Grande distribution : Annie Genevard raconte les « pressions et menaces » sur les entreprises
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous avez évoqué des négociations commerciales très compliquées ces cette dernière année et vous avez raison he 2026 a été une année compliquée. Vous avez d'ailleurs parlé de chantage mortifère exercé par la grande distribution sur les industriels de l'agroalimentaire. Pouvez-vous nous dire quelles sont les informations qui vous ont permis d'exprimer ce jugement ?
Et pourriez-vous nous dire ce qui est remonté du comité de suivi des négociations commerciales au mois de février qui a été d'ailleurs boycotté par de nombreux distributeurs en raison de ces propos ? Est-ce que vous pouvez nous parler de cet épisode particulier des négociations ? Je vais vous donner une étude de cas qui malheureusement n'est pas isolée mais qui résume bien la difficulté dans laquelle se trouve certains partenaires de ces négociations commerciales.
Une entreprise avec plusieurs usines en France et plus de 1500 salariés a fait l'objet de pression, de menace durant les négociations 2026 de la part d'une centrale européenne. [raclement de gorge] Rejet pur et simple de l'attestation du commissaire au compte attestant d'une hausse de la MPA. Demande de déflation devenue un préalable pour continuer la négociation.
Ultimatum pour que l'entreprise achète d'abord des services à une centrale avant d'avoir le droit de discuter des achats. L'entreprise ne souhaite pas acheter de service à cette centrale les considérant comme inutile. Face à ce refus, l'industriel est sanctionné par l'intégralité des membres de la centrale.
Les commandes ont été réduites de 50 %. Voilà. Donc il faut noter pour finir cette étude de cas, la marge de la filière France est deux fois moins élevée que sa marge en Europe.
Combien de groupes internationaux qui ont des usines en France me disent de toutes les usines, celles de France sont les moins profitables en raison de la dureté des relations commerciales. Moi, je considère que en responsabilité, il faut trouver les voies et moyens d'apaiser cette situation. Donc la dénonciation que je fais de ces comportements, menace de déférencement, dééférencement ne peuvent pas constituer le cadre apaisé de négociation commerciales fructueuses dont je veux répéter qu'elles doivent l'être pour chaque acteur de la chaîne.
Et l'argument selon lequel infiner ce serait le consommateur qui serait perdant parce qu'on augmenterait des prix et on diminuerait le pouvoir d'achat est une façon de fermer finalement la discussion. L'idée pour moi, de mon point de vue et c'était l'objet de mon propoliminaire est de rechercher les moyens que la marge soit équitablement répartie. Euh mais euh il faut bien prendre la mesure de la situation de de d'extrême difficulté dans laquelle se trouve un certain nombre d'acteurs.
Égalim a été fait initialement pour protéger la matière première agricole parce que c'était le maillon le plus exposé de la chaîne. Mais du coup évidemment les tensions ont pu se reporter ailleurs. Moi, je considère que chacun doit gagner sa vie.
Je n'isole pas dans mon propos l'un au détriment de l'autre, mais il faut impérativement que les négociations redeviennent normales. Quand des acheteurs qui ont été à l'étranger, qui reviennent en France nous disent "À l'étranger, je n'ai jamais vu un tel climat et si ça m'avait été dit une fois, j'aurais pu considérer que c'était quelque chose de propre à cette entreprise. Mais quand ça m'est redit à plusieurs reprises, je ne peux pas me taire." Alors, c'est vrai, les propos ont été vifs, ils ont choqué, mais ils doivent maintenant ouvrir sur une autre phase qui est comment recherche-t-on un apaisement qui est bon pour tout le monde parce que ce climat de conflit n'est bon pour personne.
Comme je l'ai dit, rien de bon ne pousse sur ce terrain.
Annie Genevard