Y a-t-il une génération Bardella ? | Les débats de Débatdoc
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui attire particulièrement dans le discours et la figure de Jordan Bardella chez les jeunes ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça dit de la recomposition de l'écosystème de l'extrême droite aujourd'hui ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Jordan Bardella a-t-il une réelle conviction idéologique ou est-ce de l'opportunisme ?
- 7:39OuverteRéponse directe
Comment ces jeunes cadres portent-ils une idéologie ou cherchent-ils à faire carrière ?
- 8:23RelanceRéponse directe
Peut-on parler d'une porosité entre droite et extrême droite chez ces jeunes ?
- 10:30OuverteRéponse directe
Charles Alloncle est-il un archétype de cette génération ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Fait
« à partir du moment où la première fois on glisse un bulletin RN, il est très très rare qu'un électeur retire après son bulletin RN à une élection suivante. »
- 5:36Fait
« il y a forcément de la conviction idéologique quand même le projet politique du Rassemblement National est quand même assez clair c'est pas juste un flou artistique sur l'immigration »
- 6:56Anne MuxelFait
« il y a aussi toutes sortes d'engagements aujourd'hui qui s'expriment dans la jeunesse mais y compris cet engagement patriotique »
- 9:07Fait
« Stanislas Rigault, Eric Tegner et Alexandre Roubet et et Pierre Meurin tout tout ce monde là vit finalement dans le même écosystème et donc oui c'est un écosystème commun où les frontières sont tombées. »
- 12:09Anne MuxelFait
« La jeunesse en France, voilà, elle se divise, se fracture et surtout en fonction du niveau diplôme. »
- 20:09Maxence LambrecqFait
« aucun politique aujourd'hui ne donne des clés pour savoir ce qui va se passer »
- 20:50Maxence LambrecqFait
« l'enquête PISA par exemple, les mauvais chiffres de la France par l'immigration et l'islamisation de la France »
- 24:57Paul Le BacherFait
« Jordan Bardella est à l'image de la génération qui arrive aujourd'hui et qui va voter qui est une génération très éphémère qui zappe »
Temps de parole
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à partir du moment où la première fois on glisse un bulletin RN, il est très très rare qu'un électeur retire après son bulletin RN à une élection suivante. Ah oui. Si on commence à voter RN tôt, eh bah, ça vient grossir les rangs et on va continuer à voter RN jusqu'à ce qu'on devienne euh retraité. Vous acquiescez euh Maxence Lambrecq. alors que Nicolas Sarkozy, on pouvait faire demi-tour. Euh non, mais c'est vrai et Comment ça explique la Bah, une partie de l'électorat LR a complètement disparu. Aujourd'hui, on va vous euh parler d'un phénomène important euh à mesurer alors qu'on est en pleine campagne présidentielle. C'est cette question, y a-t-il une génération ? C'est un phénomène relativement inédit en France. De plus en plus euh de jeunes sont attirés par les idées et le vote
Rassemblement National. Mais qu'est-ce qui attire particulièrement dans le discours et la figure de Jordan Bardella chez les cadres, les sympathisants, les électeurs aussi du Rassemblement ? C'est ce qu'on a voulu savoir avec euh nos invités. C'est Débadoc, regardez. Anne Muxel, vous êtes une de nos grandes politistes, sociologue. Vous avez beaucoup travaillé sur la jeunesse notamment et ses engagements. Vous êtes l'une des grandes figures du Cevipof, le Centre d'études de la vie politique française à Sciences Po Paris. Maxence Lambrecq, bonsoir et merci de nous accompagner, chef du service politique de France Inter. Vous avez longtemps suivi le Rassemblement National sur le terrain au plus près, comme vous Paul Le Bacher puisque vous êtes en charge du
Rassemblement National au Figaro. On en avait envie euh juste tout simplement puisque le film a été tourné pendant les élections européennes de 2024 de revenir sur les destins, que sont-ils devenus comme on dit dans les émissions euh de télévision euh grand public, que sont-ils devenus 2 ans plus ? Pierre Romain Tione euh qu'on voit est toujours député européen, il a été élu donc en juin 24 député européen dans le groupe euh de Jordan Bardella euh et il est toujours dans l'entourage de Jordan Bardella, assez proche de lui, mais il n'a pas pris de nouvelles fonctions là dans la campagne présidentielle par exemple qui s'ouvre et qui est portée par Marine Le Pen et et pas par son mentor qui l'a aidé à à monter les échelons. Alors, on reviendra sur la figure de Jordan Bardella évidemment.
Stanislas Rigault qu'on a vu également. Bah lui donc il a quitté la politique. Oui. Officiellement parce qu'il a monté sa boîte de communication qui s'appelle Nexus et qui conseille parfois des politiques même s'il est très jeune, il a pris ce ce rôle là mais toujours dans le même écosystème. Reconquête. Voilà, il a quitté Reconquête au soir du pratiquement au lendemain des des européennes. Alors un peu plus tard en réalité et parce que déjà il n'a pas été élu parce qu'il était sur la liste menée par Marion Maréchal. Mais il y a eu tout On va refaire l'histoire mais il y a eu tout un big match finalement. Marion Maréchal a rejoint Marine Le Pen après Zemmour et elle histoire compliquée. Il y a un divorce douloureux avec Eric Zemmour donc il y a plus qu'un
seul élu à Reconquête qui est Sarah Knafo qui est donc aussi la compagne de Derek Zemmour et qui est une amie proche de Stanislas Rigault mais Stanislas Rigault a quitté la politique officiellement. Et aujourd'hui il est il vit à pour son propre compte. Il a quitté la politique mais il n'est pas si loin de la politique puisque son entreprise est financée par le milliardaire Pierre-Édouard Stern qui finance de nombreux organismes d'extrême droite. Qu'est-ce que ça dit Anne Muxel de la recomposition du de l'écosystème de l'extrême droite aujourd'hui, vous qui l'avez étudié depuis des années ? Oui, alors c'est vrai que Marine Le Pen en même temps que sa campagne de dédiabolisation du Rassemblement national a aussi accordé beaucoup de place aux jeunes, au renouvellement politique au sein du
parti. Elle a toujours eu beaucoup d'attention portée au fait de donner un accès aux jeunes aux postes de d'élus, d'élus dans les territoires, dans les conseillers municipaux. Voilà, donc ça fait ça fait longtemps que une place importante à la jeunesse est donnée par le le Rassemblement national et par Marine Marine Le Pen et par ailleurs, ça fait aussi longtemps mais ça s'est encore amplifié avec Jordan Bardella que ce parti arrive à s'adresser aux jeunes via les réseaux sociaux et très actifs Alors ça on va y venir. Voilà donc il y a on voit bien quand même dans l'ADN de ce parti en
tout cas l'idée d'emmener les jeunes. Et de volonté spécifique de s'adresser à la jeunesse si on en reste au cadre assez jeune qui espère alors par opportunisme peut-être par conviction je ne sais pas vous allez nous le dire mais ça permet le Rassemblement National une ascension politique fulgurante plus qu'ailleurs. Ah oui c'est exceptionnel les parcours de tous ceux que j'ai suivi dans les années 2015-2016 et d'ailleurs Jordan Bardella était de cela sont devenus aujourd'hui députés quasiment tous que ça soit Alexandre Loubet, Kevin Fefer, Pierre Romain Thionnet qu'on qu'on vient de voir, Jordan Bardella président du parti. C'est vraiment euh aussi dire que en terme de ressources humaines le le Front National le
Rassemblement National n'est pas si fort que ça il a été pioché dans les petites mains de la campagne de 2017 les députés de 2024 et donc ils ont été se reposer c'est aussi Marine Le Pen un un cercle de confiance relativement petit et elle s'est reposée sur eux et aujourd'hui d'ailleurs ce sont eux qui sont les artisans de sa campagne présidentielle. Oui en effet adhérer au RN et Sébastien Chenu aurait eu sans doute une carrière moins belle lui venu de la droite traditionnelle aujourd'hui il est vice-président de l'Assemblée Nationale il aurait pas eu la même carrière sans doute s'il était resté dans un parti comme celui des LR. Il aurait connu un plafond de verre. Sans doute beaucoup plus rapidement oui. C'est assez frappant de voir ces jeunes donc c'est de l'opportunisme une réelle
conviction idéologique qu'est-ce qui permet cette ascension ? Il y a forcément de la conviction idéologique quand même le projet politique du Rassemblement National est quand même assez clair c'est pas juste un flou artistique sur l'immigration et par exemple c'est quand même le moteur premier de la jeunesse. L'attraction supplémentaire c'est évidemment l'idée que un jour il puisse gagner. Parce que si on a envie de faire une carrière politique autant aller dans un parti qui peut gagner parce qu'on sait qu'on aura en place une place en cabinet d'assistant parlementaire une place en circonscription et après monter au fur et à mesure les échelons. Donc là en fait ce qui se passe c'est qu'il y a une nouvelle génération aujourd'hui qui est plus jeune que celle de que Bardella
qui arrive avec l'espoir de à un moment donné faire éclore leur propre carrière et si ça avait pas été le RN ça aurait pu être LR si LR avait eu une meilleure performance dans les sondages ou ça aurait pu être Zemmour si Zemmour avait changé son destin en 2022. Voilà donc c'est il y a la conviction politique mais il y a aussi on va vers le parti où on pense que la victoire est possible. Anne Muxel c'est assez frappant on dit que la jeunesse s'engage dans les extrêmes en général par souci de protester. Là on voit que derrière la dimension protestataire il y a au contraire l'envie véritablement de rentrer dans le système. Oui alors ça c'est effectivement une jeunesse militante très très
investie très mobilisée très convaincue à partir on va on va peut-être qualifier cela d'un conservatisme patriote patriotique ça a été beaucoup entendu mis mis en avant dans dans le dans dans le documentaire et qui du coup va va s'engager parce que l'engagement n'est pas qu'un engagement de gauche ou qu'un engagement en dehors des des des organismes institutionnels ou des partis ou des syndicats il y a aussi toutes sortes d'engagements aujourd'hui qui s'expriment dans la jeunesse mais y compris cet engagement patriotique par exemple on observe aussi un retour des engagements dans les armées dans voilà par exemple ça participe du même ? Bah ça participe du même mouvement
d'ailleurs il y en a il y en a un que que l'on entend à un moment donné qui qui dit qu'il a hésité hein à s'engager dans les armées d'ailleurs la guerre était une grille de lecture du monde et de la société française. C'est assez fascinant d'ailleurs ce discours martial. Oui, moi ça m'a frappé quand même ce qui m'a frappé c'est quand même l'attention portée par ces jeunes au patriotisme quand même hein à la défense du pays, à l'attachement à ce qu'est la France, c'est très mis en avant en tout cas dans leur discours. Maxence comment est-ce que vous vous considérez ces jeunes cadres ? Ils ont euh à cœur de porter une idéologie ou est-ce qu'ils ont à cœur de faire ? Alors moi je je me rappelle de la
génération Sarkozy euh les jeunes pop 2005-2007, il y avait un élan jeune autour de Nicolas Sarkozy et Jordan Bardella d'ailleurs prend pour modèle Nicolas Sarkozy. La grande différence c'est que C'est intéressant, je vous interromps un instant parce que vous faites le lien avec la jeunesse qui a entouré Nicolas Sarkozy. Euh là ce qu'on voit chez ces jeunes c'est qu'il y a une porosité entre droite et extrême droite, c'est-à-dire que pour eux on a l'impression que cette ligne rouge qui divisait les deux camps n'existe absolument pas dans leur esprit. Non non la frontière a largement sauté parce que c'est le c'est le même c'est le même réseau, c'est les mêmes sorties, c'est les mêmes soirées, c'est les mêmes figures. Bien sûr Les mêmes ? Mais bien sûr mais dans le dans le livre
de Nicolas Massol et Marilou Magal sur la génération Bardella il raconte très bien dans le détail à quel point Stanislas Rigault, Eric Tegner et Alexandre Roubet et et Pierre Meurin tout tout ce monde là vit finalement dans le même écosystème et donc oui c'est un écosystème commun où les frontières sont tombées. Pour revenir à la génération Sarkozy c'était l'élan Sarkozy mais c'était pas aussi puissant en terme de moteur idéologique qu'aujourd'hui avec cette génération Bardella. Je pense que Bardella peut passer, Bardella peut redevenir simple député européen. Cette jeunesse-là restera là. Là où celle qui a porté au pouvoir Nicolas Sarkozy, Benjamin Lancar ou d'autres, bref, se sont évanouis dans la nature. Ils étaient là pour suivre une espèce d'élan
réformateur, travailler plus pour gagner plus. C'était pas du tout la même les mêmes les mêmes oui, les mêmes moteurs de l'engagement et je pense que l'engagement aujourd'hui est beaucoup plus fort et restera dans la durée. Le Bachers, ce qui est nouveau avec cette génération, c'est justement qu'il n'y a plus pour eux de frontière droite extrême droite. Vous qui les suivez au quotidien. un seul profil qui correspond parfaitement à ce que vous venez de dire, il s'appelle Charles Alloncle. On l'a tous on l'a tous connu pendant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public où il a été très très offensif. Ici à l'Assemblée d'ailleurs. ancien patron des jeunes pour Sarkozy entre 2012 et 2016. D'accord. Donc c'était un Sarkozyste. Poste défaite de 2012. Donc il y a des choses
qui ont changé. Il était là pour le retour de Sarkozy quand il est revenu à la tête de l'UMP qui est devenu LR. Il a tenté sa chance à la primaire de la droite. Finalement, il s'est fait battre par François Fillon et et un Juppé. Et aujourd'hui, il est député UDR d'Éric Ciotti. Oui. Mais avant d'être député UDR Rubicon puisque Éric Ciotti lui Rubicon parce que même avant de l'être UDR, il était en réalité député LR. Sauf que Éric Ciotti avait besoin de troupes massives pour constituer euh groupe parce que personne à LR ne l'avait suivi quand il a décidé de toper avec Marine Le Pen. Il est tombé sur euh il a choisi euh Charles Alloncle. Donc Charles Alloncle fait partie de cette génération C'est cette génération-là de de de de Un archétype. Voilà. Alors, il est un peu plus vieux que
Mais c'est un modèle chimiquement pur de ce qu'on a vu. Exactement. Comme Guillaume Carayon, président des jeunes LR qui a basculé aussi en 2024. Anne Muxel, qu'est-ce que ça dit de la politique ? Moi, ce qui me fascine, c'est est-ce qu'on peut parler véritablement de génération ? Si on regarde du côté des électeurs, quand on dit les jeunes, là on a parlé des cadres, mais il y a aussi les évidemment les les les électeurs. Les jeunes, ça ne veut rien dire. Les jeunes ne votent pas majoritairement Rassemblement national ou Reconquête. Non, non, non, bien sûr. Là, nous avons dans ce documentaire des jeunes très particuliers. N'oublions pas que ce sont des jeunes bon qui sont devenus déjà des acteurs importants au sein de leur formation politique, mais aussi qui sont
des étudiants. On n'est pas dans n'importe quel dans n'importe quelle jeunesse. Des étudiants en droit, des étudiants en histoire. Oui. Voilà, donc on trouve beaucoup de légitimité pour poursuivre ce qui vient d'être dit. Légitimité aussi dans la dans la dans la progression des idées conservatrices, d'extrême droite, populisme autoritaire, appelons-les comme on veut. Dans l'ensemble des pays européens, aux États-Unis, voilà, on voit bien qu'il y a aujourd'hui en France dans les années Sarkozy, il y a quelque chose d'un voilà, ils ont le vent en poupe. Donc ça leur donne beaucoup plus de de force, sont galvanisés, ils y croient parce que bien au-delà des seules frontières nationales, ça participe aussi de de d'un mouvement d'idées, d'un d'un mouvement culturel qui déborde le seul
pays. Alors pour revenir à juste à la à la à la question sur sur sur les jeunes, je crois qu'il faut effectivement bien faire on veut. la part des choses. La jeunesse en France, voilà, elle se divise, se fracture et surtout en fonction du niveau diplôme. Il y a la jeunesse qui étudie, qui poursuit ses études supérieures longues bien souvent que l'on voit là et puis il y a une jeunesse qui sort très tôt du système scolaire, qui rentre sur le marché du travail souvent dans des positions très précaires, qui passe par l'alternance, l'apprentissage, des boulots intérimaires et qui même après entrant sur le marché du travail sont dans des postes peu qualifiés, mal qualifiés, pas bien payés. Bref, là, ça
c'est le c'est c'est le ressort, c'est c'est cette jeunesse-là qui vote effectivement.
Là, ça c'est le c'est c'est le ressort, c'est c'est cette jeunesse-là qui vote effectivement de façon préférentielle pour le Rassemblement National. Donc, ce sont quasiment deux jeunesses, c'est assez paradoxal en fait. C'est pas que ça Oui, non mais là ce qui est intéressant, c'est de voir que ça se passe à l'université. Alors, c'est pas spontanément ce qu'on imagine lorsqu'on pense à l'électorat du Rassemblement National par exemple. et puis la Cocarde étudiante qu'on a vu se monter dans le documentaire, c'est une micro-structure qui a qui a eu du mal à exister, qui a eu du mal à s'insérer dans les différentes facs au-delà de celle d'Assas. Je veux dire, faut bien bien mesurer que que tout ça reste quand même relativement parcellaire. À la rentrée par exemple,
il y a eu la fête de l'Huma, Jean-Luc Mélenchon et des milliers de personnes. En même temps, il y a eu la rentrée d'Éric Zemmour et Sarah Knafo à Port-Marly. Bien la salle, globalement, c'était des têtes blanches. Et oui, il y avait des jeunes pour applaudir Éric Zemmour, mais enfin, ils étaient minoritaires dans cette salle de Port-Marly. Donc, pas non plus imaginer une vague aussi massive. La vraie vague massive euh chez les jeunes, elle est derrière Jean-Luc Mélenchon. aujourd'hui. Et et et dans le monde universitaire, bien sûr, Que disent les chiffres par exemple d'un ? La France Insoumise dans les universités, elle est partout, elle est dans toutes les facs publiques de France. La Cocarde étudiante, c'est quelques petites euh structures dans les les facs classées à droite. Et et en
terme d'électorat aujourd'hui, il y a quasiment pour les 18-24 ans, je pense qu'il y a trois fois plus d'électeurs LFI que d'électeurs RN, mais ça Trois fois plus, mais c'est difficile à mesurer. Alors, Anne Muxel, pour reprendre là-dessus, qu'on a on a un sondage et une une enquête de notre enquête électorale qui vient de d'être d'être publiée. Donc, j'ai regardé de très près. 44 % des 18-24 ans ont l'intention de voter Jean-Luc Mélenchon, 20 % ont l'intention de voter Marine Le Pen. D'accord. En revanche, et ça me permet de dire quand on parle de jeunes, il y a jeunes et jeunes. Les 18-24, les tout jeunes, ne votent pas de la même façon que les 25-34. Les 25-34 votent moins pour LFI et vote bien davantage pour Marine Le Pen. Les 25-34, c'est intéressant euh Paul Le
Bacha puisque vous voulez rencontrer et d'ailleurs c'est un profil assez particulier parce que c'est le fait nouveau pour le Marine Le Pen et ses stratèges depuis 2022. C'est qu'ils ont euh les l'électorat qui leur a manqué en 2017 et 2022. Alors 2017 est particulier parce que il y avait les l'échec du débat d'entre-deux-tours mais 2022, ils ont compris qu'en fait ils n'avaient pas la France du travail. Ils n'avaient pas les cadres, ils n'avaient pas les les gens qui rentraient dans le marché du travail et qui à 34 ans avaient déjà commencé à vouloir acheter une maison euh fonder une famille, commencer à payer des impôts, donc changer de changer de paradigme de vie, c'est-à-dire qu'on sort on sort de le la vie étudiante et on rentre dans la réalité de la vie, factures et cetera,
l'école, les enfants, les nounous, machin. Et le tout le travail de Marine Le Pen de ses stratèges entre 2022 et aujourd'hui, c'était d'investir ce champ-là électoral. Euh donc ceux qui ont plus de 25 ans ont plus de 25 ans, ceux qui travaillent. ils sont où d'ailleurs en général, ils ont eu quelle formation parce que ils sont beaucoup plus nombreux pour Marine Le Pen oui. particulièrement des facs publiques, on vient de l'entendre Non alors là c'est tout euh tout corps social confondu, tout euh tout classe sociale confondue, tout revenu confondu. Alors évidemment il y a toujours un plafond de verre, plus le revenu monte, moins on vote encore pour Marine Le Pen et le RN, mais ça commence à changer un petit peu. Et ils se sont dit euh que c'était là leur force, c'était de
remplacer le macronisme euh par le marinisme dans cette France du travail-là et aujourd'hui ils gagnent en fait, ils ont ils ont réussi à récolter quelque chose, c'est-à-dire que les 25-34 ans c'est euh pour eux un peu le le le le le vraiment le le le trésor, c'est-à-dire que c'est la France qui commence à travailler et ils vont conti- parce qu'ils savent que à partir du moment où la première fois on glisse un bulletin RN, il est très très rare qu'un électeur retire après son bulletin RN à une élection suivante. Ah oui. Si on commence à voter RN tôt, et bah ça vient grossir les rangs et on va continuer à voter RN jusqu'à ce qu'on devienne retraité. Vous acquiescez euh Marine Le Pen Le Pen. alors que Nicolas Sarkozy on peut faire demi-tour. Euh non mais c'est vrai et
Comment ça s'explique la Bah une partie de l'électorat LR a a disparu euh et alors que ils étaient engagés en 2007 pour Nicolas Sarkozy euh de manière très très forte alors que c'est vrai que l'électorat Paul a raison, l'électorat RN reste d'une stabilité étonnante au gré des polémiques, au gré des années. Euh il y a A l'époque des des électeurs volatiles ou des électeurs stratèges. et alors que en en plus le je veux dire la la la société s'est complètement fracturée, le la manière de s'informer aussi. Enfin il pourrait y avoir une volatilité plus forte et en fait on constate que non. Anne Nuxel c'est intéressant quand vous travaillez justement sur les ressorts du vote, les raisons pour lesquelles on va voter X ou Y. Quand est-ce que vous voyez
cette constellation où on voit la cocarde donc association étudiante, le rassemblement national de la jeunesse, il y a les jeunes Z ou ce qu'il en reste en tout cas autour de Zemmour, il y a Nemesis collectif qui se dit féministe mais il y a aussi les anti-féministes, il y a des masculinistes. Qu'est-ce qui les réunit ? Est-ce que c'est une figure celle de Jordan ? Est-ce que c'est un fond idéologique et ? Je pense que c'est un fond idéologique plus qu'une figure même si les deux parties que sont LFI d'un côté et le rassemblement national de l'autre qui organise une polarisation politique dont on parle beaucoup mais qui aussi est sous-tendu par une forte polarisation affective. Ce sont les deux Affective. Oui ce sont les deux parties pour
lesquelles effectivement les les personnes, les individus donc jeunes moins jeunes mais se montrent les plus les plus attachés, les plus voilà affectivement les plus les plus attachés. Donc ? stabilise stabilise justement et fidélise leur vote. Alors le logiciel de ces jeunes moi ça m'a beaucoup frappé dans C'est quoi c'est ? La ? sûr l'immigration mais qui vont pas mettre en avant non plus complètement comme ça c'est-à-dire ils vont voilà parler d'abord de la préférence nationale, de dire qu'il faut d'abord régler les problèmes de la France plutôt que les problèmes des étrangers. C'est ce patriotisme dont j'ai parlé tout à l'heure, mais c'est aussi euh euh d'une façon plus générale, euh une
sorte de nostalgie euh de ce qu'a été la la puissance, la grandeur de la France, de la société euh passée, des traditions, de la famille. Lambrecq, vous avez passé combien d'années dans le monde ? Comment est-ce qu'on peut être nostalgique à 20 ans d'un monde qu'on n'a pas ? Mais on est nostalgique à 20 ans d'un d'un monde qu'on a pas connu parce que simplement il y a aucune aucun narratif ni possibilité de se projeter dans le monde dans lequel on va être projeté. Et donc s'il y a tant de nostalgie de la part des électeurs jeunes et moins jeunes du reste, si on se raccroche à ce passé souvent complètement réifié, bien sûr, qui n'était pas aussi bon et agréable, c'est parce que on a peur, on ne sait pas ce qui va se passer dans l'avenir et
aucun politique aujourd'hui ne donne des clés pour savoir ce qui va se passer. Maxence Lambrecq, c'est une grille de lecture aussi du monde qui est assez rassurante. Euh ce que ce que propose aux jeunes le RN, et c'est quand même quelque chose qui qui rassure parce que euh finalement bon bah l'islamisation Pourquoi ça rassure puisque ça joue sur la ? Mais parce que de l'immigré, la peur de l'insécurité, la peur de ça offre une clé de de de compréhension du monde qui est qui est voilà, du déclassement de la France. Et on explique que l'enquête PISA par exemple, les mauvais chiffres de la France par l'immigration et l'islamisation de la France. Et et et et des tas de choses comme ça deviennent plus plus compréhensibles et et en effet le le le ce ce moteur-là et et sera utilisé
pendant toute la campagne présidentielle à coup sûr. Ce moteur-là est puissant. Ce moteur-là, vous aussi vous le constatez, le logiciel du c'était mieux avant, de la nostalgie Ouais ben il faut voir le slogan de campagne de Marine Le Pen, le premier slogan de campagne, la renaissance. Alors évidemment vis-à-vis de ses sur expérience judiciaire, c'est pas François 1er, c'est pas non plus Emmanuel Macron qui s'était approprié la référence alors. le fait elle-même, c'est-à-dire que elle le fait elle-même. C'est c'est du concept simple pour passer des messages très simples, mais le message il est très simple, c'est qu'avec moi la France va renaître, donc elle va revenir à un état précédent. Mais ? alors lequel évidemment les contours sont très flous parce que plus on est précis
Clovis, Saint-Louis, Napoléon, il faut remonter ? qu'il y a aussi une autre donnée sur euh au lieu de Non non mais c'est vrai parce qu'il n'y a pas de référence. Elle peut pas c'est pas la France de Mitterrand, c'est pas la France de Chirac. Alors il y a évidemment le général de Gaulle qui sera euh sans cesse proclamé dans tous ses discours. Le général de Gaulle. le général de Gaulle, ils se sont complètement emparés de l'héritage du général de Gaulle Ça on le voit dans le film. dans le film qui disent oui on est gaullien. Donc s'il y a une figure euh ce sera celle de de Gaulle et donc la France des années 60. Anne Muxel, est-ce qu'il y a une génération Bardella comme on a pu parler en 1988 d'une génération ? Parce qu'on ne dit pas génération Marine Le Pen.
Personnellement, je me méfie un peu du mot génération puisque justement ça unifie ça unifie des jeunes qui pourtant sont très très très divers. Donc simplement, il y a sûrement des jeunes qui se retrouvent dans ce modèle qui est porté par euh Jordan Bardella, un modèle de réussite, un modèle voilà aussi d'une certaine d'un certain charisme, d'une certaine force euh d'incarnation de ce que peut être un un projet politique pour le pays. Est-ce que pour autant c'est une ? Je pense que les choses vont passer, je ne pense pas que Jordan Bardella soit une figure semblable par exemple à celle de François Mitterrand
qui cristallise pour des des plusieurs décennies euh une référence importante. Génération Bardella, ça vous ? Oui euh je suis mesuré aussi sur la la oui l'avenir de Jordan Bardella franchement c'est pour moi un grand point d'interrogation. Il sera Mais ça n'est pas Jordan Bardella n'est pas une raison de voter RN. Non. La raison de voter RN. la raison de voter RN et qu'il soit au futur Premier ministre ou pas, je pense que l'électorat se déplacera en avril prochain. Euh après ils ont ils ont enfin il a réussi avec les réseaux sociaux quand même à accrocher une partie et c'est sûr que pour l'instant par exemple le bloc central essaie d'arriver sur TikTok ou sur Instagram mais Lui, il a 2 millions et demi de personnes qui le suivent sur TikTok, ce qui est absolument considérable. C'est
autant que un influenceur qui a beaucoup d'influence pour le dire rapidement. Édouard Philippe n'a toujours pas de compte TikTok par exemple et il hésite à y aller parce qu'il sait très bien qu'il est loin il est loin de tout ça et qu'il va pas sortir un paquet de Schtroumpfs pour manger et faire une vidéo avec ça. Et donc c'est sûr qu'il y a un relais que n'ont pas aujourd'hui les candidats par exemple du bloc central. Même question Paul, est-ce qu'il y a une génération Bardella et qu'est-ce qu'il peut ? Il va publier un livre d'ailleurs. Ouais, son 3e livre. C'était le livre livre. Voilà. Il est graphomane. Quel destin et le titre c'est le titre à priori c'est gouverner si les secrets éventés sont bien ceux-là et c'était le à la base son livre de candidat à l'élection présidentielle.
Mais un président de candidat ça aurait dû être présider. peut-être changé de titre quand même. [rires] Est-ce qu'il y a une génération ? Je pense que pour dire qu'il y a une génération Bardella, il faut qu'il y ait plusieurs facteurs qui soient alignés. Il faut le personnage, il faut une une garde autour de lui. Oui. Et des des personnages qui qui l'accompagnent qui Mitterrand il y avait tout toute la toute une génération qui était derrière lui qui l'accompagnait au pouvoir après qui a continué le combat et cetera et tout. Donc il faut qu'il y ait un étage chaque étage de la pyramide en fait qui après construit donc bah des mouvements de jeunesse massifs ou un parti à sa botte des des lieutenants et puis après des électeurs. Je pense que le le le le le le peut-être
que Jordan Bardella est à l'image de la génération qui arrive aujourd'hui et qui va voter qui est une génération très éphémère qui zappe qui peut aujourd'hui être sur TikTok mais qui demain va être sur autre chose et Bardella il a pas construit quelque chose autour de lui de solide. Peut-être parce qu'il y avait Marine Le Pen et que en fait on peut pas construire quelque chose de solide à côté de Marine Le Pen. Il y a une autre personnalité qui est à côté de lui qui est à peu près le même âge qui s'appelle Marion Maréchal mais on ne s'est jamais posé la question de ce qu'il y avait une génération Marion Maréchal parce que elle-même n'avait pas construit quelque chose de solide. Donc c'est l'histoire qui nous dira si une génération Bardella fera basculer ou pas l'élection de 2027
dans quelque chose de très nouveau ou est-ce qu'on dira que ça sera une génération Le Pen finalement parce que c'est elle qui va gagner ou pas. Voilà donc il y a je trouve que c'est un peu trop fragile mais indéniablement Jordan Bardella aujourd'hui est quelqu'un que s'il est dans la campagne de Marine Le Pen ça compte s'il n'y est pas ça compte aussi. Vous voyez ce que je veux ? C'est que il est trop important pour les électeurs pour des jeunes pour la structure jeunesse du RN il est trop important pour ne pas être là et ne pas avoir d'incidence. Anne Muxel oui non dans le En un Beaumont récemment encore en reportage on avait on a entendu des électeurs d'En un Beaumont préférer Jordan Bardella à Marine Le Pen. C'est quand même la marque RN qui maintenant depuis
marque RN qui est plus forte. réussi à à s'imposer à FN puis RN à s'imposer vraiment dans le paysage politique français et finalement voilà les les les électeurs se posent pas la question d'ailleurs on l'a vu dans les dans les intentions de vote que ce soit que l'on faisait par exemple avant l'été que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui se présente ils ils étaient au même au même niveau finalement d'intention de vote. C'est le RN et c'est ce qu'il propose et du coup le duo qui était parti Marine Le Pen Jordan Bardella était de ce point de vue extrêmement efficace et fort. C'était ça qui était nouveau pour vous ces dernières années, davantage que une nouvelle génération qui apparaîtrait à l'extrême droite. Oui, je pense, je pense simplement leur
force c'est d'avoir embarqué effectivement un nombre important de jeunes comme on comme on l'a fait. En tout cas, c'était passionnant. Merci infiniment à tous les trois d'avoir accepté notre invitation. Débadoc c'est terminé, on se retrouve très vite sur LCP.
Jordan Bardella