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interviewEurope1fr· 7 juillet 2026 10 min

Me Rodolphe Bosselut analyse la condamnation de Marine Le Pen et ses recours possibles

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve. Toujours avec Jean-Michel Salvatore et avec Gilles-William-Goldnadel, on est bien sûr dans l'attente de ce que va pouvoir dire Marine Le Pen. Qu'est-ce qu'elle va bien pouvoir dire ? Détail important, elle est arrivée, Jean-Michel, avec Jordan Bardella. Ils étaient dans la même voiture d'ailleurs pendant le trajet. Qu'est-ce qu'ils se sont dit et qu'est-ce qu'ils se sont dit cet après-midi ? Et quelle est la stratégie ? Personne n'a de boule de cristal, mais souvenez-vous sur LCI, il y a quelques jours, Marine Le Pen avait affirmé qu'elle ne pourrait pas faire campagne sous bracelet électronique. Si je peux être candidate, je serai candidate.

Pour peu que je puisse faire campagne. Je pense que quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements. Et ça n'est pas le cas si vous êtes porteur d'un bracelet électronique. Donc je pense que les magistrats sont bien conscients, si vous voulez, qu'on ne peut pas faire une campagne présidentielle avec un bracelet. Voilà, alors c'était presque un appel en réalité. Peut-être que là où beaucoup de médias aujourd'hui disent « Ah mais vous savez, elle avait dit que sous bracelet électronique, elle n'irait pas ». Là, c'était quelques jours avant la décision.

Elle espérait bien sûr que les magistrats puissent peut-être ne pas lui mettre même le bracelet électronique.

1:16
Invité

Oui, bien sûr. Et de toute façon, je ne suis pas sûr que ça ait beaucoup de valeur. Parce que là, on est vraiment face à la situation. La décision de la Cour d'appel a été rendue. C'est à partir de là qu'elle va se décider. C'est vraiment une décision intime que l'on prend. Là, elle joue d'une certaine façon presque toute sa vie sur cette décision-là. Donc c'est vrai qu'elle a pu évoluer éventuellement dans le passé. C'est sûr que quand on attend une décision aussi importante pour sa vie et qu'on l'attend six mois comme elle l'a attendue, c'est vrai qu'on doit passer par toutes les phases. Des phases d'optimisme, des phases de pessimisme.

Et je pense que ces déclarations sont le reflet de tout ça. Donc là, maintenant, aujourd'hui, ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'elle va décider. Et c'est vrai qu'il y a un élément qui peut peut-être peser, c'est les remises de peine. Parce que c'est vrai que si elle peut éventuellement être débarrassée de ce bracelet électronique, comme le disait Gilles William à un instant, en janvier... Il n'y a pas que les remises de peine, Jean-Michel. Il y a aussi les aménagements. Les aménagements, oui.

C'est-à-dire que non seulement ils peuvent lui faire qu'un autre six mois, mais en plus, à l'intérieur des six mois, elle pourra demander la permission au juge d'application des peines d'aller là et d'aller là, etc. Donc ça peut être un port de bracelet haché, en fait. Exactement. Et je pense qu'elle peut s'en servir même politiquement. Elle peut s'en servir auprès de ses électeurs en disant, regarde...

2:38
Présentateur

Ça, on l'a beaucoup dit, mais...

2:40
Invité

Ah bah si, quand même. Le plus important, Jean-Michel, pardon, encore une fois, c'est que la Cour a dit qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel. C'est-à-dire que c'est les adversaires, là je les entends beaucoup, la gauche, etc. qui disent qu'il y a un enregistrement grand-mère. Mais pas d'enrichissement... Non mais c'est très important sur le plan moral. Il y a des députés socialistes européens qui, eux, n'ont pas encore été condamnés, mais qui sont poursuivis, par exemple, pour avoir été corrompus par le Qatar. Ça n'a quand même pas la même gueule, si je peux me permettre. C'est pas pareil.

3:14
Présentateur

Et justement, quand on regarde bien les motivations de la Cour d'appel, elle dit qu'elle a voulu prendre en compte la liberté de choix de l'électeur condition d'expression du suffrage démocratique. Et que ça, c'est important.

3:27
Invité

C'est bien pour ça que lorsque je critiquais sans grande aménité le premier jugement, dont t'appelles, je n'avais pas totalement tort.

3:40
Présentateur

Alors justement, vous parliez de socialistes qui y a parlé. Raphaël Glucksmann s'est exprimé tout à l'heure justement sur Marine Le Pen. Et il a, comment dirais-je, dénoncé un système, ce qui a été d'ailleurs dit à l'audience par la présidente Michèle Agis.

4:01
Invité

Le Rassemblement National, qui nous explique toute la journée, sans discontinuer, qu'il est du côté du peuple, le Rassemblement National est en fait un rassemblement de coquins et de copains. C'est un Rassemblement National qui a un rapport à l'argent public, qui pose problème. Et donc, aujourd'hui, on se retrouve dans une situation où une personne condamnée doit prendre la décision ou pas d'être candidate à la présidence de la République. Ce choix lui appartient. Mais nous, de toutes les manières, nous combattrons la personne qui représentera le Rassemblement National jusqu'au bout et nous ne laisserons pas la République française dans les mains de gens qui sont profondément corrompus.

Voilà, une des réactions à gauche. Pardon de le dire, je ne me permettrais pas de dire que c'était une réflexion sotte, mais je n'en pense pas moins. On s'est dit alors ? Parce qu'il n'y a pas de corruption. Il n'y a pas de délit de corruption. Et au risque de me répéter, la Cour a expressément indiqué qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel. Donc là, le mot corruption est totalement...

5:08
Présentateur

Il n'y a pas de corruption, mais qu'est-ce que vous dites à Patrick Maisonneuve, votre confrère qui défend le Parlement européen, qui tout à l'heure, lors du micro tendu à la sortie de l'audience, dit que Marine Le Pen et le RN, le FN devenu RN, a volé l'argent des contribuables français.

5:23
Invité

Je dis aussi qu'elle n'a pas été... Contrairement à Mme Chikirou, qui pour des raisons personnelles a été condamnée pour vol, elle n'a pas été condamnée pour vol. Ils ont, au détriment du Parlement européen, payé leurs employés pour qu'ils travaillent pour eux. Mais il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas de vol, il n'y a pas de corruption. Voilà. Jean-Michel Stéphane. Oui, il y a un détournement, mais il faut quand même observer qu'ils ne sont pas les seuls. Et que je sache, le Modem a lui aussi eu un procès pour les mêmes raisons. Alors, ce qui portait sur des sommes moins importantes, mais c'est une question de principe. Et donc, ils ont été condamnés.

Alors, François Bayrou a réussi à sauver sa tête, notamment parce que, finalement, ce n'était pas lui qui signait, qui donnait les ordres, c'était plutôt son trésorier, Michel Mercier. Donc, c'est Michel Mercier qui était condamné. Et puis, même Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon a été aussi impliqué dans une même affaire. Mais, curieusement, les poursuites ont été abandonnées. Mais, donc, quand on dit, quand on entend Gluckspin dire « la probité de Mme Le Pen est en cause », moi, je trouve qu'il fait semblant de ne pas voir, que, comme le dit Gilles William Gondeladine, il n'y a pas d'enrichissement personnel.

Et donc, quand on a eu les affaires de financement du RPR, par exemple, on n'a jamais dit que Jacques Chirac avait volé les Français. Bon, il avait créé un système, parce qu'il n'y avait pas de financement de partis politiques suffisamment efficaces. Bon, il avait mis en place un système. Juppé l'a payé. Mais on n'a jamais dit que Jacques Chirac avait volé l'argent des Français. De même, François Mitterrand. Parce que, beaucoup aussi, les socialistes ont eu aussi à répondre d'affaires de financement du PS. Mais les Français, Jean-Luc Mélenchon, ne s'y trompent pas.

Ça n'est pas un hasard s'ils sont beaucoup plus sévères envers, par exemple, un Cahuzac, qui expliquait qu'il ferait rendre gorge aux fraudeurs fiscaux, qui jurait qu'il n'avait pas de compte à l'étranger, et qu'il a été pris la main dans le sac. Là, les Français, et à mon avis à juste titre, sont plus sévères que lorsque, effectivement, on transgresse la loi, mais pas des fins personnelles.

7:37
Présentateur

Alors, écoutons ce que disait Maître Rodolphe Bousselu, l'avocat de Marine Le Pen.

7:43
Invité

Nous notons une inflexion considérable sur les peines, notamment sur la peine d'inligibilité, qui, pour nous, est un point extrêmement important, d'autant qu'il a été accompagné de mentions par la Présidente sur la liberté pour les électeurs d'avoir un candidat. Maintenant, nous réfléchissons à l'ensemble de la décision. Nous allons y réfléchir cet après-midi, et nous ferons une communication ultérieure sur les suites éventuelles à donner à cette décision. Vous êtes satisfait ? Partiellement, oui.

8:18
Présentateur

C'est un bon début. Rodolphe Bousselu qui dit « c'est un bon début ». Alors, quand il dit « c'est un bon début », ça veut dire qu'il y a un pourvoi ? Ou pas forcément ? Ça veut dire qu'il envisage un pourvoi. Oui. Mais est-ce que le pourvoi est compatible avec le calendrier ?

8:31
Invité

Alors, je trouve que c'est un peu problématique, mais je signale également que le parquet, dans les dix jours, en théorie, pourrait aussi former un pourvoi. Alors, on ne reviendrait pas à la première affaire. On le sait à peu près, compte tenu de la jurisprudence. Mais quand même, ça me pose question.

8:56
Présentateur

Oui. Et le pourvoi, comment dirais-je, infirme ou confirme l'arrêt de la cour d'appel. C'est-à-dire qu'il se base sur ce qui a été décidé, et il ne peut pas dire « tiens, on va faire plus ».

9:05
Invité

Il peut, en théorie, l'annuler. C'est ça. Mais quel délai ? Ils ont dit qu'ils allaient vite. Il paraît qu'ils iraient rapidement. J'ai peur de l'établissement. Janvier 27. Janvier 2027. Il me semble janvier 27. paraît-il. Je me pose quand même une question sur le système de défense de Marine Le Pen. Est-ce qu'elle n'a pas pris un gros risque en plaidant, dès la première instance, enfin, elle a plaidé non coupable ? Non, mais elle a changé. Oui, elle a changé. Elle a changé. C'est-à-dire qu'en première instance, elle plaidait non coupable.

Et en appel, elle a dit qu'il y avait peut-être eu des choses, il y a eu peut-être des transgressions, mais comme c'était des transgressions qui n'avaient pas une intention dolosive, le délit n'était pas commis. Il y a eu quand même une modification de la manière de présenter le bébé.

9:57
Présentateur

Oui, quand même. Oui, une manière de présenter le bébé qui, effectivement, peut être différente. Je vous propose qu'on marque une pause. ... ... ...

10:05
Locuteur

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