Alexandre Ouizille, sénateur de l'Oise, porte-parole du PS, est l'invité politique de la matinale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Alexandrei. Alors à 10h30 la délégation du Parti socialiste sera dans le bureau du Premier ministre. J'ai envie de vous dire pourquoi y aller.
Bah peut-être pour essayer de comprendre ce que le Premier ministre a dans le ventre. Enfin savoir exactement ce qu'il en est puisque ça fait des semaines que pardon il promène les socialistes. Il nous a parlé pendant quelques jours de décentralisation comme si dans les manifestations vous aviez des manifestants avec des pancartes sur la décentralisation.
Bref, il était à côté du pays et puis hier, il annonce quatre mesures qui sont des reçucés macronistes ou sarcosistes qui n'ont rien à voir avec l'ambition que nous portons nous dans notre budget pour les classes populaires et moyennes pour leur pouvoir d'achat. Et donc, on est un petit peu sur notre fin, on attend de voir exactement l'ampleur de ce qu'il y a dans ce budget. Est-ce qu'on va être sur une copieou bis répétita ou est-ce qu'on va être sur autre chose ?
La rupture qu'il avait lui-même promis sur le péron de Matignon. Alors, on va préciser ce que vous venez de dire sur les mesures à l'étude. On parle des heures supplémentaires des fiscaliser qui sont déjà en vigueur mais qui pourraient être élargis.
On parle de réduction de l'impôt sur le revenu pour les couples payés. Alors, il s'est corrigé qu'ils sont payés légèrement auudess du SM puisque au SMIC ça ne paye pas d'impôt. Et il y a aussi le rétablissement de la prime Macron qui serait exonéré d'impôt de cotisation sociale.
Pour vous, ça c'est quoi ? pour tenter de calmer le jeu. Il savait très bien que ça allait pas plaire forcément au Parties.
Vous demandez beaucoup d'autres choses. Bah si vous voulez, il y a une s'il y a une question sur le pouvoir d'achat, nous on a une mesure sur l'étagère, une vraie mesure de pouvoir d'achat. C'est la baisse de la CSG pour les gens qui sont entre le SMIC et 1920 €.
Vous avez la moitié du pays là-dedans, la moitié des gens qui bossent, qui sont dans cette situation. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire par exemple pour une mam en solo, 900 € de plus à la fin de l'année.
Donc les mesures de pouvoir d'achat, elles sont là. Là, il nous présente des mesures, vous vous l'avez dit vous-même, qui pour une part en vigueur, sont déjà effectives sur les heures supplémentaires. C'est déjà effectif.
C'était quoi pour répondre aux manifestants qui au même moment étaient étaient dans les cortèges ? Je ne comprends pas parce que finalement, on se retrouve avec une situation assez UBS où le premier ministre annonce des choses qui existent déjà. Il est obligé de rétropédaler, il appelle vos rédactions pour dire "Non, non, c'est pas tout à fait ce que je voulais dire." Bref, on a quatre petites mesurettes sur la table qui n'emportent pas grand-chose et donc nous, on attend ce rendez-vous avec beaucoup d'impatience pour comprendre s'il a entendu ce qu'il appelait lui-même la rupture que le pays demande.
Alors, il a précisé donc il a transmis le projet de budget au haut conseil des finances publiques, ce qui est la tradition avant d'arriver au conseil des ministres et à l'Assemblée. Il dit que ce projet sera modifiable en fonction des consultations. Est-ce que vous considérez que aujourd'hui c'est encore une consultation ou vous avez l'intention de tenter une négociation avec le Premier ministre ?
D'abord pour négocier, il faudrait savoir quelle est la base sur laquelle nous travaillons. Pour l'instant, nous vous savez, quand on regarde un budget, on regarde plusieurs choses. On regarde d'abord qui paye.
Qui paye, c'est la première question que nous nous avons posée. Nous nous disons, ça ne peut pas être les classes populaires et moyennes par la fiscalité, par l'année blanche qui est une fiscalité déguisée, par la dégradation des services publics que eux consomment parce que c'est des classes populaires et moyennes qui consomment leurs services publics. Nous avons dit, il faut de la solidarité fiscale.
Est-ce que on y est ? Pour l'instant, on a entendu que euh Zukma non, l'ISF même pas. Euh on reconduit ce qui existe déjà.
Autrement dit, la réponse est non. Ensuite, on a la question du Il y a peut-être dans sa poche un projet pour la fiscalité pour les ultrariches. Est-ce que vous y croyez ou pas encore ?
Et ben, on l'espère en tout cas parce que nous, on veut le bien si vous voulez, nous nous on veut le bien du pays. Donc, on l'espère jusqu'au bout, on on essaiera d'avoir des solutions qui portent le bien pour le pays. Deuxième élément dans un budget, c'est le rythme de consolidation.
Ce qu'on avait déjà dit pour le plan Bérou, c'est que l'austérité panique trop rapide. Elle casse la croissance, elle casse les carnets de commande des entreprises et l'OFCE nous dit qu'elle va faire remonter le chômage jusqu'à 9 %. On veut pas ça pour notre pays.
Donc on a demandé une réduction du rythme. Évidemment qu'il faut consolider nos finances publiques, on en est d'accord mais pas à cette vitesse, pas avec cette brutalité. Donc si il a aussi une trajectoire plus réduite, là il faudra aussi regarder.
C'est un élément très important pour nous, le rythme de réduction. Mais la trajectoire, il y a que 3 milliards de différence. J'arrondis un peu entre ce qu'avait proposé monsieur Bairou. 4,6 % de déficit à la fin de l'année 2026 et là on est à 4,7.
Euh ces 3 milliards-là euh c'est quoi ? C'est la non suspension des enfin c'est la suspension de la fin des jours fériers. C'est c'est rien.
C'est euh exactement pour pour l'instant c'est à l'épure. C'est ça que nous voulons aller vérifier ce matin. Nous on va vérifier les choses.
Est-ce qu'on est vraiment par rapport à ce que nous avons proposé où il y a finalement regardez quand même dans le détail, il a fermé toutes les portes au social, il a fermé toutes les portes. Regardez notre contrebudget. Il y a rien de ce que nous avions proposé, ni le pouvoir d'achat pour l'instant, ni la réduction des déficites, ni la taxe Zucman.
Bref, il n'a rien sur la réforme des retraites avec l'un des éléments de conclusion du conclave sur un regard précis sur la carrière des femmes qui est haché, tout le monde le reconnaît. Ça c'est un une application un peu différente de la réforme de madame Borne. Vous avez raison mais la CFDT elle-même la CFD dit que tout ça est insuffisant et qu'en effet du point de vue de la réforme des retraites, nous ce que nous demandons c'est la suspension en disant que le rendez-vous démocratique c'est 2027.
Donc on s'arrête là au moment où elle est en train de s'appliquer et on attend 2027 et les Français donneront le juge de paix aux candidats qui choisiront comme président de la République en 2027. Il y a une réparation démocratique sur ce sujet. Cette réforme a été passée contre 80 % des actifs contre 2/3 du pays et les Français ne décollèrent pas.
Je parlais avec Frédéric Dabi, vous savez le patron de l'hob qui me disait "C'est incroyable de voir que pour une réforme, normalement au bout d'un moment, vous savez, les choses s'apaisent dans le pays. Pour la réforme des retraite, non, les Français sont toujours aussi en colère qu'au moment où elle est passée." Alors, vous avez un un autre adversaire hein que ce gouvernement en préparation, c'est le MEDEF, hein, le mouvement des patrons qui a diffusé et c'est vous d'ailleurs qui en avez fait la publicité, un kit, on va dire un kit contre votre projet socialiste.
On voit sa couverture à à l'écran. Euh en gros, c'est de dire euh c'est de faire du lobbing, appelons un chat, un chat auprès de tous les parlementaires socialistes en disant "Mais votre contrebudget est mauvais pour la France." J'imagine que ça vous a fait plaisir d'être comme ça euh d'avoir cette publicité-là de la part du MEDF qui, je le rappelle, prépare un grand meeting le 13 octobre prochain.
Écoutez, si c'est encore d'actualité. Écoutez, en effet, moi quand ce document m'est arrivé dans les mains par quelques amis qui ont été choqués de sa production où on retrouve tous les noms des parlementaires socialistes, dans ce document, on vous explique comment les approcher, les emmener dans les entreprises, avoir une discussion informelle avec eux, leur expliquer que leur contrib et Exactement. Moi ce qui m'a sidéré c'est que le MEDF est en train de se perdre quand vous enlevez le MEDDF qui demande à des patrons de PME de venir nous expliquer qu'il faut pas taxer les héritiers milliardaires du pays qui n'ont rien à voir avec eux qui sont des rentiers milliardaires et qu'on dit à des patrons, allez prenez un kit et allez défendre vis-à-vis des socialistes contre la taxe dumanf marche sur la tête et d'ailleurs je vois que la préparation de son grand meeting se passe mal qu' y a peu de mobilisation parce qu'ils sont à côté de la plaque dans cette affaire ils devraient discuter avec nous et qu'on évalue les choses.
Nous évidemment on veut discuter avec le MEDEF comme on discute avec tout le monde mais franchement faire une campagne contre les socialistes à quoi ça ressemble ? À quoi ça ressemble dans le moment qu'on vit ? Alors à vous entendre au-delà du MDEF, vous allez aller à Maton pour confirmer ou pas que vous êtes proche de la censure de la rupture, pas celle du premier ministre mais de la censure.
Il y a il y aurait vraiment qu'une proposition pour l'instant qu'on ne connaît pas qui pourrait vous faire changer d'avis. Vous irez à la noncensure peut-être après la déclaration de politique générale, a priori la semaine prochaine. Écoutez, pour l'instant en effet, on peut pas dire que le cheval n'est pas en train de courir à la falaise.
C'est ça la vérité qui est notre sentiment. Après, on peut toujours cabrer et changer de direction. C'est ce qu'on attend du premier ministre.
Euh on a on entend qu'il pourrait parler dans les prochaines heures. Peut-être qu'il va annoncer euh une rupture. Nous dis qu'il devrait parler à 8h45 à Matignon avant même de recevoir le Rassemblement national à 9h puis les délégations socialistes, écologistes et communistes.
Et bien s'il pouvait ne pas parler pour ne rien dire, ce serait bien et ça pourrait changer de cap s'il faisait des annonces dans la cour de Maton avant même de vous recevoir où il est en train de dire "J'ai envoyé mon budget maintenant je vais voir ce que je peux faire avec les oppositions." Vous savez, nous on l'a toujours dit, on n'est pas dans la censure automatique. Notre sujet, c'est les Français.
Donc si on trouve qu'il y a une rupture suffisante avec la politique macroniste, on est capable non pas de soutenir, on est capable de penser un accord de non censure. Mais aujourd'hui, je vous l'ai dit, tout ce qu'il y a sur la table, il y a rien de ce qu'on a demandé. Il y a rien de notre analyse de la société, du besoin de justice fiscale, du besoin de rendre du pouvoir d'achat aux classe populaire, de relancer aussi l'économie, la construction, ce qu'on propose dans notre budget.
Bref, il y a rien de ce que les socialistes ont mis dans le diagnostic de la société. Comment voulez-vous qu'on s'y retrouve ? Comment voulez-vous que les gens de gauche s'y retrouvent ?
Alors, on verra ce qu'il y a dans cette prise de parole du Premier ministre. Euh euh en cas de dissolution, éventuellement, si euh monsieur le cornu était censuré, on peut imaginer qu'il y aura une dissolution avec quelle gauche quelle gauche unie vous êtes vous ce soir en meeting avec monsieur Ruffin et madame Lucy Casté. Vous excluez vous aussi une union, je dirais nationale avec la France insoumise ?
Écoutez, moi les choses elles sont assez claires. En fait aujourd'hui, il y a des gens qui travaillent ensemble à 2027 à une proposition politique pour le pays. C'est ce qu'on appelle entre nous le périmètre de Bagneux où en effet il y a ce que vous avez cité les écologistes, François Ruffin, les socialistes.
Donc ce cadre-là pour moi, il est le cadre logique de la dissolution et le périmètre sur lequel il faut travailler. Maintenant que les choses elles soient claires aussi. Si dans une circonscription il y a le rassemblement national face à la France assoumise, nous on est clair, on est à gauche, on appellera à voter pour la France insoumise.
Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a des il y a un éloignement sur un certain nombre de sujets. Je pense à la Chine, je pense au rapport de la guerre Russie-Ukraine qui font qu'aujourd'hui le périmètre qui se dessine est sans les insoumis. Mais on sait aussi la différence entre la gauche et l'extrême droite de manière claire.
Et je veux aussi être très clair là-dessus. Donc pour vous répondre, en effet, on construit dans le périmètre de Bagneux tout en étant vigilant à ce que rien ne favorise l'accession au pouvoir du Rassembl national.
Alexandre Ouizille