Des travaux sont "nécessaires" pour que "le Louvre reste le plus beau musée du monde", affirme le directeur du musée
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Un seul homme peut-il redresser la barre ?
- 1:19OuverteRéponse directe
C'est à vous qu'il revient de sauver le Louvre ?
- 1:44OuverteRéponse partielle
Êtes-vous l'homme providentiel face à la situation gravissime ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Est-ce que ce casse pourrait se reproduire aujourd'hui ?
- 2:57RelanceRéponse directe
Il n'existe pas de solution de surface facile pour une sécurité absolue ?
- 3:34OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous pensez qu'on les retrouvera un jour, ces bijoux volés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En 2025, 9 millions de personnes ont visité le Louvre. »
- 0:14PrésentateurFait
« derrière ce succès, il y a aussi des toitures qui fuient, des canalisations qui lâchent, des poutres si fragiles qu'il a fallu évacuer les bureaux de deux départements, des salles à plus de 30 degrés l'été. »
- 0:26PrésentateurFait
« Le Louvre est à bout de souffle de la veuille même de son président. »
- 0:29PrésentateurFait
« Il y a un an, le cambriolage dans la galerie d'Apollon a révélé au monde entier les failles de sécurité de l'établissement. »
- 0:35PrésentateurChiffre
« Entre coûts budgétaires de 3 millions d'euros et 360 autres millions d'euros de mécénats à trouver pour financer le projet Grand Louvre »
- 2:10PrésentateurFait
« Un commando arrivé en camion nacelle entrait par une fenêtre dans la galerie d'Apollon du Louvre. Il repartait en quelques minutes avec huit joyaux de la Couronne de France, un butin estimé à 88 millions d'euros. »
- 2:59PrésentateurFait
« vous disiez au Figaro qu'il n'existe néanmoins pas de solution de surface facile et miraculeuse pour permettre cette sécurité absolue. »
- 6:11PrésentateurChiffre
« Le Louvre n'avait dépensé que 3 des 83 millions de son plan de sûreté selon la Cour des comptes. »
- 7:53PrésentateurChiffre
« La Cour des comptes évalue ce projet à 1,15 milliard d'euros. »
- 10:03InvitéChiffre
« ce projet est à 75% financé par notre billetterie, par nos concessions, les expositions itinérantes. »
- 10:20InvitéChiffre
« Nous avons 300 millions des Émirats Arabes Unis, du Louvre à Abu Dhabi. Il nous reste 360 millions à trouver. »
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C
'est l'un des plus grands musées du monde, un symbole de la culture et du rayonnement français. En 2025, 9 millions de personnes ont visité le Louvre. Et pourtant, derrière ce succès, il y a aussi des toitures qui fuient, des canalisations qui lâchent, des poutres si fragiles qu'il a fallu évacuer les bureaux de deux départements, des salles à plus de 30 degrés l'été. Le Louvre est à bout de souffle de la veuille même de son président. Il y a un an, le cambriolage dans la galerie d'Apollon a révélé au monde entier les failles de sécurité de l'établissement.
Entre coûts budgétaires de 3 millions d'euros et 360 autres millions d'euros de mécénats à trouver pour financer le projet Grand Louvre, un seul homme peut-il redresser la barre ? Notre invité a pris la tête du Louvre il y a huit mois en pleine tempête. Bonjour Christophe Leribaud. Bonjour. Vous êtes le président directeur du musée du Louvre depuis le 25 février dernier. Et c'est un événement puisque pour la première fois, vous êtes sur France Inter afin de présenter votre vision pour le Louvre, la façon dont vous comptez le moderniser pour lui permettre de relever les défis importants qui sont les siens aujourd'hui.
Vos questions et vos réactions, chers auditeurs et auditrices, au 01 45 24 7000 ou via l'application Radio France. Christophe Leribaud, vous avez dirigé le Petit Palais, le musée d'Orsay, Versailles, avant de prendre la tête du Louvre. Après la démission de Laurence Descartes, je viens d'énoncer des difficultés colossales auxquelles est confronté le musée. C'est à vous qu'il revient de sauver le Louvre ? On peut dire ça
?
Alors déjà,
c
'est un honneur de se voir confier une telle responsabilité. Le Louvre, c'est bien sûr aussi une équipe au travail. Le challenge est évidemment lourd, mais il faut le relever absolument. Ce
n
'est pas un des plus grands musées du monde, c'est le plus grand musée. Donc il faut absolument qu'on puisse faire
face. Et donc
vous êtes l
'homme providentiel face à la situation gravissime que vous décrivez, que nous allons décrire dans cet entretien ? Alors justement,
ça ne peut pas reposer sur une personne. Mais en ce moment, c'est vrai que je suis un peu commis voyageur pour trouver des moyens pour pouvoir alimenter ces grands projets qui sont vraiment nécessaires.
Alors abordons le sujet peut-être qui a animé l'actualité française et mondiale il y a près d'un an, presque jour pour jour, le 19 octobre 2025. Un commando arrivé en camion nacelle entrait par une fenêtre dans la galerie d'Apollon du Louvre. Il repartait en quelques minutes avec huit joyaux de la Couronne de France, un butin estimé à 88 millions d'euros. Est-ce que ce casse, aujourd'hui, pourrait se reproduire
?
Alors déjà, la fenêtre maintenant est solidement grillagée comme vous pouvez l'imaginer. On espère que les autres aussi. Voilà. Donc on a lancé, d'ailleurs, bien avant mon arrivée, des grands travaux absolument prioritaires de sécurité en termes de sécuriser le pourtour. On a installé des caméras, des détecteurs, plein de choses. Et puis c'est un projet, énormément de choses encore à mener. C'est un quartier de Paris complet. Donc le Louvre est sécurisé aujourd'hui, vous diriez
? En
fait, notre mieux, c'est vraiment la priorité.
Vous disiez au Figaro, pardonnez-moi,
vous
disiez au Figaro qu'il n'existe néanmoins pas de solution de surface facile et miraculeuse pour permettre cette sécurité absolue. Ça veut donc dire qu'il existe encore des failles ?
Il y
a
encore des objets présentés,
il
y
a
encore des visiteurs. Notre but est quand même de faire partager nos collections.
Il
y a des injonctions forcément très contradictoires entre la sécurité par rapport à l'incendie, aux inondations, etc. Mais ça, c'est une équation assez complexe. Mais on a vraiment renforcé et on continue à le faire, la protection fixe des œuvres, bien sûr.
Est-ce que vous pensez qu'on les retrouvera un jour, ces bijoux volés ?
Alors j'espère, on a retrouvé les renoirs qui avaient été dérobés au musée de Cagnes-sur-Mer. Les voleurs ont quand même été arrêtés tout de suite. La police a pu faire ce travail. Ensuite, je ne connais pas les détails actuels de l'enquête. Si je les connaissais, d'ailleurs, je ne pourrais pas les révéler. Le musée de Dresde a pu retrouver ces joyaux.
Votre
cambriolage, d
'ailleurs, aussi.
Et puis depuis, on a vu cette violence dans le musée, aussi bien à Vienne
qu'en Espagne et ailleurs. Si on prend un peu de recul, Christophe Leribaud, sur ce qui s'est passé il y a un an, sur ce casque, qu'est-ce qu'il révèle au fond du fonctionnement même du musée du Louvre ? Certains pointaient notamment un manque de culture liée à la sécurité. Est-ce que vous allez dans ce sens également ?
Je
pense que les équipes ont été très blessées et touchées dans leur cœur, puisqu'il y a vraiment un amour profond des collections du musée. Ce qu'on voit, en revanche,
c
'est, de toute façon, et maintenant c'est international, une augmentation de la violence dans ces attaques.
Comment vous l'expliquez, cette violence
? Alors,
peut-être que les banques sont mieux protégées, je ne sais pas. Enfin, les musées, qu'on pensait un peu sanctuarisés, maintenant sont devenus une cible à travers le monde.
Ce que vous dites, c'est que comparativement aux bijouteries, aux banques, c'est plus facile, plus commode, j'allais dire, d'aller voler des grandes œuvres dans des grands musées qu'ailleurs ? Alors, je ne vous y encouragerai pas,
car les œuvres sont quand même
célèbres. C'est-à-dire qu'après, je ne sais pas comment on fait pour revendre un chef-d'œuvre de Raphaël, ou Léonard de Vinci, c'est ce qui
nous a donné peut-être trop de confiance.
Quelle
est la responsabilité dans cette affaire de l'équipe qui vous a précédé ? Quelle est la responsabilité de Laurence Decar, l'ancienne directrice générale
? Vraiment,
Laurence s'est dévouée à fond pour le musée. Là,
il
faut quand même admettre qu'il y
a
une intervention extérieure qu'on n'avait pas imaginée dans ce
scénario, c'est sûr. Elle était tout de même directrice générale de l'établissement. On peut être directeur, directrice générale d'un tel établissement et ne pas avoir de responsabilité dans le vol qui a défrayé la chronique pendant des semaines et des mois
?
Laurence s'est débattue et on a tiré les conséquences en présentant sa démission. Mais il est quand même assez difficile de pouvoir être sous tous
les fronts en même temps. Mais tout de même un chiffre, le Louvre n'avait dépensé que 3 des 83 millions de son plan de sûreté selon la Cour des comptes. Est-ce que là, objectivement, ce n
'est
pas un manquement évident quant à la sûreté, la sécurité des œuvres et du Louvre ?
Retournons les choses. Vous avez mentionné qu'il y avait 83 millions d'euros destinés à un plan général pour améliorer la sécurité. Ça voulait dire un effort absolument majeur. Mais
beaucoup d'argent à
dépenser en l'occurrence ?
Les
3 millions, c'était justement pour financer les études. Puisqu'avant de lancer des travaux, évidemment, on regarde comment on va faire les choses. Les travaux maintenant ont débuté. On en a dépensé 6 cette année. Et puis il nous reste la suite progressivement à mettre en place. C'est assez complexe dans un monument historique aussi d'intégrer toutes ces technologies. Mais c'est évidemment une priorité. Notre devoir,
c
'est de préserver le patrimoine pour le transmettre, pour le montrer, le faire aimer. Évidemment, c'est indispensable.
Et donc, vous le disiez, c'est trouver forcément, nécessairement un juste équilibre entre faire en sorte que le Louvre demeure un lieu ouvert, demeure un lieu accessible aux visiteurs au grand nombre et dans le même temps préserver la sécurité des œuvres.
Mais
c'est quand même
un objectif majeur de partager ces œuvres. Donc, on s'y emploie. C'est évidemment la quadrature du cercle.
On
est très heureux de vous recevoir aussi aujourd'hui, Christophe Leribaud, parce qu'en janvier 2025, Emmanuel Macron annonçait le plan Louvre. Nouvelle Renaissance, on appelle ça le Grand Louvre aujourd'hui. C'est-à-dire une nouvelle entrée par la colonnade. Une salle rien que pour la Joconde, qui serait inaugurée d'ici 2031 au plus tard. La Cour des comptes évalue ce projet à 1,15 milliard d'euros. On sait que l'État va financer une partie. Il faut du mécénat, absolument. Où est-ce que vous allez chercher cet argent ? Est-ce que c'est votre premier job aujourd'hui, aller chercher cet argent pour réaliser ce projet Grand Louvre
?
Alors, mon premier job,
c
'est déjà de gérer avec les équipes un établissement qui reçoit 9 millions de visiteurs. Mais ensuite, pour améliorer les choses, on a vraiment besoin de ces travaux, qui sont des travaux aussi de réparation, d'amélioration du bâti. On l'avait mentionné. Les toitures, le chauffage, enfin, je ne
vais
pas en refaire la liste. Mais aussi répondre à des problèmes majeurs,
qui
est l'embolisation de toute l'aile de nom où est présentée la
Joconde.
80% de nos visiteurs se précipitent pour aller voir le tableau, qui est le plus célèbre du monde. Donc, c'est formidable pour le Louvre. C'est compliqué à gérer. Donc, le résultat de toutes les études qui ont pu être menées au fil des décennies, on hésitait à mettre la Joconde de côté en dehors du parcours des salles. C'est vraiment de créer un espace dédié, beaucoup plus accueillant, confortable, où on puisse vraiment gérer les flux de visiteurs et puis créer deux nouvelles entrées. Ce n
'est
pas une. Du côté de la colonnade du Louvre, qui est la très belle façade du musée, voulue par Louis XIV et laissée inachevée, créer deux autres entrées, de façon à ce que la pyramide ne soit pas l'accès unique et bloqué. Où sera cet espace ? On le sait d'ores et déjà. Où est-ce qu'il sera situé ? Pour la Joconde, sous la cour carrée. Donc, il faudra creuser des espaces un peu généreux, de façon à ce que la visite puisse être agréable, qu'on ne soit pas entassé, comme
dans
la salle des États, devant un tableau qu'on voit finalement de
manière
trop éloignée. Je reviens un instant, Christophe Leribaud, sur le budget lié à ce projet. On sait qu'une part importante de ce budget est liée à la générosité des mécènes que vous allez rencontrer à travers le monde, à New York, à Hong Kong, ailleurs. Au fond, êtes-vous certain aujourd'hui que les mécènes mettront la main au pot et donc que ce projet grand louvre, comme on dit, pour avoir le jour
? Ce
qui est rassurant, c'est que déjà, ce projet est à 75% financé par notre billetterie, par nos concessions, les expositions itinérantes. On a toute une batterie de ressources.
Ça veut dire
que vous devez chercher combien en termes de mécénat aujourd'hui
? Nous
avons 300 millions des Émirats Arabes Unis, du Louvre à Abu Dhabi. Il nous reste 360 millions à trouver. Bon, c'est évidemment énorme. En France, on n'a jamais eu un challenge de ce niveau. Mais en même temps, là, puisque j'ai pu rencontrer un certain nombre de partenaires d'hommes et femmes d'affaires aussi bien au Japon qu'aux Etats-Unis,
ils
l'avaient mentionné, ils ne voient pas quelque chose d'invraisemblable. Ils comprennent tout à fait, c'est financier, industriel, qu
'ils faillent investir. Oui, c'est ce que j'allais vous demander. Qui sont
ces mécènes, en fait ?
Je ne peux pas donner les noms tout de suite. Mais ils comprennent tout à fait, quand je vais les voir,
en
tout cas, ils ne me disent pas, très bien, merci, bonne chance. Ils comprennent qu'il fait vraiment des investissements qui permettent de mettre le musée à niveau. C'est les mêmes montants financiers que la rénovation du Metropolitan Museum, du British Museum qui est lancé.
C
'est ce qui a eu lieu au Prado, à Madrid.
Mais
est-ce que ce
projet pourrait ne pas avoir le jour si, encore une fois, les mécènes ne donnaient pas autant que vous l'espérez aujourd'hui
? Alors, il
y
a
de
belles perspectives. Si c'était uniquement à partir des fonds propres du musée, ce serait davantage étalé sur les années, ce qui est plus coûteux. Et puis on répond quand même à des urgences en termes de climat, de beaucoup de choses par travers le musée. Mais c'est des travaux
qu'on doit nécessairement mener. Ce qu'il faut avoir par ailleurs à l'esprit, Christophe Lerubeau, c'est que c'est un projet de long terme. Au fond, les premiers travaux auront lieu dans plusieurs années. Donc cela dépendra également en partie
du
prochain président de la République. Qu'est-ce que vous devez dire ? Qu'est-ce que vous souhaitez dire au prochain président de la République pour préserver ce projet ?
Alors déjà, les travaux ont commencé. On travaille sur le nouveau département de Bizan, des chrétientés en Orient. On répare des escalators. On a vidé des kilomètres de bureaux, de bibliothèques.
Mais la majorité que
vous évoquiez un peu
plus tôt, ça prendra du temps tout de même. Bien sûr, ça s'échelonnera sur des années. Et ce sont vraiment des travaux tellement nécessaires si on veut que le Louvre reste le plus grand, le plus beau musée du monde. Il y a les activités, évidemment, saisonnières avec les expositions, etc. Mais on doit s'attaquer aux bâtis.
Mais
ça,
c
'est déjà commencé. Après, il y
a
la question d'une nouvelle entrée. Mais c'est vraiment la solution pour éviter d'avoir une accumulation des visiteurs dans un point du musée et puis d'autres salles
presque
vides. Mais
donc, il faudra
bien compter sur le soutien du prochain exécutif pour assurer cette continuité de travaux et de transformations.
Le
Louvre, c'est
vraiment
une collection nationale. C'est l'honneur de la France. Ce palais, c'est un musée universel où se pressent des visiteurs de tous les pays. Donc, l'enjeu, il n'est pas directement politique. C'est un paquebot. Il faut savoir l'entretenir, le transmettre pour son directeur comme pour les responsables politiques. De toute façon, c'est des travaux qui durent au-delà des mandatures.
La création de cette salle pour la Joconde fait réagir nos auditeurs et auditrices. Par exemple, Jean-Louis nous demande est-ce que cette nouvelle salle dédiée à la Joconde ne risque-t-elle pas de renforcer finalement l'image d'un musée d'un seul tableau au détriment des dizaines de milliers d'autres oeuvres qu'il possède
?
Justement, ça permet déjà de pouvoir mieux profiter des noces de canard qui sont montrées dans la salle des Etats et de tous les chefs-d'oeuvre d'Otitien, de Véronèse.
Qui se trouvent derrière
les visiteurs quand on regarde la Joconde et sur lesquelles les visiteurs ne se retournent jamais pour parler des noces de canard.
Alors
si, quand ils font leur selfie devant la Joconde, du coup, ils sont face au Véronèse. Mais c'est un peu dommage. Devant le Véronèse, on aimerait installer des banquettes, pouvoir se reposer en profitant de ce tableau. La Joconde,
c
'est vraiment un phénomène très particulier. Souvent, des visiteurs n'ont jamais visité de musée de leur vie.
Il
ne faut pas que cette confrontation avec ce chef-d'oeuvre soit décevante à cause de la foule. Il faut la rendre intéressante
par
des accès améliorés, par des explications, une immersion en amont.
Et la billetterie ? Est-ce que vous pouvez envisager qu'il n'y
ait
qu'un seul billet, par exemple, pour ne voir que la Joconde
? Oh
non, ce serait trop réducteur. C'est un musée
monde. C'était une
proposition d'Emmanuel Macron
quand
il a présenté le projet Grand Louvre.
Non, il y aura un billet avec un horaire pour accéder dans la salle à la Joconde. Ça,
c
'est pour réguler le flux, pour avoir l'assurance de pouvoir l'admirer dans de bonnes conditions. Mais justement, cet accès décalé du côté de la Colonna, de là où on ne va pas, permet de construire des nouveaux escaliers, ascenseurs, etc., de façon à irriguer d'autres parties du musée qui sont moins visitées.
On va parler d'art, Christophe Luribaud,
on
va parler d'exposition parce que c'est peut-être la raison d'être première du Louvre aujourd'hui. Mais un mot tout de même pour terminer. Lorsqu'on se rend au Louvre, actuellement, on est frappé par le monde, par les files d'attente, par aussi les conditions d'accueil qui ne sont pas toujours optimales lorsqu'on souhaite notamment contempler une œuvre. est-ce que c'est possible aujourd'hui de se rendre au Louvre dans de bonnes conditions pour voir ses œuvres principales
?
Les billets se prennent en ligne avec des créneaux horaires. Il devrait y avoir moins de monde devant la pyramide.
Il
se trouve que les gens souvent viennent très à l'avance. Donc ils sont là, on peut les faire entrer qu'au moment où ils ont leur billet horodaté. Il peut y avoir évidemment des moments de tension
à des pires de fréquentation. Mais
à l'intérieur, si on a déjà vu la Jocoronde et qu'on a envie de voir la peinture otanoise, d'aller voir les objets d'art, les chefs-d'œuvre de Babylone,
on
y est relativement tranquille. Mais en même temps, c'est bien que le musée soit attractif. Et finalement, quand on teste le taux de satisfaction comme on dit des visiteurs, il est extraordinaire.
C
'est à 93% parce que finalement, ils ont vu des chefs-d'œuvre dans un palais. Donc ils ont quand même des étoiles dans les yeux quand ils ressortent. Mais on peut s'améliorer, on peut améliorer l'accueil,
on
peut améliorer le temps d'attente. Effectivement, c'est mieux de passer son temps devant un chef-d'œuvre plutôt que
devant la pyramide. Et puis peut-être passer du temps également devant l'exposition que vous présentez en ce moment,
l
'exposition La Rétrospective même, Zurbaran, un peintre espagnol du XVIIe siècle, contemporain de Diego Velasquez, un grand coloriste, un mystique. En quoi cette exposition est-elle un événement pour le Louvre
? C
'est un des plus grands maîtres de la peinture espagnole. Effectivement, c'est très espagnol, très mystique. Il y
a
beaucoup de sujets religieux, mais aussi des natures morts d'une simplicité incroyable qui d'ailleurs ont des connotations religieuses. Et puis, cette exposition est redoublée d'une autre consacrée à la sculpture espagnole du XVIIe siècle, très expressive. Donc, on voit des vierges, des christs, il y
a
du sang qui coule, des larmes, etc. Ce sont des sculptures d'ailleurs qui sont promenées dans les processions encore en Espagne. c'est très fort et cette double exposition je crois est impressionnante pour les visiteurs. Est
-ce que vous pouvez nous-mêmes, Christophe Leribaud, nous donner les grandes expositions qui sont actuellement en cours de préparation et que les visiteurs pourront voir au cours des années 2026, 2027, 2028 ? Alors, il y
a
beaucoup de choses en
projet bien sûr. L'an prochain, une exposition sur les Amazones, donc ces femmes guerrières depuis l'Antiquité jusqu'aux Amazones modernes. les féministes américaines, etc. Donc une exposition de plus de sociétés mais avec beaucoup de chefs-d'oeuvre. Entre-temps,
on
va célébrer le bicentenaire de la photographie avec un Louvre photo avec des photos des plus grands maîtres
mais
aussi des choses très inédites, très savoureuses. Prendrons le relais ensuite une rétrospective du grand sculpteur Canova, sculpteur néoclassique italien extraordinaire là aussi. et puis il y
a
d'autres projets en route. On alterne les grands noms et puis des artistes à redécouvrir. Donc il y aura Rembrandt comme il y aura Adriane de Vries, merveilleux sculpteur maniériste du XVIIe siècle que l'on connaît peu.
Ces expos temporaires sont extrêmement importantes pour le musée du Louvre. Est-ce qu'elles auront une salle dédiée comme ça a été évoqué dans le cadre du projet Grand Louvre
?
Alors nos salles d'exposition actuelles techniquement ne sont pas très faciles à aménager, il y
a
des plafonds assez bas, enfin bref. Donc on souhaite vraiment dans le nouveau projet d'avoir des salles d'exposition plus spacieuses, d'accès plus facile.
Effectivement. Ce qui frappe par ailleurs au Louvre, Christophe Leribaud, c'est évidemment l'immensité du musée et le temps qu'il faut pour le parcourir, pour découvrir chacune de ses ailes et de ses œuvres.
Les
vacances scolaires commencent ce soir, des Français, des étrangers vont venir à Paris, vont se rendre au Louvre. Quel serait le parcours intime, personnel que vous leur conseilleriez de dessiner justement ? Par où commencer ? Par où finir lorsqu'on veut découvrir le Louvre
?
Je pense
que c'est très bien de se perdre dans le Louvre, ce qui est très facile d'ailleurs. Et puis de découvrir des chapitres inattendus dans les salles d'archéologie, d'aller de l'Égypte à la peinture du XIXe siècle, gravir les escaliers, découvrir que
c'est
un palais aussi. Il y a des volumes incroyables, des plafonds peints, etc. Donc peut-être partir un peu au hasard.
Un peu au hasard. Il y a Christine qui vous demande, est-ce que vous avez regardé Lupin ? Parce que c'était prémonitoire. Et qu'est-ce que ça raconte au fond dans notre imaginaire collectif, ce cambriolage, ces musées qui attirent les cambriolages
? Alors,
ce n
'est
pas mon fantasme préféré.
Je
pense qu'on doit plutôt être... On a besoin de moments de calme, de repos, de communion avec les artistes du passé, tout ce qu'ils ont voulu
nous transmettre. Vous êtes directeur général, Christophe Leribaud, du Louvre depuis quelques mois. Est-ce que vous avez le temps de le parcourir, ce musée, de le découvrir, d'arrêter votre regard sur une œuvre, une statue, quelque chose qui vous touche particulièrement ?
Alors,
pas assez à mon goût, mais heureusement, j'y ai travaillé longtemps, donc je connais quand même bien la maison. Notamment au département des dessins. Voilà, qui possèdent beaucoup de trésors un peu cachés puisqu'on les protège de la lumière. Mais c'est formidable de pouvoir grimper, voir un Georges de Latour ou une pièce égyptienne. Ça, ça fait du bien. et ça donne de l'énergie pour trouver les moyens pour vraiment rénover, réparer ce musée qui le mérite.
Merci, Christophe Leribaud. C'était votre première prise de parole depuis votre nomination à la tête du Louvre. On mesure les défis qui vous attendent. On vous souhaite une très bonne journée.