Tanguy

ah mais par exemple moi je ne suis pas du tout opposé au fait que par exemple on propose un capitalisme populaire vous savez aussi dans la tradition du gaullisme nous on a proposé aussi un fonds souverain moi je travaille en ce moment d'ailleurs avec des députés de tous bords sur l'épargne populaire pour justement faire que les français possèdent leur entreprise moi ça ne me choquerait pas du tout que des médias il faut réinventer sans doute une troisième voie on est en plein dans la théorie gaullienne une troisième voie entre l'étatisme et le capitalisme sauvage ou oligarchique c'est-à-dire que les français les classes moyennes possèdent leur entreprise et aussi leurs médias ce serait je pense effectivement le meilleur moyen de donner les moyens aux médias de prospérer et d'assurer leur indépendance

41:41
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy Merci à vous Vous étiez aujourd'hui l'invité de Sens Politique pour réécouter cet entretien rien de plus simple l'appli Radio France et bien sûr franceculture.fr Merci à toute l'équipe aujourd'hui Martin Desclozo à la réalisation à la prise de son il y avait Pierre-Henri comme chaque semaine Anne-Claire Bazin m'a aidé à préparer cette émission je vous retrouverai samedi prochain pour un nouveau numéro de Sens Politique et bien sûr dès lundi matin pour le billet politique de France Culture je vous souhaite une très bonne journée je vous souhaite une très bonne journée m'a aidé

42:09
Locuteur

m'a aidé m'a aidé m'a aidé à la prise de son