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interviewRCF — L'Invité de la Matinale· 31 mars 2017 9 min

François Asselineau: sortir de l'UE nous rapporterait immédiatement neuf milliards d'euros

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et ce matin, nous poursuivons notre série spéciale présidentielle 2017 qui donne la parole à un candidat à l'élection présidentielle ou à l'un de ses soutiens. Notre invité ce matin est le président et candidat de l'Union Populaire Républicaine, François Asselineau. Bonjour. Bonjour. Alors, votre cheval de bataille, François Asselineau, c'est de sortir, sortir de l'Europe, sortir de l'euro, sortir de l'OTAN. Vous vous présentez d'ailleurs comme le candidat du Frexit. Qu'est-ce qu'on a à y gagner, selon vous ?

0:39
François Asselineau

Écoutez, on a énormément de choses à gagner et pas grand-chose à perdre. C'est un débat qui est éludé d'ailleurs dans les grands médias. Si nous sortons de l'Union Européenne et de l'euro, la première chose que l'on pourra faire, c'est de supprimer toute une série de politiques qui sont imposées aux Français et que les Français ne veulent pas. Je vais prendre quelques exemples. Donc, dans les traités, dans l'article 106 du traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, il est prévu la privatisation rampante des services publics.

C'est la raison pour laquelle les Français constatent que quand ils votent à droite ou quand ils votent à gauche, ils ont la même politique vis-à-vis des services publics, qui sont privatisés, qui sont d'ailleurs supprimés en zone rurale les uns après les autres.

Moi, j'ai prévu dans mon programme, une fois sorti de l'Union Européenne, au contraire, d'inscrire dans la Constitution la propriété publique de la Poste, de la SNCF, d'EDF, de GDF, de Orange, de TF1, de toutes les sociétés d'autoroutes dont la gestion a été privatisée de telle sorte que lorsque l'on paye un péage, tout ceci va en route définitive dans les caisses des actionnaires parmi lesquelles l'émir du Qatar, et puis les fonds d'investissement américains.

1:49
Présentateur

François Asselineau, tout ça a un coût ? Comment vous allez le financer ?

1:53
François Asselineau

Non, ça n'a pas énormément de coût, parce que pour l'instant, la grande partie de ces propriétés sont des propriétés publiques encore. Je signale au passage que ce programme est moins à gauche que le programme commun de la gauche de 1972. Et pour le reste, je vais le financer par des économies considérables. C'est un autre aspect très important de l'Union Européenne.

2:13
Présentateur

Sur quoi vous allez économiser concrètement ?

2:16
François Asselineau

Sortir de l'Union Européenne, déjà, va nous rapporter immédiatement 9 milliards d'euros, parce que les Français ne le savent pas, mais nous versons chaque année 23 milliards d'euros à l'Union Européenne, et nous en récupérons 14. Parmi les 14 milliards que nous récupérons figurent la politique agricole commune, donc l'aide aux agriculteurs, également les fonds du FEDEV, donc l'aide à certaines collectivités locales pour faire des travaux d'aménagement.

Vu de France, beaucoup de gens pensent que l'Union Européenne nous donne de l'argent, c'est une illusion, parce que comme vous l'avez compris, si on donne 23 et qu'on reçoit 14, ça veut dire que chaque année, on donne 9 milliards d'euros qui servent à quoi ? Qui servent à financer les structures européennes, par exemple les deux parlements qu'il y a à Bruxelles et à Strasbourg, les plus de 8000 fonctionnaires de la Commission, mais aussi à donner de l'argent à deux pays de l'Est européen ou à des pays aux voies d'intégration dans l'Union Européenne, sans que d'ailleurs on ait demandé aux Français s'ils étaient d'accord, comme la Turquie.

Par exemple, on donne chaque année à peu près 250 millions d'euros à la Bulgarie ou à peu près autant à la Turquie. Moi, par exemple, écoutez, l'actualité en ce moment montre que je vois que la ministre des Outre-mer est allée en Guyane pour présenter ses excuses du fait du sous-investissement considérable de l'État en Guyane.

3:29
Présentateur

Et quel regard vous portez sur cette actualité, justement ?

3:31
François Asselineau

Justement, si vous voulez, il y a un plan qui a été prérogrammé sur 10 ans de 500 millions d'euros en Guyane pour créer des collèges, c'est-à-dire 50 millions d'euros par an, ça n'a pas été honoré. C'est-à-dire qu'on n'est même pas capable de mettre 50 millions d'euros dans un département français en très forte croissance où se posent des problèmes considérables, alors qu'au même moment, on donne 250 millions d'euros à la Bulgarie. Moi, je dis qu'il faut quand même avoir le sens des priorités. Je n'ai bien entendu rien contre les Bulgares. Il ne s'agit pas, mais il s'agit d'avoir le sens des priorités.

La France, elle craque de partout, dans tous les secteurs de son activité, que ce soit en matière d'éducation, de santé, de sécurité, etc. Nous n'avons pas les moyens d'entretenir la machinerie bruxellois. Ça, c'est un aspect fondamental des choses. Il y a encore autre chose que je voudrais dire. C'est qu'il y a un autre article, l'article 121 du Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne, qui nous impose des politiques identiques, quels que soient les gouvernements. On peut savoir que si nous élisons un candidat qui veut rester dans l'Union Européenne, et je signale au passage que Mme Le Pen ou M. Mélenchon, tout en critiquant l'Union Européenne, ou M.

Dupont-Aignan ne propose pas d'en sortir, contrairement à une légende. Il propose de renégocier les traités. Il faut lire les programmes à la loupe. Eh bien, si nous avons donc un candidat qui reste dans l'Union Européenne, on sait déjà quelle sera la politique qui aura lieu à partir du mois de juillet. Elle est inscrite dans le rapport du 18 mai 2016 de la Commission. Il va falloir baisser l'impôt sur les sociétés, donc sur les grands groupes industriels, augmenter la TVA sur M. et Mme Tout-le-Monde. Il va falloir démolir le droit du travail, ubériser la société, c'est-à-dire précariser toutes les professions réglementées, comme les avocats, les notaires, les médecins, etc.

5:15
Présentateur

On a bien compris qu'en tout cas, vous, votre objectif, c'était sortir de l'Europe, sortir de l'euro, sortir de l'OTAN. Une fois qu'on est sortis de tout ça, que fait-on ?

5:23
François Asselineau

Eh bien, une fois qu'on est sortis de tout ça, d'abord, on rétablit la démocratie en France, ce qui, excusez-moi... Comment ? D'abord, tout simplement, en permettant aux Français de décider des politiques qu'ils souhaitent. C'est quand même la moindre des choses. Par exemple, en ayant recours, je l'ai prévu, à des référendums d'initiatives populaires, en accordant la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, lui donnant un caractère révocatoire. Et puis, surtout, il y a quelque chose que je voudrais dire. C'est que sortir de l'Union européenne, ça n'a rien à voir avec s'isoler du reste du monde. On restera lié au reste du monde par 6 683 traités bilatéraux et multilatéraux.

6:01
Présentateur

Mais justement, François Asselineau, est-ce qu'on n'a pas moins de poids tout seul, nous, la France, quand on négocie un traité avec l'Asie du Sud-Est ou avec les États-Unis ou le Canada ? On a moins de poids quand on est la France toute seule que quand on est l'Europe entière, non ?

6:17
François Asselineau

Non, c'est le contraire qui est vrai, parce que, par exemple, pour l'affaire du TAFTA, le traité transatlantique avec les États-Unis, les parlementaires français, les ministres français ne savent même pas quelles sont les conditions du traité en question qui va d'ailleurs nous être imposées. Donc, la réalité, c'est que, par exemple, à l'Organisation mondiale du commerce, c'est pareil.

Si nous étions sortis de l'Union européenne, nous pourrions négocier nos propres intérêts et faire alliance avec des pays en fonction des sujets, avec des pays ayant les mêmes intérêts que nous, que ce soient des pays qui soient, par exemple, sur le textile, avec des pays du sud de l'Europe, mais aussi avec d'autres pays du reste du monde. Alors qu'actuellement, par idéologie, nous sommes contraints de procéder à des négociations préalables pour définir un chimérique intérêt européen commun qui n'existe pas, puisque les 28 pays ont des intérêts nationaux divergents.

Et une fois qu'on a déjà sabordé nos intérêts nationaux, ensuite, le commissaire européen à l'Organisation mondiale du commerce procède à un nouveau sabordage. Donc la réalité, il suffit d'ailleurs de regarder les résultats, on reconnaît un arbre à ses fruits. On voit que l'Union européenne, de façon générale, et la zone euro plus particulièrement, sont les zones en plus faible croissance mondiale en récession depuis 15 ans. On constate que la pauvreté ne cesse de s'accroître dans toute l'Union européenne.

7:34
Présentateur

Dernière question, François Asselineau, il nous reste à peu près une minute. 0,41% des voix aux européennes en 2014, 0,87% des voix aux régionales de 2015 pour l'Union populaire républicaine. Où vous voyez-vous, François Asselineau, au soir du premier tour de la présidentielle ?

7:49
François Asselineau

Rappelez-moi combien M. Macron a fait. Il a fait 0,0% puisqu'il n'a jamais obtenu une seule voix. M. Macron a été lancé par les médias. On me dit qu'il a été ministre, oui, c'est vrai. Et alors, il y a d'autres ministres qui avaient voulu se présenter à la présidentielle, qui n'ont même pas eu les 500 parrainages, parce qu'ils ne sont passés nulle part. Écoutez, moi je ne crois absolument pas à ces sondages. Je ne crois absolument pas que M. Macron...

8:10
Présentateur

Où vous voyez-vous, vous, François Asselineau, au soir du premier tour ?

8:13
François Asselineau

Écoutez, je me vois le plus haut possible quand je vois en tout cas les sondages sur Internet, quand je constate que notre site Internet upr.fr est le site le plus consulté de tous les partis politiques français, quand je vois que notre chaîne YouTube UPR a dépassé les 10,4 millions vues, j'ai très bon espoir de faire un gros score au soir du premier tour de l'obstant les sondages.

8:33
Présentateur

Merci à vous d'avoir accepté notre invitation ce matin.