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InterviewC à vous (sur YouTube)· 7 mars 2022 53 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesSécuritéSolidarités & famille

Gabriel Attal et Michel-Édouard Leclerc - C à Vous - 07/03/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 39 %Attaque 38 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:58OuverteRéponse directe

    Il était question que vous quittiez le gouvernement pour rejoindre l'équipe de campagne. C'est plus au programme ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Qu'avait demandé exactement le chef de l'État à son homologue ?

  • 7:35OuverteRéponse directe

    Quelle est la teneur de ces échanges, la tonalité ? Est-ce qu'elle est parfois frontale ?

  • 10:05OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'elle accueillera autant de réfugiés que nécessaire la France ?

  • 11:25RelanceRéponse directe

    L'Europe pourrait-elle intervenir directement pour faire cesser ce massacre ?

  • 18:11OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on commence à s'y préparer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « Porte-parole du gouvernement de Jean Castex, mais pas du candidat Macron. »
  • 2:19PrésentateurFait
    « Des civils ukrainiens qu'on promet d'évacuer, mais qui sont tenus de se diriger vers la Russie ou son allié biélorusse, une offre rejetée par Kiev et dénoncée par Emmanuel Macron. »
  • 7:06Invité politiqueFait
    « Ce que demande le président de la République à chaque fois qu'il échange avec Vladimir Poutine, c'est un cessez-le-feu. C'est la première demande. »
  • 8:08Invité politiqueChiffre
    « On a mis en place des sanctions qui sont massives. »
  • 9:58PrésentateurChiffre
    « Selon l'ONU, 1,5 million de personnes ont fui l'Ukraine dans l'espace de 10 jours. »
  • 10:03PrésentateurChiffre
    « 2500 réfugiés sont arrivés en France. »
  • 10:12Invité politiqueFait
    « C'est d'accorder ce qu'on appelle une protection temporaire aux Ukrainiens. »
  • 10:45Invité politiqueFait
    « La France prendra sa part. Ce qui n'a pas été le cas sur d'autres vagues migratoires. »
  • 11:30PrésentateurFait
    « Toute intervention directe sur le champ de bataille, sur terre, sur mer ou dans les airs, serait considérée comme une entrée en guerre. »
  • 11:49PrésentateurFait
    « Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. »
  • 16:04PrésentateurChiffre
    « On constate que le rouble a perdu, je crois, 45%. »
  • 17:32PrésentateurFait
    « La Russie espérait compter sur certains pays pour voter contre les résolutions qui étaient proposées, notamment la Chine. Elle n'a pas voté contre. Elle s'est abstenue, certes. »
  • 25:36PrésentateurFait
    « Il y a clairement eu un avant et un après la guerre en Ukraine. »
  • 26:01PrésentateurChiffre
    « Le prix du Paris-le-Brent est monté cette nuit jusqu'à 139 dollars. On est tout près du record absolu. »
  • 33:44Invité politiqueChiffre
    « Si on n'avait pas pris la mesure qui a été prise sur l'électricité, qui a coûté 8 milliards d'euros à l'État, les ménages français, en moyenne, auraient vu leur facture d'électricité augmenter de 300 à 400 euros au mois de février dernier. »
  • 45:39PrésentateurChiffre
    « on a en France le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans »
  • 45:44PrésentateurChiffre
    « On avait l'année dernière plus de 700 000 jeunes en apprentissage »
  • 45:53PrésentateurChiffre
    « Il y en avait moins de 300 000 par an avant qu'Emmanuel Macron soit élu »
  • 46:19PrésentateurChiffre
    « La France est classée depuis deux ans pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers »
  • 47:24Invité politiqueFait
    « Les retraites, parce qu'il y a eu la crise sanitaire et qu'on a volontairement suspendu ce projet »
  • 47:29Invité politiqueFait
    « Les institutions, puisque les oppositions ont bloqué le projet sur les institutions »
  • 47:35Invité politiqueFait
    « On a réformé la SNCF. On a réformé le marché du travail avec les ordonnances »
  • 47:39Invité politiqueFait
    « On a réformé l'assurance chômage »
  • 48:13Invité politiqueChiffre
    « Vous avez aujourd'hui 400 000 enfants qui, chaque année, font leur rentrée dans une classe à 12 »
  • 48:42Invité politiqueFait
    « c'est qu'il faut que la France soit plus indépendante. On dépend de moins des autres et plus de nous-mêmes »
  • 51:30PrésentateurFait
    « Si en moyenne, les cas positifs sont en baisse, est-ce qu'on ne va pas un peu vite en besogne ? »
  • 51:42PrésentateurFait
    « On a demandé beaucoup d'efforts aux Français depuis le début de cette crise »

Temps de parole

  • Présentateur87 %
  • Locuteur 52 %
  • Locuteur 32 %
  • Locuteur 42 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:39
Présentateur

Éric Mohamed et Mathieu. Bonsoir Gabriel Attal. Bonsoir. Merci de votre présence ce soir. Porte-parole du gouvernement de Jean Castex, mais pas du candidat Macron. Porte-parole du gouvernement, mais évidemment quand j'en ai la possibilité, quand j'en ai le temps, je suis un soutien du président de la République et évidemment que je défendrai sa candidature et que je souhaite sa réélection. Il était question que vous quittiez le gouvernement pour rejoindre l'équipe de campagne. C'est plus au programme ? Vous voyez bien que l'égard à la situation, on doit être tous mobilisés face à une crise importante, une crise très grave internationale qui peut avoir des répercussions en France.

Et donc je suis pleinement à ma tâche pour cela. Pas question d'affaiblir un gouvernement alors que le monde, effectivement, traverse l'une des crises géopolitiques les plus graves, Mathieu, depuis la fin de la guerre froide. Douzième jour de guerre sur la place de l'indépendance à Kiev ce matin. Pas de sirène, mais l'hymne national. Faire résonner la fibre patriotique quand l'armée diffuse aussi ses images d'un hélicoptère russe abattu, mais également dans les mots du président Zelensky aujourd'hui.

1:47
Locuteur 8

Le front est moins lyrique et la question ces trois derniers jours, c'est celle de l'évacuation des civils

2:01
Présentateur

via des couloirs humanitaires ouverts par la Russie depuis Kiev, Kharkiv, Soumy ou même depuis Mariupol après deux cessez-le-feu qui n'ont pas tenu ce week-end.

2:09
Gabriel Attal

Des civils ukrainiens qu'on promet d'évacuer, mais qui sont tenus de se diriger vers la Russie ou son allié biélorusse,

2:28
Présentateur

une offre rejetée par Kiev et dénoncée par Emmanuel Macron.

2:30
Locuteur 3

C'est un непrécielé varième de l'entrée de l'entrée des courants humanitaires. Ils ne peuvent pas entrer à nos gens d'Iwankova, d'Iymo, d'Iymo, d'Iymo, d'Iymo, d'Iymo, d'Ivo, d'Ivo, d'Ivo, d'Ivo, d'Ivo, de la Russie, pour ensuite, pour les nuits de l'hiver de l'Urisson.

2:47
Présentateur

Je ne connais pas beaucoup d'Ukrainiens qui ont envie d'aller se réfugier en Russie. C'est une hypocrisie.

2:52
Locuteur 8

Donc ce n'est pas simplement des couloirs qui sont tout de suite menacés et ce n'est pas ce discours hypocrite qui consiste à dire on va aller protéger les gens pour les emmener en Russie. Tout ça n'est pas sérieux, c'est du cynisme, moral et politique.

3:04
Présentateur

La fuite des civils avec les bombardements en fond sonore quand ça n'explose pas beaucoup plus près. Le quai d'Orsay compare le feu russe à ce qu'on a pu voir en Tchétchénie ou en Syrie. C'est toujours la même logique. On bombarde, on fait semblant qu'il y ait des couloirs humanitaires. On les fait précisément pour qu'on puisse désigner ensuite les opposants d'être coupables de ne pas avoir respecté le couloir humanitaire. Du coup, on rebombarde. Difficile d'échapper aux zones de combat comme ces journalistes de la chaîne Sky News visés par des tirs près de Kiev alors qu'ils expliquaient précisément que les civils sont pris pour cible.

Comme ce mariage sur la ligne de front aux abords de Kiev.

4:02
Locuteur 4

Moi, Alicia, je te prends pour mari et je te jure amour et fidélité jusqu'à la mort.

4:07
Présentateur

Ou encore Amélia, petite fille parmi ces ukrainiens des abris anti-bombe et qui chante la reine des neiges, libérée, délivrée.

4:14
Locuteur 1

Retour à la surface.

4:26
Présentateur

Ici, Mykolaïv et ses scènes de désolation après trois jours d'intenses combats qui se poursuivaient aujourd'hui. Mykolaïv a un peu plus de deux heures de route d'Odessa en temps normal. La troisième ville du pays qui s'attend à un pilonnage aérien. Odessa qui permettrait aux Russes de tenir le littoral ukrainien, le sud, avec la Crimée et Mariupol. Odessa, d'où partent nombre de réfugiés vers la Moldavie voisine qui en dix jours a accueilli l'équivalent d'un dixième de sa population. Retour au centre du pays. Vinitsia et son aéroport à 200 kilomètres de Kiev. Aéroport détruit. Alors que l'Ukraine demande précisément la fermeture de son espace aérien. L'OTAN a déjà dit non.

Vladimir Poutine menace. La fibre patriotique, l'orgueil, la résistance de ces Ukrainiens qui manifestaient ce week-end, bien qu'ils soient en zone tenue par les Russes. Difficile, par exemple, de savoir qui conduit ce tank sur lequel s'est glissé un manifestant au drapeau jaune et bleu. Mais la ville de Kherson, pourtant prise par les Russes, tenue par les Russes, les Ukrainiens y ont tout de même manifesté ce week-end, dans plusieurs villes du pays, comme vous le voyez ici. Des images qui font écho aux manifestations anti-guerre dans le monde entier. En Russie en particulier. Des mouvements réprimés.

On parle de plus de 14 000 arrestations depuis le début de la guerre dans une trentaine de villes du pays. Et Elena Osipova, survivante du blocus de Leningrad par les nazis, arrêtée la semaine dernière, de nouveau dans les rues. On l'appelle la conscience de Saint-Pétersbourg ou la grand-mère de l'opposition. Contraste avec ce jeune russe arborant le même Z que sur les chars de l'envahisseur. Il était sur le podium pour une médaille de bronze au Mondial Gymnastique. C'est un Ukrainien qui a décroché l'or. Autre image de grâce et pourtant très politique. Sting qui ne chantait plus Russians sorti en pleine guerre froide. Je n'aurais jamais pensé que cette chanson serait à nouveau pertinente.

J'espère que les russes aiment aussi leurs enfants. Gabriel Attal, l'armée russe, a affirmé que des couloirs, que ces couloirs humanitaires qui auraient mené les réfugiés ukrainiens directement en Russie, en Biélorussie, avaient été demandés par Emmanuel Macron. On démentit l'Elysée. On vient d'entendre le président dénoncer le cynisme moral et politique de Vladimir Poutine. Qu'avait demandé exactement le chef de l'État à son homologue ? D'abord, ce que demande le président de la République à chaque fois qu'il échange avec Vladimir Poutine, c'est un cessez-le-feu. C'est la première demande.

A défaut, ce sont des trêves humanitaires qui permettent de respecter le droit international, le droit humanitaire, de permettre effectivement à des civils de pouvoir être évacués et de pouvoir acheminer de l'aide humanitaire. Et donc le président s'est exprimé tout à l'heure, il a dit que ces pseudo-couloirs humanitaires qui en réalité consistaient à dire à des gens qui sont bombardés par les Russes, aller en Russie, évidemment n'étaient pas une demande de la France, ça n'avait aucun sens. Hier, Emmanuel Macron a passé 1h45 à dialoguer avec Vladimir Poutine. C'était la quatrième fois depuis le début de la guerre. Quelle est la teneur de ces échanges, la tonalité ?

Est-ce qu'elle est parfois frontale ? Ecoutez, elle est franche, elle est ferme. Chacun affirme ses positions, mais je pense qu'elle est nécessaire. Je pense que ces échanges, ils sont nécessaires. Il faut maintenir ce canal d'échange. D'abord, c'est la demande du président Zelensky, qui a demandé à plusieurs reprises à pouvoir échanger avec Vladimir Poutine, qu'il a refusé. Et donc le président de la République, d'une certaine manière, permet de faire l'intermédiaire entre les deux. Mais il faut maintenir ce canal parce que... Même si c'est un dialogue de saut, puisque le président russe n'a pas varié dans ses positions. On a mis en place des sanctions qui sont massives.

On y reviendra peut-être, qui visent à faire en sorte que Vladimir Poutine soit contraint de revoir ses plans et ses calculs. Et donc la nécessité de maintenir un canal ouvert entre le président de la République et Vladimir Poutine, elle est aussi liée à ça. Si on veut qu'à un moment il revoie ses plans, il faut qu'à tout moment il ait conscience qu'il y a une autre voie que la guerre qui est ouverte et qui est celle de l'échange diplomatique et de la négociation. Est-ce qu'on peut vraiment parler d'échange ? Oui, la voie, il faut la maintenir évidemment, il faut la maintenir ouverte. Mais avec quel contenu, quel type de proposition ?

Est-ce qu'on peut imaginer le faire asseoir autour d'une table d'une conférence internationale ou avec les belligérants ou avec ceux qu'il a traités de néo-nazis ? Enfin, on voit bien à quel point la logique de guerre et le discours de Poutine l'enferment dans quelque chose dont il sera très difficile de sortir. Évidemment que c'est un dialogue qui est très difficile. Mais il faut continuer à le tenir, encore une fois, parce que c'est la seule voie de sortie de cette crise qui est acceptable. Aussi parce qu'elle permet d'essayer de négocier certains éléments. On parlait à l'instant du cessez-le-feu des trêves humanitaires.

L'échange qui a eu lieu hier entre le président de la République et Vladimir Poutine concernait notamment en grande partie la question de la sécurité des centrales nucléaires qui sont en Ukraine. On sait qu'on a probablement frôlé une catastrophe dans la nuit de jeudi à vendredi avec la plus grande centrale nucléaire d'Europe qui a fait l'objet d'attaques dans des conditions qui restent à éclaircir. Mais un drame a peut-être été évité. Et donc il y a une mobilisation du président de la République avec les autorités internationales pour sécuriser, garantir la sécurité des sites nucléaires qui sont présents en Ukraine.

Et c'est aussi à propos de ça que le président a échangé avec Vladimir Poutine. Le président Poutine s'est engagé à appliquer des mesures de sécurisation de ces sites. Et on espère que cet engagement sera tenu. Mais en tout cas, si on ne dialogue pas, on ne peut pas obtenir mon engagement. Selon l'ONU, 1,5 million de personnes ont fui l'Ukraine dans l'espace de 10 jours. 2500 réfugiés sont arrivés en France. Est-ce qu'elle accueillera autant de réfugiés que nécessaire la France ? D'abord, il y a une décision très importante qui a été prise à 27 au niveau européen. C'est d'accorder ce qu'on appelle une protection temporaire aux Ukrainiens.

Grosso modo, il s'agit de leur donner le même statut que des réfugiés, mais de le faire tout de suite, de pouvoir les mettre à l'abri. Il y a une très grande partie des Ukrainiens qui ont fui, qui demandent une chose, qui souhaitent une chose, qui espèrent une chose, c'est de pouvoir en gagner leur pays dès lors que le conflit se serait arrêté. Mais probablement qu'il y en a aussi qui doivent être accueillis plus durablement. Et d'ailleurs, vous l'avez dit, on a commencé à en accueillir plusieurs milliers. On a toujours défendu, nous, au niveau européen, un mécanisme de solidarité au niveau européen. Que chaque pays prenne sa part. Ce qui n'est pas le cas. La France prendra sa part.

Ce qui n'a pas été le cas sur d'autres vagues migratoires. Et ce qui est intéressant de constater, c'est que les pays qui sont aujourd'hui les plus directement concernés par ces flux migratoires venant d'Ukraine, la Pologne, la Hongrie, sont les pays qui étaient opposés à ce qui est ce mécanisme de solidarité quand il y a eu d'autres flux migratoires en Méditerranée, par exemple. Et je crois que la maturité, la force de l'Union Européenne, c'est aussi de montrer qu'on est solidaires avec eux. Précisément dans cette crise où ils sont les premiers concernés. Comment faire cesser le massacre ? C'est la question qui se pose aujourd'hui et que vous posez ce soir dans votre édito, Patrick.

Avec une question plus précise. L'Europe pourrait-elle intervenir directement pour faire cesser ce massacre ? Non, elle ne le peut pas. Et pour une seule et unique raison, le feu nucléaire détenu par les Russes et dont Poutine nous menace. Toute intervention directe sur le champ de bataille, sur terre, sur mer ou dans les airs, serait considérée comme une entrée en guerre. La précaution de langage répétée inlassablement par tous les gouvernements et par Emmanuel Macron encore aujourd'hui sur LCI. Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Cela rend impossible la zone d'exclusion aérienne, la no-fly zone réclamée par les Ukrainiens.

Envoyer des avions de l'OTAN pour faire la police du ciel impliquerait d'abattre des avions russes pour la faire respecter. La guerre encore. Même la fourniture d'avions de chasse à partir d'aérodromes de pays voisins serait considérée par la Russie comme une implication de l'OTAN dans le conflit. La Pologne et la Bulgarie y ont pour ces raisons renoncé. Pourtant dans le passé nous sommes déjà intervenus militairement pour stopper des massacres de civils. Oui, toujours avec de nobles raisons, souvent pour des populations plus éloignées de nous que les Ukrainiens.

Voici comment Jacques Chirac justifiait les bombardements français sur la Serbie de Milosevic en 99 contre l'épuration ethnique au Kosovo. Nicolas Sarkozy contre la Libye de Kadhafi en 2011 et François Mitterrand contre l'Irak de Saddam Hussein en 91, juste après l'invasion du Koweït.

12:42
Locuteur 6

Il faut que vous en soyez sûrs, protéger le droit dans le Golfe, au Moyen-Orient, aussi loin de nous qu'il semble sur une carte de géographie, c'est protéger notre pays. Ne laissons jamais à la loi du plus fort le soin de gouverner le monde. Un jour ou l'autre, elle s'installerait chez nous.

13:09
Locuteur 7

Accepter les horreurs dont nous sommes les témoins, ce serait perdre notre âme. Ce serait laisser la grande graine de l'innommable s'installer à nouveau sur notre continent. En Libye, une population civile pacifique, qui ne réclame rien d'autre que le droit de choisir elle-même son destin, se trouve en danger de mort. Nous avons le devoir de répondre à son appel angoissé.

13:43
Présentateur

Vous avez entendu toutes ces phrases qui pourraient resservir aujourd'hui au mot près le droit des peuples à choisir leur destin, le refus que la loi du plus fort ne gouverne le monde, ou le refus de perdre notre âme en laissant faire des horreurs sur le sol européen, la gangrène de l'innommable, disait Chirac. À propos du Kosovo, des phrases qui, par contraste, soulignent l'étendue de notre impuissance d'aujourd'hui et notre obligation révoltante à rester les bras croisés face à un peuple voisin en train de se faire exterminer, simplement parce que le bourreau dispose d'un joker, celui de sa puissance nucléaire.

La dissuasion nucléaire et sa logique d'équilibre de la terreur ont longtemps été présentée comme une garantie de paix, une assurance de non-agression. On découvre aujourd'hui qu'elle peut être aussi tout le contraire pour celui qui la détient, une terreur unilatérale et un permis de tuer. En se contentant de fournir des armes et un soutien logistique, l'Europe donne-t-elle un permis de tuer à Vladimir Poutine ? Je crois que personne ne veut d'extension du conflit, qu'il s'étende à d'autres pays, qu'il entraîne plus de dégâts, plus de morts. Alors, est-ce que ça veut dire pour autant qu'on accepte le conflit ? La réponse est non.

Ce que nous avons adopté au niveau européen en termes de sanctions, c'est historique, c'est inédit. On commence à en voir les effets sur l'économie russe. Mais ça ne fera sans doute jamais reculer Poutine sur le terrain de bataille. Si on part de ce principe-là, à ce moment-là, on ne fait rien. Non, tu n'allais pas le faire. Je sais bien ce que vous ne dites pas ça, mais évidemment que l'équilibre est ténu et que c'est difficile. Mais je crois que ce qu'a montré l'Union européenne ces derniers jours et ces dernières semaines, c'est au contraire sa capacité à se mettre d'accord sur, encore une fois, des sanctions historiques.

Si on en avait parlé il y a quelques mois, personne n'aurait pu imaginer qu'aussi vite, qu'aussi rapidement, des sanctions aussi fortes auraient été adoptées. On a tous dans l'Europe des relations, une histoire, des intérêts différents avec la Russie. Et pourtant, on a été capable de dire qu'on gelait les actifs de la banque centrale russe, qu'on sortait des banques russes du système financier international. On prenait des mesures ciblées sur des oligarques. Sauf celles qui font commerce d'hydrocarbures, à la demande de l'Allemagne, les deux grandes banques qui ont été exclues de cette exclusion. Du système SWIFT. Il y a eu aussi des compromis faits avec les Européens.

Vous vous souvenez que dans les premières heures, un certain nombre de pays estimez qu'on ne desswifterait, entre les premières, aucune banque. Et on a réussi à trouver ce premier accord. On continue à discuter de sanctions plus importantes. Mais qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui en Russie ? On constate que le rouble a perdu, je crois, 45%. Que la bourse de Moscou est obligée de rester fermée. Qu'il y a un impact sur l'économie russe. Et d'ailleurs, vous avez des oligarques qui commencent à se retourner face à Vladimir Poutine. Que vous avez le numéro 2 gazier en Russie, dont le conseil d'administration a pris position pour la fin du conflit.

Que vous avez des prises de position dans l'Église orthodoxe. Et on sait à quel point elle est proche du pouvoir russe. Encore une fois, il y a des signaux qui montrent que les sanctions que nous avons prises commencent à produire des effets. Est-ce que ce sera suffisant ? On est en train de regarder pour alourdir encore les sanctions. Et dans le même temps, on permet à l'Ukraine de tenir, parce qu'elle a fait ce choix courageux de résister, en lui fournissant une aide humanitaire et une aide en matière de matériel de défense. Mais il y a cette peur, cette terreur du nucléaire sur laquelle joue Vladimir Poutine et qui va certainement lui permettre de poursuivre son offensive.

Encore une fois, tout ce qu'on fait a pour objectif qu'il soit obligé de revoir ses plans et ses calculs. Et si on s'était parlé encore une fois il y a quelques mois, je ne suis pas sûr qu'on aurait pu imaginer que de telles sanctions aussi fortes, avec un tel effet sur l'économie russe, auraient pu être adoptées. Elles l'ont été. Et dans le même temps, encore une fois, on permet aux Ukrainiens de tenir du mieux que nous pouvons, avec des équipements qui leur sont livrés, avec une aide humanitaire, aussi avec une mobilisation diplomatique. Parce que ce qu'on a montré ces derniers jours...

17:19
Gabriel Attal

Il n'est surtout pas entré en guerre avec la Russie.

17:21
Présentateur

Ce qu'on a montré ces derniers jours, c'est l'isolement de la Russie aussi dans ce conflit. Et qu'au niveau des Nations unies, au Conseil de sécurité, à l'Assemblée générale, la Russie espérait compter sur certains pays pour voter contre les résolutions qui étaient proposées, notamment la Chine. Elle n'a pas voté contre. Elle s'est abstenue, certes. Mais en tout cas, la Russie s'attendait à ce qu'elle vote contre avec elle. Ça n'a pas été le cas. Donc il y a aussi cette mise au banc des nations de la Russie qui joue aussi. Et l'objectif, encore une fois, c'est qu'avec cette pression, Vladimir Poutine finisse par se dire, cette guerre, elle me coûte trop cher.

Et probablement qu'il y ait des personnes autour de lui qui lui disent aussi, ça nous coûte trop cher. Et en tout cas que le président de la République, c'est pour ça qu'on maintient ce canal, parce qu'on ne sait pas avec qui parle Vladimir Poutine, qui peut lui parler, franchement, librement, clairement, autour de lui. En tout cas, que le président de la République puisse avoir ce discours franc et direct avec lui et lui dire précisément ce qui est en train de se passer. Ça va coûter trop cher, cette guerre-là. C'est le genre de propos que lui tient à Emmanuel Macron. C'est exactement ce que lui dit le président de la République dans leurs échanges.

18:11
Locuteur 7

Après le chantage du nucléaire, certains craignent des cyberattaques qui pourraient paralyser certains secteurs de l'économie. Ce serait une manière de rétorsion non nucléaire, mais quand même importante de la part de Poutine. Est-ce qu'on commence à s'y préparer ?

18:25
Présentateur

Bien sûr, on a augmenté, mais vous savez, depuis 2017, déjà nos moyens de lutte contre les cyberattaques. C'est aussi un travail qui se fait au niveau européen, sous l'égide du commissaire Thierry Breton. Et donc, oui, il y a ce travail qui est fait. On renforce nos moyens. Il y a eu, par ailleurs, d'autres cyberattaques, des rançonnages d'établissements publics, d'hôpitaux, d'entreprises. Et donc, oui, on renforce tout ça. On renforce aussi, évidemment, la protection dans le cadre de l'élection présidentielle pour éviter les déstabilisations.

Vous savez que l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information propose à tous les candidats à la présidentielle et à leurs équipes une formation sur la cybersécurité dans le cadre de l'élection pour éviter de la déstabilisation et de l'ingérence. À propos de la crainte de l'utilisation de l'arme nucléaire, des Européens inquiets achètent des capsules diodes pour essayer de se protéger d'une éventuelle attaque nucléaire. C'est une mauvaise idée ? C'est inutile ? Moi, je n'ai pas de commentaire à faire sur ce sujet-là. C'est vraiment les autorités sanitaires qui communiquent. Je n'ai pas entendu de communication sur ce sujet-là qui recommanderait de tels achats.

Mais vous comprenez l'inquiétude des Français ? Moi, je comprends parfaitement, de manière générale, qu'il y ait une inquiétude face à ce conflit, évidemment. Maintenant, évidemment qu'il ne faut pas céder à la peur. Évidemment que la mobilisation du Président de la République, en France et au niveau européen, elle vise à protéger les Français, à les protéger dans leur sécurité face à ce conflit qui est à nos portes. Il y a des bombes qui explosent à trois heures d'avion de chez nous.

Et les protéger aussi dans leur vie quotidienne face aux effets qui pourraient advenir du fait de ce conflit sur l'augmentation des prix de l'énergie, par exemple, ou sur l'augmentation des prix d'une manière générale. On continue à évoquer l'actualité en Ukraine avec la story de Mohamed Bouhevci.

19:59
Gabriel Attal

Vous avez pu interviewer Mohamed, le maire de Kiev, samedi.

20:12
Présentateur

C'est l'autre héros de la guerre en Ukraine avec Volodymyr Zelensky. Vitaly Klitschko est le maire de Kiev depuis 2014. L'une des personnalités préférées des Ukrainiens après avoir été champion du monde de boxe. L'un des premiers à avoir annoncé qu'il prendrait les armes pour se battre face à l'armée russe. Des membres de son cabinet lui ont proposé d'être exfiltré à l'ouest du pays ou à l'étranger. Il a refusé. Samedi, il nous a réaffirmé sa détermination.

20:39
Locuteur 6

Deux fois, notre interview a été reportée en raison de bombardements sur Kiev.

20:53
Présentateur

C'est l'un des rares entretiens qu'il a accordé à un média international. Samedi, il a accepté de nous parler pendant 15 minutes précisément. Pas une de plus entre une visite à l'hôpital et une autre dans un commissariat. Il est menacé par l'armée russe. Il refuse d'évoquer sa situation personnelle. Il préfère parler des habitants de Kiev. L'armée russe est à 15 kilomètres de sa ville. Irpin, en banlieue de Kiev, a été dévastée. Mais selon Vitalik Litschko, plus d'une centaine de civils ont déjà perdu la vie à Kiev. La capitale ukrainienne vit au rythme des bombardements. Pour la légende de la boxe, la Russie n'est pas en guerre contre l'Ukraine, mais contre le monde occidental.

Pour Klitschko, aucun pays européen n'est en sécurité avec Vladimir Poutine. Nous l'avons battre pas seulement pour nos habitants. Nous l'avons battre pas seulement pour nos habitants. Nous l'avons battre les valeurs, les valeurs européens. Nous l'avons battre les Français aussi, parce que nous ne savons pas à quel point de l'ambition de Vladimir Poutine. Dans les prochaines heures, Kiev va être assiégé. Les bombardements vont être de plus en plus violents. Vitalik Litschko demande aux pays de l'OTAN d'intervenir militairement en Ukraine. Nous avons besoin de soutenir et de soutenir militaire aussi. Nous restons devant la plus forte armée du monde, la russie.

Et je suis fier de être ukrainien parce que notre armée a un grand patriotisme.

23:46
Locuteur 6

Ils montrent nos principes aux soldats russiens.

23:50
Présentateur

Avant de mettre fin à notre entretien pour aller voir l'ampleur des dégâts de l'hôpital pédiatrique de la ville, Vitalik Litschko a tenu à remercier les Français pour leur solidarité et le président Emmanuel Macron. Gabriel Attal, ce week-end, le Washington Post annonçait que les États-Unis et des pays européens étaient prêts à accueillir un gouvernement en exil ukrainien avec des personnalités importantes comme Volodymyr Zelensky ou encore, pourquoi pas Vitalik Litschko, la France est prête pour cela. Aujourd'hui, ce que dit le président Zelensky, c'est qu'il veut rester dans son pays, qu'il veut défendre son pays depuis son pays et se battre pour son pays.

Et on n'a pas de commentaires à faire sur ce choix-là, si ce n'est que c'est un choix extrêmement courageux de sa part. Et donc, tant qu'il n'y a pas d'autres options qui sont avancées par le gouvernement ukrainien, par le président ukrainien, évidemment, nous, on ne se projette pas dans ces options-là. Le Washington Post appuie sur des dires proches de Volodymyr Zelensky en disant qu'il a échappé notamment à trois tentatives d'assassinat et que c'est pour ça qu'à terme, si les bombardements continuent sur Kiev, qu'il pourrait être amené à fuir d'Ukraine.

Moi, ce que je vous dis, c'est que le président a de nombreux échanges avec lui, qu'à chacun de ces échanges, il a réaffirmé son souhait, son choix de rester dans son pays et de défendre son pays depuis son pays. Il y aura un ordre mondial avant et un ordre mondial après. C'est ce que vous avez déclaré le 2 mars dernier à l'issue d'un conseil de défense qui est aussi vrai sur le plan économique.

25:33
Locuteur 4

Oui, il y a clairement eu un avant et un après la guerre en Ukraine.

25:36
Locuteur 3

Quand on regarde, par exemple, le jour de l'invasion, le 24 février, le prix du blé, un premier pic. Ce jour-là, plus 300 euros est atteint. Il n'est jamais redescendu. La tonne de blé a franchi aujourd'hui la barre des 400 euros. Même tendance pour le maïs qui vient d'attendre 350 euros la tonne. C'était 193 euros en mars 2021. Ça a donc presque doublé en un an. Mais ce qui affole le plus les compteurs, c'est le pétrole.

26:01
Locuteur 4

Le prix du Paris-le-Brent est monté cette nuit jusqu'à 139 dollars. On est tout près du record absolu.

26:06
Locuteur 3

147,50 dollars. C'était en juillet 2008. Contrairement au prix du blé qui auront des conséquences visibles pour les Français dans quelques mois, le pétrole, ça a des conséquences directes à la pompe. Aujourd'hui, Louis Amard et Michael Robert se sont rendus à la station essence de la Porte d'Orléans de Paris.

26:21
Locuteur 4

Et voici les prix affichés. On va les voir. Pratiquement tous les carburants ont franchi la barre symbolique des 2 euros. 2,27 euros pour le samplon 95, 2,137 euros pour le samplon 98, 2,79 euros pour du gazole.

26:36
Locuteur 3

Même si vous prenez du gazole basique, vous êtes à 1,999 euros le litre. Donc ce n'est plus qu'une question de jour pour passer encore la barre des 2 euros.

26:45
Locuteur 4

Pour rappel, en 2018, le litre de gazole était autour de 1,53 euros et cela avait déclenché la crise des gilets jaunes. Aujourd'hui, à la colère des automobilistes, s'est ajoutée la peur de voir encore ces prix augmenter.

26:58
Locuteur 5

Mon essence que je met par mois, des fois, ça peut aller jusqu'à 200. Si je dois mettre deux fois le plein, c'est énorme. Franchement, je ne pensais pas qu'un jour, ça allait monter aussi haut comme ça.

27:07
Présentateur

Ça devient du luxe de prendre de l'essence aujourd'hui ? C'est carrément... Ah oui, c'est du luxe. Si on veut se déplacer, si on veut faire ce qu'on a à faire, oui, c'est du luxe. Comme on dit qu'il y a l'inflation, il y a la farine qui va augmenter, le blé, tout ça fait qu'on est un peu déprimé, non ?

27:28
Locuteur 4

Les stations-service craignent des vols, les automobilistes envisageaient de faire des stocks

27:33
Locuteur 3

ou bien de faire des mélanges sans plomb, éthanol, quitte à bousiller leur véhicule ou à changer même leur manière de vivre.

27:39
Locuteur 5

On fait attention, on fait un restaurant de moins, puis voilà. On est obligé de rogner sur certains trucs pour faire bouillir la marmite, comme on dit.

27:49
Locuteur 4

Moi, si je trouve une pompe pas très chère, je vais remplir avec la Géricane.

27:52
Locuteur 5

Sur les petits loisirs, je suis obligé de me bloquer, en fait. Je n'ai plus trop le loisir de faire n'importe quoi avec mon argent, par exemple manger avec mes potes, sortir. Il faut que je pense à mon essence. Même pour me déplacer pour faire des loisirs, ça devient inquiétant parce qu'en fait, je ne peux plus me déplacer n'importe comment avec ma voiture.

28:07
Présentateur

Je voulais opter pour un autre achat de voiture entre avril et mai et là, je suis en train de réfléchir. Je vais me prendre un scooter et voilà. Bonsoir Michel-Edouard Leclerc. Bonsoir. Président du comité stratégique du groupe Leclerc. Merci de votre présence ce soir. Alors que les prix à la pompe s'envolent, une hausse face à laquelle vous êtes impuissant. Oui, et puis qui est assez compliqué à gérer parce qu'on était en opération à prix coûtant. Donc, ça rend encore plus fort la hausse d'aujourd'hui et de cette semaine. Et mes collaborateurs qui achètent les carburants anticipent que ça va remonter pendant trois semaines à peu près.

Alors, il faut comprendre qu'il n'y a pas de rationalité matérielle, économique à ça parce que ni le régime des sanctions ni l'attitude de la Russie, pour le moment, ne justifie qu'on retienne des stocks. C'est l'anticipation, c'est la spéculation qui fait qu'aujourd'hui, les carburants atteignent ces niveaux-là. Vous vous engagez, vous, à faire le maximum pour minimiser, pour limiter cette inflation ? Oui, parce que de toute façon, vous connaissez la mécanique des grandes surfaces. C'est aussi de faire venir du monde en voiture. Elle sera remise en question par la loi climat, par d'autres modèles économiques pour sauver la planète.

Mais aujourd'hui, dans l'instant T où les gens ont des voitures avec du gasoil, ils utilisent pour faire leurs coûts. Oui, ça a un impact. Donc, nous, on peut agir dessus en baissant les prix jusqu'à l'interdiction de revente à perte. Donc, on est à prix coûtant. Pour prix coûtant, ça veut dire sans marge. Et puis, on essaie de trouver des sources d'approvisionnement moins chères. Mais il faut aller très vite et c'est beaucoup d'argent. Un bateau de 30 000 tonnes, c'est 30 millions de dollars. Un bateau de 100 000 tonnes, on en trouve en Floride. Ça reviendra pas de Floride avant trois semaines par bateau. Donc, sur l'instant de la crise, sur l'instant de la dépense, on fait le maximum.

Mais il faut acter de cette augmentation. Ce que vous craignez, c'est que sans l'intervention de l'Etat, on voit le litre atteindre les 2,50 euros. Qu'attendez-vous exactement du gouvernement ? Gabriel Attal pourra répondre. C'est assez drôle qu'on se retrouve sur ce plateau parce qu'on en a débattu ensemble au téléphone il y a 6 mois parce qu'on parlait de cette anticipation. Moi, j'étais à l'époque pour bloquer les prix. Alors, ça coûte pas cher de faire le politique et de dire à l'Etat ce qu'il faut faire. Mais je pensais qu'on pouvait, disons, soit baisser l'une des taxes, soit... Après, c'est vrai que ça coûte une blinde. Et puis, là, c'est pas 1 centime, c'est pas 2 centimes.

Je sais plus combien ça coûte. C'est vous qui m'avez... Si vous baissez de 10 centimes, ça coûte 5 milliards d'euros. Voilà. Donc là... Sachant que là, en une semaine, je crois que ça a pris 10 ou 14 centimes. Oui, puis ça va remonter encore après. En fait, vous prenez une mesure qui coûte, si on baisse de 10 centimes, par exemple, 5 milliards d'euros et qui, en une semaine, peut être déjà absorbée par l'augmentation des prix. Et donc, dans cette discussion, j'ai un peu changé d'avis. Je suis parti dans l'idée des aides ciblées. C'est-à-dire ? Pour les automobilistes qui en ont le plus besoin, quoi. Oui. Je crois qu'on en avait déjà parlé entre nous. Oui.

Mais au moment où vous étiez venu, vous étiez, vous, pour la mesure générale. Et non pas pour l'aide ciblée. C'est ça, tout à fait. C'est l'objet de la discussion sur ce plateau. Voilà. Mais je me dis, mettre 50 milliards ou mettre 30 milliards dans l'économie, je pense que... Bon, moi, j'ai... Nous, on a les voitures d'entreprise. Il y a des entreprises qui peuvent porter cette hausse, qui les mettent comme charge. Ça vient en déduction de leurs profits, donc aussi de leurs impôts. Donc, je crois qu'il faut cibler les aides aux ménages les plus faibles,

31:55
Locuteur 5

ce qui est un peu le... Enfin, ce qui est d'ailleurs le... Le chèque énergie. Le chèque énergie. Le chèque énergie.

32:00
Locuteur 4

Enfin, il y a six mois, on n'atteignait pas ces prix-là. Là, on frôlait la barre des 2 euros. Là, on l'a franchi et on va continuer de la franchir, le 2 euros.

32:07
Présentateur

Alors, moi, je pense que ce n'est pas durable. Sauf s'il y a des nouvelles sanctions qui touchent l'interdiction de commercialiser.

32:15
Locuteur 5

Nous, on achète du pétrole à Total, par exemple. On est le deuxième acheteur français de carburant.

32:21
Présentateur

Et même, on a John Venture avec Systému, donc on achète pour Systému aussi, pour la RATP, pour des sociétés de transport. Leclerc vend 10 milliards, plus de 10 milliards de litres d'essence. Si je vois bien, Total, aujourd'hui, peut encore librement vendre des carburants. Exxon Mobil aussi. Mais tous les traders qui approvisionnent le marché français, ils vendent aussi du carburant russe.

32:48
Gabriel Attal

Tout d'un coup, on interdit le problème.

32:50
Présentateur

Mais s'il n'y a pas des sanctions qui touchent cet approvisionnement, et si la Russie n'arrête pas ces approvisionnements, il n'y a pas de raison que ça reste aussi haut longtemps. Je pense que, du coup, il faut gérer le court terme plus que le long terme, me semble-t-il. Vous confirmez, Gabriel Attal ? Ce qui est sûr, c'est que c'est haut, c'est très haut, et qu'il y a beaucoup de Français qui sont pris à la gorge par ces coûts qui sont très élevés.

Michel-Edouard Leclerc le disait, on s'est parlé au téléphone il y a six mois après s'être croisés en marge d'une émission, précisément parce que déjà, il y a six mois, il y avait cette augmentation très forte de tous les prix de l'énergie partout dans le monde. On parle là de l'essence, il y a aussi une augmentation très forte partout dans le monde du prix du gaz, et les Français ne l'ont pas vécu, parce qu'on a gelé le prix du gaz, on a gelé ces augmentations dès le mois de novembre dernier. Il y a eu une augmentation très forte du prix de l'électricité, et les Français ne l'ont pas vu, parce que là aussi, on a bloqué l'augmentation du prix de l'électricité. Je vous donne un chiffre.

Si on n'avait pas pris la mesure qui a été prise sur l'électricité, qui a coûté 8 milliards d'euros à l'État, les ménages français, en moyenne, auraient vu leur facture d'électricité augmenter de 300 à 400 euros au mois de février dernier dans la facture qu'ils ont reçue. Alors forcément, c'est une augmentation qui n'a pas lieu, donc c'est moins visible, mais il faut voir qu'autour de nous, on a des pays où il y a des augmentations de 40, 60, 70% du prix de l'électricité, ça a augmenté de 4% en France.

Et puis il y a la question de l'essence, et effectivement le choix qui a été fait au mois de novembre dernier, d'une aide ciblée, mais ciblée en réalité sur beaucoup de Français, puisque c'est 38 millions de Français qui ont reçu une indemnité inflation pour compenser notamment l'augmentation du prix de l'essence. Je vous disais tout à l'heure que le Président allait continuer à protéger les Français face à cette augmentation des prix. Évidemment qu'on travaille à des mesures supplémentaires.

Il y a des mesures qui ont été prises ces dernières semaines, je pense à l'indemnité kilométrique pour les gros rouleurs qui roulent vraiment quasiment toute la journée dans le cadre de leur profession, je pense aux infirmières libérales par exemple, qui font leur tournée, etc. Et on travaille en ce moment à des mesures supplémentaires sur l'ensemble des questions qui touchent au pouvoir d'achat des Français. C'est Bruno Le Maire qui travaille, qui va faire des propositions auprès du Premier ministre et du Président, et des mesures qui seront actées, présentées dans les prochains jours. Bruno Le Maire qui n'a pas exclu de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie.

34:56
Locuteur 4

Il nous reste des marges de manœuvre, c'est ce qu'il a dit. Est-ce que ça signifie que les prochaines sanctions pourraient cibler le pétrole et le gaz russe qui changeraient la situation ?

35:04
Présentateur

Tout est sur la table. En réalité, je crois que quand on parle de l'impact des sanctions sur la Russie ou de possibles contre-sanctions que prendrait la Russie, c'est surtout sur le gaz qu'on anticipe un impact très fort. La production, je ne suis pas un spécialiste, mais j'écoute ce qu'on dit dans les réunions avec ceux qui le sont, la production de pétrole par la Russie est moins importante qu'elle ne l'est pour le gaz. Je crois que c'est 8 millions de barils sur 100 millions de barils. Oui, mais c'est un tiers de la consommation allemande par exemple. On est d'accord qu'il y a des pays européens qui sont très concernés, beaucoup plus d'ailleurs concernés que nous.

Mais donc, on prendra toujours les mesures nécessaires pour protéger les Français face à l'impact de cette crise et à l'impact de l'augmentation des prix de l'énergie qu'on constatait déjà avant cette crise. Mais vous allez leur demander de changer leurs habitudes aux Français, c'est ce que semblait sous-entendre Bruno Le Maire. Oui, parce que sans gaz russe l'hiver prochain, ça pourrait être très compliqué. Donc Bruno Le Maire dit qu'il faut qu'on soit prêt à faire tous les efforts possibles. Qu'est-ce que ça veut dire ? Moins chauffer sa maison, son appartement ? On n'est pas dans le même timing là. Non ? Et c'est ce que semblait dire ce matin Bruno Le Maire ?

D'abord, ce que je veux dire, c'est qu'il y a beaucoup de Français qui font déjà des efforts, qui chauffent déjà moins leur maison parce que ça coûte déjà aujourd'hui très cher, qu'il y a beaucoup de prix qui augmentent et qui font déjà ces efforts-là. Ensuite, ce qu'a dit Bruno Le Maire ce matin, c'est que dans le cadre du plan de résilience qui est travaillé par le gouvernement à la demande du président de la République, on travaille sur des mesures pour les entreprises parce qu'il y a des entreprises qui sont très impactées par ces augmentations des prix de l'énergie et notamment du gaz. Quand vous avez une tour de séchage pour le lait, vous utilisez beaucoup de gaz.

Quand vous avez un système de chauffage dans un élevage de volailles, vous utilisez aussi beaucoup de gaz. Il y a des entreprises qui sont très pénalisées. On travaille à des mesures pour les entreprises. Pour les ménages, j'en parlais à l'instant sur la question de l'essence, la question du gaz, de l'électricité. Et puis, il y a une réflexion à voir sur du plus long terme parce que cette crise, elle pourrait durer, parce que les impacts de cette crise, on pourrait les avoir pendant de nombreux mois, justement sur la manière dont on peut tenir, moins dépendre de l'approvisionnement venant notamment de la Russie. Et ça, c'est ce qu'a dit Bruno Le Maire.

Il y a une réflexion collective à avoir sur notre organisation.

36:54
Locuteur 5

Oui, il y a le temps court. Parce qu'on a plusieurs types de hausses qui vont arriver.

36:58
Présentateur

Il y a les hausses alimentaires issues des négociations commerciales. Et c'est quelque chose de l'ordre de 3,2% à 3,6% de hausses de produits alimentaires. C'est quelque chose qui va être tangible dans les hypermarchés, dans les supermarchés, sur les marchés assez vite. Et puis, les entreprises veulent répercuter aussi leurs frais, leurs coûts de transport et tout ça. Moi, je vous dis, j'ai viré ma cutie par rapport à l'utilisation des sommes. Je pense qu'il faut partir sur des aides ciblées, revoir sans doute les enveloppes. Mais c'est vrai qu'il y a des gens qui sont prioritaires dans l'utilisation de la voiture. Et de toute façon, il ne faut pas casser la relance.

Parce que pour le moment, ça marche. Pour le moment, ça produit aussi de la fiscalité, ça produit aussi de l'activité économique. Et l'emploi est plutôt bon. Donc, moi, je vois ça. Bien sûr, on défend nos entreprises. Il faut gérer les hausses de prix et ne pas bloquer nos entreprises. Mais d'une point de vue général, pour l'économie française, on a intérêt à accompagner cette relance. Il y a le critère social. Il y a le critère de la confiance. Et je pense que c'est plutôt comme ça qu'on va s'en tirer. Il y a des centres Leclerc en Russie ? Non, mais on en a en Pologne, qui aujourd'hui sont des relais de nos opérations humanitaires avec la Croix-Rouge.

Mais c'est la logistique des centres Leclerc qui fait qu'aujourd'hui, dans les centres Leclerc qui sont dans les villes frontières, on reçoit des réfugiés, on les alimente, on les couvre avec du textile et on a des camions qui partent, notamment trois camions qui partent ce lundi. Et dans toutes les villes de France, la distribution est sollicitée. Mes collègues d'intermarché, de toute la distribution, on est partie prenante. Beaucoup de villes organisent ces convois. Et France Télévisions aussi mobilise ses antennes pour porter secours au peuple ukrainien en s'associant à la Croix-Rouge française. Envoyez vos dons à l'adresse qui s'affiche en bas de l'écran. Merci beaucoup, Michel.

Les Français sont généreux.

39:00
Locuteur 5

Rien qu'en calcul d'arrondi, vous savez, dans les magasins, on leur propose un demi-million dans nos magasins collectés.

39:09
Présentateur

C'est des Français qui ont offert... Un demi-million ont déjà été collectés depuis le début du conflit. Oui. Non, non, en un jour. En un jour. Oui. Donc, il y a une générosité française. Qui sont reversés à la Croix-Rouge française ? Oui. Et la Croix-Rouge, elle est maître d'œuvre. Mais il y a des organisations polonaises, parce qu'il y a beaucoup de réfugiés, quoi. Un demi-million d'euros récoltés par les centres Leclerc. Et c'est qu'une partie de la solitarité française. Et bien sûr, on va abonder. À l'égard du peuple ukrainien. Merci beaucoup d'être venu ce soir sur le plateau de CETABOU, Michel-Édouard Leclerc. Emmanuel Macron est donc officiellement candidat depuis jeudi soir.

Et la publication de sa lettre aux Français, ce matin, dans son QG de campagne, il a galvanisé ses troupes. Instant motivation, capté dans une très courte vidéo postée sur le réseau Instagram.

39:53
Locuteur 8

Maintenant, vous l'avez compris, foncez, foncez, foncez et gagnez !

40:01
Présentateur

Foncez, foncez, foncez, trois fois, parce qu'il reste vraiment très très peu de temps pour convaincre les Français. C'est une campagne éclair que vous allez devoir mener ? Oui, mais on la mènera. Il est exclu que cette campagne passe au second plan. Sur tous les terrains ? Sur tous les terrains, bien sûr. Cette campagne, elle est importante. Certains essaient d'opposer cette campagne à la crise ukrainienne. Or d'abord, ce que nous... En disant que le président se cache, élu de les débats... Non, en disant qu'elle passerait au second plan, parce que la crise ukrainienne... Elle passe forcément au second plan, puisque vous deviez quitter le gouvernement pour l'aider à porter sa campagne.

Mais vous avez dit que vous deviez prendre en charge votre... Ce que nous dit la crise ukrainienne, c'est à quel point on doit être attaché à notre démocratie. C'est aussi les valeurs mêmes de démocratie qui sont prises pour cible en Ukraine. Et donc le fait de participer à l'élection, de tenir nos élections, d'attacher l'importance à cette échéance démocratique majeure, c'est extrêmement important. Ensuite, parce que dans cette crise, on voit qu'il y a la question de choix politique pour notre pays. Est-ce qu'on veut être moins dépendant des autres sur notre manière de nous déplacer, de nous chauffer, de nous nourrir, de nous défendre, de travailler ? C'est des débats politiques.

On n'a pas les mêmes réponses à ces questions selon les partis politiques et les candidats. Et donc, oui, cette campagne est très importante. Et oui, le président, autant qu'il le pourra, y participera. C'est-à-dire autant qu'il le pourra. Stanislas Guérini parle d'interstices dans lequel le président Macron pourra faire campagne. On fait une campagne sur des interstices ? Vous avez un pourcentage, par exemple. Oui, voilà. Il nous donne 50% de son temps, 40% de son temps à la campagne. Ce qu'on a dit et ce qu'a dit le président ce matin, c'est qu'il sera président autant qu'il le devra et candidat autant qu'il le pourra. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'il y a une crise majeure qu'il faut continuer à gérer. Je peux vous dire que quand j'échange moi, je suis élu local aussi, avec les habitants de chez moi avant, ici les Moulineaux, on n'attend pas de nous qu'on déserte, encore une fois, face à la gestion de cette crise.

41:54
Gabriel Attal

C'est sûr. Il y a un quinquennat, il y a cinq ans après...

41:56
Présentateur

Les Français, ils ont besoin d'un président pour les cinq prochaines semaines comme pour les cinq prochaines années. Et les cinq prochaines semaines, le président doit présider face à cette crise. Il doit aussi participer au débat pour les cinq prochaines années. Je peux vous dire qu'il y participera. Il y participera. Il y participe déjà, on l'a vu aujourd'hui. Il y a eu des réunions ce matin. Il est en ce moment même à Poissy, en train d'échanger avec des Français sur tous les sujets. Et je peux vous dire qu'il y aura beaucoup d'autres moments de campagne auxquels il participera. Mais ces cinq prochaines années ne peuvent pas être une page blanche.

Et pour l'instant, ce qui a été révélé de sa campagne, des axes de sa campagne, la lettre qu'il a adressée aux Français, il n'y a pas grand-chose. Pour l'instant, on continue. Il y a d'abord une vision. C'est important de donner une vision, de donner une destination à ce qu'on veut faire. Et puis ensuite, il va y avoir une campagne dans laquelle le président va livrer ses propositions, évidemment. Je crois que ce sera le cas dès ce soir pour certains sujets à Poissy. Et puis il y aura d'autres moments dans cette campagne pour que les Français connaissent les propositions du président pour les cinq années à venir. Il y aura des moments de confrontation.

Bien sûr, mais quand on est face à des Français, comme c'est le cas en ce moment, comme ça sera le cas dans d'autres moments, c'est déjà une confrontation d'idées. Vous avez des Français qui ne sont pas des militants dans un meeting politique, qui sont des Français qui viennent interpeller le président, peut-être le critiquer, le bousculer. Mais en tout cas, avoir un échange avec lui, c'est ce qu'on considère comme étant le plus utile. Ce ne sont pas des Français qui veulent prendre sa place.

Ensuite, le président participera, comme les autres candidats, à des émissions, avec des journalistes, avec des éditorialistes, peut-être avec des politiques, je n'en sais rien, je ne sais pas ce que seront les propositions faites par les chaînes. Mais évidemment qu'il participera à ce débat. Encore une fois, ce débat, il est important et on veut le tenir. Même si c'est extrêmement critiqué par ses adversaires, un petit fleurilège de ce week-end. La semaine de l'élection, il a dénié de l'Olympe envoyer un message à la terre, sous forme d'une lettre à la presse régionale.

43:49
Locuteur 5

Il y a au moins un point positif dans cette lettre que j'ai lue, c'est qu'on ne se fait pas engueuler. Nous, les bons à rien, les feignants, les extrêmes, ceux qui ne sont rien et qui, même en traversant la rue, ne trouvent pas de boulot.

44:02
Présentateur

Un message de la discussion, de la contradiction. Il ne peut pas échapper à son bilan. Il faut qu'il y ait, dans les semaines qui viennent, un vrai débat démocratique. Dans une campagne présidentielle, on ne peut pas se cacher, on ne peut pas se dérober, on ne peut pas sans cesse refuser le débat et la confrontation des idées. Que répondez-vous aux adversaires du président, oui, Patrick ? Vous savez, j'ai entendu les mêmes candidats critiquer le président ces dernières semaines parce qu'il n'était pas candidat. Maintenant, ils le critiquent parce qu'il est candidat. Donc ils critiquent le président en permanence. C'est ce qui fait d'ailleurs souvent le cœur de leurs propos.

Ils demandent qu'on fasse une consultation. Et on a l'impression, en les écoutant, que la campagne démarre aujourd'hui. Mais pour la plupart d'entre eux, elle a officiellement démarré il y a quand même quasiment six mois, voire plus de six mois. Il y a eu trois primaires. Il y a eu des meetings. Il y a eu des congrès. Il y a eu des émissions de télévisée, des dizaines d'heures d'émissions de télévisée où il y avait, on les a entendues, dire ce qu'ils pensaient du bilan du président de la République.

45:10
Locuteur 4

Oui, mais il leur manquait l'adversaire.

45:11
Présentateur

Mais enfin, il l'avait puisqu'ils ont passé leur temps à attaquer le président de la République et son bilan a expliqué que tout est nul, que rien ne va dans le pays. Et oui, avoir ce regard, moi je trouve, c'est la critique que je fais, ce regard très noir, très pessimiste, très décliniste, qui consiste à dire que notre pays aurait vocation à être relégué parmi les puissances moyennes, qui n'aurait pas de raison de regarder l'avenir avec un peu d'optimisme. Évidemment que l'actualité, en ce moment, ne nous permet pas d'être très optimiste.

Mais quand même, Michel-Édouard Leclerc le disait à l'instant, on a en France le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans, le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans, le taux d'emploi le plus élevé depuis qu'il est mesuré. On avait l'année dernière plus de 700 000 jeunes en apprentissage. C'est un record. C'est des jeunes qui se forment à des compétences, qui vont pouvoir trouver un emploi ensuite. Il y en avait moins de 300 000 par an avant qu'Emmanuel Macron soit élu. L'emploi industriel est à la hausse, mais il est plus bas qu'en 2019 par exemple.

Il y a eu une crise entre temps, mais ce qui est sûr, c'est qu'avant le quinquennat d'Emmanuel Macron, on détruisait plus d'emplois industriels qu'on en créait. On fermait plus d'usines qu'on en ouvrait. On a inversé cette tendance-là. Évidemment, on n'a pas effacé 10 ans ou 20 ans de désindustrialisation. Mais on a inversé cette tendance. Aujourd'hui, vous avez plus d'usines qui ouvrent que d'usines qui ferment en France. Plus d'emplois industriels créés que d'emplois industriels détruits. La France est classée depuis deux ans pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers. Je ne suis pas là en train de vous dire que tout va bien. Je ne suis pas un bisounours.

Ça, c'est pour le bilan et c'est pour la continuité. Ce que je dis, c'est que dire en permanence, encore une fois aux Français, que tout est fichu, que rien ne va, que tout est noir, je ne suis pas sûre que ça donne très envie aux Français aussi de s'intéresser à cette échéance qu'est l'élection présidentielle. Est-ce que comme en 2017, Emmanuel Macron proposera des réformes fortes ? Il en a beaucoup proposé en 2017. Certaines se sont échouées. Des promesses n'ont pas été tenues sur les retraites. Le projet s'est échoué. Est-ce qu'il reprendra la même formule ? Est-ce qu'il proposera autre chose aux Français sur les institutions ?

Le projet n'a pas pu aller au bout de son parcours législatif. Il y avait la promesse de réconcilier les Français avec leur démocratie. Est-ce que tout ça sera remis sur la table sous une forme différente ou sous la même forme peut-être ? Évidemment qu'il y aura des propositions de réformes fortes. C'est aussi ce qui fait l'engagement identité du président. Oui, il y a plusieurs engagements, quelques engagements d'importance qui n'ont pas pu être tenus. Les retraites, parce qu'il y a eu la crise sanitaire et qu'on a volontairement suspendu ce projet. Les institutions, puisque les oppositions ont bloqué le projet sur les institutions.

Mais il y a quand même aussi et peut-être surtout beaucoup d'engagements qui ont été tenus. De réformes dont on nous disait depuis des années qu'elles étaient impossibles à tenir. On a réformé la SNCF. On a réformé le marché du travail avec les ordonnances. On a réformé l'assurance chômage. Ce que je vous dis, c'est qu'on a montré avant la crise sanitaire qu'on était capable, et d'ailleurs pendant la crise sanitaire encore, de porter des réformes de structure. La réforme de l'assurance chômage, elle date de l'automne dernier. On a continué à réformer et on va évidemment continuer à proposer aux Français de le faire. Maintenant, c'est le président qui annoncera son programme.

Écoles, santé, ai-je vu ce matin dans ce qui était... Oui, il y a des grandes priorités. Il a eu l'occasion de le dire ce matin. Il l'avait dit aussi dans sa lettre. La question de l'éducation, qui était déjà une priorité en 2017. Là aussi, on a beaucoup fait, notamment pour réinvestir dans les quartiers les plus difficiles. Vous avez aujourd'hui 400 000 enfants qui, chaque année, font leur rentrée dans une classe à 12. Parce qu'ils sont dans les quartiers les plus difficiles. C'est une mesure très concrète. Et je peux vous dire, quand vous échangez avec les enseignants, ils vous disent qu'ils voient la différence.

Avec les familles qui ont eu parfois un plus grand, qui ne bénéficiait pas de cette mesure il y a quelques années, qui disent, voilà, le plus petit qui en bénéficie, il est capable de lire, d'écrire, de compter plus tôt que le précédent parce qu'il a un meilleur accompagnement. Donc, on va continuer à investir. Et puis surtout, notre conviction dans cette campagne, parce que c'est aussi l'enseignement de la crise sanitaire et de la crise ukrainienne, c'est qu'il faut que la France soit plus indépendante. On dépend de moins des autres et plus de nous-mêmes, encore une fois, pour nous nourrir, nous chauffer, nous déplacer.

Ils sont nombreux, les candidats à en parler, hein, de cette indépendance et souveraineté nationale. Ils ne proposent pas tous les moyens d'y répondre. Ils ne sont pas tous pour une vraie défense européenne, pour le réinvestissement dans la défense nationale. Ils ne sont pas tous pour la relance du nucléaire et des énergies renouvelables, pour être plus indépendants en matière énergétique. Ils ne sont pas tous pour une vraie coordination au niveau européen, pour être plus forts en termes industriels aussi. Nous, on porte ça. Ce qui est certain, c'est que la tragédie ukrainienne, elle va élever aussi le débat et l'implication des hommes politiques qui concourent à la…

49:23
Gabriel Attal

Vous dire que ça disqualifie certains candidats ? C'est ce que vous dites ?

49:25
Présentateur

Non, je pense que tout le monde a été obligé de se recaler un peu par rapport à la tragédie, de changer de mots, de changer de vocabulaire, de se regarder au-delà. Et c'est vrai qu'entre se tacler tous les soirs sur un sujet creux, enfin important, mais sans chers, là, on est sur des plannings. L'Europe, c'est concret, le souverainisme, qu'est-ce que ça devient, les rapports transatlantiques, le pouvoir d'achat, les impacts. On est obligé de… là, on n'est plus dans le pré-haut, on est obligé de… même dans le temps court. Et je pense que cette tragédie va nous obliger en qualité à avoir des débats… À élever le débat électoral. La question bonitiviste…

Est-ce qu'il faut remobiliser les jeunes qui s'absentaient ? Exactement, il y a un fort… Leur rêve de mondial… Vous êtes porte-parole de qui, Michel ? De moi ? Non, non. Non, parce que je dois demander à Mathieu Béliard de venir poser la question bonus de 5 sur 5. Oui, la question bonus de 5, Mathieu. La fin du pass vaccinal dans une semaine, jour pour jour. Oui, un allègement des consignes sanitaires à moins d'un mois du premier tour, évidemment. Des candidats à la présidentielle vous brocardent sur la question. Maintenant, le gouvernement rétropédale… Envisage de le supprimer en fin mars début avril. Comme par hasard en avril. Oh, comme c'est à hasard.

Je soupçonne quand même le gouvernement d'avoir inventé cette machine qui ne sert à rien pour pouvoir faire ce cadeau électoral. Le gouvernement annonce lui-même que quand le temps fort de la campagne électorale d'Emmanuel Macron sera revenu, ils feront sauter le pass vaccinal pour l'aider un peu plus. Soyons sérieux. Il y a eu ennemis. Oui, mais c'est… Oui, mais c'est… Oui, mais c'est… Oui, et puis comme par hasard, on lève… C'est très étrange et on lève les… Les restrictions de liberté comme le port du masque, comme par hasard à 15 jours de l'élection présidentielle. C'est ce que vous réclamez. Mais c'est… Mais bien, écoutez, mais je m'en réjouis.

Il faudrait qu'il y ait des élections présidentielles tous les deux mois. Les Français seraient ravis. Alors, une question très simple. Alors, certains, ils voient une forme de clientélisme. On l'entend comme par hasard d'ici. Mais il y a des voix parmi les médecins qui se demandent si la fin du pass vaccinal n'est pas prématurée. Il y a le retour des vacanciers de la zone B qui donne des taux de positivité en hausse, des indicateurs en hausse sur les moins de 18 ans. Si en moyenne, les cas positifs sont en baisse, est-ce qu'on ne va pas un peu vite en besogne ? On a toujours dit qu'on ne prendrait pas de mesures un jour de plus que nécessaire et pas une mesure de plus que nécessaire.

On a demandé beaucoup d'efforts aux Français depuis le début de cette crise. On a pris beaucoup de mesures dans leur vie quotidienne. Et je pense que s'ils les ont acceptées, s'ils les ont respectées, c'est parce qu'ils savaient que ces mesures, elles correspondaient à une situation sanitaire et elles étaient rendues nécessaires par une situation sanitaire. Dès lors que ces dernières semaines, on a constaté une amélioration dans nos hôpitaux, dans nos services de réanimation, avec un nombre de patients admis qui a très sensiblement diminué, oui, on peut alléger les mesures. Et je pense qu'encore une fois, c'est ce que nous devons aux Français.

Maintenant, les candidats, c'est un peu tout à l'heure quand je disais qu'ils critiquaient le Président parce qu'il n'était pas candidat, ils critiquaient le pass sanitaire, le pass vaccinal. Et maintenant, ils critiquent le fait qu'on lève le pass vaccinal. Donc, de toute façon, ils trouveront toujours matière à critiquer, s'agissant en tout cas des candidats à la présidentielle. L'important, c'est que dès lors qu'on peut lever une mesure, on lève la mesure. Merci beaucoup, Gabriel Attal. Je vous remercie cette fois-ci, Michel-Edouard Leclerc. Je rappelle que vous êtes solidaire de la Croix-Rouge française. France Télévisions s'y associe également.

Vous pouvez faire un don par SMS au 92 200. Et il y a le site internet de la Croix-Rouge, www.croix-rouge.fr auquel faire vos dons.

52:43
Gabriel Attal

On retrouve dans un instant, Gabriel Attal et Didier Baudon qui est notre invité du dîner. Merci beaucoup, Michel-Edouard Leclerc. Merci. A tout de suite pour la suite et c'est à vous.