Mayotte, gouvernement, Macron… L'intégrale de l'interview de Mathilde Panot
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM TV face à face. Apolline de Malherbe.
Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Je précise pour ceux qui nous écoutent et qui nous regardent que l'arrivée de Gisèle Pénicaud au tribunal d'Avignon est imminente pour cette journée de verdict. Et qu'on le vivra bien sûr en direct à tout moment. À tout moment, l'arrivée et la sortie d'Emmanuel Macron sur le tarmac à Mayotte également. Deux événements à suivre en direct dans les prochaines minutes. Mais dans ce studio, l'interview politique, c'est avec vous Mathilde Panot. Bonjour. Bonjour. Merci d'être là pour répondre à mes questions. Vous êtes la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale. Vous êtes députée du Val-de-Marne.
Et honnêtement, on se demande si en ce moment, vous n'êtes pas en train de regarder passer les trains. Pourquoi ? Parce que ça se passe sans vous. Ça se passe sans vous. Ils vont tous aller à l'Assemblée. Ils vont tous aller à Matignon tout à l'heure pour rencontrer François Bayrou. Tous, sauf le RN et LFI.
Nous venons de censurer un gouvernement pour la première fois depuis 62 ans. Depuis 1962, c'est la première fois que le gouvernement Barnier, qu'un gouvernement tombe. Et le gouvernement Barnier est tombé par la motion du nouveau Front populaire. Donc, nous venons de faire tomber un gouvernement. Et nous, nous le disons. Nous ne participerons pas à un gouvernement d'Union nationale. D'abord parce que nous ne voulons pas aller avec ceux qui ont fait passer de force l'abrogation de la retraite à 64 ans et qui refusent d'y renoncer et de l'abroger alors qu'il y a une majorité à l'Assemblée. Ceux qui ont supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune quand nous voulons le rétablir.
Ceux qui refusent d'augmenter les salaires. Et je pourrais continuer longtemps.
Mais il y en a d'autres comme vous qui diraient la même chose que vous. Qui ne veulent pas, en tout cas au moment où on se parle, participer activement à ce gouvernement. C'est le cas des écolos, c'est le cas du Parti Socialiste, c'est le cas des communistes, tous ceux qui étaient avec vous dans ce nouveau Front populaire. Et eux, ils y seront. Ils vont y aller tout à l'heure.
Ils vont au minimum discuter, voir ce qu'on leur propose, voir s'ils peuvent influer. Mais écoutez, à partir du moment où, par exemple, l'abrogation de la retraite à 64 ans n'est pas une possibilité qui est faite par le gouvernement Bayrou, nous ne participerons à rien alors qu'il y a une majorité dans l'Assemblée et dans le pays. Et je vais vous dire, je crois que l'ensemble du nouveau Front populaire se retrouvera sur le vote de la motion de censure. Parce que si M. Bayrou ne demande pas le vote de confiance, comme c'est le cas dans toutes les démocraties, alors nous déposerons une motion de censure au titre de l'article 49.2 de la Constitution.
Et je crois que l'ensemble du nouveau Front populaire votera cette motion de censure, puisque c'est le moment, sans vote de confiance, qui décidera, qui est dans l'opposition au gouvernement et qui soutient ce gouvernement. Vous le croyez ou vous le savez ? Je le crois, après ça sera à eux de le décider, mais en tout cas je crois qu'il n'est pas possible de ne pas censurer un gouvernement et de continuer la politique macroniste qui a été battue trois fois dans les urnes. Vous savez, ce qu'on défend, ça s'appelle un principe.
Et le principe c'est de dire qu'en République, la République n'accepte aucun monarque, et encore moins un monarque absolu, et donc que nous respectons la démocratie et nous voulons faire respecter le résultat des urnes.
Mais en vous arc-boutant sur vos principes, en quelque sorte, vous n'allez rien faire évoluer. C'est-à-dire qu'en fait, pour vous, c'est tout ou rien.
Quand vous entendez les socialistes, et qui sont venus à mon micro la semaine dernière, qui disent bien sûr qu'on est d'accord, ce qu'on voudrait, c'est supprimer la réforme des retraites, mais si au moins, en allant discuter, on peut obtenir un gel de cette réforme, pour ceux qui normalement devaient avoir le coup près, devaient continuer tout d'un coup alors qu'ils étaient proches de la retraite, si pour eux, on peut obtenir au minimum le gel de cette réforme, si pour eux, on peut obtenir au moins une sorte de conférence sociale pour réfléchir sur la réforme des retraites,
pourquoi ? Est-ce que ce n'est pas mieux que rien ? Mais non, parce qu'on prend tout à l'inverse. Regardez, le 7 juillet, qui a gagné, qui est arrivé en tête, certes, avec une majorité relative, c'est le nouveau Front populaire. Et donc, le nouveau Front populaire doit être appelé au pouvoir, et ensuite, nous faisons des compromis avec l'Assemblée nationale. C'est dans ce sens-là que nous devrions le faire. Pourquoi devrions-nous faire des compromis avec ceux qui ont perdu et qui veulent maintenant gouverner ? M. Bayrou a 36 députés à l'Assemblée nationale. M. Barnier vient d'une formation politique qui avait 47 députés. Donc, M. Bayrou est encore plus minoritaire que nous l'étais M.
Barnier. Donc, maintenant, ça suffit. Mais on est bien d'accord, on est bien d'accord.
Mathilde Panot, que peut-être que vos compagnons de route, alors je ne sais plus si vous êtes très compagnons, pas très compagnons, mais enfin, les socialistes, quand ils disent, on va peut-être obtenir pour ceux qui devaient normalement là, rajouter encore quelques mois, quelques années, qu'au moins ça ne s'applique pas à eux.
Vous ne vous dites pas, mais franchement, on s'est trompés de ne pas au moins aider ceux-là ? Mais non, nous voulons l'abrogation. Il y a une majorité, comprenez, Mme de Malherbe, il y a une majorité à l'Assemblée nationale. L'abrogation de la retraite à 64 ans a largement gagné. Oui, mais en attendant, ce n'est pas en attendant. Ce n'est pas possible qu'un homme tout seul, c'est-à-dire Emmanuel Macron, bloque l'abrogation de la réforme des retraites, refuse de reconnaître le résultat des urnes, refuse de reconnaître le suffrage universel. Et d'ailleurs, ce n'est pas seulement la France insoumise qui dit aujourd'hui qu'Emmanuel Macron est responsable du blocage.
Ce sont de multiples voix, y compris à droite, et 64% des Français qui disent qu'Emmanuel Macron doit démissionner. Et même plus d'un Français sur deux qui dit qu'il faut aller vers la VIème République pour en finir avec un homme seul qui décide. Je rappelle que le plus grand mouvement populaire sur les questions démocratiques de ce pays ces dernières années, ça a été les Gilets jaunes, qui demandaient un pouvoir populaire fort, notamment sur le référendum d'initiative citoyenne et le référendum révocatoire. Et si nous avions le référendum révocatoire, eh bien nous aurions une sortie positive par le haut. Et c'est effectivement l'objectif que vous continuez à poursuivre,
cette question de la démission d'Emmanuel Macron, ou au minimum de sa destitution, s'il ne démissionnait pas de lui-même. Mathilde Panot, je sais que les écologistes ont hésité jusqu'à la dernière minute, ils ont fini par prendre la décision au milieu de la nuit, de se rendre, tout à l'heure à ce rendez-vous proposé par François Bayrou, les communistes et les socialistes y seront également. Est-ce que vous estimez que le fait qu'ils y aillent, malgré tout, est une forme de... Alors j'allais dire trahison, c'est peut-être trop fort, je ne sais pas comment vous estimez en tout cas cette décision de leur part ?
Écoutez, chacun choisit sa stratégie, mais je vais vous dire, il y a une chimère derrière cela, c'est la seule chose que nous disons. Et cette chimère, c'est de laisser penser qu'un gouvernement qui va continuer la politique macroniste, M. Bayrou est le premier soutien d'Emmanuel Macron, ça sera aussi son dernier. Donc qui veut continuer cette politique macroniste et qui ne fait faire aucun compromis ? Vous savez qu'avec le nouveau Front Populaire... Mais qui ne fait aucun compromis ? Les macronistes, vous ne faites pas beaucoup de compromis. Je vais vous le dire. Vous venez de nous le dire, c'est tout ou rien. Non, ce n'est pas tout ou rien en fait.
Ce que nous disons, c'est que nous ferons les compromis avec l'Assemblée comme ça se passe dans toutes les démocraties. Vous êtes le gouvernement, vous arrivez avec des projets de loi et vous les discutez à l'Assemblée. Avec le nouveau Front Populaire, nous avons gagné 159 amendements sur la question du budget, notamment pour faire contribuer les plus riches et les multinationales de ce pays et faire en sorte qu'on réponde aux besoins des Français. Tous ces amendements ont été jetés à la poubelle avec le 49-3 qui est une violence démocratique. Donc ceux qui ne sont pas capables de compromis et de comprendre le résultat des urnes s'appellent les macronistes et notamment Emmanuel Macron.
On va revenir dans un instant, Mathilde Panot, sur ce que vous demandez sur la question du 49-3, sur la censure que vous allez donc déposer, vous nous l'annoncez ce matin. Je voudrais simplement préciser, notamment pour ceux qui nous regardent sur BFM TV, que les images que vous voyez sont des images en direct de l'arrivée d'Emmanuel Macron sur le tarmac à Mayotte, le président qui est donc arrivé à Mayotte. Mathilde Panot, l'aide qui arrive, il apporte notamment une grande aide humanitaire, des vivres, de l'eau. Est-ce que vous estimez que l'aide est suffisante ?
Je crois que ça ne sera jamais suffisant au vu de l'ampleur des moyens, notamment, je veux d'abord dire toute mon émotion et ma solidarité aux Mahorais et aux Mahorèses qui sont touchés par la plus grande catastrophe humanitaire depuis des années et des années dans notre pays, avec un nombre de victimes qui est encore inconnue, des gens qui attendent dans l'angoisse des nouvelles de leurs proches, plus de 100 000 personnes qui se retrouvent sans toit, sans eau. Vous savez que, notamment, la Croix-Rouge a dit que 200 volontaires avaient disparu.
Et on va probablement savoir le nombre d'enfants qui sont décédés le jour de la rentrée scolaire, en comptant le nombre d'enfants qui ne viennent pas à l'école. Mayotte est un département dans lequel la moitié des habitants sont des enfants. Et j'appelle solennellement, ici, à votre micro, le président de la République et le gouvernement, le Premier ministre, à mandater l'UNICEF, qui aujourd'hui n'est pas mandaté, et qui pourrait aller aider sur des activités opérationnelles. L'UNICEF, qui est la part de l'ONU, qui est consacrée justement à la défense de l'enfance. Exactement. Et qui a proposé son aide si le gouvernement français le souhaitait.
Et je crois que nous sommes dans une course contre la montre et qu'il faut prendre toutes les aides qu'on peut. En tout cas, je crois que c'est important que le président de la République soit à Mayotte. Ça répare un peu le sentiment de mépris qui avait été ressenti au moment de cette grande catastrophe avec un Premier ministre nouvellement nommé qui s'était rendu en jet au Conseil municipal de Pau. Ce qui avait été vécu comme une violence symbolique très forte de ne pas être physiquement présent à la réunion de crise. Quand vous dites en jet, il faut préciser les choses. Ce n'est pas un jet comme les jets de milliardaires.
C'est un des avions de la frette présidentielle et gouvernementale. Quand vous dites il a été à Pau, est-ce que ça veut dire aussi que le regard que vous portez aujourd'hui sur le Premier ministre dans sa gestion de cette crise à Mayotte, c'est qu'il est à côté de ce problème ? Il est passé à côté ? Il n'a pas vu le drame ?
Je crois, il faut imaginer, vous et moi, nous le savons, si cette catastrophe avait eu lieu dans n'importe quel département de l'Hexagone, le Premier ministre n'aurait jamais été au Conseil municipal de Pau. Il se serait immédiatement rendu sur place. Lorsqu'il me répond « Pau, c'est en France » ou « il est de coutume que le président de la République et le Premier ministre ne sortent pas en même temps du territoire national ». Il vous a répondu cela dans le cadre de l'Assemblée nationale ? Exactement. Lors des questions au Premier ministre, vous comprenez que nous sommes à un niveau de maladresse qui est très violent pour les gens qui sont en train de subir cette catastrophe.
Donc, il n'aurait pas dû aller à Pau, il aurait dû être à la réunion de crise. Et je crois que maintenant, il s'agit de tout faire pour aider Mayotte à se relever.
Il y a un homme qui y était, c'est le ministre de l'Intérieur des missionnaires, Bruno Retailleau. Il était à mon micro hier matin. Il estime qu'on ne pourra pas reconstruire de la même manière, que les drames sont dans les bidonvilles, c'est-à-dire auprès notamment des clandestins qui n'avaient de toute façon pas de maison en dure. Et il considère qu'il y a la question de l'immigration irrégulière, qu'on a laissé. On a laissé les Mahorais seuls devant leur malheur avec cette immigration qui est totalement incontrôlée. Il faudra changer les règles.
– Je trouve ça indigne d'un ministre de l'Intérieur des missionnaires de commencer sur la question de la loi immigration, de revenir sur ces vieilles marottes xénophobes. D'abord parce que je veux que vous réalisiez, Madame de Malherbe, que les premiers qui sont morts, et dont probablement on va avoir un bilan qui s'alourdit d'heure en heure et de jour en jour, ce sont justement des personnes en situation irrégulière qui n'ont pas été dans les abris. Non mais je vais vous expliquer.
La politique qui a été menée a mené à plus de morts, qui n'ont pas été dans les abris mis en place par la préfecture parce qu'ils avaient peur d'un piège, parce que lors du Covid, quand on leur a demandé d'aller à l'hôpital pour se faire vacciner, c'était en fait un piège pour les expulser. Donc beaucoup de gens sont morts parce qu'ils n'ont pas été dans les abris. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, ils ont fait des opérations Wambushu, où à la fin on a déplacé les gens d'un bidonville vers un autre avec 80% des gens qui n'ont pas été relogés. Je vais vous dire, Mayotte est en première ligne sur la question des migrations humaines.
Nous parlons du destin d'1,2 million de personnes, 900 000 personnes sur l'archipel des Comores, 300 000 personnes qui se trouvent à Mayotte. Donc ils sont en première ligne des migrations humaines. Et donc ils devraient être, non pas sous-dotés comme ils le sont actuellement, puisque l'État dépense 2000 euros en moyenne en moins par habitant de Mayotte que pour n'importe quel autre département français, mais surdotés pour pouvoir justement faire face à ces enjeux.
Mais toute la question, et malheureusement il faut quand même aussi mettre un peu les pieds dans le plat là-dessus, c'est qu'on ne sait pas exactement combien il y a d'habitants. Donc les chiffres que vous donnez, on ne sait pas si c'est par rapport aux habitants officiellement recensés ou précisément à ceux qui sont là et qui ne sont pas censés être là. Ce que je voudrais, c'est que vous écoutiez ce que dit justement Bruno Retailleau à propos des réactions à gauche qu'ont suscité ces demandes sur l'immigration.
Tous ces bien-pensants à gauche, tous ces bien-pensants à gauche et ailleurs d'ailleurs, que j'entends depuis hier, eh bien je souhaite qu'ils aillent au contact des Mahorais, qu'ils sortent de leur bien-pensance, de leur beau quartier parisien, de leur confort intellectuel, médiatique et autres, et qu'ils se confrontent à la réalité. Tous, tous les élus, ont le même langage. Tous les élus souhaitent qu'une situation stable redevienne. Quels seront les... On verra le bilan des victimes.
Eux-mêmes demandent le changement de la loi, eux-mêmes demandent la fin du droit du sol.
Mais bien sûr, c'est eux qui le demandent. Il dit que c'est eux qui le lui ont demandé dès qu'il est arrivé.
Alors la première chose, je rappelle, la moitié des habitants sont des enfants. Donc ils n'ont pas à prouver légalement s'ils sont présents ou non sur le territoire. C'est la Convention internationale des droits de l'enfant que la France a ratifiée. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, Mme de Malherbe, expliquez-moi en quoi restreindre encore plus le droit du sol qu'il n'est aujourd'hui restreint à Mayotte va solutionner les choses ? En aucune manière. Vous savez, on ne peut pas empêcher les gens de circuler. On ne va pas se barricader, on ne va pas jeter les gens à la mer. Donc la question, c'est de mettre les moyens.
Pour que tout le monde comprenne la règle, jusqu'à il y a quelques années, une femme qui accouchait à Mayotte, l'enfant automatiquement pouvait demander la nationalité française à 18 ans. Ce droit a été légèrement restreint sous Gérald Darmanin, qui a demandé à ce que les parents doivent prouver qu'ils sont légalement là depuis plus de trois mois. Et ce que Bruno Retailleau veut, c'est que les personnes, les parents, soient régularisés depuis au moins un an
pour que l'enfant ait le droit à cela. – Mais vous savez, Mayotte est dans une situation extrêmement compliquée. Vous avez plus de 75% de la population qui est sous le seuil de pauvreté. Déjà avant le cyclone, une personne sur trois n'avait pas accès à l'eau courante et 40% de l'habitat et de l'habitat précaire. Mais même dans cette misère dans laquelle est Mayotte aujourd'hui, Mayotte reste huit fois plus riche en moyenne que ce que ne sont les comores. Vous croyez vraiment que les gens bougent, circulent, juste pour avoir la nationalité française ? Ils bougent parce qu'ils veulent un avenir meilleur, un avenir meilleur pour leurs enfants. Et vous ne pourrez pas empêcher cela.
Donc tout ce qui est dit par M. Rotaillot est de l'agitation pour montrer qu'on fait quelque chose. Il y a eu une loi immigration, je le rappelle, l'année dernière. Et il y a eu plus de 30 lois sur l'immigration depuis 30 ans. Donc il faut changer de logique.
Nous avons une crise de l'accueil dans ce pays. – Qu'est-ce que vous répondez à la députée de Mayotte, Estelle Youssoupha, qui traite de charognard LFI ? Elle dit, je vais vous résumer la position de LFI sur Mayotte. LFI était vent debout contre Wambouchou, qui était donc cette opération, qui demandait la destruction des bidonvilles pour la protection même des habitants qui habitaient dedans. Ces bidonvilles sont devenues des cimetières à ciel ouvert avec ce cyclone. Et LFI s'est opposée à cette opération qui devait mettre tout le monde à l'abri. Elle estime que vous avez une responsabilité dans la mort de ces gens.
Ça a eu lieu ou pas, Mme de Malherbe ? Ça a eu lieu. On ne sait plus trop. On ne sait plus trop pour être tout à fait honnête. Ça a eu lieu, mais de manière très contrainte. Le résultat, c'est 80% des personnes qui n'ont pas été relogées, ce que je disais tout à l'heure. Et donc qui, évidemment, ont fait des habitats de fortune à plein d'endroits. Mais qu'est-ce que vous répondez à la responsabilité qu'elle vous implique ? C'est indigne. En fait, ceux qui sont responsables, c'est aujourd'hui ce gouvernement et les gouvernements précédents qui, depuis 20 ans, sous-investissent à Mayotte.
Et donc il faut redonner les moyens à Mayotte, non pas juste qu'elle soit au même niveau que les autres départements français, mais même surdotés pour faire face aux défis auxquels elle doit faire face. Et moi, je veux juste vous dire quelque chose. On ne parle jamais de la cause dont nous sommes en train de parler. Ce n'est pas le cyclone du siècle. Nous sommes entrés dans le siècle des cyclones, des tempêtes, des ouragans, des séismes. Et nous avions, nous, demandé à la France insoumise et gagné une commission d'enquête sur la question des risques naturels majeurs en Outre-mer, qui a ensuite été sabotée.
Je rappelle qu'en 2018, Emmanuel Macron avait promis en grande pompe une loi de la prévention sur les risques naturels majeurs qui n'a jamais vu le jour. Quand vous regardez, par exemple, la Martinique, vous avez 40 000 logements vétustes. La Guadeloupe, 35 000. La Réunion, vous avez 4 personnes sur 10 qui sont mal logées. Donc nous sommes entrés dans le siècle de l'incertitude et du dérèglement climatique. Et la question, c'est celle de l'adaptation. Donc il faut mettre les moyens sur cette question.
S'adapter, mettre les moyens. Et je rappelle donc que vous vivez en direct sur BFM TV. Je le décris pour ceux qui nous écoutent sur RMC. Donc l'arrivée du président Emmanuel Macron qui est donc arrivé il y a quelques minutes à Mayotte. S'il s'exprime et qu'il prend la parole, évidemment, nous l'écouterons en direct. Mathilde Panot, je voudrais revenir à ce qui se passe du côté du gouvernement avec cette réunion à 14h tout à l'heure. Vous l'avez dit, vous censurerez quoi qu'il arrive. Même si François Bayrou, cet après-midi, par exemple, s'engageait à ne pas utiliser le 49.3 ?
Mais oui, enfin, comprenez. Nous voulons que le résultat des urnes soit respecté. M. Barnier n'a pas fait l'automne. M. Bayrou ne fera pas l'hiver. Maintenant, ça suffit de nous faire perdre du temps. Nous sommes dans une situation dramatique. Il y a 66 000 défaillances d'entreprises dont la plupart sont des entreprises de moins de 11 salariés et même de moins de 3 salariés, des petites boulangeries, des restaurants, des petits commerces qui sont en train d'avoir le plus grand plan de licenciement silencieux. Nous avons 300 plans de licenciement. Nous avons un Français sur trois qui se prive régulièrement de repas pour pouvoir nourrir ses enfants.
Mais précisément, il suffit de nous perdre du temps. Qu'il demande le vote de confiance. Que la difficulté est à prévoir. Et on verra.
S'il demande un vote de confiance, on a bien compris que de toute façon, vous ne l'accorderiez pas. Bien sûr. Voilà. Soit il demande un vote de confiance, vous voterez contre. Soit il ne le fait pas, vous voterez contre, mais par une motion de censure. Exactement. Mais la motion de censure
qui jouera le rôle de motion de défiance.
Vous entendez justement tous ces patrons, mais y compris ces petits patrons, ces artisans, ces commerçants qui disent « Nous avons besoin de stabilité. Le fait même de ne pas laisser un gouvernement prendre sa part,
est-ce que vous ne rajoutez pas du chaos ? » Écoutez, les plans de licenciement n'ont pas commencé avec la motion de censure. L'endettement de 1 000 milliards de cafés, la politique d'Emmanuel Macron depuis 7 ans, n'a pas commencé avec la censure. La fermeture des urgences n'a pas commencé avec la censure. Donc quand je dis « Ça suffit maintenant de nous faire perdre du temps », c'est parce que nous voulons en mettre en place d'autres solutions pour ce pays. Voilà ce que nous voulons faire. Mais je comprends que vous le vouliez. En fait, ce que je ne comprends pas,
c'est que ça se passe d'un président du public qui ne respecte pas le résultat des urgences. Je m'intéresse simplement au fait d'obtenir des résultats. C'est-à-dire que vous avez quand même des objectifs. Donc oui, vous avez placé la barre très haut en termes d'objectifs pour vous, notamment sur les retraites, on le voit bien, c'est la suppression pure et simple de cette réforme. Mais c'est vrai que finalement, ne voulant obtenir que le maximum, tout le programme, rien que le programme, mais tout le programme, vous vous retrouvez
à finalement avoir une situation où vous n'obtiendrez rien du tout. Mais nous n'obtiendrons rien du tout sous ce président de la République dont le peuple a dit par trois fois dans les urgences qu'il ne voulait plus qu'il part. Mais bien sûr. Écoutez, regardez. Mais il a déjà dit qu'il ne partirait pas. Oui, enfin, rien que le dire, c'est un signe de faiblesse. Vous le reconnaîtrez. Il avait dit qu'il ne ferait pas de dissolution. Il y a eu une dissolution. Il avait dit que M. Barnier ne tomberait pas. Il est tombé. Donc rien que le dire, c'est un signe de faiblesse. Regardez. Il reste 30 mois de mandat à M. Macron.
Sur ces 30 mois de mandat, s'ils tiennent trois mois, ce qui n'est absolument pas sûr, il faudrait utiliser 10 Bayrou et Barnier pour pouvoir tenir. C'est impossible. Et je vais vous dire, quand vous regardez par exemple dans la presse internationale, aux États-Unis, on dit par exemple la France s'est visiblement mieux protégée ses monuments que sa démocratie. En Italie, on parle du plus narcissique des présidents français. En Suisse, du saboteur de la 5e République. Vous n'avez pas besoin d'aller chercher dans la presse étrangère.
Oui, mais ce que je veux dire, c'est que tout le monde comprend qu'aujourd'hui, celui qui est responsable du blocage, qui nous fait perdre du temps, c'est un président de la République. Oui, d'accord. Mais à un moment, dans des situations, quand vous êtes dans des situations de blocage, moi je ne connais qu'une seule solution, je suis une démocrate, c'est le retour aux urnes. Vous aurez remarqué que M. Scholz, par exemple, a été renversé cette semaine sur un vote de confiance et que les Allemands, le peuple allemand, va lui aussi retourner aux urnes. Voilà ce qui permet de revenir vers la démocratie.
Vous m'accorderez que le système n'est pas tout à fait le même et qu'en l'occurrence, le peuple français est revenu aux urnes puisqu'il y a eu dissolution. Oui, pour clarifier
la situation politique avec un président de la République qui refuse de reconnaître ce même résultat des urnes. Mathilde Panot,
vous diriez quoi quand vous allez les retrouver aux socialistes, aux écologistes,
aux communistes ? Eh bien, je leur dirais que nous allons déposer une motion de censure et que j'ose espérer que non seulement nous la déposerons ensemble mais que nous la voterons ensemble. J'imagine que vous avez eu cette discussion avec eux déjà. Oui, bien sûr, nous continuons de discuter, bien sûr.
Mais en tout cas, ils ne se sont pas engagés auprès de vous à voter cette motion de censure ? Non, ça sera à eux de s'exprimer. Merci Mathilde Panot.
Merci et soutien aux salariés de BFM TV Paris et Antenne locale qui sont en grève aujourd'hui suite à l'annonce de la fermeture de BFM Paris. N'hésitez pas,
c'est une information en effet puisque vous parlez de BFM Paris. Merci Mathilde Panot qui est donc présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale députée du Val-de-Marne d'avoir répondu à mes questions.
Mathilde Panot