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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 13 janvier 2024 40 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleImmigration & asileInstitutions & électionsJustice

La relégation des quartiers populaires a été une décision politique !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Locuteur 1Fait
    « Les quartiers populaires sont un mode de formation de la ville qui a accompagné ce qu'on appelle en France les 30 glorieuses parce que il y avait de la croissance sans arrêt. »
  • 18:00Locuteur 1Chiffre
    « Trois fois et demi de plus de pauvres dans les quartiers populaires qu'avant. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je suis heureux d'être parmi vous à l'invitation de Éric Cocrel qui est en quelque sorte mon frère euh pas à cause de l'âge hein, mais avec qui j'ai partagé les moments les plus importants, quelques-uns des plus intenses de ma vie politique et notamment dans ma rupture avec le Parti socialiste et la création de ce qu'a suivi Éric et moi nous avons fait équipe depuis les premières heures et j'ai toujours confiance en son jugement et quand il nous arrive comme tout le monde d'avoir une mauvaise passe. Nous la réglons toujours de la même manière à force d'amitié et de fraternité et je vous en souhaite autant à chacun d'entre vous car la lutte que vous menez, la lutte que comme celle que je mène de mon côté, je sais à quel point elle est dure et combien l'affection de ceux qui nous entourent, la fraternité militante et l'unique réconfort dont nous disposons sous l'insulte, le probe, la méchanceté, l'arrogance incroyable des puissants qui regardent toujours les autres comme s'il n'était rien, comme l'a dit le président de la République. lui que lui-même hein, ce qui est une transition avec la droite du passé.

Avant, il disait qu'on était des gens de peu et maintenant ils disent qu'on est rien. Alors bon, on a perdu au change, tout le monde a bien compris, peu c'est mieux que rien. Mais c'est dans cette ambiance que nous vivons et que la question des quartiers populaires se pose d'une autre manière que celle avec laquelle elle s'est posée pendant des années où nous avons eu l'espérance que se rétablirait un équilibre où l'on prendrait en compte que ce qu'on appelle les quartiers populaires étant souvent de construction récente, de naissance récente, on pensait on acceptait l'idée qu'il y avait un retard et que on rattraperait qu'il y aurait un phénomène d'intégration dans la République. pas des personnes, pas des personnes quartier de l'endroit où on vit, une égalité d'accès aux moyens qui permettent la vie.

On avait de la patience. J'étais élu d'un quartier populaire, on pensait qu'il fallait que on invite à se mêler de ces affaires communes tout le monde. Voilà ce que c'était.

Mais maintenant, nous ne pouvons plus croire ça. Et c'est important que moi je vienne de le dire ici. Nous ne croyons plus que le projet soit de faire que les quartiers populaires ratent rattrapent le niveau moyen de développement du reste du pays.

À l'inverse, nous croyons qu'il y a un projet conscient, délibéré de parquer une partie de la population sans aucun moyen des moyens qui sont consentis ailleurs de manière à créer un rapport de force à l'intérieur du salariat, à l'intérieur du peuple et si possible une fragmentation qui assure la domination des plus puissants qui compte sur le fait qu'à force de reléguer, à force de montrer du doigt, à force d'insulter les gens à propos de leur religion, on finisse par le fait que les uns veillent se finissent par se dire on veut plus d'eux et les autres se diraient et ben puisque vous voulez plus de nous, on veut plus de vous. et qu'à la fin, à la place de l'unité populaire créée par les conditions matérielles d'existence, le partage de nos vies en commun que nous connaissons tous parce que la religion n'est plus un motif qui sépare nos familles les uns les autres. Nous avons des enfants, des voisins, des cousins, des parents, des grands-parents venus de tous les horizons du monde à une ou deux générations près et de toutes les religions.

Ce n'est pas un sujet pour nous, chacun d'entre nous. Le sujet, c'est la manière avec laquelle nous vivons, comment nous pouvons vivre, comment nous pouvons élever nos enfants, comment nous pouvons nous améliorer, comment nous pouvons être soignés, comment nous pouvons être éduqués. Voilà les questions qui nous importent et c'est celles dont vous discutez depuis ce matin.

Ayant fait cette introduction à mon propos, je voudrais maintenant vous en montrer l'histoire pour qu'on le comprenne. Les quartiers populaires sont un mode de formation de la ville qui a accompagné ce qu'on appelle en France les 30 glorieuses parce que il y avait de la croissance sans arrêt. Je vous garantis comme j'y étais, c'était pas glorieux pour tout le monde.

En tant qu'habitant d'une cité populaire, la cité Seminor à If IFTO en Normandie, je vous garantis que ces années-là n'étaient pas glorieuses pour tout le monde et que les pauvres déjà souffraient de la pauvreté, que ceux qui étaient mal payés souffraient déjà du fait d'être mal payé. Ceux qui étaient brutalisés au travail n'avaient que le syndicat et le parti pour représenter leur dignité parce que sinon ils étaient traités comme il l'était peu avant leurs parents ou eux-mêmes les ouvriers agricoles et la population agricole maltraitée des petits qui ne possédaient pas la terre ou qui possédaient des lopins insuffisants pour vivre fastueusement. C'était ça les tres glorieuses en bas de l'échelle.

Mais tout le monde avait la perspective que demain serait meilleur. Je suis un enfant du peuple. C'était la fierté pour mes parents que je sois le premier bâchelier de ma famille.

Vos enfants maintenant sont plus couramment bâcheliers. Mais beaucoup d'entre vous ont connu cette période. La confiance dans le lendemain nous aidait à vivre le présent qui n'était pas toujours très charmant.

C'est cette confiance qui s'est effondrée. Mais que s'est-il passé à ce moment-là ? C'était déjà un calcul politique, c'était déjà un résultat politique.

La ville n'est pas un espace qui pousse comme les champignons ou les cerises sur les cerisiers, les abricots sur les abricotiers. Non, la ville a toujours été une production du mode économique dominant. La ville telle que nous la connaissons est une production du capitalisme des années du lendemain de la deuxième guerre mondiale.

Ce qu'on appelle les tres glorieux, c'est une période entre 1945 et 1975. Pendant cette période, une forme de capitalisme s'est développée et a produit la ville dont il était besoin dont il avait besoin pour concentrer la population dont il avait besoin pour faire tourner les usines à l'époque. De quoi est fait cette ville ?

Voilà pourquoi on les a construits. Voilà pourquoi il y avait des quartiers. Parce qu'il y avait un exode rural massif.

Et il y avait un exode rural massif parce qu'on était en train de changer le modèle agricole, qu'on concentrait la propriété, qu'on faisait le remembrement et des milliers de gens sont partis vers la ville parce que c'est là qu'on leur disait d'aller et parce que la vie était meilleure en ville et qu'on pouvait le penser. Et c'est vrai que ces villes se sont faites de population déplacé. population déplacée de l'intérieur du pays, des Corse, des Bretons, des Duphinois, tout ce que vous voulez amener dans les grands ensembles urbains.

Population déplacée venant des pays du Maghreb et de l'Afrique autrefois colonisée et appelé à venir pour avoir une vie meilleure. Je connais leurs arguments. ceux qu'on a servi à mon arrière-gr-père en lui disant "Allez en Algérie, il y aura du travail, il y aura de la du mieux pour vous." Et pauvre qu'il était, pauvre, il est mort.

Voilà ce qu'a été ce déplacement de population et je connais ceux qui ont mon âge ou à peine moins et qui ont fait tous ces efforts, tous ces sacrifices en s'expatriant, en laissant souvent la famille derrière pendant tant d'années et qui maintenant à cet instant de leur vie et se retournent sur leur passé. Toutes ces souffrances pour en arriver au point que mes petits enfants se disent-il. et le sentiment que tout ça n'a servi à rien, qu'à nouveau ils sont dans la peine.

Nous ne laisserons pas avoir le dernier mot à ceux qui de la dernière manière veulent nous posséder, dépossé du sens de notre existence. Nous avons fait tout cela, disent nos pères, disent nos familles. Pour vivre mieux, pour qu'est-ce que veut dire vivre mieux ? vivre comme un être humain sans être tout le temps en train de compter, tout le temps en train de tout disputer, parfois d'être à la limite de la loi et des fois hors de la loi pour la survie.

Voilà le moment où nous sommes. Le capitalisme de notre époque est passé de la période où il avait besoin que tous ces gens se rassemble parce qu'il avait besoin de cette main d'œuvre à une période où pour établir un rapport de force avec cette masse considérable de gens qui représentent une part extrêmement importante et si ce n'est à sa façon majoritaire du peuple français les tenir en respect. Elle a besoin il a besoin de cette masse de pauvres.

Il a besoin de cette masse de gens sans statut de travail que je vais décrire dans un instant. Mais je commence par vous donner une idée de ce qu'a signifié ce déplacement de population parce que souvent on l'oublie 600000 immigrés 5 millions de déplacés de l'exode rural plus dans les années 60 1 million de pieds noirs au total 7 millions de personnes non 5 6 7 8 millions de person 7 millions de personnes 8 millions avec les pieds noirs que j'ai rajouté au il y a moi dedans hein parce que quand ils disent vous avez qu'à retourner en Afrique, ils me le disent pas à moi parce que s'ils veulent qu'on retourne quelque part à son lieu de naissance, c'est vrai que je devrais aller. Tout le monde le sait, je suis du Maghreb et un maghrébin européen.

Alors tous ces gens déplacés, ils ont été déplacés dans le cadre d'un modèle économique. En remembrant et en rassemblant, on a baissé le coût de l'alimentation, l'alimentation des travailleurs que l'on était en train d'empiler dans des endroit pour les emmener dans les usines. Et la part de l'alimentation dans le budget des familles est passé de 38 % à 18 %. 20 points de gagner.

Sur ces 20 points, 11 leçons par la baisse des produits agricoles, des prix des produits agricoles. Ça veut dire que le capitalisme dans l'entreprise confortait le rapport de force par le fait que les familles payaient moins cher ce qu'elles mangeaient et que c'est le paysan au bout de la chaîne qui payait pour tout le monde. C'était déjà une organisation de la compétition entre les catégories sociales qui se jouaient à cette époque.

Et bien c'est la même compétition, la même idée de compétition de mise en compétition. des populations car le rapport de force aujourd'hui avec les quartiers populaires, je vais maintenant vous en dire un mot mais d'abord je commence par dire que le mot quartier populaire mériterait une définition. Aujourd'hui, celle que nous en avons, c'est celle de la politique de la ville.

Elle se discute de bien des manières. On fait des carreaux et on compte dedans une moyenne euh Salut Ali. une moyenne de revenu.

Mais ça se discute. Moi, je discute, c'est carreaux. Comment ça se fait ?

La moitié de la population pauvre du pays a disparu. Ils habitent où ? Ils habitent pas les quartiers populaires ceuxl.

Ils habitent à Versailles dans le château. Ils ont leur petite maison. Non, bien sûr que non.

C'est donc que ce qui a été délimité comme carreaux permettant de dire ici che des quartiers populaires est une dimension qui est trop étroite. Mais n'empêche que si l'on regarde la situation sociale de ceux qui sont à l'intérieur de ces carreaux dans la catégorie quartier populaire, alors on découvre qui c'est des ouvriers en majorité. Mais avant de venir à leur composition sociale, peu importe puisque j'y suis, j'achève.

Un/art des travailleurs ubérisés vit dans les quartiers populaires. Ceux de la définition officielle. 51 % des hommes des quartiers populaires sont des ouvriers.

La proportion en France c'est 26 %. par hasard hein la proportion 59 % des femmes employées sont dans les quartiers populaires. Telle est la composition sociale des quartiers populaires, la classe ouvrière et les gens dont l'existence est entièrement déterminé par la dépendance à l'accès au réseaux collectif. des gens qui ne peuvent pas avoir leurs citernes, leurs machines pour produire de l'électricité, leurs écoles privées à eux et cetera et cetera.

Ceux qui dépendent entièrement du collectif. Et bien c'est pas une honte de dépendre du collectif. Nous, on considère ça plutôt comme une porte d'intelligence car les moyens que l'on met en commun sont toujours des moyens qui coûtent moins cher à la société que la propriété privée de chacun de ses moyens.

J'espère que je suis assez clair pour qu'on me comprenne complètement. Autrement dit, pour nous, le collectif n'est pas un moins. Notre idéal absolu n'est pas la propriété privée de tout.

C'est le bon usage du collectif, la bonne qualité du collectif, le bon partage du collectif et non pas la privation du collectif. Car la privatisation du collectif, c'est la ségrégation sociale entre ceux qui ont beaucoup et ceux qui n'ont rien. Et la ségrégation sociale, c'est toujours un cadre inégalitaire.

Et la ségrégation sociale, c'est toujours la relégation sociale et c'est ça qu'ils font. Mais ce système social pour qu'ils tiennent et il faut bien s'en rendre compte, il faut qu'il y ait une forme de mainmise de domination et la plus forte est évidemment celle qui vient de la domination sociale. Trois fois et demi de plus de pauvres dans les quartiers populaires qu'avant. trois fois plus de chômage qu'ailleurs, quatre fois plus d'échecs scolaires compte tenu des faibles installations et des faibles moyens qui y sont consacrés.

Et la moitié de la population éligible, c'est-à-dire qui ont le droit de par exemple avoir le RSA, la moitié des gens qui auraient le droit d'avoir le RSA ne le réclament pas. Soit parce qu'ils savent pas, soit parce qu'on leur a pas dit, soit qu'ils savent pas où il faut aller. Alors ça commence à bien faire d'entendre parler tout le temps des pauvres qui seraient en quelque sorte des parasites de la société.

Ce n'est pas vrai. Les parasites, c'est ceux qui se gavent sur le dos de tous les autres. Ce n'est pas les pauvres gens.

Ce n'est pas ceux qui sont victimes de cette relégation. J'en parle avec force parce qu'il faut en parler avec force. 2/5e des quartiers n'ont pas de crèche, 2 sur tr n'ont pas de bureau de pôle emploi, 1/10 n'a aucune desserte de service de transport en public de transport public.

Je me rappelle cette cité dont j'étais l'élu conseiller général de Massie où il y avait pas de bus. Alors pour aller à la grande surface, pas parce qu'on pouvait aller nulle part ailleurs, pas parce qu'on préférait la grande surface au petit commerce, ça peut arriver. Et après tout, il paraît qu'on est client, on fait ce qu'on veut et qu'on est roi.

Pas ça, c'est qu'il y avait juste rien d'autre que ça. Alors, fallait y aller à pied. Si bien que les familles avaient au garage ou dans le champ des cadis pour transporter ce qu'on allait acheter à la grande surface une fois, deux fois par jour ou par semaine.

Je ne sais plus où on en est. Je n'y habite plus. J'habite dans Paris.

Mais ça m'étonnerait que ça se soit vraiment amélioré. En tout cas, 1/ n'a aucun accès à un transport en public. Deux fois moins de médecins spécialisés, trois fois moins d'équipement sportifs.

Et à cette population, qu'est-ce qu'on lui dit ? Et bien c'est simple, rien. On ne lui dit pas voici le moyen d'améliorer la situation ici ou là.

Les mères qui se coupent les veines pour essayer de faire en sorte que la vie soit moins dure à vivre qui souvent parce qu'ils viennent eux-mêmes de ces milieux des quartiers populaires font tout ce qu'ils peuvent. À eux on va donner moins de dotation, moins de moyens au moment même où ils font encore plus d'efforts que jamais. Au moment même où ce pays connaît 9 millions 10 millions de pauvres, 8 millions de gens à l'aide alimentaire, on parle de la France là, 8 millions de personnes à l'aide alimentaire, un tel système quand on a le nez dedans, on finit par penser qu'il est évident qu'il en a toujours été ainsi.

Ce n'est pas vrai et qu'il en sera toujours ainsi. Ce n'est pas vrai. On peut vivre autrement à condition de faire ce qui compte le plus partager que ceux qui sont en haut et qui vivent du travail de ceux qui sont en bas partagent prennent leur part de l'effort collectif pour tenir une telle population alors même que tout le système est en train de glisser vers des privilèges croissants pour les uns avec une prédation comme on dit toujours plus violente sur la société. cette année 100 milliards réparti de dividendes pour les entreprises du CAC 40.

C'est un record absolu. Ni vous ni moi avant la moindre idée de ce qui est 100 milliards. 100 milliards, c'est beaucoup, c'est énorme.

C'est des sommes absolument vertigineuses. On sait ce qu'on pourrait en faire. On pourrait tripler le budget de l'éducation nationale, Chuya.

On pourrait et cetera et cetera. Donc ce n'est pas rien. D'où sort ce partage inégal ?

D'où ? De l'intelligence suprême de ceux qui a qu'à part ? Non.

De rien d'autre que du travail. C'est le travail qui produit toute la richesse. Aucune ne tombe du ciel.

Il faut produire, vendre, acheter, échanger, et cetera et cetera. Et évidemment, c'est toute la part qui n'aura pas été versée en salaire ni en impôt. C'est ça les 100 milliards en question.

On peut donc dire que c'est un impôt de 100 milliards, un prélèvement social obligatoire qui est fait sur la société. Leurs profits sont en impôt privé. Je sais que ma formule est peut-être trop rugueuse et un peu caricaturale.

J'en conviens. Mais est-ce que la situation elle-même n'est pas caricaturale ? Bien sûr que oui.

C'est pourquoi je m'autorise à en parler de cette manière. Pour tenir cette masse, il faut donc la diviser du reste du pays. Il faut donc lui non seulement la séparer socialement, mais la séparer affectivement.

C'est ce que font leur campagne raciste en montrant du doigt les gens à propos de leur religion, en montrant du droit à les gens à propos de leur comportement quand ils se révoltent. Ça vous donne du Ce n'est plus la question du jeune Naël qui a été abattu ni de cette jeune femme qui a été abattue pour un refus d' tempempéré. Elle ne refusait ni n'acceptait rien du tout.

Elle était passagère. C'est pas elle qui conduisait. Et pourtant celui qui lui a tiré dessus voyait qu'elle était assise à côté et après avoir tiré sur le chauffeur, il a tiré sur elle.

Pourquoi ? Voilà pourquoi lançant l'alerte et n'étant pas entendu, j'ai été conduit à utiliser la formule la police tu pour qu'enfin on soit entendu venant d'un homme comme moi m'exprimant après d'autres qui avaient bien plus courageusement et plus antérieurement porté cette bataille et comme ils avaient raison et comme nous avons eu tort tous qui pensions que bon ma fois des fois il y a des situations imprévues des situations imprévues c'est comme les gens et borniers une fois on peut le croire deux fois, trois fois, quatre fois mais 32 fois non. Une fois un mort, deux fois un mort, on peut penser que 22 fois non.

Et 22 morts quand dans le pays voisin à l'Allemagne, il y a un mort dans la même durée. Alors, on voit bien qu'il y a quelque chose qui tourne par où mais osez le dire. Et aussitôt vous êtes ciblé et ils utilisent toujours la même méthode flétrir le messager pour dévaloriser le message.

Et c'est comme ça qu'il pratique des fois sans même qu'on s'en rende compte tellement on est habitué à être injurier. Une sorte de racisme banal et accepté. Monsieur Mélenchon est un antisémite où il est tenté parce que tout de même vu son âge, on aurait eu dû avoir des indices pendant toute une existence.

On en a pas. Alors ici là quelques formules à l'emporte-pièce et puis voilà quoi. Une page dans un grand quotidien qui devrait blémir honte d'avoir osé publier ça.

J'ai décidé depuis le début que je ne répondais pas. Il ne suffit pas d'accuser pour avoir des droits. Il suffit pas de passer son rayon paralysant sur les gens antisémite.

Antisémite, antisémite. Tout le monde est antisémite. Le président de la République est devenu antisémite.

Monsieur de Villepar est antisémite. L'ONU est antisémite et cetera et cetera et cetera. Donc on ne répond plus.

Hélas parce que c'est une accusation qui a une grande gravité. Et nous sommes tous autant qu'on est ici des gens qui luttons contre tous les racismes, pas seulement les racismes qui nous en dispose. Nous, tous autant qu'on est.

Et j'ai dit une accusation banale. Comment se fait-il que ce type Jean-Luc Mélenchon qui a l'air plutôt éduqué, avoir une certaine expérience, pourquoi tout d'un coup serait-il devenu antisémite à 70 ans comme ça ? Et bien moi-même je n'ai pas d'explication.

Je la leur demande et bien je lis le grand journal des intelligents qui ont une telle longue histoire qui ferait bien de se souvenir quel est le passé de leur titre pour se rappeler qu'ils ne doivent pas une deuxième fois tomber dans la même erreur. Et bien vous chercherez pourquoi je dis ça. Et bien pourquoi suis-je antisémite ?

Parce qu'il s'agit de gagner une clientèle. C'est vous. La clientèle, c'est d'abord les musulmans et donc les quartiers populaire.

Et bien parler comme ça, madame, monsieur le génie de ce grand journal, c'est parler comme un raciste parce que vous pensez que parce qu'ils sont musulmans, ils sont antisémites. Ce qui prouve que vous n'avez jamais lu le Coran, même par distraction. Vous pensez que parce qu'ils habitent les quartiers populaires, ils sont tous musulmans.

Ça prouve que vous y êtes jamais allés. Et ça prouve que vous ne comprenez pas que la seule aspiration de ces populations, c'est de vivre dignement, que la religion est une affaire privée. Et je vous dis qu'il est temps de laïciser vos réflexions.

Arrêtez de regarder la population française au tri de ses convictions religieuses. Rappelez-vous que pendant 1000 ans, vous avez persécuté les juifs sans que ça vous dérange. Pendant 1000 ans, vous avez eu des rois dont vous continuez à célébrer la mémoire, dont la statue énormissime est mise dans l'hémicycle du Sénat qui est marqué dessous alors qu'on est en République Saint-Louis.

Il s'agit de Charle de Louis I. Cet homme est le premier qui a inventé un signe pour distinguer les juifs des autres. Cet homme est le premier qui a organisé des incendies de la Torah et un des premiers qui ont participé à une des 11 expulsions de juifs qui ont eu lieu dans ce pays.

Or, le peuple d'aujourd'hui n'a pas de leçons à recevoir de ceux qui se réclament de la France d'hier, du pays d'hier, à propos du racisme. En faisant croire que les populations des quartiers populaires entrent dans votre équation pourrie. Quartier populaire égal musulman, musulman égal terroriste.

Vous pratiquez un modèle qui est destiné à séparer les uns des autres. Vous espérez que nos enfants se disent puisqu'ils ne veulent plus de nous, alors nous ne voulons plus d'eux. Vous comptez là-dessus et moi je viens vous prêcher, si j'ose dire, en utilisant un verbe pareil, l'unité populaire.

L'unité populaire sans laquelle il n'y a pas de peuple français. Il n'y a pas de nation française parce qu'il n'y a pas de français de souche. Chaque génération est un peuple nouveau et chaque génération se construit comme un peuple.

Telle est la France telle que nous la voulons. C'est notre choix. Vous en avez fait un autre.

Supportez que nous soyons pas traités ni qu'allés au tribunal de l'infamie. C'est là-dessus que je vais à ma conclusion. Les habitants des quartiers populaires sont la classe capable de porter l'idéal progressiste dans notre pays.

À mon tour, je m'adresse non pas à vous, nous sommes compagnons de combat. Nous nous comprenons à demi mots. Il suffit qu'on se regarde des fois pour savoir ce qu'on pense les uns les autres et ce qu'il faut faire ou pas faire.

Mais je pense à tous ceux à qui nous parlons. Je me souviens d'un discours que j'ai retrouvé de Jean Jorès en Argentine. Jean Jorè est un des fondateurs du mouvement progressiste en France, socialiste à l'époque, il y en avait qu'un.

Et il y avait des travailleurs là-bas en Argentine qui venaient du monde entier dont un de mes grands-pères qui se trouvait là par hasard, pauvre comme pas. Et alors, il leur disait : "Ne vous regroupez pas par nation, les Italiens, les Espagnols, les Français, ne vous regroupez pas par nation." Il a même pas dit "Ne vous regroupez pas par religion." Mais c'était la même idée.

Il disait regroupez-vous autour de vos revendications communes. Car quand vous aurez des revendications communes, vous aurez une action commune. Et quand vous avez une action commune, dit-il, alors vous ferez jaillir la nation argentine de l'unité populaire autour de vos revendications.

J'appelle à ce que l'on fasse jaillir la Nouvelle France, celle qui définitivement acceptera l'idée qu'elle n'est ni une langue puisque 29 pays l'ont en langue officielle, ni une religion parce que nous en avons cinq dans notre pays et que la seconde est l'islam, ni une couleur de peau car nous avons fort heureusement toutes les couleurs séparément et mélangé. rien de tout ça et que donc nous pouvons nous référer entièrement, absolument radicalement à la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité comme seul contrat politique. Seul contrat politique, seul contrat qui nous font comme nation.

Voilà le discours que je porte. L'unité populaire doit pour être possible radicalement rejeter le racisme, radicalement rejeter la séparation par religion, radicalement refuser l'inégalité sociale, c'est-à-dire tout ce qui nous sépare, tout ce qui va nous distinguer et nous empêche de consacrer notre existence à la seule chose qui envahille la peine. construire une vie digne, enseigner des valeurs que l'on peut recommander à ces enfants parce qu'on peut les honorer soi-même.

Ah, comme je vous plains à vous, jeunes parents, si vous avez votre enfant à la main et que vous passez devant une personne couchée dans la rue et que telles sont les circonstances, vous ne pouvez rien faire et si votre enfant vous demande qu'est-ce qui lui arrive et que vous allez expliquer que c'est parce qu'il est plus pauvre et que vous ne pouvez rien faire. Je vous plains jeunes parents comme vous avez à la main ou dans les bras votre enfant et que il n'a pas tout à fait l'apparence qui conviendrait à tel ou tel qui fait que c'est depuis les quartiers populaires que l'on subit le plus grand nombre de contrôles facièesses comme si l'on était tellement différent, tellement pas humain comme les autres que c'est à notre seule apparence qu'on nous jugerait comme suspect parce que c'est ça qu'ils font. Voilà tous ceux que nous combattons et pourquoi la politique rejoint la morale.

La morale la plus fondamentale, celle qui va avec l'idéal de l'esprit des lumières, mais celle qui va aussi avec le discours de toutes les religions. Les êtres humains sont égaux en droit et ils sont égaux en devoir devant leur famille, leurs parentelles et les autres êtres humains en devoir de solidarité. Et nécessairement la société a pour devoir de prendre en charge ses devoirs pour tout le monde.

Voilà le message que nous portons. Notre message n'est pas un message politicien, je parle pour nous tous. C'est un message humain.

Si les quartiers populaires veulent vivre dignement, vous savez pourquoi ? C'est parce qu'ils sont composés d'êtres humains et que les êtres humains veulent vivre dignement. À vous mes enfants, mes neveux, mes nièes de toutes les religions.

À vous mes enfants, parce que chaque enfant est le vôtre. Je dis ce pays est à nous. Ce pays est à vous.

Ne vous laissez pas repousser. Ne commettez pas l'erreur d'accepter que la haine prenne pied en vous. N'oubliez jamais, quel que soit les circonstances, ce pays est à nous.

Et nous l'aimons tel que nous le voulons, pas tel que vous le faites. C'est pourquoi nous sommes engagés dans l'action. J'aimerais vous faire partager.

Je sais que vous le partagez et vous l'exprimez plus ou moins. Une forme de d'enthousiasme pour une France dont je sais hélas que faut aller la chercher profond dans les livres d'histoire maintenant. Je sais qu'elle vous est refusée tous les jours alors qu'elle soit un idéal. si elle n'est pas encore tout à fait une réalité.

Je vous ai dit ces mots parce que je me trouvais comme vous le savez à la cour internationale de justice. J'ai pu entrer parce queils en prenaient que 13 et le 14e c'était Corbine et le 15e ça devait être Salah Amouri. Alors il y avait des gens qui étaient arrivés là à 1h du matin, d'autres à 3h.

Bon respect. Nous autres qui sommes arrivés à 6h, on a pris la file et bon voilà. J'ai donc pu voir, je voudrais vous dire bien sûr entendre l'Afrique du Sud. 1 milliard de merci Afrique du Sud 1 milliard de merci africains.

Vous êtes la nation la plus légitime pour dénoncer les appartides. Mais nous autres d'apartide, nous ne voulons nulle part l'apartaï, c'est un mot anglais pour dire le développement séparé. Nous n'en voulons pas non plus chez nous.

Nous n'en voulons pas non plus chez nous, c'est-à-dire de la partaille sociale. Hier, je voyais ça et j'ai écouté la plédoirie. Je ne vais pas vous la refaire.

Si vous voulez savoir ce qui s'est dit, en gros, vous pouvez regarder les extraits. Et puis moi, j'ai fait un petit point à la sortie. On a fait une vidéo.

Je ne veux pas vous parler de ça. Je veux vous parler de l'impression de l'homme que je suis, être humain comme vous. Il se trouve que j'étais dans le public au-dessus.

Vous voyez les juges, vous voyez les deux parties Israël, Afrique du Sud. Et alors éclate la splendeur d'être une civilisation, c'est-à-dire un endroit qui règle ces différents plus violents par la loi, par la justice et non plus par les coups. Et tout d'un coup, quelques instants, je ne suis pas dupe ni naïf.

Quelques instants, la loi du plus fort s'efface. Il faut avoir les meilleures raisons, il faut avoir les meilleurs arguments, c'est-à-dire aller au bout de sa capacité intellectuelle et rationnelle d'être humain, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus humain en nous qui fonctionne. Et je l'ai regardé.

Alors, une série d'entre eux a eu le même chacal crevé sur la tête là, la perruque anglo-saxonne qui les défigurait, les ridiculise. Peut-être que dans l'ancien régime, ça leur donnait une allure noble et là, c'est juste ridicule. Enfin bon, chacun s'habille comme il veut.

Voilà, eux c'est comme ça. Non mais bon, ils ont le droit de se mettre en face c'était assez moche mais vu du dessus vous les regardez tout d'un coup vous êtes vous-même saisi par quelque chose qui d'abord vous n'aviez pas en vous. Vous allez être dans la rage quoi.

Faut voir le sujet hein. C'est pas la peine que je vous le raconte. Ça l'a fait très bien.

Vous êtes dans la rage et tout d'un coup vous regardez vous dites "Mais tout le monde est pareil. C'est juste des êtres humains. Toute cette violence, toute cette brutalité, toute cette sauvagerie, toute cette manière de déshumaniser les autres qui est l'argument principal que l'Afrique du Sud a mis en avant en montrant des preuves qu'au fond massacrer des Palestiniens, c'est de la légitime défense.

Et ils ont rappelé une chose fondamentale. Aucune raison, aucune circonstance, aucun crime préalable ne justifie le génocide. Aucun.

Jamais. Quelle est la loi humaine ? C'est la convention de 1948 qui a été signée par ceux qui ne voulaient pas voir se reproduire des génocides.

Et par conséquent, chaque nation est responsable. Oui, j'aurais aimé que mon pays fusse parmi ceux qui citaent à comparaître le gouvernement accusé de génocide. Mais voyez-vous à l'heure à laquelle je vous parle et ce sera ça ma conclusion, la guerre a avancé et n'ont pas reculé.

Le bombardement au Yémen qui pourrait passer comme normal. Bah, ils ont tiré sur des bateaux, nous on tire sur les gens. bombes des installations militaires comme tout le monde le sait les bombes sonnent à la porte avant d'entrer.

Je suis bien dans une base militaire ? Oui. Bon donc j'explose.

Il y a des voisins non j'explose pas. Tout le monde sait que ça n'existe pas ça. Mais ce qui s'est passé au Yémen est donc la violation de la souveraineté du Yémen.

Vous le prenez par le bout que vous voulez. Ce n'est pas normal d'aller chez le voisin faire la loi pour y assassiner des gens comme ça a été le cas au Liban ou pour jeter des bombes sur eux parce que eux-mêmes tirent sur des bateaux. Et bien dans ce moment, je dis que comme homme politique représentant un certain nombre d'entre vous dans cette salle, je soutiendrai de la part du gouvernement toute initiative concourant à la paix sans jamais me préoccuper de mon opposition avec mon gouvernement.

Je suis content que la France n'ait pas participé au bombardement du Yémen alors que nous sommes en place et que nous avons des moyens de le faire et que nous avons été invités à le faire. Et quelle que soit mon opposition avec monsieur Macron, je pense qu'il a pris à ce sujet la bonne décision. De la même manière voyant la guerre se déplacer vers le Liban et les menaces pesées sur le Liban où se trouvent 700 militaires français sous casque bleu et connaissant l'habitude de monsieur Netaniau pour n'avoir aucune considération pour les gens de l'ONU qu'il a massacré comme les autres du moment qu'ils sont dans son champ de tir.

La France est donc d'une manière ou d'une autre en première ligne à propos de ces casques bleus. Dois-je rappeler que quand dans le passé le campement des Français avait été bombardé au Liban, la France avait riposté et le président Mitteran s'était rendu sur place en solidarité avec le Liban dont la souveraineté avait été violée à cette occasion ? Et bien de même, je lui demande et je suis certain de pouvoir être entendu qu'il fasse tout ce qu'il peut pour que l'autorité, celle que nous avons, les moyens que nous avons ne soient d'aucune façon mise au service de la guerre violente, injure, injuste, injurieuse au sens de l'humanité. que les Français n'y soient jamais si peu que ce soit impliqué, que tout au contraire, ils fassent tout pour que la négociation qui est en cours entre l'État libanais et le gouvernement israélien puisse aboutir positivement, c'est-à-dire que les accords de paix d'abord signés soient respectés de nouveau.

Je vous parle avec tout le sérieux dont je suis capable à cet instant. C'est mon devoir, c'est le vôtre pour ceux qui sont militants de renouer avec ce qui a été le fondamental de notre mouvement lorsqu'il est né. À nouveau, je fais écho à Jean Jorè dont le dernier discours restera, le dernier édito restera.

Un appel à la raison dans le déchaînement des fureurs qui allaient créer la Première Guerre mondiale. Chacun d'entre nous peut prendre sa part à la construction de la paix. Pour cela, il faut manifester, il faut s'exprimer, il faut être solidaire, il faut aider de toutes les manières possibles ceux qui sont en première ligne et aider par-dessus tout le sens commun de l'humanité, c'est-à-dire la loi des hommes, des civilisations humaines, la loi des femmes évidemment, la loi de la civilisation humaine contre la sauvagerie de la guerre.

C'est possible. Il est possible d'empêcher une guerre généralisée, mais nous sommes engagés dans un processus qui va vers la guerre généralisée. Les tiroir au Yémen destiné à l'Iran et ainsi de suite.

Que ceux qui ont encore un livre d'histoire à la maison le reconsultent pour voir comment la Première Guerre mondiale a démarré avec un assassinat de quelqu'un qui n'était pas forcément à la première ligne de l'intérêt de chacun. La guerre est un processus qui va comme une boule de neige. Voilà, nous pouvons l'arrêter.

Et quand nous nous battons pour la dignité de notre existence dans nos quartiers, nous proclamons que nous refusons pour toujours le modèle de l'apartaïde pour nous et pour les autres. Nous proclamons que nous sommes tous des êtres humains égaux en droit pour nous et pour les autres. Merci.