Ep. 4 - Mars et avril 2021 : les coulisses de la campagne présidentielle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« Je vous reprendrai les propositions de la convention citoyenne pour le climat, sans filtre »
- 4:30Jean-Luc MélenchonFait
« On avait mal compris le "sans", il s'agissait de deux fois 50, il y avait donc 100 filtres sur les 150 propositions. »
- 5:30Jean-Luc MélenchonChiffre
« Les conventionnels ont travaillé d'arrache-pied pour arriver à des propositions qui, nous, ne nous surprennent pas puisqu'elles sont pour la majorité, 98 % je crois, portées déjà dans notre programme l'Avenir en commun. »
- 7:00Jean-Luc MélenchonFait
« Comment peut-on faire une loi sur le climat et la réduction des émissions de gaz à effet de serre sans interdiction de location des passoires thermiques ? »
- 8:30Jean-Luc MélenchonFait
« Les représentants de ce gouvernement n'étaient pas présents le jour du jugement à propos du permis sur la "Montagne d'or". »
- 12:00Mathilde PanotChiffre
« L'eau en bouteille est combien de fois plus chère que celle du robinet ? 10 fois plus chère, 50 fois plus chère, 100 à 300 fois plus chère. »
- 12:30Mathilde PanotFait
« Le droit à l'eau et à l'assainissement a été reconnu comme un droit humain fondamental par : La France, l'Union européenne où l'ONU ? »
- 17:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« En 2050 on perdra la moitié du débit de la Durance l'été. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sur les ponts, je me tiens derrière le mange debout. On fait une photo de groupe. – oui, super. – C'est quoi la limite ? – Hier, ne dépassez pas la limite. – On enlève les masques ou pas ? – Tenez vous sage, oui enlevez les masques quelques instants.
On ne te voit pas, c'est vachement rigolo, ah si tu y es, on ne voit pas Lise, elle est plus petite que moi (rires) . Ah ouais regardez, on est tous sur le pont là. – faites coucou et le poing fermé, le poing gauche, celui qui met le bras droit… C'est pas vrai Antoine, tu le fais exprès, on a dit poing gauche. – C'est le gauche, c'est le gauche ! – Il sera appliqué sans filtre. – Des viticulteurs et des producteurs de fruits sous le choc après ces longues nuits de gel. – On est en pénurie, on attend des vaccins avec impatience. – Comment peut-on faire une loi sur le climat et la réduction des émissions de gaz à effet de serre sans interdiction de location des passoires thermiques que sont tant de logements ?
Comment peut-on le faire sans abolition de la publicité sur les produits polluants ? Comment peut-on le faire sans un mot sur le 100 % renouvelable ? Comment peut-on le faire alors même que les représentants de ce gouvernement n'étaient pas présents le jour du jugement à propos du permis sur la "Montagne d'or" ?
J'en passe et sans doute des pires. – Dans la belle loi climat au parlement, c'est la loi qui est issue de la convention citoyenne pour le climat, et elle ne pouvait pas être satisfaisante dès le départ, puisque l'on se rappelle que notre cher président avait dit : "Je vous reprendrai les propositions de la convention citoyenne pour le climat, sans filtre", en fait on avait mal compris le "sans", il s'agissait de deux fois 50, il y avait donc 100 filtres sur les 150 propositions. Alors nous on sait que les conventionnels ont travaillé d'arrache-pied pour arriver à des propositions qui, nous, ne nous surprennent pas puisqu'elles sont pour la majorité, 98 % je crois, portées déjà dans notre programme l'Avenir en commun, et donc notre stratégie c'est de dire : "Ben nous on est déjà porteurs de ces propositions, ils les confirment par leur travail de citoyens et donc c'est un texte majeur pour le climat et l'environnement et donc nous devons appuyer de toutes nos forces pour que ces mesures sinon qu'elles soient adoptées ou moins qu'elles soient entendues largement dans l'ensemble de la société pour faire comprendre l'urgence environnementale et climatique". – Il faut croire que ces sujets ne vous intéressent pas, la plupart de nos amendements sur la forêt ou l'eau ont été rejetés parce qu'ils n'auraient soi-disant pas de rapport avec le texte, tient donc ! l'eau, les forêts, aucun rapport avec une loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.
Balivernes ! – Donc nous on porte une rupture, quelque chose qui est beaucoup plus radical dans la manière de réorganiser entièrement notre société. On a vu tout cet élan, toutes ces marches climat, qu'est ce qui va en sortir ?
Ben comme toujours dans les mouvements sociaux, on ne peut pas le prédire ni l'anticiper, ça a été un moment assez massif, donc voilà, ça c'était effectivement un fort mouvement et qui continue d'ailleurs dans la société, un mouvement pour le climat qui touche notamment la jeunesse, mais pas seulement, et donc ça c'est plutôt bon signe pour l'avenir, effectivement aussi ces décrocheurs de portraits, donc des militants pour le climat qui sont allés décrocher le portrait d'Emmanuel Macron, le prendre en otage en disant : "Ben voilà, on rendra les portraits quand Emmanuel Macron fera une vraie politique environnementale et climatique", alors moi j'ai soutenu quelques-uns de ces militants qui étaient en procès à Bordeaux, et puis le mouvement plus largement a soutenu aussi l'un d'eux qui était sur Amiens aussi poursuivi pour les mêmes faits de décrochage du portrait de Macron, et c'est Gaspard que nous avons été soutenir nombreux. – Nous on est là, pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, même si Macron ne veut pas, nous on est là. – La cause de la crise sanitaire est écologique, mais elle est écologique pour des raisons sociales, c'est parce qu'on a voulu faire du moins-disant, du moins coûtant social et environnemental, qu'on a fait des élevages de masse qui sont des machines à fabriquer ce qu'on appelle des zoonoses, c'est un nom assez rigolo qui veut dire que c'est par les animaux que passent les virus et qu'ils mutent et se transmettent aux hommes, par conséquent disons une chose : "Il est sain et il est bon que tous les partis en France se préoccupent d'écologie", alors après, pas tous de la même manière, donc ben ah ! il n'y a pas de recette miracle, il faudra chaque fois réfléchir aux problèmes et voir comment on y répond et choisir entre des réponses. – Ah quel beau sourire, on est contents, formidable. – C'est dur d'avoir 20 ans quand on vit sous un gouvernement déconnecté de la réalité, un gouvernement qui, face à la précarité des jeunes, décide de poursuivre Gaspard, 19 ans, qui lutte courageusement pour un avenir décent, plutôt que de prendre ses responsabilités. – Personne ne peut croire qu'on fasse un procès, ce choix est celui de la répression, intimider, faire peur, garde à vue, embastillements de toutes sortes, pluie d'amendes, la bataille qu'ont engagée les décrocheurs est une bataille sociale, parce que la bataille écologique a une racine exclusivement sociale, si le climat est perturbé au point de détruire la civilisation humaine telle qu'elle est organisée aujourd'hui, s'il y a une pandémie, ce n'est pas parce que les êtres humains ont une activité, mais parce que le mode d'activité des êtres humains est commandé par le système capitaliste financier, quel que soit le résultat, cette lutte doit continuer car cela vient d'être dit excellemment, ce qui est en cause c'est l'avenir de la civilisation humaine, nous ne sommes pas certains que nos interventions pourraient arrêter ce qui est en train de se mettre en route, et à maints égards, nous savons que le changement climatique est irréversible, mais ce dont nous sommes absolument certains, c'est que quelle que soit la situation de détresse dans laquelle viendrait à entrer l'humanité, la seule porte qu'elle aurait à sa disposition pour y faire face ce sera celle de la solidarité, du fait que les êtres humains s'entraident, s'intéressent à ce qui se passe au détriment de l'un ou l'autre, pour venir à la rescousse quand il le faut, autrement dit, en nous solidarisant de ceux qui sont accusés, en nous solidarisant de ceux qui sont traînés dans les tribunaux, en nous solidarisant d'actions qui mettent parfois notre liberté en péril, mais qui témoignent pour l'avenir et la nécessité de l'humanité, nous nous préparons activement à tous les événements qui pourraient survenir devant nous.
Gloire à Gaspard et aux camarades qui mènent l'action ! [Applaudissements] – Jean-Luc Mélenchon qui vient me soutenir, c'est la plus belle chose qui pouvait m'arriver. – Allez, arrête ! – Ils ont écouté tous nos témoins qui n'ont pas été interrompus, qui ont pu s'exprimer longuement sur la crise climatique et sociale, et on est plutôt confiant parce que le tribunal était vraiment à l'écoute, donc c'est une bonne chose, même si le parquet a requis 500 euros contre moi, nous on demande la relaxe, on y croit et on espère obtenir la relaxe, on espère que la justice va reconnaître l'inaction du gouvernement en termes de justice sociale et de justice climatique et on aura la réponse dans un mois. – Oui, sur le plan humain nous éprouvons le besoin de nous retrouver, d'agir, de donner des tracts, de convaincre, c'est bien que vous m'ayez posé cette question parce que souvent cet aspect de nos vies n'est pas compris, des gens de l'extérieur pensent que nous sommes des marchands de saucisses, des représentants de savonnettes et que tout se vaut, ce n'est pas le cas, et non, c'est un engagement qui est profond je trouve que c'est la meilleure part de ce que nous sommes. – Dans la loi climat, la question de l'eau est assez peu présente, c'est effectivement aussi un des manques alors nous on l'a réintroduit, comme on ne pouvait pas le faire trop par amendement et dans le cadre du projet de loi puisque je l'ai déjà dit, on a été beaucoup sabrés, enfin tout ça a été très compliqué, mais donc dans la même période, Mathilde Panot prend l'initiative d'organiser une grande votation sur "l'eau bien commun", pour réaffirmer que l'eau n'est pas une marchandise pas plus que l'air ne devra l'être demain. – Enfin je suis juste là quoi tu vois, je ne veux pas que tu fasses toi : "Vous pouvez voter ceci et tout", et puis moi qui explique les grandes-idées-machin-chose. – Ben non, mais fais le début, en vrai mon but, Jean-Luc c'est que les gens votent, moi je suis présidente d'une commission d'enquête t'inquiète que je vais en parler des tonnes de l'eau tu vois. – Bon après moi quand je m'arrête c'est toi qui embraies et qui continues d'accord ? – Voilà, parfait. – On y va ? – Vraiment quand on dit "L'enjeu numéro un" c'est pas pour rigoler, c'est que quand vous voyez les guerres de l'eau qu'il y a déjà dans le monde et qui vont s'aggraver encore, quand vous voyez ce que ça veut dire des gens qui n'ont plus accès à l'eau comme je l'ai vu par exemple en Guadeloupe où je me suis déplacée pendant dix jours, où votre enfant par exemple, en France en 2021, va rater un mois et demi de cours parce que juste il n'y a pas d'eau à l'école, quand vous restez avec un nourrisson pendant 3 semaines sans eau, quand vous êtes dans des maisons 6 ans sans eau, je pense que ce n'est pas un petit sujet, si on veut que tout le monde ait un droit à l'eau et à l'assainissement qui soit garanti, je disais : Gratuité des premiers m3 d'eau avec suppression de l'abonnement, mais aussi différenciation des tarifications selon les usages, bon c'est pas la même chose d'utiliser l'eau pour laver votre voiture ou remplir une piscine que pour boire ou que pour un usage économique et c'est grâce à ça qu'on finance la gratuité, et à partir de l'eau s'organisent les ruptures dont on a besoin dans notre société, on décide de faire la commission d'enquête officielle à l'Assemblée nationale sur la question de la mainmise des intérêts privés sur la ressource en eau et ses conséquences, mais il nous semblait important aussi d'avoir une dimension citoyenne de rapports de force qui se greffe à cette commission d'enquête, et donc on a décidé avec des associations, des réseaux "D'eau bien commun" de se mettre à plusieurs pour faire cette votation citoyenne sur la question de l'eau où on demandait aux gens : "Êtes vous favorable à ce qu'on inscrive dans la constitution française le droit à l'eau et à l'assainissement ? ", et donc qu'on reconnaisse que l'eau est un commun et que en tant que ressource vitale on dé-marchandise ce bien, c'est à dire qu'on l'enlève du marché. [Musique] – On sait que la première journée il y a 20 000 personnes qui ont voté. – Donc la première journée. – Voilà, donc c'est un très très beau chiffre parce que dans un moment quand même où on est confiné, on a des couvre-feux, 20 000 personnes sur la question de l'eau pour nous c'est très important, et pour nous ces points de votation sont hyper importants parce que nous, le but de la campagne, c'est aussi de faire de l'éducation populaire sur la question de l'eau, c'est aussi de lancer un débat politique sur la question de l'eau en disant que l'eau c'est politique, bon c'est vital, trois jours sans eau et on est mort, et qu'on ne peut pas laisser ça à des technocrates, aux experts, et donc l'idée c'est que tout le monde puisse s'en saisir, de cette question.
Donc nous ce qu'on demande, c'est que l'on puisse décider collectivement que l'eau nous appartient, et donc si on veux inscrire le droit à l'eau vraiment dans notre pays et bien il faut l'inscrire dans la constitution. Merci beaucoup, bon courage à vous, Est-ce que vous avez voté ? – Pardon ? – Même si vous êtes journalistes vous pouvez voter. – Bien sûr ouais, alors je vais d'abord faire mon travail et puis j'irai voter ensuite. – Avec grand plaisir. – Et là on a des milliers de choses à faire, donc ce n'est pas qu'on manque de travail, c'est qu'on manque d'argent pour payer les travailleurs, donc ça, ça se règle facilement, si c'est que l'argent ce n'est pas le plus dur, c'est quand vous n'avez pas les gens que c'est dur donc on va y arriver, on a encore 5-10 ans où on a le monde, les gens capables de faire, après bon comme l'école est en ruine, comme tout est en ruine dans ce pays… enfin bon notre pays est déjà tombé plus bas et à chaque fois on est ressorti, alors je croise les doigts qu'on y arrive aussi cette fois-ci.
Donc là pour 2022 il faut vraiment qu'on mette les bouchées doubles et parmi les jeunes, c'est que le monde il est à vous, moi je ne serais pas là quand vous serez en train de faire des tas de trucs, et ainsi de suite parce que c'est la vie qui est comme ça, et c'est dans la jeune génération instruite et sachante qu'on va trouver des cadres. Chacun fait à sa façon une manière de conscientiser, par exemple la votation, on sait très bien que le "oui" va l'emporter mais c'est des milliers de gens qui prennent conscience et qui ajoute leur force les uns aux autres pour montrer qu'ils sont sensibles au thème, donc ça oblige tout le monde à bouger, y compris nos adversaires politiques, parce que eux aussi il faut qu'ils bougent, il faut qu'ils comprennent qu'on est dans un au-delà de la séparation partisane et que c'est eux qui doivent remettre en cause, ce à quoi ils croient, ceux qui croient vraiment que le marché, la libre entreprise va régler le problème de l'eau dans ce pays se fourrent le doigt dans l’œil jusqu'à l'épaule parce que ça ne se produira pas, c'est ça le problème, non mais tu sais, c'est le capitalisme vert, on leur a dit 100 fois, c'est pas le vert le problème, c'est le capitalisme, bon courage. Ça y est, vous avez vos photos ? – Et comment on va faire pour les réponses ? – En fait là j'ai fait ça et les gens appuient. – Et après tu vois la bonne réponse quand tu appuies.
Vas-y ! – Deuxième question : "L'eau en bouteille est combien de fois plus chère que celle du robinet ? 10 fois plus chère, 50 fois plus chère, 100 à 300 fois plus chère" – On en fait 3. – Ok donc ça je ne prends pas, ça je ne prends pas, voilà ben je vais faire celui-là.
Jean-Luc tu veux répondre à une question ? – Non mais il ne veut pas, c'est pas marrant – Il a peur de ne pas avoir la bonne réponse – Ben je veux bien lire vos questions – Tu sais il y a la bonne réponse derrière, donc tu peux même copier la bonne réponse et la savoir à l'avance. – Va-y. – Troisième question : "Le droit à l'eau et à l'assainissement a été reconnu comme un droit humain fondamental par : La France, l'Union européenne où l'ONU ?
Tu dis le droit à l'eau a été reconnu comme un droit humain par… – (JLM hors champs) L'ONU ! – Bravo ! – C'est sur le proposition de… – La Bolivie, Morales Avec en plus de ça bon, des déplacements qui ont été faits, pour nous c'était important aussi pour qu'il y ait une une matérialité en fait à ce qu'on dit, et pourquoi la Durance c'était intéressant aussi ?
C'est justement pour montrer, enfin parce que l'image a une vertu en fait pédagogique d'expliquer ce qui se passe, et que déjà aujourd'hui en France, oui nous avons des rivières, des fleuves qui s'assèchent complètement en des endroits. – Déjà cette Durance elle est sacrifiée aux intérêts économiques des hommes, elle est quasiment dévastée, je ne sais même pas si on peut encore dire que c'est une rivière, c'est limite, le débit de l'eau est très faible, il y a 90% qui est détourné par EDF, ensuite il n'y a plus de continuité écologique à cause des barrages et des seuils, il y a une pollution, même si ça s'améliore, qui est toujours là. – La rivière avant elle faisait entre 560 mètres de large et 800 m, ben ça va faire comme la Tinée et la Roya elle va reprendre peut-être un kilomètre de largeur parce que la Durance fournit toute l'eau de la région Paca. – C'est le truc que tu m'as montré tout à l'heure ? – Et les experts sont formels, il disent : "En 2050 on perdra la moitié du débit de la Durance l'été", mais le Rhône ce sera 30 %, tous les cours d'eau de Méditerranée 30% de perte des débits l'été, comment allons-nous refroidir les réacteurs nucléaires le long du Rhône ? – C'est pour ça que je posais la question de savoir où ils étaient. – Et nous on dénonce la mainmise de ces grands groupes sur toute la vallée de la Durance. – C'est pour ça qu'on est là parce qu'on cherche des exemples. – C'est pour ça que je venu. – Ce n'est pas pour dire que nous sommes tous touché par la grâce, on s'est dit : "Tient la Durance je ne sais pas quoi", non, on cherche des endroits qui sont significatifs de l'intrication de plusieurs problèmes, parce que l'idée que nous avons c'est la centralité de l'eau et qu'une des manières de réorganiser, il faut bien toujours prendre des problèmes humains par un bout humainement compréhensible, et la question de l'eau étant vitale pour l'espèce humaine, si on reprend les problèmes par la question de l'eau, on s'aperçoit que tous les autres peuvent être pris en chaîne dans une optique différente, non productiviste et respectueuse des êtres humains et de l'environnement, c'est pour ça que l'affaire de la Durance c'est typique quoi, c'est un concentré de problèmes qui sont intéressants à relever, le défi aussi parce que ce n'est pas simple de régler des situations pareilles. – Si vous voulez, on va s'avancer pour justement aller au bord de la Durance. – La c'est le lit de la rivière ? – Ça c'est un exemple de déviation voilà comme on dévie on met un barrage et hop on renvoie l'eau dans le canal et là donc maintenant il y a 2 milliards 4 d'eau et mais la question de renvoyer de l'eau, à la limite on pourrait dire : "A la limite tant mieux, ils renvoient de l'eau bon c'est une bonne chose", mais c'est qu'ils la renvoient quand ils ont besoin d'électricité, donc si vous voulez, quand ils ont besoin d'électricité ils renvoient de l'eau, enfin c'est juste quand ils en ont besoin, donc c'est pas du tout en fonction de la rivière, la rivière dans cette histoire on ne s'en préoccupe pas du tout quoi. – Qu'est-ce que vous dites à ça vous ?
Je me fais l'avocat du diable. – Tout à fait, il n'y a pas de soucis, le problème c'est que vous avez une faune et une flore qui génèrent toute une vie, tout d'un coup vous allez avoir 150 mètres cubes/seconde et puis après vous avez, là actuellement ils ne doivent pas turbiner et donc vous avez rien, vous voyez, donc je veux dire que c'est invivable. – Oui oui, bien sûr. – Alors, quelle sont les raisons de votre venue ici à Mallemort ? – Voilà, Mathilde Panot est présidente d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, nous organisons en ce moment une votation citoyenne pour que l'eau soit un bien public et que le droit à l'eau soit inscrit dans la constitution comme l'a suggéré le vote de l'ONU, et ici à travers le cas "la Durance", on étudie, on regarde de près comment toutes les dimensions : activités humaines, activités économiques, activités politiques s'imbriquent et peuvent prendre sens à partir d'un cours d'eau, l'idée sur laquelle nous travaillons c'est justement celle là : Est-ce que l'eau qui va devenir une ressource rare donc qui va être un manque, qui va être un problème, peut devenir une solution pour les êtres humains, c'est à dire qu'en s'organisant par rapport aux cours d'eau, on peut commencer à construire une société plus respectueuse et plus en harmonie entre des cycles humains et ceux de la nature, voilà c'est ça le thème en général.
Tout le monde est très impressionné par vos décors il ne faut pas que j'oublie le lapin au début. – On l'a inventé en termes de taille. – Vous avez trouvé un autre lapin alors, c'est pas le même que la dernière fois ? – En fait c'est la même base mais on l'a peaufiné – Il est toujours gros comme un chien ? – Non justement, on l'a remis à une taille un peu plus crédible. – Mais ça va on le voit quand même ? – Oui, il est bien visible – Parce que le problème la dernière fois c'était ça : "Est-ce qu'on allait le voir ? " – Non non, il est bien visible et on a une manière très jolie de le faire sortir. – Dans Mickey il y a beaucoup de choses insupportables, je trouve qu'il y a une sorte de préjugé favorable à oncle Picsou qui m'insupporte, c'est pourquoi j'ai décidé de proposer par une pétition que oncle Picsou soit supprimé de la bande dessinée et remplacé par "Kantilparle ons'assoupix", personnage bien connu de tout le monde et surnommé ici Bricolex, qu'on se le tienne pour dit !
ça va ou il faut encore je raconte des bêtises pendant combien de temps ? – Dès que la caméra commence à bouger, tu peux t'avancer. – D'accord, et le décompte commence à ce moment-là ? – Oui – C'est bon ?
Bonsoir, bienvenue dans ce décor. Vous voyez encore une fois l'eau au point de départ, l'eau dans les problèmes que nous rencontrons, l'eau comme incitation à inventer, à imaginer un autre futur, c'est pour ça qu'on a choisi ce thème de l'eau parce que c'est celui qui rend l'écologie politique la plus concrète possible. Je crois que je n'ai rien oublié, 1 heure 16, – T'as bien tenu. – Une minute de trop. – Ça va, t'aurais pu durer plus longtemps. – Je me suis perdu en route une fois ou deux, mais ça va, c'est pas trop grave – Sur la technologie c'était quoi les commentaires ? – Les commentaires sur la technologie étaient top et sur le contenu excellents, c'était vraiment : "Jean-Luc Mélenchon nous apprend… " "au moins il y a quelqu'un qui est sur le fond", "c'était vraiment bien". – Alors voilà, je vais attendre les retours pour voir de mes copains loin, ce que ça donne pour ceux qui sont aux Amériques ou en Amérique latine, parce qu'on est beaucoup regardé depuis les épisodes des meetings de masse de rue et l'hologramme, alors beaucoup de gens se sont intéressés à notre façon de faire campagne, là j'ai vu que les macronistes ont fait un meeting devant des écrans là, ils ont juste 1 an de retard sur nous, parce que ça on l'a fait il y a 1 an, on savait pas au début comment faire, mais pour le premier confinement, comment dépasser cette situation, comment garder le contact ?
Je veux dire en termes de capacité à attraper un public, pour nous c'est frustrant, pour moi en tous cas, 0 personnes, mais je m'y fais, puis c'est agréable parce qu'on voit bien qu'on participe à quelque chose de pas banal, en tout cas un million de mercis parce que là, vraiment ça va marquer, ça va faire date, merci beaucoup, bon courage. – Il y en a qui nous disent : "Oui mais bon vous faites des hologrammes, vous faites des meetings numériques, bon ça va, ça va là com quoi ! ", en fait c'est pas de la com, c'est que notre enjeu politique pour 2022 c'est comment est-ce que le peuple se saisit de son avenir, et je crois que toutes ces manières-là de faire qu'elles soient de la plus traditionnelle, du collage d'affiches à la distribution de tracts, qu'elles soient la marque de fabrique de la "France insoumise", les caravanes qui vont dans les quartiers populaires, qui ont été à des moments dans les zones rurales aussi, qui font du porte à porte, qui aident aussi concrètement à avoir accès au droit et à s'inscrire sur les listes électorales, ou que ça soit à toute la partie numérique de cette campagne, eh bien tout ça permet en fait au grand nombre de se saisir de ces enjeux.
Donc Jean-Luc Mélenchon a été effectivement en Amérique du sud, c'est d'abord à l'invitation de la Bolivie et du Président et du Vice-président nouvellement élus, donc Luis Arce et David Choquehuanca, la Bolivie a du coup un ministère de l'eau de plein exercice qui là aussi montre l'importance qu'ils accordent à cette question-là. – Alors ici on est dans un haut lieu du monde, le lac Titicaca parle à nos imaginaires, il représente des choses pour les Nations Unies, et c'est un grand sujet de satisfaction pour moi, quand je suis arrivé dans ces parages, d'y trouver des missions scientifiques françaises qui sont en collaboration très étroite avec les Boliviens. – Donc ici c'est une combinaison de trucs, là on a un capteur de lumière qui est la marque phare de mesures de radiation solaire, et ensuite ici à bord, on va l'ouvrir, à l'intérieur on a toute la partie mécanique, toute la partie électronique et la sonde qui descend et qui monte pour faire des profils. – Qui descend et qui monte tous les combien ? – Alors on a des mesures de météo toutes les cinq minutes, depuis juin 2019 on a des mesures de qualité d'eau de surface toutes les 30 minutes et on a des profils verticaux toutes les deux heures, c'est à dire qu'on a 12 profils par jour, on n'a jamais eu ça. – On essaie de comprendre comment fonctionne un des plus grands lacs au monde parce qu'on l'a étudié, enfin l'IRD l'a étudié, l'ORSTOM avant. – L'IRD ? – Institut de Recherche pour le Développement qui était avant l'ORSTOM l'Office de la Recherche Scientifique et Technique d'Outre-Mer.
Et donc on a les données historiques sur le lac à une époque où il n'y avait pas encore l'effet du changement climatique, il n'y avait pas encore une population très importante autour du lac, il n'y avait pas la ville d'El Alto qui fait un million d'habitants maintenant, donc maintenant on essaye de voir ce qui se passe et on s'aperçoit que 40 ans après, bien que visuellement on ne voit aucune différence, le fonctionnement du lac a changé, il est beaucoup plus productif, il y a beaucoup plus d'algues. Ce qui est intéressant c'est que dans le passé les gens disaient : on habite sur l'Altiplano, ici nous, changement climatique, changement anthropique, ça n'a pas d'effet, on est à 3800 mètres d'altitude, avant que la mer viennent jusqu'ici… grave erreur ! les physiciens ont démontré que le fait d'être en très haute altitude, à pratiquement 4000 mètres, donc on a 4000 mètres de moins d'atmosphère, et le fait d'être en tropical fait que ici, on a deux fois plus que le réchauffement moyen de la planète, si la planète fait 2 degrés jusqu'à 2100, on aura 4 degrés ici, et ce qui est grave c'est qu'ici, tout est endémique, les plantes, les animaux, la plupart sont endémiques une fois que ça aura disparu ça ne sera remplacé par rien du tout. – Moi comme responsable, je suis content parce que tout ce que vous apprenez en ce moment va nous servir ailleurs, où ailleurs il n'y a rien, il n'y a ni connaissance historique, ni laboratoire installé, et je vois deux cas qui peuvent nous intéresser dans un futur proche, compte tenu des épisodes liés aux changements climatiques, sécheresses ou hypers pluies, ce seront les lacs français dont la qualité de l'eau doit être suivie avec des méthodes beaucoup plus constantes, et puis 2e question pardon, la mer Méditerranée est un "quasi lac" par conséquent, bien sûr c'est la mer, connectée à l'océan mondial, mais en même temps elle un fonctionnement particulier qui est qu'elle crée un biotope, plusieurs d'ailleurs, dans un espace quasi clos, en tout cas moi je veux vous féliciter tous là, vous remercier pour ce que vous faites, et vous dire quel bonheur c'est pour un responsable politique de rencontrer des gens qui sont en train de faire des choses qui ont un caractère scientifique mais qui nous font devoir à nous, responsables politiques pour le futur, et savoir qu'on est capable de maîtriser une situation est extrêmement rassurant, ce qui l'est moins, c'est de savoir que cette situation va être en évolution permanente, en tous cas de tout cœur merci. – Merci beaucoup. – Et puis pour ce petit entretien, à bientôt – Il est encore temps de modifier nos comportements, nos politiques publiques pour amortir le choc et puis pour y faire face tous ensemble plutôt que les uns contre les autres, on sait que dans l'histoire de l'humanité aussi, c'est quand on s'est entraidé que l'on a pu passer ces épreuves difficiles, voire survivre même, dans des périodes très lointaines et ça c'est une donnée, une vérité universelle, c'est que ceux qui pensent qu'ils vont se la jouer solo et sauver leur peau, ça marche à très court terme, mais ils seront rattrapés rapidement par les changements climatiques et c'est ensemble que nous pourrons y faire face. (Chœur d'enfant : "Air de la Liberté" de Nabucco.
Verdi) ♫ Quand tu chantes, je chante avec toi liberté. ♫ Quand tu pleures, je pleure aussi ta peine. ♫ Quand tu trembles, je prie pour toi liberté. ♫ Dans la joie ou les larmes, je t'aime. ♫ Souviens-toi des jours de ta misère. ♫ Mon pays, tes bateaux étaient quelques galères. ♫ Quand tu chantes, je chante avec toi liberté ♫ Et quand tu es absente, j'espère. ♫ Qui es-tu religion ou bien réalité ? ♫ Une idée de révolutionnaire ? ♫ Moi je crois que tu es la seule vérité ♫ La noblesse de notre humanité. ♫ Je comprends qu'on meure pour te défendre, ♫ Que l'on passe sa vie à t'attendre. ♫ Quand tu chantes, je chante avec toi liberté ♫ Dans la joie ou les larmes je t'aime ♫ Les chansons de l'espoir ont ton nom et ta voix ♫ Le chemin de l'Histoire nous conduira vers toi ♫ Liberté, liberté. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -
Jean-Luc Mélenchon