Notre-Dame : Macron peut-il faire des miracles ? - C dans l’air - 07.12.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 2:00OuverteRéponse directe
Que vous inspirent-elles, R.Werly, ces 2 images?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'avec cette rencontre trilatérale, le sort de la guerre en Ukraine qui est peut-être en train de se résoudre dans le palais de l'Elysée, c'est une consolation pour E.Macron?
- 8:00RelanceRéponse directe
Pour parler de cette perte d'influence d'E.Macron, A.Lambret, U.von der Leyen devait venir aujourd'hui pour la restauration de Notre-Dame. Finalement, elle a piscine.
- 12:00OuverteRéponse directe
Personne ne croyait qu'on rebâtirait Notre-Dame en 5 ans. Cette résurrection pourrait-elle être la sienne, avec cette restauration?
- 15:00OuverteRéponse directe
J.Fourquet, il y a eu un mea culpa sur la dissolution. Il a admis qu'elle n'avait pas été comprise. Il a fait court, jeudi soir. Ce soir, il va s'exprimer. On nous promet également un discours court. Est-ce qu'il a pris conscience qu'à faire des discours trop longs, il finissait par lasser, agacer?
- 18:00RelanceRéponse directe
On reproche aux socialistes d'avoir voté la censure et de ne pas avoir eu de plan derrière. Qu'est-ce que l'on propose? Le blocage. Après, on est bloqués. Il faut éviter d'apparaître ainsi?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00R.WerlyFait
« D.Trump était très en retard. La rencontre était prévue à 16h. Elle a été décalée à 16h20. Il est arrivé à 16h41 dans la cour de l'Elysée. »
- 6:00A.LambretFait
« Le Mercosur est conclu malgré l'avis de la France au niveau de l'UE. »
- 9:00A.BouilhaguetFait
« E.Macron a voulu la reconstruction de Notre-Dame en 5 ans. »
- 12:00J.FourquetFait
« Le 31 décembre dernier, il avait égrainé les rendez-vous qui allaient essaimer 2024. »
- 15:00J.FourquetFait
« Avec la reprise des fermetures d'entreprises, la situation budgétaire dégradée, sur cet atout maître, E.Macron a beaucoup perdu. »
- 21:00R.WerlyChiffre
« On est à 46 % de dépenses publiques par rapport au PIB. »
- 24:00A.LambretFait
« Le PS se dit prêt à faire des compromis, mais ils mettent des lignes rouges d'emblée. »
- 27:00J.FourquetChiffre
« Nous sommes dans un pays où 56 % de la richesse nationale est captée par la dépense publique. »
- 30:00A.LambretChiffre
« 30 % des Français votent pour le RN. »
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... - A.de Tarlé: Bonsoir à toutes et à tous.
Notre-Dame, une résurrection en mondovision avec la présence de 40 chefs d'Etat et de gouvernement, dont D.Trump, qui salue "le travail remarquable d'E.Macron pour la restauration de la cathédrale de Paris qui a retrouvé sa gloire, et même plus".
E.Macron profitera-t-il de ce moment de grâce? Les Français lui imputent la responsabilité de la crise politique actuelle.
Le président est toujours en quête d'un Premier ministre capable de mettre en musique le fameux gouvernement d'intérêt général qu'il appelle de ses voeux. Quelles sont les options qui s'offrent à E.Macron, et qui va incarner le futur gouvernement, et pour mener quelle politique?
C'est le sujet de cette émission. Nous accueillons R.Werly, journaliste correspondant France-Europe du média suisse "Blick".
Vous venez de passer un mois et demi en reportage aux Etats-Unis. Votre livre est chez Grasset. A.Lambret, vous êtes journaliste politique à franceinfo.
Nous accueillons également A.Bouilhaguet. J.Fourquet, vous êtes directeur du département opinion à l'institut de sondage Ifop.
Votre livre "Métamorphoses françaises: état de la France en infographies et en images" est publié aux éditions du Seuil. Merci de participer à cette émission. Je vous propose de revoir ces images qui viennent de nous arriver.
Ce sont les retrouvailles entre D.Trump et E.Macron.
D.Trump a été accueilli à l'Elysée avec une poignée de main virile. Que vous inspirent-elles, R.Werly, ces 2 images? - R.Werly: J'ai trouvé que ça manquait singulièrement de fraternité.
Ce qu'on ne voit pas dans ces images, c'est que D.Trump était très en retard. La rencontre était prévue à 16h.
Elle a été décalée à 16h20. Il est arrivé à 16h41 dans la cour de l'Elysée. J'ai quelques interrogations sur le climat de cette rencontre.
La poignée de main est virile, mais elle n'est pas d'une cordialité et d'une affection extrêmes dans un jour qui, pourtant, devrait être un jour de fraternité. J'ai un point d'interrogation. - A.de Tarlé: La presse parle "d'un coup diplomatique pour Macron", je cite "Le Monde".
Le président montre qu'il peut recevoir des invités de marque pour célébrer un événement de marque. - A.Lambret: Le Mercosur est conclu malgré l'avis de la France au niveau de l'UE.
Le contexte est difficile. Dans le conflit entre Israël et Gaza, E.Macron a eu du mal à s'imposer et à faire entendre une ligne cohérente.
Le cessez-le-feu avec le Liban a été en partie attribué à la France. Réussir à faire inviter D.Trump pour Notre-Dame, un chantier dans lequel E.Macron s'est investi personnellement alors que c'est la 1re visite à l'étranger et en Europe de D.Trump depuis son élection, c'est un succès sur le plan diplomatique.
Il y a une trilatérale à l'Elysée entre V.Zelensky, D.Trump et E.Macron dans un contexte de guerre en Ukraine.
D.Trump prétend qu'il va régler le conflit en quelques heures. C'est un coup diplomatique plutôt réussi pour le chef de l'Etat.
Ca n'occulte absolument pas tous les ennuis qu'il y a sur le plan intérieur. - A.de Tarlé: Est-ce qu'avec cette rencontre trilatérale, le sort de la guerre en Ukraine qui est peut-être en train de se résoudre dans le palais de l'Elysée, c'est une consolation pour E.Macron?
Il reçoit des compliments alors qu'il en a peu l' habitude. Je cite D.Trump: "Le président E.Macron a réalisé un travail remarquable en veillant à ce que Notre-Dame soit restaurée de sorte à retrouver sa gloire, et même plus." - A.Bouilhaguet: Avec D.Trump, ça commence toujours très bien.
En 2017, quand les 2 hommes se rencontrent, il y avait cette poignée énergique. C'était très long. Chacun voulait prouver qu'il pouvait avoir l'ascendant sur l'autre.
Il y a une forme de lune de miel. D'un coup, patatras. Ca ne s'est pas passé comme ça devait.
D.Trump s'est vite émancipé et n'en a plus rien eu à faire de ce jeune président fringant français. L'E.Macron de 2017 n'a plus rien à voir avec celui de 2024.
C'est un président extrêmement fragilisé. C'est un président réélu qui marche sur l'eau. Cette parenthèse enchantée, qui en est une...
E.Macron a voulu la reconstruction de Notre-Dame en 5 ans. Ce sera une parenthèse enchantée comme celle qu'il y a eu pour les Jeux olympiques.
A l'arrivée, il ne cesse de dégringoler dans les sondages. Cette séquence a un avantage pour lui. Il y avait beaucoup de frustration depuis 3 mois.
Ca le remet au centre du jeu. Jeudi, on l'a entendu refaire une allocution à la télévision. Il avait choisi M.Barnier, pensant que ce serait quelqu'un de docile.
Mais il a vécu une cohabitation. Il y a une grosse frustration d'avoir à nouveau les manettes. Là, il a les manettes. - A.de Tarlé: A.Bouilhaguet a parlé de "parenthèse enchantée".
Question. - J.Fourquet: La question est intéressante.
Le 31 décembre dernier, il avait égrainé les rendez-vous qui allaient essaimer 2024. Il y avait les Jeux olympiques, cette réouverture de Notre-Dame. E.Macron avait parlé de 2024 comme d'un millésime français, l'année de la fierté française.
Sur ce plan, il a bien réussi. Il a un certain talent en la matière. Tout le monde avait douté quand il avait annoncé que Notre-Dame serait reconstruite en 5 ans.
On pensait cela impossible à faire en France. Après avoir mis de côté des réglementations et des procédures classiques, on a pu rouvrir Notre-Dame en 5 ans. Le pari a été tenu, de la même manière que les Jeux olympiques se sont très bien déroulés.
Ce talent s'accompagne manifestement beaucoup moins d'une réussite aujourd'hui sur le plan politique intérieur. On oublie que l'un des principaux atouts d'E.Macron, mis en avant comme tels par son entourage, dans les 1res années de son 1er mandat, c'était sa réussite économique.
Avec la reprise des fermetures d'entreprises, la situation budgétaire dégradée, sur cet atout maître, E.Macron a beaucoup perdu. Il se replie sur un sujet qu'il maîtrise encore: cette capacité à organiser de grands événements internationaux.
Comme le disait A.Bouilhaguet, ça durera le temps de la cérémonie. Ensuite, on retournera, hélas, au réel, qui est beaucoup plus dur et désagréable pour lui. - A.de Tarlé: E.Macron a une image très dégradée en France sur le plan intérieur.
Quelle est son image à l'international? J'aimerais votre regard de Suisse, R.Werly.
Hier, T.Blair disait ceci. - R.Werly: T.Blair exprime une opinion que pas mal de responsables suisses, notamment économiques, et surtout européens voire américains, pensent qu'E.Macron est un bon président.
C'est un président, vu de l'étranger, très français: élégant, intellectuel, qui parle bien, qui aime les concepts et les idées. Ca, c'est la France. De ce point de vue, il colle à la France.
Beaucoup d'étrangers ne comprennent pas pourquoi il y a un malaise entre ce président si français et les Français. Ils ne comprennent pas. Ils ne vont pas dans le détail et ne voient pas le malaise social ou le mécontentement qui demeurent en France.
E.Macron surfe sur ses débuts, son 1er quinquennat. Il surfe sur des annonces économiques rutilantes.
Mais ce sont des annonces d'investissements étrangers qui ne se sont pas toutes matérialisées. On voit bien qu'aujourd'hui, la machine économique française est tout de même grippée. Là où c'est plus préoccupant, ce n'est pas tellement pour l'image d'E.Macron, qui reste bonne à l'étranger, que pour son influence réelle, notamment autour de nous, au sein de l'UE.
Il était la locomotive, ou l'une des locomotives, avec ses discours et ses idées sur l'autonomie stratégique. Aujourd'hui, il est moins audible car la France est dans un état compliqué et car il ne peut pas se représenter. Beaucoup de dirigeants étrangers ont changé au sein de l'UE.
Ce sont de nouveaux venus qui n'ont pas travaillé avec lui depuis 5 ans et qui n'aiment pas trop la méthode Macron, "j'avance d'abord et vous êtes priés de me suivre". - A.de Tarlé: Pour parler de cette perte d'influence d'E.Macron, A.Lambret, U.von der Leyen devait venir aujourd'hui pour la restauration de Notre-Dame.
Finalement, elle a piscine. - A.Lambret: Elle n'est plus vraiment la bienvenue. l'UE... - A.de Tarlé: C'est une gifle? - A.Lambret: C'est un camouflet.
Une preuve de plus qu'il a du mal à se faire entendre sur la scène internationale. Son volontarisme et sa parole performative ne règlent pas tout. Ca fait des semaines qu'E.Macron et le gouvernement, à l'unisson, martèlent aux agriculteurs que cet accord ne se fera pas, qu'on va trouver une façon d'y arriver.
Ca n'a aucun poids sur la scène européenne. La chancelière allemande disait que pour des négociations de courte durée, il fallait aller au bout. U.von der Leyen va en Uruguay juste après la censure du gouvernement Barnier pour conclure cet accord.
C'est une gifle pour le chef de l'Etat. Pour rebondir sur ce que vous disiez, sur la scène internationale, c'est en grande partie dû à la dissolution, l'image d'E.Macron.
Il essaie de la corriger. Il en a encore parlé jeudi soir. Il a essayé de justifier la dissolution ratée.
Plus on avance, et plus on réalise qu'elle a des conséquences. Le risque pour lui, c'est que tout son bilan, sa legacy, comme l'appelle son conseiller, son héritage, est entachée par sa dissolution. Elle écrase tout.
Notre-Dame, c'est perçu par certains comme le chant du cygne du président, peut-être la dernière occasion de briller sur la scène intérieure et sur la scène internationale. C'est à mettre à son crédit. C'était un pari fou, qui l'a un peu transfiguré après les "gilets jaunes".
Il le met en scène. Aura-t-il beaucoup d'autres succès ensuite? Ce n'est pas certain. - A.de Tarlé: Personne ne croyait qu'on rebâtirait Notre-Dame en 5 ans.
Cette résurrection pourrait-elle être la sienne, avec cette restauration? - A.Bouilhaguet: Il a fait preuve d'audace.
Au moment de l'incendie de Notre-Dame, il a fait preuve d'une forme de maîtrise de lui-même. Il a pris des décisions fortes avec certains risques. Sauver ou pas Notre-Dame, au prix de pertes et de morts éventuelles sur ceux qui intervenaient?
Il a eu 2 minutes pour faire un choix qui s'est révélé le bon. Ce qu'il a fait là est remarquable au sens plein du terme. Aujourd'hui, ce n'est pas ça qui va faire que les Français, tout d'un coup, vont le redécouvrir en se disant: "Pourquoi est-ce qu'on râle?
Il n'est pas si mal." Lors de son allocution jeudi soir, il a quand même pris 5 minutes pour parler de lui, en disant: "J'y suis et j'y reste. Mon quinquennat n'est pas fini.
Je suis élu, ce sont les institutions. Ne comptez pas sur moi pour déserter." C'était le message.
Un rapide mea culpa sur la dissolution, mais depuis cette prise de décision, cette dissolution incomprise par tout le monde, il ne sait plus trop comment faire pour reprendre une forme d'ascendant. - A.de Tarlé: J.Fourquet, il y a eu un mea culpa sur la dissolution.
Il a admis qu'elle n'avait pas été comprise. Il a fait court, jeudi soir. Ce soir, il va s'exprimer.
On nous promet également un discours court. Est-ce qu'il a pris conscience qu'à faire des discours trop longs, il finissait par lasser, agacer? - J.Fourquet: Sans doute.
Ce que les Français attendent si le président s'exprime, c'est l'identité du personnage qui va être désigné par le président pour composer un nouveau gouvernement. Tant que cette information n'existe pas, il n'a pas forcément de légitimité à broder, à faire un discours qui serait un peu lénifiant. C'est ça que le président et ses communicants ont en tête.
Pas grand monde n'attendait qu'un nom sorte dès jeudi soir. La dernière fois, on a mis 50 jours pour trouver le nom d'un Premier ministre. E.Macron essaie aussi de donner du temps au temps pour voir, notamment du côté du NFP, si les plaques peuvent bouger, voire si certains éléments de ce NFP peuvent se désolidariser et entrer dans un schéma de grande coalition d'union nationale à la française.
E.Macron a tout ça en tête. S'il a tenu à prendre la parole dès jeudi soir, c'était pour couper court à un discours qui était en train de monter en disant que la situation de blocage et de crise politique dans laquelle on se trouvait n'avait qu'une origine, et donc une solution.
L'origine, c'était l'Elysée, et la solution, que le locataire de l'Elysée sorte du jeu plus rapidement que prévu. Il fallait absolument couper ça pour remontrer que c'était lui qui tenait une partie des cartes encore en main. Nous verrons dans les prochains jours quelle sera la suite des événements. - A.de Tarlé: Le président élu des Etats-Unis, D.Trump, et le président ukrainien, s'entretiennent en ce moment même avec E.Macron à l'Elysée.
Une parenthèse pour le président de la République après le séisme qui a fait tomber le gouvernement Barnier cette semaine. - Notre-Dame au centre du monde, le temps d'une journée. Réouverture de la cathédrale 5 ans après l'incendie.
Important dispositif de sécurité pour une cérémonie et pour l'accueil d'une cinquantaine de chefs d'Etat. Le président américain nouvellement élu, D.Trump, reçu cet après-midi à l'Elysée, où il devrait rencontrer l'Ukrainien V.Zelensky.
Une parenthèse bienvenue pour E.Macron. En début de semaine, il remerciait ceux qui ont oeuvré pour la restauration. - E.Macron: N'oubliez jamais que durant ces 5 années de votre vie, vous avez sans doute partagé, tous ensemble, le plus beau chantier du siècle. - C'est maintenant un tout autre chantier qui attend le président français: nommer un Premier ministre après la motion de censure votée mercredi contre le gouvernement Barnier.
Le lendemain soir, lors de son allocution, E.Macron commence par faire la leçon à ses adversaires politiques. - E.Macron: L'extrême droite et l'extrême gauche se sont unies dans un front antirépublicain, et parce que des forces qui, hier encore, gouvernaient la France, ont choisi de les aider. - Retour à la case départ avec la même méthode.
E.Macron consulte les groupes politiques à l'Elysée. Hier matin, les socialistes tendent la main au bloc central pour former un gouvernement.
Le rendez-vous semble les avoir rassurés. - O.Faure: Le président n'a posé aucun préalable sur aucun sujet, précisant que ça ne relevait pas de sa compétence, mais que ça devait être l'objet d'une discussion et d'un éventuel Premier ministre.
Pour garantir le changement et faire en sorte que le cap puisse être modifié, nous tenons à ce que ce soit un Premier ministre de gauche. - L'un de ses alliés du NFP se désolidarise, comme en témoigne ce tweet. - E.Macron est affaibli.
Il est presque à terre. Que peut-il faire? Nous diviser, nous affaiblir.
C'est son seul objectif. - Ecologistes et communistes iront bien à l'Elysée lundi, tandis que le RN, qui n'est pas invité, veut tout de même peser. M.Le Pen prévient.
Reçus hier soir à l'Elysée, Les Républicains ont posé une ligne rouge. - L.Wauquiez: Nous ne céderons pas à la facilité de la censure, sauf dans une telle hypothèse, celle d'un gouvernement mettant en oeuvre le programme du NFP ou comportant des députés de La France insoumise. - Traduction: la porte est ouverte aux socialistes.
Une position que ne partage pas le ministre de l'Intérieur démissionnaire, B.Retailleau. Une instabilité politique qui inquiète celui qui est déjà candidat à la prochaine élection présidentielle, E.Philippe. - E.Philippe: On vit une période que je qualifie de suffisamment dangereuse et délicate pour que chacun fasse un effort dans l'intérêt du pays.
Nommer un Premier ministre rapidement, composer un gouvernement resserré, demander leur avis aux Français par référendum, faire confiance aux organisations syndicales pour relancer le dialogue et avancer. - Mécontents de la situation, des agriculteurs s'en sont pris aux permanences de certains députés qui ont voté la motion de censure. Hier soir, ils ont ainsi muré celle de F.Hollande, en Corrèze. - A.de Tarlé: Avant de revenir à la politique intérieure, un mot sur cette image diplomatique de la journée, à l'Elysée.
On voit D.Trump, E.Macron et V.Zelensky.
L.Haïm disait tout à l'heure qu'elle se demandait si D.Trump, qui aime bien faire des coups, n'irait pas demain à Moscou à la rencontre de V.Poutine.
Peut-être qu'aujourd'hui est en train de se tramer une sortie, ou une tentative de sortie de crise, de guerre en Ukraine. - R.Werly: Si D.Trump va à Moscou, et c'est absolument énorme...
Je rappelle que V.Poutine, même si les Etats-Unis n'ont pas signé les statuts de la CPI, est poursuivi par la CPI. Si D.Trump fait ça...
Je rappelle qu'il n'est pour l'instant que le président élu. Il n'est pas président des Etats-Unis. Ca lui donne une liberté.
Il engage quand même son pays. Pour ce qui concerne cette rencontre à l'Elysée, il faudrait savoir ce qu'ils se sont dit, les 3 présidents, mais c'est un vrai coup diplomatique pour E.Macron.
On n'a pas senti D.Trump très à l'aise quand il est arrivé. On verra comment il est en sortant de cette rencontre.
E.Macron a une obsession, que la France et l'UE ne soient pas absentes des négociations que va mener D.Trump avec la Russie pour régler la question de l'Ukraine.
C'est une obsession pour E.Macron, et elle est justifiée. Il faut que l'UE soit à cette table, sinon, ce serait tragique pour le continent.
Il oeuvre donc à cela. - A.de Tarlé: On voit un E.Macron revenu au centre du jeu, A.Bouilhaguet.
Tous les regards sont tournés vers l'Elysée pour savoir qui il nommera à Matignon. A-t-on l'impression d'un retour à la case départ? On est revenu en juillet dernier quand, chaque jour, on attendait que le président Macron nous donne le nom du gouvernement. - A.Bouilhaguet: Le discours de jeudi soir, il aurait pu le prononcer il y a 3 mois, avec les mêmes pistes pour en sortir, les mêmes protagonistes.
C'est bis repetita. Sauf que M.Barnier, et il le dit lui-même, et il l'a dit à son entourage, a essuyé les plâtres.
Il y a eu une forme de décantation, un avant et un après. L'après est très notable, notamment du côté de la gauche. Elle est en train De faire un gros bougé, notamment le PS, qui parle de concessions réciproques.
O.Faure, entendre ça de sa bouche, alors que le 5 septembre, c'était motion de censure avant même que M.Barnier ait ouvert la sienne, c'est quand même assez fort.
Est-ce que ça veut dire qu'O.Faure ressent vraiment ça? Est-ce qu'il y a une pression de la part de certains socialistes?
Il y aura un congrès des socialistes l'année prochaine, peut-être avec un nouveau chef. Toute une branche veut se détacher des insoumis. Ils ont mis aujourd'hui sur la table une stratégie qui ressemble à celle qui était celle du RN à une époque.
Pas de censure, a priori, sous conditions, c'est-à-dire avec quelques garanties programmatiques, et une volonté de placer le gouvernement sous surveillance. Il ne faut pas l'oublier, on a toujours regardé du côté du RN. Les 66 députés socialistes, sans eux, pas de motion de censure qui passe. - A.de Tarlé: Vous avez vu que F.Hollande a vu sa permanence en Corrèze murée par des agriculteurs en colère, lui reprochant la censure, de l'avoir votée.
Les agriculteurs en veulent beaucoup aux socialistes d'avoir voté la censure. - A.Lambret: Bien sûr.
Ils les avaient mis en garde. Les agriculteurs avaient demandé aux députés de ne pas voter cette censure car ils avaient besoin de ce budget. Je pense qu'il y a 2 choses.
Déjà, il faut se racheter, pour le PS.. Ils ont voté une censure avec La France insoumise et le RN en disant: "Ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer." Mais ils n'avaient pas de nom à proposer pour Matignon et rien à proposer derrière.
Et il y a un congrès du PS dans quelques mois. O.Faure est très contesté, notamment parce qu'on estime qu'il est dans l'allégeance à LFI.
Il est donc aussi en train de jouer sa place à la tête du PS. On attend un début d'autonomisation de LFI. Le PS se dit prêt à faire des compromis, mais ils mettent des lignes rouges d'emblée.
F.Bayrou est quand même un centriste. P.Kanner a dit qu'il n'y aurait aucune participation de socialistes au gouvernement.
Ca n'est pas très constructif dans la période que l'on vit. Autre ligne rouge que met le PS: la réforme des retraites. Ils ne parlent plus d'abrogation, mais qu'est-ce que ça veut dire, sinon une abrogation à terme?
Pour décider de geler la réforme d'un président qui a été élu 2 fois à la présidence de la République, il faut d'abord passer par une campagne présidentielle ou une campagne législative avec un projet. Ils n'ont pas été élus sur l'abrogation de la réforme des retraites, les socialistes. En tout cas, il n'y a pas de majorité claire qui a été élue pour ça. - A.de Tarlé: On reproche aux socialistes d'avoir voté la censure et de ne pas avoir eu de plan derrière.
Qu'est-ce que l'on propose? Le blocage. Après, on est bloqués.
Il faut éviter d'apparaître ainsi? - J.Fourquet: Ce n'est pas que pour eux.
Ce qui va se jouer maintenant, c'est de savoir qui va porter, aux yeux des Français, la situation dans laquelle nous nous trouvons si la crise perdure. Jusqu'à présent, c'est E.Macron qui, aux yeux d'une majorité des Français, porte la responsabilité de tous ces événements parce qu'il a appuyé sur le bouton de la dissolution.
Ce qu'il a essayé de faire jeudi soir dans sa courte allocution, c'était de renvoyer la balle dans le camp des oppositions. Il a parlé de l'extrême gauche et de l'extrême droite. Aidées par des partis qui, hier encore, gouvernaient.
Ils ont perdu leur crédibilité de parti de gouvernement. Cela va être tout l'enjeu des prochaines semaines. On est dans une espèce de poker menteur.
Le PS dit qu'il est prêt à bouger un certain nombre de choses et à s'émanciper de LFI, mais en posant des conditions très importantes. On voit LR qui a déjà payé pour voir. Ils sont entrés au gouvernement.
Cela a duré 3 mois. S'ils repartent dans une coalition de ce type avec des socialistes, ils auront aussi des lignes. Le président essaie de gagner du temps et de placer tout le monde devant ses responsabilités.
C'est tout à fait bloquant et handicapant. On a parlé des affaires internes du PS. Tout ce petit monde a en tête le fait que les Français pourraient être convoqués aux urnes dans quelques mois, avec une nouvelle dissolution, et si la crise empire, et c'est ce que souhaitent le RN et LFI, E.Macron pourrait jeter l'éponge.
Dans ce cadre-là, vous n'avez pas 3 ou 4 ans pour vous préparer. Et ça n'incite pas à sortir complètement du bois. Il ne faut pas perdre la face et montrer cela aux Français.
Il ne faut pas faire le pas de trop qui les affaiblirait dans la perspective d'un scrutin qui serait organisé très rapidement. - A.de Tarlé: R.Werly, quel est votre regard de Suisse sur cette situation?
Question. On voyait E.Philippe qui disait que l'on n'était pas très loin d'une crise de régime. - R.Werly: Il y a eu une faute initiale.
Je me place du point de vue de quelqu'un qui vient d'un pays à régime parlementaire, parce que c'est un gouvernement de concordance. Normalement, E.Macron aurait dû se tourner vers la force qui avait remporté les élections, c'est-à-dire la coalition de gauche, et les tester pour voir s'ils pouvaient proposer un Premier ministre. - A.de Tarlé: La preuve par l'exemple. - R.Werly: Ca se passe dans tous les pays parlementaires.
Cela ne veut pas dire qu'E.Macron devait nommer un Premier ministre de la coalition du NFP. Il devait tester l'hypothèse.
Il a choisi de ne pas le faire. Ce problème demeure et cela va être très compliqué pour les socialistes d'expliquer pourquoi E.Macron est devenu "comestible" alors qu'il ne les avait pas jugés dignes de participer à un gouvernement avec le NFP. 2e chose: vu de l'étranger, le problème, aujourd'hui, c'est l'équation économique, les finances publiques de la France.
Il y a le cas particulier d'E.Macron. Il y a l'instabilité politique, mais pour l'instant, les Français ne sont pas dans la rue.
Mais il y a un gros problème de finances publiques. On parle avec mépris d'un éventuel "Premier ministre technique". Pourtant, ça peut être une grande personnalité.
Un Premier ministre qui serait chargé des finances publiques parce que c'est la priorité de la France de réfléchir à la manière de les remettre en ordre, ça pourrait être un projet pour le pays. - A.de Tarlé: Il faut nous donner un nom. - R.Werly: Trouver une personnalité française qui soit sortie du giron électoral, du jeu politique direct, mais qui pourrait incarner un voeu de rétablissement des finances publiques, je pense que ça ferait du bien au pays. - A.de Tarlé: Il y a F.Villeroy de Galhau, T.Breton ou P.Moscovici. - R.Werly: Je trouve que cette dénomination de "Premier ministre technique" est assez péjorative alors que dans le contexte actuel, on cite souvent l'Italie. - A.de Tarlé: On peut imaginer C.Lagarde? - R.Werly: Remettre en ordre les finances publiques de la France me paraît être un grand projet. - J.Fourquet: Il n'y aura pas que la question du casting.
Ce n'est pas un hasard si c'est sur le vote du budget de la Sécurité sociale que la censure a été déclenchée. Nous sommes dans un pays où 56 % de la richesse nationale est captée par la dépense publique. Cela veut dire que toute la société française s'est organisée consciemment ou non pour être sous perfusion de cette dépense publique.
Donc, dès qu'il s'agit de réduire la jauge, fatalement, vous faites des mécontents. L'ex-Premier ministre va à Angers au Congrès des départements de France. Les départements de France disent qu'on ne peut pas leur demander de faire tant d'économies, et donc on baisse la cote part de 4 milliards. ...quote part de 4 milliards.
On ramène à 2 milliards. Quelques jours après, il est au Congrès des maires de France. Les maires de France lui disent la même chose.
Ils contribuent à l'investissement dans leur territoire. Et il y a eu également la grève des chauffeurs de taxi, parce que le conventionnement entre la profession des taxis et la Sécurité sociale, on projetait de le réviser. Dans beaucoup de villes de province, il n'y a pas la manne des touristes et ce sont donc plutôt des transports médicaux pour emmener les patients à l'hôpital.
C'est un exemple des très nombreuses corporations françaises qui vivent de la dépense publique. Dès que l'on va vouloir toucher à quelque chose, on fait des mécontents. Ce n'est pas uniquement le billard à 3 bandes sur le prochain scrutin.
Les partis politiques sont aussi à l'écoute de clientèles électorales. Nous avons parlé des agriculteurs. Ils ont besoin des aides.
Donc on peut multiplier les exemples à l'infini. La société française s'est organisée, consciemment ou non, derrière ce... - A.de Tarlé: Et ce problème se poserait à tout Premier ministre. - J.Fourquet: On parle de M.Rocard, qui avait réussi à obtenir des majorités de circonstance en achetant le soutien de tel ou tel député.
C'était à une époque où les finances publiques étaient beaucoup moins dégradées. - A.de Tarlé: La Suisse est régulièrement en excédent budgétaire.
Il y a même eu cette histoire d'un canton qui avait trop prélevé et qui a rendu de l'argent. - R.Werly: On est à 46 % de dépenses publiques par rapport au PIB. - A.de Tarlé: Je crois qu'il est question de réduire le train de vie des anciens Premiers ministres en France. - A.Lambret: C'est l'une des raisons pour lesquelles personne n'a voulu aller dans cette galère de gouvernement.
Tout le monde savait que la situation de la France était très compliquée, que le Premier ministre allait faire des mécontents et que le budget serait très difficile. On est dans une période complexe. - A.de Tarlé: Qui va accepter si la mission est impossible?
Le nom qui circule, c'est F.Bayrou. On se méfie.
Pendant 50 jours, nous avons vu défiler tous les noms, parfois d'une journée sur l'autre. Aujourd'hui, F.Bayrou est un peu le barycentre.
Il a quand même quelques avantages. Quelques inconvénients Aussi, mais sur les avantages, il a de bonnes relations avec le RN. Il n'a jamais frayé avec eux.
On ne peut pas le suspecter d'avoir été un proche du RN, mais il a donné ses parrainages. Il combat pour la banque de la démocratie, c'est-à-dire pour financer certains partis qui n'arrivent pas à se présenter à la présidentielle. Il a aussi envoyé un signal.
Il a eu le même problème que les affaires de M.Le Pen. Sur le réquisitoire et l'exécution provisoire de son inéligibilité, il a dit que ce n'était pas juste.
Là encore, il a envoyé ces derniers temps quelques signaux. Ca veut dire que ça ne serait pas rédhibitoire pour le RN si c'était lui. A gauche, c'est un peu compliqué, mais il faudra qu'elle puisse avoir des arguments pour pouvoir rejeter F.Bayrou qui, sur certains sujets, est quand même assez proche des socialistes.
Je pense que ça contrarierait un peu la droite. F.Bayrou, pour la droite, c'est la mouche du coche depuis 40 ans.
La droite n'a pas oublié qu'en 2007, Il n'a pas voulu choisir entre S.Royal et N.Sarkozy.
Il a carrément choisi F.Hollande. En 2017, il a donné le coup de main salutaire à E.Macron au moment où celui-ci en avait vraiment besoin.
Grâce à F.Bayrou, parce que c'est quand même aussi grâce à lui, E.Macron est devenu président.
Dernière chose: le rapport au président lui-même. E.Macron souffre depuis 3 mois de cette forme de cohabitation imposée par M.Barnier qu'il n'a pas vu venir.
Il a pensé que c'était un bon gars qui allait être conciliant. Ca ne s'est pas du tout passé comme ça. Avec F.Bayrou, la relation est complexe.
Il y a des hauts et des bas. F.Bayrou fait un peu ce qu'il veut, parfois.
Donc ça ne va pas être simple à manager. Peut-être qu'en ce sens, S.Lecornu peut être plus souple.
Mais l'opposition peut aussi dire que c'est le bloc central, que c'est trop macroniste. - A.de Tarlé: Le président de la République reprendra lundi ses consultations des groupes politiques à l'Assemblée.
Contrairement aux insoumis, les communistes ont accepté l'invitation du chef de l'Etat. Une de nos équipes a suivi cette semaine leur chef de file, A.Chassaigne. *-E.Macron poursuit ses consultations pour reformer un gouvernement. - Pas question de rater un épisode du feuilleton, parce que le dernier, A.Chassaigne ne l'a pas digéré.
La veille, dans le JT de 20h, E.Macron s'en est pris directement aux élus qui ont voté la motion de censure. - Dire que ce vote est irresponsable, ça me choque, ça me blesse.
On est dans la réflexion continuelle. Ce n'est pas de gaieté de coeur que l'on vote une motion de censure. Le président de la République devrait être plus modéré dans ses propos.
S'il veut qu'on sorte de cette ornière dans laquelle nous sommes, à lui de montrer un chemin qui ne soit pas celui de la caricature. - Cette semaine, à l'Assemblée, A.Chassaigne, 22 ans sur les bancs, se place en première ligne pour faire tomber le gouvernement après le recours du Premier ministre au 49-3. - A.Chassaigne: Vos prédécesseurs ont plongé le pays dans un déficit budgétaire abyssal.
La situation est chaotique, c'est vrai, mais elle est de la responsabilité du camp présidentiel. - La majorité requise étant atteinte, la motion de censure est adoptée. - A.Chassaigne: Il faut un Premier ministre de gauche issu du Front populaire.
C'est ce que l'on porte. Dans ce pays, il est possible de faire une politique qui permette de faire une transformation de la société, et surtout qui réponde aux attentes de la population. - A 74 ans, il en a connu, des crises politiques.
Si A.Chassaigne n'a aucun doute sur son vote, en revanche, le vieux briscard de l'Assemblée analyse avec nuance l'éphémère passage de M.Barnier. - A.Chassaigne: J'étais très en colère quand j'ai lu son communiqué hier matin. "Cajoler le RN", cela m'a contrarié, mais cela n'empêche pas que l'on puisse respecter un homme.
Il a affronté cette épreuve, a accepté d'être Premier ministre mais a échoué. Je pense qu'il a expliqué cela avec beaucoup de dignité. - Après avoir réussi à renverser le gouvernement, retour dans sa circonscription, à quelques kilomètres de Clermont-Ferrand, avec un SAV motion de censure à assurer.
Au salon de sa circonscription, Dédé, comme tout le monde le surnomme ici, est attendu de pied ferme. - Est-ce que vous allez essayer de vous entendre et de faire quelque chose de correct? - Pour l'élu, la stratégie de LFI n'aide pas la gauche. - A.Chassaigne: J'ai une inquiétude, c'est l'avenir.
Il faut que l'on arrive à sortir par le haut. Si un texte ou un projet de loi de finances va dans la bonne direction, que l'on puisse ne pas le censurer, par exemple, sans pour autant le supporter. - Alors que les tractations politiques sont en cours, un poste au gouvernement pourrait-il intéresser le député communiste? - A.Chassaigne: Retenez bien une chose.
L'Auvergnat est utile et est agréable. Je le ferais s'il fallait le faire. D'autres peuvent le faire à ma place.
Ils sont plus jeunes. Ils peuvent donner davantage de sens que je peux en donner. - Lundi, A.Chassaigne et F.Roussel rencontreront E.Macron à l'Elysée pour être consultés sur le choix du prochain Premier ministre. - A.de Tarlé: A.Lambret, on voit qu'il y a une volonté de sortir par le haut, d'avancer, de ne pas être dans le blocage.
A.Chassaigne peut-il être intéressé par le poste de Premier ministre? - A.Lambret: Il aurait pu regarder vers la gauche.
Cela aurait été plus stratégique. Maintenant, quand on voit que c'est S.Lecornu qui tient la corde pour Matignon, on comprend qu'E.Macron n'a pas très envie de regarder vers la gauche.
Déjà, il leur en veut d'avoir voté la censure. Ensuite, il a des totems. Pas de hausse d'impôts.
C'est ce qu'il a dit dans sa prise de parole, jeudi. Il dit que le futur gouvernement ne devra pas augmenter les impôts. - A.de Tarlé: C'est toujours E.Macron qui tire les ficelles.
Le Parlement exécute la volonté présidentielle. - A.Lambret: En tout cas, il essaie de tirer les ficelles.
Il a dû se mettre en retrait en nommant Barnier à Matignon. Il voit malgré tout dans cette censure l'opportunité de reprendre un peu la main sur Matignon. C'est pour ça que ce choix est d'autant plus stratégique Pour lui et c'est pour cela qu'il envisage de nommer un plus proche.
Il ne va pas nommer un socialiste à Matignon. Ca n'aurait pas de sens. Mais il peut difficilement faire comme s'il les contournait.
Il leur parle. Il n'avait même pas convoqué les communistes et les écologistes. - A.de Tarlé: Il y aura une séance de rattrapage lundi. - A.Lambret: Ce sont les socialistes qui ont demandé au président de les recevoir.
Mais je ne pense pas qu'il nomme un communiste à Matignon. - J.Fourquet: Un Premier ministre communiste, vous voyez ce que ça ferait dans le bloc central comme choc, qui est assez lié aux milieux économiques.
Le RN serait prêt aussi à tirer à boulets rouges. Ce même A.Chassaigne était candidat au Perchoir.
Il n'a pas obtenu la majorité. Il ne peut pas être qualifié de communiste orthodoxe. Il a la bonhomie du terroir auvergnat.
Le reportage l'a bien montré. Mais c'est quand même assez cocasse de la part d'E.Macron, qui n'avait pas prévu de recevoir les communistes.
Et ce, juste parce que les socialistes ont demandé à ce que leurs alliés soient reçus. Les communistes seront reçus lundi à l'Elysée. - A.de Tarlé: Est-ce que les socialistes doivent faire leur deuil d'entrer à Matignon?
Même B.Cazeneuve semble ne plus y croire. Il a dit au sujet de F.Bayrou: il ferait un bon Premier ministre.
Il a toutes les qualités pour ça. - R.Werly: Il y a déjà une question.
Est-ce que la posture qu'ils vont adopter sera seulement la leur ou est-ce qu'elle sera partagée par les écologistes et par les communistes? Déjà, ça changerait la donne au sein du NFP. Ensuite, pour moi, la grande question est double.
Qu'est-ce qu'ils peuvent faire dans un moment politique où gouverner veut dire attendre? Comme J.Fourquet le disait, on ne sait pas si E.Macron ne décidera pas de dissoudre en juillet 2025, à partir du moment où il le pourra à nouveau.
C'est une position extrêmement difficile. C'est une chose, d'avoir été un parti de gouvernement. Ils l'ont été.
La fin du mandat de F.Hollande a été très compliquée pour les socialistes, en tout cas les socialistes version B.Cazeneuve.
Ils se sont mis dans un moment, dans une situation, qui me semble très difficile, d'autant qu'une solution...
Tout à l'heure quelqu'un en parlait: s'appuyer sur les syndicats. Mais les forces sociales aujourd'hui, leur principal handicap aujourd'hui, c'est l'abrogation de la réforme des retraites. Si les socialistes n'obtiennent pas cela, c'est une trahison.
Ils peuvent être accusés de trahir leurs électeurs et les partenaires sociaux. - A.de Tarlé: Est-ce qu'ils ne sont pas en train de trahir J.-L.Mélenchon et son NFP?
M.Bompard dit que le PS "se déshonore". Ca sent le sapin. - A.Bouilhaguet: Le fruit est mûr, pour les socialistes.
Ils ont avalé couleuvre sur couleuvre sur à peu près tous les sujets. J.-L.Mélenchon, dès que B.Vallaud, avant même que M.Barnier ne soit renversé, avait commencé à ouvrir la porte sur un autre partenariat.
On sentait qu'il y avait des possibilités plus fortes de chercher d'autres alliés. J.-L.Mélenchon a tout de suite vu rouge. "Vous êtes déjà en train de faire votre petite manoeuvre.
Ca ne va pas se passer comme ça." Les socialistes sont reçus à l'Elysée. J.-L.Mélenchon dit "vous avez zéro mandat", avec un ton assez brutal. "Vous ne pouvez Pas nous représenter et faire des accords." Ce qu'on entend des socialistes, c'est qu'on n'est plus "dans le programme, rien que le programme".
Les communistes n'ont rien en commun sur beaucoup de sujets avec LFI. Ils ne partagent rien sur la sécurité et le rapport aux policiers notamment, sur la laïcité, l'immigration. - A.de Tarlé: Ils se sont droitisés? - A.Bouilhaguet: Ils ne se sont pas droitisés.
Ils sont revenus aux fondamentaux de ce qu'était le PS. Le Parti communiste, c'est le peuple. Pour le reste, les nationalisations, le triplement de l'ISF...
On est dans la matrice des communistes. F.Roussel entretient des relations exécrables que J.-L.Mélenchon ne supporte pas.
La rupture est consommée. - A.de Tarlé: J.Fourquet, est-ce qu'E.Macron a réussi à fracturer le NFP? "Ca sent le sapin", dit "Libération" aujourd'hui. - J.Fourquet: C'est l'objectif affiché.
Les stratèges du LFI ont tout de suite repéré la manoeuvre. E.Coquerel a dit qu'E.Macron était à terre et qu'il ne pouvait qu'affaiblir les rangs communs.
LFI va entamer une chanson en direction de l'électorat de gauche en disant: "On ne peut pas faire confiance aux socialistes. Ils nous trahiront toujours." A un moment, les dignitaires socialistes ne pouvaient plus mettre le pied dans une manifestation sociale.
Durant Le 1er mandat d'E.Macron, ils étaient conspués systématiquement. C'est ce que LFI va essayer de rejouer.
Du côté du PS, ça commence à bouger un peu. Est-ce qu'ils iront jusqu'à franchir le Rubicon? C'est très compliqué.
Si le NFP a été mis en place aussi rapidement, c'est parce qu'il y avait la perspective d'une accession au pouvoir du RN. Là, le RN est toujours puissant et en embuscade. Egalement car le PS savait qu'en cas de candidatures de gauche séparées, dans de nombreuses circonscriptions, LFI arriverait devant.
Le coût à payer pour le PS serait très élevé. Le PS a été le grand gagnant de cette stratégie du NFP. Aujourd'hui, l'équilibre, en nombre de sièges, c'est 71 pour LFI contre 66 pour les socialistes.
Ils sont presque à parité. Ce n'était pas du tout cet étiage lors de la précédente élection législative de 2022. Les socialistes se demandent s'ils vont aller jusqu'à rompre leur alliance avec le NFP. "Est-ce qu'on ne va pas tout perdre sans que pour autant, LFI gagne des sièges?" Mais ces sièges seraient perdus pour tout le monde.
Il y aurait des divisions fratricides à gauche. - A.de Tarlé: Depuis le vote de la motion de censure, les électeurs de droite sont déboussolés.
En ce jour de réouverture de Notre-Dame, nous sommes allés à Versailles rencontrer un électorat catholique. - Versailles, conservatrice, catholique, miroir de la droite française. Ici, beaucoup d'électeurs n'ont pas compris la motion de censure.
C'est le cas de Juliette. - Je pense qu'il y a une vraie contradiction pour le RN de s'allier avec les insoumis. Là-dessus, ils ne suivent pas la ligne qui est censée être la leur.
Ce n'est pas la 1re fois qu'ils se contredisent. Je comprends qu'ils soient insatisfaits. - Juliette a voté LR aux dernières élections.
Discuter aujourd'hui avec les socialistes, pour elle, c'est hors de question. Elle est plutôt favorable à un rapprochement de son parti avec le RN. - Vous voulez quoi comme clémentines? - Les 2 kg. 30 % des Français votent pour le RN.
Est-ce qu'on les entend? Non, on les diabolise. C'est facile de les diaboliser.
Mais ça va mal finir. Ca va finir dans la violence. Ces Français ont des choses à dire, tout comme il faut entendre ceux qui se manifestent dans d'autres extrêmes.
Qu'est-ce qui est extrême? Qu'est-ce qui est extrême aujourd'hui dans le RN? Il faudrait reprendre historiquement ce que disent les différents partis. - Sur le marché, ce qu'elle appelle l'union des droites fait débat. - C'est plutôt une coalition avec le PS. - Toutes les personnes modérées sont les bienvenues. - J'ai voté socialiste pendant des années, mais quand je les vois coquiner avec J.-L.Mélenchon et toute sa bande de vauriens, ça ne va plus. - Des alliances, ce jeune militant LR n'y croit plus.
Pour l'étudiant en droit de 18 ans, c'est la droite qui devrait diriger le prochain gouvernement. - Je pense que l'avenir n'est pas encore joué. Ces 3 mois ont permis aux Républicains, notamment ceux qui font partie du gouvernement, de montrer qu'ils sont capables de faire des choses quand ils sont au pouvoir.
B.Retailleau a pu mettre en place des plans concrets, avec la lutte contre le narcotrafic, notamment. Ils ont montré qu'ils sont capables de le faire.
Pourquoi ne pourrait-on pas le faire plus tard? Je reste toujours au parti car j'ai de l'espoir. - Le seul compromis acceptable à ses yeux, c'est avec les macronistes.
Gaétan en veut au RN d'avoir fait tomber un gouvernement qui lui paraissait équilibré. - M.Barnier, j'étais content quand il a été nommé.
C'est un personnage déjà assez âgé, qui a beaucoup d'expérience politique. Il a une certaine sagesse. Il est très élégant, assez sûr de lui.
Il avait une vraie volonté d'aider la France. La classe politique, notamment le RN et LFI, a été, selon moi, irresponsable. Ils ont mis en jeu toute la stabilité du gouvernement, qui a été bouleversée. - Les regrets d'une droite qui craint de ne plus avoir le premier rôle.
Les Républicains n'ont que 40 députés à l'Assemblée nationale. - A.de Tarlé: A.Lambret, si on a un Premier ministre de gauche, voire F.Bayrou, Cet électorat versaillais de droite pourrait-il en vouloir à M.Le Pen en disant "bravo, ta censure"? - A.Lambret: Elle a pris un risque énorme.
Selon un sondage Odoxa, 66 % des électeurs du RN désapprouvent la censure. M.Le Pen a fait ça au nom de l'indexation des retraites.
Elle a pris des risques vis-à-vis des retraités, de l'électorat de droite et vis-à-vis de ceux qu'elle avait ralliés ces dernières années, qui ne sont pas forcément antisystème. Parfois, ce sont des gens qui viennent de partis républicains traditionnels. Elle a pris le risque de les braquer.
On parlait de la droite. On en parlera peut-être après, de leur stratégie? Il y en a deux, aujourd'hui.
D'un côté, B.Retailleau. Il se dit que les électeurs de M.Le Pen, si jamais ils acceptent de gouverner avec la gauche, diront que c'est "l'UMPS", et ce sera un boulevard pour M.Le Pen.
Elle pourrait en profiter. La stratégie de L.Wauquiez consiste à tout faire pour ne pas être mêlé à cette galère.
Il se réserve pour 2027. - A.de Tarlé: On le voyait dans le reportage auprès d'un électorat catholique à Versailles.
Est-ce que ça a changé par rapport au passé? - J.Fourquet: Les pratiquants catholiques sont moins nombreux qu'hier.
Dans des endroits comme Versailles, les catholiques pratiquants votaient massivement pour la droite, les droites, la droite classique et la droite modérée. En 2017, quand F.Fillon se présente et qu'il fait 20 % au niveau national, il est à 46 % chez les catholiques pratiquants.
C'était cet électorat qui lui était resté très fidèle. A lui seul, il avait constitué le socle de l'électorat filloniste. 5 ans plus tard, en 2022, V.Pécresse, nous sommes dans les Yvelines, est élue.
Chez les catholiques pratiquants, elle tombe à 8 %. Ce qui se passe, c'est qu'on a un éclatement, une dispersion de cet électorat catholique pratiquant. Près de 20 % en 2022 ont voté pour E.Macron, 25 % pour M.Le Pen et 11 % pour E.Zemmour.
Le reportage était bien fait. On entendait les deux sons de cloche. Il y a ceux qui penchaient plutôt vers une alliance avec le camp macroniste, sur le thème de la responsabilité gouvernementale, de la stabilité du pays, et une frange plus identitaire, avec le propos de cette électrice qui nous dit avoir voté LR, mais qui disait que c'était un scandale qu'on ne se penche pas davantage sur les revendications des 30 % d'électeurs qui ont voté RN.
Jusqu'à 2017, l'électorat catholique est resté assez monolithique. A partir de ce moment-là, il a éclaté en 2 directions: soit vers le bloc central, soit vers les franges les plus droitières, zemmouristes et lepénistes. - A.de Tarlé: Cette électrice a dit qu'on ne pouvait pas ignorer ces 30 % du corps électoral. - R.Werly: Au niveau européen, elle a le vent en poupe.
Partout, le vent souffle pour la droite. La seule exception, c'est l'Allemagne, liée au passé de l'Allemagne. L'AfD, parti d'extrême droite, a une nostalgie pour la période noire de l'Allemagne. - A.de Tarlé: Dans les autres pays, l'extrême droite est dans les coalitions? - R.Werly: Je dis simplement que le vent électoral souffle en faveur d'un rapprochement entre ce qu'on peut appeler en France la droite traditionnelle et les forces nationales et populistes.
L'Italie en est le meilleur exemple. Dans le gouvernement, vous avez une forte dominante, l'extrême droite de G.Meloni, et l'ancien parti de S.Berlusconi, force adjacente.
Il y a une réalité électorale. Pour un électeur qui se sent motivé par des valeurs de droite, sécuritaires, d'ordre, à un moment donné, quand vous regardez le paysage politique français, où est la différence entre le RN et LR? Ce qui fait la différence dans un certain nombre de pays, c'est le libéralisme économique.
C'est plutôt la marque de fabrique de la droite traditionnelle. En France, le libéralisme économique, on ne peut pas dire qu'il est du côté de LR. - A.Bouilhaguet: M.Le Pen joue gros.
L.Wauquiez l'a bien vu. Quand on entend L.Wauquiez demander qui va payer la censure, il s'adresse aux agriculteurs qui, pour certains, votent M.Le Pen.
L.Wauquiez ajoute qu'il y a aussi les artisans, les commerçants, cette incertitude économique, la France qui travaille... 400 000 foyers vont rentrer dans l'impôt.
Il y a peut-être un début de déstabilisation du côté de l'électorat du RN, donc il joue sa carte pour le récupérer. - A.de Tarlé: C'est l'heure des questions.
Il y a cette idée que les lambris de la République nous coûtent cher? - J.Fourquet: Vous avez évoqué tout à l'heure le fait qu'il y a une polémique qui est ressortie sur le train de vie des anciens Premiers ministres. - A.de Tarlé: C'est important, symboliquement, quand on voit qu'il y a d'anciens Premiers ministres qui coûtent 200 000 euros par an depuis des dizaines d'années? - R.Werly: On se dit qu'en période de disette budgétaire, c'est insupportable.
Mais les sommes qu'il faut trouver, ce sont des dizaines de milliards. C'est important, mais ce n'est pas là qu'on va résoudre l'équation budgétaire. On a commencé par dire qu'E.Macron s'y connaissait en grandes cérémonies, en commémorations, en panthéonisations, mais on voit comment une partie de l'électorat trouve que tout ça est un peu à l'image de ce qu'on appelait les villages Potemkine, où on repeignait les façades en Russie pour cacher la misère.
Il ne faut pas abuser de ce type de grande cérémonie. - A.de Tarlé: Question.
On ne peut pas dissoudre avant le 8 juillet. - A.Bouilhaguet: Il va falloir attendre et consulter les Français. - A.de Tarlé: Un référendum, peut-être? - A.Bouilhaguet: Peut-être qu'E.Macron le fera, sur la proportionnelle.
Ca peut être la possibilité de reprendre la main et le pouls des Français. Mais pour la présidentielle, il faudra attendre 2027. - A.Lambret: E.Macron a parlé plein de fois de référendum, mais ne l'a jamais fait. - A.de Tarlé: C'est dangereux? - A.Lambret: E.Macron aime bien que tout procède de lui.
S'il fait un référendum, la décision va lui échapper un peu. Il a tellement peu de cartes dans son jeu que je ne pense pas qu'il va dissoudre tout de suite. Il n'a pas du tout l'intention de démissionner.
Que lui reste-t-il? Le référendum. C'est une hypothèse qui revient un peu en ce moment dans son entourage comme une potentielle solution dans les mois qui viennent pour retrouver un peu d'air. - R.Werly: Le référendum est populaire dans l'opinion. - J.Fourquet: Bien sûr. - R.Werly: Tous les Français disent qu'ils aimeraient être davantage consultés.
Comme en Suisse. Je fais partie des rares qui ont pensé qu'E.Macron aurait dû faire un référendum sur la réforme des retraites.
Je suis convaincu que les Français sont capables d'entendre un discours sur les retraites et la nécessité de les réformer. - A.de Tarlé: C'est en Suisse, où on vote... - R.Werly: On prolonge la durée au travail. - A.de Tarlé: Et contre les vacances. - R.Werly: Ce n'est pas un modèle nécessaire. - A.de Tarlé: Tout de suite, "C l'hebdo". - A.Casse: Bonsoir.
Dans un instant, nous vous emmenons dans les coulisses de cette semaine, où le gouvernement de M.Barnier est tombé. On va en parler avec l'historien et sociologue P.Rosanvallon, l'éditorialiste B.Leridon et les journalistes très informées
Bruno Retailleau