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interviewLe Média — Podcasts· 13 avril 2022 65 min

Contre-Matinale #125 | Premier tour amer, réveil de l'outre-mer, l'actu du jour

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Plus rien ne doit être comme avant. C'est pourquoi je souhaite tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France. Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses afin de bâtir avec eux une action commune au service de notre nation pour les années qui viennent. Ceci est un extrait du discours de notre président au soir du premier tour, dimanche 10 avril dernier. Un quinquennat de casse sociale et de mépris plus tard. Revoilà Emmanuel Macron dans la même position, toujours face à Marine Le Pen, mais dans une configuration moins favorable.

Le résultat du second tour, le 24 avril, risque en effet d'être bien plus serré qu'en 2017. Alors le candidat président drague désormais les électeurs de gauche tout en continuant de chasser sur les terres de l'extrême droite. Eh bien ça nous donne tout ça, tout ça nous donne presque le tournis. Oups, j'oubliais presque de vous saluer. Bonjour chers matinaux, j'espère que vous vous êtes remis du traumatisme post-premier tour. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, alors on garde le sourire. Et on vous rappelle que le média est en pleine campagne d'abonnement. 4000 nouvelles souscriptions permettraient de pérenniser nos finances et donc garantir notre survie. On compte sur vous.

Programme de cette nouvelle édition, la chronique de David Guiraud, bien sûr qui égaye tous nos mercredis. Il a choisi bien sûr de revenir sur les résultats de ce premier tour. Mais avant de recevoir notre camarade, nous discuterons de la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les Outre-mer avec Kézan Ubré. Kézan Ubré est vice-présidente du CRFOM, le conseil représentatif des Français d'Outre-mer et de la FAP, Français à part entière. Le candidat de la France Insoumise y a réalisé des scores impressionnants. Et si seuls les Outre-mer avaient voté ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon aurait approché la victoire finale dès ce premier tour.

Le Monde consacre sa une à l'appel du pied de Macron aux électeurs de gauche pour espérer remporter le second tour de l'élection présidentielle le 24 avril. Face à son adversaire d'extrême droite, Marine Le Pen, le chef de l'État a cédé lundi 11 avril sur le projet le plus abrasif et symbolique de son éventuel prochain quinquennat, écrit Le Monde. Le recul de l'âge de départ à la retraite à 65 ans n'est plus un dogme, a assuré le président de la République depuis Carvin, petite ville du Pas-de-Calais, lors de son premier déplacement de campagne de l'entre-deux-tours.

C'est presque émouvant quand Emmanuel Macron s'habille du vêtement de la gauche, écoutez un peu ça, je n'ai pas de dogme sauf celui de ne pas laisser la pauvreté s'installer et de ne pas laisser à nos enfants le coup de la lâcheté, a-t-il insisté, se disant ouvert à la discussion. Le président sortant va même plus loin, il se dit prêt à soumettre sa réforme des retraites à un référendum, tiens ça faisait longtemps que nous n'étions plus consultés. Parmi les nouveaux soutiens d'Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, l'ancien président reconnu coupable en première instance de financement illégal, appelle la droite à répondre à l'appel du président sortant au rassemblement.

Quant à Marine Le Pen, elle cherche à occuper le terrain social en jouant plus que jamais la carte du pouvoir d'achat, faisant passer au second plan. Les fondamentaux de l'extrême droite expliquent Le Monde. La candidate a improvisé un déplacement dans une exploitation agricole de soucis dans Lyon, où elle explique représenter la France des oubliés. Accompagné de Julien Audoul, conseiller régional et porte-parole de compagne. Alors pour rappel, Julien Audoul, c'est l'homme qui déclarait au micro de BFM qu'il fallait laisser les migrants mourir de froid.

Et qui a violemment pris à partie une mère de famille en lui demandant d'ôter son couvre-chef lors d'une sortie scolaire au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, provoquant les sanglots de son enfant. Un beau programme en perspective. Macron, chérie, j'ai oublié la gauche. Libération emboîte le pas au monde, avec cette une décalée qui fait également allusion aux appels du pied, à celles et ceux qui ont voté Jadot et en particulier Mélenchon, érigé en troisième homme dimanche.

Le président de la République rallie aujourd'hui, seulement à dix jours d'un scrutin crucial pour l'avenir du pays et de l'Europe, qu'il doit son mandat aussi aux électeurs de gauche pour convaincre un électorat braqué par son quinquennat et son programme clairement de droite. Le président essaie de montrer un autre visage. Il est le candidat de la concession. Emmanuel Macron se dit prêt à reporter l'âge légal de la retraite entre 63 et 64 ans au lieu de 65. Impossible n'est pas Macron. Alors que le président de la République tente d'attirer le vote de gauche, il continue de chasser sur les terres de l'extrême droite.

Face à l'extrême droite, Macron s'entête à jouer avec le feu, prévient Mediapart. Convaincu de la disparition du front républicain, Emmanuel Macron transforme la campagne d'entre-deux-tours en un référendum pour ou contre son projet. Ce faisant, il continue de nourrir l'idée selon laquelle le programme néo-fasciste de Marine Le Pen constituerait une alternative, poursuit le journal cofondé par Edoui Plenel.

Dénoncer les mensonges de Marine Le Pen sans utiliser la voie de la moralisation, c'est la stratégie qu'a choisie Emmanuel Macron dans l'entre-deux-tours de la présidentielle pour convaincre les millions d'électeurs et électrices du Rassemblement national que son programme est le meilleur. Estimant qu'il n'y a pas eu de front républicain en 2017, le candidat de La République En Marche vise le vote d'adhésion et entend rassembler autour de lui plutôt que contre son adversaire. Il le fait en s'appuyant sur les résultats du premier tour où il a rassemblé, comme il aime désormais le souligner, plus de voix qu'il y a cinq ans au premier tour.

Pourtant, sur le terrain, le président sortant est surtout confronté à la défiance et au colère, rappelle Mediapart. Désormais, Marine Le Pen apparaît, pour beaucoup d'électeurs et d'électrices, comme une sorte de rempart social contre la destruction du modèle social incarné par le président sortant. Alors même qu'elle a durci son programme en la matière, une situation inouïe, fait remarquer Mediapart au regard de l'histoire dont est issue Marine Le Pen, mais aussi et surtout des positions et du programme qu'elle défend et qui s'inscrivent parfaitement dans la tradition de l'extrême droite. L'état de droit en péril, c'est le gros titre alarmant de l'humanité qui présage le pire.

Si l'extrême droite arrivait au pouvoir, préférence nationale, régime plébiscitaire, médias au pas, syndicats baïonnés, la candidate du RN prétend vouloir revivifier nos institutions et notre fonctionnement démocratique. Pourtant, son projet piétine les fondements démocratiques, alerte le journal d'inspiration communiste. Contraire aux déclarations des droits de l'homme de 1789 et 1948, au préambule de la Constitution de 1946, à la Constitution de 1958 et à l'héritage de la Révolution française, la préférence nationale constitue la clé de foot du programme de Marine Le Pen.

La candidate compte soumettre cette réforme par référendum au sein d'un projet de loi qui comporte toute une série de mesures anti-migratoires, dont celle de la fin du droit du sol, que seul Pétain a remis en cause depuis 1889, rappelle la philosophe Juliette Grange. Au service de cette politique, Marine Le Pen espère compter sur un nouvel arsenal judiciaire et policier. Son projet pour la justice est en soi antidémocratique, alors qu'elle souhaite, je cite, une soumission au pouvoir politique, notamment pour les procureurs, qui serait en quelque sorte des préfets de justice. Ça alarme la constitutionnaliste, le constitutionnaliste Dominique Rousseau.

Avec elle, le droit de manifester serait aussi largement remis en cause. Les policiers et gendarmes bénéficieraient également d'une présomption de légitime défense, ouvrant grand la porte à l'arbitraire et à l'impunité. La répression et les violences policières ne pourraient que s'intensifier. Emmanuel Macron a érodé la démocratie française. Marine Le Pen la ravagerait, conclut l'UMA. À Basta, on parle déjà de la prochaine échéance et la stratégie est posée pour voir la gauche triompher aux législatives. Car de l'espoir, il en reste dans les urnes pour les élections législatives de juin et dans la rue pour les futures mobilisations.

Si tant est que la gauche, dans son ensemble, parti, mouvement social, syndical et associatif, s'attaque sérieusement à plusieurs chantiers. Nuance, basta. Le premier, continuer d'installer une alternative durable et désirable au macronisme qui a laissé à l'abandon les grands services publics, attaquer les libertés publiques et organiser le ruissellement des richesses vers le haut. Deuxième chantier, déconfiner la gauche et l'écologie des zones urbaines.

Si le bloc de gauche réalise d'excellents scores dans les grandes agglomérations et les quartiers populaires très urbanisés, en particulier en Seine-Saint-Denis, qui a accordé 49% des voix à Mélenchon, également en Outre-mer où sa candidature dépasse 50% en Guadeloupe, Guyane, Martinique et à La Réunion, elle reste à la peine dans les zones périurbaines et rurales où l'extrême droite arrive souvent en tête. Troisième chantier et peut-être le plus gros, en finir avec la politique politicienne, les guerres d'égo et les petits calculs.

Avec son Parlement de l'Union populaire, ouvert aux acteurs et actrices du mouvement social et à des élus et militants d'autres forces politiques, la France insoumise a commencé à le faire. Cette dynamique se poursuivra-t-elle et s'élargira-t-elle en prenant la diversité de l'électorat Mélenchon ? C'est la question que nous pose Basta et à laquelle notre grand-niqueur David Guiraud pourra sûrement répondre. En novembre dernier, nous recevions Kezan Ubré pour parler de la grève générale illimitée en Guadeloupe qui a été lancée pour protester contre l'obligation vaccinale des soignants et le pass sanitaire.

Une mobilisation qui a également gagné la Martinique qui est aussi en proie à la colère et aux vieilles rancœurs qui habitent les Français d'outre-mer face à un pouvoir central qui refuse de voir leur réalité et d'entendre leurs revendications. Vies chères, salaires qui ne suivent pas, économies locales verrouillées aux Antilles mais aussi à la Réunion ou en Guyane, les tensions sociales ne faiblissent pas. On pouvait encore voir des manifestants en Guadeloupe exiger la réintégration des soignants suspendus, de nouvelles embauches à l'hôpital ainsi qu'un renforcement des services publics sur l'île le jour du premier tour des élections présidentielles.

Jean-Luc Mélenchon est largement en tête des suffrages en Guadeloupe avec 56% des suffrages exprimés, 53% en Martinique, on pourrait aussi parler de la Guyane, 50,5% ou encore presque 41% à Saint-Pierre-et-Miquelon en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Même tendance à la Réunion, 40% pour Mélenchon, loin devant les 24% de Marine Le Pen. Bonjour Keïza. Bonjour Nadia. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci de m'avoir invitée. Doit-on comprendre ces résultats comme le succès de la campagne de Jean-Luc Mélenchon ou bien comme un désaveu de la politique d'Emmanuel Macron ? Je dirais les deux.

11:18
Invité

Pourquoi les deux ? C'est un vote contestataire d'une population des territoires des Outre-mer qui souffre depuis trop longtemps et qui avait placé tous ses espoirs entre les mains du président Emmanuel Macron. Donc des territoires français sans eau depuis trop longtemps. Vous savez en Guadeloupe, c'est 70 ans de canalisation qui n'ont pas été réparés. Ce n'est pas du fait d'Emmanuel Macron, il faut le reconnaître. Il y a eu d'autres présidents de la République. On a eu Nicolas Sarkozy, on a eu François Hollande avec un ministre des Outre-mer de la Guadeloupe. Mais c'est quand même 70 ans de canalisation à réparer qu'on ne peut pas réparer en 5 ans.

Donc une déception énorme parce qu'il n'y a pas d'eau dans les territoires d'Outre-mer. Imaginez un territoire en hexagone où il n'y aurait pas d'eau. Donc la population n'en peut plus. avec le Covid qui arrive, avec une obligation de passe vacinale. Voilà. Elle ne se sent pas protégée. Et donc le vote a été contestataire et aussi a été pour le programme que proposait Jean-Luc Mélenchon. Problème de chlordécone, 40 ans, 40 ans de déni de tous les présidents de la République. On doit reconnaître qu'Emmanuel Macron est le premier président à avoir dit, à avoir reconnu que c'était l'affaire de l'État, que c'était l'État qui était mis en cause.

Mais voilà, si on parle de la Guadeloupe et la Martinique, veuille que ça aille plus vite, il y a eu un procès qui maintenant est balayé d'un coup. Voilà. Et donc le vote est contestataire parce que c'est un peuple qui souffre depuis trop longtemps. La vie chère, la vie chère, on n'en parle pas d'aujourd'hui. Rien n'a été fait. Donc aujourd'hui, les territoires des Outre-mer ne se sentent pas considérés comme des Français à part entière.

13:30
Présentateur

Donc il y a effectivement un des aveux de la politique d'Emmanuel Macron, comme tu le disais, Caïsa, également le succès de la campagne d'Emmanuel Macron. On se souvient que Mathilde Panot, donc la députée de la France insoumise... Voilà, le succès de Mélenchon. Oui, voilà, de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Exactement, oui, voilà. Mathilde Panot s'était rendue notamment en Guadeloupe. Elle avait fait un rapport sur l'eau.

13:54
Invité

Oui. Voilà, un rapport qui avait été accepté et donc qui avait mis en évidence les problèmes de l'eau. Et c'est clair qu'il y a des travaux qui vont être commencés, mais actuellement, aujourd'hui, la population, elle veut de l'eau. Donc elle veut qu'il y ait des modalités d'urgence qui soient mises en place.

Parce que c'est clair qu'on ne répare pas en 5 ans 70 ans de canalisation non réparée, mais il faut trouver un modèle d'urgence pour tout de suite satisfaire une population qui n'a pas d'eau au quotidien quand on dit qu'on est en pleine pandémie, qu'on demande aux gens de se vacciner, mais qui ne peuvent pas se laver, se laver les mains, s'occuper de leurs enfants, manger, enfin voilà, vivre.

14:46
Présentateur

Vivre, parce que l'eau, c'est la vie. Exactement. Emmanuel Macron qui avait, on le rappelle, envoyé le GIGN et le RED en Guadeloupe pour contenir, pour neutraliser les révoltes populaires. Donc ça aussi, les populations d'Autre-mer ne sont absolument pas amnésiques, comme c'est un peu le cas ici en Hexagone et ont sanctionné...

15:06
Invité

Tout à fait. Je pense que l'attitude a été très mal perçue. Il y a une grosse défiance de la parole d'État. Et quand en plus, il y a toutes ces contestations, donc la vie chère, le chlordécone, c'est un peuple qui souffre. Donc même s'il y a eu des actions et que c'est le premier président qui fait ces actions, il y a la pandémie qui arrive. Bon, la pandémie, ce n'est pas la pandémie d'Emmanuel Macron, mais certes, il y a une pandémie qui arrive. Il y a un hôpital qui a brûlé en Guadeloupe. Donc en fait, je pense que la population a très mal pris la réponse à tout ce qu'ils demandaient.

Donc il y avait la pandémie, ils étaient contre le vaccin parce qu'il y a eu une défiance, parce que la communication pour ce vaccin a été très mal faite. On leur a exigé ça alors qu'ils se battaient déjà pour autre chose. Vous savez, la France, c'est quand même le pays du sang contaminé. Voilà, chlordécone, sang contaminé. Voilà, c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase d'envoyer les GIGN. Je pense que la réponse n'a pas été à la hauteur de la confiance qu'avaient mis les territoires des Outre-mer dans les mains du président Emmanuel Macron.

16:19
Présentateur

Oui, d'ailleurs, parce qu'on le rappelle, Emmanuel Macron, le score de Emmanuel Macron à ce premier tour, c'est 13,4% des suffrages exprimés contre 30,2% en 2017. Donc il a été sévèrement sanctionné. Donc on a parlé du scandale du chlordécone. Je vais quand même rappeler ce que c'est peut-être à nos auditeurs. C'est ce pesticide ultra-toxique utilisé massivement dans les bananeraies en Guadeloupe et en Martinique pendant plus de 20 ans, à partir de 1972, pour lutter contre la charançon de la banane, un insecte qui détruisait les cultures. La France a fini par l'interdire en 1990.

Le chlordécone a toutefois été autorisé aux Antilles jusqu'en 1993 par deux dérogations successives signées par les ministres de l'Agriculture de l'époque et au sujet duquel, en tout cas moi c'est ce que j'ai dans mes archives, au sujet duquel le président de la République rejette toute responsabilité. On l'écoute.

17:15
Jean-Luc Mélenchon

C'est la première fois qu'on prend de face le sujet du chlordécone. C'est la première fois. Je le fais sans démagogie. C'est-à-dire en regardant les choses telles qu'elles sont établies. Si je dis je prends la probabilité et je prends tout, c'est complètement irresponsable. Ça veut dire qu'on ramasse tout. Donc moi je veux bien qu'ayant considéré pendant des décennies sans doute comme responsable local puis comme ministre que ça n'était pas un sujet et que ça en devient depuis mai 2017, il faudrait d'un seul coup faire davantage que davantage. Mais faisons déjà ce qui est établi scientifiquement. Non mais pardon président, mais c'est vrai.

Donc là-dessus, il y a une procédure rigoureuse qui est mise sur la table. Rigoureuse. Non mais à la fin, moi je ne dis pas qu'il n'y a pas de lien. Je dis personne ne m'a établi un lien direct. Si on m'avait établi un lien direct, j'aurais pris les responsabilités qui vont avec. Parce que c'est mon tempérament et je n'ai jamais rien caché sous le tapis. Et je ne crois pas qu'on ait découvert en mai 2017 qu'il pouvait y avoir un lien ou que c'était un problème de santé publique.

18:19
Présentateur

Donc Emmanuel Macron enfin sujet, mais il n'établit pas de lien. Donc il se défausse un petit peu quand même.

18:23
Invité

Alors les mots n'étaient pas bons. Les mots ne sont pas passés. Ce n'est pas possible. Pour des populations qui ont leur famille qui meurent du cancer, ce n'était pas possible. C'est trop dur. C'est inadmissible. Ça je le reconnais. Mais je dois aussi reconnaître que c'est le premier président qui a fait quelque chose. Il y a eu un rapport sur le chlordécone qui a été fait par deux députés, un martiniquais et un guadeloupéen. Et aujourd'hui, dans le plan 4 du chlordécone, c'est ce rapport qui fait qu'on puisse arriver à quelque chose. Donc ces mots ne sont pas passés. Ils ne peuvent pas passer.

Je veux dire, quand on a des parents, quand on a une famille qui a été contaminée avec l'accord de l'État français, les mots ne peuvent pas passer. Mais aujourd'hui, c'est le seul. Et donc je dois l'admettre, je ne peux pas non plus être démagogue. On a eu Hollande, il n'a jamais rien fait. On a eu Sarkozy. Donc Hollande nous a dit oui, oui, qu'il nous aimait, qu'il nous adorait, il était gentil. Mais concrètement, il n'a rien fait. Donc ce sont des mots qui ne peuvent pas passer. Ce sont des attitudes qu'il est compliqué

19:42
Présentateur

d'accepter. Oui, une forme d'arrogance vis-à-vis d'une population qui se considère, des habitants, qui se considèrent comme laissée pour compte de la République. Tout à fait. Totalement. La vie chère,

19:53
Invité

le chlordécone, pas d'eau. Et puis, une attitude pas méritée. Quand il y a les mouvements sociaux pour la population qui ne souhaite pas se faire vacciner, qui souhaite attendre un autre vaccin ou qui souhaite un autre soin, parce qu'en plus, ils ont des problèmes à l'hôpital. L'hôpital a brûlé en Guadeloupe. Ces attitudes d'envoyer le GIGN, ces attitudes de dire si vous voulez l'indépendance, allez-y. Ça ne peut pas passer. C'est trop dur. Donc c'est un vote sanction. C'est un vote contestataire par des mots qui sont trop difficiles pour une population qui souffre depuis trop longtemps, qui se bat depuis trop longtemps.

Et quand le Covid arrive et qu'ils se sentent imposés comme ça quelque chose, ils se disent mais je ne comprends pas. Nous, on a dit qu'on souffrait, nos parents mouraient du chlordécone. On a dit que nos eaux étaient contaminées. On a dit que nos terres étaient contaminées. Aujourd'hui, on a un hôpital en mauvaise santé. On n'a pas d'eau pour se laver, pour vivre. Et donc, de nous renvoyer comme ça, écoutez, si vous n'êtes pas content, prenez votre autonomie. C'est un petit peu vulgairement, je dirais, dégage. Si tu n'es pas content, dégage. Nous, on ne fera pas mieux.

Et là, c'est très dur pour une population qui souffre, même si il faut reconnaître, et ça, je le répète puisque je ne peux pas être démagogue, que c'est le premier président à faire quelque chose, à mettre le droit sur ces questions, à avoir des députés qui font des rapports sur le chlordécone et dire, on va faire, à dire, à mettre de l'argent sur la table pour réparer les canalisations, parce qu'il ne faut pas oublier que les problèmes de canalisation, du moins en Guadeloupe, ne sont pas du fait de l'État, puisque c'est une compétence locale, donc l'argent est passé quelque part, il y a quelque chose qui a manqué, donc nos élus locaux aussi ont une responsabilité.

Mais c'est le premier président qui dit, on va régler les choses. Mais je pense que vu la pandémie, vu ce que le monde vivait et vu ce que la Guadeloupe vivait, qu'il fallait faire plus d'efforts, il fallait faire un effort urgent, un effort urgent sur des citernes, sur des distributions d'eau et puis sur une autre manière

22:26
Présentateur

de communiquer. Exactement. S'il a effectivement fait du chlordécone un sujet pour la France, ça n'a pas été en tout cas suffisant pour les Guadeloupéens eu égard au score qui a été réalisé par Emmanuel Macron, je le rappelle, 13,4% des suffrages exprimés contre 30,2% en 2017. Alors Mayotte, on va parler de Mayotte, Keïza, c'est complètement l'inverse, 41% des suffrages exprimés pour Marine, 42 pardon, pour Marine Le Pen et 24% pour Mélenchon. Alors, ce n'est pas si surprenant quand on sait que la candidate du Rassemblement national a été chaleureusement accueillie à Mayotte lors de ses dernières visites. On a encore un peu ces images en tête.

Mais le paradoxe demeure quand on sait que 95% des habitants de l'île sont de confession musulmane. Comment l'expliques-tu, Keïza ? Ah oui. Donc Mayotte

23:21
Invité

devient français en 2011 un référendum. Les Mahorais demandent à devenir français, donc à être assis sur la même table que les français, à être protégés comme les français. Et aujourd'hui, ils se sentent envahis par les Comoriens, par les îles d'à côté. Et donc, sur une petite île comme ça, partager les bénéfices qu'ils auraient d'être français n'est pas accepté par les Mahorais. Il y a aussi beaucoup de violence dans certains quartiers. Donc les Mahorais ont compris que pour eux, pour être protégés et devenir entièrement français comme ils l'ont demandé, alors que les autres ne l'ont pas souhaité, c'est Marine Le Pen. Ça peut être choquant pour une population de confession musulmane.

Ça peut nous choquer, nous, en Hexagone. Quand on connaît les discours de Marine Le Pen, ça nous choque. Mais si on part là-bas et qu'on vit là-bas et qu'on dit qu'on veut être français parce qu'on veut la sécurité sociale, parce qu'on veut la sécurité de l'État, parce qu'on veut avoir accès à certaines choses, on ne veut pas le partager. Et si les autres rentrent comme ça, sur un petit territoire, c'est moins évident à gérer. c'est comme la Guyane, voilà, c'est moins évident à gérer. Donc pour eux, Marine Le Pen a vendu une protection qui, on sait, ce sont des paroles.

24:57
Présentateur

C'est le discours anti-immigratoire de Marine Le Pen qui a conquis l'île et peut-être aussi un taux d'abstention assez important. 60% ne sont pas rendus aux urnes, ce qui profite nécessairement à la candidate du Rassemblement National. Tout à fait, parce qu'il faut savoir

25:17
Invité

que maorais, comoriens, tout ça, c'est un peu le même pays, la même population. Donc il y a un taux d'abstention énorme parce que les maorais trouvent que ça ne va pas suffisamment vite ce que propose Macron et certains trouvent qu'il faut mettre Marine Le Pen et comme ça, ils ne seront pas envahis par, je dirais, par leurs frères et sœurs.

25:42
Présentateur

C'est incroyable. Oui. Le 24 avril, Keïza, c'est le second tour. Est-ce que les Français d'Outre-mer répondront à l'appel du barrage républicain selon toi ? Alors, moi, en tout cas,

25:57
Invité

Keïza Nubré, moi au contact de cette population, je connais mon peuple et ce que je lui demanderais, c'est de ne pas être dans la réaction. La politique, c'est un combat. Aujourd'hui, enfin, nous, les Antillais et les Antillots-Guyanais, nous savons d'où nous venons. Nous connaissons notre histoire. Je veux dire, chaque étape de notre histoire en tant qu'Antillais a été un combat. Chaque élu Antillais a mené un combat pour la liberté. Les combats ne se sont pas menés comme ça. Donc aujourd'hui, on est à une autre étape de l'élection et je leur demande vraiment de ne pas réagir dans l'émotion. Voilà.

Là, il faut prendre de bonnes décisions et éviter la catastrophe parce qu'il ne faut pas se fier au nouveau visage. Vous savez, Marine Le Pen a été biberonnée dans la haine. Donc, ce n'est pas parce qu'elle arrive comme ça et qu'elle dit je vais vous aider. Enfin, on connaît aussi les discours. Vous voyez, il y a les discours, il y a le changement de cap. Elle a éliminé son père, mais enfin, ils prennent le petit déjeuner ensemble. Maréchal Le Pen qui va avec Zemmour et ensuite Zemmour qui dit tout de suite on va voter Marine Le Pen. Il faut se souvenir que Zemmour a dit qu'il y avait trop de noirs dans l'équipe de France. Donc, vous savez, les Antillais sont noirs.

Ils ne sont pas que noirs. Il n'y a pas que des afro-descendants chez nous. Nous sommes un peuple mélangé. Il y a les Indiens, il y a des Blancs aussi. Tous les Blancs ne sont pas des béquets parce que tout le temps, j'entends dire les béquets, les béquets de convo. Vous vous rappelez

27:28
Présentateur

ce que c'est les béquets ?

27:29
Invité

Oui, il faut nos auditeurs. Alors, ce qu'on appelle les béquets, on va dire que ce sont eux qui ont géré, on va dire, les esclaves de l'époque. Ce n'étaient pas tous des propriétaires parce que ce qu'on appelle les béquets aussi souvent, c'est ceux qui font le rhum mais tous les fabricants de rhum ne sont pas des béquets. Mais les béquets, ce sont ceux qui ont été dédommagés après l'abolition de l'esclavage, ce sont ceux qui ont géré les terres avec les esclaves et qui ont profité du travail gratuit et qui leur a permis d'être riches parce qu'ils ont été dédommagés. Les esclaves n'ont pas été dédommagés mais les béquets ont été dédommagés.

Mais je rappelle qu'en Guadeloupe, en Martinique, la terre appartient aussi bien à la population béquée qu'à la population indienne qu'à la population afrodescendante et que ce que nous voulons c'est vivre ensemble. Alors maintenant, il y a certaines choses à éliminer. Alors Macron nous a promis de réagir en vrai, de changer la vie des Français en vrai et d'éviter les monopoles parce que cette histoire de vie chère aussi, vous savez qu'il y a la vie chère en Guadeloupe et que vu le salaire, le SMIC qu'on propose, on ne peut pas vivre décemment avec le prix des produits dans les supermarchés.

Donc ça aussi, moi je pense que si, à un moment donné, l'État a pu donner une dérogation pour que le chlordécone puisse continuer à être utilisé aux Antilles, l'État aussi peut faire ce qu'il y a à faire pour éviter ces monopoles, pour régler le problème de la vie chère. si nous faisons partie de la France, si nous sommes Français, ce que nous voulons, c'est être traités comme les Français de France hexagonale. C'est ce que nous souhaitons, quel que soit le président. Mais maintenant, je tiens à dire à ma population, déjà je ne dirais pas de ne pas aller voter puisque moi, j'estime que si on doit ouvrir sa bouche, si on veut critiquer, il faut prendre une décision, il faut aller voter.

Moi je préfère voter et ensuite dire moi j'ai voté pour toi parce que tu as dit ça, parce que tu devais faire ça, donc moi j'impose ça.

29:47
Présentateur

Mais ça a été le cas en 2017,

29:48
Invité

on peut aussi comprendre qu'en 2022... Sauf que ça a été le cas en 2017, ça a été le cas aussi avant, sous Saankozy, sous Hollande et il n'y a rien qui s'est passé. Donc c'est un combat, il faut y aller. Et puis il y a d'autres élections qui arrivent, il y a les législatives qui arrivent, ça va permettre de mettre d'autres choses à l'Assemblée nationale, de mener des combats ensemble. Mais chaque jour est un combat chaque étape est importante et là on passe à une autre étape. Donc il est important d'aller voter et de faire barrage à Marine Le Pen.

30:20
Présentateur

Merci beaucoup Keza Nubré, je rappelle Keza est vice-présidente du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer et de l'Association française à part entière. Je le disais en introduction, le média est en pleine campagne d'abonnement, 4 000, alors on me dit maintenant 3 000, merci beaucoup pour ces 1 000 nouvelles souscriptions, permettraient de pérenniser nos finances et donc garantir notre survie. On compte sur vous et on regarde tout de suite ce petit clip.

30:49
Invité

Le média disparaît. Vous le savez, nous venons de clore une cagnotte destinée au pôle enquête. Cela ne suffira pas à assurer au média sa survie.

30:58
Présentateur

Au média, depuis sa naissance, nous avons fait le choix de vous proposer une chaîne d'information, une web télé indépendante, libre et surtout en libre accès.

31:07
Invité

Les médias

31:08
Jean-Luc Mélenchon

ont déjà réélu Macron, ils ont inventé le mandat de 10 ans. Philippe David, elle est finie cette campagne ? Gratuitement, nous vous avons proposé des talk-shows politiques, des interviews long format où on peut s'exprimer militants associatifs, syndicalistes et intellectuels dans des conditions que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.

31:26
Invité

On a le droit de dire stop, de dire non dans la rue, c'est un droit, c'est légal et voici la réponse.

31:31
Jean-Luc Mélenchon

On est dans une situation assez dingue où un gouvernement vote une loi sur le secret des affaires pour arranger ses potes et après se cache derrière cette loi au moment où ça peut être déterminant.

31:41
Invité

Quand on contacte l'Elysée en disant il y a quelque chose de grave, de l'argent vers ça dans un trust, on n'a pas le début d'une réponse et puis quand on réinsiste sur mais il a touché combien Macron, il n'y a plus aucune réponse. Donc s'ils sont de bonne foi, pourquoi ils ne parlent pas à ces gens-là ? Nous vous avons proposé des reportages, des enquêtes, des chroniques, nous avons couvert les luttes comme aucun média mainstream ne le fait. Thomas, selon toi, Emmanuel Macron est-il un rempart comme il l'affirme contre l'extrême droite ? Pas du tout. Cette politique qui l'a menée a favorisé l'extrême droite.

On a des gens qui sont des copains de longue date, qui sont passés par les mêmes écoles et qui se retrouvent dans un conseil d'administration parce que ce gouvernement ne sait pas autre chose, à être responsables de rien devant personne. Les citoyens n'ont jamais leur mot à dire. Cette gratuité, c'est un choix politique et idéologique assumé depuis toujours. Mais c'est aussi un pari risqué. Risqué parce que c'est vrai, payer pour un média dans le contenu est gratuit, ça ne va pas de soi. Mais c'est un pari que nous avons jugé nécessaire, indispensable même. D'ailleurs, la preuve, nos vidéos cumulent 8 millions de vues par mois. Preuve que vous souhaitez une autre information.

Vous avez échoué finalement

32:45
Jean-Luc Mélenchon

à mettre à l'ordre du jour

32:47
Invité

cette question ? Je pense qu'il y a une responsabilité qui est quand même et avant tout celle des gens qui nous dirigent et notamment depuis 5 ans celle de Macron. Loin des médias surconcentrés où seuls les libéraux et les fascistes ont le droit de s'exprimer dans de bonnes conditions.

33:01
Présentateur

Malgré ça, vous n'êtes que 6 400 à nous soutenir par un abonnement et ce chiffre continue de baisser. La conséquence, c'est que nos finances vont mal, très mal.

33:11
Invité

Les abonnements rapportent à peu près 60 000 euros et on en dépense 100 000 tous les mois. Ce qui nous fait un déficit de 40 000 euros chaque mois. Le média, c'est 30 travailleuses et travailleurs qui se dévouent pour vous offrir une autre hiérarchie de l'information et des contenus de la meilleure qualité possible.

33:27
Jean-Luc Mélenchon

Ces sommes dont on parle, elles servent à rémunérer ces travailleurs et à produire les émissions que vous aimez.

33:32
Présentateur

Aujourd'hui, l'enjeu, plus que jamais, faire vivre le média et lui assurer sa pérennité.

33:38
Jean-Luc Mélenchon

Nous avons besoin d'atteindre 10 000 abonnés pour que le média continue d'exister, continue de vous proposer ses formats et ses émissions gratuitement. Abonnez-vous,

33:48
Invité

devenez sociaux de la coopérative Le Média. Plus que jamais, le média a besoin de vous. Ce média,

33:54
Présentateur

il est à vous, vous qui le financez. L'indépendance éditoriale et l'information libre ont un prix.

33:59
Invité

Comme nous avons fait le choix de la gratuité pour tous, 100 milliardaires, 100 richissimes mécènes. Cette gratuité et cette liberté, vous seuls, en êtes les garants.

34:23
Présentateur

3 000 abonnements à hauteur de 5 euros par mois, c'est un petit investissement et c'est un défi que l'on peut relever ensemble. On compte sur vous, rendez-vous sur le site internet du Média, médiatv.fr. David Guéraud, bonjour.

34:40
Jean-Luc Mélenchon

Bonjour Nadia.

34:42
Présentateur

Nous étions à cela, de la victoire. David, mais il y a quand même des compensations, voir Valérie Pécresse qui est mandée de l'argent pour pouvoir rembourser ses frais de campagne, voir Jadot aussi lancer une campagne de levée de fonds.

34:56
Jean-Luc Mélenchon

On va parler de tout ça. Bonjour Nadia. Bonjour chers auditeurs. Bon, ben voilà, on y était presque. On était tellement près du but, tellement proche de pouvoir changer la vie des gens. C'est cruel, l'histoire. Ce dimanche 10 avril, le peuple français, dans toute sa diversité, dans toute sa beauté, a agrippé les barrières de l'Elysée. Il les a secouées, il les a fait trembler, ces foutues barrières, avant que le sort ne les rende un peu trop glissantes pour pouvoir s'y accrocher. Ah, comme c'est dur de se consoler quand on pense aux cinq années à venir. Mais il faut bien trouver les mots. Il faut bien se relever parce qu'après tout, à quoi ça sert de rester au sol ?

Comment est-ce qu'on peut partir à l'assaut du futur si on passe son temps à ruminer sur le passé ? Et si, au lieu de compter d'ailleurs ce qu'on a perdu, on ne se mettrait pas à analyser ce qu'on a gagné ? Car une force immense s'est levée ce 10 avril. Ceux et celles que des commentateurs complètement déconnectés de la réalité estimée perdue, en rupture avec la République et les institutions, ont affirmé, dans les urnes, qu'ils comptaient bien arracher le respect aux élites arrogantes qui parlent sans cesse d'eux, mais qui parlent sans eux. Ce 10 avril, la jeunesse ne rêve pas d'égalité et de justice. Elle les rend possibles.

Elle a compris que le vote est un instrument de pression considérable. Alors, il y a bien quelques rageux qui disent en ce moment gna gna gna, vote communautaire. Parce qu'on peut les reconnaître en général, c'est simple, ils ont les épaules voûtées, un peu comme ça. Position du vautour, les mains pour un bougri, comme leur dit les fourris. C'est ça. Et un vote communautaire ? Bon, quand Zemmour fait quasiment le triple de son score national à Versailles, évidemment, c'est pas un vote communautaire. Le vote communautaire, c'est quand c'est les Noirs et les Arbes. Quand c'est des bourgeois, on appelle ça la bouche un peu pincée, un doigt en l'air. On vote raisonnable.

Enfin bref, les jaloux maigrissent tellement qu'ils n'ont plus que la peau sur les eaux. Et c'est très bien. Toujours est-il que ça se voit, cette pression insoumise dans les réactions de Macron comme de Marine Le Pen. Alors que la première danse le flamenco en ce moment en parlant d'union nationale avec les insoumis, oubliant au passage qu'elle a les insultés d'islamo-gauchistes pendant cinq ans. Le premier fait de la zumba en nous proposant de revoir sa réforme des retraites et nous parle d'égalité, d'antiracisme. C'est dans sec en ce moment pour séduire les insoumis. Ce n'est plus une élection, c'est une soirée en boîte, leur histoire. Bon, on ne va pas se mentir.

Le Pen, c'est que c'est mort et qu'on ne votera pas pour quelqu'un qui veut la retraite à 62 ans et 42 annuités, qui porte le programme économique du MEDEF et qui veut interdire le voile sous prétexte que, je la cite, Bourguiba l'avait fait en Algérie. Alors Bourguiba, c'est en Tunisie. Ce n'est pas comme si on attendait de Marine Le Pen d'être une experte en Maghreb.

37:27
Présentateur

Elle est à la même de la part reprise.

37:28
Jean-Luc Mélenchon

Non, ce n'est pas une experte non plus. C'est comme si on demandait à McDonald's d'être spécialiste de Quik. Mais ils essayent de nous rassurer. Les Le Penistes lundi, il y en a un qui m'a dit pour tenter de me convaincre, je le cite encore, mais il y a Andréa Kotarak, un ancien insoumis, il est chez nous. C'est un type formidable. J'en reviendrai presque à le plaindre, Andréa Kotarak. Rendez-vous compte qu'il a quand même trahi toutes ses amies et toute sa famille pour devenir l'équivalent de l'ami noir du Rassemblement National. Ce n'est pas hyper rentable comme opération. Et puis Macron, Macron connaît le poids de ses promesses. Ça ne pèse pas lourd, ses engagements.

Ça tient dans les mini sacs à main, les nouveaux. Les débarbis. C'est ça, les trucs qui te font porter ta carte d'identité et trois pièces d'un euro avant d'exploser. Le seul truc qui fait que des insoumis vont peut-être voter pour lui, c'est que ce n'est pas un facho, même s'il y en a qui hésitent vu qu'il y a quand même pas mal de ministres qui roulent à 260 sur l'autoroute du racisme. Bon, n'empêche qu'on se fait respecter dans cette histoire et qu'on continue et qu'on compte bien continuer à se faire respecter. C'est peut-être avant tout ça, le vote Mélenchon. Et puisqu'on assiste à un second tour lamentable, on ne va pas se taire, on va continuer à distruire quelques gifles.

On va continuer à rire aussi, sinon, ce n'est pas drôle. Alors allez, on passe à l'analyse des réactions du second tour et on commence par cette vidéo savoureuse. Regardez.

38:43
Invité

La situation financière de ma campagne est désormais critique. Nous n'avons pas atteint les 5% qui nous permettraient d'obtenir les 7 millions de remboursements de l'État que nous escromptions. Ces 7 millions de remboursements manquent pour boucler le budget de la campagne. Les Républicains ne peuvent pas faire face à ces dépenses. Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros. C'est pour cela que je lance ce matin un appel national au don à tous ceux qui m'ont apporté leur suffrage mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile et enfin à tous les Français qui sont attachés au pluralisme politique et à la liberté d'expression.

J'ai besoin de votre aide d'urgence d'ici le 15 mai pour boucler le financement de cette campagne présidentielle. Vous pouvez donner en ligne sur le site valeriepécresse.fr Il en va de la survie des Républicains et au-delà de la survie de la droite républicaine. Je vous remercie. Merci.

39:57
Jean-Luc Mélenchon

Aïe, aïe, aïe, Valérie Pécresse. Ben alors ?

39:59
Invité

Ben alors, la cistana !

40:01
Jean-Luc Mélenchon

A deux doigts de vendée dans le métro. On est avec la femme araignée de la ligne 2. La candidate qui lutte contre la cistana. C'est qui, c'est la femme araignée ? Je ne vais pas la filmer. On ne va pas se moquer d'elle. C'est quelqu'un qui marche bizarrement dans le métro. La candidate qui lutte contre la cistana demande d'être assistée. C'est cruel. C'est cruel, la politique. Il lui manque 5 millions d'euros à Valérie Pécresse. Il y a de quoi être triste mais rassurez-vous, elle a 10 millions d'euros de patrimoine. On est large, Valérie Pécresse. On est large, ça va le faire. Je sais, c'est dur de se séparer d'une villa ou d'un Picasso. Mais il faut bien que le parti vive, Valérie Pécresse.

40:36
Présentateur

Il faut que c'est jamais elle peut s'acheter un écran de plasma avec un jour.

40:39
Jean-Luc Mélenchon

Moi, je veux bien aider. Moi, je veux bien aider mais à une seule condition, qu'on applique son programme envers les gens qui bénéficient de l'aide sociale. Donc, il faut qu'elle effectue des travaux d'intérêt généraux. Vu la somme, ça sera entre 500 et 600 années des travaux d'intérêt généraux. Je suis personnellement prêt à donner au moins 2 euros pour la cause. Alors, tarif négociable, ça peut monter, ça peut redescendre aussi, ça dépend de mon humeur. Sinon, si jamais le média a besoin de 10 000 abonnés pour survivre financièrement, je dis ça, je dis rien. Après le vote utile, est-ce qu'on n'inventerait pas la cagnotte utile ?

Ah oui, petite pensée pour Amine Elbailly, ce militant Les Républicains de Valérie Pécresse qui avait participé à ce reportage sur M6 sur Roubaix et qui a emmené Valérie Pécresse dans la ville, rue de Lannoy, pour salir les commerçants. Résultat, 1,9% des voix pour Pécresse à Roubaix. Bon courage pour les législatives, Amine Elbailly. C'est moi, l'adversaire. Donc, on va s'amuser, on vous attend avec plaisir. Allez, on passe au soutien du prochain candidat, c'est Baptiste Marché, influenceur identitaire, soutien d'Éric Zemmour, qui a un petit coup de blouse quand même, regardez. Vous êtes, et je suis, dans un pays où Mélenchon

41:45
Invité

fait plus de scores que Zemmour. Soyez conscients de ça.

41:49
Jean-Luc Mélenchon

Voilà. Donc, c'est foutu. Les Français ne méritent pas d'être sauvés. Il faut arrêter de se battre comme on le fait pour essayer de sauver la France parce que les Français ne le méritent pas. les Français méritent de disparaître. On est un peuple qui mérite de disparaître. Vraiment. Là, on a été trop loin. Rien que pour... On parle tout le temps des ancêtres, de l'honneur, etc. Mais par dignité, il faut savoir mourir, en fait. D'accord ? Pour arrêter de faire plus de mal et de se couvrir encore plus de honte. Là, c'est un peu trop déjà. Donc, moi, vous le savez, il y a un an, à peu près...

Il y a un an, quelques, un an et demi, quand je suis passé sur TVL et que j'ai dit que j'allais probablement aller vivre au Texas le temps que la France meurt pour revenir après.

42:37
Présentateur

Il a fait le suicide collectif.

42:39
Jean-Luc Mélenchon

Quel délice ! Les larmes de fachos, c'est quand même le grand plaisir de cette élection. Éric Zemmour à 7%. Vu qu'il était si haut pendant la campagne dans les sondages, bébou, on l'a vu quasiment en pleurs à la fin de son discours. Moi, ça m'a donné envie de tendre une bouteille pour la remplir de ses larmes salées, pour la remonte sur le bon coin. Je m'étonne d'ailleurs que Valérie Pécresse n'ait pas eu l'idée de récolter quelques-unes de ses gouttes de sueur à tous ces fachos. À Versailles, ça doit valoir une petite fortune pour se renflouer. Enfin bon, vous l'avez noté comme moi, les influenceurs identitaires, c'est quand même les meilleurs.

Eux qui crachent en permanence sur les réfugiés en France sous prétexte qu'ils auraient dû se battre dans leur pays contre les dictateurs ou dans les guerres civiles, sont prêts à décamper de France parce qu'ils ont fait 7% à une élection. Et oui, je te laisse imaginer leur réaction si le défi, c'était des tanks allemands. Ils seraient partis directement en Argentine siroter quelques tropicots, les gars. On sent le courage, on sent que ça déborde. Combattif, les gars. Ouais, combattif, ça déborde de patriotisme et tout ça chez ces types qui crient « on est chez nous » mais qui s'exilent à la première défaite.

Bon, on vous rassure, ils projettent de se réfugier au Texas, de s'entraîner, probablement pour commettre des espèces d'attentats terroristes d'extrême droite. Mais vu le prix du billet et le score minable que va faire Zemmour aux législatives, fort heureusement, ça risque d'être un aller simple leur voyage. Allez, ciao les gars, merci d'être passés, c'était cool. On passe au prochain candidat. Regardez plutôt ce tweet de Yannick Jadot. Voilà, Yannick Jadot, fidèle à lui-même. Deux heures pour appeler à voter Macron alors qu'il avait deux mois pour appeler à voter Mélenchon.

Situation compliquée pour les Verts d'un point de vue financier qui commencent à comprendre qu'ils vont devoir appliquer à la lettre leur programme en interne en recyclant les candidats, le siège du parti, les slips et les chaussettes sales. Dommage, j'aurais aimé avoir le temps d'être triste pour vous les amis. Je suis plutôt occupé à être en colère de ces mois tapés sur Mélenchon, qualifiés de poutiniens, des dictateurs, tout ça, tout ça. Voilà, désolé les potes, je suis occupé. J'aurai peut-être un peu de compassion pour vous dans quelques mois, qui sait, je ne sais pas. On ne plume pas un euro, non ? Non, non, pour l'instant, non, non.

On va passer à l'analyse de la prochaine candidate, Anne Hidalgo. Voilà, on passe maintenant à Fabien Roussel. Enfin non, attendez, on m'indique un signe de vie d'Anne Hidalgo. On va quand même le passer. Regardez plutôt ce tweet de Madame Hidalgo. Voilà, chez Hidalgo, tout roule, enfin, sauf les voitures. Elle qui a réalisé 2,9% des voix dans son propre arrondissement d'élection. Elle a fait 28 000 voix dans la ville dont elle est maire sur un million d'inscrits. Bon, la voilà qui est repartie faire des balades sur les quais de Seine. Non, non, ne faisons pas des calculs. Mais elle est repartie faire des balades sur les quais de Seine, probablement pour rechercher ces 2% de votants à Paris.

Bon, c'est vrai que c'est probablement sur les quais qu'ils se sont cachés, ces électeurs. Pour la première fois de la campagne, on peut le dire, la candidate du Parti Socialiste a du flair. Voilà. Et on passe enfin au dernier candidat du jour, Fabien Roussel. Écoutez plutôt cette vidéo.

45:27
Invité

Nous allons nous battre pour le produire en France et pour produire français. Or, bien sûr, quand je dis ça, il y en a encore à gauche qui vont être choqués parce que je parle de France, parce que je parle de français. Eh bien, j'assume. Ma gauche à moi, elle aime les ouvriers, elle aime les usines, elle aime le drapeau rouge et le drapeau tricolore. Ouais. Ma France à moi, elle chante l'international et la marseillaise.

45:58
Présentateur

C'est Coco et Cocorico. Et hop là. C'est Patrick Sébastien, là.

46:07
Jean-Luc Mélenchon

Eh ouais. Mais voilà, mais on connaît désormais le poids électoral de Patrick, enfin de Roussel, celui de la gauche, Coco, Cocorico. Et allez ! Et allez ! 2%, bravo les gars ! Bon, vous avez contribué à éliminer un candidat à l'élection présidentielle. Bon, pas de bol, c'était ni Macron ni Le Pen, c'était Jean-Luc Mélenchon. Mais bon, faire une campagne sur le pinard en permanence, ça n'aide pas quand on est bourré d'être lucide sur la situation politique. Alors, pour la petite blague, désormais, Fabien Roussel appelle à l'unité pour les législatives. Tiens, tiens, c'est fini le vote de conviction au premier tour, on dirait.

Est-ce que ça n'aurait pas un rapport avec le fait que c'est les législatives qui déterminent l'argent public donné par l'État au parti pendant 5 ans ? J'ai comme un doute. Ce ne serait pas pour l'argent que tu fais ça, Fabien Roussel, non ? Fabien Roussel a quand même retrouvé son crédit téléphonique. Il a retrouvé sa 4G. Ça nous rassure, parce qu'on a passé quand même deux mois à l'appeler pour lui dire qu'il serait tiré, Jean-Luc Mélenchon, peut-être qu'il pourrait être au second tour. On tombait sur messagerie parce que Fabien Roussel, il nous disait aucune chance que Mélenchon soit au second tour. Aucune. Et ouais, c'est un triste constat.

Fabien Roussel a préféré croire les sondages que ses propres camarades. Mais bon. Ses propres convictions. Bien sûr, ça va être dur pour lui. La suite, comme quoi, à force de faire campagne en parlant que de barbecue, on risque de finir carbonisé. Il nous reste un dernier candidat, évidemment, et le meilleur pour la fin. Regardez ce moment. Alors, bien sûr, les plus jeunes vont me dire « Eh bien, on n'y a encore pas arrivé. C'est pas loin. Faites mieux. Merci. » Et ouais, faites mieux. Vous avez compris ? C'est pas une question. C'est un défi qu'a lancé Jean-Luc Mélenchon à toute une génération dans un des plus beaux discours politiques que j'ai pu entendre. Il a raison, le chef.

Faites mieux, les amis. Malgré la douleur, faites mieux. Malgré la déception, faites mieux. Parce qu'on finira par y arriver. Faites mieux, parce qu'on s'est remis à espérer. Faites mieux. On retourne au combat, on pleure, on rit, on se bat et on avance et on fait mieux.

48:14
Présentateur

Merci beaucoup, David Guiraud, pour cette très belle chronique, comme à ton habitude. Alors, David, est-ce que la France Assoumise va céder à ses appels de faire des alliances aux législatives ? On en a parlé hier à l'instant, Porcher, ou au contraire, c'est une décision assez tranchée ?

48:33
Jean-Luc Mélenchon

Je ne sais pas, on va voir, on va voir, de toute façon, on n'arrêtera pas de discuter, mais on ne sait pas ce qu'ils vont en sortir. Moi, ça me fait rire quand même. Tif, l'unité, ça y est, maintenant, c'est bon. Tu sais, c'est comme si ton pote, il te crache dessus, il te dit, c'est bon, il y a un, un, mais tu ne sais pas où est le premier un, en fait. je ne sais pas, donc, on va voir, on va voir. Moi, je pense surtout qu'ils vont devoir s'expliquer avec leurs propres électeurs, les copains, parce que c'est vrai qu'il y en a qui ont voté utile, nous, on n'a jamais joué sur ça, en plus.

Oui, il y en a sûrement qui ont voté un peu utile, en se disant, je préfère Mélenchon, même si je ne l'aime pas, que Le Pen, mais ils commencent déjà à détester leur ancienne crèmerie, parce qu'ils se disent, mais moi, je fais l'effort et pas vous, en fait. Donc, on va voir. Moi, je pense qu'ils vont devoir s'expliquer. Le Parti Socialiste, je cherche son avenir, je ne trouve pas. Et puis, les autres, on verra. On verra. Je ne sais pas quel est l'état des négociations, mais ça va être compliqué pour eux.

49:29
Présentateur

Qu'est-ce qui a manqué, selon toi, à Jean-Luc Mélenchon ?

49:33
Jean-Luc Mélenchon

Pas grand-chose.

49:34
Présentateur

Oui.

49:34
Jean-Luc Mélenchon

Pas grand-chose, en fait. Qu'est-ce qui explique,

49:36
Présentateur

justement, qu'il ait, j'ai pas envie de dire, échoué, parce que ses idées sont debout, comme tu l'as si bien dit.

49:41
Jean-Luc Mélenchon

plein de choses. En fait, quand il manque 400 000 voix, elles auraient pu être un peu partout. Elles auraient pu être dans la ruralité où Le Pen était très forte, c'est vrai. Elles auraient pu être dans l'abstention dans les quartiers où on avait encore des marges de progression. Elles auraient pu être dans l'électorat plutôt social-démocrate avec trois candidats qui se sont maintenus quand même malgré la présence. En fait, elles étaient partout. C'était 400 000 voix, c'est rien. Il faudrait voir combien ça représente de voix par bureau de vote. Mais je me souviens qu'en 2017, 600 000, c'était genre trois voix par bureau de vote. Donc, c'est rien. Il ne manquait rien.

Il ne manquait pas grand-chose et puis, on ne les a pas eus. C'est ça la politique.

50:19
Présentateur

Et comment t'expliques justement que Roussel, Jadot, jusqu'au bout, aient refusé de soutenir Mélenchon ? Alors, on aurait pu se dire qu'ils tenaient à faire ces 5 % pour pouvoir avoir leurs frais de campagne remboursés. Ils sont bien en deçà.

50:34
Jean-Luc Mélenchon

Ils se disent que l'intérêt du parti, c'est l'intérêt du peuple et c'est là où ils font une erreur. C'est qu'il y a des intérêts d'organisation à se présenter aux présidentielles, à se présenter aux législatives pour bénéficier de l'argent public parce que chaque voix aux législatives, c'est de l'argent public après pendant 5 ans. Donc, c'est un intérêt de parti en fait. C'est un intérêt d'organisation. C'est de survie financière, de survie politique. Malheureusement pour eux, non seulement, ils n'ont pas réussi l'intérêt du peuple, ça, on le sait, mais en plus, leur intérêt de parti, je ne suis pas sûr quoi.

Parce que je ne suis pas sûr qu'ils fassent beaucoup aux élections législatives non plus maintenant. On est dans des situations où franchement, il y a plein de circonscriptions où en fait, Jean-Luc Mélenchon est devant. Donc naturellement, c'est souvent ce qui se passe aux législatives. Il y a des candidats au premier tour et puis c'est au second tour en fait qu'on... C'est exactement ce qu'on nous a proposé de faire aux présidentielles. Premier tour, c'est un vote de conviction. Peut-être que ça sera Mélenchon le vote de conviction dans beaucoup d'endroits. Donc voilà, maintenant à eux de voir ce qu'ils vont nous proposer. Nous, on a proposé plein de choses.

Je me souviens, Roussel, qui était quand même notre partenaire historique, encore Hidalgo et Jadot. Mais Roussel, on lui a proposé même un référendum sur le nucléaire si jamais on s'alliait pour dire bon, nous on va faire campagne contre le nucléaire. Mais on s'ouvre sur cette question parce que ça a l'air d'être le point de désaccord. C'était le point de désaccord, on s'est ouvert, mais on n'a pas été entendus. Pas de forfaits. Tomber sur messagerie, c'est bizarre maintenant.

51:54
Présentateur

De faire des appels, c'est un renvoi d'appels. Oui, c'est ça.

51:56
Jean-Luc Mélenchon

Là, il l'a désactivé.

51:59
Présentateur

Ça y est ?

52:00
Jean-Luc Mélenchon

Ça appelle là. On voit des SMS de bravo. Bravo Jean-Luc. Merci.

52:03
Présentateur

Quelle indignité.

52:04
Jean-Luc Mélenchon

Quelle indignité.

52:05
Présentateur

Comme dirait l'autre. Quand même, franchement.

52:07
Jean-Luc Mélenchon

Je pense que les gens sont... Moi, je vois autour de moi des gens qui sont très énervés.

52:10
Présentateur

Oui, bien sûr que la colère, elle est même légitime. On a même pu voir des graffitis, Roussel, Jadot, traîtres.

52:17
Jean-Luc Mélenchon

Oui, même des bons. Après, je pense que ce n'est pas du tout la solution de s'accager des permanences et tout. Ça ne fait rien avancer. Non, tout pas. Mais par contre, il y a une vraie colère. Il y a une vraie colère du peuple de gauche, en fait, qui, pour certains, se sont dit, franchement, moi, Mélenchon, je ne l'aime pas. Mais bon, j'y vais parce que c'est l'intérêt scénario. Il n'y a pas de ton idée de toute façon

52:35
Présentateur

d'élection présidentielle. Bien sûr.

52:37
Jean-Luc Mélenchon

Et puis, c'était celui qui... Enfin, je veux dire, il ne fallait pas être devin. C'est juste que ils sont restés... Enfin, leur seul argument, c'était de s'accrocher au sondage. Sondage qui disait il ne va pas le faire parce qu'il a 18 et Le Pen est à 24. Sauf que les sondages, on le sait, c'est ce qu'on n'a pas arrêté d'essayer de dire. Et même pour nous, c'était compliqué parce qu'on ne connaissait pas notre score. Mais enfin, on savait que ça allait se jouer. Enfin, on voyait la dynamique, on voyait les gens. On voyait dans les quartiers, ça bougeait de fou. On le sentait bien.

Le jeudi dernier, le jeudi dernier, il s'est passé un truc, par exemple, avec tous les influenceurs, tous les jeunes. Et on le savait que chez les jeunes, notre vote allait être très fort. Enfin, je veux dire, voilà, on l'a... On le savait. Donc, on savait qu'on allait être fort. On savait qu'il allait y avoir plein de types de gens qui allaient se réveiller. Que notamment, ça se voit un peu, mais il faudra faire l'analyse. Mais que chez les musulmans, par exemple, il allait y avoir un vote de défense, de dignité. On le savait. Parce qu'on avait recréé une confiance avec une partie du peuple qui n'allait plus voter. C'est vrai.

Et là, les autres, ils étaient là, non, non, tu prendrais bien un coup de rouge. Je ne sais pas trop ce qu'ils faisaient.

53:35
Présentateur

D'ailleurs, Emmanuel Macron l'a bien compris. Enfin, à deux jours du premier tour, il était où, Emmanuel Macron ? Il était à Beurre FM.

53:40
Jean-Luc Mélenchon

Oui, bien sûr. Bien sûr. Il a fait Brut, il a fait Beurre FM. Donc, c'est vraiment plutôt jeunesse, plutôt quartier, etc.

53:48
Présentateur

Migration post-coloniale.

53:49
Jean-Luc Mélenchon

C'est ça. Mais bon, tout ça n'a pas servi à rien. Moi, je ne crois pas. Déjà, il y a les élections législatives. On va voir ce que ça donnait. Mais il y a moyen d'avoir quand même un groupe un peu plus solide à l'Assemblée. Donc, les gens vont se faire respecter.

54:05
Présentateur

Et un Jean-Luc Mélenchon Premier ministre d'un Emmanuel Macron qui se dit rassembleur ?

54:12
Jean-Luc Mélenchon

En fait, on ne serait pas Premier ministre d'Emmanuel Macron. La cohabitation, c'est-à-dire, c'est le moment où, en gros, en fait, c'est le Parlement qui pilote l'action du gouvernement. Dans la Ve République, en général, le Parlement est aux ordres du Président de la République. Donc, l'exécutif, le gouvernement, c'est celui de Macron, etc. Et si, par exemple, on prend la majorité à l'Assemblée nationale, ce n'est pas temps d'être le Premier ministre de Macron. Ce n'est pas le but. Le but, c'est de dire qu'on envoie une majorité à l'Assemblée nationale pour avoir un gouvernement de l'Union populaire, pas pour le gouvernement de Macron.

Il faut faire gaffe à ce qu'on dit parce que c'est vrai qu'il y a plein de gens qui, vu qu'ils ne sont pas trop au courant, se disent « Ah oui, tu veux cohabiter avec Le Pen ? » « Ah oui, tu veux cohabiter avec Macron ? » Moi, je n'utilise pas ces termes parce que c'est vrai que ça peut mettre en confusion. Quand on dit aux gens « On envoie vos idées au gouvernement, ça, c'est autre chose. »

55:05
Présentateur

Oui, c'est vrai. Mais je fais allusion à cette cohabitation de Lionel Jospin et Chirac. Ça serait un schéma qui pourrait peut-être être envisageable si la France Insoumise n'avait pas une majorité.

55:20
Jean-Luc Mélenchon

Si on a une majorité. Mais de toute façon, dans tous les cas, on va avoir plus de députés. Après, il y a juste un défi, c'est d'être conscient de la responsabilité qu'on a. On a créé un lien de confiance, par exemple, dans les territoires les plus populaires. En Seine-Saint-Denis, ça se voit beaucoup. Moi, là où je suis à Roubaix, Jean-Luc fait 52% à Roubaix. C'est-à-dire qu'une personne sur deux à Roubaix qui a voté, a voté, Jean-Luc. C'est énorme. Maintenant, il faut être à la hauteur de cette confiance-là. Il faut aller revoir les gens. Déjà, il faut discuter avec eux. Il faut prendre le temps de les remercier, de voir ce qu'ils pensent.

Il y a beaucoup de jeunes qui ont voté pour la première fois. Il faut aussi expliquer aux gens pourquoi c'est important maintenant de rester mobilisé sur chaque élection. Et moi, c'est ce que j'avais dit dès le début. C'est franchement le jour où dans un quartier, vous avez le même niveau de vote, le même taux de vote que dans les quartiers des bourgeois. Et vous pouvez être sûr que le maire, il va revenir le lendemain de l'élection pour dire « Oui, ok, je regarde les problèmes de saleté, de machin, je viens. » Parce que c'est ça le truc, en fait.

C'est que si les gens, ils ne se font pas respecter, c'est parce qu'ils arrêtent de voter et que les responsables politiques se disent « Je m'en fous, de toute façon, ils ne votent pas. Donc, je n'ai pas besoin d'eux pour me faire réélire. » Tandis que si tu mets la pression, si tu arrives, et tout le monde est forcé de le faire, je veux dire, y compris à gauche, parce qu'il y a des formations de gauche, il faut aussi faire gaffe à ça. Ce n'est pas juste le vote qui est utile. Maintenant, on est aussi à leur service. C'est eux qui nous ont élus. Ce n'est pas à nous qui…

Enfin, il y a ce rapport-là à entretenir, à se dire d'aller vers des perspectives de conquête, même sur les mairies, sur les municipales, mais en se disant comment maintenant on met en avant aussi des gens du quartier, des gens… D'ailleurs, il n'y a pas que des quartiers populaires. Il y a aussi plein de villes où voilà, c'est classe moyenne, etc. C'est comment on fait vivre aussi tout ça, comment on fait émerger des gens sur la scène politique. C'est ça notre prochain défi en vrai, je pense.

57:01
Présentateur

Peut-être aussi expliquer à cette jeunesse qui vote pour la première fois, certains d'entre eux en tout cas pour la première fois, ce que sont les législatifs. Beaucoup de gens ignorent que c'est l'élection des députés et donc de ceux qui votent les lois.

57:12
Jean-Luc Mélenchon

Voilà, c'est un vrai truc. Bon, on va voir. La question populaire. Par exemple, je vais y retourner souvent. On va en parler. C'est de l'Allemagne à Roubaix qui me disait voilà, nous, on a besoin pour certains de revenir au début, c'est-à-dire à la base de dire à quoi sert un député, à quoi sert l'élection législative, etc. Parce qu'il y a des gens qui sont en rupture avec les institutions mais qui font quand même beaucoup de politique. Et c'était des jeunes du quartier de l'Allemagne et ça me fait sourire parce qu'ils m'avaient invité dans le quartier.

Je me souviens, c'était un acte que je trouvais très fort parce que c'est un acte de confiance en fait de faire venir un politique même de la France insoumise. ce n'est pas anodin de lui ouvrir les portes du quartier, etc. Et j'ai vu les résultats au bureau de vote du quartier de l'Allemagne dans les Mélenchon 70%, même plus de 70%. Donc voilà, il s'est passé quelque chose de beau et il faut continuer. Maintenant, il faut aussi dire à ces jeunes-là qu'ils ont le droit pas juste de voter, à être en responsabilité, à se mobiliser, qu'on leur donnera de la force. C'est une alliance en fait. Ce n'est pas juste t'as voté merci. Il ne faut pas en rester là. Ça, ça serait une erreur.

Mais bon, on est sur une bonne voie.

58:16
Présentateur

Et de mémoire, on a jusqu'au 8 mai, je crois, pour s'inscrire. 8 mai, je crois. On va avoir à peu près un mois.

58:22
Jean-Luc Mélenchon

Très important parce qu'il y a eu des radiations à Strasbourg. Il y a eu 14 000 radiations. Alors, en fait, ce qui s'est passé, c'est que ça arrive, il y a de la triche, on le sait, etc. Ça arrive. Les gens, j'ai reçu plein de messages de gens qui disent l'élection est volée, etc. Bon, il y a de la triche, peut-être pas à hauteur de 400 000 voix. Et puis en fait, il y a aussi des radiations parce que la malinscription, c'est un fléau. Et en fait, il y a plein de gens qui ne savaient pas où ils étaient inscrits, sur quel bureau de vote. Et à Strasbourg, notamment, etc. En fait, il y a eu des radiations que le bureau de vote a reconnues, d'ailleurs.

C'est erreur de manifeste matériel, on appelle ça quelque chose du genre. Parce qu'en fait, il y a eu un changement de nom de rue et le changement de nom de rue a fait que les gens n'étaient plus inscrits bien sur la liste électorale, donc ils n'étaient plus sur le registre et que le jour du vote, etc. Mais ça, c'est important, effectivement, que les gens vérifient. Ils vérifient parce que si tu vérifies en amont, ce problème, il se résout. Donc là, on va avoir un mois, c'est ce qu'on va faire, d'ailleurs, pour bien vérifier dans toutes les municipalités, etc., que les gens soient bien inscrits, etc.

Parce que la main à l'inscription, on l'avait déjà dit, c'est des millions et des millions de Français. Ce n'est pas un truc qui concerne deux, trois personnes en France. Avec une chance qu'on a, c'est qu'on a maintenant l'inscription automatique des plus jeunes. À partir de 18 ans, tu es jeune, tu es inscrit automatiquement là où tu habites. Mais que dans deux, trois ans, si tu bouges dans une autre ville pour tes études, il ne faut pas que tu te rendes compte le jour du vote que tu étudies à Lille, mais tu habites à Roubaix ou même tu étudies à Paris, mais tu habites à Marseille, enfin, tu habites à Marseille avant, tu ne pourras pas aller voter le jour du vote.

Donc, il faut vérifier, il faut faire ce boulot. Il y a plein de gens, franchement, j'ai été très, très étonné du nombre de gens qui ont direct pensé aux législatives, du nombre de jeunes qui ont dit « Maintenant, on y va, on se bagarre » et qu'on comprit de ce que c'était le vote. Et ça, c'est le bel acquis qu'on est. C'est quoi la puissance du vote et qu'est-ce que ça veut dire derrière en fait ? Parce qu'en fait, ce n'est pas qu'un vote. Il y a plein de choses derrière. Il y a la mobilisation, il y a la puissance que tu as, il y a le fait de regarder les gens dans les yeux et de lui dire « Tu ne vas plus faire sans moi maintenant. »

1:00:21
Présentateur

Et ça, c'est fort. D'ailleurs, on en parlera demain parce qu'on recevra Marouane Mohamed, le sociologue, avec qui on parlera justement qui est peut-être aussi lié à l'inscription automatique de ces jeunes de 18 ans, ce qui n'était pas le cas lors de la dernière campagne.

1:00:38
Jean-Luc Mélenchon

Oui, c'est vrai. De la dernière campagne. On va regarder de toute façon les taux d'abstention par bureau de vote. C'est très intéressant parce qu'en fait, c'est plutôt dans les bureaux de vote des classes moyennes qu'il y a eu plus d'abstention tandis que dans les quartiers, il y a eu moins d'abstention. Il y en a eu, mais c'est une abstention différentielle. Donc, il va falloir voir. Mais de toute façon, on l'a vu le jour du vote. Il y a les bureaux de vote dans certains quartiers. Il y avait des files d'attente. Tu te dis, il faut bien tout regarder.

Par exemple, c'est vrai que je ne sais plus qui, je crois que c'était Martin Biard qui me disait, bon, par contre, il ne faut pas oublier qu'il y a des files d'attente parce que les bureaux de vote ne sont pas dimensionnés pour les élections présidentielles aussi et que ça fait cinq ans qu'on n'avait pas vu aussi de gens aller voter.

1:01:16
Présentateur

Et ça, c'est dissuasif. Il y a des personnes qui ont quitté ces files. Il y a des personnes

1:01:19
Jean-Luc Mélenchon

qui ont quitté les files, bien sûr. Alors, c'est marrant parce que les jeunes, ils ne quittaient pas les files. Il s'était là, il restait. J'y vais. J'attends. Tu me fais attendre une heure, j'y vais. C'est souvent des personnes plus âgées, etc. Mais il s'est passé trop de belles choses. Moi, j'ai beaucoup de fierté là-dedans. On a fait ce qu'on pouvait maintenant. Qu'est-ce que tu veux ?

1:01:39
Présentateur

Bien sûr. On attend avec impatience de voir un peu cette campagne des législatives. Oui, ça va être sympa. Et les résultats. Je vous avisera à Roubaix. Oui. C'est ça, exactement. On ira visiter David Giroir. À Roubaix, on tournera une spéciale

1:01:54
Jean-Luc Mélenchon

rue de la Noix avec les commerçants et les commerçantes. C'est ce qu'on a excuse d'être des séparatistes, etc. Ça va être bien.

1:02:01
Présentateur

On vous rappelle donc que déjà demain, on continuera de parler. Là, on a parlé avec les annubrés de la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les territoires d'Outre-mer, de la mobilisation assez inédite dans les territoires d'Outre-mer. On parlera de la mobilisation des quartiers populaires. C'est vrai, en faveur notamment de Jean-Luc Mélenchon. Ça raconte quelque chose aussi de la politique. de la mobilisation de ces quartiers populaires.

Donc, on vous donne rendez-vous demain avec le sociologue Barouane Mohamed mais également avec la journaliste Wydat Ketfi avec qui on parlera déjà de ce barrage républicain, de cette politique particulièrement islamophobe d'Emmanuel Macron qui risque vraiment de le desservir dans le cadre de ce son bon tour. On vous rappelle donc cette campagne d'abonnement qui est toujours en cours. On a besoin de 10 000 abonnés pour pouvoir pérenniser les finances du Média. On est à... Il nous en manque 3 000. Il nous en manque 3 000 donc c'est plutôt une campagne qui rencontre un franc succès. On a gagné quand même 1 000 abonnés à leur tournage. On a 13 mètres jalouse mais bon. C'est pas grave.

Et on s'en réjouit d'ailleurs. Et quoi d'autre ?

1:03:05
Jean-Luc Mélenchon

On lui donnera des conseils.

1:03:06
Présentateur

On lui donnera des conseils comment mobiliser, convaincre. Dans la bienveillance, la bienveillance c'est un argument aussi politique. Il faut le savoir. Et comme quoi... Mais tu vois, ça c'est jouissif. Quand tu vois, elle empruntait vraiment le discours de la sistanat, l'islamo-gauchisme, le grand remplacement. Ben voilà.

1:03:26
Jean-Luc Mélenchon

Revenir sur le droit du sol.

1:03:27
Présentateur

Ouais, voilà. Tu vois, elle a eu les pires déclarations. Elle est même allée plus loin que Sarkozy. Elle l'avait même trouvée mou. Il fallait ressortir le karcher

1:03:35
Jean-Luc Mélenchon

des caves. On va pas pleurer. C'est pas le scabre. Désolé, en fait, on peut pas pleurer. Donc on va lui demander

1:03:43
Présentateur

d'elle de sortir un traité de stratégie politique. Peut-être le karcher il va t'énapper. Exactement.

1:03:49
Jean-Luc Mélenchon

Si t'en as acheté un, tu peux le revendre. Ça te fera quelques économies déjà.

1:03:53
Présentateur

Rendez-vous sur le bon coin pour aider. Valérie Pécresse, on vous rappelle donc Ejan Nubré, la vice-présidente du CREFOM. Vous pouvez suivre donc son actualité sur les réseaux sociaux, le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer, les Français à part entière. Et on se dit à demain pour la dernière, je crois que c'est la dernière contre-matinale de la semaine ou pas. On le saura demain. Suspense. Suspense. Très bonne journée. À bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada