Claude Albertini, directeur du lycée agricole de Borgo, détaille l'adaptation des formations face au climat
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Questions et réponses
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- 1:25OuverteRéponse directe
Comment adaptez-vous vos formations aux conséquences du changement climatique ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Avez-vous des exemples concrets de dispositifs mis en œuvre ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Craignez-vous un impact sur l'attractivité de la filière agricole ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Le Bachelor Agro est-il envisagé en Corse ?
- 5:56OuverteRéponse directe
Comment gérez-vous l'interdiction du téléphone portable dans un établissement avec internes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:43PrésentateurFait
« On a depuis quelques années dans l'enseignement agricole une organisation des formations et des objectifs de formation qui sont fixés par capacité. »
- 3:48PrésentateurChiffre
« La dernière loi d'orientation agricole a fixé comme objectif pour l'enseignement une augmentation de 30% des effectifs. »
- 3:59PrésentateurChiffre
« Cette année, Borgo y contribue largement puisque nous augmentons nos effectifs de 7%. »
Temps de parole
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On
le
disait, le lycée agricole de Borgue aussi faisait sa rentrée hier, une rentrée dans un contexte très particulier pour les futurs agriculteurs, alors que leurs aînés attendent les annonces du ministère de l'Agriculture pour des aides d'urgence après avoir été durement touchée, Camille, par la sécheresse et les canicules à répétition de cet été. Pour en parler ce matin, vous avez invité à votre micro le directeur du lycée agricole de Borgue.
Claude Albertini, bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être en direct avec nous ce matin. Alors, le monde agricole attend ces mesures imminentes du gouvernement pour faire face aux baisses de production de cet été particulièrement difficile. C'est forcément un sujet qui vous préoccupe, vous aussi j'imagine, en tant que directeur d'établissement
? C
'est un sujet qui préoccupe toute la profession, donc bien évidemment l'enseignement agricole. Ce sujet, en fait, il nous renvoie globalement sur le concept de transition, d'adaptation qui est aujourd'hui le schéma directeur, en fait, d'un enseignement agricole différent, d'un enseignement agricole qui est tourné vers l'avenir et dont les orientations principales visent à former des professionnels capables de s'adapter à toutes les transitions.
Et justement, vous, au lycée agricole, comment est-ce que vous adaptez vos formations à ces conséquences du changement climatique dont on sait par ailleurs qu'elles sont amenées à s'aggraver encore dans les années à venir
?
Alors, de diverses manières, mais plus généralement par l'enseignement capacitaire. C'est-à-dire qu'on a depuis quelques années dans l'enseignement agricole une organisation des formations et des objectifs de formation qui sont fixés par capacité. Ça veut dire une formation qui est ancrée dans son secteur professionnel, qui est ancrée dans la réalité des métiers. Ça veut dire également développer chez nos apprenants des raisonnements qui leur permettent de s'adapter aux transitions. Et puis, ça veut dire également favoriser l'innovation, favoriser le développement des raisonnements qui permettent à nos jeunes d'être adaptatifs.
Et justement, est-ce que vous avez des exemples concrets, par exemple, de dispositifs que vous mettez en œuvre ? Par exemple, j'ai vu que vous aviez un partenariat avec Météo France. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Oui. En quelques mots, le lycée agricole fait partie du réseau national pédagogique Météo France. Qu'est-ce que ça veut dire, en fait ? Ça veut dire qu'on raisonne pour les futurs exploitants agricoles ou pour les futurs cadres, puisqu'on forme également l'encadrement intermédiaire de notre agriculture. On raisonne en fait, ou plutôt on met en correspondance les itinéraires techniques avec des données météo pour voir en quoi et comment on s'est adapté ou comment on n'a pas réussi à s'adapter dans certains cas aux évolutions climatiques, aux évolutions pédoclimatiques, c'est-à-dire celles qui ont des conséquences sur les cultures, qui ont des conséquences sur leur capacité à produire.
Et
on le rappelait en début d'interview, le contexte aujourd'hui pour l'agriculture, il est difficile à l'échelle nationale notamment. Est-ce que vous craignez que ça puisse impacter l'attractivité de la filière et qu'elle puisse souffrir d'un manque de candidats face à ce contexte
?
L'enseignement agricole, et plus globalement la profession agricole, souffre d'un manque d'attractivité, pas simplement en Corse, mais au niveau national. Aujourd'hui, on est face à un défi qui est celui du renouvellement des générations. La dernière loi d'orientation agricole a fixé comme objectif pour l'enseignement une augmentation de 30% des effectifs. Alors cette année, Borgo y contribue largement puisque nous augmentons nos effectifs de 7%. Mais on met en place des dispositifs, des dispositifs internes de communication déjà, où on communique maintenant sur une image qui est décomplexée. Ça veut dire que l'agriculture est un métier difficile, bien évidemment, tout le monde le sait.
C'est un métier où les revenus ne sont pas toujours au rendez-vous, mais c'est aussi un métier qui est orienté vers l'avenir. C'est un métier technologiquement de pointe. C'est un métier qui se féminise. C'est un métier qui a des conditions sociales, qui s'améliore progressivement.
Et
puis on travaille aussi, bien évidemment, avec nos partenaires. Nos partenaires, c'est la direction régionale de l'agriculture, c'est la collectivité de Corse, c'est le rectorat. Et on travaille sur des contrats territoriaux où on met en place des plans d'action pour développer des formations et pour que tout le monde, y compris la profession agricole, contribue à cette communication.
Et ces formations, d'ailleurs, continuent à se développer sous l'impulsion du ministère de l'Agriculture. Il y
a
une nouvelle qui a été lancée cette année, le Bachelor Agro. Alors, il n
'est
pas encore proposé en Corse, mais j'imagine que vous vous y intéressez pour les années à venir
?
Alors, effectivement, les premières formations ont démarré hier sur le continent. On a un projet et on travaille sur un projet. Ce n
'est
pas simplement un projet, c'est un chantier. On a ouvert un chantier avec l'Université de Corse, avec l'école Paolitec, pour ouvrir à la rentrée 2028, si tout se passe comme prévu, un Bachelor Génie Agronomique et Transition. Donc, Génie Agronomique et Transition, c'est le chénon manquant pour l'enseignement en Corse, pour l'enseignement agronomique, entre le BTS Métier du Végétal qui est dispensé sur notre établissement et l'école d'ingénieurs Paolitec.
Dernière question, Claude Albertini. Vous en avez parlé à vos élèves et à leurs parents, d'ailleurs aussi hier, pendant la réunion de rentrée. C'est une nouveauté, l'interdiction du téléphone portable. Est-ce que c'est plus compliqué à mettre en place dans un établissement comme le vôtre où il y
a
aussi des internes ?
C
'est plus compliqué, bien évidemment, parce qu'on est isolé. Parce que les élèves qui sont à bord ou en dehors du mercredi après-midi, bien évidemment, où ils vont se promener un peu en ville, rentrent le lundi matin à 10h sur l'établissement, qu'ils y sont jusqu'au vendredi 15h. Mais cette application, on va la raisonner et on va la mettre en place progressivement, déjà par une sensibilisation qui a en fait commencé hier dès la rentrée. Et puis, dès aujourd'hui, par le dialogue, le dialogue avec nos élèves, le dialogue avec les parents d'élèves. Et progressivement, on mettra en place un règlement qui permettra bien évidemment des usages particuliers, mais qui respectera la loi.
Écoutez, ce sera le mot de la fin. Je vous remercie beaucoup, Claude Albertine, d'avoir été en direct avec nous ce matin.
Merci à vous. Au revoir.