Tourisme et changement climatique : comment repenser nos étés ?
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T'as pas eu trop chaud toi ?
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Ce sera sûrement la question de la rentrée au moment de se raconter nos vacances.
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À l'issue d'un été percuté par la crise climatique, méga feu, canicule interminable, manque d'eau.
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Alors comment vous êtes-vous adapté ?
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À l'avenir, comment repenser nos étés, qu'on parte en vacances ou pas ?
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Quand je parlais d'adaptation à cette nouvelle donne climatique, est-ce qu'elle se voit déjà cette année dans les choix des destinations touristiques cet été ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« D'abord, juste pour rappeler un peu le contexte, vous parlez d'éco-anxiété, mais globalement, il y a de l'anxiété géopolitique, de l'anxiété économique, sociale. »
- 2:17Locuteur 1Chiffre
« Mais on a vu, là, dès cet été, la Manche, les Alpes du Nord, tout ce littoral de la Manche, de la Côte d'Opale, tout ça, il y a eu un regain, il y a eu un boom, quasiment 10% en deux ans. »
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« Oui, d'abord sur les zones qui ont été évacuées, évidemment, et pendant les jours évacués, on est déjà à 60 millions d'euros, juste sur cette période-là, mais les pertes, elles seront largement supérieures parce qu'il y a tout l'impact en dehors des zones touchées, avec notamment la question des fumées »
- 4:55InvitéChiffre
« c'est 4% de la Gironde qui a été touchée par les incendies. »
- 11:15PrésentateurChiffre
« L'empreinte touristique, l'empreinte carbone du tourisme est 75% plus intense en carbone que la consommation classique en France. »
- 12:15Locuteur 1Fait
« ce n'est pas les touristes ou l'activité touristique qui a été la cause des incendies. »
- 12:18Locuteur 1Fait
« La sécheresse augmente l'intensité des feux. »
- 18:11InvitéFait
« on sent que la montagne ne sera pas une solution à long terme. La montagne est grignotée par le dérèglement climatique et ça va extrêmement vite. »
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France Inter, Alexis Morel, le 6-9.
T'as pas eu trop chaud toi ? Ce sera sûrement la question de la rentrée au moment de se raconter nos vacances. A l'issue d'un été percuté par la crise climatique, méga feu, canicule interminable, manque d'eau. On a raconté évidemment ici l'impact dramatique sur les agriculteurs, sur les habitants, sur les entreprises des communes touchées. Mais plus globalement, ces phénomènes extrêmes ont aussi fortement perturbé les vacances des uns, les soirées et les festivals des autres. Bref, tout ce qui faisait jusqu'à maintenant l'insouciance de ces mois de juillet et d'août, devenu désormais synonyme d'éco-anxiété. Alors comment vous êtes-vous adapté ?
A l'avenir, comment repenser nos étés, qu'on parte en vacances ou pas ? Destination, loisirs, activités pour moins subir, mais aussi ne pas aggraver cette crise climatique ? On en parle ce matin avec nos trois invités. Vangelis Panayotis, bonjour. Bonjour. Vous présidez le cabinet MKG Consulting, spécialisé en tourisme et en hôtellerie. En ligne avec nous aussi Christelle Chassagne, présidente du comité régional de tourisme Nouvelle-Aquitaine. Bonjour. Et Joël Zasque, vous êtes philosophe. Et vous avez notamment travaillé sur l'impact des incendies. Bonjour à vous également.
Chères auditrices et auditeurs, je vous rappelle que vous pouvez aussi nous contacter 0145 24 7000 et sur l'appli Radio France. Pour vos témoignages, le changement climatique a-t-il eu raison de vos projets estivaux ? Comment avez-vous changé ou non ? Vos plans, vos activités, quelles sont vos solutions ? Racontez-nous. Vangelis Panayotis, je vais peut-être commencer avec vous. Quand je parlais d'adaptation à cette nouvelle donne climatique, est-ce qu'elle se voit déjà cette année dans les choix des destinations touristiques cet été ? Il y a des chiffres tout frais qui viennent de sortir.
Oui, tout à fait. D'abord, juste pour rappeler un peu le contexte, vous parlez d'éco-anxiété, mais globalement, il y a de l'anxiété géopolitique, de l'anxiété économique, sociale. Et les Français ont besoin de partir, ont besoin de sortir d'un quotidien qui les percute fortement. Et pour ça, on n'a pas envie de rater grand-chose dans sa vie, mais certainement pas ses vacances. Donc, tout ce qui va pouvoir impacter la qualité et l'expérience qu'on va avoir, y compris la canicule et ces vagues de chaleur qui font que l'expérience globalement n'est pas très bonne, vont avoir un impact.
Aujourd'hui, ce n'est pas massif, parce que les grands classiques au bord de mer, on parlera peut-être de l'Espagne ou autre, ça fonctionne toujours très bien. Mais on a vu, là, dès cet été, la Manche, les Alpes du Nord, tout ce littoral de la Manche, de la Côte d'Opale, tout ça, il y a eu un regain, il y a eu un boom, quasiment 10% en deux ans. Oui, la Manche, c'est flagrant pour le coup. Exactement, la Manche, Normandie, ça s'explique certainement par le côté de climat plus tempéré, ça s'explique aussi par des sujets de pouvoir d'achat.
Alors, et paradoxalement, enfin, paradoxalement, peut-être pas, vous allez nous le dire, comme vous le disiez, les destinations chaudes, entre guillemets, et classiques, résistent malgré tout. Je pense, si on ne parle que de la France, la Côte d'Azur, par exemple, alors ça augmente moins que la Manche, mais ça reste stable.
Alors, il y a du contraste, en fait. Les grands classiques fonctionnent très bien. Il y a aussi un contexte, ça ne nous a pas échappé dans votre chronique avant, il y a un contexte géopolitique. Le conflit en Iran fait que, finalement, l'Europe, c'est un peu un abri pour beaucoup de touristes internationaux, y compris pour des touristes européens qui auraient voulu partir plus loin, finalement, on se dit, on n'est pas si mal en Europe, on a une stabilité politique, c'est plutôt un endroit « safe », entre guillemets. Donc, tout ça, ça fait que, malgré tout, les grands classiques fonctionnent très bien. Et au final, il n'y a pas de perdant cet été.
On voit qu'il y a eu une, on va dire, une irrigation du territoire en termes d'économie qui a bien fonctionné.
Alors, c'est peut-être un peu tôt, mais est-ce que vous arrivez à déterminer s'il y a eu des changements de destination en cours de route à la dernière minute, justement, en fonction de la météo ?
Alors, malheureusement, on l'a vu dans le cadre des incendies, et à chaque fois qu'on a des événements de cet ordre-là, on a effectivement une réactivité qui est très forte. On a vu dans les comportements des voyageurs, des touristes, une polarisation des comportements, c'est-à-dire ceux qui vont vraiment réserver très en amont parce qu'ils veulent une garantie de prix, ils veulent avoir de la place, etc. Et puis, ceux qui attendent, c'est un peu le réflexe Covid, on va dire, qui nous reste de cette période, la dernière minute, pour voir coup sûr est-ce qu'il n'y a pas un problème ou se laisser tenter par la dernière minute par un contexte qui est peut-être plus intéressant pour eux.
Alors, Christelle Chassagne, vous présidez, je le rappelle, le comité du tourisme en Nouvelle-Aquitaine. On parlait de la Gironde. Vous avez été évidemment les plus touchés en Gironde, dans les Landes, avec ces incendies. L'impact a été immédiat pour le coup. Là, vous avez des chiffres qui sont très clairs sur la fréquentation locale.
Oui, d'abord sur les zones qui ont été évacuées, évidemment, et pendant les jours évacués, on est déjà à 60 millions d'euros, juste sur cette période-là, mais les pertes, elles seront largement supérieures parce qu'il y a tout l'impact en dehors des zones touchées, avec notamment la question des fumées et donc, quelques jours après, en plus des départements 33 et 40, d'autres zones ont été complètement percutées par les effets secondaires de ces évacuations, même si, je le rappelle, c'est 4% de la Gironde qui a été touchée par les incendies. Mais l'effet est bien plus large. Exactement.
Est-ce que vous constatez que depuis que les feux ont été fixés, que la situation s'est calmée, que les habitants évacués ont pu revenir chez eux, est-ce que les touristes reviennent ou cette résilience touristique, si je puis dire, après les feux, elle mettra du temps à se mettre en place ?
Oui, on a eu un retour de fréquentation progressive qui s'est effectué puisque, en plus, étant évidemment sur place, on a pu, avec les acteurs locaux, les offices de tourisme et toutes les zones touchées, on a très rapidement remis en place une campagne de réassurance pour dire, les vacances continuent, venez en Gironde, venez dans les Landes, on est en capacité de vous accueillir parce que c'est le cas. Mais évidemment, il y a un effet, un impact.
Là, aujourd'hui, on n'est pas encore en capacité de le calculer, mais on sait que même si le taux d'occupation sur les hébergements de plein air où on est très fort en Nouvelle-Aquitaine, dans les hôtels, etc., le taux d'occupation a remonté, mais on sait aussi qu'il y a eu un impact très fort et pas que pour les hôteliers, pour les restaurateurs, pour les boulangers, pour tous ceux qui travaillent autour du tourisme, l'impact, il est énorme.
On va y revenir tout à l'heure sur les enseignements que vous allez en tirer pour la suite. Vangelis Panayotis, on parlait des destinations plus ou moins prisées. Est-ce que la forme des vacances change aussi sous l'effet de ces conséquences climatiques ? Je pense à l'hébergement, par exemple. Est-ce que les exigences
sont différentes ? On voit émerger pas mal de faisceaux. Alors, désolé, parce qu'il y a un anglicisme pour tout comportement. On parle de coolcation, c'est vacances offrées. Donc, on a de plus en plus envie de fragmenter et donc de vivre des expériences qui sont différentes. C'est terminé ce comportement de baby-boomer de se mettre sur un transat pendant deux semaines ou au bord de la piscine ou au bord de la plage. Et donc, on va démultiplier les différentes expériences. On voit qu'il y a un regain très fort de la ruralité. On voit que la montagne aussi fonctionne très bien. C'est devenu... Il y a deux très grandes tendances.
C'est Bretagne et Alpes du Nord qui sont en train de devenir les nouvelles côtes d'Azur de l'été. Ça ne veut pas dire qu'il y a moins de monde sur la côte d'Azur, mais c'est-à-dire qu'on voit que ça se propage un petit peu différemment. Et clairement, c'est pour vivre d'autres expériences aujourd'hui que celles du soleil en plein été.
Joël Zasque, vous êtes philosophe. Je le disais, alors ce n'est pas le premier été percuté par le changement climatique, mais disons peut-être qu'on a passé un nouveau cap cette année. Est-ce que c'est la fin ou le début de la fin de l'insouciance estivale, de cette représentation qu'on avait de l'été, de la légèreté ?
On pourrait le souhaiter parce que tout change autour de nous. Le dérèglement climatique bouleverse nos comportements et nos possibilités de vie et en fait, mentalement, rien ne change si visiblement que cela. Le tourisme en soi est déjà un problème. Donc, est-ce qu'on va continuer à se déplacer de la manière dont on le fait ? Est-ce qu'on aura besoin de temps libre de la manière dont on l'occupe aujourd'hui ? Je pense qu'effectivement, face aux bouleversements climatiques et environnementaux qu'on connaît, il faudrait qu'on reprenne notre copie, qu'on change de grille d'appréciation, de grille de valeur, de grille de plaisir, de grille de jouissance.
Mais est-ce que c'est en train de se produire ? Je ne sais pas. On s'adapte, on essaie de s'adapter.
Il y a encore le réflexe de se dire non, mais c'était exceptionnel, ça ira mieux l'an prochain.
Oui, alors de toute façon, il y a ça. Je l'entends beaucoup autour de moi. Bon, c'était un accident, ça ne s'est pas bien passé cette année, mais bon, rebelote l'année prochaine et on va retomber sur nos pieds. Il y aura un retour à la normale, mais en fait, il ne va pas y avoir de retour à la normale parce qu'on a connu et il est vraiment derrière nous et il faudrait vraiment qu'on repense effectivement mais de manière communautaire aussi, de manière collective, de manière raisonnée nos modes de vie qu'il s'agisse du travail ou des vacances d'ailleurs.
Et d'ailleurs, quand je parlais d'insouciance estivale et de légèreté estivale, l'été, c'est la vie en extérieur aussi, c'est le plaisir de l'été, qu'on soit en vacances ou pas et on parlera évidemment de ces quatre Français sur dix qui ne peuvent pas partir en vacances tout à l'heure. C'est la vie en extérieur qui était le plaisir de l'été qui aujourd'hui peut devenir un facteur d'inconfort voire de danger. Ça aussi, c'est une bascule, un changement majeur dans la représentation qu'on se fait de cette saison.
Oui, et c'est très problématique parce que beaucoup d'événements estivaux ont lieu en extérieur. On peut penser au festival en particulier, on peut penser au camping, on peut penser aux randonnées, etc. Et l'extérieur est aussi généralement un moyen de créer une connexion avec notre milieu, avec notre environnement, avec les lieux que nous traversons. Et si on doit rester à l'intérieur pendant nos loisirs, pendant nos vacances, et bien cette occasion finalement de faire avec la nature sera perdue si tant est qu'on l'ait fait. Donc c'est grave, c'est très problématique.
Et il est vrai que rester entre quatre murs dans un espace climatisé peut générer des attitudes qui seront encore plus catastrophiques à l'égard du tournant écologique qu'il est urgent de prendre que si on va dehors. Voilà, il faudrait aller dehors, il faudrait être beaucoup dehors pour comprendre le milieu qui est menacé aujourd'hui.
Vous parliez des festivals, il y a eu une des dizaines d'annulations de festivals fin juin et en juillet. Je pense aussi, c'est peut-être un peu plus anecdotique, mais au feu d'artifice. C'est un été sans feu d'artifice. Donc ça, c'est des symboles liés à l'été, des fêtes de villages sans feu d'artifice.
Et oui, tout à fait. En fait, ce n'est pas un spectacle de drones comme l'expliquaient les artificiers sur vos antennes d'ailleurs. Ce ne sont pas les spectacles de drones qui vont remplacer les feux d'artifice. Il y a quelque chose d'extraordinairement spécifique et beau dans le feu d'artifice. Et voilà, effectivement, ça semble être une pratique menacée, très menacée pour l'avenir. Donc, comment finalement accompagner la transition écologique tout en restant inventif, imaginatif, en procurant des grandes émotions ?
C'est une question qu'on va se poser. les termes du débat qui va se poursuivre parce que le tourisme, et vous le disiez, est aussi responsable, est aussi vecteur de changement climatique. L'empreinte touristique, l'empreinte carbone du tourisme est 75% plus intense en carbone que la consommation classique en France. Alors, comment on accompagne ça ? Vangelis Panayotis, on ne pourra plus aller à la plage par 45 degrés, faire, je ne sais pas, de l'acrobranche en plein cagnard. Où en est la réflexion là-dessus des acteurs du tourisme ?
D'abord, pour revenir un peu sur ce qui a été dit, il y a un vrai paradoxe. Aujourd'hui, tout le monde a bien conscience de l'empreinte carbone quand ils voyagent. Ça devient de plus en plus quelque chose de prégnant dans l'esprit des gens. Sauf que la réalité, c'est que partir en famille en train, ça coûte beaucoup plus cher que de partir en voiture, même avec 100 euros de plus à la pompe. Donc aujourd'hui, il y a un choix pragmatique. On a également, je crois qu'on va de record en record depuis 2022 sur le nombre d'avions simultanées dans le ciel dans le monde. Donc bon, ça raconte une histoire qui est un peu différente. C'est des vraies réalités. Et il ne faut pas opposer...
Enfin, ce n'est pas les touristes ou l'activité touristique qui a été la cause des incendies. Mais évidemment que le tourisme a un impact sur la sécheresse. La sécheresse augmente l'intensité des feux. Et donc, il y a un vrai travail collectif de la filière parce que je crois que ça concerne tout le monde. Il faut qu'on fasse notre autocritique. Quand on est à l'hôtel, on met un peu plus la clim, on passe peut-être un petit peu plus de temps dans la douche. Il y a des spas. Enfin, il y a quand même tout...
Ça devient un critère, la clim, clairement, pour l'hébergement. Oui, pour beaucoup de clientèles.
Il n'y a pas de débat, pour le coup, chez les touristes sur la clim. Voilà. Donc, il y a beaucoup de paradoxes qu'on doit adresser. Mais ça reste un secteur qui prend ce sujet de façon très sérieuse. Il y a beaucoup d'initiatives qui sont faites aujourd'hui de la part des opérateurs et des professionnels du secteur. Parfois, on rembourse des éléments pour ceux qui viennent pas en voiture, en voiture électrique. On installe des bornes sur les parkings. On essaye de dire le fameux « jetez pas votre serviette » ou « on change pas les draps ». Il y a quand même plein de réflexes qui sont en train d'évoluer parce qu'il y a une vraie prise de conscience de l'ensemble de la filière sur le sujet.
Alors justement, exemple très concret avec vous, Christelle Chassagne, en Nouvelle-Aquitaine. Comment vous accompagnez ça ? Par exemple, comment, pour les étés prochains, quand on pense aux feux de forêt, comment une activité touristique est-elle encore viable, proche de la forêt des Landes ?
Déjà, on ne peut pas répondre aux problématiques au moyen du 20ème. Donc il faut effectivement prendre en compte, s'adapter au climat, c'est aussi anticiper ces risques plutôt que de les subir. Et le problème, ça n'est pas le tourisme, c'est comment on conçoit le tourisme. Donc je reviens sur ce qui a été dit, mais c'est important aussi de retravailler le récit des vacances. C'est quoi les vacances ? Comment on peut les concevoir autrement qu'avec les modèles que nous avons toujours eus ?
Alors aujourd'hui, il y a des phénomènes, la canicule, effectivement, c'est le changement climatique qui ne fait pas disparaître le tourisme, mais il redessine la carte, on l'a vu tout à l'heure avec des destinations qui sortent évidemment leur épingle du jeu là-dessus. Donc il y a deux sujets, il y a l'atténuation et puis comment on s'adapte. Il faut s'adapter absolument, mais ce n'est pas suffisant. Donc il faut atténuer aussi, notamment la question des émissions de gaz à effet de serre, des ressources, les limitations des déchets.
En Nouvelle-Aquitaine, ça va faire plusieurs années, nombreuses années, qu'on travaille avec Alain Rosset sur le sujet des vacances les plus responsables possibles pour qu'en Nouvelle-Aquitaine, on ait justement cette possibilité.
Et comment on repense l'offre d'activités ? Je voyais par exemple que le Colisée à Rome propose désormais des nocturnes. Il y a même un terme qui s'appelle le nocturisme, c'est-à-dire de bouger la nuit, si je puis dire, de faire des activités la nuit. Ça, c'est des pistes de travail ?
Ça, c'est des choses qui sont déjà en place aussi en Nouvelle-Aquitaine où on propose évidemment des parcours par exemple qui vont être en intérieur sur du géocatching. Par exemple, notre jeu Terra Aventura qui est une chasse au trésor incroyable. Là, on la propose aussi en intérieur, à l'intérieur d'un musée. Vous avez des professionnels qui s'adaptent aussi, qui modifient leurs horaires d'ouverture. On a évidemment toute une organisation, une diversification aussi des activités comme la montagne parce qu'évidemment, il y a plus de fraîcheur sur ces endroits-là qu'ailleurs. Mais on le disait aussi, les professionnels, ça va faire des années qu'ils sont résilients. La filière est résiliente.
C'est même la base des professionnels du tourisme. C'est leur capacité d'adaptation. Et puis, je rappellerai quand même qu'on est sur des risques climatiques qui sont avérés, qui augmentent, mais ils arrivent aussi sur nos domiciles, enfin nos lieux de domicile, pas forcément qu'en vacances. Donc, aujourd'hui, on s'adapte, on s'organise, on essaie effectivement d'impacter le moins possible le territoire que l'on visite. Moi, je pars du principe qu'il faut aussi que les destinations vendent ce qui est bon pour le territoire. Est-ce que ça veut dire ? Alors voilà, justement,
parce qu'évidemment, il faut qu'on parle du surtourisme, ces visiteurs qui s'agglutinent sur les mêmes sites parce qu'il y a une photo sur Instagram, etc. Est-ce que vous, par exemple, vous êtes prêts, peut-être que vous le faites déjà, à ne plus promouvoir certaines destinations surfréquentées pour, si je veux dire, lisser tout cela ?
On le fait déjà, en fait, on le fait déjà, c'est-à-dire qu'on ne fait plus de campagne sur la dune du Pila pour dire venez, etc. Parce que, par définition, par nature, cette zone, elle est déjà fréquentée. Et puis, on a un outil qui est à notre disposition qui est extraordinaire. C'est aujourd'hui la possibilité de pré-réserver. Il y a des destinations qui ont cette capacité de pré-réserver des créneaux pour éviter la surfréquentation. Je vous dirais que ça, ça peut marcher pour justement le respect de la biodiversité, des espaces naturels. On va aussi mettre en avant des mobilités décarbonées. On a fait des séjours ce qu'on appelle bas carbone.
Ce n'est pas très sexy, mais c'est comment on vient en vacances sans sa voiture, comment on utilise le moins possible de mobilités carbonées. Et puis, on n'est pas obligé de partir loin pour se dépayser. le voyage commence finalement au bout de la rue quand on prend autre direction. C'est ça aussi rendre des vacances différentes. C'est aussi proposer peut-être d'aller moins loin et de découvrir aussi des choses incroyables.
Même si moins loin, il a fallu aussi s'adapter. J'ai ce témoignage d'Isabelle. Lors des feux de Gironde, nous avons dû, nous, dans le Cantal, rester cloîtrés chez nous à cause de la pollution. Nous avons dû adapter nos déplacements de visite en fonction de la chaleur lors des pics pour éviter de souffrir. Ce n'est plus le Cantal que j'ai connu en grandissant. Joël Zasque, ce sont aussi des images de paysages auxquels il faut peut-être renoncer lors de ces vacances estivales ?
En effet, beaucoup des paysages auxquels on était habitués dans le passé, y compris en haute montagne, il faut le préciser, tendent à disparaître. Là, cette année, à la limite des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes, les paysages étaient complètement grillés. Il y a eu d'ailleurs des feux très importants dans l'Ivoire en particulier. Donc, en fait, on sent que la montagne ne sera pas une solution à long terme. La montagne est grignotée par le dérèglement climatique et ça va extrêmement vite. C'est d'ailleurs une des zones à la Haute-Alpes qui vont être le plus impactées par le dérèglement climatique. Il n'y a pas de solution. On ne va pas pouvoir s'adapter à ça.
Je crois qu'il faut quand même prendre conscience que l'adaptation évidemment elle est très juste à l'échelle individuelle et à l'échelle finalement du lustre qui nous sépare d'une échéance. Mais en fait, à l'échelle de nos enfants, de nos petits-enfants, ça n'a pas fonctionné. Donc, que faire ? Je crois qu'il y a vraiment un signal d'alarme à tirer. Par exemple, le tourisme, est-ce que l'adapter, je ne sais pas.
Mais en tout cas, je pense qu'il est absolument nécessaire que le tourisme soit repensé en profondeur mais d'une manière très concrète que les touristes soient aussi je veux dire éduqués, informés, disons, introduits à la nature des milieux qu'ils vont fréquenter parce que il y a beaucoup de touristes qui sont totalement ignorants des lieux, de la fragilité des lieux qu'ils traversent. Je vais faire réagir
Vangelis Panayotis là-dessus qui est une espèce de responsabilisation, une forme de responsabilisation, de conscientisation que désormais quand on va visiter un lieu on ne le fait pas si je puis dire gratuitement ou tout simplement légèrement mais qu'il y a une vraie réflexion là-dessus. Est-ce que le secteur est prêt à ça ?
Bien sûr, le secteur est là pour valoriser ce que sont les attraits. On va quelque part parce qu'il y a une mer qui est translucide parce qu'il n'y a pas de déchets. Enfin voilà, ça fait partie de l'attractivité et de la valeur. C'est leur outil de travail donc ils ont évidemment et puis en plus beaucoup d'entre eux sont des vrais passionnés. Ils ont investi, ils ont fait un choix de vie d'être installés dans ces endroits. Souvent, c'est des gens locaux qui ont créé une activité touristique donc ils sont très attachés à valoriser ça.
On parlait de la montagne, le recul des glaciers c'est le drame chaque année quand on parle par exemple de la Chamonix Watt tout le monde regarde ça avec beaucoup d'attention donc je crois qu'il y a une vraie enfin aujourd'hui c'est le paradoxe qu'on évoquait il y a à la fois une envie une prise de conscience de tout le monde tout le monde globalement personne ne dit on veut aller polluer on veut être un mauvais touriste et profiter de quoi que ce soit donc tout le monde a cette conscience là mais ensuite il y a les arbitrages de pouvoir d'achat qui s'invitent à la discussion.
J'ai une question de David sur l'appli Radio France la solution serait-elle de réduire la durée du break de juillet ou de ça c'est une vraie question Joël Zas qu'on a ces deux mois d'été qui ont toujours été un peu sacralisés est-ce que ça devrait nous conduire à revoir ce calendrier s'il faut faire des festivals organiser des festivals en automne ou au printemps par exemple ?
Absolument je crois qu'il va falloir revoir complètement le calendrier d'une part et notamment le calendrier scolaire le calendrier scolaire qui est intouché depuis 60 ou 70 ans ou peut-être davantage mais en réalité les deux mois d'été sont là où les enfants finalement sont sont un peu livrés aux parents ou à des systèmes de garde plus ou moins bancaux c'est quelque chose qui pourrait être réfléchi à l'école en été dans la nature par exemple une classe dehors une classe dans la forêt une classe sur un glacier une classe en spéléo enfin qui est une pédagogie comme ça active qui par ailleurs sensibilise les enfants à ce que c'est que la nature à ce que c'est que le milieu à ce que c'est que l'écologie finalement que les enfants fassent partie d'un écosystème à la fois je dirais urbain villageois et naturel
Christelle Chassagne on sait que ce sujet du calendrier c'est très sensible parmi les acteurs touristiques est-ce que vous seriez prêt à entamer cette réflexion sur une révision du calendrier peut-être une pause moins longue l'été
je pense que effectivement c'est une vraie question elle est essentielle dans la gestion des flux touristiques et c'est une question qui intéresse vivement les professionnels puisqu'aujourd'hui on essaie de trouver des solutions pour optimiser aussi ce qu'on appelle les ailes de saison par ailleurs je rappelle que nous sommes le 20 août donc la saison estivale est loin d'être terminée la Gironde et les Landes attendent encore leurs touristes puisqu'il y a encore de la place il faut continuer à venir mais c'est un sujet qui a été de nombreuses fois mis sur la table je pense qu'à l'aube de prochaines élections présidentielles il faudra interroger les futurs candidats sur ce sujet qui est essentiel ça permettrait vraiment de pouvoir optimiser aussi toute cette gestion des flux on l'évoquait mais aussi peut-être la question des règlements climatiques puisque cette période estivale de canicule pose un grand nombre de sujets et de problématiques auxquelles on répondrait certainement mieux aussi en dehors du fait aussi que cela occuperait peut-être plus nos enfants que ces deux mois de coupure
notamment pour ceux qui ne peuvent pas partir on n'oublie pas ces quatre français sur dix qui ne peuvent pas partir on a Carole au standard qui dit je ne pars pas en vacances j'ai aussi subi des grosses chaleurs il faut aussi penser à ceux qui ne partent pas en vacances merci beaucoup à tous les trois Christelle Chassagne Vangelis Panayotis et Joël Zasque bonne journée