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Podcast / conversationSébastien Gobert· 17 février 2026 16 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

Qui est Vladimir Medinsky, négociateur de Poutine?

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  • 0:15Sébastien GobertFait
    « Ces 17 et 18 février vont se tenir des nouvelles sessions de négociation trilatérale entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis. »
  • 6:00Sébastien GobertFait
    « Vladimir Medinski a deux doctorats, un en sciences politiques et un en histoire. »
  • 6:30Sébastien GobertFait
    « Il est considéré comme un pseudohistorien étant donné que ces travaux sont truffés de simplification et de raccourcis. »

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Ces 17 et 18 février vont se tenir des nouvelles sessions de négociation trilatérale entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis. On ne sait toujours pas si ce mouvement de négociation peut déboucher sur quelque chose de concret, si à un moment donné il va être accepté politiquement notamment par le créelin. Mais en tous les cas, cette nouvelle session est intéressante de par son emplacement, c'est à Genève donc sur le continent européen, de par les personnes qui composent la délégation russe et notamment Vladimir Medinski qui est une personne qui met toujours l'accent sur des questions historiques.

Mais c'est aussi intéressant vis-à-vis du timing puisque l'Ukraine sort péniblement de l'hiver. Mais on voit non seulement que le pays a tenu mais que en plus de ça, l'armée ukrainienne vient tout juste de mener une série d'opérations fructueuses dans plusieurs zones du front. Alors, parlons-en.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où je parle de cette série de négociation en dressant un portrait de ce Vladimir Medinski qui est une personnalité très importante puisque il a mené des séries de négociations à Istanbul en 2022 et à Istanbul en 2025 et donc on le retrouve maintenant en février 2026. Son retour dans les négociations implique que les questions historiques, culturelles, linguistiques et civilisationnelles globalement vont prendre beaucoup plus d'ampleur dans les pourparler. Ce qui peut vouloir dire soit que les dossiers techniques sont déjà réglés et que le crémelin veut passer à la phase politique, à la phase civilisationnelle encore de ces négociations.

Soit au contraire que le Krémelin veut complètement noyer le processus de négociation avec des logoré interminables sur l'histoire et sur l'unité supposée des peuples slaves avec prédominance russe. Avant de parler de Vladimir Meninski, parlons du timing. L'Ukraine vient encore de vivre une nuit de très fort bombardement, notamment au-dessus d'Odessa et on a des milliers de foyers dans la région d'Odessa qui se retrouvent sans électricité et sans chauffage.

La situation, on le sait, est très très critique, notamment cet hiver qui est particulièrement froid et ça se voit beaucoup à Kiev qui a un déficit de production d'énergie qui a aussi un déficit organisationnel. Il y a beaucoup de critiques qui sont adressées vis-à-vis du maire Vital Kitchko. Mais malgré cette situation critique, l'Ukraine sort peu à peu de l'hiver.

Les températures, elles sont négatives en ce moment, mais elles vont remonter dès la fin de la semaine. Et on voit que si l'Ukraine n'a pas capituler en janvier ou en février, et bien il n'y a plus aucune raison, en tout cas aucune raison énergétique qu'elle le fasse maintenant. Il faut aussi voir que sur plusieurs zones du front, les Ukrainiens ont profité des coupures de Starlink, de Telegram, de WhatsApp et encore d'autres messageries occidentales pour lancer une série de petites contre-attaques très localisées mais qui ont permis, comme vous pouvez le voir sur cette carte, de récupérer pas mal de terrains du terrain qui était soit dans la zone grise, donc avec une présence russe assez diffuse, soit des positions russes qui étaient relativement bien établies.

Donc là, il y a vraiment un effet d'OBen qui est né des problèmes russes en terme de communication et on va voir évidemment si jamais ces reconquêtes ukrainienne sont pérennes et si jamais elles peuvent se traduire par des mouvements un peu plus en profondeur. En tous les cas, pour l'instant, c'est vraiment une bonne nouvelle pour l'Ukraine parce que ça fait quand même très longtemps qu'on avait pas vu des avancées militaires qui allaient donc dans ce sens-là. D'habitude, c'était plutôt le grignotage russe et c'est aussi une très bonne nouvelle pour la ville de Zaporigia puisque la zone grise et le front se sont reculé un peu des limites de la ville et donc ça veut dire que la ville est moins exposée aux différents types de drones qui ont commencé ces dernières semaines à rendre la vie des habitants particulièrement difficile.

Il y a aussi un autre élément à mentionner, c'est que les Ukrainiens ont repris leur campagne de frappe dans la profondeur russe. Ce qu'on a vu, c'est qu'il y a eu une sorte de pause entre décembre et janvier. Mais là, les Ukrainiens ont véritablement recommencé à frapper des infrastructures énergétiques et notamment à des raffineries de pétrole et ça dans la profondeur russe.

Il y a eu aussi une tentative d'utiliser des missiles flamingo pour aller toucher le site de lancement des missiles russes au Richniqu mais visiblement ça n'a pas vraiment été couronné de succès. Quoi qu'il en soit, les Ukrainiens ont bel et bien repris leur campagne de frappe dans la profondeur russe. Et donc ça veut dire que cette nouvelle session de négociation à Genève commence alors que l'Ukraine est dans une situation un peu moins précaire qu'il y a quelques semaines, voire même qu'elle a un peu repris l'initiative sur plusieurs zones du front.

Ça ne veut absolument pas dire que l'Ukraine est dans une bonne position pour aborder ses négociations. Ça ne veut absolument pas dire que l'Ukraine est en train de gagner cette guerre. Mais ça veut bien dire que l'Ukraine n'est pas à genou et qu'elle ne doit pas accepter toutes les exigences maximalistes de la Russie.

Le deuxième élément qui est intéressant, c'est que ça se passe à Genève. Donc, ce sont les premières négociations de cette guerre qui se déroule sur le continent européen. Tout dépend évidemment où vous situez Istanbul.

Ça, je vous laisse la responsabilité euh de votre définition des frontières de l'Europe. Mais en tous les cas, ça pourrait être l'amorce d'une européanisation euh des négociations pour régler ce conflit qui se déroule sur le continent européen. Même si évidemment tout est à prendre avec beaucoup de parsimonie parce que il y a un phénomène très suisse.

La Suisse était vraiment demandeuse d'héberger ses négociations dans sa grande tradition de diplomatie, dans sa grande tradition de neutralité, même si on est quand même interpellé par l'attitude suisse vis-à-vis de la Russie. On voit vraiment qu'ils font des pieds et des mains pour que les Russes reviennent en Suisse, ce qui pose quand même un certain nombre de questions. Bern avait déjà autorisé Valentina Madvienko, qui est la présidente du Conseil fédéral de Russie à se rendre en Suisse pour un événement diplomatique.

Et cela donc c'était une exception par rapport au régime de sanction. Ils ont aussi annoncé que si Vladimir Poutine voulait venir en Suisse pour une session de négociation, et bien ça serait possible. Même si la Suisse est tenue par sa participation au statut de Rome et donc au statut fondateur de la Cour pénale internationale d'arrêter Vladimir Poutine si celui-ci vient sur son territoire.

Et dernièrement, on a vu Ignacio Cassis qui est l'équivalent du ministre des affaires étrangères suisse rendre à Moscou et offrir à Serge Lavrov une boîte à musique avec de la musique de Tikovski pour comme il a dit rappeler à Serge Lavrov que la réussi à sa place en Europe. On peut être tout à fait diplomatique sans forcément s'agenouiller devant son interlocuteur à forceuriori quand celui-ci mène la plus grosse guerre d'agression en Europe depuis 1945. Du point de vue du Krémelin, c'est assez intéressant qu'ils aient accepté que ça se fasse à Genève étant donné que il n'arrêtent pas de considérer la Suisse comme faisant partie de cet Occident collectif, comme faisant partie des pays hostiles.

Et donc ça leur permet de présenter ça comme une concession et donc comme un geste de bonne volonté disant que ils veulent effectivement que ces négociation aille de l'avant. Même si des facto c'est vraiment plutôt une victoire pour le côté russe puisque ça leur permet de revenir en Europe et ça leur permet justement de défier ce régime de sanction personnelles. Et du côté américain, c'est aussi intéressant puisque eux ils se servent de Genève pour faire deux sessions de négociation en une puisque ils commencent par des négociations sur l'Iran et donc qui inclut aussi la Russie et puis ensuite ils embrayent tout de suite sur l'Ukraine.

Donc il y a aussi cette dimension d'une diplomatie à la chaîne qui essaie de régler les problèmes les uns après les autres sans forcément que l'un ou l'autre soit plus important. Mais donc pourquoi est-ce que cette session de négociation est particulière ? parce que il y a le timing, parce que il y a l'emplacement, mais aussi parce que il y a Vladimir Medinski et sa présence va trancher avec les précédentes sessions de négociation qui sont tenues aux Émirats arabes unis qui étaient jugé très technique et très concrète et d'ailleurs toutes les parties se félicitaient du fait que on allait droite au but, on parlait vraiment des dossiers et on ne perdait pas de temps sur des frivolités et ça ça pourrait changer avec la participation de Vladimir Medinski puisque lui donc pour situer il est né en Ukraine, il Il est né dans l'oblast de Tassi dans le centre du pays et le fait qu'il soit d'origine ukrainienne fait partie d'une stratégie du Kremelin qui aime bien que les grandes question politique dans les relations avec l'Ukraine soi réglé par des gens d'origine ukrainienne puisque ça donne une espèce d'illusion que ces personnes connaissent bien l'Ukraine et donc elles savent de quoi elle parle.

Vladimir Melinski, il a commencé sa carrière en tant que correspondant à l'international pour l'agence de presse russe TAS. Ensuite, il est entré en politique, il s'est fait élire à la Douma, donc le Parlement russe dans le début des années 2000. Et puis il s'est peu à peu rapproché des cercles du pouvoir jusqu'à être nommé ministre de l'éducation en 2012 par Vladimir Poutine et il a occupé ce poste jusqu'en 2020.

Depuis 2020, il n'a plus de fonction officielle, mais il reste quand même très influent et très connecté au cercle du pouvoir. Et ça, on le voit donc dans le fait que il anime des sessions de négociation avec la partie ukrainienne, mais aussi dans le rôle qu'il a joué dans la publication de manuel scolaire destiné au système d'éducation fédéral. Et ça c'était en 2023.

Vladimir Medinski a deux doctorats, un en sciences politiques et un en histoire. Euh, il a publié euh beaucoup de livres sur des questions historiques, mais il est considéré comme un pseudohistorien étant donné que ces travaux sont truffés de simplification et de raccourcis, de fausseté historique, de déformation et de réécriture de l'histoire au service de l'État russe. La vision de l'histoire qu'il prome est très russocentrée et donc elle occulte complètement les contributions des peuples qui constituent la Fédération de Russie, mais aussi évidemment les nations périphériques.

Et ça fait de Vladimir Minski, donc depuis les années 2010 un grand artisan de ce concept de Roskimer, du monde russe, donc d'un monde où Russie, héritage russe, russophonie et culture russes sont toutes entremêlées pour former un grand espace civilisationnel au cœur duquel on trouve les Russes, les Bélarusses et les Ukrainiens. une union panslavique qui est évidemment dominée par les Russes, les deux autres peuples n'étant considérés que comme des variations d'un même thème russe. Ça c'est évidemment au cœur du discours de Vladimir Poutine depuis déjà de nombreuses années et c'est aussi comme ça qu'il a justifié le lancement de son invasion généralisée de l'Ukraine dans ses vidéos le 24 février 2022.

Et ça a mené à un certain négationnisme des particularités des Belarusses et des Ukrainiens. Et c'est évidemment tout à fait visible dans les manuels scolaires que Vladimir Medinski a contribué à publier en 2023 qui sont centrés sur la glorification de l'empire tsariste, sur les victoires soviétiques et sur les mérites des deux décennies de régime poutinien et poutiniste. depuis 2000, ces manuels scolaires sont au cœur de toute l'entreprise de conditionnement et de lavage de cerveau des écolers ukrainien dans les territoires occupés.

Et donc, avoir ce genre de profil de Vladimir Minsky à la table de négociation, ça implique forcément que les discussions vont de nouveau porter sur ces questions culturelles, linguistiques, religieuses, historiques et globalement civilisationnelles. On peut s'attendre à ce que ça soit le cas à Genève étant donné que ça a été le cas par le passé, donc à Istanbul en 2022 et Istanbul 2025. Istanbul 2025, on a même eu Vladimir Medinski qui a fait une comparaison entre la guerre actuelle et la Grande Guerre du Nord, donc entre 1700 et 1721.

C'était principalement la Russie contre la Suède, même s'il y avait aussi beaucoup d'acteurs, même si il y avait beaucoup d'acteurs régionaux impliqués. et il a utilisé cette comparaison pour dire que la Russie s'était battue contre la Suède pendant 21 ans et que elle était prête à le refaire comme si comparaison historique était raison, ce qui est évidemment complètement absurd. Tout le monde a bien compris hein que les deux Vladimir Medinski et Poutine adorent parler de ces grandes questions historiques pour livrer leur propre vision de l'histoire russe pour nier euh l'histoire ukrainienne et pour justifier leur crime actuel par des références historiques.

Donald Trump en a fait les frais en Alaska quand Vladimir Poutine l'a visiblement assommé avec tout un discours historique, ce qui évidemment a dépassé très vite le président américain qui a comme on sait la capacité d'attention d'un poisson rouge. Et c'est d'ailleurs une des raisons principales pour lesquelles rien n'est sorti de cette rencontre à Ancorage. Aujourd'hui, on voit Serge Lavrov qui assure qu'il y a une formule d'uncourage et que la partie américaine avait souscrit à la vision russe de la résolution du conflit mais que maintenant ils sont en train de se rétracter.

D'après tout ce qu'on sait, c'est tout à fait faux. Il n'y a vraiment rien qui a été décidé en Alaska. Et c'est ça qui permet à Serge Lavrov mais aussi à Steve Witkov ou à Kiril Dmitriev d'en tirer un peu tout ce qu'ils veulent étant donné qu'il n'y a rien nu euh de décider, ils peuvent juste livrer leur propre interprétation.

Et donc les Ukrainiens se rendent à cette nouvelle session de négociation à Genève avec un certain scepticisme, avec un certain cynisme en prenant le train hier soir, Kiril Bouanov a posté euh cette photo avec ce commentaire comme quoi il allait passer toute la nuit à potasser l'histoire de l'Ukraine pour en tirer les conclusions qui s'imposent et donc ça veut dire pour répliquer à Vladimir Minsinski. Pourquoi est-ce que le Kremelin fait ce choix alors que les précédentes sessions de négociation donc assez technique s'étaient visiblement assez bien déroulé en tout cas de ce qui a filtré dans la presse ? Est-ce que ça veut dire que ces dossiers techniques sont bouclés et que effectivement les négociateurs ont vraiment bien avancé et que donc le moment est venu de rouvrir ces grands dossiers politiques ?

Est-ce que c'est le moment de soulever la question des langues, des religions, de l'éducation qui ne sont pas des sujets étant donné que cela relève de la souveraineté de l'Ukraine, mais le Kremelin veut avoir un droit de regard et ce sont donc des questions politiques qui s'inscrivent dans une vision bien plus globale de ce conflit qui avait été mise en avant par Vladimir Poutine il y a 4 ans et qui vise à la subjugation de l'Ukraine dans son entièreté en tant que entité et qui dépasse passe donc la simple question territoriale. Là-dessus, on sait qu'il y a une fixette politico-médiatique sur cette question territoriale. On sait aussi que les Américains se focalisent beaucoup là-dessus puisque ils ont tendance à minimiser les ambitions politiques de la Russie.

Mais il ne faut vraiment pas perdre de vue que cette guerre est vraiment un affrontement à viser politique pour subjuguer l'Ukraine dans son entièreté et ramener l'Ukraine en tant que concept dans le giron de la Russie et dans le giron de cette unité panslavique qui est revendiquée par Vladimir Poutine et Vladimir Medinski. Donc voilà, évidemment, on va suivre comment ces négociations se déroulent. Il y a de très fortes chances qu'on n'apprenne pas grand-chose à la sortie de ces négociations à Genève.

En tout cas, pas beaucoup plus que ce qu'on avait appris après les précédentes sessions aux Émirats Arabes Unis. Mais il me semblait important d'abord de faire le point et puis aussi de vous offrir quelques éléments de portrait de ce Vladimir Medinski qui est vraiment une personnalité très importante pour comprendre le déroulé de ces négociations. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. le fil et je vous retrouve très vite.