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Podcast / conversationRadio France (sur Site radio)· 20 août 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Christophe Mori, hydrobiologiste et maître de conférence à l'Université de Corse

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Pouvons-nous estimer que ces précipitations sont aujourd'hui contre-productives ?

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Mais passé la mi-août, est-ce que la situation est inquiétante chez nous ?

  • 1:10OuverteRéponse directe

    On aperçoit très rapidement des rivières, des cours d'eau disparaître complètement.

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Comment ça s'explique ? Ce sont les nappes qui n'alimentent plus les cours d'eau ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Faut-il se concentrer sur le long terme plutôt que sur le court terme ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Mais sur la disponibilité de la ressource aujourd'hui, comment se la partager aussi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42InvitéChiffre
    « On peut dire que globalement, sur la quantité d'eau, les barrages ont bien rédicté. »
  • 0:58InvitéFait
    « Puisqu'on a atteint un pic avec, au mois de juillet, jamais aussi chaud dans l'histoire de la Corse. »
  • 1:03InvitéChiffre
    « Puisqu'on a 3,8 degrés au-dessus des normales saisonnières. »
  • 2:18InvitéFait
    « Ces dernières années, qu'on observe depuis l'année 1985-1988, qui est une année point de rupture, »
  • 3:03InvitéFait
    « Sur les 40 dernières années, on a de moins en moins de neige. »
  • 3:44InvitéChiffre
    « Il y a plusieurs centaines de petites zones humides qui ont disparu dans le Corse depuis les années 50. »
  • 4:28InvitéFait
    « Pourquoi ? Parce qu'on a un pic maximum de spécifices en plein été. »
  • 5:20InvitéFait
    « il existe effectivement ce matin des pildomètres qui permettent de mesurer ces nappes phréatiques. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur29 %

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0:00
Présentateur

RCFM, l'invité de la rédaction. Christophe Mori, bonjour.

0:04
Invité

Bonjour.

0:05
Présentateur

Un important orage doit s'abattre sur la Corse alors qu'il n'a pas plu depuis plus de trois mois par endroit. Pouvons-nous estimer que ces précipitations sont aujourd'hui contre-productives ?

0:17
Invité

Alors, on ne va pas se plaindre que de l'eau nous arrive du ciel, il serait temps. Mais il est vrai que l'état des sols ne permettra pas un temps de percolation dans les sols. Et la recherche des nappes va être difficile.

0:31
Présentateur

Dans ce même temps, les nappes d'eau régressent depuis plusieurs semaines, c'est logique. Mais passé la mi-août, est-ce que la situation est inquiétante chez nous ? Quel constat on peut faire ?

0:42
Invité

On peut dire que globalement, sur la quantité d'eau, les barrages ont bien rédicté. Puisqu'on a eu quatre mois de pluie relativement importante entre le mois de janvier et le mois de mai. Les nappes phréatiques se sont rechargées. Cela étant, ce qui nous préoccupe, c'est l'évamporation qui devient de plus en plus intense. Puisqu'on a atteint un pic avec, au mois de juillet, jamais aussi chaud dans l'histoire de la Corse. Puisqu'on a 3,8 degrés au-dessus des normales saisonnières. Mais donc une évaporation très importante en altitude et en pleine.

1:10
Présentateur

On a ces nappes d'eau qui, aujourd'hui, maintiennent un niveau plutôt acceptable vu l'avancée de la saison. Mais on aperçoit très rapidement des rivières, des cours d'eau disparaître complètement. On était même en très haute altitude à niveau des sources. C'est donc là le phénomène le plus inquiétant. Je pense que vous touchez à la question essentielle qu'on appelle le feuvelu,

1:31
Invité

c'est-à-dire les tout petits cours d'eau, les tours en fait, qui s'aménuisent au fur et à mesure, qui disparaissent au fur et à mesure et qui ont un impact évidemment visuel, même sur les grands cours d'eau, puisque les grands cours d'eau ont des débits qui baissent considérablement. Et les petits cours d'eau, voire les moyens cours d'eau, disparaissent. On voit même ces dernières années des cours d'eau dont le débit est complètement à sec en plein hiver à cause de ces débits très faibles de tout petits cours d'eau qui disparaissent dans le temps progressivement.

2:02
Présentateur

Comment ça s'explique ? Ce sont les nappes qui n'alimentent plus les cours d'eau ?

2:05
Invité

En fait, il pleut mal dans l'espace et dans le temps. C'est-à-dire des grosses quantités de pluie. On est habitué à ça sur les nouveaux modèles hydrologiques des cours d'eau et même par rapport à la pluie biométrique, puisque nos cours d'eau sont directement alimentés par la pluie. Ces dernières années, qu'on observe depuis l'année 1985-1988, qui est une année point de rupture, on observe une augmentation des débits en fin d'année, c'est-à-dire autour de la période de septembre à décembre, ce qui n'était pas le cas avant. Par contre, une régression très importante en début d'année des débits. Et donc, de la pluie biométrie.

Donc, on peut s'attendre à des violences d'orage et des précipitations intenses et très peu profitables, puisque très instantanées et qui ne permettent pas une recharge dans le temps des nappes. Je rajouterai aussi l'inquiétant phénomène de la disparition du manteau négeux. Lui, a un impact dans le temps sur la recharge des sources. Et c'est vrai, cet hiver, on a eu de la neige.

2:59
Présentateur

Moins dans les hivers précédents, en revanche.

3:01
Invité

Exactement, c'est là que je voulais en venir. Sur les 40 dernières années, on a de moins en moins de neige. Et effectivement, les tout petits cours d'eau ont tendance à disparaître. Si on va dans le sud de l'Italie, on voit que nombre de cours d'eau, grands et petits, ont disparu. Et qu'on est obligé de s'alimenter en récupérant l'eau lors de pluies intenses.

3:20
Présentateur

Faut-il se concentrer sur le long terme plutôt que sur le cours ? C'est ce que vous dites, vu les changements hydrologiques que nous subissons depuis de nombreuses années dans l'île.

3:31
Invité

Il faudrait se placer à moyen et long terme pour avoir une vision un petit peu plus globale. Et c'est-à-dire qu'il y a une forme de dérèglement dans le temps avec l'impact des changements climatiques, avec la diminution aussi des zones humides. Il y a plusieurs centaines de petites zones humides qui ont disparu dans le Corse depuis les années 50. Ça aussi, ça a un impact dans le temps. Et ça dérègle petit à petit le cycle de l'eau. Et ça impacte, je dirais, de façon indirecte la nature.

Et retourner vers un cycle un petit peu plus adéquat, un petit peu plus fonctionnel, c'est-à-dire qui va dépendre plus de la nature, me paraît beaucoup plus opportun que de se préoccuper sur l'année si on va pouvoir passer le cap.

4:10
Présentateur

Mais sur la disponibilité de la ressource aujourd'hui, comment se la partager aussi ? Car actuellement, plusieurs secteurs se la disputent, on peut le dire. Le tourisme, la population et même les agriculteurs.

4:24
Invité

C'est très délicat aujourd'hui de se répartir la ressource. Pourquoi ? Parce qu'on a un pic maximum de spécifices en plein été. Et qu'en fait, on est sur un modèle de gestion de la ressource classique, alors qu'il faudrait pouvoir gérer beaucoup plus la disponibilité de la ressource. On est au cœur du problème, en fait, avec cette gestion tourisme-agriculture. L'agriculture qui, il ne faut pas se méprendre, demandera de plus en plus d'eau.

4:49
Présentateur

On le disait, on a vu que cet hiver, les pluies abondantes ont été utiles pour recharger notre ressource. Mais que faut-il faire pour les garder ensuite jusqu'à l'été, pendant l'été ? Et est-ce qu'il faut mieux répertorier cette eau qui est disponible pour la stocker ensuite ?

5:06
Invité

Alors, concernant les tout petits cours d'eau, il y a un manque de connaissances à plusieurs niveaux. Concernant les tout petits cours d'eau, c'est-à-dire l'eau superficielle, il est vrai qu'aussi, même dans le domaine des eaux profondes, on va dire des nappes phréatiques, il existe effectivement ce matin des pildomètres qui permettent de mesurer ces nappes phréatiques. Je pense qu'il faudrait aller encore plus loin dans le domaine en matière d'hydrogéologie et avoir une connaissance des sources de l'ensemble de l'île pour pouvoir faire un petit peu comme ils font dans les pouilles, dans le sud de l'Italie, où ils arrivent à stopper la ressource quand elle est présente.

Quelquefois, elles sont venues dans l'unité, mais on arrive quand même à la stocker sous forme de bâches souples, voire la stocker sous forme de nappes phréatiques pour pouvoir la réutiliser après.

5:49
Présentateur

Christophe Maury, ce sera le mot de la fin. Merci d'avoir répondu à nos questions. On rappelle, vous êtes hydrobiologiste et maître de conférence à l'Université de Corté.