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InterviewTélé Matin - France Télévisions· 30 avril 2026 8 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileEurope & internationalDéfense

Benjamin Haddad refuse les "régularisations massives" des travailleurs étrangers

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15FerméeRéponse partielle

    La France se joint-elle à la demande européenne de taxation des superprofits de Total ?

  • 1:45RelanceÉludée

    Pourquoi la France n'est-elle pas plus allante dans ce domaine ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la France dit à son allié américain après la réunion du 26 février ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Quel est votre sentiment face aux menaces de Trump sur les troupes américaines en Allemagne ?

  • 7:00FerméeRéponse directe

    Moins de militaires américains en Allemagne, ça ne vous empêche pas de dormir ?

  • 8:30OuverteRéponse directe

    A-t-on besoin de plus de main-d'oeuvre étrangère en France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30B.HaddadFait
    « Total fait la majeure partie de ses profits à l'étranger, en dehors du territoire national. »
  • 1:00B.HaddadFait
    « Le gouvernement lui-même a pris des mesures de protection des secteurs qui étaient les plus touchés: les agriculteurs, les pêcheurs, le transport, le bâtiment, les grands rouleurs. »
  • 2:30B.HaddadChiffre
    « On a doublé le budget de défense de la France sous les 2 mandats du président Macron. »
  • 3:00B.HaddadChiffre
    « 150 milliards d'euros avec la préférence européenne. »
  • 7:30B.HaddadChiffre
    « On a doublé le budget de défense de la France sous les 2 mandats du président Macron. »
  • 9:00B.HaddadFait
    « On a des mesures en France pour régulariser, dans ce qu'on appelle les métiers en tension, de façon ciblée, quand ça faisait partie des circulaires Valls et de la loi Darmanin. »
  • 10:00B.HaddadFait
    « Je ne suis pas favorable, et je ne l'ai jamais été, à des régularisations massives comme l'ont fait certains de nos voisins. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

et des températures en baisse. - S.Ollivier: C'est l'heure des 4V, votre rendez-vous politique.

L'invité de G.Bornstein est B.Haddad, le ministre délégué chargé de l'Europe. - G.Bornstein: Bonjour, B.Haddad.

Hier, on a appris que Total a gagné 5,8 milliards de dollars en 3 mois. Ca fait pas mal d'argent. 5 pays d'Europe, dont l'Allemagne et l'Italie, qui ne sont pas dirigés par des bolcheviques, réclament une taxation des superprofits au niveau européen.

La France se joint-elle à cette demande? - B.Haddad: Le Premier ministre s'exprimait hier sur ce sujet en disant qu'on n'excluait ni des mesures nationales ni des mesures européennes.

Total fait la majeure partie de ses profits à l'étranger, en dehors du territoire national. Le plus efficace, c'est que Total prenne des mesures de plafonnement du prix à la pompe. Il faut qu'il puisse y avoir des mesures prises de redistribution au sein de Total, par des mesures de plafonnement, par exemple.

Le gouvernement lui-même a pris des mesures de protection des secteurs qui étaient les plus touchés: les agriculteurs, les pêcheurs, le transport, le bâtiment, les grands rouleurs. Il y a des mesures de protection du gouvernement, donc il n'y a pas de recettes fiscales supplémentaires générées pour le gouvernement. Elles sont redistribuées.

Après... - G.Bornstein: Vous dites qu'on n'exclut rien.

La politique, c'est décider. La France est-elle d'accord avec d'autres pays européens pour taxer...

Le président de la République dit souvent qu'en matière d'impôt, il faut le faire "en Européens". C'est précisément ce que proposent ces pays. Pourquoi la France n'est-elle pas plus allante dans ce domaine? - B.Haddad: Notre objectif est de protéger nos concitoyens de la façon la plus efficace possible.

Il y a des mesures prises par le gouvernement pour les secteurs les plus touchés. Il y a ce discours qu'on a tenu face à Total, car l'objectif, ce n'est pas se faire plaisir en annonçant des mesures mais voir ce qui peut être le plus efficace. On examinera ce qui sera le plus efficace, au niveau européen.

Après, à moyen et long termes, il y a le travail qu'on fait en France comme en Europe pour réduire nos dépendances aux hydrocarbures, pour prolonger le plan d'électrification, pour faire l'investissement dans le nucléaire, le renouvelable, pour ne pas se retrouver dépendants de situations géopolitiques à l'étranger qui ont un impact concret sur la vie de nos concitoyens, sur le pouvoir d'achat et les prix de l'énergie. - G.Bornstein: D.Trump peut convoquer une réunion dans la situation room dans la Maison-Blanche pour se voir présenter des scénarios militaires.

Il y a eu une réunion dans le même format le 26 février. Le 28, la guerre commençait. Ce n'est pas des réunions pour rigoler, si je puis dire.

Qu'est-ce que la France dit à son allié américain? - B.Haddad: Je n'ai pas l'habitude de spéculer sur des scénarios éventuels.

En revanche, depuis le début, la France a appelé à la désescalade et à la négociation. L'Iran doit abandonner son programme nucléaire clandestin. Il doit abandonner son programme de missiles balistiques.

C'est la position de la France. C'est la position de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne, qui avaient négocié sur ces sujets depuis près de 20 ans. L'objectif, c'est d'avoir des sujets négociés.

Ca prend du temps. Il y a un accord, dont la France était partie prenante, et les Etats-Unis aussi, sur le nucléaire, en 2015. Les Etats-Unis et l'Iran s'en sont retirés.

Il faut retrouver un cadre. - G.Bornstein: Dans votre domaine de ministre de l'Europe, le président Trump, suite à une déclaration du chancelier allemand qu'il n'a pas appréciée, menace de retirer des troupes américaines d'Allemagne.

Quel est votre sentiment? - B.Haddad: A un moment, il faut entendre le message.

On ne peut pas se retrouver dépendants des desiderata, des déclarations d'un dirigeant américain, quel qu'il soit. Si on regarde la tendance de long terme, c'était déjà à l'époque du président Obama, que les Américains parlaient de pivot vers l'Asie...

Le président Biden disait qu'il était pro-européen. Il a pris des mesures protectionnistes contre l'Europe. Les conclusions qu'il faut en tirer... - G.Bornstein: Moins de militaires américains en Allemagne, ça ne vous empêche pas de dormir? - B.Haddad: Ca ne dépend pas de nous.

Ce qui dépend de nous, c'est comment on investit dans notre propre défense, comment on continue pour notre réarmement. On a doublé le budget de défense de la France sous les 2 mandats du président Macron. On le fait au niveau européen en investissant. 150 milliards d'euros avec la préférence européenne.

Ca va soutenir l'industrie de défense européenne pour avoir des coopérations dans des domaines où on a des dépendances, des lacunes, des drones, le cyber...

On rentre dans un monde plus dangereux. La menace de la Russie contre l'Ukraine, la guerre commerciale avec la Chine, les Etats-Unis qui nous tournent le dos...

Les conclusions à en tirer, c'est défendre nos propres intérêts, d'être puissants et d'investir dans notre souveraineté au niveau national et européen. C'est le message que porte la France au niveau européen. On va avancer, accélérer.

A un moment, il faut écouter et tirer les conclusions. - G.Bornstein: Lundi, E.Macron a ouvert la question des travailleurs étrangers.

Je voudrais élargir le débat. A-t-on besoin de plus de main-d'oeuvre étrangère en France? - B.Haddad: Le président de la République s'est exprimé car il était dans l'Ariège, dans des situations où on a des déserts médicaux.

Il a vu un médecin d'origine algérienne. On a des mesures en France pour régulariser, dans ce qu'on appelle les métiers en tension, de façon ciblée, quand ça faisait partie des circulaires Valls et de la loi Darmanin. Quand on a des domaines dans lesquels on voit qu'on a besoin de main-d'oeuvre, on peut régulariser de façon ciblée.

En Espagne ou en Italie, par exemple...

Quand on a des règles, il faut les respecter. Ce qu'attendent nos compatriotes, c'est qu'on ait un cadre clair. Si vous répondez à des besoins économiques identifiés, que vous respectez les règles, que vous parlez la langue, vous êtes le bienvenu.

Si ça répond à des besoins identifiés de façon démocratique, comme les règles que je viens de vous indiquer, oui, l'immigration choisie est économique. Si vous ne respectez pas les règles, si vous êtes un délinquant, si vous êtes rentré de façon irrégulière, vous n'avez pas vocation à rester sur le territoire. - G.Bornstein: Quelqu'un qui n'est pas venu de façon régulière et qui travaille, qui a des enfants, n'a pas vocation à être régularisé? - B.Haddad: Je ne suis pas favorable, et je ne l'ai jamais été, à des régularisations massives comme l'ont fait certains de nos voisins.

Au niveau européen, je souhaite qu'on puisse renforcer les frontières européennes, qu'on puisse faire partir les étrangers qui ne respectent pas les règles.