Manuel Bompard dit tout : LFI, médias, ps, extrême droite
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les antifascistes se sont constitués en réaction aux fascistes. Et le jour où il n'y a plus de fascistes, il n'y a plus d'antifascistes. Le jour où il n'y a plus d'antifascistes, malheureusement, il y a encore des fascistes. En fait, moi, je m'en fous. Enfin, pardon, mon sujet, ce n'est pas... Je ne suis pas en guerre personnelle avec un tel ou un tel. La vérité, c'est que le total gauche des partis qui se revendiquent de gauche, il a perdu en gros 20 points après le quinquennat de François Hollande. Ça fait depuis 15 ans qu'à la fin, on a dit mais à la fin, ça va se terminer entre la solution autoritaire ou la solution collectiviste. On y est !
Et ceux qui ont essayé d'être au milieu en disant « Non, non, moi, je ne suis pas avec les fascistes, mais eux, ils ne sont pas très, très bien. Comment ils font ? » En fait, ils n'existent pas. Ils vont être balayés.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour un nouvel épisode du Fauteuil. Aujourd'hui, on a le plaisir de recevoir le coordinateur national de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Merci de l'invitation. Bonjour à toutes et tous. On commence toujours avec une question dans le Fauteuil. Comment tu t'es retrouvé en politique ? Comment tu t'es arrivé dans la scène politique ?
Alors, d'abord par un engagement militant. En fait, j'étais d'abord, on va dire, dans une indignation personnelle qui n'était pas forcément dans une forme d'organisation collective. Et notamment quand j'étais étudiant, où je me suis engagé dans deux batailles qui ont été assez structurantes pour moi. la mobilisation contre le traité constitutionnel européen, le TCEO, en 2005, où à l'époque, il y a eu une grosse campagne populaire avec des initiatives, des réunions publiques, des meetings. Et bon, j'étais intéressé par ce sujet. J'ai commencé à participer à ce type d'initiative.
Et puis, à la même période, il y a eu une mobilisation étudiante contre ce qu'on appelle le contrat, ce qu'on appelait le contrat à première embauche, ce qu'on va peut-être appeler demain. Je ne sais pas si ça s'appellera toujours le contrat à première embauche, mais j'ai vu que le MEDEF remettait ce sujet sur la table. C'était en gros un contrat précaire pour les jeunes. Et il y avait eu une grosse mobilisation étudiante qui avait gagné, d'ailleurs, qui avait fait reculer le gouvernement. Et c'était de Villepin à l'époque. Et il y a eu des initiatives, des manifestations, des blocages. Moi, j'ai été étudiant à l'époque à Grenoble.
Et j'ai participé de cette initiative et de ces mobilisations. Et puis, en même temps, je ne trouvais pas forcément de forme politique organisée qui correspondait vraiment à ce que je voulais. Il y avait d'un côté, à l'époque, la gauche du Parti Socialiste qui était dominante. Mais je trouvais qu'elle avait évidemment renoncé à une perspective de transformation de la société. Puis de l'autre côté, il y avait des partis qui étaient catégorisés comme partis d'extrême-gauche, mais qui, je trouve, ne se posaient pas la question de la stratégie d'accès au pouvoir. Ils ne se posaient pas la question de comment on fait en sorte d'être majoritaire pour pouvoir effectivement transformer la société.
Et donc, j'étais un peu en attente, en observation. Puis j'ai lu le bouquin de Jean-Luc Mélenchon qui s'appelait Enquête de gauche, qui était une analyse sur le résultat de l'élection présidentielle de 2007. Et après, j'ai rejoint le Parti de gauche quand Jean-Luc Mélenchon l'a fondé, en quittant le Parti Socialiste en 2008. Puis après, petit à petit, j'ai pris des responsabilités. Et puis après, j'étais élu député européen en 2019 et député national en 2022.
Et dans ta jeunesse, il n'y avait pas un moment structurant ou influent qui t'a poussé à te politiser ?
À un moment, je ne pense pas. Je pensais à un processus plus progressif de quand on grandit. Moi, j'étais dans un quartier qui était assez mixte. Il y avait un quartier populaire. Et puis à côté, il y avait des... On ne va pas dire des pavillons. Ce n'était pas des pavillons, mais des petites immeubles, des petites maisons. Et donc, il y avait une forme de mixité sociale à l'école, au collège. Et je trouve que ça m'a aussi renseigné sur les inégalités, les oppressions, les discriminations. Et puis petit à petit, je me suis dit, moi, je n'ai pas envie de vivre dans une société qui fonctionne comme ça.
Mais avant de passer l'étape de l'engagement collectif, j'ai eu besoin de trouver aussi la forme, le mouvement, le parti, la stratégie qui portait quelque chose qui était conforme avec mes convictions.
Tu as parlé en première question de la stratégie du PS et de la stratégie des partis révolutionnaires. Là, on tourne quelques jours après l'annonce d'une nouvelle stratégie de la France Insoumise, notamment avec les nouveaux médias. C'était quoi le sens de cette conférence que Jean-Luc Mélenchon a faite avec les nouveaux médias ? Est-ce qu'il y a une volonté maintenant de relancer une bataille culturelle avec d'un côté des médias indépendants, des progressistes, etc., contre des médias plus mainstream ?
La bataille culturelle, elle est permanente. Et elle est évidemment indispensable. Il y a cette phrase de Gramsci qui dit que les victoires culturelles précèdent les victoires politiques. Donc évidemment, quand on se pose la question de la transformation de la société, on doit se poser la question de lutter contre un système et qui est un système qui produit aussi une idéologie qui est une idéologie dominante. Et si vous voulez transformer le système, vous devez saper aussi cette idéologie dominante. Contrairement à ce qu'on croit parfois, le capitalisme ne domine pas que par la force, par le pouvoir dur de la répression.
Quand la situation se tend, c'est le pouvoir dur de la répression qui maintient la domination capitaliste. Mais pendant des années et des années, le capitalisme, il l'a dominé par une domination culturelle. C'est les films hollywoodiens, c'est la culture capitaliste qui s'est imposée, la culture de la mondialisation, etc. Donc évidemment, si vous voulez transformer la société, vous devez mener cette bataille contre l'idéologie dominante. Et parmi les vecteurs de l'idéologie dominante, ce n'est pas les seuls, puisque je le disais, le vecteur culturel, commercial, c'est un vecteur de l'idéologie dominante aussi.
Mais parmi les vecteurs de cette idéologie dominante, bien sûr que le système médiatique tel qu'il est constitué et organisé aujourd'hui en est impuissant. Donc forcément, ça pose la question de comment vous menez la bataille culturelle dans, avec, contre ce système médiatique. Et nous, on a toujours essayé d'avoir une stratégie qui repose sur plusieurs aspects. Un aspect qui est d'aller mener la bataille culturelle aussi dans les médias traditionnels. On le fait, on continuera à le faire, évidemment.
Même si on sait que ce n'est pas une arène neutre, qu'on n'y est pas invité pour pouvoir loyalement déployer nos idées et nos propositions, que la ligne idéologique médiatique, elle a un contenu politique. Vous n'y allez pas à égalité avec les autres qui viennent. Et je pense que tout le monde qui regarde nos interviews a conscience du fait qu'en quelque sorte, il nous est réservé un sort assez particulier. Mais on mène cette bataille-là, parce qu'on considère que c'est aussi comme ça qu'on retourne et on essaye d'utiliser les outils des médias politiques, des médias dominants pour essayer de les retourner contre eux.
Mais on a toujours aussi théorisé la nécessité d'un contournement, de l'officialité médiatique. Et ce contournement, on le fait par les réseaux numériques. Et on le fait aussi, puisque émergent maintenant de plus en plus des médias alternatifs qui peuvent être de différentes formes. Des médias qui prennent une forme traditionnelle, même s'ils ne le sont pas, y compris dans leur détention capitalistique, comme vous. Mais aussi parfois, ce qu'on peut appeler des nouveaux médias, au sens des influenceurs, des gens qui ont des chaînes YouTube, des comptes Instagram, des comptes TikTok, et qui produisent de l'information politique. Et donc l'idée, c'est aussi de...
Évidemment, ça participe d'une stratégie de contournement de l'officialité médiatique, mais c'est aussi de s'adapter à l'émergence de ces nouvelles formes médiatiques et de les considérer. Donc effectivement, on a fait cette conférence de presse pour les nouveaux médias, pour leur donner aussi de l'importance, pour les légitimer aussi, et puis à l'inverse, pour pouvoir aussi bénéficier d'autres canaux de circulation de l'information que ceux qui nous ont imposés par les médias dominants, qui bien souvent sont des canaux de circulation de la désinformation. Bon, j'ai vu que ça avait déclenché quelques cris d'orfraie. C'est ce que j'allais dire.
Mais bon, en fait, il y a une forme de jalousie, de corporatisme absolument dingue. C'est quand même pas nouveau. Comme j'ai dit en rigolant, je dis, vous inquiétez pas, on fait aussi des conférences de presse pour les vieux médias aujourd'hui. Et on continuera à le faire. Parce que nous, on va mener la bataille culturelle partout. Mais on a quand même le droit aussi d'avoir une conférence de presse qui s'adresse à des nouveaux médias. Et c'est pas nouveau, quand on fait une conférence de presse auprès de la presse internationale, on invite la presse internationale.
Bon, après, tout ça s'inscrit dans une période et dans une séquence où, contrairement à ce qu'il dit, c'est pas nous qui avons un problème relationnel avec les journalistes. C'est peut-être eux qui ont un problème politique avec nous, par contre. Bah, nous, on mène la bataille, on la mène partout. Et oui, on va continuer à essayer d'avoir aussi ce type d'outils parce qu'on pense que c'est nécessaire pour la pluralité de l'information et la possibilité de chacune et de chacun d'être informés de la meilleure manière possible.
Et si vous qui nous regardez, vous voulez nous aider à porter ce projet qu'on a depuis longtemps de mener la bataille culturelle contre l'empire des milliardaires et l'empire médiatique des milliardaires, n'hésitez pas à nous aider pour obtenir un canal TNT sur le canal d'Île-de-France ou le canal national en allant sur soutenez.lemédiatv.fr.
Je voulais te demander aussi, dans le contexte de, justement, cet empire médiatique, qu'on a l'impression qu'il est de plus en plus perméable aussi à l'extrême droite et au sujet de l'extrême droite, est-ce que tu regrettes aussi qu'une partie des médias dits de gauche s'aligne sur des thématiques chères à l'extrême droite et même qu'en soi, une partie de la gauche aussi a repris des thèmes et des mots d'extrême droite ?
Oui, alors peut-être qu'il faut distinguer deux choses là dans la question.
D'abord, il y a une partie du spectre médiatique et parfois même du spectre politique qui, par manque de courage, parfois par lâcheté, par incapacité à résister aussi à la pression parce que l'émergence du groupe Bolloré, de sa puissance, il a de la puissance, il a une chaîne d'info, il a une radio, il a des médias écrits et l'émergence de ce groupe, en fait, il met la pression sur tous les groupes médiatiques et il y a une difficulté aujourd'hui des médias traditionnels, y compris ceux dits de gauche, à résister à cette pression parce qu'ils ont peur ensuite qu'on les dénonce ou qu'on mette en cause leur capacité à traiter de tous les sujets. Donc, il y a une partie de ça.
Et puis après, il y a un autre aspect dans la question, c'est ceux qui pensent ou qui ont cru à un moment que finalement, c'est en allant sur le terrain de l'adversaire qu'on pouvait combattre l'adversaire. Et ça, honnêtement, ça n'a jamais marché parce qu'une des conditions de la bataille politique, c'est d'essayer quand même d'installer le débat sur les thématiques qui sont les thématiques qui nous sont chères. Donc, quand vous commencez à aller travailler sur le terrain de vos adversaires, ça ne veut pas dire que vous n'avez pas à parler des autres sujets. Moi, je veux dire, je n'ai pas de problème à parler de n'importe quel sujet.
Mais nous, déterminer quelle est la priorité de l'agenda politique, c'est un enjeu politique. Donc, aller aider en quelque sorte la droite la plus radicalisée ou l'extrême droite à imposer son propre agenda politique, c'est évidemment lui donner une centralité dans le débat politique. Donc, après, elle va bénéficier, y compris d'un point de vue électoral ou d'un point de vue culturel. Donc oui, bien sûr, je trouve qu'il y a une forme de lâcheté, d'irresponsabilité et d'incapacité à résister. Et le problème, c'est quand vous êtes dans l'incapacité de résister, vous n'entraînez pas. En fait, on n'est pas... La bataille culturelle n'est pas perdue.
Mais si on n'a pas des gens qui font front, qui font bloc, qui ensuite entraînent, alors ceux qui ont envie de résister, de lutter, ils sont démunis. Et c'est la raison pour laquelle... Bon, moi, souvent, on dit oui, la France insoumise, sur tel sujet, vous êtes isolés, vous êtes tout seuls, parce que dans le champ politique, on serait les seuls à défendre telle ou telle position. Et donc, on serait pointé du doigt par le reste du champ politique. Mais en fait, ce n'est pas la question qui est importante. La question importante, c'est de savoir est-ce que vous êtes isolés dans la population, pas est-ce que vous êtes isolés sur la scène politique.
Et bien souvent, parce que nous, on tient la ligne de résistance, ça donne de la force à des gens qui ont aussi envie de résister. Et donc, on agrège. Et donc, il y a des gens qui se regroupent autour de nous, parce qu'ils disent, eux, on peut leur faire confiance pour ne pas céder aux opérations politiciennes qui sont mises en place par la droite ou l'extrême droite. Et donc, je pense que c'est évidemment irresponsable, mais en plus, c'est bien souvent une erreur tactique, en fait. Parce que quand vous commencez à céder aux pressions de l'extrême droite, finalement, à la fin, vous n'entraînez pas, vous n'agrégez pas, on ne vous fait pas confiance, finalement.
Et si vous commencez à reprendre à votre compte les thématiques de l'extrême droite, il y a une vieille règle en politique, c'est quand même que les gens préfèrent toujours l'original à la copie.
Tu disais que toi, tu n'avais aucun problème à parler de n'importe quel sujet. Je te pose la question, parce que je me dis que vous avez déjà eu ces conversations tactiques entre vous, enfin, je pense aux dernières présidentielles. Est-ce que tu as parlé avec, je ne sais pas, je pourrais le citer Fabien Roussel, ou peut-être quelques années après François Ruffin, qui ont repris des mots, des termes, qui ont été un peu choquants pour la gauche radicale, surtout sur des questions liées à l'immigration, sur l'islamophobie, etc. Est-ce que vous avez déjà eu cette discussion stratégique ?
Pas vraiment dans ces termes-là. Je n'ai pas eu cette discussion directe comme ça, mais de ce que je comprends, de ce qui semble être leur stratégie, chacun après est libre de parler à leur place, mais je trouve que ça s'appuie sur une compréhension des mécanismes qui existent dans la société, qui à mon avis est complètement faussée et biaisée, et qui parfois est un renoncement à ce qui doit être l'idée, le principe même de la gauche. En gros, j'ai entendu des gens dire qu'il ne faut pas parler de tel sujet parce que ça ne va pas être compris par tout le monde.
Bon, mais si vous partez de ce point de vue-là, en fait, vous ne parlez jamais d'aucun sujet, sauf s'ils sont majoritaires, sur la base des mesures qui sont produites par des outils de mesure de l'opinion qui eux-mêmes sont extrêmement contestables. Je renvoie à Bourdieu sur l'analyse des sondages. Est-ce que l'opinion publique existe, etc. Donc, en fait, c'est d'un certain point de vue renoncer à la transformation de la société. Si vous renoncez à aborder certains thèmes sous prétexte qu'a priori, ce seraient des thèmes sur lesquels on considère qu'on ne serait pas majoritaire.
Le principe du camp de l'émancipation et de la bataille pour l'émancipation à gauche, c'est plutôt de prendre des thèmes et de les rendre majoritaires. Renoncer à s'en emparer sous prétexte qu'ils ne le sont pas, en fait, dans ce cas-là, il faut changer de crèmerie parce que le principe, quand on est dans une gauche de rupture, c'est qu'on veut transformer un système et un système qui, pour l'instant, a été soutenu majoritairement par une population, parfois sans doute contre ses propres intérêts. Et donc, dans ce cas-là, renoncer à l'idée de changer le système parce que, de toute façon, le système, il est accepté par une majorité de la population.
Enfin, tu comprends la logique que je déploie. Donc, il y a, à mon avis, cette idée-là dans certaines positions des personnes que tu as indiquées. Oui, ça va faire trop peur, ça va trop cliver, etc. Il y a cette idée que, finalement, pour gagner une bataille politique, il faudrait être à l'exact point sur lequel toutes les contradictions politiques s'annulent, c'est-à-dire, en gros, fâcher personne. Mais, en fait, c'est l'inverse. Le principe de la démocratie, c'est le clivage politique.
Oui, il y a la peur du clivage aussi. Absolument.
Sauf que le renoncement au clivage, c'est le renoncement, y compris, encore une fois, à la perspective de transformation de la société. Et c'est le renoncement à exister politiquement. Parce que vous existez dans la confrontation des points nus. Et ce n'est pas grave, c'est ça, la démocratie. À la fin, il y a un vote, il y a une majorité, il y a une minorité. Même si vous êtes dans la minorité, on ne vous demande pas de changer d'avis. Juste, vous acceptez parce que c'est le principe démocratique dans lequel vous êtes. Donc, je pense qu'il y a ça dans le point de vue des personnes sur lesquelles tu m'interroges.
Et puis, sans doute, qu'il y a aussi une vision qui est une vision caricaturale, méprisante, de ce qu'est la classe ouvrière un peu fantasmée. Cette idée que finalement, qui est absolument fausse en plus, qui ne correspond à rien, y compris des études sociales, sociologiques, cette idée que la classe ouvrière, ce serait une classe ouvrière blanche, pas concernée par les mécanismes de discrimination, qui en gros serait la classe ouvrière du capitalisme des années 60 et 70. Mais pardon, le capitalisme, il a changé de forme. Ça ne veut pas dire qu'il n'est plus là, c'est-à-dire qu'il a changé de forme. Et donc, ces mécanismes d'oppression, ils ont aussi changé de forme.
Il y en a qui demeurent, mais il y en a d'autres qui se sont étendus. Et que l'oppression sur le lieu de travail demeure, évidemment, mais que le capitalisme, il ne modèle pas seulement la relation de travail, il modèle aussi l'organisation de l'espace, il modèle les relations entre les États à l'échelle internationale, et il produit des systèmes de domination qui peuvent être appuyés sur le genre, sur l'origine, sur la couleur de peau, etc., et sur les discriminations.
Et ne pas comprendre ça, ne pas comprendre que la classe ouvrière, elle est aussi à l'image de la population, qu'on n'est plus dans le moment dans lequel il y avait des grands centres ouvriers, dans lequel il y avait 30 000, 40 000, 50 000 ouvriers, dans lequel, évidemment, l'émergence d'une conscience de classe, elle se faisait d'abord à partir de la position dans la relation de travail, qu'aujourd'hui, cette émergence de conscience de classe, évidemment, elle doit s'appuyer sur la conflictualité dans le travail, mais aussi sur les autres formes d'oppression capitaliste, c'est de rien comprendre.
Et aussi, on est divisé, c'est-à-dire qu'il y a de plus en plus de travail individuel, les livreurs, les... Bien sûr, bien sûr. C'est ça,
le changement de forme du capitalisme, c'est-à-dire comment il y a eu une sorte d'individualisation des parcours d'oppression. Vous êtes... Il y a une sous-traitance par encascade sur l'entrepreneuriat et finalement, la société, elle est beaucoup plus atomisée, donc beaucoup plus individualisée dans les situations de vie. Donc, c'est plus difficile de faire comprendre et de faire prendre conscience que vous avez une même condition sociale que vos voisins ou vos voisines. Ça, c'est le point négatif. Le point positif, c'est qu'elle est aussi beaucoup plus interconnectée. Les gens sont plus... C'est plus atomique, mais ils ont plus d'interconnexion.
Et donc, c'est aussi plus facile d'avoir des échanges, des interactions qui permettent de construire aussi ces formes de solidarité. Donc, voilà, il faut se battre avec les éléments du contexte tel qu'il est, pas en ayant une vision fantasmée de la bataille politique qui correspond à plus rien et qui conduit à considérer qu'il y a certaines oppressions qu'il faudrait en quelque sorte reléguer au second plan parce qu'elle ne serait pas de nature à permettre l'émergence d'un acteur politique révolutionnaire. C'est faux, c'est daté et ça ne marchera pas. Donc, moi, je n'ai pas eu une discussion directe avec eux, mais si je l'avais, voilà ce que je leur dirais.
C'est clair. Si tu veux, on peut les inviter à faire la discussion sur le plateau du Média. On est en pleine période municipale et on vient de parler de ces différentes stratégies qui existent à gauche. Je voulais te demander comment tu définirais la gauche en 2026 aussi parce qu'il y a beaucoup de contestations de ce terme. Certains parlent de camps progressistes qui font assez loin dans les termes utilisés et surtout parce qu'on est dans une période où il y a beaucoup de débats sur l'union de la gauche et où des fois on intègre des personnalités qui, par exemple, ici, on pourrait contester de leur attribuer le label de gauche, typiquement François Hollande.
Qu'est-ce qui, pour toi, permet de qualifier quelqu'un ou un mouvement de gauche ou non ?
Franchement, je vais répondre à la question mais je la trouve en fait un peu accessoire. c'est-à-dire dans le sens où mon sujet c'est moins de savoir si quelqu'un est de gauche ou n'est pas de gauche comme si c'était en quelque sorte un label de pureté ou de bonté. Moi, ce n'est pas vraiment mon sujet. J'imagine que François Hollande, lui, il considère qu'il est de gauche.
Moi, du point de vue de ce qui me semble être aujourd'hui les engagements de la gauche, c'est-à-dire la rupture avec un système capitaliste d'oppression qui opprime à la fois les êtres humains et la nature et donc la nécessité de reprendre la main en le pouvoir par rapport à ce système-là et de tourner la page de ce système-là, je trouve que le programme politique et la stratégie politique de François Hollande n'y correspond pas. Mais franchement, je suis qui pour dire toi, tu es de gauche, tu n'es pas de gauche à la limite, ce n'est pas vraiment mon sujet.
Mon sujet, par contre, c'est comment on arrive à constituer puisqu'on est les partisans de ce qu'on appelle la révolution citoyenne la révolution citoyenne, c'est la révolution avec une prise du pouvoir par les urnes. Ça ne veut pas dire qu'on dénie l'importance, la nécessité des luttes sociales, écologiques, démocratiques, antiracistes, des mobilisations populaires, évidemment, des mécanismes d'auto-organisation populaire citoyenne, tout ça participe du même bloc, mais qu'on considère que la bataille électorale est un outil qui permet la conquête du pouvoir pour transformer radicalement la société.
Moi, finalement, la question que je me pose, c'est comment on est en capacité de réunir une majorité populaire autour de ce programme et de ce projet. Et je ne crois pas que François Hollande ait quelque importance que ce soit sur ce sujet, finalement. Et donc, notre question, c'est comment on réunit largement et comment d'une majorité qui est une majorité sociologique, parce qu'il y a une majorité sociologique qui a intérêt avec la rupture, avec le système capitaliste aujourd'hui en France, comment on en fait une majorité électorale et populaire ? C'est ça la question qui est la question centrale.
Et pour faire ça, nous, on a toujours théorisé à la France insoumise ce qu'on a appelé la stratégie du quatrième bloc, c'est-à-dire l'idée que cette ressource pour devenir majoritaire, elle se trouvait dans l'abstention et en particulier dans l'abstention dans les zones populaires, dans les quartiers populaires, là où on considère que pour des raisons qu'on peut évidemment comprendre de déceptions, de trahisons, de sentiments de ne pas être représentés, vous avez des centaines de milliers, des millions d'électrices et d'électeurs qui, au moment de la bataille électorale, ne viennent pas forcément voter parce qu'ils ont le sentiment que ça ne va pas marcher, que ça ne va servir à rien, qu'ils ne font pas confiance, etc.
Et corrige-moi si je me trompe, c'est ça qui crée une sorte de séparation stratégique entre vous et le reste de la gauche parce que, du coup, on a l'impression qu'à chaque élection, la France insoumise mise sur l'idée d'aller convaincre de nouveaux électeurs et le reste s'adapte à l'électorat existant et donc se dit je vais peut-être me rapprocher des idéaux macronistes pour aller les chercher, j'ai l'impression qu'il y a un statu quo qui se fait dans des élections par le reste des partis de gauche qui se disent l'électorat c'est ça, ça ne peut pas bouger donc je vais aller pire chez ailleurs.
C'est assez juste, je pense, d'ailleurs c'est intéressant comme discussion et comme question parce que ça met à distance le traitement qui est souvent celui des médias traditionnels sur ce sujet qui est tout renvoyé à des questions personnelles, des batailles d'égout, en fait moi je m'en fous, enfin pardon, mon sujet ce n'est pas je ne suis pas en guerre personnelle avec un tel ou un tel, on a une stratégie politique et on considère que la stratégie politique qu'on déploie c'est celle qui nous permettrait de gagner pour transformer la société et puis d'autres ont sans doute une autre stratégie mais c'est vrai que bien souvent dans les campagnes électorales pour en avoir fait certaines avec y compris ou en lien avec des formations politiques du centre-gauche il y a cette idée bah en gros l'élection elle se gagne au centre parce que de toute façon dans l'abstention on n'y arrivera pas ils seront compliqués on n'arrivera pas à aller chercher les électrices et les électeurs et en fait cette logique politique qui se déploie après dans la stratégie politique générale elle revient à en quelque sorte j'ai envie de dire conditionner le programme politique en le calquant d'abord dans la réponse aux problématiques et aux préoccupations des catégories sociales on va dire intermédiaires pour être poli et ensuite en quelque sorte que les problématiques des catégories populaires bon bah s'ils viennent voter de toute façon ils voteront pas ou s'ils viennent voter ils n'auront pas le choix ils voteront pour ça etc et effectivement là je pense que c'est une divergence majeure avec la France qui essaie précisément de faire l'inverse c'est à dire d'abord d'avoir un programme qui est un programme rupturiste qui met en mouvement les catégories populaires et considérant ensuite que vous avez une partie parce que vous ne gagnez pas l'élection qu'avec des catégories populaires mais considérant ensuite que vous avez une partie des classes moyennes on utilise parfois ce terme qui se diront ah bah finalement ce projet là de transformation de la société il fait aussi mes affaires à moi et oui je pense que c'est une distinction assez majeure et ça s'est vu par exemple dans l'élection présidentielle de 2022 ça se déployait y compris en termes de stratégie électorale c'est à dire le plan par exemple de quelqu'un comme Jadot ou même comme Hidalgo c'était de se disputer le leadership sur le centre gauche espérer par là même devenir en tête des intentions de vote à gauche et considérer que de toute façon les catégories populaires elles votent toujours à gauche parce qu'elles ont toujours voté à gauche ce qui n'est pas vrai parce qu'au bout d'un moment si vous les trahissez elles ne votent plus parce qu'en fait il y a une forme de mépris en fait qui est considéré dire de toute façon ils sont à nous bah non c'est pas à nous d'abord personne n'est à qui que ce soit et en fait les gens il faut qu'ils s'engagent et pour qu'ils s'engagent il faut leur parler il faut parler de leurs problèmes de leurs préoccupations il faut prendre en compte aussi leurs thématiques il faut leur donner une place centrale donc oui je pense que c'est assez juste comme distinction et nous on continue à considérer que attention que les choses soient claires moi je ne dis pas qu'à la fin la coalition électorale victorieuse pour parler d'un point de vue purement électoraliste elle soit seulement des catégories populaires je crois ce qu'il faut et d'ailleurs une des caractéristiques du capitalisme dans la période actuelle c'est qu'il y a une partie des classes dites moyennes qui étaient plutôt ascendantes dans une période du capitalisme des années 70 et 80 et qui est plutôt dans une logique descendante maintenant et qui donc a intérêt aussi à ce programme de transformation radicale de la société
en tout cas stratégiquement si c'était une analyse stratégique fausse la France insoumise n'existerait pas étant donné qu'elle se construit aussi à partir d'un bloc abstentionniste en soi oui et puis bien souvent
pardon j'insiste mais souvent quand on nous critique à gauche il y a cette critique et franchement la critique de la mauvaise foi absolue qui consiste à dire oui la France insoumise vous êtes un boulet pour la gauche etc j'ai entendu ça là récemment en gros c'est vous qui empêchez à la gauche de progresser etc mais en fait pardon mais c'est exactement l'inverse et ça c'est pas juste un point de vue ou des opinions qu'on pourrait s'envoyer les uns les autres à la figure c'est juste une analyse toute simple des résultats électoraux la vérité c'est que le total gauche des partis qui se revendiquent de gauche il a perdu en gros 20 points après le quinquennat de François Hollande 20 points entre l'élection présidentielle de 2012 et l'élection présidentielle de 2017 et donc si aujourd'hui la gauche elle est électoralement pas majoritaire c'est parce qu'on a perdu ces 20 points et depuis 2017 ceux qui ont permis au total gauche de reprogresser alors on a pas tout récupéré c'est vrai mais c'est nous enfin je veux dire ceux qui ont gagné des voix par exemple la dernière élection européenne en ramenant dans le vote des électrices et des électeurs qui n'y allaient plus c'est nous et c'est pas les autres donc pardon mais s'il y a eu un boulet pour la gauche c'est plutôt l'héritage du quinquennat de François Hollande qui nous a fait effectivement beaucoup de mal des promesses non tenues des engagements non respectés qui ont conduit parce que pendant des années et des années il y a des gens qui se sont dit si finalement la gauche quand elle est au pouvoir elle fait globalement la même chose que la droite je vois pas pourquoi je vais leur faire confiance à l'élection d'après et nous c'est contre ça qu'on lutte
ce qui se tient en soi pour quelqu'un de la classe populaire qui se dit la gauche a rien fait pour moi mais bien sûr ça se tient
il y a une phrase d'Einstein qui dit une des caractéristiques de la folie c'est de faire plusieurs fois la même chose en espérant un résultat différent bah si vous avez l'impression qu'une fois ça a servi à rien deux fois ça a servi à rien je vois pas pourquoi la troisième fois vous direz pour ça moi je dis souvent en fait on est pas coupable de l'abstention on en est généralement victime maintenant notre question à nous c'est dans ce contexte là comment on reconstruit des liens de confiance et c'est pourquoi aussi ça a été très important pour nous les insoumis de jamais céder aux injonctions médiatiques à nous taire en quelque sorte à polisser ou à lisser notre discours pour complaire aux médias traditionnels et à l'idéologie dominante parce que en fait si vous faites ça vous perdez la confiance des électrices et des électeurs non en fait la seule question qu'on se pose quand on prend une position politique c'est pas de savoir si elle va nous attirer les bonnes grâces du système médiatique c'est de savoir si elle est juste du point de vue des principes politiques qui sont les nôtres et c'est de savoir si elle correspond à la parole qu'on a donnée aux électrices et aux électeurs et si on peut sans aucun doute avoir des désaccords avec la France insoumise vous ne trouverez pas un seul sujet sur lequel la France insoumise n'a pas respecté la parole qu'elle a donnée aux électrices et aux électeurs au moment des dernières échéances électorales
tu as parlé des questions antiracistes en fond de plusieurs réponses on a reçu Daniel Obono ici et on avait parlé de ça tu étais au PG depuis le début tu as accompagné aussi une forme d'évolution de la France insoumise sur ces questions là oui tu me corriges si je me trompe mais il y a une véritable centralité des questions antiracistes maintenant à la France insoumise ce qui pour beaucoup à gauche est un souffle d'air frais comment cette évolution s'est passée et pourquoi maintenant la centralité des questions antiracistes est aussi importante justement d'abord oui c'est vrai
qu'il y a eu une évolution une meilleure prise en charge d'un certain nombre de sujets la question de la bataille antiraciste en fait évidemment partie mais pas seulement pour prendre un autre exemple il y a eu une évolution de l'articulation entre la question sociale et la question écologique et heureusement en fait parce que le parti de gauche puis ensuite la France insoumise n'avait pas vocation à être des objets figés dans le temps et d'ailleurs souvent on fait beaucoup de reproches à Jean-Luc Mélenchon dans les médias mais s'il y a quand même quelque chose qu'on peut au moins lui reconnaître c'est d'avoir cette forme de compréhension et de capacité aussi à évoluer au regard aussi de comment évoluer un certain nombre de questions leur importance relative etc donc je pense c'est une évolution assez progressive et qui il y a une forme d'histoire d'œuf et de la poule aussi c'est à dire bien souvent on dit oui mais les formations politiques aujourd'hui même la France insoumise elle n'est pas encore exactement à l'image de son électorat y compris dans sa composition ce qui est vrai et en même temps le problème est toujours le même c'est à dire que moins vous avez une composition interne de votre organisation qui est directement concernée par telle ou telle forme de racisme et de discrimination moins vous la prenez en charge et à l'inverse plus vous avez plus vous la prenez en charge donc je pense qu'on a beaucoup travaillé aussi sur cette question là sur la question de la représentation sur la question de la prise en charge de ces questions et sur la nécessité de leur donner oui un rôle central mais pour être clair parce qu'il ne faut pas se raconter d'histoire ça ne veut pas dire plus centrale que la confrontation sociale que la question féministe etc c'est plutôt au contraire c'est plutôt sortir de l'idée qui a été une des matrices de la gauche y compris pendant tout le XXe siècle que finalement il y a la question de l'oppression économique et que toutes les autres questions elles lui sont conditionnées ou elles sont sous-jacentes
l'universalisme on est tous l'universalisme en soi ce n'est pas un gros mot mais l'idée de faire disparaître la question raciale les questions de différence etc et de dire ouais
mais moi je le pose plutôt comme moi je suis matérialiste je me revendique du marxisme je pense que dans la base politique de la France insoumise il y a ça aussi mais il y a eu à un moment dans les partis de gauche une lecture un peu réductrice d'ailleurs et un peu mécanique de Marx qui consiste à dire finalement tout ce qui n'est pas la question de l'oppression économique n'est pas vraiment une oppression ou elle est conditionnée à l'oppression économique et si on résout le problème de l'oppression économique on résoudra le problème de toutes les oppressions et je pense notre révolution elle est plutôt sur ce qu'on a appelé l'intersectionnalité c'est-à-dire la capacité à comprendre les articulations entre les différentes formes de domination et notre capacité à comprendre que ce que je disais tout à l'heure en introduction le capitalisme il ne génère pas qu'une domination économique il génère une domination géographique dans sa capacité à modeler à occuper l'espace il génère une domination y compris racialisée je fais toujours attention parce que nous on n'utilise pas le mot de race mais on identifie comment certains sont renvoyés et sont racialisés et donc le capitalisme il produit aussi cette forme de domination comme sur le genre etc et je pense qu'à la France insoumise on a aussi pris en charge par des liens aussi avec des intellectuels qui travaillaient sur le sujet par sans doute un meilleur travail commun aussi dans des luttes dans des mobilisations avec des militantes et des militants traditionnels des quartiers populaires qui ont porté aussi et fait monter ces problématiques et moi on n'est pas parfait on n'est pas géniaux on réfléchit mieux quand on est plusieurs à réfléchir et donc le fait qu'il y ait eu des actrices des acteurs comme je ne sais pas pour un exemple les mobilisations à Damas je pense ça a aidé à la prénom en charge qu'il y ait eu la manifestation contre l'islamophobie ça a aidé à prendre en compte ce sujet qu'on ait eu des liens avec des gens du collectif On s'en mêle qui sont des gens traditionnels des luttes des quartiers populaires depuis les années 70, 80, 90 tout ça ça nous a aidé et c'est vrai que sans doute que dans les formations politiques y compris dans leur bagage dans leur culture par exemple cette question là de la prise en compte des luttes des quartiers populaires était assez peu présente
j'ai l'impression que je te pose la question parce que j'ai l'impression que que ce soit NUPES ou NFP le clivage et la rupture s'est construit sur soit des questions antiracistes soit des questions liées à des populations soit des questions qui touchaient beaucoup les populations les populations arabes et racisées en France l'exemple de la Palestine évidemment qui nous touche profondément toutes les personnes racisées en France la mort de Naël l'antifascisme actuellement là on sent qu'il y a un clivage qui s'est consommé là-dessus dans l'union de la gauche construite par la NUPES et le NFP est-ce que c'est une différence de stratégie ou à la fin c'est une différence de nature politique il y a une différence de fond que vous n'arrivez pas à concilier
je pense d'abord je ne sais pas si on peut vraiment distinguer une différence de stratégie une différence de nature parce que quand par stratégie on refuse de prendre en charge telle ou telle question à la fin finalement ça devient une différence de nature puisqu'on ne les porte plus donc c'est plus dans notre nature si on peut parler comme ça je ne sais pas s'il y a vraiment de la nature mais en tout cas dans notre identité politique sans doute que pour certains il y a il y a une difficulté à assumer une confrontation ça revient un petit peu à la discussion qu'on avait au début sur les prises de position la stratégie de Fabien Rosset de François Ruffin etc il y a cette idée qu'il y a des sujets qui vont créer de la polémique et comme ça va créer de la polémique il ne faut pas en parler mais ce qui devrait créer la polémique ce n'est pas qu'on parle du sujet c'est que ça existe ce qui devrait créer la polémique ce n'est pas le fait qu'on dénonce les violences policières c'est qu'il y ait des violences policières et comme la droite et l'extrême droite elles mènent aussi une bataille culturelle tout le monde mène une bataille culturelle et donc quand vous dites il y a des violences policières et quand vous dites bah oui dans certaines circonstances la police tue et ce n'est pas juste un problème de comportement individuel d'une bavure mais il y a un caractère systémique parce qu'il y a une impunité qui est organisée ensuite pour empêcher y compris de déterminer les responsabilités parce que les premières réponses c'est non c'était un accident non ça ne s'est pas passé comme ça jusqu'à ce qu'il y ait des vidéos qui sortent etc la droite et l'extrême droite elle mène une bataille politique sur ce sujet et en face vous avez des actrices et des acteurs qui finalement ne veulent pas mener cette bataille politique et qui se disent parfois par lâcheté parfois par opportunisme politique ah bah finalement comme la France Insoumise elle est dans la polémique parce qu'elle n'a pas voulu lâcher l'affaire sur ce sujet bah plutôt que de faire le bloc et faire front avec eux on va peut-être essayer d'en profiter en les affaiblissant et en contribuant à leur taper dessus qui est vraiment la recette évidemment la plus absurde c'est la fameuse phrase du pasteur Niemöller c'est quand je suis venu chercher quand ils sont venus chercher les communistes je n'ai rien fait j'étais pas communiste etc et à la fin quand on vient vous chercher vous bah il n'y a plus personne pour vous défendre
franchement avec les écolos qui sont régulièrement la cible maintenant et ça a publié le bloc
et ça donne le point à une campagne de calomnie de la droite et de l'extrême droite je veux dire on parle de la Palestine on a essayé de nous taper dessus parce qu'on a dit le 7 octobre ça s'appelle des crimes de guerre enfin pardon c'est la définition voire peut-être des crimes contre l'immunité pardon c'est la définition du droit international vous condamnez pas pardon si je ne veux pas condamner quelqu'un je ne dis pas qu'il a fait des crimes de guerre je veux dire c'est absurde plutôt que parce que normalement la gauche sa boussole sa référence en matière de relations internationales c'est de défendre le droit international qui est certes imparfait certes pas suffisamment respecté mais c'est d'essayer de s'appuyer là-dessus de ne pas laisser c'est le fascisme la loi du plus fort à l'échelle internationale bon et plutôt que de dire bah oui c'est la définition du droit international etc on va cotiser aux campagnes de dénigrement contre la France insoumise donc moi je ne sais pas si c'est une différence de stratégie une différence de nature mais en fait peu importe à la fin ça produit la même chose c'est qu'il y a des problématiques qui ne sont pas défendues pas prises en charge pas prises en compte défendues de manière ambiguë et ça n'aide pas d'abord à ce que les personnes concernées aient une force politique et un programme politique qui puissent gagner et qui répondent aux problématiques parce que pardon moi mon objectif ce n'est pas juste de dénoncer les violences policières c'est de mettre un terme aux violences policières et pour ça il faut prendre le pouvoir et nettoyer la police de la cave aux greniers et pour ça il faut gagner donc voilà pardon je suis parti peut-être un peu loin de la question
mais pour moi c'est problématique
pour moi c'est problématique et je ne sais pas si c'est une différence de nature et de stratégie et à la limite peu importe parce que dans tous les cas c'est problématique
et bien du coup tu as parlé toi-même de la citation d'Einstein est-ce qu'une alliance est-ce qu'une alliance c'est toujours possible est-ce que ça ne serait pas répéter la même erreur et de se retrouver enfin je te pose la question parce que c'était un peu le fil rouge de cet entretien est-ce que pour toi ça pourrait encore exister pour les prochaines législatives pour les prochaines présidentielles etc
mais bon d'abord moi je veux dire que quand on a on a fait la NUPES en 2022 on a pu le faire précisément parce que l'élection présidentielle avait donné à la France insoumise la capacité de produire un rassemblement sur une ligne politique de rupture on l'a fait parce que le programme politique du rassemblement était un programme politique de rupture et parce que les électrices et les électeurs nous avaient donné la force électorale pour dire si vous voulez un rassemblement c'est autour de ces questions là que ce rassemblement doit avoir lieu d'ailleurs dans le programme de la NUPES comme dans le programme du NFP il y avait par exemple le fait de revenir sur la loi Cazeneuve sur faciliter les tirs notamment sur les qui a produit beaucoup de morts suite à des refus d'obtempérer il y avait peut-être pas tous les sujets mais sur les questions antiracistes de dénonciation des violences policières de lutte contre l'islamophobie il y avait l'essentiel des marqueurs et c'est les autres qui sont venus sur ces positions là alors on peut dire oui mais ils n'étaient pas sincères c'était juste pour regarder des postes et tout peut-être que pour certains d'entre eux c'est vrai peut-être que pour certains d'entre eux c'est vrai mais nous en fait la question politique qu'on doit se poser c'est la question de qu'est-ce qui nous permet de ramener une majorité populaire sur la base de ce contenu programmatique l'union elle peut avoir différentes formes nous on a besoin d'une union populaire parfois il y a des circonstances dans lesquelles c'est les appareils politiques qui se rassemblent bon moi là je vois bien qu'avec au moins certains d'entre eux ils sont partis sur une orientation politique qui n'a rien d'une orientation politique de rupture et je vois pas dans quelle mesure le rassemblement avec ces formations politiques là pourrait s'opérer maintenant il faut pas pour autant renoncer à s'adresser aux électrices et aux électeurs à celles et ceux qui peut-être à un moment ont dit bon je vais voter pour eux je sais pas à des écologistes qui se disent bah moi je suis écologiste je vote Europe Écologie de leur dire bah ouais mais regarde comment tu peux croire que tu peux avoir un programme écologique crédible si tu poses pas la question de la rupture avec le système capitaliste qui opprime qui domine la planète qui détruit l'environnement alors tu peux pas donc si t'as une écologie qui est une écologie consciente ah bah ça doit se faire autour d'un programme qui est un programme de rupture donc vous venez le construire avec nous et d'ailleurs c'est ce que font un certain nombre de personnes ils ont constitué les verres populaires ils le font aux élections municipales donc ce que je veux dire par là c'est qu'il faut garder une vision qui est une vision nous on cherche pas à dire on est les premiers à avoir eu raison et donc c'est nous qui sommes les gardiens du temple c'est pas mon sujet moi mon sujet c'est comment on constitue une majorité électorale donc je parle à tous les électrices et à tous les électeurs et je leur dis si vous voulez transformer la société et répondre aux grands défis qui sont les grands défis d'aujourd'hui il fera un programme de rupture et ce programme de rupture aujourd'hui il est porté par la France Insoumise si certaines autres formations politiques veulent le porter avec nous dans la perspective présidentielle législative on le portera avec eux mais à partir du moment on est clair sur le programme clair sur la stratégie qu'on n'a pas peur de la confrontation et de la conflictualité et qu'on n'abandonne pas nos marqueurs et nos identités fondamentales sous pression des médias dominants de la droite ou de l'extrême droite parce que ça c'est la défaite garantie et assurée à la fin si on veut gagner l'élection présidentielle on ne gagnera pas sur le moins-disant le plus petit dénominateur commun on veut faire peur à personne la seule manière y compris de battre l'extrême droite à l'élection présidentielle c'est d'avoir une mobilisation puissante du peuple français de la jeunesse des quartiers populaires et ça vous ne le faites pas sur une ligne au plus petit dénominateur commun vous le faites sur une ligne qui est une ligne de transformation et une ligne qui n'a pas peur de poser les problèmes là où ils sont et de dire comment on va les résoudre
On parle de pression médiatique la séquence actuelle est très spécial aussi parce qu'il y a une grosse grosse pression sur l'antifascisme grosse tentative aussi de criminaliser l'antifascisme est-ce qu'on est dans une période de bascule ?
Quand on est dans des moments comme ça il faut aussi prendre un peu de hauteur et regarder qu'en fait ce n'est pas non plus des séquences qui sont des séquences inédites dans l'histoire ça nous donne des repères historiques pour comprendre l'instrumentalisation de la mort d'un militant d'extrême droite c'est des figures qui ont déjà existé dans l'histoire et une des caractéristiques du fascisme évidemment c'est de grandir sur le brouillage absolu des repères et donc sur le renversement l'inversion permanente des culpabilités c'est-à-dire c'est pas nous les violents alors que le fascisme est un projet violent qui vise à imposer par la force c'est un projet violent d'oppression raciste homophobe etc non c'est pas nous les violents c'est les autres c'est pas nous les antisémites alors que le programme du rassemblement national l'identité politique l'ADN politique du rassemblement national ça a été la question de l'antisémitisme et que ça l'est encore c'est juste qu'ils ont trouvé une autre forme d'oppression qu'ils peuvent mettre devant pour l'instant mais évidemment ça doit sur les fameuses
brebis égarées exactement
quand il y en a 50 c'est plus vraiment la brebis le problème c'est le troupeau donc quand on est dans ce moment là moment du brouillage absolu des repères oui bien sûr qu'on est dans une bascule et sans doute une des caractéristiques de la bascule c'est quand il y a une partie des élites économiques qui à un moment parce que le système de la démocratie dite libérale n'est plus en mesure d'assurer la sauvegarde de leurs intérêts de leur domination se tourne vers des partis dits autoritaires et là si vous n'avez pas vu que par exemple Bardella est en train de rencontrer tous les dirigeants des entreprises du CAC 40 si on ne voit pas ce qui se passe dans les médias c'est à dire que évidemment il y a Bolloré mais qu'il y a une partie des grands milliardaires qui commencent à se tourner dans cette direction là c'est qu'on n'a pas compris dans quelle période on est en train de vivre donc oui bien sûr il y a une partie des élites politiques médiatiques en France qui choisissent l'extrême droite qui considèrent qu'après Macron s'ils veulent conserver leurs privilèges leurs intérêts ils choisissent l'extrême droite ils choisissent la solution autoritaire ils choisissent le fascisme et c'est pas un mouvement qu'on observe qu'en France c'est un mouvement qu'on observe à l'échelle internationale y compris on va rentrer dans cette discussion avec sans doute l'émergence de nouveaux acteurs capitalistes de ce que Cédric Durand dans un bouquin qui a été publié sur la Boétie parle de techno-féodalisme qui a un lien à mon avis avec cette nouvelle forme d'émergence le fait qu'ils choisissent la solution autoritaire donc oui on est là-dedans quand vous avez quand même la dirigeante la candidate à Marseille du parti dit les républicains qui arrive à dire dans un débat le slogan pétainiste quand vous avez Berger Aurore Berger qui dit vous êtes l'anti-France qui est l'anti-France forgée par Maurras
il y a même eu un appel à créer un cordon sanitaire autour de la France soumise avec le RN mais c'est nous
le cordon sanitaire c'est pas eux quand vous mettez un cordon sanitaire vous mettez pas avec les malades donc évidemment qu'on est dans ce moment-là et c'est d'ailleurs pourquoi franchement c'est particulièrement irresponsable de la part de ceux qui à gauche ont cru bon de cotiser à la campagne visant à dénigrer l'anti-fascisme et notamment il y a eu ce truc qui à mon avis est une faute majeure de mettre sur le même plan dans une même phrase c'était sur une note de blog d'Olivier Fort des groupes fascistes et des groupes antifascistes qu'il a corrigé ensuite la preuve que lui-même s'est rendu compte que c'était une erreur majeure mais en fait pardon mais les antifascistes se sont constitués en réaction aux fascistes et le jour où il n'y a plus de fascistes il n'y a plus d'antifascistes le jour où il n'y a plus d'antifascistes malheureusement il y a encore des fascistes donc il ne faut jamais mettre sur le même plan l'antifascisme et le fascisme et donc nous on a soutenu on soutient et on continuera à soutenir les antifascistes évidemment et je pense que ces gens-là font une faute majeure et ils font une faute pour eux d'ailleurs parce que en quelque sorte renoncer à la question de l'antifascisme et en gros laisser la France insoumise avec d'autres formations mais surtout la France insoumise en première ligne comme étant un peu la seule formation qui revendique son antifascisme l'antifascisme c'est une ligne de clivage très large qui existe dans la société française et ça produit des gens qui nous rejènent parce qu'ils disent c'est là que ça se passe
on a fait un plateau ici avec la gauche révolutionnaire qui ont fait bloc aux côtés de la France insoumise pour le coup sur ce sujet-là spécifiquement qui avait une parole plutôt générale à la gauche révolutionnaire où on disait l'antifascisme on ne peut pas le criminaliser sur cette note peu positive mais je ne sais pas
si elle n'est pas positive parce que pardon excuse-moi après je te laisse poser ta question mais je veux dire tout ça des moments de clarification politique pas parce qu'on ne fait pas des paris parce qu'on a une analyse des grandes évolutions de la société qu'on voit que le modèle la mondialisation libérale classique et de ce qu'ils appellent la démocratie libérale tout ça devrait être mais mériterait de discuter d'ailleurs est dans l'impasse en fait tout le monde le voit donc ça fait depuis 15 ans qu'à la fin on a dit mais à la fin ça va se terminer entre la solution autoritaire ou la solution collectiviste on y est ça y vient donc en fait moi je dis aux gens qui nous écoutent maintenant on ne peut pas rester sur le bord du chemin il faut choisir son camp il n'y a que deux côtés en quelque sorte et ceux qui ont essayé d'être au milieu en disant non non moi je ne suis pas avec les fascistes mais eux ils ne sont pas très très bien comment ils font en fait ils n'existent pas ils vont être balayés
à la fin à la fin je crois je crois par contre
oui il faut gagner parce que ça va être la bataille qui va être la bataille évidemment la plus importante et on ne peut gagner que si tout le monde s'y met
sur cette note avec plus d'espoir on va passer à la partie qu'on fait tout le temps au fauteuil c'est une partie culture à la fin un peu plus légère bon je t'ai briefé même si j'aurais j'avais la moitié des questions que je n'ai pas pu poser
on refera une édition 2
je regarde ta collaboratrice en ce moment même on va connaître ça je voulais vous demander du coup 3 albums que tu pourrais écouter en boucle cette année
alors moi je suis un peu old school
pas de soucis
funky family si tu veux shuriken où je vis oh wow à old school j'ai dit
après pas que des marseillais
donc c'est la compagnie qui parle non parce que là j'ai fait 2 marseillais j'aime bien Scret Connection du mal
il y a ceux qui bossent dur ceux qui bossent pas et t'en connais mais dans ce monde on pense tous bon et bon et
c'est très riche un artiste ou un groupe français qui serait sous-estimé selon toi qui mériterait plus de reconnaissance un artiste
musique
musique ou autre que t'as envie de faire connaître
mais qui sont déjà connus les gens dont je vais parler là la rumeur la rumeur
ok
vous venez oui mais il y a des gens qui connaissent pas c'est vrai pour la nouvelle génération
si vous connaissez pas la rumeur
il faut français je suis l'ombre sur la mesure le violent poison à l'écart de tout soupçon dans ce sombre récit où personne se méfiera il s'agira de sang sur les murs au crépuscule d'une bavure ton dernier concert
mon dernier concert franchement ça compte aux amphi de la France Insoumise le concert de Medine sous la pluie ou pas ?
ça compte ça doit être le dernier
parce que malheureusement
depuis t'as pas fait de concert ? bah non
j'ai pas le temps moi j'écoute
au moins la fête de la musique de l'AFI non ?
ah oui j'étais à la fête de la musique c'est vrai j'étais à la fête de la musique sur le stand de la France Insoumise et il y avait il y avait Medine il y avait Lee et DJ Miss Inès ouais bah voilà t'as bien suivi c'était bien et puis aussi la fête de l'UMA mais bon j'ai rarement le temps d'aller en détail au concert mais j'étais allé à un des concerts bah je crois que c'était Medine aussi il y a deux ans je pense
ok bah t'as cité trois concerts différents mais trois concerts de Medine pour autant ouais j'aime bien Medine c'est le premier épisode du fauteuil allez-le regarder un film politique qui t'a marqué
Rue Santa Fe Carmen Castillo sur les ah c'est un film qui fait pleurer par contre je préviens c'est sur sur les militants du MIR sous la dictature de Pinochet ok et et Carmen Castillo était l'épouse du chef du MIR ok et qui a été assassiné par la dictature de Pinochet et c'est un film bouleversant je conseille à tout le monde mais faut avoir le coeur bien accroché
ok moi je recommande à peine j'ouvre les yeux un film sur sur la révolution tunisienne en fil rouge
je connais pas
ah bah regarde si t'as l'occasion c'est très sympa surtout que la révolution tunisienne a beaucoup inspiré Jean-Luc Mélenchon dans L'ère du peuple si il dit pas de bêtises c'est vrai un livre que tu recommanderais pour comprendre le moment politique c'est pas très original
mais dans la période franchement le livre de Chaputo sur les irresponsables c'est une règle
du fauteuil chaque invité doit nous parler de Yohan Chaputo
c'est normal non mais honnêtement dans la période qui vient de s'écouler il est en fait il est à la fois très instructif et à la fois vraiment glaçant sur les parallélismes des périodes alors je sais que pendant bien souvent dès qu'on parlait des années 30 ou pire des nazis en France on disait c'est un point de Godwin on aurait aimé pouvoir continuer à dire c'est un point de Godwin mais là malheureusement il y a de plus en plus quand même de parallélisme de forme y compris sur la séquence qui vient de s'écouler avec ce qui s'est passé dans les années 30 en Allemagne donc le livre de Chaputo il me paraît quand même là vraiment d'intérêt général même si c'est pas très original non mais c'est général après j'ai lu un bouquin vachement bien la plus économique mais qui est le bouquin de Clément Carbonier qui doit s'appeler je vais écorcher le titre pardon l'impasse du coût du travail ou un truc comme ça que je recommande aussi parce qu'il démontre comment la politique économique en France depuis maintenant plusieurs décennies elle s'est appuyée sur ce mythe que la question c'est la question du coût du travail que donc il faut réduire les cotisations donc réduire le financement de la protection sociale que tout est conditionné à ça et il montre à quel point ça marche pas et je trouve que c'est super structurant du point de vue économique même si c'est un peu plus il faut être intéressé un peu plus par les questions économiques mais voilà j'aimerais que c'est un super livre aussi
en tout cas moi je lance l'invitation à chaque épisode à Johan Chaputo pour qu'il vienne sur le fauteuil surtout parce que j'aimerais lui poser la même question qu'il me recommande un autre livre que celui de Johan Chaputo j'en ai mis deux au moins ouais c'est bien c'est déjà bien je vais te remercier merci à toi d'être venu j'espère qu'on a pu aborder la majorité des sujets importants du moment mais évidemment on te recevra avec plaisir une deuxième fois pour finir le reste le reste des questions que j'avais prévues et merci à vous de continuer de soutenir Le Média c'est grâce à votre soutien qu'on peut concurrencer l'empire médiatique des milliardaires et continuer de vous proposer ce genre de format donc continuez de nous aider sur soutenez.lemédiatv.fr jusqu'à ce qu'on obtienne un canal sur la TNT et pouvoir accueillir tous les médias indépendants et tous les nouveaux médias sur nos ondes merci beaucoup merci merci à vous
merci à vous merci à vous merci à vous
Manuel Bompard