Roman Polanski, Gabriel Matzneff, loi audiovisuelle, Eurovision ... Le "8h30 franceinfo" de Franck Riester
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:43OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez sa décision ou est-ce que vous la regrettez ?
- 1:26RelanceRéponse directe
Donc l'œuvre de Roman Polanski et son dernier film doivent être protégées, mais l'artiste n'est pas le bienvenu ce soir ?
- 2:03OuverteRéponse directe
Vous distinguez l'œuvre et l'artiste que vous venez de dire un instant à propos de ce film.
- 3:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut revoir le mode d'attribution du financement public du cinéma ?
- 6:35RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il faut revoir le mode d'attribution du financement public du cinéma ?
- 7:22FerméeRéponse directe
Est-ce que c'est terminé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« C'est le moment où on célèbre la diversité, la richesse du cinéma français. »
- 0:25Invité politiqueFait
« les questions de lutte contre les agressions sexuelles et sexistes, les questions de parité, de diversité, justement, seront évoquées. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Non, non, je la comprends et je pense qu'elle est sage. »
- 1:18Invité politiqueFait
« Je suis le garant de la liberté de création et de l'accès libre aux œuvres de l'art et de l'esprit. »
- 1:40Invité politiqueFait
« même réputé, même de talent, et qu'on a une garantie d'impunité. »
- 1:58Invité politiqueFait
« avec un certain nombre de femmes qui ont dit avoir été agressées par Roman Polanski »
- 2:15Invité politiqueFait
« Je ne suis absolument pas choqué d'aller voir le film. »
- 2:35Invité politiqueFait
« un film comme J'accuse, c'est une équipe, c'est un collectif. »
- 3:49Invité politiqueFait
« on ne doit pas rendre la justice à la place de la justice. »
- 4:04Invité politiqueFait
« la justice américaine souhaite le voir, et il refuse depuis 40 ans, je crois, de la rencontrer, cette justice américaine. »
- 4:28Invité politiqueFait
« Ce n'est pas parce qu'on est un artiste de talent qu'on ne doit pas se soumettre à la justice. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Ce n'est pas moi qui décide des extraditions. »
- 5:28Invité politiqueFait
« le fait que Romain Polanski ne réponde pas à la justice américaine ne permet pas de dire que la justice fait son travail sereinement. »
- 10:52Invité politiqueChiffre
« le CNC depuis 2019 donne un bonus de financement au film dont les équipes de tournage sont paritaires. »
- 12:32Invité politiqueFait
« Il touchait effectivement une aide du fait de ses moyens financiers très limités et de, soi-disant, sa contribution à l'aura artistique et littéraire de notre pays. »
- 13:20Invité politiqueFait
« à partir de 2020, celles et ceux qui demanderaient une aide pour ce rayonnement artistique et littéraire en 2020, à ce moment-là, se sont soumis à la commission qui prendraient ces responsabilités. »
- 13:41Invité politiqueFait
« il me paraît que Gabriel Masneff ne contribue pas au rayonnement littéraire artistique de la France, étant donné les écrits de ses journaux intimes »
- 14:44Invité politiqueFait
« c'est une loi qui va refondre en profondeur la législation de l'audiovisuel, comme jamais il y en a eu depuis 1986 »
- 18:30Invité politiquePromesse
« Nous avons en tout cas décidé jusqu'à la fin du quinquennat, jusqu'à la fin 2022, une trajectoire financière pour l'audiovisuel public qui est très claire, très précise, année après année. »
- 20:07Invité politiqueChiffre
« Nous allons mettre presque 44 millions d'euros supplémentaires par rapport à ce qui avait été prévu pour financer la fin des travaux de la Maison de la Radio. »
- 23:02Invité politiqueFait
« ils continueront d'avoir des contenus de l'outre-mer ou des contenus d'animation de jeunesse sur les antennes linéaires »
- 24:56Invité politiqueFait
« sur un concours comme celui-là on doit s'assurer que le français est la langue qui est chantée »
- 25:17Invité politiqueFait
« portons fier et haut la langue française en 2020 »
Temps de parole
- Franck Riester66 %
- Présentateur13 %
- Invité10 %
- Invité 28 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Enfant Créesté, irez-vous à la cérémonie des Césars ce soir ? Oui, bien sûr. Avec plaisir ?
Oui, avec plaisir. C'est un moment toujours très important. C'est le moment où on célèbre la diversité, la richesse du cinéma français. Bien évidemment, ce soir, on sait bien qu'il y aura des prises de parole et que les questions de lutte contre les agressions sexuelles et sexistes, les questions de parité, de diversité, justement, seront évoquées. Tant mieux. Ça peut être aussi dans ce genre de moment que les consciences se révèlent et que chacun et chacune prend ses responsabilités.
Il y aura une chaise vide ce soir dans la salle. C'est celle de Roman Polanski qui a annoncé hier qu'il ne serait pas là ce soir. Il dénonce un lynchage public, lui qui était le grand favori de la cérémonie. Est-ce que vous comprenez sa décision ou est-ce que vous la regrettez ?
Non, non, je la comprends et je pense qu'elle est sage. Ça veut dire qu'il n'avait pas sa place ce soir ? Vous savez, c'est très compliqué cette question de Roman Polanski et du film J'accuse. Il faut dans ces cas-là être clair. On ne doit pas faire un mélange entre les œuvres et les artistes, ou en tout cas les hommes qui sont des artistes. Parce qu'une œuvre doit être protégée. Je suis le garant de la liberté de création et de l'accès libre aux œuvres de l'art et de l'esprit.
Donc l'œuvre de Roman Polanski et son dernier film doivent être protégées, mais l'artiste n'est pas le bienvenu ce soir, ou en tout cas vous comprenez qu'il ne soit pas là ?
Et deuxièmement, il est important de faire en sorte de dire que ce n'est pas parce qu'on est un artiste, même réputé, même de talent, et qu'on a une garantie d'impunité. Il est important de bien différencier les choses. Et on voit bien qu'avec ce qui s'est passé depuis de nombreuses années, avec un certain nombre de femmes qui ont dit avoir été agressées par Roman Polanski, sa présence ce soir aurait été évidemment une source de tension.
Renaud Delis. Vous distinguez l'œuvre et l'artiste que vous venez de dire un instant à propos de ce film. Ça signifie, pour être bien clair, Franck Réster, que vous ne seriez pas choqué que le film J'accuse soit récompensé ce soir, au titre, par exemple, dans la catégorie de meilleur film.
Je ne suis absolument pas choqué d'aller voir le film. Je pense que tout ce qui est une opération de boycott est condamnable, même si je comprends que certains, pour les raisons qu'on a évoquées, n'aillent pas voir le film. C'est du ressort de la conscience personnelle. Et en ce qui concerne les récompenses, un film comme J'accuse, c'est une équipe, c'est un collectif. Et il n'y a pas de raison de pénaliser le collectif par rapport à un comportement éventuellement sanctionnable d'un des artistes. Il peut obtenir le César de meilleur film, mais pas celui de meilleur réalisateur ? Si, il peut. Peut-être qu'il l'aura.
Après, moi, j'estime que ce serait un symbole, et je l'ai déjà dit, qui serait un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Je crois que c'est à chacun et à chacune des votants, peut-être qu'ils l'ont fait ou pas, de prendre ses responsabilités.
On sait que le sort de Roman Polanski divise et déchire même le monde du cinéma, et bien au-delà depuis plusieurs mois. Je voudrais vous faire entendre, Franck Riester, ce qu'on disait il y a quelques minutes sur France Info Radio. Un homme qui a produit l'un de ses films, c'était il y a une dizaine d'années, c'est le producteur de cinéma Saïd Ben Saïd.
Je comprends tout à fait qu'on ait une position morale là-dessus, mais il me semble qu'une position morale ne peut pas faire l'économie de la vérité. Là, il subit quand même un inchage en règle.
Un inchage en règle, dit Saïd Ben Saïd.
C'est vrai que c'est une question très compliquée, parce qu'on ne doit pas rendre la justice à la place de la justice. Alors le point qui, évidemment, complique un peu les choses, et je ne vais pas rentrer dans l'affaire particulièrement, mais qui complique un peu les choses en ce qui concerne Romain Polanski, c'est que la justice américaine souhaite le voir, et il refuse depuis 40 ans, je crois, de la rencontrer, cette justice américaine. Et donc c'est vrai que ça... Vous dites ça d'une manière élégante, il refuse de la rencontrer, il est en fuite. Oui, d'accord, j'essaye de ne pas remettre de l'huile sur le feu, je dis simplement que dans ces cas-là, il faut être le plus clair.
L'œuvre est différenciée de l'artiste. Ce n'est pas parce qu'on est un artiste de talent qu'on ne doit pas se soumettre à la justice. Donc il doit se soumettre à la justice américaine ? Oui, il me semble que... Donc si les États-Unis relancent une demande d'extradition ? Non, non, mais vous savez, je pense que dans ces cas-là, il faut être très clair. Je crois qu'en ce qui concerne la récompense de Romain Polanski, nous devons bien dire que l'œuvre qui est un collectif peut être récompensée, à mon sens. En ce qui concerne le César de meilleurs réalisateurs, c'est la responsabilité de celles et ceux qui votent.
Il me semble que ce message serait négatif. Il y a dix ans, Franck Rester, l'un de vos prédécesseurs, Frédéric Mitterrand, lui avait défendu Romain Polanski et s'était opposé à ce qu'il retourne aux États-Unis, justement, répondre à la justice américaine. Si demain, on vous demande, à vous, ministre de la Culture, que Romain Polanski soit extradé vers les États-Unis, vous ne vous y opposerez pas.
Ce n'est pas moi qui décide des extraditions. C'est le gouvernement dans son ensemble et notamment le ministère de la Justice. Nous en parlerons. Ce qui est certain, c'est que, ce que je vous dis, c'est que le fait que Romain Polanski ne réponde pas à la justice américaine ne permet pas de dire que la justice fait son travail sereinement. Voilà, et c'est évidemment un sujet d'une complexité folle. Et en ce qui concerne la question que vous m'avez posée sur la réalisation et le César de la réalisation, on voit bien qu'à partir du moment où c'est le réalisateur, l'artiste, c'est aussi l'homme qui serait mis en valeur.
Et mettre en valeur quelqu'un qui, aujourd'hui, est accusé sans vérification, puisque ce sont des femmes qui disent avoir été agressées et sont nombreuses par Romain Polanski, peut poser une question morale. Et contrairement à ce que disait le producteur, il y a un moment donné où, sur un certain nombre de sujets comme ça, c'est pour le ministre de la Culture de prendre position. Mais c'est à chacun, dans sa propre responsabilité, de prendre en compte, notamment aussi, cette question morale.
C'est vrai pour un éditeur, c'est vrai pour quelqu'un qui finance un film, c'est vrai pour une chaîne de télévision qui peut être producteur ou productrice de ce film, et c'est vrai pour le jury, ou en tout cas les votants, qui ont à prendre leur responsabilité.
La question du financement, justement, Franck Riester, c'est le témoignage d'une femme, Valentin Moignet, une Française, la sixième, a accusé Romain Polanski, qui a relancé cette affaire. Le film, j'accuse de Romain Polanski, a été financé en partie avec de l'argent public, notamment avec de l'argent de la région Île-de-France. Je voudrais vous faire entendre ce que disait, il y a quelques jours, sur ce plateau, et France Télévisions. Sur ce plateau, la présidente, les Républicains de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.
Si j'avais eu entre les mains le témoignage de la jeune femme que j'ai lue et qui m'a profondément bouleversée, sans doute, je n'aurais pas voté la subvention.
Voilà, et Renaud Delis me signale, à juste titre, qu'elle n'est plus membre des Républicains. Tiens, tiens. Mais votre réponse, ce sera dans une minute. Franck Riester, si vous voulez bien, le temps des titres de l'actualité, à 8h40, avec Édouard Margué.
Face à la propagation du coronavirus en France, par précaution, 2000 élèves n'ont pas repris l'école. C'est ce que vient de déclarer le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, car ses élèves ont été placés en quatorzaine. L'Oise est le département le plus touché par ce virus, avec 12 des 20 nouveaux cas, ce qui porte à 38 le nombre de personnes malades en France depuis le début de l'apparition de la maladie dans notre pays. Les marchés continuent de s'inquiéter face à cette épidémie. La bourse de Shanghai plonge de plus de 3%, baisse équivalente à Shenzhen, Hong Kong et Tokyo, au Japon.
Les places boursières mondiales sont bien parties pour vivre leur pire semaine depuis la crise financière de 2008. Piste criminelle évoquée à Strasbourg, après l'incendie pendant lequel 5 personnes sont mortes, aucun désordre électrique n'a été mis en évidence à ce stade. C'est ce que dit le parquet. Après les premières observations, deux suspects sont en garde à vue après avoir été interpellés à proximité de l'immeuble en feu. L'as de l'évasion n'y coupera pas, même absent et en grève de la faim, Redouane Faillite sera jugée en appel par les assises du Pas-de-Calais.
La présidente de la Cour rejette les demandes de renvoi déposées par ses avocats qui décident de se retirer du procès pour protester. France Info, et tout est plus clair.
Toujours avec le ministre de la Culture, Franck Riester, si j'avais su, disait Valérie Pécresse il y a quelques instants, je n'aurais pas financé le film de Roman Polanski. Est-ce qu'il faut revoir le mode d'attribution du financement public du cinéma ?
Non, pas du tout, mais vous voyez exactement avec la déclaration de Valérie Pécresse que je décrivais juste avant. Oui, quand on a la responsabilité éditoriale, quand on a la responsabilité de financement, quand on a la responsabilité de mettre à l'écran, on a cette responsabilité qui prend en compte, évidemment d'abord et avant tout la dimension artistique, mais qui, parce qu'on est des femmes et des hommes et c'est légitime, prend d'une façon d'ailleurs consciente ou inconsciente, une dimension morale.
Et c'est cette difficulté-là auxquelles sont soumis des programmeurs de théâtre, des financeurs de projets audiovisuels, de balancer entre la dimension évidemment artistique et l'environnement dans lequel l'artiste ou les artistes évoluent. Et on ne peut pas, et même si on le voulait, on ne le pourrait pas, faire abstraction de la dimension morale parfois. En tout cas, pas morale dans le sens moralisateur, mais la dimension de parcours d'un artiste. C'est quelque chose qui est dit d'une difficulté folle et que chaque personnalité qui est en charge d'un éditorial ou qui est en charge d'une programmation a affaire.
Renaud Delis. Aux Etats-Unis, le producteur Harvey Weinstein vient d'être condamné, le mouvement MeToo a pris une dimension considérable à Hollywood et selon l'actrice française Adèle Haenel, qui elle-même a porté des accusations contre un autre réalisateur français, elle a dit, Adèle Haenel, je la cite, « La France a complètement raté le coche de MeToo ». Oui, j'ai entendu ce qu'elle dit Adèle Haenel.
Écoutez, en tout cas, c'est ce que ressentent un certain nombre de personnes qui travaillent dans le monde du cinéma. C'est votre ressenti également ? En tout cas, je crois qu'il faut aller encore plus loin. Je vois la décision qui a été prise au sein de l'Académie des Césars de faire en sorte qu'il y ait une gouvernance plus diverse, plus paritaire. Je vois la parole qui se libère enfin fortement. D'ailleurs, dans le cinéma, comme dans d'autres disciplines artistiques, on peut parler de la littérature, tant mieux. Et il faut que cette parole libérée ne soit pas vaine.
Il faut que, quand c'est nécessaire, la justice fasse son travail et que les sanctions soient au rendez-vous et que nous puissions continuer à mettre des dispositifs qui incitent, là je parle évidemment avec ma casquette de ministre de la Culture, qui incitent à davantage de diversité, davantage de parité. Depuis 2019, Renaud Delis, oui par exemple, le CNC depuis 2019 donne un bonus de financement au film dont les équipes de tournage sont paritaires. Ça marche ? Oui, ça marche. Parce qu'il y a, je pense, des résultats qui vont monter en puissance. On le voit, ça incite. Je préfère l'incitation à la sanction.
Est-ce qu'il faut aller vers des quotas aussi ?
C'est un débat qui a été ouvert encore récemment. Je pense que c'est un bon débat. Moi, je crois plus à l'incitation qu'à la sanction. Mais s'il faut qu'il y ait des quotas pour qu'il y ait davantage de parité, davantage de diversité dans les arts, il faudra passer par là. Et c'est d'ailleurs ce que nous faisons, encore une fois avec ce bonus qui récompense la parité des équipes de tournage. Et aussi d'être très vigilants et très mobilisés sur la lutte contre les agressions sexuelles et sexistes.
C'est pour ça qu'on a mis un numéro vert dans le cadre du secteur de l'audiovisuel et du spectacle vivant pour celles et ceux qui seraient victimes d'agressions pour qu'ils puissent dire les choses plus facilement. C'est pour ça qu'on travaille actuellement aussi avec le CNC pour faire en sorte qu'il y ait un référent agression sexuelle et sexiste sur les tournages pour que là aussi la parole soit plus facile. Bref, une mobilisation à la fois de chaque artiste, une mobilisation de chaque Français, une mobilisation des pouvoirs publics au service de cette cause qui est une cause importante.
Un mot encore avant de parler de la loi sur l'audiovisuel que vous allez défendre à l'Assemblée nationale à partir de la semaine prochaine. Franck Riester, vous évoquiez la littérature. Gabriel Matzneff accusait, lui, de pédophilie, touchait depuis des années des aides publiques. Est-ce que c'est terminé ? Je crois que c'était 6 000 euros par an. Est-ce que le robinet public a été coupé ?
Alors là, j'ai été très clair. Il touchait effectivement une aide du fait de ses moyens financiers très limités et de, soi-disant, sa contribution à l'aura artistique et littéraire de notre pays. Au rayonnement artistique et littéraire de notre pays. Cette aide était octroyée d'une façon trop discrétionnaire. Donc j'ai décidé, puisqu'il y avait 14 artistes qui touchaient cette aide, qu'une commission très clairement identifiée puisse se prononcer pour 2020 sur les futures aides éventuelles distribuées. Donc pour l'instant, il le touche encore. Il l'a touchée en 2019, avant qu'on sache le livre de Vanessa Springora et que la polémique surgisse.
J'avoue que je ne savais pas, moi, avant cette polémique, que Gabriel Masneff spécifiquement touchait cette aide. Et donc, à partir de 2020, celles et ceux qui demanderaient une aide pour ce rayonnement artistique et littéraire en 2020, à ce moment-là, se sont soumis à la commission qui prendraient ces responsabilités.
Et j'ai dit, moi, parce qu'évidemment, on me dirait que ce serait trop facile de dire que c'est simplement la commission qui doit se prononcer, qu'en mon âme et conscience, il me paraît que Gabriel Masneff ne contribue pas au rayonnement littéraire artistique de la France, étant donné les écrits de ses journaux intimes, ce ne sont pas des romans, ce sont des journaux intimes, et le fait qu'il s'est pendant des années sur les plateaux télé ou à la radio ou sur son blog, fait le chantre de la pédocriminalité.
La loi sur l'audiovisuel, Franck Riester et Renaud Delis, avec plusieurs mesures qui vont concerner directement les téléspectateurs et auditeurs, notamment ceux de France Info, mais pas uniquement. On commence par la pub à la télé. Renaud Delis.
La pub à la télé, c'est l'un des volets de votre projet de l'audiovisuel qui arrive en débat à la Commission des Affaires Culturelles à l'Assemblée Nationale lundi. Et parmi les nouveaux champs que rend possible votre loi, il y a notamment l'autorisation de l'arrivée de la publicité ciblée, la publicité ciblée, c'est-à-dire adresser, segmenter des messages commerciaux, ciselés selon le profil des foyers de téléspectateurs. Comment ça va se passer concrètement et quelles seront les informations qui seront à la disposition de ceux qui vont produire cette publicité ciselée ?
Juste un mot, Renaud Delis. D'abord, c'est une loi qui va refondre en profondeur la législation de l'audiovisuel, comme jamais il y en a eu depuis 1986, parce que la loi qui régit l'audiovisuel, c'est la loi de 1986 qui a été rédigée avant Internet.
Avec la création d'une grande holding publique, on ne vous réinterroge pas sur ce sujet, parce que vous êtes déjà venu longuement en parler la dernière fois.
Peut-être que j'en parlerai longuement, parce que c'est que le début du débat à l'Assemblée et au Sénat. Mais, donc, cette loi, elle repense en profondeur tout ça. Et elle veut, effectivement, donner les moyens aux champions français, aux acteurs français de la télévision, de la radio et de la production de cinéma et d'audiovisuel, de pouvoir faire face à la concurrence de nouveaux entrants et de nouveaux acteurs de l'Internet. Et pour ce faire, il faut être à armes égales entre les acteurs de l'Internet et les acteurs traditionnels de l'audiovisuel français. Et donc, un des éléments, c'est l'équité dans la publicité.
Vous savez qu'aujourd'hui, sur Internet, les annonceurs bénéficient de ce type de technologie qui permet de faire la publicité en fonction de ce que sont vos goûts. Grâce aux cookies qu'on laisse en ce moment sur Internet. Il y aura des cookies dans les téléviseurs des Français ou dans les box ? Il y a de plus en plus, et à juste titre, des outils qui permettent de protéger éventuellement tel ou tel internaute de ce type de technologie.
Ce sera le cas pour les téléspectateurs,
on pourra refuser justement ces publicités ciblées ?
C'est ce travail fin qui doit être fait à travers les échanges entre la CNIL, le CSA futur ARCOM, puisque dans la loi, il y aura la fusion entre le CSA et la ADOPI pour créer l'ARCOM, une nouvelle autorité administrative indépendante, et les professionnels pour arriver à un dispositif qui permette de respecter la vie privée et en même temps de permettre, pour ceux qui le souhaitent, d'avoir une publicité adressée, segmentée, et qui permette aussi, parce que ça c'est demandé par de nombreux téléspectateurs et de nombreux internautes, toutes les études l'ont démontré, des publicités qui vous concernent plutôt que des publicités qui ne vous concernent pas.
Pour être aussi opposé,
est-ce qu'il y aura un bouton sur la box pour dire moi je ne veux pas de plus cibler ? Ça fait partie des sujets qui seront évoqués et ça fait partie des possibilités intéressantes.
On va évoquer la question de la redevance qui va baisser pour la première fois cette année. Franck Riester, vous nous direz dans un instant. Oui, juste un mot. Un mot parce qu'on est en retard.
La publicité, ça permet de conforter les modèles économiques de ces acteurs et ça permet de financer la création puisque les obligations de financement de la création française en matière d'audiovisuel et de cinéma sont basées sur le chiffre d'affaires des chaînes de télévision notamment.
Alors pas de publicité à 7h en tout cas sur France Info mais les titres à 8h50 avec Edouard Marquier.
Le ministre de la Culture comprend la décision de Roman Polonski de ne pas venir à la cérémonie des Césars. Ce soir, une décision sage vient de déclarer Franck Riester sur France Info. Le film J'accuse du cinéaste est nommé 12 fois. Ce serait un mauvais symbole s'il obtenait le César du meilleur réalisateur dans la nécessaire prise de conscience qu'on doit tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. C'est ce qu'a ajouté le ministre de la Culture. En raison du coronavirus, 2000 élèves français n'ont pas repris l'école. Ils sont mis en quatorzaine car de retour de zone à risque. Chiffre donné ce matin par le ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer.
Par ailleurs, 38 personnes ont contracté le virus en France deux fois plus par rapport à hier. L'Italie, pays le plus touché d'Europe, continue de prendre des mesures. Cinq matchs de football se joueront à huit clos ce week-end. Près de 700 personnes sont contaminées chez notre voisin et 17 personnes sont mortes. Un hommage national pour Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur. Il sera rendu en fin de matinée par Emmanuel Macron aux Invalides à Paris. Jean-Daniel est mort il y a dix jours à l'âge de 99 ans. France Info et tout est plus clair.
Toujours avec le ministre de la Culture, Franck Riester, la redevance audiovisuelle des Français va baisser cette année pour passer à 138 euros contre 139 l'année dernière. Est-ce que ça va continuer jusqu'à la fin du quinquennat ?
Je ne sais pas. Nous avons en tout cas décidé jusqu'à la fin du quinquennat, jusqu'à la fin 2022, une trajectoire financière pour l'audiovisuel public qui est très claire, très précise, année après année. C'est la première fois que ça existe de cette façon-là. Avant, chaque année, on s'interrogeait sur ce que seront les ressources de l'audiovisuel public en matière de contribution à l'audiovisuel public. depuis 2019, voté en 2018, ce n'est plus le cas. Il y a une prévision des ressources publiques. Ce qui ne veut pas dire qu'il peut y avoir des ressources privées à travers la publicité qui évoluent. La preuve, Radio France augmente ses ressources en matière de publicité.
Et donc, on ajustera.
Donc peut-être que ça réaugmentera en 2021,
en 2022. Oui, tout à fait. Ce n'est pas exclu à partir du moment où il faut financer l'audiovisuel public à la hauteur de ce qui est prévu
d'ici à 2022. C'est aussi un message que vous adressez aux grévistes qui viennent de faire grève à Radio France pendant près de deux mois.
Oui, je leur dis que l'État tiendra ses engagements. Nous avons une grande ambition pour l'audiovisuel public à commencer par Radio France et nous tiendrons nos engagements. Nous tiendrons nos engagements de financement tels qu'ils sont prévus dans le schéma financier jusqu'à 2022. Et nous serons au rendez-vous en fonction des aléas de France Télévisions, de Radio France, de France Média Monde ou l'INA. Regardez ce qu'a fait le gouvernement quand il s'est agi d'accompagner Radio France sur la fin des travaux de la Maison de la Radio. Nous avons dit nous accompagnerons Radio France et nous accompagnons Radio France.
Nous allons mettre presque 44 millions d'euros supplémentaires par rapport à ce qui avait été prévu pour financer la fin des travaux de la Maison de la Radio. Donc le gouvernement est en responsabilité. Il dit voilà, vous savez sur quoi vous pouvez compter pour les années qui viennent mais en même temps l'État sera là si vous avez des soucis, si vous avez un problème majeur, on sera au rendez-vous. Et on l'est.
Franck Réistère, Marc Fouvel vient de y faire allusion, Radio France sort d'une très longue grève pour s'opposer à un plan d'économie qui a été présenté par la présidence et dans le cadre du débat sur votre projet de loi à l'Assemblée nationale, il y a un certain nombre de députés de la majorité qui envisagent de présenter des amendements à votre texte pour limiter la grève à Radio France, pour instaurer une forme de service minimum. Si ces amendements viennent dans le débat, est-ce que le gouvernement les soutiendra ?
D'abord, nous savons quels sont les amendements qui ont été déposés pour la commission, qui commence à partir de la semaine prochaine et il n'y a aucun amendement dans ce sens qui a été déposé par aucun groupe politique. S'il y en a en séance dans l'hémicycle, est-ce que vous les soutiendrez ? Écoutez, je verrai quel est le type d'amendement qui est proposé. Ce qui est certain, c'est que je suis très attaché au droit de grève dans le service public comme ailleurs. Se pose après la question de la continuité du service public parce que c'est une vraie question qui interroge nos compatriotes et donc, nous aurons un débat avec les parlementaires si jamais il y a cet amendement.
Mon ressenti, c'est que nous devons nous assurer que le droit de grève est bien un droit total dans le service public et donc à Radio France. Donc, on ne peut pas imposer
un service minimum ?
Si, on peut imposer un service minimum dans les services publics puisque vous savez que notamment dans les transports il n'existe pas dans les transports. Il y a une obligation
de se déclarer 48 heures à l'avance où on ne prend pas des non-grévistes pour leur faire conduire
des trains de force. Ça fait partie des conditions qui permettent d'assurer en tout cas de faciliter la continuité du service.
Réquisitionner des non-grévistes c'est une possibilité que vous laissez ?
Vous me parlez de choses qui sont des choses différentes les unes après les autres donc il faut que j'essaie de répondre progressivement. Donc, en ce qui concerne la déclaration plus longtemps à l'avance c'est, je crois, savoir un des éléments qui étaient dans les réflexions de certains parlementaires. Pour l'instant il n'y a pas d'amendement de déposé ils nous verront si ces amendements sont déposés quelle est la position du gouvernement.
Moi je vous réaffirme ma détermination à protéger c'est un droit constitutionnel le droit de grève dans le service public et après de voir les voies et moyens pour s'assurer du maximum de chances de continuité du service public parce qu'on l'a vu là sur les dizaines de jours de grève beaucoup de nos compatriotes se sont interrogés
justement sur cette continuité du service public. Un mot sur deux chaînes de télévision France 4 et France O qui doivent basculer cet été sur le numérique on ne pourra plus les voir à la télé il se trouve que 15% des français n'ont pas internet aujourd'hui soit ne l'ont pas soit ne savent pas l'utiliser vous leur dites quoi tant pis pour vous ?
non je leur dis que bien évidemment ils continueront d'avoir des contenus de l'outre-mer ou des contenus d'animation de jeunesse sur les antennes linéaires c'est-à-dire sur le poste de télévision de France Télévisions puisque ce n'est pas parce qu'il y a deux chaînes en moins que les programmes les contenus ne peuvent pas être accessibles ils seront redispatchés selon les chaînes France 2 France 3 France 5 et éventuellement France Info qui est un objet tout particulier c'est la raison pour laquelle a été bâti notamment avec les parlementaires d'outre-mer mais aussi les professionnels du secteur et France Télévisions un pack visibilité de l'outre-mer et que j'ai annoncé lors de mon audition à l'Assemblée Nationale il y a quelques jours que nous allions bâtir un même pack de visibilité autour de la jeunesse et de l'animation pour que France Télévisions d'ores et déjà démontre sa détermination à mettre à l'antenne en linéaire des contenus d'animation et de jeunesse une question qu'on ne pouvait pas
ne pas vous poser Renaud Dely je vous propose que nous achevions cet entretien en musique Franck Riester le 16 mai à Rotterdam c'est un certain Tom Leb qui va défendre les couleurs de la France il va le faire avec cette chanson je vous propose d'écouter un très court extrait
You are the best in me
c'est en l'occurrence que chante Tom Leb il me semble que c'est de l'anglais effectivement et vous avez déclaré Franck Riester que ce refrain vous casse les oreilles c'est un point de vue qui porte non pas sur la mélodie mais sur la langue utilisée tout à fait écoutez d'abord je le soutiens pour l'Eurovision
mais je crois si vous le soutenez en disant que ça vous casse les oreilles on a connu du soutien plus enthousiaste certes non mais je vais vous dire je pense que sur un concours comme celui-là on doit s'assurer que le français est la langue qui est chantée si quitte à perdre au final oui quitte à perdre au final on perd tous les ans bien évidemment qu'il y a des artistes français qui chantent en anglais c'est très bien enfin quand on est représentant de la France pour l'Eurovision qui est un concours entre nations portons fier et haut la langue française en 2020
c'est pas un petit peu ringard non je crois pas je crois pas du tout
le défendre le français c'est pas ringard vous savez c'est ce qui nous lie entre nous français jusqu'à l'Eurovision bah oui bah jusqu'à l'Eurovision oui la langue française c'est le cœur de ce qui nous lie c'est notre ciment c'est un de nos ciments donc ne faisons ne baissons pas la garde sur la défense et la promotion du français et s'il y a bien un concours qui permet devant tous les européens de défendre notre belle langue c'est l'Eurovision alors c'est pas la responsabilité de Tom Lemb c'est la responsabilité en l'occurrence de France Télévisions et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je travaille actuellement avec mes équipes pour voir de quelle manière on peut obliger France Télévisions à choisir des chanteurs
qui chantent en français et il faut rappeler quand même que ça fait 43 ans maintenant que la France attend de remporter l'Eurovision
le délit regarde la cérémonie en espérant un vainqueur merci beaucoup thank you Franck Riester merci à vous et l'info politique n'oubliez pas c'est aussi un podcast original sur France Info Paris la bataille le feuilleton des municipales un nouvel épisode tous les vendredis un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France l'application Radio France
Franck Riester