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interviewRMC — Face à Face· 27 mai 2024 21 min

Face à Face : Catherine Vautrin - 27/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Catherine Vautrin

Vous écoutez RMC, face à face.

0:08
Présentateur

Néhila Latrousse.

0:10
Catherine Vautrin

32 sur BFM TV et RMC. Bonjour Catherine Vautrin. Bonjour Néhila Latrousse. Vous êtes la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités. Si j'ose dire, l'une des ministres les plus importantes de ce gouvernement. Monsieur, j'ai regardé, vous avez en charge l'assurance chômage, l'emploi des seniors, l'apprentissage, la fin de vie, les hôpitaux, les médecins, les médicaments, la dépendance, les EHPAD, le handicap. Je rappelle aussi que vous êtes rattaché le secteur de la petite enfance. Si je résume, Catherine Vautrin, vous êtes la ministre des services publics du quotidien, en quelque sorte.

Et je vais commencer par le travail, puisque les contours de la réforme de l'assurance chômage ont été dévoilés par le Premier ministre hier. Réduction de la durée d'indemnisation, durcissement des conditions pour être éligible à cette indemnisation. C'est l'une des réformes les plus dures qui est existée, disent les syndicats. Est-ce que vous assumez ce matin, Catherine Vautrin, de faire passer une sorte de, de donner une sorte de pour-de-vis sur l'assurance chômage ?

1:02
Présentateur

Vous savez, je crois qu'on va déjà reprendre les éléments de contexte. Parce que depuis 2017, une chose a changé, c'est la fin du chômage de masse. Quand Emmanuel Macron est élu président de la République, il y a 10% de taux de chômage et le chômage de masse est endémique. Aujourd'hui, 2024, 2,5 millions de Français ont retrouvé le chemin de l'emploi, ont retrouvé un emploi, ont retrouvé une vie personnelle et professionnelle. Et donc, à partir de là, le sujet qui se pose, c'est de savoir d'une part, que devons-nous faire pour permettre à celles et ceux qui sont encore en recherche d'emploi d'aller vers l'emploi et d'autre part, comment répondons-nous aux besoins des entreprises ?

Parce que notre pays a besoin de femmes et d'hommes qui s'engagent et qui aillent travailler dans ces entreprises. Aujourd'hui, nous avons près de 400 000 emplois qui ne trouvent pas preneur au moment où nous nous parlons.

1:53
Catherine Vautrin

Mais est-ce que c'est un tour de vis, Catherine Vautrin ? Jeudi, à votre place se trouvait Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, qui, elle, dit même que c'est un coup de couteau dans le dos de tous les chômeurs de France.

2:01
Présentateur

Alors, j'ai vu personnellement Sophie Binet il y a 4 jours, nous avons eu une discussion. Évidemment, nous n'avons pas de terrain d'entendre sur ce sujet. Pourtant, que faisons-nous ? Premièrement, les partenaires sociaux ont été en charge de travailler sur l'assurance chômage depuis le mois d'août jusqu'au mois de mars, puisqu'ils ne se sont pas mis d'accord à la fin de l'année. Il a donc été décidé par mes prédécesseurs de faire ce qu'on appelait un décret de jointure qui amenait jusqu'au mois de juin, jusqu'au 30 juin, ce qui surtout organisait l'assurance chômage jusqu'au 30 juin 2024. Nous sommes, au moment où nous nous parlons, le 27 mai.

Vous comprenez bien qu'il était grand temps que le gouvernement travaille, puisque le 8 avril, les partenaires sociaux nous ont fait part de leur non-accord sur le sujet. À partir de là, le gouvernement a repris le dossier avec une logique qui est que le travail doit toujours rémunérer plus que le non-travail. Et donc, l'idée, c'est évidemment de travailler sur de nouvelles règles avec 4 piliers. J'imagine que nous allons revenir sur les différents piliers. On peut y revenir tout de suite. Alors, les 4 piliers. Le premier, c'est la période d'affiliation. Que faisons-nous ? Nous nous rapprochons très simplement des différents pays européens. Vous regardez l'Allemagne.

En Allemagne, il faut avoir travaillé pendant 12 mois sur les 30 derniers mois pour pouvoir être indemnisé. En France, à partir de ce nouveau décret, il faudra avoir travaillé 8 mois sur les 20 derniers mois. C'est cela. Contre 6 sur les 2 dernières années jusqu'ici, pour préciser pour ceux qui nous écoutent. Contre 6, effectivement, sur les 2 dernières années. Ce qui permet, par exemple, d'avoir capacité, y compris pour les saisonniers, de faire 2 saisons de 4 mois sur les 20 derniers mois. Donc, l'idée, c'est réellement d'inciter les uns et les autres à aller vers l'emploi.

Et c'est tellement vrai d'ailleurs qu'en parallèle, nous allons travailler avec France Travail puisque France Travail a capacité à accompagner chacun des demandeurs d'emploi. On estime, l'année dernière, à près de 300 000, les emplois qui n'ont pas trouvé preneur parce que les entreprises ont renoncé au recrutement. C'est dire s'il est absolument indispensable d'accompagner les demandeurs et les demandeuses d'emploi vers le travail.

4:10
Catherine Vautrin

Et donc, avec ces nouvelles règles, Catherine Vautrin, retoucher à la durée d'affiliation 8 mois de travail sur 20 au lieu de 6 sur les 2 dernières années jusqu'ici et impossibilité de toucher plus de 15 mois au chômage pour les moins de 55 ans, 7 ans, pardon, je reviendrai sur les seniors dans un second temps. Toucher à ces règles-là, pour vous, c'est ce qui va concrètement permettre d'atteindre le plein emploi. Donc, si je comprends bien, on a aujourd'hui un modèle social qui empêche le plein emploi.

4:32
Présentateur

On a un modèle social qui n'est pas suffisamment incitatif vers le retour à l'emploi. Et ce modèle social, il doit être sur deux jambes. Il doit être d'un côté sur l'allocation chômage. L'allocation chômage, c'est quelque part l'assurance-vie de celui qui perd son boulot. Il est accompagné pendant un temps donné. Le deuxième élément, c'est l'organisation de France Travail. France Travail, c'est j'ai rendez-vous, je fais un bilan, je regarde quels sont les freins à l'emploi et je vois comment je peux retourner vers l'emploi. Parce que le vrai sujet, ce que notre pays doit faire pour celles et ceux qui cherchent un emploi, c'est les accompagner.

Le pire drame de la recherche d'emploi, c'est la solitude. Et c'est pour cela qu'avec France Travail, nous avons capacité à accompagner vers l'emploi durablement.

5:12
Catherine Vautrin

Je reste sur la réforme qui a été annoncée. Je vais prendre un cas concret. C'est un jeune, sorti de formation, qui décroche son premier CDD de six mois. À l'issue de ce contrat à durée déterminée, il cherche un autre emploi. Ça veut dire qu'entre la fin de son premier contrat et le moment où il ressigne un contrat, il n'a pas le droit au chômage.

5:30
Présentateur

Il a le droit à un autre contrat qui s'appelle le contrat emploi jeune, qui est réservé au moins de 25 ans, ce qui permet de l'accompagner le temps qu'il retrouve un emploi.

5:38
Catherine Vautrin

La logique, c'est de dire aussi que, si je comprends bien, en augmentant la durée d'affiliation, c'est de dire qu'on n'enchaînera plus les contrats courts comme c'est le cas aujourd'hui.

5:50
Présentateur

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous voyez un effet d'aubaine, vous voyez trop de gens qui jouent des règles ? C'est un deuxième sujet. La notion du contrat court, c'est la notion du bonus-malus, qui est un deuxième pilier de la réforme. Quelle est cette idée du bonus-malus ? C'est tout simplement de privilégier effectivement des contrats longs. Pourquoi des contrats longs ? Parce qu'un contrat long permet une formation, donc une évolution professionnelle, et que sur un autre sujet, qui est celui par exemple de la prévention, et notamment des accidents du travail, c'est très concrètement un moyen de pouvoir aller plus loin.

Et ce que l'on voit, c'est qu'avec le bonus-malus, qui a été mis en place dans cette branche depuis 2019, nous voyons deux choses. D'une part, on voit une baisse des contrats courts, et d'autre part, on voit une augmentation de la durée des missions d'intérim. C'est dire que quelque part, cela permet d'aller plus loin dans le temps, ça pérennise l'emploi pour les salariés, donc c'est du gagnant pour les salariés, et c'est du gagnant pour les entreprises. Rien n'empêchera de faire huit mois de contrat, et puis de toucher le chômage, et puis de refaire huit mois de contrat.

Là, l'idée, c'est au contraire, d'où l'idée du deuxième pilier qui est le bonus-malus, c'est précisément d'aller sur un contrat long. Qu'est-ce que c'est que le bonus-malus ?

6:55
Catherine Vautrin

C'est-à-dire de faire poser la responsabilité sur les employeurs.

6:57
Présentateur

Quel est le bonus-malus ? Le bonus-malus, c'est la comparaison du taux de séparation dans une branche entre les entreprises. On met une moyenne. Si vous êtes inférieur à la moyenne, ça veut dire qu'évidemment, vous avez peu de contrats courts. Si vous êtes supérieur, c'est là où on vous dit comment améliorer, parce qu'améliorer la durée du contrat, c'est aussi pouvoir former le salarié, et c'est pouvoir l'inscrire dans une évolution professionnelle.

7:20
Catherine Vautrin

Pour être concret, Catherine Vautrin, cette nouvelle mesure, elle s'applique à partir de quand ? C'est-à-dire, aujourd'hui, je suis inscrit à France Travail. Est-ce que je suis concerné par cette nouvelle réforme ?

7:28
Présentateur

Non, puisque vous êtes dans un décret qui est le décret qui avait été pris auparavant. Cette réforme sera applicable au 1er décembre prochain. Donc, ceux qui seront inscrits à partir du 1er décembre prochain.

7:38
Catherine Vautrin

J'en viens au seigneur Catherine Vautrin, les plus de 57 ans. S'ils reprennent un emploi moins bien payé que celui qu'ils avaient avant avec cette réforme, ils pourront cumuler ce salaire avec une indemnité chômage. Concrètement, comment cela va fonctionner ?

7:51
Présentateur

On repart, là aussi, peut-être, de la philosophie. D'abord, pourquoi l'entrée dans la filière seigneur à 57 ans ? Parce que la réforme des retraites nous a conduit à décaler l'âge. C'est le premier élément. Deuxième élément, avec le Premier ministre, à l'admement du Président de la République, nous avons travaillé sur cette notion du contrat seigneur parce qu'effectivement, c'est plus difficile à 57 ans qu'à 40 de retrouver un emploi. L'idée, c'est que ce que l'on entend souvent, c'est que les seigneurs vous disent « Retrouvez un emploi, peut-être, mais au même salaire, c'est plus compliqué.

» Et comme nous voulons, et c'est vraiment la démonstration que nous voulons aider à reprendre un emploi. L'idée, c'est que si vous aviez la personne, le seigneur de 57 ans, a un salaire à 3 000 euros. C'est le dernier salaire qui est pris en compte ? Oui, c'est son dernier salaire. Il perd son emploi. Il retrouve un emploi. Cet emploi est à 2 500 euros. Eh bien, l'intérêt, c'est qu'il aura bien évidemment son salaire, mais il aura en plus le différentiel qui sera une partie de ce qu'il aurait eu en matière d'assurance chômage. Pendant combien de temps ?

Pendant un an, ce qui lui permet d'avoir la garantie d'avoir le même niveau de revenu, ce qui est effectivement plus incitatif parce que oui, il retourne travailler et en plus, il a le même niveau de salaire.

9:05
Catherine Vautrin

Et ce sera valable pour tous les types de salaire ? Par exemple, un cadre qui touchait 5 000 euros ? C'est limité à 3 000 euros. C'est-à-dire l'ensemble où le salaire ne doit pas excéder 3 000 euros ?

9:15
Présentateur

Le total de ce qui sera indemnisé sera de 3 000 euros. En d'autres termes, l'assurance chômage, pour ce complément, ira au maximum à 3 000 euros. Ne pourra pas verser plus de 3 000 euros par mois de complément ? Exactement.

9:26
Catherine Vautrin

Est-ce que ça vaut pour tous les types de contrats ? Ce seigneur qui est un CDI ou un CDD, il aura une compensation ? C'est pour l'ensemble des contrats. D'accord. Vous avez répondu à ma question. Pendant combien de temps il sera possible de cumuler ?

9:37
Présentateur

Vous voyez, c'est vraiment l'élément nouveau de ces différents piliers puisque ça n'existait pas jusqu'à maintenant. Et c'est la volonté du gouvernement, ça montre la volonté du gouvernement d'aider à aller vers l'emploi puisque là, c'est une dépense. Et c'est une dépense qui est faite pour accompagner le seigneur et pour l'aider à retourner vers l'emploi.

9:56
Catherine Vautrin

3,6 milliards d'économies attendues pour cette réforme confirmée ?

9:59
Présentateur

Le premier sujet, c'est déjà de retrouver le chemin de l'emploi. Après, ce n'est pas un gros mot de dire qu'il faut faire aussi des économies. Il y a trois sujets. Le premier, c'est un, comment on ramène celles et ceux qui cherchent un emploi vers l'emploi ? Deux, comment est-ce qu'on réussit l'évolution économique de notre pays ? On a besoin de cette main-d'oeuvre. Troisièmement, je rappelle que l'UNEDIC avait un déficit de plus de 50 milliards d'euros. Depuis la réforme de 2019, on réussit à sortir des exercices excédentaires. Il n'en reste pas moins qu'il y a plus de 50 milliards d'euros de dettes. Ça nécessite évidemment une vigilance.

10:31
Catherine Vautrin

C'est aussi une question budgétaire. Catherine Vautrin, ce soir sur BFM TV et RMC, les spectateurs et les auditeurs pourront suivre le grand débat entre les huit principales têtes de liste. Hier, dans notre sondage Elab pour BFM TV et La Tribune dimanche, on a encore vu que Jordan Bardella, le candidat du Rassemblement national, était donné à 33%, plus de deux fois le score prédit à votre candidate Valérie Ayet. Ce qui est intéressant, quand on le regarde dans le détail, c'est que le Rassemblement national arrive notamment en tête auprès de toutes les catégories socioprofessionnelles, à l'exception des cadres. Est-ce que c'est un échec d'Emmanuel Macron ?

Lui qui avait fait du travail l'une des épines dorsales de sa politique. Aujourd'hui, les travailleurs votent pour le candidat de Marine Le Pen.

11:11
Présentateur

Je crois qu'il faut surtout rappeler à nos concitoyens, nous sommes le premier jour de la campagne officielle, que ce scrutin, c'est un scrutin qui concerne l'Europe. Jamais l'Europe n'a été aussi menacée. L'Europe est pourtant dans notre quotidien et je pense que nos concitoyens ne le perçoivent pas assez. Je vais prendre un exemple dans mon champ, qui est celui des vaccins pour la crise du Covid. C'est l'Europe qui nous a permis de disposer des vaccins. L'Europe nous permet aujourd'hui, quand on prend un autre exemple, celui de la politique agricole commune, ces 9,7 milliards d'euros qui sont versés tous les ans à la France par l'Europe.

Et donc, ce qui est important, c'est d'expliquer à nos concitoyens que le scrutin du 9 juin, un seul tour d'ailleurs, ce n'est pas de savoir quelle est la politique nationale, ce n'est pas une élection de mi-mandat, c'est une élection de la place de la France en Europe et de la place de l'Europe face aux Etats-Unis et à la Chine. Et le point extrêmement important, c'est que nous allons envoyer 81 députés. La question, c'est où vont siéger ces 80 députés ? M. Bardella et l'ensemble des députés du Rassemblement national ont brillé par leur absence. Vous dites qu'ils sont marginalisés. Ils n'ont jamais voté les dossiers dont notre pays a besoin. Donc, ne vous trompez pas de scrutin.

Vous ne votez pas pour ou contre Emmanuel Macron. Vous votez pour l'Europe. Et c'est ça le sujet. Et c'est la raison pour laquelle il est extrêmement important de faire confiance à des gens qui ont montré ce qu'ils ont fait en Europe. Et pour éviter la déroute, il faut qu'Emmanuel Macron débatte avec Marine Le Pen ? Le président de la République n'a pas besoin de moi pour fixer son agenda.

12:38
Catherine Vautrin

Non, mais il vous pose la question puisqu'il a redit ce week-end qu'il souhaitait débattre. C'est le choix. Et Catherine Vautrin, vous avez une spécificité. Vous êtes l'une des rares ministres dans ce gouvernement qui a déjà été ministre du temps de Jacques Chirac qui lui refusait de débattre avec le Rassemblement national.

12:50
Présentateur

Vous savez, on ne regarde pas avec les yeux de 2024 ce qui se passait en 2004. Mais vous voulez voir ce débat, Emmanuel Macron ? Le monde a changé. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est que les Français se mobilisent pour l'Europe parce que la famille Le Pen veut entrer dans la copropriété, ne veut pas en payer le prix. Et c'est une vraie menace pour l'Europe.

13:05
Catherine Vautrin

Bon, le message est passé. Catherine Vautrin, j'ai grainé l'ensemble des dossiers qui sont sur votre bureau en ce moment. Il y en a un non moins important que les européennes et l'assurance chômage, c'est la fin de vie qui arrive à l'Assemblée nationale aujourd'hui au terme de concertation menée par votre ministère, au terme d'une convention citoyenne. Est-ce qu'en l'État, le texte soumis au débat vous convient ?

13:26
Présentateur

Le texte a besoin d'un équilibre majeur. Ce texte a deux piliers. Le premier, c'est le passion. Puisqu'il faut bien qu'on se dise qu'il s'agit d'une personne qui est dans un état extrêmement grave puisqu'il a un pronostic vital engagé. Il est en fin de vie, non pas par son âge. Il est en fin de vie parce qu'il est très malade. Et non seulement il est très malade, mais il a des souffrances que rien ne peut apaiser. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui va mal et qui souffre.

Le deuxième pilier, c'est le médecin qui va l'examiner et qui va déterminer si effectivement l'état de santé qui est le sien peut permettre de répondre à la demande qui est une demande exclusive du patient qui dit je n'en peux plus, je vous demande d'arrêter.

14:09
Catherine Vautrin

C'est sauf que les médecins vous disent par exemple la notion de pronostic vital engagé à court ou à moyen terme. Ils vous disent on est incapable de dire. Même un patient qui a une maladie incurable, on ne saurait dire si son pronostic vital est engagé à 3 mois, 6 mois, 9 mois.

14:20
Présentateur

Pour une raison très simple, et les mots sont très importants, quand vous parlez de maladie incurable, une maladie incurable ne fait pas mourir. Et c'est la raison pour laquelle dans le texte, il est bien précisé grave et incurable. Une maladie grave, c'est celle qui dans son évolution peut faire mourir, alors que la maladie incurable, c'est par exemple l'arthrose et elle ne fait pas mourir. Ensuite, dans ce texte, il y a 5 conditions. Deux sont purement administratives, c'est l'âge important, bien sûr, uniquement les majeurs. L'autre, c'est d'être français ou de résider de façon permanente en France.

Ensuite, les trois autres conditions, qui sont effectivement cette notion de la maladie grave et incurable, du pronostic vital engagé à court ou moyen terme. La notion, ensuite, qui est celle de souffrance réfractaire physique ou psychologique. Et enfin, le discernement. Ça, ce sont les trois conditions qui vont être examinées par un médecin qui prendra l'avis d'un autre médecin et d'un personnel paramédical. Mais vous, vous dites, la rédaction telle qu'envisagée par votre ministère,

15:23
Catherine Vautrin

qui, je rappelle, n'est pas celle qui est soumise au débat, puisque des députés ont réécrit, vous dites, elle répond déjà à l'ensemble des situations.

15:29
Présentateur

L'intérêt de cette rédaction, c'est qu'elle précise exactement le cadre, elle protège les patients, elle protège les médecins qui ont à prendre cette décision.

15:38
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, vous évoquez à l'instant la question du discernement. Pourquoi est-ce qu'une personne qui se sait malade, qui sait qu'elle va perdre ce discernement, ne pourrait pas laisser dans ses directives anticiper si un jour, je n'ai plus la tête à tout cela ? Sachez qu'en réalité, mon intention est d'en finir.

15:55
Présentateur

Parce que lorsque vous échangez avec les professionnels et particulièrement les professionnels des soins palliatifs, dont je connais et dont je respecte la mesure sur ce texte, tous vous disent qu'au cours de la maladie, les patients peuvent changer d'avis. J'ai rencontré personnellement des patients en soins palliatifs qui vous expliquaient que parce qu'on s'occupait d'eux, parce qu'on arrivait à répondre à leur douleur, ils étaient dans une situation où leur vie était évidemment bouleversée, mais que la situation qu'ils vivaient était une situation qu'ils arrivaient à accepter. Et donc, dans un parcours de maladie, la vie peut changer.

Et donc, il est important, et c'est le fondement de ce texte, qu'à tout moment, d'une part, le patient demande, c'est lui qui demande, et qu'au moment où il aurait à prendre la potion létale, s'il a envie de se rétracter, il faut qu'il puisse le faire. Il peut demander à quelqu'un de lui injecter la potion létale ? Pour pouvoir le faire, il est absolument indispensable qu'il ait son discernement pour qu'il puisse refuser. Pour répondre à votre question, est-ce qu'il peut demander à quelqu'un ? Le principe de la loi, c'est que le patient s'administre le produit.

S'il ne peut pas le faire, à ce moment-là, il peut demander soit à un personnel médical, soit à un proche volontaire, qui bien sûr est une personne majeure.

17:09
Catherine Vautrin

Uniquement s'il ne le peut pas, pas s'il le souhaite, ce qui est une précision importante. Je ne sais pas si vous avez lu ce matin, une députée de Renaissance de votre camp dans le Figaro, Astrid Panosian-Bouvier, vous évoquez les soins palliatifs. Pour elle, précisément, l'aide à mourir crée une distinction sociale entre ceux qui ont les moyens d'aménager leur fin de vie, parce qu'aujourd'hui, le moins qu'on puisse dire, la couverture en soins palliatifs est insuffisante partout en France. Elle dit qu'il y aura ceux qui pourront se faire accompagner, et bien se faire accompagner, et les plus modestes qui ne pourront pas, et qui, de fait, choisiront d'en finir avec leur souffrance.

Est-ce que c'est un argument qui vous touche, Catherine ?

17:41
Présentateur

J'ai lu le papier d'Astrid, j'ai beaucoup discuté avec Astrid, qui connaît parfaitement bien ce sujet. Évidemment, et c'est tout l'engagement du gouvernement, c'est tout le sens du titre 1 de ce projet de loi, c'est que précisément, nous développons de façon considérable les soins palliatifs. La France n'est pas au premier rang en matière de soins palliatifs, nous sommes 15e sur les pays de l'OCDE. Et c'est la raison pour laquelle, il y a maintenant deux mois, j'ai mis en place un plan d'équipement en matière de soins palliatifs, 100 millions d'euros par an pendant 10 ans. Pourquoi est-ce que j'ai...

Vous dites qu'il n'y aura pas le palliatif pour les riches, et l'aide à mourir pour les pauvres. Il y aura l'objectif, c'est le palliatif pour tout le monde. Premier sujet, c'est une unité de soins palliatifs dans chaque département, avant la fin de l'année 25. C'est d'augmenter de 50 000 places, les places de soins palliatifs en hospitalisation à domicile. C'est d'avoir des unités de soins palliatifs dans les différents services, parce que, et c'est un élément clé, et j'insiste vraiment là-dessus, personne en France ne doit être conduit à demander à bénéficier de l'aide à mourir, parce qu'il n'aurait pas eu de soins palliatifs.

Et c'est tellement vrai, et j'insiste là-dessus, que quand un patient qui n'est pas en soins palliatifs demandera à bénéficier de l'aide à mourir, la première proposition qui lui sera faite, c'est de lui proposer des soins palliatifs. Donc, vous le voyez, il y a bien une volonté extrêmement forte, et c'est pour cela que j'ai détaillé le plan, année après année, pour dès maintenant investir, avant même que le texte ne soit voté.

19:06
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, deux dernières questions pour finir. D'abord, un, est-ce que vous savez ce qu'est le ou la sniffie ? Je vous avoue que je ne sais même pas si c'est masculin ou féminin.

19:13
Présentateur

Alors, je ne sais pas non plus si c'est masculin ou féminin, je crois que c'est une poudre, et comme tout ce qui est poudre, évidemment, concerne notamment une population très jeune en matière d'addiction et de drogue, pour être clair. Qui s'injecte dans le nez, qui se sniffent. Et ce qui est, évidemment, extrêmement dangereux, et à éviter absolument par tous les jeunes. Donc, ce sera interdit ? L'objectif, c'est vraiment de regarder ça très vite. Tout ce qui peut détruire les jeunes et les Français en général, évidemment, pose problème et doit être interdit.

19:40
Catherine Vautrin

Et ma deuxième question, très rapidement, Catherine Vautrin, dans un peu moins de deux mois, le 26 juillet, le jour de votre anniversaire, ouvriront les Jeux Olympiques de Paris. Est-ce qu'on sera prêt ? Il y a des inquiétudes ? Est-ce qu'on pourra soigner tout le monde ? Ceux qui viennent, les athlètes, les touristes, les Français ?

19:54
Présentateur

Évidemment, d'abord, les agences rationnelles de santé, parce qu'il y a l'Île-de-France et il y a d'autres régions en France, sont évidemment au travail et sont prêts. À Paris, ce sont 720 lits supplémentaires. Les services et les personnels sont déjà prêts à 92% de travail sur le sujet. J'ai ouvert, la semaine dernière, un centre de crise au ministère de la Santé, qui sera en lien, évidemment, avec le ministère de l'Intérieur. Et autre sujet, parce qu'il n'y a pas que la santé, le travail. Et c'est là où on voit tout l'intérêt de France Travail. On a formé 23 000 personnes au métier de la sécurité, parce qu'évidemment, c'est une fierté pour la France.

Ce sera demain un héritage que tous ces gens former.

20:30
Catherine Vautrin

Merci Catherine Vautrin, 8h33 sur RMC BFM TV. Bonne journée à vous, bonne journée à tous.