L'interview : Alexis Corbière - 25/05
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview Amandine Attalaya.
Bonjour Alexis Corbière.
Bonjour Madame Attalaya.
Merci d'être avec nous ce matin sur BFM TV et RMC. Vous êtes député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis. On va parler évidemment de la NUPES, du pouvoir d'achat des Français. Mais d'abord, l'actualité, c'est Damien Abad. Est-ce que vous demandez sa démission ?
Reprenons un peu les choses, même si j'arrive à cette conclusion. Nous ne tournons pas autour du pot, c'est des sujets délicats. Mais on sait très bien que depuis des décennies, ou certains diraient même des siècles, la parole des femmes n'était souvent pas prise en compte lorsqu'elles se disaient victimes de violences sexuelles. Donc aujourd'hui, nous sommes dans une situation où il me semble qu'il faut qu'on soit exemplaire. Il faut prendre au sérieux. Parce que c'est difficile comme processus pour des femmes de s'exprimer.
Et dans ce cas précis, exemplaire, je veux dire quoi ? Si vous, vous étiez au gouvernement, Jean-Luc Mélenchon est Premier ministre, vous prenez quelle décision ?
Je pense qu'on ne peut, dans l'État, que dire à M. Damien Abad, qui ne peut pas faire partie du gouvernement. Peut-être le temps que la justice s'explique, enfin du moins que lui s'explique devant la justice, c'est que la justice prenne des décisions, que les femmes puissent, leur parole à nouveau, être mieux prise en compte. Je crois qu'il y a un témoignage qui avait amené ce qui est une plainte qui a été faite, qui d'ailleurs a été peut-être traitée de manière un peu légère. Il y a une deuxième femme qui s'exprime. Moi, ce qui me choque dans cette histoire, maintenant reprenons le fil, puisque j'en suis arrivée à ma conclusion.
Si on agit par anticipation et que vous demandez cette émission, ça bafoue la présomption d'innocence. Est-ce qu'on peut s'asseoir dessus ?
C'est ce que j'ai essayé d'expliquer. C'est pourquoi j'en arrive. Moi, je suis très attaché à la présomption d'innocence. M. Abad est peut-être innocent, je m'en sais rien.
Sauf que dans ce que vous dites, c'est incohérent.
Non, parce que précisément...
Il ne faut pas être attaché à la présomption d'innocence et demander son départ.
Oui, mais sur ce sujet très délicat, qui est celui... Parce qu'une femme, quand elle est victime de violences sexuelles, bien souvent, elle intègre une forme de domination. Elle ne sait pas trop. Ce n'est pas simple de faire cette démarche. Ce n'est pas simple, y compris pour des questions même d'accueil dans les commissariats, de pouvoir aller déposer plainte. Donc, il y a quelque chose de sensible. Soit on dit qu'on laisse faire la justice et ça va traîner pendant un moment. Et puis, il y aura des déclarations. Et ça amènera une banalisation de ça. Et je crois qu'il faut aujourd'hui accepter. Et M. Abad doit même l'accepter, j'ai envie de dire, à travers ça.
Mais c'est d'abord en respect pour les femmes. Sur le fait qu'à partir du moment, vous vous êtes mis en cause de manière sérieuse. Ce n'est pas seulement quelqu'un qui passe par là, que vous ne connaissez pas, qui fait une déclaration pour, comment dirais-je, remettre en cause votre trajectoire politique. C'est quand même des gens qui ont des choses précises. Ils sont même comme M. Abad.
Donc, vous voudriez qu'il anticipe ?
Je pense que, surtout, dans cette histoire, les témoignages méritent d'être un peu affinés. Il y a quand même quelque chose en plus où la presse révèle qu'il y a quand même quelque chose qui circulait depuis un moment.
Justement, l'autre question qui se pose subsidiaire, c'est est-ce que vous croyez le Président quand il affirme qu'il ne savait pas la totalité qui a été révélée à la fin par la presse ?
Alors ça, c'est le deuxième étage de la fusée. C'est qu'en plus, on découvre, et je pense notamment à Mme la Première Ministre qui a dit qu'elle a découvert ça dans la presse, l'entourage du Président de la République qui semble un peu surpris. Alors qu'en vérité, ce que nous disent certains de vos confrères aujourd'hui, c'est que manifestant, le Président de la République, savait cela. Et même ce que nous dit la presse aujourd'hui, c'est que, notamment dans le groupe LR, auquel participait M. Abad, c'était connu qu'il y avait cette histoire. Et donc, il y a une légèreté, je pense, vis-à-vis du gouvernement.
Et donc, vous les croyez ? Vous ne les croyez pas ?
Non, de toute façon, je ne les crois pas, mais surtout, c'est l'effet. Je lis de la presse, et je considère que tout semble attester qu'il y a une forme de légèreté, alors que ce genre d'affaires, il faut le régler rapidement, de manière exemplaire, pour laisser passer le message.
On va y venir, parce qu'il y a une affaire qui vous a concerné, c'est celle de Tabouafs. Mais une dernière d'avoir question sur ces supposées agressions sexuelles ont été signalées à l'Observatoire contre les violences sexistes et sexuelles. Il y a trois membres politiques sur cinq dans cet observatoire. Les trois viennent de la gauche. Est-ce qu'on peut être sûr que c'est un observatoire qui est impartial ?
Je ne sais pas. Reste à savoir si, après le travail qu'il fait, lui, il est basé sur des éléments objectifs des femmes.
C'est un peu gênant, mais on ne sait pas. Si on ne peut pas assurer que c'est impartial, c'est difficilement crédible.
Ce que je veux dire, c'est que le fait qu'il y ait des femmes engagées en politique là-dedans est plutôt une bonne chose. Je veux dire, ça montre... Mais les trois viennent de la gauche. Mais ça montre peut-être que les femmes qui se disent de gauche sont peut-être plus sensibles à la question. D'accord, c'est à vous que vous en tirez. Non, mais ce que je veux dire, la question, c'est est-ce que ce qu'elles disent est basé sur des faits et des déclarations de femmes ? Ça, c'est la justice éventuellement qui devra trancher. Mais j'entends bien, mais cet observatoire n'est pas une instance de justice.
Cet observatoire est un lieu qui recueille la parole et qui se tourne vers les organisations politiques en disant « Cette femme nous dit cela, il faut le prendre au sérieux, que comptez-vous faire ? » Nous, on en a tiré des conclusions. En cinq jours, on a réglé une affaire.
Vous êtes extrêmement dure avec Damien Abad, vous avez mis du temps, vous aussi en tirez des conclusions. D'ailleurs, on peut quand même se demander... Non, Jean-Luc Mélenchon qui affirme qu'il ne savait pas,
vous avez mis plusieurs jours. Combien ? Cinq jours. Merci, ce que je viens de te dire. Donc, cinq jours pour régler une affaire.
Et Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il ne savait rien. Pardon, mais c'est quand même difficilement crédible. On a du mal à imaginer qu'il y ait un comité, la France Insoumise, qui travaille là-dessus et que le patron du parti ne soit jamais mis au courant pour une affaire aussi grave et aussi importante.
J'espère que vous le croyez. Il y a une instance dans laquelle, notamment, il y a des femmes, vous en a certaines, sont exprimées, qui recueillent ces témoignages avec une certaine discrétion qui immédiatement n'appellent pas Jean-Luc Mélenchon ou je ne sais trop qui pour dire « T'es mis en cause ou telle personne. » J'espère que quand même vous croyez ça sur le fait que pour pouvoir travailler sereinement, c'est-à-dire y compris vérifier, entendre la parole des femmes, se dire « Tiens, ce témoignage, il a l'air d'être... Il a une réalité. »
Mais on peut le prendre à l'inverse. On peut considérer que c'est une faute de ne pas avoir mis le patron du parti au courant.
Non. Non, parce que sinon, cette instance n'a plus aucune raison d'être.
Le problème de votre instance, en fait, c'est son opacité, justement. C'est qu'on ne sait quasiment rien. On ne sait même pas s'il y a eu de nouveaux signalements à l'encontre de Tavouas récemment. Il y en a eu ou pas ?
De nouveaux signalements ? Non, je ne crois pas. Parce que moi, je n'en suis pas membre de cette instance. Non, je ne suis pas membre de cette instance.
Mais vous trouvez normal qu'on ne le sache toujours pas ? Qu'on ne sache pas ça ? Qu'on ne sache pas s'il y a de nouveaux signalements qui sont transmis au parquet ?
Mais ça, c'est aux femmes de le faire. Et d'ailleurs, il me semble que... C'est à votre comité de les aider, peut-être ? Oui, mais c'est ce qu'elles font, d'ailleurs. Parce que là, on est à une situation sur Tavouas. Non, mais il y a des accusations très graves
d'agressions sexuelles, possiblement de viols.
D'ailleurs, on en a pris des conséquences.
Et il ne se passe rien au niveau de la justice.
Ça vous satisfait ? Vous le savez, je ne sais pas. Non, mais attendez, moi, je ne suis pas la justice.
C'est bien ce que je vous dis. C'est le problème, c'est qu'on ne sache rien.
Mais ça, c'est aux femmes d'en décider.
Que ce soit géré par un comité opaque.
Mais pas du tout. Là, vous mélangez deux choses. Attendez, soyons précis. C'est aux femmes de le faire. Et il me semble d'ailleurs que ce que nous faisons, ça a été dit, c'est d'accompagner les femmes pour qu'elles le fassent. Maintenant, c'est leur décision. D'accord ? C'est leur décision. Ce que nous faisons, nous, qui ne sommes pas à la justice, c'est d'un point de vue politique d'en tirer des conclusions aux antipodes de ce que fait le gouvernement. Il y a un témoignage jugé crédible. On débranche. Le gouvernement, lui, a un témoignage de peu à moment. Il ne débranche pas. Chacun jugera qu'il prend les choses au sérieux. Ça n'est pas comparable. Ou du moins, c'est plutôt en notre faveur.
Face à un cas très délicat de quelqu'un qui peut être explosé pédiatiquement, nous avons pris les mesures. Je ne sais pas si la personne...
Chacun en tire les conclusions. Vous vous dites, on fait des conclusions politiques. D'autres pourraient dire, on attend des conclusions en justice. Et tant qu'il n'y en a pas et qu'il y a une forme d'impunité...
C'est pour ça que j'ai assumé le fait que même si tout le monde a une présomption d'innocence, sur ce sujet, vous savez, nul n'est tirant en place. On peut se passer, monsieur Abad, comme ministre, le temps que ces accusations soient éclaircies, de mon point de vue, il ne crée pas la confiance et la vie de nos concitoyens pour s'occuper en plus des solidarités quand de telles accusations ont lieu. Et quand on le sait, en plus, que ce soit la première ministre ou le président de la République, on est irresponsable ou on méprise la parole des femmes. Quand on a voulu faire de la violence contre les femmes, la grande cause du quinquennat...
Je suis en train de parler de Macron et du caractère tartuffe des choses. Je ne voulais pas parler du caractère tartuffe,
mais de Papendia et que vous connaissez bien. Nouveau ministre de l'Éducation nationale, vous avez tous les deux un passé d'historien. Vous l'admirez. Donc, il va faire du bien à l'Éducation nationale.
Et là, tous les gens qui l'admirent ne feront pas nécessairement du bien à l'Éducation nationale. Je ne sais pas si je l'admire d'ailleurs, je le respecte. Il a écrit de nombreux ouvrages, je pense notamment à un qui s'appelle La Condition noire que j'ai lu, qui est très intéressant. Donc, je le connais comme historien dans ses travaux. Je le connais même personnellement. Un homme tout à fait respectable. Maintenant, il a fait un choix. C'est son choix de rejoindre un gouvernement dont je sais que la politique jusqu'à présent...
Qui vous a surpris.
Et même humainement qui m'a surpris, mais c'est son affaire. Très surpris. Je dois avouer qu'en regardant ça à la télé, je n'imaginais pas ça. Et je crois que de toute manière, il est là pour continuer des politiques qui ont été menées précédemment dans lesquelles je ne me reconnais pas. La preuve à née, c'est que M. Jean-Marc Huard, peut-être que nos concitoyens ne savent pas qui c'est, c'est le nouveau directeur de cabinet de M. Papendiaï, qui est un homme qui connaît bien la machine administrative, qui était le DGESCO, directeur général de l'enseignement scolaire, et qui était très proche de Jean-Michel Blanquer.
Donc, ce que je veux dire, c'est qu'une chose est le ministre qui est en quelque sorte le porte-parole d'un ministère. La question après, c'est qui en coulisses met en place des politiques. Et l'éducation nationale...
On peut le dire que c'est une marionnette, Papendiaï ?
Je ne me permettrais pas de dire cela, mais j'ai peur que c'est marge de manœuvre. C'est ce que vous dites entre les... Ou du moins, ce que je découvre, c'est que M. Papendiaï a fait le choix d'être ministre pour continuer, du point de vue des caractères concrets, la politique de M. Blanquer. C'est son choix. Je pense qu'il le fait en étant d'accord.
Tout ce qu'il a fait pour l'instant, ses premiers pas, c'était avant-hier, il est allé dans le collège de Samuel Paty. Ça vous parle en termes de symboles ? Oui, c'est très bien.
C'est très fort. Il a bien raison. Il a dit des choses tout à fait intéressantes à la presse à ce sujet. Et si quelqu'un de mes amis ou moi-même me retrouvait à sa place, je dois avouer que c'est un beau symbole et peut-être qu'on l'aurait fait parce que ce qui s'est passé est non seulement en drame pour l'ensemble de la nation, mais en particulier pour ce que représente l'école dans la République qui en est un défendement. Mais je veux revenir concrètement. M. Macron est allé à Marseille pour dire qu'il faut l'autonomie des établissements scolaires. C'est une folie et je ne crois pas que M.
Ndiaye arrive comme ministre en disant nous allons abandonner ce projet de mettre tous les établissements scolaires en autonomie. Deuxièmement, nos enseignants sont les plus mal payés d'Europe. Je ne crois pas que M. Ndiaye ait dit qu'on allait rattraper le retard qui a été pris du point de vue de la rémunération des enseignants qui explique qu'il y a encore moins d'étudiantes et d'étudiants qui se tournent vers la profession. Nous sommes même en pénurie d'enseignants. Je ne crois pas que M. Ndiaye ait voulu comme nous, nous le proposons la Nouvelle Union Populaire d'avoir 19 élèves par classe qui permettraient d'être dans la moyenne européenne. Etc. Et d'enseignants mal payés.
On va lui laisser le bénéfice du doute puisqu'il n'a pas commencé quand même.
Oui mais le bénéfice du doute ça marche aussi dans l'autre sens. C'est-à-dire que je ne suis pas un gogo. M. Ndiaye doit l'entendre. Ce n'est pas parce que M. Ndiaye arrive avec son... En plus c'est une marionnette
mais vous n'êtes pas un gogo.
Là je parle à mon sujet. M. Ndiaye me connaît et c'est très bien ce que je suis en train de lui dire. Ce n'est pas parce qu'il y a une œuvre intellectuelle que je trouve tout à fait intéressante. Je trouve qu'il vient là et je ne vois pas aucun signe y compris dans peut-être c'est un peu technique mais dans ce qui est son directeur de cabinet c'est son équipe qui marque d'un point de vue des décisions lourdes. Et je connais bien la maison. Je suis moi-même enseignant depuis 1995 en lycée professionnel. Quand on vient avec cette équipe-là M. Huard c'est pour mener la même politique que ce qu'ils ont fait depuis des années.
Vous justement parce que vous voulez vous opposer à Emmanuel Macron. Au passage de façon constructive ou ce sera l'obstruction en permanence ?
Ça dépend des sujets. Donc ce sera certainement l'obstruction que vous avez fait. Il le faut. Non mais ce n'est pas une obstruction. On a respecté au moins mes idées. Je suis radicalement opposé à la retraite à 65 ans. Ceux qui voteront pour mes amis et moi savent que c'est farouchement qu'ils proment. Mais vraiment d'abord
la NUPES que vous avez créée. Parce que vous venez de reprocher une forme d'incohérence à Emmanuel Macron. De cynisme même. Vous dites parfois. C'est quoi la cohérence de la NUPES en fait ? À part une volonté de gagner mais quand on associe comme ça des partis alors qu'il y a 2-3 mois encore vous tapiez sur l'EPS en disant que c'était vos opposants et que c'était à peu près n'importe quoi.
C'est 640 points d'un programme qui est publié qui est en ligne sur lequel nous avons discuté pendant des jours. Mais beaucoup d'autres essentiels
sur lesquels vous ne vous entendez pas. L'OTAN, la retraite, le nucléaire. Non, non, non. Attendez.
Non, c'est pas vrai. Sur la retraite et même sur les sujets que vous venez d'évoquer. Attendez. Vous savez comment s'appelle l'attelage de M. Macron ? C'est ensemble. D'accord ? Oui, le vote, c'est NUPES. Est-ce que vous êtes capable de me dire, vous, comme journaliste politique... Non, mais là, on parle de vous. Non, non. Oui, mais attendez. C'est pas ça. Pourquoi je dis ça ? Parce qu'il est de bon ton. Et je vous parle avec verve. Parce qu'il est de bon ton de dire où est la cohérence. Alors que nous, nous avons fait un travail programmatique. 640 points, c'est publiable. Vous les avez lus ? Qu'est-ce que les autres qui se sont rassemblés autour d'Emmanuel Macron si ce n'est des postes ?
Eux, je ne connais pas leur programme.
Vous me dites que c'est de bon ton. Allons-y. On est à l'Assemblée nationale. Il y a un projet de loi qui arrive sur la création... Donc vous partez du principe
que nous allons gagner dans 4 semaines et je vous en remercie. Tous les sondages le disent.
Par du principe inverse. Donc vous êtes dans l'opposition. On est à l'Assemblée nationale. Mais d'abord, on se bat pour gagner. Attendez, je ne voudrais pas qu'on passe rapidement. Non, non, mais attendez. Il y a un projet qui arrive sur un projet de loi sur la création de nouvelles centrales nucléaires. Vous votez quoi à la NUPES ?
C'est dit dans le programme. Ça fait partie des 5% dans lesquels nos amis communistes, eux, qui sont les plus pro-nucléaires, n'auront pas exactement la même décision que l'ensemble.
Ni les socialistes. Non, non, non,
ce n'est pas si simple. Beaucoup aussi sont pour aller...
Donc vous votez tous quelque chose de différent.
Sur ce point-là, sur ce point-là, et nous avons... Et sur beaucoup d'autres. Non, non, pas du tout. Et sur les retraites ? Sur 5%... Madame, attendez. Je veux que ce soit clair. Sur 5% de notre programme, nous avons des points qui sont dans notre programme d'ailleurs, qui montrent que les uns et les autres feront. On est les seuls à avoir cette rigueur intellectuelle. Sur 95% des points, des 640 points, nous sommes d'accord. Prenons la retraite. Nous sommes tous pour aller vers la retraite à 60 ans, 40 annuités et la fin de la décote. Ça veut dire que pour des millions de Français... Non, mais c'est fondamental sur le blocage des prix. Et ça ne veut pas dire
que plus tard, par exemple, les socialistes qui n'étaient pas du tout d'accord avec cette idée ne reprendront pas leur indépendance et ne voteront pas
ce qu'ils ont envie de voter. Mais on va gagner, donc on va gouverner ensemble. Pourquoi vous dites ça ? Pour quelle raison ? Vous n'avez pas...
Vous dites que Jean-Luc Mélenchon sera Premier ministre. Il y a beaucoup de Français qui pensent que vous racontez des craques.
D'accord. Vous savez, oui, on a le droit de ne pas être d'accord avec nous. Je l'admets. Maintenant, il y a des sondages qui nous mettent aujourd'hui en tête. D'accord ? Je vois bien qu'il y a une dynamique inédite. On est les seuls d'ailleurs...
Ils vous mettent en tête en nombre de fois.
Oui.
En nombre de sièges. Ce que disent les sondages, le maximum, c'est que vous en aurez à les 195.
Non, à ce stade, je vous rappelle... La majorité,
c'est 290 ? D'accord. Donc, en fait, pardon,
mais vous êtes comme Éric Zemmour.
Vous croyez qu'il y a un vote caché pour la France insoumise ?
Non, non, non. Je crois qu'en 2017... Mais il y a un vote caché pour la France insoumise ou pas ? En 2017, M. Macron, il fait 32% des voix au premier tour. Il a 66% de l'Assemblée nationale en député. Aujourd'hui, dans les sondages, nous sommes entre 28... Vous savez très bien que ça ne marche pas comme ça pour vous parce que le mode de spectacle est très difficile. Je sais très bien que ça marche comme ça. C'est qu'actuellement, c'est une question idéologique de dire que c'est impossible alors que, concrètement, je vous répète que les candidats soutenus par Emmanuel Macron en 2017 autour de 30% ont obtenu 66%. Aujourd'hui, nous sommes au même niveau. Donc, c'est crédible.
Donc, vous n'avez pas le droit, mais je comprends que vous me questionnez et c'est votre boulot, mais de partir du principe que c'est impossible parce que sur le papier et sur le terrain, c'est tout à fait possible. Donc, discutons après vis-à-vis des Français. Parce que c'est ça qui est intérêt.
Alors, discutons...
Les amis électeurs et qui me regardez, voulez-vous le blocage des prix parce que les prix sont en train de flamber 15-20% sur les produits alimentaires ? C'est notre proposition de toute la NUPES. M. Macron, lui, n'a rien prévu de faire. Voulez-vous le SMIC à 1 500 euros qui est le minimum d'une augmentation de 15% sur les salaires ? M. Macron ne fera rien. Comment c'est crédible
pour les Français dans la mesure où Jean-Luc Mélenchon n'a aucune chance d'être Premier ministre ? Donc, en fait, c'est de la communication, ce que vous faites.
Pas du tout. Le fait, cette phrase... Vous vendez du vent aux Français. C'est même un peu triste dans la passion dont vous faites de la politique. Cette phrase, Jean-Luc Mélenchon n'a aucune chance de gagner, est une phrase qui est un parti-prix idéologique et qui est faux. Vous ne connaissez pas le résultat ou alors on annule l'élection. Vous n'avez pas le droit de dire comme journaliste à un micro qu'il n'a aucune chance de gagner ou alors dites la même chose à tout le monde.
Je me fonde sur les sondages.
Les sondages, allez-y, ils nous mettent actuellement à égalité.
Ils nous mettent à 195 sièges maximum. Non, ce n'est pas vrai
parce que vous savez très bien que les sondages que j'ai lus comme vous, ils ne sont pas rigoureux circonscription par circonscription. Je voulais que je les prenne que je vous dise des absurdités. J'ai vu moi parce que je m'y suis intéressé. Je n'ai pas le droit de parler de circonscription. C'est la règle que vous m'avez fixée.
Est-ce qu'on peut admettre l'option, l'autre, où vous serez dans l'opposition ?
J'entends bien. Mais ce que je combats avec vous, ce que je combats c'est que vous n'avez pas le droit de dire comme journaliste parce que nous pouvons gagner. L'élection en décidant. Merci. Ça c'est rigoureux. L'élection en décidant. Mais vous n'avez pas le droit de dire parce que nous pouvons gagner.
En attendant, l'hypothèse la plus probable c'est que vous soyez dans l'opposition. Donc vous avez ce que vous appelez cet intergroupe.
C'est un lieu de discussion politique.
Voilà, c'est un lieu de discussion. Mais à chaque fois qu'il y a une décision à prendre, comment ça fonctionne ? C'est-à-dire qu'il faut arbitrer à chaque fois. Et qui a le dernier mot en fait ? C'est-à-dire qu'il y a une tutelle de la France insoumise sur le groupe ? C'est vous qui imposez une décision ?
Évidemment non.
Ou chacun vote ce qu'il veut à la fin ?
Évidemment non.
Et auquel cas c'est un bazar formidable ?
Non, ce n'est pas du tout un bazar. Un intergroupe. C'est qu'il y a plusieurs groupes. D'ailleurs, ça montre la liberté qu'il y a dans cette nouvelle Union Populaire. Contrairement à ce que j'entends, il y aura un groupe communiste, un groupe socialiste, un groupe écologiste et un groupe France insoumise. D'accord ? Avec des répartitions de ta vie.
Il y a une liberté et une discipline.
J'entends bien. L'intérêt c'est la politique. Ce n'est pas la discipline. Vous savez que des députés, femmes et hommes, c'est les gens de caractère. On ne leur impose rien. Il n'y a que la discipline de la conviction. Si vous faites un intergroupe, c'est la capacité de pouvoir discuter du fait qu'il y a tel sujet, comment on arrive à une position convergente ? Des fois on n'y arrive, des fois on n'y arrive pas.
Vous avez dit convergente, pas commune.
C'est-à-dire que sur un sujet, il y a 640 points.
Vous tentez des rapprochements, mais vous ne serez pas d'accord.
Il y a 640 points sur 95% des points. Nous sommes d'accord. Mais sur les 5% de points où on n'est pas encore tout à fait d'accord, nous discuterons. Le but, c'est comme toujours, vous savez, vous connaissez la politique, c'est pareil dans une rédaction.
C'est pour Jean-Luc Mélenchon ou pas ?
Bien sûr que non.
Parce que ça l'a été dans les accords.
C'est faux. Ce que vous dites est faux.
Vous avez un peu tordu le bras parfois des autres parties.
Pas du tout. La preuve, regardez, c'est que vous m'expliquez vous-même et vous le constatez que le programme actuel n'est pas exactement le même que celui qu'a porté Jean-Luc Mélenchon, même s'il se reconnaît sur des points. Vous ne pouvez pas regarder tout ça avec une forme de mépris. Et je renvoie...
Ce sont des interrogations.
Mais les interrogations, je vous écoute, vous ne les avez pas quand c'est un membre de la majorité qui lui a fait une alliance de briques et de brocs dont le seul but aujourd'hui c'est d'être d'accord avec Macron sans savoir ce qu'il propose. Parce que vous pouvez nous critiquer que vous avez le droit. Mais nous, c'est écrit, c'est comme le poursalut. C'est marqué sur la boîte, le programme, on peut le lire. Monsieur Macron est un président sans mandat. On ne sait pas ce qu'il veut faire. Vous le savez, vous pouvez répondre à toutes les questions.
Ce n'est pas la question aujourd'hui.
Non, c'est la question parce que les Français vont avoir le choix.
C'est vous qui êtes à cette interview.
J'entends bien, mais moi j'ai fait le travail.
Est-ce qu'on peut parler d'un point essentiel ? Parce qu'il y en a quelques minutes. La retraite. La retraite à 60 ans. Est-ce que vous pourriez clarifier une bonne fois pour toutes ? Parce qu'on a quand même du mal à comprendre. Jean-Luc Mélenchon dit la retraite à 60 ans...
40 annuités.
Oui d'accord, 40 annuités, mais il faut combien d'annuités pour partir avec une retraite à taux plein ?
40 annuités, ça veut dire quoi ?
Je ne sais pas, je vous demande.
Pour avoir une retraite à taux plein, il faut 40 annuités. Maintenant, on va prendre aujourd'hui. Quand vous avez la totalité de vos trimestres ou de vos annuités, qui sont aujourd'hui à 43,5, vous avez une retraite à taux plein. Si vous n'avez pas la totalité de vos annuités, vous avez une première dégressivité en fonction du nombre de trimestres que vous avez cotisé. Et une deuxième dégressivité qui fait très mal, la décote. Nous supprimons la décote. Pour vous dire, par exemple, je vais vous prendre un exemple.
Mais donc, j'ai 25 ans, si c'est 40 annuités, je pars avec ma retraite à taux plein à 65 ans. Si j'ai commencé à travailler à 25 ans, je pars avec ma retraite à taux plein à 65 ans.
Actuellement, on part à quel âge ?
Non, mais le problème, c'est que vous dites que vous êtes à 60 ans pour tous. C'est une ambiguïté.
Non, c'est qu'à partir de 60 ans, c'est marrant parce que vous n'avez pas le même... Allez, passe au... Mais je commence à 25 ans. Aujourd'hui, je termine à 68,5. D'accord ? Donc avec Mélenchon, déjà...
Donc vous dites, on fera un peu mieux. Mais on n'est toujours pas
à la retraite à 60 ans. Non, non, alors écoutez-moi. Vous avez... Une fois que vous êtes à 60 ans, il vous reste X années à tirer. 5 ans de ce que vous me dites. Ça fait... Vous avez un certain nombre d'annuités que vous n'avez pas. Donc votre pension, elle est un peu grévée par rapport au nombre d'annuités que vous n'avez pas cotisé. Et en plus, vous prenez 1,25 points par trimestre que vous n'avez pas obtenu de sanctions. Ce qui amène très concrètement, je regardais l'autre jour, si quelqu'un commence à bosser à 23 ans, qui termine à 63 ans, si le nombre de manques de trimestre devrait l'amener à ce qu'il touche 92% de sa rémunération.
Mais avec le système de la décote aujourd'hui, je n'ai pas le temps de faire tout le calcul, mais on... Non, mais on que comprenne. On descend à 72%. Ça, c'est le système actuel. Vous comprenez ce que je suis en train de vous dire ? Car à partir du moment où vous supprimez la décote, si quelqu'un n'a pas la totalité de ses 40 trimestres, certes, il aura un peu moins, mais il n'aura pas la double pénalité.
Donc la décote, elle existe, mais elle sera moins importante.
Pardon, je vous ai dit énormément, des millions de gens. Ça va créer en plus 850 000 personnes qui vont pouvoir partir à la retraite. Ça va permettre des générations de jeunes de rentrer sur le marché du travail. Ça va augmenter les pensions. Vous imaginez ce que ça veut dire pour des gens ? C'est très important. Un mot sur le pouvoir d'achat avant qu'on termine cette interview. On n'aura pas le temps
d'en parler.
Je vous en prie. Pouvoir d'achat.
Vous voulez bloquer les prix des produits de première nécessité. Certains disent que ce serait peut-être plus judicieux de cibler, en fait, les aides. Parce que par exemple, si on bloque, je ne sais pas moi, le prix du lait pour quelqu'un qui gagne 4 000 euros, c'est quoi l'intérêt ?
Nous ciblons les produits de première nécessité. C'est ciblé, c'est justement ciblé sur les produits de première nécessité. D'accord ? Ça existe. Jean-Luc Mélenchon l'a dit par la réunion. C'est fait. Ça amène à ce que le préfet réunit l'ensemble des acteurs et décide quels sont les produits fondamentaux. Les produits de première nécessité, c'est des choses que les gens modèrent. Malheureusement. Que les gens ont besoin. Je suis pas bien en termes
de cette interview.
C'est déjà fait. Merci. 5 ans de Macron ou 3 semaines. C'est possible au mois de juin de changer ça. Et on peut être majoritaire. Vous le savez bien. Ça dépend des urnes. Les Français parlent.
Les Français parleront. Merci, M. Corbière, d'avoir été sur RMC BFM TV. Il est 8h53.
Alexis Corbière